Le Talk - Franck Riester - Le Figaro
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:14OuverteRéponse directe
Franck Riester, bonjour. Merci d'être avec nous.
- 1:01OuverteRéponse directe
Donc ces deux interventions ont lieu à peu près en même temps hier. Vous, vous croyez plutôt qui ? François Hollande ou Cécile Duflo ?
- 2:36OuverteRéponse directe
En même temps, quand on entend François Hollande hier au journal, il maintient les positions qu'il avait développées pendant la primaire sur une réduction de la part du nucléaire. Donc il reste sur ses positions ?
- 4:30OuverteRéponse directe
Sur le fond du débat, sur le fond de ce débat nucléaire, est-ce qu'il ne faudra pas quand même un jour baisser la part du nucléaire dans la production de l'électricité ?
- 5:35OuverteRéponse directe
Les sondages de ces dernières semaines, derniers jours, montrent un resserrement, une remontée de Nicolas Sarkozy, une baisse de François Hollande. Ça veut dire que ça y est, ça démarre plutôt bien, c'est une remontée durable de Nicolas Sarkozy. Comment vous les interprétez ?
- 6:30OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il ne faut pas du coup, puisqu'il y a une remontée dans les sondages, et que François Hollande a démarré sa campagne, il a publié son organigramme en début de semaine, est-ce qu'il ne faut pas que Nicolas Sarkozy annonce sa candidature plus tôt qu'il ne l'a prévu ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34Invité politiqueFait
« Eva Joly sera la candidate de la sortie du nucléaire. Néanmoins, nous pouvons dire, pour les 5 ans de mandature, c'est un accord de mandature, voilà ce que nous ferons ensemble. »
- 0:43Invité politiqueFait
« Nous avons acté un accord qui sera présenté à notre Conseil fédéral et qui est très précis. »
- 0:48Invité politiqueFait
« J'ai reçu les assurances tant de Martine Aubry que de l'entourage de François Hollande que cet accord n'avait pas bougé. »
- 0:53Invité politiqueFait
« Il y a une chose très importante, c'est la parole donnée. Donc je n'ai aucun doute sur le fait que la parole qui a été donnée par le PS hier sera tenue. »
- 2:54AuditeurChiffre
« Il va donc démanteler 24 réacteurs nucléaires. »
- 3:05AuditeurChiffre
« Ça veut dire des milliers, voire des dizaines de milliers d'emplois directs ou indirects sacrifiés. »
- 6:11AuditeurFait
« la réforme des retraites, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, sont des décisions qui étaient certes impopulaires au départ, mais qui nous ont permis d'être dans une situation beaucoup plus favorable que de nombreux partenaires européens aujourd'hui. »
- 7:09AuditeurChiffre
« on ne sait pas si finalement, ça sera le projet socialiste qui va coûter 250 milliards d'euros sur 5 ans, qui sera le programme du candidat socialiste. »
- 8:29AuditeurPromesse
« ce qu'a fait le président de la République pour les protéger et ce qu'il compte leur proposer pour les 5 ans qui viennent afin d'inscrire notre pays dans la compétition mondiale de la meilleure façon possible. »
Temps de parole
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Bonjour, bienvenue au Talk Orange le Figaro. Aujourd'hui, nous recevons Franck Riester, député UMP et membre de la cellule riposte de Brice Hortefeux. Franck Riester, bonjour. Merci d'être avec nous. François Hollande et Cécile Duflo étaient hier soir à la télévision, au lendemain de la signature de l'accord entre le PS et Europe Écologie-Les Verts. Je vous propose d'écouter un extrait de leur intervention.
Je ne suis pas pour la sortie du nucléaire alors que les Verts sont pour cette option. Sur le nucléaire, il y a un désaccord entre les Verts et le PS ?
Eva Joly sera la candidate de la sortie du nucléaire. Néanmoins, nous pouvons dire, pour les 5 ans de mandature, c'est un accord de mandature, voilà ce que nous ferons ensemble. Nous avons acté un accord qui sera présenté à notre Conseil fédéral et qui est très précis. J'ai reçu les assurances tant de Martine Aubry que de l'entourage de François Hollande que cet accord n'avait pas bougé. Il y a une chose très importante, c'est la parole donnée. Donc je n'ai aucun doute sur le fait que la parole qui a été donnée par le PS hier sera tenue.
Donc ces deux interventions ont lieu à peu près en même temps hier. Vous, vous croyez plutôt qui ? François Hollande ou Cécile Duflo ?
Je ne sais pas. Je suis un peu paumé comme tous les Français et je trouve que c'est vraiment très choquant. C'est d'abord choquant sur le principe. Mélanger des discussions stratégiques sur l'avenir, par exemple, d'une filière aussi importante pour notre pays que la filière énergétique nucléaire et des circonscriptions, c'est ultra choquant. En même temps, c'est le principe d'une négociation entre partis politiques ? Non, parce qu'à mon avis, des partis politiques doivent absolument définir des stratégies industrielles, des stratégies énergétiques, des stratégies financières d'une façon déconnectée de négociations avec leurs partenaires sur les circonscriptions.
que le futur candidat, enfin le candidat du Parti Socialiste n'est pas une stratégie claire sans savoir exactement ce que vont être les pressions de ses partenaires verts ou communistes sur la filière nucléaire, qu'il n'est pas une vision claire de la stratégie qu'il souhaite mettre en œuvre s'il est président de la République, c'est choquant. Ça fait vraiment marchandage électoral et ce n'est pas du niveau d'une élection présidentielle et de quelqu'un qui souhaite aspirer aux plus hautes fonctions de l'État. Et d'autre part, un futur chef de l'État, il est garant de la souveraineté du pays.
Souveraineté en matière agroalimentaire, souveraineté en matière financière, souveraineté en matière énergétique. Et là, il y a un sacrifice de la filière nucléaire française qui est la clé de voûte de notre indépendance énergétique contre des circonscriptions électorales, contre une majorité de mains hypothétiques avec les verts. C'est quelque chose qui ne peut pas être accepté dans une démocratie comme la nôtre.
En même temps, quand on entend François Hollande hier au journal, il maintient les positions qu'il avait développées pendant la primaire sur une réduction de la part du nucléaire. Donc il reste sur ses positions ?
Alors, il y a deux choses. Sur le fond, effectivement, il a redit clairement qu'il voulait réduire la part du nucléaire. Il va donc démanteler 24 réacteurs nucléaires. Ça veut dire une augmentation de la facture d'électricité pour les Français. Ça veut dire des milliers, voire des dizaines de milliers d'emplois directs ou indirects sacrifiés. Ça veut dire la perte de l'indépendance énergétique de notre pays. Et puis, de l'autre côté, il y a cette espèce de méthode Hollande, finalement. La méthode qu'il a appliquée quand il était premier secrétaire du Parti Socialiste. Une méthode floue, indécise, ambigüe, avec l'exemple du MOX. C'est abracadabrantesque. On ne sait plus où nous en sommes.
Hier, il disait qu'effectivement, il fallait continuer cette filière MOX. Cécile Duflo disait l'inverse. Et puis, aujourd'hui, paraît-il qu'il y a un accord...
Un accord qui est décidé entre Michel Sapin et Jean-Rassent Placé.
Voilà, pour dire, effectivement, on revient sur la filière MOX. On ne continuera pas cette filière. Donc ça, ça me paraît très choquant. C'est la méthode Hollande qu'il a appliquée quand il était premier secrétaire du Parti Socialiste. C'est une méthode indécise, ambigüe. Et est-ce que c'est cette méthode-là qu'on veut demain en France ? Moi, je ne le veux pas. Parce que ce qui se passe actuellement, c'est la préfiguration qui se passerait si François Hollande était président dans cette majorité PS, vert et communiste qui serait en responsabilité. Ce que vous dites, c'est qu'il n'est pas au niveau de la présidentielle ? C'est ça que vous mettez en cause aujourd'hui ? Oui, et puis la méthode.
Quand on est chef de l'État, on doit avoir une vision claire des choses. Certes, discuter, échanger, mais après, prendre une position claire, intelligible. Aujourd'hui, je veux vraiment savoir si les Français ont compris quelle était la position de François Hollande sur le MOX et sur cette reconversion de cette filière.
Sur le fond du débat, sur le fond de ce débat nucléaire, est-ce qu'il ne faudra pas quand même un jour baisser la part du nucléaire dans la production de l'électricité ? Ça, ce sont des positions à l'UMP ?
Mais qu'on développe les énergies renouvelables, c'est notre politique.
Qu'on fasse en sorte que progressivement on remplace les énergies carbonées par des énergies renouvelables, très bien, mais que l'on sabre ce qui fait partie de notre indépendance énergétique, qui fait en sorte qu'on puisse non seulement avoir un prix de l'électricité pour les Français raisonnable par rapport à nos collègues européens, et puis qu'on puisse conserver une filière dont on peut être fier en matière industrielle, une filière qui crée des emplois en France et que nous pouvons exporter à l'étranger, dans une compétition mondiale difficile comme la nôtre, avec une désindustrialisation que nous dénonçons les uns et les autres et sur lequel nous agissons, sabrer un fleuron de l'industrie française comme ça, ça ne me paraît pas du tout à la hauteur des enjeux.
Les sondages de ces dernières semaines, derniers jours, montrent un resserrement, une remontée de Nicolas Sarkozy, une baisse de François Hollande. Ça veut dire que ça y est, ça démarre plutôt bien, c'est une remontée durable de Nicolas Sarkozy. Comment vous les interprétez ?
En tout cas, ça bouge. Maintenant, vous savez, les sondages à 5 mois des présidentielles, il faut regarder les tendances. La tendance est très positive. Pourquoi ? Parce que les Français se rendent compte que le président de la République et tout a son devoir de président de la République et tout a son devoir de servir les Français, de les protéger dans un moment comme on n'en a pas connu depuis des années et des années. Ils ont vu qu'il avait été à la hauteur pendant le G20. Ils ont vu qu'il a su prendre les décisions qui s'imposaient pour faire bouger ses partenaires européens lors des sommets européens, pour sauver la Grèce, pour recapitaliser les banques.
Et ils voient que tous les efforts qui ont été demandés depuis 4 ans, la réforme des retraites, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, sont des décisions qui étaient certes impopulaires au départ, mais qui nous ont permis d'être dans une situation beaucoup plus favorable que de nombreux partenaires européens aujourd'hui.
Est-ce qu'il ne faut pas du coup, puisqu'il y a une remontée dans les sondages, et que François Hollande a démarré sa campagne, il a publié son organigramme en début de semaine, est-ce qu'il ne faut pas que Nicolas Sarkozy annonce sa candidature plus tôt qu'il ne l'a prévu ?
Non. Écoutez, vous savez, le président de la République, encore une fois, il est à son devoir de président de la République. Il y a suffisamment de sujets sur lesquels on a besoin de toute son énergie, toute son expérience, et puis le temps venu, le temps de la campagne, il pourra se déclarer. Et moi, je souhaite que ça soit le plus tard possible, parce que...
Quitte à laisser François Hollande faire cavaler les seuls. Au fond, ça lui a réussi pendant la primaire, il avait démarré tôt.
François Hollande, ou Pierre Moscovici l'autre soir, nous a laissé entendre que de toute façon, il n'y aurait pas de projet, programme du candidat socialiste avant le début de l'année. Alors, on ne sait pas si finalement, ça sera le projet socialiste qui va coûter 250 milliards d'euros sur 5 ans, qui sera le programme du candidat socialiste. Et c'est quand même étonnant que quelqu'un qui est dans l'opposition depuis 10 ans, ou en tout cas depuis 5 ans, n'ait pas, alors qu'il vient d'être désigné par son parti, capable de présenter un programme clair aux Français.
Jean-Marc Ayrault, le patron du groupe des députés socialistes, était à votre place hier. Il vous a posé une question, je vous propose de l'écouter.
Croyez-vous que la manière dont l'UMP organise la campagne présidentielle, c'est-à-dire une manière caricaturale d'essayer de discréditer le parti concurrent et le candidat du parti socialiste, soit c'est une bonne formule. Quand François Fillon dit dénigrer, sous-entendu critiquer, Nicolas Sarkozy s'est dénigré la France, qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que vous croyez que les Français sont dupes ? Vous croyez que ça veut dire que Nicolas Sarkozy, on n'a pas le droit de critiquer, on n'a pas le droit de créer les conditions de l'alternance ?
Ça, pour avoir le droit de critiquer le président de la République, ça, le parti socialiste a le droit. Ça fait 4 ans et demi qu'il y a un torrent d'insultes, de critiques et d'inégrements sur le président de la République. C'est l'anti-sarkozisme primaire. Et d'ailleurs, le seul point finalement d'accord qu'on peut voir entre le PS et les Verts aujourd'hui, c'est de battre Sarkozy. Ce n'est pas un projet pour la France.
Donc cette campagne présidentielle, nous on va la mener en expliquant aux Français ce qu'a fait le président de la République pour les protéger et ce qu'il compte leur proposer pour les 5 ans qui viennent afin d'inscrire notre pays dans la compétition mondiale de la meilleure façon possible.
Hervé Morin annoncera sa candidature le 27 novembre du côté du pont de Normandie. On a appris qu'à l'UMP, on faisait des pressions auprès des élus du Nouveau Centre pour leur dire si vous soutenez Hervé Morin, il y aura un candidat contre vous.
Qu'est-ce que vous en pensez ? Ce n'est pas des méthodes entre alliés ça ? Écoutez, on ne veut pas donner la même image que ce qui se passe à gauche entre le PS et les Verts. On veut donner une image de rassemblement. On a travaillé pendant 5 ans avec le Nouveau Centre à l'Assemblée Nationale. Hervé Morin était ministre de Nicolas Sarkozy de François Fillon pendant 3 ans. Je crois vraiment que autant le Nouveau Centre est une force utile pour la majorité présidentielle et elle a toute sa place dans la construction du projet pour Nicolas Sarkozy, autant la candidature d'Hervé Morin est inutile.
En même temps, il est crédité de 1% dans les sondages, donc ça ne devrait pas vous faire peur. Ce n'est pas une candidature qui menace Nicolas Sarkozy. Au contraire, ça peut faire un espace à côté.
Oui, mais à partir du moment où on a envie de travailler ensemble, où on a travaillé ensemble, où on continue d'avoir envie de travailler ensemble, il n'y a aucune légitimité, aucun message clair envoyé aux Français si Hervé Morin se présente. Donc Jean-François Copé a eu tout à fait raison d'être aussi clair vis-à-vis du Nouveau Centre. Franck Réester, merci d'avoir répondu à nos questions.
Merci à vous. A demain pour un prochain talk.
Sous-titrage Société Radio-Canada
Franck Riester