Européennes : le RN va "affaiblir l'Union européenne", pour la candidate Renaissance Valérie Hayer
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Questions et réponses
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Tous les grands partis ont leur tête de liste, vous arrivez après eux dans la bataille des européennes, n'est-ce pas déjà trop tard ?
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Et bien justement, s'il y a bien un principe qui caractérise Emmanuel Macron depuis le début, c'est sa foi dans l'Europe.
- 1:29FerméeRéponse directe
Et vous n'êtes pas une candidate de substitution ?
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Personne ne veut assumer un résultat cuisant qui placerait la majorité de 10 points derrière Jordan Bardella et la liste du Rassemblement national ?
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Vous ne pouvez plus, comme en 2019, les qualifier de frexiteurs. Comment vous allez les contrer ?
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Pour ces prochaines élections, vous pensez pouvoir compter sur des voix de gauche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Leur projet, c'est un projet pour détricoter et affaiblir l'Union européenne. »
- 2:40Invité politiqueFait
« Quand on parle des enjeux, par exemple, de l'énergie, ils disent qu'il faut sortir du marché européen de l'énergie. »
- 2:52Invité politiqueFait
« Donc c'est leur projet, c'est un frexite. »
- 3:05Invité politiqueFait
« Ils n'ont rien fait au Parlement européen. »
- 3:36Invité politiqueFait
« On a été, nous, majorité présidentielle, à la manœuvre pour accélérer sur la transition environnementale, pour avoir des mesures en matière sociale. »
- 4:37Invité politiqueChiffre
« On a 90% de votes qui sont opposés, peu importe. »
- 5:33Invité politiqueFait
« Les votes du Rassemblement National n'ont pas permis de faire passer cette loi. »
- 5:57Invité politiqueFait
« On a un texte qui est solide, qui permet de répondre aux problématiques migratoires, de renvoyer ceux qui n'ont pas vocation à être sur le terrain. »
- 6:10Invité politiqueFait
« Les alliés du Rassemblement National, quand les populistes font des propositions en matière d'immigration, ça donne le Brexit, explosion des flux migratoires. »
- 7:43Invité politiqueFait
« Ne pas opposer le monde agricole et l'environnement. On a besoin d'avancer main dans la main. »
- 8:57Invité politiqueFait
« Pas laisser-faire politique. Vous savez, je me suis mobilisée dès le début de mon mandat sur les enjeux budgétaires. »
- 9:02Invité politiqueFait
« On a besoin de taxer les multinationales. »
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Il est 7h48, Sonia De Villers, votre invitée ce matin a été désignée tête de liste, renaissance aux élections européennes. Elle était déjà depuis 2019 députée européenne du parti d'Emmanuel Macron. Elle vient de Mayenne, elle a 37 ans, elle dit, elle redit fièrement qu'elle est fille et petite fille d'agriculteur. Les sondages la donnent 10 points derrière la liste de Jordan Bardella. Bonjour Valérie Ayet. Bonjour. Tous les grands partis ont leur tête de liste, vous arrivez après eux dans la bataille des européennes, n'est-ce pas déjà trop tard ?
La bataille, elle n'a pas commencé, j'ai été désignée jeudi tête de liste. Elle n'a pas commencé la bataille ? On y est, on y est, on est mobilisés. Depuis le premier jour, nous on parle d'Europe au sein de la majorité présidentielle. On est la seule coalition pro-européenne dans ce débat et on jette nos forces dans la bataille pour ces élections.
Et bien justement, s'il y a bien un principe qui caractérise Emmanuel Macron depuis le début, c'est sa foi dans l'Europe. Si un sujet sur lequel le camp présidentiel a toujours été unanime, c'est l'Europe. Alors on aimerait bien comprendre pourquoi, quand il s'agit d'entrer en campagne pour peser en Europe, Stéphane Séjourné dit non, Bruno Le Maire dit non, Julien Denormandie dit non, Jean-Yves Le Drian dit non.
Vous l'avez dit, c'est un élément de force. On a un bilan à faire valoir, on a des propositions qui sont fortes et qu'on va décliner dans les prochaines semaines. Moi je vous dis que je suis là, je suis là devant vous, déterminée à mener cette bataille. Pourquoi tous ces ténors, ils disent non alors ? Il y a eu des discussions entre les personnes que vous citez et le Président de la République, il y a eu des discussions entre moi-même et le Président de la République. Je vous le redis, je suis là et je sais que je pourrais compter sur le soutien de l'ensemble des personnes que vous vous citez. Et vous n'êtes pas une candidate de substitution ? Absolument pas, je crois que j'ai la légitimité.
J'ai été élue, vous l'avez rappelé, en 2019 au Parlement européen. J'ai beaucoup travaillé notamment sur les enjeux budgétaires. Je suis aujourd'hui président du groupe centriste et central, sans lequel aucune majorité n'est possible au Parlement européen. J'ai des choses à dire, on a des choses à dire en tant que majorité présidentielle.
Personne ne veut assumer un résultat cuisant qui placerait la majorité de 10 points derrière Jordan Bardella et la liste du Rassemblement national ?
On a l'impression que les jeux seraient déjà faits en écoutant les uns et les autres. Les jeux ne sont pas faits. Je viens d'être désignée tête de liste. On entre en campagne et on est déterminé, évidemment. Il y a une réalité. On regarde évidemment les sondages dont vous parlez. Moi, je ne peux pas me résoudre à ce que le Rassemblement national soit si haut dans le pays. Donc on va mener la bataille.
Et le nouveau slogan de Jordan Bardella, « La France revient, l'Europe revit ». Vous ne pouvez plus, comme en 2019, les qualifier de frexiteurs. Vous ne pouvez plus, comme en 2019, les accuser d'europhobie en disant « Votez pour nous, si c'est eux, c'est le chaos ». Comment vous allez les contrer ?
Soyons lucides sur le projet qu'ils portent. Leur projet, c'est un projet pour détricoter et affaiblir l'Union européenne. Tout dans leur vote le démontre. Quand on parle des enjeux, par exemple, de l'énergie, ils disent qu'il faut sortir du marché européen de l'énergie. Ça veut dire qu'on sort de l'Union européenne. Il n'y a pas de colocation dans laquelle on reste sans respecter les règles communes. Donc c'est leur projet, c'est un frexite. Et par ailleurs, je rappelle aussi, nous, majorité présidentielle, nous sommes 23 qui avons été élus en 2019. Ils sont combien au Rassemblement national ? Ils sont 23 aussi. Ils ont été élus en 2019. Quel est leur bilan ? Rien.
Ils n'ont rien fait au Parlement européen. Donc nous, on est en responsabilité. On agit au service des Français. Là où eux sont dans l'opportunisme électoral et ne proposent rien et ne font rien au Parlement européen.
Pour être élu, Valérie Ayet, en 2017 et 2022, Emmanuel Macron a bénéficié de nombreuses voix de gauche. Et même, il n'aurait pas pu faire sans. Pour ces prochaines élections, vous pensez pouvoir compter sur des voix de gauche ?
Bien sûr. Le macronisme, vous l'avez décrit, c'est le dépassement. Et c'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles j'ai choisi de rejoindre Emmanuel Macron, en plus de son engagement pro-européen. On a un bilan pour nous. On a été, nous, majorité présidentielle, à la manœuvre pour accélérer sur la transition environnementale, pour avoir des mesures en matière sociale. On va faire valeur notre bilan et on aura aussi des projets.
Il y a au moins quatre listes à gauche. Le Parti communiste, la France insoumise, les écologistes, Raphaël Glucksmann, candidat PS, place publique. Vous ne pensez pas que s'il y a eu une rupture entre des électeurs de gauche et la majorité présidentielle, il y a largement de quoi faire pour ces électeurs-là à gauche ?
Moi, je dis aux électeurs de gauche, regardez qui est influent, qui a les capacités de faire bouger les lignes en Europe. Et aujourd'hui, c'est nous, c'est la troisième force, le groupe Renew. Et par ailleurs, une remarque, je vois que Raphaël Glucksmann, on partage beaucoup de nos votes, il vote beaucoup, comme nous. Mais la vraie capacité d'influence, elle est chez nous. Et je regrette par ailleurs qu'à Bruxelles, on vote la même chose, mais qu'il reste inféodé au PS sous la coupe de Jean-Luc Mélenchon.
Alors, son parti, place publique, dément vos propos et publie une liste de mesures sur lesquelles vos votes sont complètement opposés.
On a 90% de votes qui sont opposés, peu importe.
S'il n'y a aucune différence à Bruxelles, comme vous le dites, alors pourquoi les électeurs de gauche, qui se sentent trahis par le macronisme, ne voteraient pas Raphaël Glucksmann, justement, pour rompre avec cette famille ?
Je vous le redis, parce que l'influence, elle est chez nous. Parce que si on veut véritablement avoir une capacité d'action sur les enjeux sociaux, sur les enjeux de transition environnementale, il faut être en capacité de faire peser la ligne dans chacun de nos groupes politiques.
Au mois de mai dernier, Valérie Yeyer, vous signez dans Le Monde une tribune au vitriol qui dénonçait la dérive du parti Les Républicains en matière d'immigration. Ces derniers se rapprochant très dangereusement de Marine Le Pen, selon vous. Mais Valérie Yeyer, six mois après, le gouvernement et votre parti faisaient voter une loi immigration entièrement remaniée par les LR et adoptée avec le vote du Rassemblement National. Ça vous a posé problème ?
Aujourd'hui, la ligne, elle est très claire. Cette loi immigration, les débats ont eu lieu au niveau national. Les votes du Rassemblement National n'ont pas permis de faire passer cette loi. En parallèle, il y a des discussions. Et si j'ai un regret à exprimer dans cette séquence, c'est qu'on n'a pas assez parlé des discussions qui ont lieu en ce moment au Parlement européen. Sur les enjeux migratoires, trop longtemps on a mis la poussière sous le tapis. Maintenant, on est en train de finaliser un texte parce que la vraie réponse sur les enjeux migratoires et sur le défi migratoire, elle doit être posée à l'échelle européenne.
On a un texte qui est solide, qui permet de répondre aux problématiques migratoires, de renvoyer ceux qui n'ont pas vocation à être sur le terrain. Nous, on a des propositions concrètes. Le Rassemblement National, c'est le chaos sur ces questions-là. Et peut-être un élément de rappel, les alliés du Rassemblement National, quand les populistes font des propositions en matière d'immigration, ça donne le Brexit, explosion des flux migratoires. Ça donne Georgia Meloni, qui elle, pendant la campagne, propose un blocus naval et qui en fait, à la fin, en exercice, appelle à une réponse européenne. Donc, pas de démagogie sur ces questions-là, des solutions pragmatiques à l'échelle des 27.
Démagogie, justement. La colère des agriculteurs a fait trembler le monde politique. Céline Ismar, céréalière dans le Tarn, est propulsée numéro 2 de la liste LR. Vous voici fièrement affichée, je l'ai dit, fille et petite fille d'agriculteur en Mayenne, représentant la majorité présidentielle. C'est de l'opportunisme ?
Absolument pas. D'abord, vous me découvrez, mais j'ai toujours dit que j'étais très fière d'être fille d'agriculteur et d'être issue d'un milieu dans lequel il y a des valeurs qui sont très fortes de respect. Et le travail. Un élément de rappel également, nous, sur notre liste, on a des députés sortants au Parlement européen au sein de la majorité présidentielle qui sont agriculteurs. Je pense notamment à Jérémy Decerle. Donc, depuis le premier jour, on s'est engagé au service du monde agricole. Nous, notre position, elle est claire. S'agissant des autres, je vous laisse juger si c'est opportuniste ou électoral.
La référence, c'est qu'en 2019, le numéro 2 de votre liste, et à l'époque, il était présenté comme une prise de guerre, il s'appelait Pascal Canfin. Il était écologiste. On a l'impression que le vent a tourné. Est-ce qu'un écologiste aussi haut placé, aujourd'hui, en 2024, ça fait mauvais genre ?
Le vent n'a absolument pas tourné. Sur le Green Deal, notre ligne a toujours été la même. Ne pas opposer le monde agricole et l'environnement. On a besoin d'avancer main dans la main. Et d'ailleurs, au sein des 23 députés de la majorité présidentielle, les deux dont on vient de parler, Pascal Canfin et Jérémy Decerle, ont toujours travaillé main dans la main. C'est ça la force aussi. Ambition écologique et pragmatisme adaptation.
Et Pascal Canfin, votre position n'a pas changé. Il est toujours numéro 2 sur la liste par rapport à 2019 ?
Je ne vais pas. Les discussions sont en cours s'agissant des positionnements des uns et des autres. Moi, ce que je peux vous dire, c'est que Pascal Canfin a fait un travail remarquable au Parlement européen.
Mais on dit partout qu'il est devenu une tête de Turc depuis la crise agricole et que sa place ne cesse de dégrader sur la liste.
Pas d'attaque personnelle. Pascal Canfin a fait un travail extraordinaire. Il nous a permis de décliner de manière concrète notre objectif d'ambition de neutralité climatique d'ici un 2050. On a besoin aussi de profils comme nous.
C'est la fin du quoi qu'il en coûte au niveau européen comme à échelle nationale. On nous annonce 10 milliards d'économies en France. J'aimerais bien vous poser une question sur un sujet qui émerge très peu bizarrement dans cette campagne. Pendant ce temps-là, les multinationales continuent allègrement de ne pas payer l'impôt. 1000 milliards de dollars ont échappé au fisc en 2022. Or, l'évasion fiscale, c'est d'abord en Europe que ça se joue. C'est en Irlande, c'est aux Pays-Bas, c'est en Belgique, c'est à Chypre. Comment vous justifiez ce laisser-faire politique ?
Pas laisser-faire politique. Vous savez, je me suis mobilisée dès le début de mon mandat sur les enjeux budgétaires. On a besoin de taxer les multinationales. On a travaillé à l'échelle internationale. C'est en train d'être décliné à l'échelle nationale. On attend un petit coup de pouce des Américains pour taxer les géants du numérique. Et oui, il faut, à l'échelle des 27, harmoniser. Je ne vais pas rentrer dans la technique, mais on est en train d'avancer sur cette question-là.
Qui n'avance pas beaucoup ?
Alors, pourquoi ? Parce qu'on parle d'enjeux économiques, budgétaires et fiscaux, c'est toujours extrêmement compliqué. Mais la volonté politique est là, moi, je vois un chemin.
Merci Valérie Lillier. Et merci Sonia. Il est 7h58.
Valérie Hayer