Visite d’État en Indonésie : le Président Emmanuel Macron rencontre des étudiants indonésiens.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 86 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 20:00OuverteRéponse directe
Comment l'Indonésie et les jeunes peuvent-ils suivre l'exemple de la France en matière d'indépendance au Conseil de sécurité de l'ONU et contribuer à résoudre la crise à Gaza ?
- 35:00OuverteRéponse directe
Comment la France envisage-t-elle de renforcer la coopération avec l'Indonésie pour promouvoir la sécurité régionale et faire respecter le droit international ?
- 50:00OuverteRéponse directe
Que fait la France pour résoudre la guerre en Ukraine ?
- 1:05:00OuverteRéponse directe
Quelle est la position de la France sur l'adhésion de l'Indonésie aux BRICS ?
- 1:20:00OuverteRéponse directe
Comment l'État français peut-il réconcilier les restrictions liées à la laïcité avec ses valeurs d'inclusion sociale pour les femmes musulmanes voilées ?
- 1:35:00OuverteRéponse directe
Comment la France et l'Indonésie vont-elles collaborer pour rendre le financement climatique plus accessible aux pays en développement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30Emmanuel MacronFait
« C’est une visite d’état dans votre pays sur invitation du Président Prabowo, pas uniquement pour le 75e anniversaire de notre relation diplomatique, mais parce que dans le contexte actuel de l’ordre mondial, la relation entre l’Indonésie et la France est plus cruciale que jamais auparavant. »
- 5:00Emmanuel MacronFait
« Nous ne voulons pas nous aligner sur la Chine, mais nous ne voulons pas entrer en confrontation avec la Chine. Nous ne voulons pas dépendre des États-Unis. Nous voulons agir pour notre propre souveraineté. »
- 10:00Emmanuel MacronPromesse
« Nous souhaitons accueillir davantage d’étudiants en France. Nous souhaitons avoir davantage de programmes de recherche communs. Nous souhaitons renforcer notre collaboration et les programmes communs dans la défense et la sécurité. »
- 45:00Emmanuel MacronFait
« Nous avons organisé la première conférence humanitaire pour Gaza en novembre 2023, à Paris, et depuis lors, nous avons multiplié les initiatives humanitaires avec l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite, les Émirats et de nombreux autres pays. »
- 55:00Emmanuel MacronFait
« La guerre en Ukraine porte sur ce dont nous discutons depuis le début. Qu’en est-il du droit des pays à préserver leur intégrité territoriale ? »
- 1:10:00Emmanuel MacronFait
« Je suis heureux que ce pays rejoigne les BRICS. En même temps, comme je l’ai mentionné à votre président, je pense que c’est une bonne chose qu’il souhaite rejoindre l’OCDE. »
- 1:25:00Emmanuel MacronFait
« Les femmes françaises, qu’elles soient étudiantes, travailleuses ou autres, ont tout à fait le droit de porter le voile et de pratiquer leur religion. C’est tout à fait autorisé. »
- 1:30:00Emmanuel MacronFait
« Le voile est interdit à l’école, aux moins de 18 ans et dans les services publics. Pourquoi ? Parce qu’à l’école, nous ne voulons pas avoir de symboles religieux. »
- 1:45:00Emmanuel MacronPromesse
« La solution, comme je l’ai mentionné, consiste à mobiliser le maximum de financements. Donc, ce que nous allons faire dans les mois à venir, c’est poursuivre notre soutien. »
- 1:55:00Emmanuel MacronFait
« La francophonie n’est pas un projet conçu par des Français et centré sur la France. Il s’agit d’un projet universel par nature. »
- Promesse
« Demain, nous célébrerons ce nouveau partenariat dans tous ces différents domaines et créerons un nouveau partenariat entre l'Indonésie et la France dans le domaine des industries créatives. »
- Promesse
« Nous souhaitons développer de nouveaux programmes d'échange. Venez en France, rejoignez-nous. »
- Fait
« Les Français aiment votre pays et sont fascinés par votre pays. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Je vais répondre à vos questions très directement, mais avant, je vais dire la raison de ma présence. C’est une visite d’état dans votre pays sur invitation du Président Prabowo, pas uniquement pour le 75e anniversaire de notre relation diplomatique, mais parce que dans le contexte actuel de l’ordre mondial, la relation entre l’Indonésie et la France est plus cruciale que jamais auparavant. Nous pensons que nous pouvons travailler bien plus ensemble pour préserver stabilité, paix, prospérité, nous pouvons résister au désordre mondial, que nous pouvons travailler bien plus ensemble en termes de défense, d’énergie, de recherche, d’industrie, d’alimentation, etc.
Si je résume notre point de vue commun, nous ne voulons pas avoir d’ennemis, mais nous devons diversifier nos amis afin de ne dépendre de personne. Dans ce nouvel ordre de superpuissances, mettant parfois en péril l’ordre mondial et l’ordre fondé sur les règles, travailler ensemble peut accroître notre indépendance et notre autonomie stratégique. Je dirais que c’est l’ADN de notre partenariat.
Le travail entre l’Indonésie et la France, entre l’ASEAN et l’Europe est stratégie selon moi. Cela fait partie de ce que nous appelons la stratégie indo-pacifique de la France. Dans cette partie du monde, nous ne voulons pas nous aligner sur la Chine, mais nous ne voulons pas entrer en confrontation avec la Chine.
Nous ne voulons pas dépendre des États-Unis. Nous voulons agir pour notre propre souveraineté. C’est pourquoi nous souhaitons collaborer davantage avec l’Indonésie.
Nous souhaitons accueillir davantage d’étudiants en France. Nous souhaitons avoir davantage de programmes de recherche communs. Nous souhaitons renforcer notre collaboration et les programmes communs dans la défense et la sécurité.
Nous voulons aider le programme alimentaire de votre président. Nous souhaitons travailler avec vous à la décarbonisation de l’énergie dans votre pays. Et nous voulons aussi travailler sur la culture et faire beaucoup plus pour la création culturelle dans votre pays.
Je ne veux pas être plus long, mais ce voyage est très important pour ma délégation et moi-même puisque nous croyons en l’avenir de votre pays, et nous pensons avoir tellement d’intérêts en commun que ce travail est essentiel. Merci. Bonjour, Mesdames et Messieurs, et tous nos invités de marque.
Votre Excellence, le Président de la République française, Monsieur Emmanuel Macron, Recteur de l’Université Negeri Jakarta, Professeur Dr Komarudin, M.Si. À qui nous respectons, doyens, directeurs, étudiants et tous nos invités de marque, Mesdames et Messieurs, je souhaite la bienvenue à tous à l’occasion de la visite officielle du président de la République française, Monsieur Emmanuel Macron, à l’Université Negeri Jakarta. <i>Bonjour Monsieur le président, j’espère que vous allez bien.</i> Bienvenue à Universitas Negeri Jakarta <i>Je m’appelle [inaudible].</i> <i>Et moi, je suis [inaudible].</i> Je serai votre maître de cérémonie ce jour.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, le Recteur de l’Université Negeri Jakarta va faire un discours. Professeur Komarudin, M.Si., c’est à vous.
Son Excellence, Monsieur le Président de la République française, Mesdames et Messieurs les membres de la délégation française, chers invités, chers professeurs, chers étudiants et amis, Au nom de [inaudible] Jakarta, je suis honoré et ravi d’accueillir Son Excellence, Monsieur le Président Emmanuel Macron dans notre université. C’est un moment très important pour notre communauté universitaire et pour l’Indonésie. Nous vous remercions sincèrement d’avoir pris le temps de nous rendre visite et d’avoir reconnu le rôle essentiel de l’éducation dans le renforcement des liens entre les nations.
Votre présence ici aujourd’hui n’est pas seulement un symbole de l’amitié entre la France et l’Indonésie, mais aussi un rappel puissant de nos valeurs communes : la quête du savoir, la défense de la dignité humaine et l’espoir d’un monde meilleur et plus résilient. Nous croyons qu’à travers un partenariat significatif, nous pouvons former les générations futures qui seront non seulement excellentes sur le plan scolaire, mais aussi compatissantes, responsables et prêtes à contribuer à l’humanité. Une fois encore, Monsieur le Président, merci de nous honorer de votre visite. <i>Merci beaucoup.</i> Votre leadership nous inspire, et nous souhaitons construire un avenir fait de croissance partagée, de paix et de solidarité mondiale. <i>Merci beaucoup</i>, Monsieur le Président. <i>Terima kasih</i>, merci.
Merci au Recteur l’Université Negeri Jakarta pour cet accueil chaleureux. Aujourd’hui, nous allons avoir une séance de questions-réponses, un dialogue directement avec <i>Monsieur le président</i>. Les étudiants et les enseignants auront l’occasion d’échanger leurs idées avec Son Excellence Emmanuel Macron.
Mesdames et messieurs, voici le moment de la session principale, la discussion avec le Président. Cette session comportera huit questions, en anglais ou en français, mais Monsieur le Président répondra en anglais. Nous allons mentionner le nom de votre institution et de ses représentants.
Merci de vous lever et de poser votre question à Monsieur le Président. La première question sera posée par le représentant de l’université Gadjah Mada. Veuillez vous lever et poser votre question. <i>Monsieur le président, enchanté,</i> je m’appelle [inaudible].
J’étudie les relations internationales à l’Université Gadjah Mada et je vais poser ma question en anglais. L’un des exemples de l’indépendance de la France vis-à-vis de toutes ces superpuissances que vous avez mentionnées est sa capacité à naviguer entre les intérêts divergents au sein du Conseil de sécurité des Nations unies. En tant que pays en développement, je voudrais vous demander comment l’Indonésie, et en particulier nous, les jeunes, pouvons suivre l’exemple de la France en matière d’indépendance dans ce domaine.
Et comment cela peut-il réellement contribuer à résoudre la crise qui sévit actuellement à Gaza ? <i>Je vous remercie.</i> Merci pour votre question.
J’espère… ça semble fonctionner. Vous allez bien ? Tout va bien ?
Je suis désolé, parce que… pas de panique. Merci pour votre question, c’est un cadeau pour vous. De rien.
Deux choses, la première concerne notre diplomatie indépendante, qui est en effet une tradition française, si je puis me permettre. Mais lorsque nous avons construit cet ordre mondial, après la Seconde Guerre mondiale, certains grands pays ont permis à la France de faire partie du Conseil de sécurité des Nations unies en tant que membre permanent, et d’avoir accès… Nous sommes une puissance nucléaire, et grâce à ce statut, nous avons obtenu, d’une certaine manière, cette indépendance. Nous avons toujours préservé cette indépendance vis-à-vis des superpuissances et nous avons notre propre ligne de conduite.
Quant à votre pays, je dirais que vous avez votre propre tradition d’indépendance. Et l’exemple fourni par l’Indonésie est tout à fait unique. Grâce à votre <i>Revolusi</i>, vous avez marqué le début d’une ère postcoloniale et l’indépendance de nombreux pays en 1945.
Dix ans plus tard, votre pays a également adopté une approche non alignée de l’ordre mondial et s’est engagé dans une autre voie pour envisager l’ordre multilatéral, où tous les pays sont respectés. C’est pourquoi je ne compare pas ce qui n’est pas comparable, mais cela crée dans notre histoire un lien, des points communs. Mais je serais très humble vis-à-vis de votre diplomatie et de votre pays, vous avez votre propre histoire et votre propre tradition d’indépendance.
Et c’est pourquoi je crois au dialogue et au dialogue unique entre l’Indonésie et la France. En ce qui concerne Gaza, puisque vous avez soulevé la question de manière très sincère, en prenant juste cet exemple, mais abordons, si je puis me permettre, le sujet qui fâche, car partout dans le monde, les jeunes, et pas seulement les jeunes, je ne suis plus jeune, malheureusement pour moi, mais nous sommes tous choqués et traumatisés par ce qui se passe à Gaza, par cette crise humanitaire et cette catastrophe. Et si vous me le permettez, je vais essayer de vous expliquer l’approche française face à cette situation et tenter d’appréhender toute la complexité de la situation à Gaza.
Tout d’abord, nous avns condamné l’attaque terroriste perpétrée par le Hamas le 7 octobre 2023. Ce fut l’une des attaques terroristes les plus violentes jamais perpétrées contre Israël. Nous avons perdu beaucoup de nos compatriotes dans ces attaques terroristes.
Il s’agit de l’attentat terroriste le plus grave survenu en France depuis 2016. Nous avons reconnu le droit d’Israël à se protéger, à se défendre et, bien sûr, à libérer tous les otages. Et depuis le 7 octobre 2023, nous travaillons d’arrache-pied et soutenons toutes les initiatives visant à libérer tous les otages.
Cela dit, depuis octobre 2023, nous avons demandé un cessez-le-feu, car même si nous partagions la volonté de démilitariser le Hamas et de libérer les otages, nous ne partagions pas l’approche qui consistait à attaquer Gaza sans distinction et à attaquer également tous les civils. Nous avons demandé un cessez-le-feu en octobre 2023. Nous avons organisé la première conférence humanitaire pour Gaza en novembre 2023, à Paris, et depuis lors, nous avons multiplié les initiatives humanitaires avec l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite, les Émirats et de nombreux autres pays afin d’apporter de l’aide, de la nourriture, de soutenir de nombreuses personnes et d’essayer de sauver un maximum de vies.
Et parallèlement, nous avons soutenu toutes les initiatives visant à libérer les otages. La situation est désormais critique. Il y a quelques semaines, j’étais avec le président Sissi à la frontière de Gaza, à Al-Arich.
J’ai vu avec lui beaucoup de gens, sur le sol égyptien, mais venant de Gaza après avoir subi des opérations chirurgicales dans des conditions épouvantables, et j’ai vu toute l’aide humanitaire stockée dans cet endroit sans aucun accès à Gaza en raison du blocus. C’est pourquoi notre priorité aujourd’hui est d’abord de demander très fermement un cessez-le-feu. C’est une urgence.
Deuxièmement, il faut demander l’accès à la nourriture, à l’eau, aux médicaments, aux traitements et à toute l’aide humanitaire. Il s’agit d’une situation d’urgence absolue, la pire depuis le début du conflit. Troisièmement, la libération de tous les otages.
Quatrièmement, la démilitarisation du Hamas et son retrait de toute participation politique. Et cinquièmement, nous travaillerons très dur avec l’Arabie saoudite, car nous avons cette responsabilité qui nous a été confiée par les Nations unies. Et en juin, nous co-organiserons cette conférence pour une approche à deux États, car nous sommes convaincus que le résultat de cette situation et la seule façon de la résoudre ne passent pas uniquement par une approche sécuritaire.
Il s’agit d’une réponse politique visant à garantir le droit des peuples à disposer d’un État et à être mutuellement reconnus. Ce que nous ferons, c’est que nous déclencherons un mouvement de reconnaissance d’un État palestinien sous certaines conditions : libération des otages, démilitarisation du Hamas, non-participation du Hamas, mais aussi reconnaissance par cet État palestinien de l’État israélien et de son droit à se défendre, et c’est la seule voie possible. Et votre président a prononcé ce matin un discours très important dans lequel il a déclaré : « le jour où Israël reconnaîtra l’État palestinien, je reconnaîtrai Israël et son droit d’exister et de se défendre ».
L’objectif d’une telle approche de double reconnaissance mutuelle est tout d’abord de dire que la fin de cette crise n’est pas une guerre, mais un processus politique. Deuxièmement, la seule façon d’instaurer la paix au Moyen-Orient passe par un processus politique, avec cette reconnaissance mutuelle et la création de ce que j’appellerais une architecture de sécurité, où chaque membre reconnaîtra l’existence et le droit de l’autre à se protéger. Il va sans dire que nous ajouterons à cela le fait que l’État palestinien n’aura pas d’armée et que tous les États frères et tous les voisins seront chargés d’assurer sa sécurité.
Je ne veux pas entrer dans les détails techniques, mais je peux vous les fournir et nous les détaillerons dans les semaines à venir. Mais cette reconnaissance n’est que le signal qu’il faut mettre fin à cette guerre. Nous devons reconnaître le droit du peuple palestinien à avoir un État et le droit de certains autres pays du peuple israélien à avoir leur État, et le droit des deux peuples à vivre ensemble en paix.
Ce que je veux dire, et c’est très important pour vous, c’est que vous avez probablement beaucoup entendu parler de la guerre en Ukraine et de l’agression lancée par la Russie. Nous sommes totalement solidaires de l’Ukraine, car nous croyons au droit des peuples à disposer de leur État et à l’intégrité territoriale. Comment pouvons-nous défendre une telle approche si nous ne réagissons pas à Gaza ?
Il n’y a pas deux poids, deux mesures. Nous croyons fermement à l’universalité de nos règles. C’est pourquoi nous avons une telle diplomatie et une telle approche à l’égard de Gaza.
Merci beaucoup, Monsieur le Président, pour cette réponse formidable. Nous allons passer à l’université suivante. C’est au tour de l’université IPB.
Bonjour, Monsieur le Président. Je m’appelle Joseph [inaudible]. Je fais partie du conseil exécutif étudiant de l’université IPB.
Dans un contexte d’instabilité mondiale croissante, comment la France envisage-t-elle de renforcer la coopération avec les pays de la région indo-pacifique, en particulier l’Indonésie, afin de promouvoir la sécurité régionale et de faire respecter le droit international ? Merci. Merci beaucoup.
Il est clair que nous vivons dans un monde instable, nous pourrions également évoquer l’instabilité économique, les droits de douane, etc. Mais revenons à votre question, qui porte sur l’instabilité géopolitique et les risques potentiels dans cette partie du monde. Pour beaucoup de pays comme le vôtre, et d’ailleurs tous les pays de la région, le risque principal est évidemment celui d’une présence croissante de la Chine et d’une sorte de surplomb chinois, en particulier dans vos propres mers, ce qui constitue une menace potentielle pour votre souveraineté.
C’est là que nous avons lancé cette approche indo-pacifique, car il n’y a qu’une seule façon de réagir à cette approche. Et je respecte toutes ces approches, soit dit en passant. J’essaie juste de définir les critères et d’élaborer une stratégie.
Je ne porte pas de jugement dans mes qualifications. Il existe une méthode très conflictuelle, ce que j’appellerais l’approche américaine. Premièrement, face au numéro deux, ils veulent être compétitifs.
Le numéro un ne veut tout simplement pas que le numéro deux se développe dans cette région du monde. Ce n’est pas grave, c’est probablement une bonne stratégie. Mais je remarque que pour beaucoup de pays de cette région, s’ils ne veulent pas être plus dépendants de la Chine, s’ils ne veulent pas être menacés par la Chine, s’ils ne veulent pas voir leur souveraineté réduite par la Chine, ils sont très liés à la Chine.
Ils ont beaucoup de respect pour la Chine et ne veulent pas entrer en confrontation, ils ne veulent pas être pris au piège dans cette confrontation entre les deux superpuissances. Et c’est là que nous proposons ce que j’appelle la troisième voie. Cette approche indo-pacifique est une manière d’exprimer que nous partageons la même vision, car la France, comme vous le savez, possède des territoires d’outre-mer dans cette région, avec la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, l’île de la Réunion et Mayotte.
Nous disposons également de nombreuses bases, de plus de 8 000 soldats et menons de nombreuses opérations stratégiques communes avec toutes les armées de la région. Notre approche est la suivante : nous ne voulons pas entrer dans une logique conflictuelle, mais nous voulons aider tous les pays de la région. Nous partageons la même vision, celle d’un ordre mondial fondé sur le respect et les équilibres.
Nous voulons travailler ensemble. Nous souhaitons coopérer afin d’accroître votre capacité et par la même occasion, notre capacité à être plus indépendants et à disposer d’une meilleure autonomie stratégique. Et nous le faisons grâce à la coopération en matière de sécurité et de défense.
Nous avons le programme Rafale pour les avions avec votre pays, mais aussi avec l’Inde et les Émirats arabes unis. Nous avons donc un Club Rafale qui regroupe certains pays clés de cette région indo-pacifique. Nous coopérons dans le domaine des sous-marins et dans certaines catégories de capacités pour nos armées afin de nous assurer que nous ne dépendons pas de ces deux superpuissances, mais nous développons des capacités communes pour protéger notre propre territoire, parfois pour dissuader d’autres pays de mettre en péril notre souveraineté et pour protéger ce que j’appellerais, pour citer un ancien Premier ministre australien, la liberté de la souveraineté.
Nous développons également des opérations communes, ainsi que des programmes de formation communs pour nos soldats. Demain, je serai à l’Académie de la région Java Centre lancée par votre président, et nous souhaitons poursuivre cette approche. Nous voulons faire de même dans tous les domaines clés, à savoir la recherche, la technologie, l’intelligence artificielle, l’énergie et l’alimentation.
Et notre idée est que plus nous travaillons ensemble, plus nous réduisons notre dépendance vis-à-vis des deux superpuissances. Nous souhaitons coopérer avec. Quant à la France, nous avons une alliance particulière avec les États-Unis.
Nous faisons partie de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, mais nous sommes indépendants en termes de capacités et pour notre propre défense et sécurité. Nous entretenons depuis des décennies de nombreuses relations avec la Chine, et nous souhaitons les poursuivre. Mais d’une certaine manière, nous pensons que nous devons réduire les risques liés aux conflits inhérents à nos modèles.
Et c’est là le point de vue de votre pays et de votre président. Et c’est là le cœur, l’ADN, de la stratégie indo-pacifique. Il ne s’agit pas d’être conflictuel, mais de renforcer notre indépendance mutuelle.
Et comme je vous l’ai dit, je pense que le partenariat entre la France et l’Indonésie est tout à fait pertinent dans ce contexte. Et le partenariat entre l’ASEAN et l’Union européenne est très significatif, car il représente plus d’un milliard d’habitants, avec de nombreuses innovations, technologies et capacités. Et nous partageons les mêmes intérêts et la même vision de l’ordre mondial.
Voici les éléments clés de cette stratégie indo-pacifique. Merci, Monsieur le Président, d’avoir répondu à la deuxième question. La question suivante sera posée par la représentante de l’Université d’Indonésie. <i>Bonjour Monsieur le président.</i> <i>Je suis [inaudible], je suis étudiante</i> <i>au département français d’Universitas Indonesia.</i> <i>Permettez-moi de vous poser une question en anglais.</i> Que fait la France pour résoudre la guerre en Ukraine ? <i>Merci beaucoup.</i> Merci beaucoup pour votre question, et merci d’étudier le français.
Vous êtes les bienvenus dans les universités françaises. Nous souhaitons vivement augmenter le nombre d’étudiants qui étudient notre langue, mais aussi qu’ils participent à nos programmes de formation et viennent dans nos universités. Mais je vais maintenant me concentrer sur la question.
La guerre en Ukraine porte sur ce dont nous discutons depuis le début. Qu’en est-il du droit des pays à préserver leur intégrité territoriale ? Et si vous commencez à accepter qu’une superpuissance s’empare d’un pouvoir plus important, mettant en péril ces règles internationales, c’est la fin d’un monde stable.
Je vais expliquer les raisons qui motivent notre initiative, car je sais que certains pays trouvent parfois complètement fou le niveau d’engagement que nous avons pris envers l’Ukraine quand je lis les journaux et les commentaires, mais cela est essentiel pour les Ukrainiens. C’est essentiel pour la sécurité européenne. Je pense que c’est également très important pour vous ici, dans cette partie du monde, car si nous acceptons que la Russie mette en péril l’intégrité territoriale de l’Ukraine, que se passera-t-il le jour où la Chine décidera de mettre en péril votre intégrité territoriale, ou celle des Philippines, ou de n’importe quel autre pays ?
Pas deux poids, deux mesures. Nous restons fidèles à notre principe : le droit des peuples à disposer d’un État souverain et la préservation de l’intégrité territoriale. C’est absolument essentiel.
Que s’est-il donc passé en 2014 ? La Russie a commencé à envahir la Crimée. C’est une petite partie de l’Ukraine, ainsi que certaines autres régions du Donbass, près d’Azov.
Ils ont arrêté, ils ont gelé la guerre à ce moment-là, et la France et l’Allemagne étaient chargées du processus. Pendant de nombreuses années, nous avons tenté de surveiller un processus de cessez-le-feu complexe afin de nous assurer que la paix puisse être préservée. Et en février 2022, juste après la période Covid, si vous vous souvenez bien, le monde était un peu instable.
Nous avons tous été un peu déstabilisés par cette période. Et vous faites partie de cette génération qui a beaucoup souffert à cause de la Covid-19. En février 2022, le président Poutine a soudainement lancé une grande opération militaire contre l’Ukraine, dans le but d’envahir tout le pays.
Il tenta d’envahir le pays depuis le nord et depuis l’ouest. Ils ont résisté héroïquement. Mais ce qu’il souhaite faire maintenant, c’est intégrer cinq régions de ce pays.
Et il continue d’occuper le territoire, de se battre quotidiennement, d’attaquer l’Ukraine et de tuer des civils chaque jour à l’aide de missiles, de drones, etc. Ce que nous avons décidé de faire dès le début, c’est en fait d’adopter une position consistant à dire que nous sanctionnerons la Russie, car c’est inacceptable. Nous avons décidé d’un ensemble de sanctions.
Quand je dis « nous », je parle de l’Union européenne. Nous avons décidé d’une série de sanctions contre l’économie russe afin d’affaiblir sa capacité à financer cette guerre. Et deuxièmement, nous avons fourni une série de mesures de soutien à l’Ukraine.
Soutien budgétaire, soutien économique et soutien militaire. Nous leur avons fourni des armes, des munitions et certaines capacités afin qu’ils puissent se protéger. Mais nous avons décidé de ne pas entrer directement en guerre, afin d’éviter une escalade vers une troisième guerre mondiale.
Et je pense que c’était raisonnable. Depuis février 2022, le peuple ukrainien et l’armée ukrainienne ont fait preuve d’un courage exceptionnel. Ils ont résisté, beaucoup de civils et de soldats ont été tués, mais ils ont tué beaucoup de soldats russes et ils continuent de résister.
Mais nous sommes à un moment critique où nous devons mettre fin à cette guerre, car chaque jour, les pertes sont nombreuses dans les deux camps et beaucoup de civils sont tués. C’est pourquoi nous formulons aujourd’hui cette demande et nous nous efforçons de faire tout notre possible pour impliquer l’administration américaine et le président Trump, qui a pris il y a quelques mois une position très ferme en ce sens, à savoir que nous voulons un cessez-le-feu inconditionnel des opérations aériennes, maritimes et terrestres. Nous soutenons donc cette approche.
Et le président Zelensky, même s’il est celui qui a été envahi, a accepté ce cessez-le-feu inconditionnel. Le problème, c’est que la Russie refuse ce cessez-le-feu inconditionnel. Nous faisons donc pression très fortement.
Et ce que nous voulons, c’est impliquer l’administration américaine à nos côtés afin de mettre en place un ensemble de sanctions dissuasives pour contraindre les Russes à accepter le cessez-le-feu, ce qui ouvrira une fenêtre d’opportunité pour négocier une paix solide, une paix dans laquelle l’Ukraine et la Russie devront négocier sur certains territoires gelés et des territoires occupés de facto. Mais ce sera leur décision à tous les deux, et on devra fournir des garanties de sécurité, c’est-à-dire la capacité de l’armée ukrainienne, pour le lendemain, de résister à de nouvelles agressions potentielles, ainsi que certaines garanties de sécurité fournies par le reste du continent et le reste du monde. Car nous savons désormais par expérience que la Russie n’offre aucune garantie, puisqu’elle a trahi sa parole et ses engagements à plusieurs reprises.
Et si nous laissons l’Ukraine seule avec une soi-disant paix, elle sera envahie dans deux, trois, quatre ans. Voilà exactement ce que nous essayons de faire. Maintenant, le point critique où nous en sommes est de convaincre un maximum de pays, avec les Européens, j’espère les Américains et quelques autres, d’avoir cette capacité, je dirais de conviction, mais en fait de dissuasion, pour ramener la Russie à la table des négociations et l’amener à accepter le cessez-le-feu, à ouvrir ces négociations et à instaurer une paix solide.
Tant que cette paix solide ne sera pas rétablie, nous continuerons à soutenir les Ukrainiens, mais la responsabilité assumée par la Russie est énorme. Il est très important pour vous, dans cette partie du monde, d’avoir cela à l’esprit également. J’essaie d’être cohérent lorsque je parle de la région indo-pacifique, lorsque je parle de Gaza, lorsque je parle de l’Ukraine.
J’ai la même approche, mais parfois, quand on entend les autorités russes parler de Gaza ou de votre région, on a l’impression qu’elles veulent vous bercer de mensonges. Soyons clairs, ce n’est pas ce qu’ils font là où ils vivent, ce qui est toujours très suspect. Je ne crois pas non plus aux deux poids deux mesures.
Aujourd’hui, la Russie est une puissance déstabilisatrice dans le monde, et c’est un gros problème, car elle bloque tout, étant donné qu’elle est membre permanent du Conseil de sécurité. Voici donc notre diplomatie et nos efforts. Avec les autres dirigeants européens, nous avons travaillé très activement avec le Premier ministre britannique et le chancelier allemand pour mettre en place cette coalition des volontaires et pour dialoguer avec les États-Unis afin d’obtenir ces résultats et de rétablir la paix.
Merci beaucoup, <i>Monsieur le président</i>, pour cette réponse vraiment formidable. La prochaine question sera posée par la représentante de l’Université Negeri Jakarta. Bonjour.
Tout d’abord, c’est un honneur, Monsieur le Président. Je m’appelle [inaudible]. Je suis diplômé en littérature anglaise de l’Université Negeri Jakarta.
Quelle est la position de la France sur l’adhésion de l’Indonésie aux BRICS ? Merci. Merci, il semble que vous ayez des fans dans cette salle.
En tant qu’ami de l’Indonésie, je suis heureux que ce pays rejoigne les BRICS. En même temps, comme je l’ai mentionné à votre président, je pense que c’est une bonne chose qu’il souhaite rejoindre l’OCDE. Je ne compare pas les BRICS à l’OCDE, mais l’OCDE est un moyen d’ancrer l’Indonésie dans une méthodologie commune de travailler tous ensemble pour coopérer dans ce monde.
Je trouve cela formidable, car cela témoigne de l’importance et de la pertinence économique et géopolitique de votre pays. Maintenant, la grande question pour tous les dirigeants des pays du BRICS est la suivante : que voulez-vous faire ? Et je dirais que le jury délibère encore.
Alors, laissez-moi vous dire ce que j’aimerais voir. Et parce que je ne fais pas la leçon à personne, mais je crois sincèrement qu’une telle coopération entre des pays émergents aussi importants est tout à fait logique. Si les BRICS veulent constituer une sorte d’ordre mondial alternatif, suivant la stratégie chinoise et s’opposant à un ordre mondial censé être dirigé par les États-Unis, je pense que ce serait une erreur et que nous nous dirigerions vers une confrontation.
D’après ce que je sais, beaucoup de ces pays, du Brésil à votre pays, etc., sont beaucoup plus sophistiqués et ce n’est pas ce que vous voulez. Si l’existence des BRICS n’est qu’un message adressé au reste du monde pour dire « réveillez-vous, les organisations actuelles n’ont aucun sens, elles ne représentent pas l’ordre actuel », alors c’est vrai.
Je me suis effectivement présenté comme quelqu’un qui est capable de repenser et de réformer les institutions de l’ordre mondial, et je continue de le faire. Regardez la situation. Si l’on prend l’exemple du Conseil de sécurité des Nations unies, la France en est membre permanent, mais pensons-nous que ces cinq pays que nous avons aujourd’hui, à savoir la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, la Chine et la Russie, représentent le monde tel qu’il est aujourd’hui ?
Non. Il y a beaucoup de grands pays autour de la table et de grandes régions qui ne sont pas représentées en tant que membres permanents. Si l’on prend l’exemple de la Banque mondiale et du FMI, pour ne citer que des institutions financières, pensons-nous que leurs principaux membres et actionnaires représentent l’ordre mondial ?
Du point de vue de la croissance, du point de vue des personnes ? Non. Parce que beaucoup des pays émergents et très importants aujourd’hui dans le monde n’existaient pas lorsque nous avons créé cette institution.
Et c’est un gros problème, nous n’avons jamais actualisé la représentation et nous ne l’avons jamais réexaminée. Je considère les pays BRICS comme un moyen d’organiser la coopération entre les grands pays émergents, qui ont le sentiment, et pas seulement le sentiment, d’être sous-représentés dans l’ordre mondial et qui envoient un message aux autres pour leur faire prendre conscience, de la nécessité d’une meilleure reconnaissance, d’une meilleure représentation et d’une coopération accrue. Et c’est pourquoi j’espère et je ferai de mon mieux pour éviter toute confrontation.
Le G7 contre les BRICS n’a aucun sens. Un ordre mondial dirigé par les États-Unis contre un ordre mondial dirigé par la Chine n’a aucun sens. Mais je plaide pour une réforme en profondeur de notre ordre mondial, depuis l’ONU jusqu’à la Banque mondiale, en passant par le FMI et d’autres institutions.
Et c’est ce que nous avons lancé en juillet 2023, à Paris, avec votre pays et quelques autres, car 70 pays ont rejoint ce que nous avons appelé le Pacte pour les peuples et la planète. Ce pacte est un moyen de réconcilier le nord et le sud, d’engager un dialogue commun, et de définir des actions communes et une coopération afin de lutter contre les inégalités et le changement climatique. Nous ne voulons pas de ce dilemme.
Nous devons faire les deux afin de préserver la souveraineté de tous les différents pays et de maximiser la capacité des financements publics et privés à accélérer les politiques de développement et notre approche du changement climatique. Je crois sincèrement qu’une telle coopération est absolument essentielle. Et c’est pourquoi je suis très heureux de voir l’Indonésie rejoindre les BRICS, car je suis convaincu que votre pays contribuera à faire des BRICS une zone de coopération et de dialogue permanent entre le Sud et le Nord, une zone d’équilibre afin de construire une nouvelle action commune.
L’année prochaine, la France aura la responsabilité de présider le G7, et je ferai tout mon possible pour poursuivre ce travail commun avec les BRICS et lancer ensemble une nouvelle plateforme afin d’organiser cette refonte de notre ordre mondial et de proposer des mesures concrètes pour ce changement. Merci. Merci, Monsieur le Président, pour cette excellente réponse.
La question suivante sera posée par la représentante de l’Université de Negeri Jakarta. <i>Bonjour, Monsieur le président.</i> <i>J’espère que vous allez bien.</i> <i>Je m’appelle [inaudible].</i> <i>Et je suis étudiante en FLE dans cette université.</i> <i>Je voudrais vous poser une question</i> <i>concernant la liberté d’expression en France.</i> <i>La France, depuis longtemps, se glorifie sur la liberté et l’égalité.</i> <i>Cependant, il y a beaucoup de femmes musulmanes françaises voilées,</i> <i>bien éduquées, qualifiées,</i> <i>qui se sentent ostracisées et marginalisées devant le public français</i> <i>en raison de la façon dont la laïcité joue dans le public.</i> <i>Alors, comment l’État français peut réconcilier des restrictions</i> <i>avec ses valeurs de l’inclusion sociale ?</i> <i>Merci.</i> <i>Merci infiniment pour non seulement étudier le français,</i> <i>mais parler un français parfait.</i> Je suis censé répondre à votre question dans un français parfait, dans un anglais approximatif.
Veuillez m’en excuser. Je pense que la question que vous soulevez est très importante, car soyons lucides, c’est probablement une question que vous vous posez en observant attentivement notre pays, mais c’est une question qui se pose également dans mon propre pays. Je souhaite répondre avec beaucoup de sincérité.
Tout d’abord, permettez-moi de dire que les femmes françaises, qu’elles soient étudiantes, travailleuses ou autres, ont tout à fait le droit de porter le voile et de pratiquer leur religion. C’est tout à fait autorisé, soyons clairs. Et aujourd’hui, si vous allez dans une université française, vous pouvez vous habiller comme vous êtes habillé aujourd’hui, ici.
Je ne veux de malentendu. Le voile est interdit à l’école, aux moins de 18 ans et dans les services publics. Pourquoi ?
Parce qu’à l’école, nous ne voulons pas avoir de symboles religieux. Pas uniquement pour l’Islam, pour toutes les religions. Nous éduquons les futurs citoyens afin qu’ils arrivent, je dirais en quelque sorte, nus de toute religion, et dans les services publics, nous avons la neutralité.
Il n’y a donc aucun signe religieux. Voici la loi. Maintenant, vous faites beaucoup plus référence au débat public, et je comprends ce que vous dites.
Et je vais essayer de dire ce qu’est la laïcité française, celle que je défends. En tant que président de la République française, je ne suis pas là pour dire : « vous êtes les bienvenus, vous n’êtes pas les bienvenus », « j’ai un problème avec votre religion », etc. Je sépare totalement la religion du fait d’être un civil et un citoyen.
La laïcité française, qui pourrait être traduite par une sorte de sécularisme, mais il s’agit d’une traduction imparfaite. C’est le simple fait d’avoir droit de croire en n’importe quel Dieu. Vous pouvez être chrétien, musulman, bouddhiste, etc., ou vous pouvez ne croire en aucun Dieu, cela n’a aucune incidence sur votre place dans la société.
Mais ce qui n’est pas permis, c’est de ne pas respecter les règles de la République au nom de votre religion. Et c’est là que parfois, dans le débat français, nous avons rencontré cette ambiguïté et ce sentiment que vous avez évoqué, car il est certain que certains groupes qui se réclament de votre religion tentent d’expliquer à certaines personnes : « Ne respectons pas les règles de la République française », « Nous éduquerons différemment les jeunes filles et les femmes », « Nous ne suivrons pas les règles de la République ». Pour ces personnes, nous avons refusé cette approche, car elle ne fait pas partie de la laïcité française.
Cela n’a rien à voir avec une religion, mais c’est simplement pour dire que cela fait partie de vos croyances personnelles. En tant que citoyen, vous n’avez pas le droit de manquer de respect à nos lois. Au-delà de cela, je parle au nom du président de la République française, je parle de la loi et de ce qu’est notre laïcité.
Mais il est vrai que dans de nombreux pays où l’islam n’est pas la religion d’origine, il existe certaines tensions, elles existent bel et bien, vous avez raison. C’est à nous tous qu’il revient de réparer cela, dans le respect. Et c’est une question très délicate, car dans la tradition française, comme vous le savez, nous avons des caricatures blasphématoires.
Cela fait partie de la liberté d’expression. Cela n’est pas bien compris par certaines religions et certaines personnes. Nous devons donc mieux nous comprendre, nous expliquer et construire ces ponts.
Deuxièmement, les Français ont été plusieurs fois attaqués par des terroristes qui ont agi au nom de la religion. Vous le savez bien mieux que moi, car votre pays a également été victime de ces attaques terroristes. En réalité, cela n’avait rien à voir avec votre religion, mais vous pouvez comprendre que cela ait créé certaines ambiguïtés, certaines craintes, certaines inquiétudes chez les gens qui ne connaissaient pas bien cette religion.
Nous sommes donc à un moment où nous devons redresser la situation, ce qui exigera beaucoup de compréhension mutuelle et beaucoup de respect. Permettez-moi de récapituler ma réponse. Tout d’abord, en France, toutes les religions sont les bienvenues, mais toutes les personnes croyant en un Dieu quelconque sont tenues d’être des citoyens à part entière et de respecter toutes les lois de la République française.
Et il ne sera jamais autorisé d’accorder, par exemple, une exception au nom d’une religion. Deuxièmement, il est vrai que parfois, dans le débat public, il y a stigmatisation. C’est vrai, il y a peut-être des juifs ici, mais nous subissons également beaucoup d’attaques antisémites.
Vous devez en être conscient, en raison de ces tensions. Nous devons donc faire notre travail dans notre société, mais aussi dans toutes les sociétés, pour encourager le respect de chacun, pour avoir un débat commun, mais aussi pour respecter chaque citoyen avec sa religion, tant que celle-ci est compatible avec les règles du pays. Et troisièmement, il est très important de donner suite à la compréhension commune.
Ici, pour comprendre que notre laïcité française n’a rien à voir avec l’islam, mais qu’il s’agit d’un cadre commun pour vivre tous ensemble en tant que citoyens, et pour que les Français et les autorités françaises comprennent la différence entre certaines personnes radicales et certains groupes qui veulent utiliser votre religion, pour certains à des fins terroristes, mais pour d’autres à des fins purement politiques, qui ne représentent pas l’ensemble du monde islamique. Et cela diffère considérablement du reste de la population. Nous voulons croire en un seul Dieu, mais vivre, je dirais, dans des conditions paisibles dans nos pays.
J’en suis convaincu, mais il est certain que nous aurons quotidiennement des tensions, car il s’agit de savoir comment gérer la diversité. Pour finir, je voudrais que vous compreniez que l’Indonésie et la France ont quelque chose en commun. Nous devons faire face à une incroyable diversité.
Vous êtes un pays beaucoup plus grand, vous avez 17 000 îles, ce n’est pas le cas de la France. Mais nous avons dû faire face à une histoire très compliquée et à une grande diversité. Et je crois sincèrement que le modèle français est respectueux et très efficace, car il repose sur ce que nous appelons l’universalisme.
Et cette approche consiste simplement à dire que je considère chacun d’entre vous comme un être humain, doté de cette dignité dont vous avez parlé. Et dans l’ADN français, il n’y a aucune distinction de race, de religion ou de condition. Cela fait partie de notre constitution.
C’est l’un des résultats de la Révolution française. Et c’est là le fondement de la laïcité française. Le respect, parce que nous sommes tous des citoyens et faisons partie de la même nation et de la même république.
Tous ceux qui tentent d’utiliser cette approche, de la détourner afin d’utiliser cette mention et cette philosophie comme un déni ou un rejet d’une religion, trahissent tout simplement ce qu’est la laïcité française et ce qu’est notre constitution. Je tiens à vous rassurer à ce sujet. Merci beaucoup, <i>Monsieur le président</i>, pour votre réponse.
La sixième question sera posée par le représentant de l’université Binus. Merci, Monsieur. Bonjour, Monsieur le Président.
Je m’appelle Alphonse, étudiant en systèmes d’information à l’université Binus. Comme vous l’avez mentionné, nous devons lutter contre le changement climatique, car il s’agit d’un enjeu majeur pour notre génération et celles à venir. Comment la France et l’Indonésie vont-elles collaborer en matière de transition vers les énergies renouvelables, notamment en rendant le financement et les fonds destinés à la lutte contre le changement climatique plus accessibles aux pays en développement comme l’Indonésie ?
Merci. Non, merci beaucoup, et merci d’avoir soulevé une question aussi importante. Le changement climatique est le combat de nos générations.
Nous avons commencé le travail, mais vous devrez le poursuivre et, je l’espère, le terminer. Mais nous savons que notre objectif doit être la neutralité carbone en 2050. Et c’est un vrai défi, vraiment.
Je voudrais commencer par dire que la situation entre nos deux pays est très différente. Mon électricité est produite à 75 % par l’énergie nucléaire, elle est donc presque décarbonée, j’ai beaucoup d’énergies renouvelables. Mais comme nous avons connu plusieurs transitions dans notre histoire, je pense que l’un des malentendus entre le Nord et le Sud lorsque nous avons abordé la question du changement climatique tenait à ce dilemme créé par certains, qui disait en substance : « D’accord, vous, dans le Nord, vous avez pollué la planète comme des fous.
Pendant des générations, vous vous êtes développés. Et maintenant que vous êtes développés, vous vous réveillez soudainement et vous dites : "vous, dans le Sud, ne polluez pas. Et bonne chance pour votre développement, au fait".
Ça ne marche pas, ça ne marche pas. C’est inacceptable pour beaucoup de dirigeants. Mais beaucoup de gens disent qu’ils veulent développer leur économie, et parfois, leur économie dépend fortement du CO2.
C’est le cas de votre pays, par exemple, qui dépend du charbon. La question clé est donc de savoir comment vous aider à remédier à cette situation, en conciliant croissance économique et transition vers la neutralité carbone. C’est la question clé.
Et c’est là que les pays riches doivent aider les pays émergents et en développement. Et il existe une voie à suivre, soyons clairs. C’est ce que nous avons lancé avec votre pays, sous le nom de JETP : Partenariat pour une transition énergétique juste.
Et c’est exactement la philosophie du Pacte pour les peuples et la planète. L’Indonésie souhaite créer de la croissance et des emplois, mais elle est consciente que son modèle de croissance est très dépendant, voire trop dépendant, du charbon. Et le charbon, soyons clairs, est la pire source d’électricité en termes d’émissions de CO2, la pire.
Alors, comment créer des emplois, assurer la croissance sans polluer ? Il s’agit précisément d’une transition, et nous voulons y participer en fournissant des financements. Nous avons commencé à le faire, mais nous sommes loin du but, soyons honnêtes.
Et nous devons mobiliser davantage la Banque mondiale, le FMI et les grands pays à nos côtés, et nous devons faire beaucoup plus nous-mêmes pour accompagner votre pays. Et grâce à l’innovation, une nouvelle source d’énergie. Pour un pays comme le vôtre, quelle est la solution ?
Tout d’abord, créer beaucoup plus de capacités dans les énergies renouvelables. Ce matin, nous avons signé avec le président une énorme capacité avec une société française dans le domaine des panneaux solaires. C’est un très bon moyen de produire de l’électricité à partir d’énergies renouvelables.
Nous sommes également ouverts à la possibilité de travailler sur un programme nucléaire civil, qui constitue un excellent moyen de fournir une énergie pilote à faible émission de carbone. Nous sommes très désireux de travailler sur toutes les innovations, sans oublier, bien sûr, la réduction de la consommation électrique et la capacité à adopter un modèle de développement beaucoup plus sobre. C’est donc exactement la voie à suivre et ce sur quoi nous voulons travailler avec votre pays.
La solution, comme je l’ai mentionné, consiste à mobiliser le maximum de financements. Donc, ce que nous allons faire dans les mois à venir, c’est poursuivre notre soutien, mais nous ferons de notre mieux… Le Japon et l’Allemagne font également un excellent travail pour accompagner votre pays. Mais nous mobiliserons d’autres pays et les institutions financières mondiales afin de déployer des moyens financiers beaucoup plus importants pour accompagner l’Indonésie.
Et nous déploierons ces nouvelles capacités en fournissant de l’électricité à faible teneur en carbone. En parallèle, votre pays devra opérer certaines transitions. Elles créeront elles-mêmes de la valeur.
Mais elles sont difficiles à contrôler. Je parle avec beaucoup de respect parce que c’est plus facile dans mon pays, et parfois cela reste très difficile. Vous devrez repenser entièrement votre développement urbain, car si vous voulez réduire les émissions de CO2, vous devez réformer votre système de transport.
Dans votre capitale, je crois qu’il y a une ligne de métro. Plus votre système de transport est sobre en carbone, plus vous pouvez réduire les émissions de CO2. Cela fait partie de la transition que vous devez opérer afin de réduire ces émissions et de favoriser le développement tout en réduisant les émissions de CO2.
Il s’agit d’une réforme de la mobilité, de l’agriculture et d’une réforme du mode de production. C’est ce que nous faisons, c’est là que nous voulons accompagner votre pays. Cela nécessitera beaucoup de financement, mais aussi une importante réorganisation des processus.
Notre conseil, qui fait partie du JETP, est de repenser la conception même des prochaines étapes, plutôt que de simplement corriger et essayer de compenser les émissions de CO2 d’un pays comme le vôtre. Et le dernier point est évidemment que, dans le cadre de ce processus, vous devrez financer et organiser la conversion de vos centrales à charbon. Partout dans le pays, il y a des centrales à charbon, beaucoup de gens y investissent énormément, mais ces centrales créent aussi beaucoup d’emplois.
Si vous voulez réussir votre transition, vous devez convaincre toutes ces personnes qu’elles ont un avenir. Si vous dites simplement « j’ai une bonne nouvelle pour vous, cela sera bon pour le climat, mais je vais supprimer vos emplois » Vous n’avez aucune chance d’y arriver. Une partie de ce JETP, et du programme que nous voulons lancer, consiste donc précisément à accompagner cette conversion et à permettre à ces centrales de devenir des stations de gaz, des stations renouvelables, car le gaz fait partie de la transition énergétique, mais les énergies renouvelables sont encore mieux.
Et précisément pour proposer des solutions alternatives avec moins d’émissions de CO2. Voici donc la solution : c’est un voyage. Cela ne sera pas réglé en quelques mois.
Mais si l’on considère l’échelle planétaire, certains pays clés comme l’Inde, l’Indonésie et, bien sûr, la Chine, si nous parvenons à accélérer ce que nous appelons le pic du charbon, c’est-à-dire le pic où ces pays utiliseront le charbon pour produire leur électricité, si nous parvenons à réduire l’ampleur de ce pic et à le faire le plus rapidement possible, cela constituera un élément clé dans la lutte contre les émissions de CO2. C’est beaucoup plus efficace que toutes les autres mesures que nous prenons. C’est donc dans cette région que se jouent une grande partie de nos actions.
Si nous parvenons à réduire la consommation de charbon, si nous parvenons à accélérer considérablement la transition énergétique, si nous parvenons à déployer davantage d’énergies renouvelables et nucléaires en Chine, en Indonésie, en Inde, au Vietnam et dans quelques autres pays, mais ce sont ceux-là qui sont essentiels, ce sera un grand succès. Mais nous devons accompagner cette évolution et offrir des opportunités économiques en parallèle. Voici le défi.
J’espère sincèrement que grâce à notre coopération, mais aussi à l’engagement de nombreux autres associés, nous y parviendrons. <i>Merci, Monsieur le président, pour la réponse.</i> La question suivante sera posée par le représentant de Labschool, <i>s’il vous plaît.</i> <i>Bonjour Monsieur le président.</i> <i>Permettez-moi de me présenter, je m’appelle [inaudible],</i> <i>je suis lycéenne, au programme France Track, du Lycée Labschool Cibubur.</i> <i>J’ai déjà été accepté dans cinq universités françaises.</i> <i>Ma question est : pourriez vous nous expliquer ce qu’est la Francophonie,</i> <i>et pourquoi il est utile pour les étudiants indonésiens</i> <i>d’apprendre le français ?</i> <i>Merci.</i> <i>Merci beaucoup, vous aussi, pour votre français.</i> <i>Et je crois que je serai demain chez vous.</i> <i>En tout cas merci beaucoup, vous aussi,</i> <i>de poser cette question en français, de le faire parfaitement</i> <i>et félicitations d’être déjà accepté dans une université française. </i> Je dois donc maintenant relever le défi d’expliquer la Francophonie en anglais.
Je vais faire au mieux Alors… Je me lance… La francophonie, c’est un monde étrange pour beaucoup de gens qui ne parlent pas français, car on ne parle pas de la langue, c’est une sorte de projet politique. Et vous devez comprendre que la Francophonie est un projet politique. Ce n’est pas seulement une langue, car la langue française est d’ailleurs assez proche de votre histoire, car la francophonie fait partie de l’ère postcoloniale.
La Francophonie n’a pas été créée par un président français. Il ne s’agissait pas, je dirais, d’une création destinée à exercer une hégémonie et à tenter d’exercer une certaine influence et un soft power sur le reste du monde. Pas du tout.
Elle a été créée par certains présidents et rois d’anciennes colonies, mais après leur indépendance, En particulier le Cambodge, le Sénégal et certains autres. Ils ont décidé de créer la Francophonie parce qu’en fait, ils ont déclaré très clairement, et c’était tout à fait vrai, que cette langue n’est pas seulement la langue de la France. C’est la nôtre au Cambodge, au Vietnam, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, et des dizaines de pays ont rejoint la Francophonie.
Nous avons hérité de cette langue à cause des guerres, à cause de la colonisation, parfois par choix, mais c’est notre langue. Et pas seulement celle des Français. La Francophonie est donc par nature un projet qui n’est pas centré sur la France.
Et pour être honnête avec vous, si je prends aujourd’hui, si je regarde uniquement la population et le nombre de personnes qui parlent français, le centre de la francophonie n’est pas Paris. Pas du tout. C’est probablement Kinshasa, sur le fleuve Congo, au milieu de l’Afrique.
C’est ici que vous trouverez le plus grand nombre de personnes parlant français. Pour que vous compreniez bien, la Francophonie n’est pas un projet conçu par des Français et centré sur la France. Il s’agit d’un projet universel par nature.
Deuxièmement, la langue française, et c’est quelque chose qui vous est probablement familier, étant donné le nombre de langues que vous avez en Indonésie, c’est très impressionnant. La francophonie n’est pas une langue. La langue française dans la francophonie n’est donc pas une langue hégémonique et est, par nature, toujours en relation avec d’autres langues.
En Afrique, où il existe de nombreuses langues idiomatiques et vernaculaires. Et dans toutes les différentes régions, les gens parlent français et une autre langue. Il s’agit toujours d’une approche multilingue, et non d’une approche où nous disons, comme c’est parfois le cas dans d’autres langues, que si vous me comprenez bien, cela pourrait arriver, ou comme d’autres le disent, que si vous apprenez ma langue, qui est universelle, vous pouvez oublier les autres.
Ce n’est pas le cas pour la langue française. C’est une langue qui sert de pont, toujours en corrélation avec les autres et basée sur le respect. Et je pense que cela correspond bien à la philosophie de l’Indonésie.
Mais troisièmement, je crois sincèrement qu’apprendre le français aujourd’hui est très utile pour des étudiants comme vous, en raison des opportunités que cette langue peut vous offrir. Je pourrais vous le dire, car c’est une porte ouverte sur de merveilleux philosophes, de Voltaire à Rousseau, Diderot et tant d’autres. C’est une porte ouverte à nos poètes, Rimbaud, qui aimait votre pays, et à tant de grands romanciers et artistes.
Mais c’est aussi une langue unique en termes d’opportunités, car d’ici 2050, elle sera la deuxième ou troisième langue la plus parlée au monde. Pourquoi ? En raison de la dynamique démographique de nombreux pays de la Francophonie.
Si l’on considère la dynamique de la République démocratique du Congo, celle du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, mais aussi celle de nombreuses communautés francophones de votre région, du Cambodge au Vietnam, etc., la dynamique démographique est très importante. Évidemment, je peux également parler de [inaudible], etc.
D’ici 2050, il occupera probablement la troisième place. Cela signifie donc que si vous souhaitez faire du commerce, échanger dans votre région, dans le Pacifique, en Afrique, en Europe, parler français est une porte ouverte qui vous offrira de nombreuses opportunités, en plus de l’anglais, de l’indonésien et de tant d’autres langues. C’est pourquoi je pense que c’est un conseil pertinent.
Je reconnais que je suis peut-être un peu partial, mais c’est un bon conseil pour vous de rejoindre la Francophonie et de comprendre sa philosophie, mais aussi d’apprendre le français et de le pratiquer, car cela créera de nombreuses opportunités pour des jeunes comme vous, et des opportunités uniques dans de nombreuses régions du monde. Merci. Quelle merveilleuse réponse, merci beaucoup, Monsieur le Président. <i>Mesdames et messieurs,</i> <i>ensuite nous allons arriver à la dernière question de cet événement.</i> <i>À la représentante de Universitas Gadjah Mada, la parole est à vous.</i> Bonjour, Monsieur le Président.
Je m’appelle [inaudible] de l’Universitas Gadjah Mada. J’étudie les relations internationales. Vous avez dit que l’Indonésie et la France entretenaient déjà 75 ans de coopération pacifique.
Je me demande maintenant comment vous voyez l’avenir de la coopération économique, surtout compte tenu de la richesse de nos deux pays en matière artistique. Existe-t-il des stratégies spécifiques pour que la France renforce les industries créatives des deux pays ? Merci.
Merci. Merci beaucoup. Oui, je pense que nous devons approfondir et diversifier notre partenariat, et c’est là l’essence même de cette visite d’État.
Je pense que nous avons renforcé notre coopération en matière de défense et de sécurité au cours des dernières années. Nous renforçons notre coopération dans le domaine industriel. Nous renforçons notre coopération dans les domaines de l’agriculture et de l’alimentation, et nous pouvons faire beaucoup plus encore.
Cela fait partie de la stratégie de votre président, et je pense que c’est une stratégie très pertinente : augmenter considérablement le nombre de repas scolaires et investir dans ce domaine est une bonne chose, tout comme produire davantage et tendre vers l’autosuffisance alimentaire. Nous pouvons y participer, et nous avons signé ce matin plusieurs accords essentiels. Nous pouvons faire beaucoup plus dans le domaine des minéraux critiques.
Nous faisons partie intégrante de votre stratégie, à travers nos sociétés, mais nous pouvons faire beaucoup plus pour développer les activités en aval. Nous travaillons beaucoup plus sur l’énergie et les énergies renouvelables, comme je l’ai mentionné, mais je dois bien sûr également mentionner l’innovation, l’intelligence artificielle et les activités numériques. Mais vous avez tout à fait raison de mentionner les industries créatives.
Pourquoi ? Parce que cela fait aussi partie de notre identité. À tous les deux.
Nous l’avons signé ce matin, mais demain, nous célébrerons cette nouvelle relation et l’ambition que nous avons pour les industries créatives. Et nous lançons des initiatives communes dans le domaine littéraire afin de promouvoir votre littérature en français et nos romanciers et artistes français dans votre langue. Et nous avons quelques initiatives communes en matière de traduction, etc.
Deuxièmement, renforcer la coopération entre nos musées. Culture, patrimoine, musées, etc. Et troisièmement, le cinéma, les films.
Ce que nous voulons lancer, c’est en quelque sorte une nouvelle vague franco-indonésienne. Vous savez que nous avons un modèle cinématographique unique et un système de financement très particulier. Mais bien plus que cela, nous avons de merveilleux artistes, écrivains, acteurs, cinéastes, etc., ainsi que des producteurs.
Et cet écosystème est très vivant, il a toujours été préservé et est resté indépendant des grandes productions américaines ou de toutes les autres. Et c’est exactement ce que vous voulez faire. Il existe un potentiel de croissance, mais aussi d’opportunités et de créations.
Pour moi, c’est très important parce que cela crée des emplois et favorise une meilleure compréhension. Et à travers l’art et le cinéma, pour revenir à notre discussion, c’est le meilleur moyen de se comprendre, de se respecter et d’avoir beaucoup plus de contacts et de ponts entre nous. Mais c’est aussi la meilleure façon de partager nos rêves, d’une certaine manière, et de ne pas être obligés de suivre nos rêves à la chinoise ou à l’américaine.
Nous voulons rêver dans notre langue. Nous voulons avoir notre propre cinéma. Nous voulons développer notre propre imagination, et nous voulons précisément que nos jeunes soient capables d’écrire et de créer leurs propres séries, leurs propres romans.
Et c’est exactement ce que nous voulons faire et mettre en œuvre grâce à notre partenariat. C’est un nouveau pilier très important. Celui-ci est également très unique.
Nous avons commencé quelque chose de similaire avec l’Inde et Bollywood il y a quelques années, mais nous avons identifié en Indonésie quelque chose d’unique, notamment le même goût pour l’art, le même goût pour la diversité et la même volonté de créer sans frontières, avec le même appétit et la même énergie. Et c’est pourquoi je crois sincèrement que nos artistes peuvent collaborer davantage. Demain, nous célébrerons ce nouveau partenariat dans tous ces différents domaines et créerons un nouveau partenariat entre l’Indonésie et la France dans le domaine des industries créatives.
Merci. Veuillez applaudir chaleureusement Monsieur le Président pour cette dernière question. Ensuite, pour commémorer notre événement d’aujourd’hui, nous aimerions faire une séance photo tous ensemble.
À tous les participants sur scène, veuillez vous lever. <i>Je vous invite, Monsieur le président,</i> <i>aussi le Recteur de l’Université Negeri Jakarta.</i> <i>Ensuite nous aimerions inviter Monsieur le ministre,</i> <i>Madame la député et Monsieur l’ambassadeur, s’il vous plaît.</i> Merci beaucoup.
Avant de prendre la photo, je tiens à remercier chacun d’entre vous pour votre accueil incroyable, pour votre attention, pour la diversité et la qualité des questions. Et soyez assurés que les Français aiment votre pays et sont fascinés par votre pays. Et nous voulons faire beaucoup plus avec l’Indonésie.
J’invite donc tous les étudiants, enseignants et chercheurs qui souhaitent approfondir leurs relations avec la France à nous rejoindre. Vous êtes les bienvenus. Vous êtes invités à venir dans notre pays.
Nous souhaitons développer de nouveaux programmes d’échange. Venez en France, rejoignez-nous. Vous êtes plus que les bienvenus, merci.
Nous invitons tous les représentants de toutes les universités à participer à une séance photo avec Monsieur le président. À tous les représentants, veuillez vous avancer. Nous pourrions organiser une séance photo avec Monsieur le Président et tous les délégués.
À vos marques, un, deux, trois. Une fois encore, applaudissons notre formidable événement d’aujourd’hui. Que tous les participants veuillent bien reprendre leur place.
C’est un événement extraordinaire et très important qui se déroule aujourd’hui. Veuillez applaudir une nouvelle fois Monsieur le Président, qui est venu aujourd’hui en Indonésie. C’est une expérience formidable, une expérience inoubliable que nous vivons aujourd’hui.
Je tiens également à remercier sincèrement Votre Excellence, ainsi que tous les invités et participants distingués, pour votre visite à notre université. Je tiens également à remercier le recteur de l’Université Negeri Jakarta pour avoir accueilli cet événement historique.
Emmanuel Macron