Écologie : le RN à contre-courant ? - Jordan Bardella - C à vous - 26/09/2023
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:35OuverteRéponse partielle
Si vous arrivez au pouvoir, quand est-ce que la France sortira des énergies carbone ? À quel rythme ? À quelle échéance ?
- 1:49OuverteRéponse directe
Vos électeurs ne vous parlent pas de leur inquiétude pour l'avenir de la planète ?
- 3:03RelanceRéponse directe
Aucune mesure présentée hier par Emmanuel Macron n'est bonne à prendre.
- 4:39OuverteRéponse directe
Jordan Bardella, il y a aussi la question du carburant.
- 6:25OuverteRéponse directe
On passe à la suite, les opérations à prix coûtant. Et encore, qu'est-ce que vous proposez ?
- 6:36FerméeRéponse directe
Vous vous proposez de baisser la TVA sur le prix des carburants, la faire passer de 20 à 5,5%. Vous chiffrez cette mesure à 12 milliards d'euros. L'argent, vous le trouvez où ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53InvitéFait
« Vous renoncez aux objectifs, aux engagements internationaux de la France sur ces objectifs, et notamment celui de diminuer de 55% aux émissions en 2030 et la neutralité en 2050. »
- 1:16InvitéFait
« l'objectif qui consiste à dire, et je m'y suis opposé au Parlement européen, qu'on interdit les moteurs thermiques à l'horizon 2035, alors qu'on n'a pas d'alternative, va entraîner une catastrophe pour le pouvoir d'achat des classes populaires et des classes moyennes. »
- 3:46InvitéFait
« pour faire des batteries, on a besoin de métaux rares. Ces métaux rares, aujourd'hui, l'Europe n'en dispose pas. Nous sommes obligés d'aller les chercher en Chine »
- 4:55InvitéFait
« On va vers des opérations de carburant à prix coûtant, mais ça ne sera pas du prix coûtant permanent, parce que ça, on ne le peut pas non plus. »
- 6:38InvitéChiffre
« On a fait un bouclier énergétique de 110 milliards d'euros. »
- 6:44InvitéChiffre
« 70 sur 3 ans, ça a été précisément chiffré. Et 50 si on compte. »
- 6:51InvitéChiffre
« D'abord, 1, il y a sur le carburant 60% de taxes. »
- 7:50InvitéChiffre
« quand on baisse la TVA de 20% à 5,5% sur le carburant, en gros sur un plein de 40 litres, c'est un peu plus de 10 euros qu'on rend immédiatement, de pouvoir d'achat qu'on rend immédiatement à la pompe. »
- 8:13InvitéChiffre
« un surplus de TVA qui est entré dans les caisses de l'État, de 30 milliards d'euros en 2021 et de 30 milliards d'euros en 2022. »
- 9:46InvitéChiffre
« c'est immédiatement 500 euros de pouvoir d'achat qu'on rend d'après l'INSEE chaque année aux Français. »
Temps de parole
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Mon écologie, et la vision que j'ai de l'écologie, elle est basée sur la raison. Je pense qu'on peut traiter la question de l'écologie sans tomber dans la violence. Je pense qu'on peut traiter la question de l'écologie sans tomber dans le mensonge, et notamment dans le mensonge scientifique. Parce que quand la gauche cherche à expliquer que le nucléaire est un danger pour notre pays, c'est faux, archi-faux, et c'est démontré... Elle n'est pas au pouvoir, la gauche. Oui, mais la gauche, elle est la tenante au Parlement européen de cette idéologie décroissantiste qui pousse, pardonnez-moi, à interdire les moteurs thermiques à l'horizon 2035.
Sans que nous ayons aujourd'hui, et les industries de l'automobile vous le disent, des alternatives plausibles et crédibles.
Si vous arrivez au pouvoir, quand est-ce que la France sortira des énergies carbone ? A quel rythme ? A quelle échéance ? Je reprends la question de Patrick.
Je me permets de vous poser la question à l'inverse. Il faut continuer d'investir dans le progrès technologique. Il faut monter de manière significative le budget R&D de notre pays. Pour une raison très simple. Vous renoncez aux objectifs, aux engagements internationaux de la France sur ces objectifs, et notamment celui de diminuer de 55% aux émissions en 2030 et la neutralité en 2050. Et j'essaie de ne pas faire le choix de la décroissance. Parce que je pense que la décroissance et que toute interdiction est une logique inflationniste.
On peut se donner des objectifs, mais l'objectif qui consiste à dire, et je m'y suis opposé au Parlement européen, qu'on interdit les moteurs thermiques à l'horizon 2035, alors qu'on n'a pas d'alternative, va entraîner une catastrophe pour le pouvoir d'achat des classes populaires et des classes moyennes.
Et moi je n'accepte pas qu'on explique aux Français, qui sont parmi les pays les plus propres au monde, qu'on fasse payer aux petits les effets de la politique écologique, et notamment sous l'influence de la gauche, en interdisant les voitures, en rendant toujours plus difficile l'acquisition de carburant pour les familles françaises qui ont besoin de leurs voitures, alors qu'on sait qu'en termes d'émissions de gaz à effet de serre mondial, les émissions du parc automobile français sont assez minimes.
Vos électeurs ne vous parlent pas de leur inquiétude pour l'avenir de la planète ?
Tout le monde en parle. Tout le monde est soucieux de léguer à ses enfants et à ses petits-enfants une planète plus saine. Mais encore une fois, il ne faut pas mentir aux gens. Il ne faut pas mentir aux gens sur la nécessité aujourd'hui d'avoir, notamment en matière énergétique, une énergie qui s'appuie sur le nucléaire, parce que c'est encore une fois à la fois un atout français et l'énergie la plus propre dont nous disposions. Et puis il faut accompagner les gens, dans la proximité, jamais dans la punition. Il faut accompagner nos agriculteurs en développant la rétention d'eau, en mettant le paquet sur la désalinisation de l'eau de mer.
Vous avez des pays comme l'Espagne qui arrivent à recycler près de 20% des eaux usées. La France est encore très loin du compte. Donc il y a des efforts à faire. Mais moi, je crois dans le progrès. Je crois dans la puissance de mon pays. Et je pense que précisément, mon pays, par le progrès technologique et par le patriotisme économique, est capable d'être un exemple pour l'Europe entière. La réalité, c'est que si aujourd'hui, les autres pays européens faisaient ce que le quart de ce que fait la France fait, notamment en matière énergétique, peut-être que le bilan européen... Quel pays européen ? Vous avez cité l'Allemagne, mais la Suède, c'est par exemple 62-63% d'énergie renouvelable.
Vous n'êtes pas sans savoir que ceux qui font la pluie et le beau temps au sein de l'Union européenne, c'est à la fois la France et l'Allemagne. Et que précisément, on a souvent pris l'Allemagne comme un modèle. Je note qu'en matière énergétique, la France a un atout que l'Allemagne n'a pas choisi.
Aucune mesure présentée hier par Emmanuel Macron n'est bonne à prendre. Par exemple, les voitures électriques, 1 million produites en France, en leasing à 100 euros par mois, ce n'est pas un bon moyen d'aider les Français justement à remplacer leurs véhicules thermiques.
Vous n'avez compris pourquoi vous n'étiez pas très allant sur les voitures électriques ? Vous ne voyez pas la contradiction de gens qui nous disent qu'il faut des voitures avec les batteries, et en mettant qu'il ne faut plus de nucléaire. Elle est où la cohérence ?
Vous, vous prenez la possibilité du nucléaire, donc vous êtes pour les voitures électriques.
Je prends la cohérence. Je pense que dans quelques années, pour sortir la séquence, on se posera la question du caractère recyclable des batteries. Parce qu'on n'a toujours pas dit où est-ce qu'on allait mettre les batteries, une fois que les batteries n'allaient plus fonctionner. Donc on continue avec les voitures thermiques ? Non, je dis qu'il faut un mix intelligent. Il y a un plan européen qui a été adopté, je crois, vous ne l'avez pas voté, pour le recyclage des batteries. Très tard, et pour une raison très simple, c'est que vous savez que les batteries posent une question qui est celle de notre souveraineté, parce que pour faire des batteries, on a besoin de métaux rares.
Ces métaux rares, aujourd'hui, l'Europe n'en dispose pas. Nous sommes obligés d'aller les chercher en Chine, ce qui devrait d'ailleurs intéresser les écologistes, puisqu'ils se développent là-bas par l'extraction des métaux rares, dans ces terres rares, de ce qu'on appelle des villages du cancer, par le dégagement des ondes. Donc ça pose des questions de santé publique. Pour le transport lourd, par exemple, on a toujours été, et Marine Le Pen la première, favorable au développement de l'hydrogène. On sait que l'hydrogène, ça ne marche pas sur les petits formats, c'est-à-dire sur les petits véhicules, mais que ça marche sur le transport lourd.
Donc il faut mettre le paquet sur l'hydrogène, et ça, permettez-moi de dire que ça fait plusieurs années qu'on le réclame dans la vie politique. Je pense qu'on peut traiter la question du climat de manière sereine, mais n'oublions jamais que le défi environnemental, il est la conséquence directe du boom démographique que connaît notre planète.
Jordan Bardella, il y a aussi la question du carburant. La première ministre a réuni tout à l'heure les distributeurs, les raffineurs, les fédérations professionnelles, pour leur demander de multiplier les opérations à prix coûtant. Certains, comme le PDG de Système U, Dominique Schelcher, veulent jouer le jeu, mais pas indéfiniment.
On va vers des opérations de carburant à prix coûtant, mais ça ne sera pas du prix coûtant permanent, parce que ça, on ne le peut pas non plus. Même si nos marges sont faibles, on redit les choses, il faut être précis, 2 centimes en moyenne au litre. Donc, on peut faire régulièrement des opérations à prix coûtant, on prend sur nos marges pour accompagner les Français. On l'a fait cet été, on le refait le premier week-end d'octobre, et il y aura un engagement complémentaire, mais ça ne peut pas être en permanence.
Il y a aussi l'action des groupes Leclerc et Carrefour qui, aujourd'hui, ont commencé les opérations à prix coûtant dès ce vendredi. Vous leur dites quoi ? Merci ? Ou ils peuvent aller encore plus loin ?
Ils ont fait, durant la période, des marges importantes, et je pense que la vente à prix coûtant va dans le bon sens. Ce qui est intéressant, c'est que, depuis une semaine, on a là le signe et le signa de l'incompétence économique totale du gouvernement. Je vous rappelle qu'il y a une semaine, la première ministre, qui s'est pris un camouflet total, nous parlait de vente à perte du carburant, qui ne s'est jamais fait en France depuis 1963.
Et qui ne se fera pas, a priori.
Mais qui ne se fera pas pour une raison très simple, c'est que l'essence est utilisée comme un produit d'appel par les grandes surfaces, et que la marge qui est faite sur le carburant est très faible. Et le risque d'entraîner, d'ouvrir la porte à la vente à perte, c'est qu'on ait un report quasi mécanique de ce qui n'est pas gagné sur le carburant, étant donné que c'est un produit d'appel, sur l'alimentation. Et deuxièmement, vous allez créer une distorsion cataclysmique entre les ténors du pétrole en France et les petits distributeurs dans la rue.
On passe à la suite, les opérations à prix coûtant. Et encore, qu'est-ce que vous proposez ? Vous vous proposez de baisser la TVA sur le prix des carburants, la faire passer de 20 à 5,5%. Vous chiffrez cette mesure à 12 milliards d'euros. L'argent, vous le trouvez où ?
On a fait un bouclier énergétique de 110 milliards d'euros. Donc on ne peut pas me demander aujourd'hui où est-ce qu'on trouve les 12 milliards. Je vais vous répondre. 70 sur 3 ans, ça a été précisément chiffré. Et 50 si on compte. Monsieur Cohen, vous me demandez comment je la chiffre et comment je la finance, je vais vous répondre. D'abord, 1, il y a sur le carburant 60% de taxes. Donc si le gouvernement souhaite rendre aux Français les fruits de leur travail et permettre aux Français, notamment dans les territoires ruraux, de continuer d'assurer la continuité de leurs déplacements, de leurs loisirs, de leurs déplacements professionnels, familiaux, personnels, on baisse les taxes.
Nous, ce que nous défendons, vous avez, et merci de me permettre de le rappeler, c'est une baisse de la TVA de 20% à 5,5% sur le carburant, mais non seulement sur l'ensemble des produits énergétiques que nous considérons, nous, comme un produit de première nécessité.
Pourquoi vous ne le proposez pas à l'Assemblée ? Pourquoi vous n'essayez pas de proposer cette mesure ? Nous l'avons fait.
Nous l'avons fait lorsque nous sommes arrivés avec ce groupe de 89 députés à l'Assemblée.
Pourquoi vous n'essayez pas de le faire encore ?
En vérité, on voit bien, on a fait le choix d'un sujet de santé publique, on a fait le choix dans notre niche de la question de l'endométrie. Précise que c'était dans le programme présidentiel de Marine Le Pen, donc avant la crise énergétique actuelle, cette baisse de TVA. Oui, ce qui fait que quand on baisse la TVA de 20% à 5,5% sur le carburant, en gros sur un plein de 40 litres, c'est un peu plus de 10 euros qu'on rend immédiatement, de pouvoir d'achat qu'on rend immédiatement à la pompe. Alors, comment je la finance ?
Il y a eu ces deux dernières années, à cause ou grâce de l'inflation, ça dépend de quel côté on se met, un surplus de TVA qui est entré dans les caisses de l'État, de 30 milliards d'euros en 2021 et de 30 milliards d'euros en 2022. Bien sûr que si, M. Cohen. Et l'État, compte tenu de la hausse de l'inflation, a fait rentrer beaucoup plus de TVA dans ces caisses. Mais M. Cohen, vous pouvez me dire non, c'est mécanique. L'État ne s'est pas enrichi sur cette séquence. Avec les dépenses du bouclier, l'État ne s'est pas enrichi. M. Cohen, c'est mécanique.
Vous me rappelez à l'instant le coût du bouclier.
Je vais vous répondre.
Vous dites les deux choses en même temps.
Je rends une partie de ce surplus de TVA que l'État fait avec l'inflation délirante que nous connaissons depuis deux ans, notamment dans la baisse des taxes, parce que je pense que la baisse de la pression fiscale sur le peuple français, et notamment sur la France qui bosse, sur la France qui travaille, c'est un impératif économique que nous mettrons en œuvre. Deuxièmement, le bouclier énergétique. Pourquoi est-ce qu'on a été amené à déployer un bouclier énergétique ? Précisément parce que le gouvernement refuse, depuis maintenant plusieurs mois, comme nous le réclamons, de toucher aux règles européennes de fixation des prix de l'électricité qui est aujourd'hui arrimée sur les prix du gaz.
Je simplifie, l'énergie est calculée au niveau européen sur le coût de production de la dernière centrale qui est appelée, c'est-à-dire généralement le charbon ou le gaz, et en cas d'espèce, c'est le gaz. Donc les Français sont aujourd'hui volés, ils payent une électricité qui ne correspond pas au coût de production qu'ils devraient le payer. Et par conséquent, ce n'est pas le sujet, on a le nucléaire. Les Français ont payé une filière nucléaire. C'est normal, M. Cohen, que le peuple français paie en Europe l'électricité la moins chère parce que les gens qui nous ont succédé, précisément au pouvoir, ont fait des choix qui étaient un choix de préserver notre filière nucléaire.
Donc c'est parfaitement normal. En désarremant les prix de l'électricité au prix du gaz, c'est immédiatement 500 euros de pouvoir d'achat qu'on rend d'après l'INSEE chaque année aux Français. Et ces règles aujourd'hui délirantes d'arrimage des prix d'électricité sur les prix du gaz, c'est la quasi-responsabilité, je dirais, de la multiplication par 3, 4, 5, 6 ou 7 des factures d'électricité, pas seulement pour les familles françaises, mais surtout pour les collectivités et pour les entreprises. Donc nous, on fait le choix de la compétitivité de notre économie, on fait le choix du pouvoir d'achat, et on fait surtout le choix de restituer au peuple français les fruits de leur travail.
Jordan Bardella