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InterviewRFI (sur YouTube)· 15 février 2026 30 minComplaisantPortrait personnelImmigration & asileSolidarités & familleInstitutions & élections

Amélia Lakrafi : de l'enfance interdite à l'Assemblée nationale #DesfemmesDescombats • RFI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Bonjour et bienvenue dans Mutine. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Amélia Lacrafi.

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Vous êtes née à Casablanca, arrivée en France à 2 ans. Votre père ne vous désirait pas. Comment l'avez-vous vécu ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Votre mère a été victime de violences conjugales. Vous en avez été témoin. Comment avez-vous surmonté cela ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    À 13 ans, votre mère a divorcé pour vous sauver. Pourquoi cette décision ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Le jour de vos 18 ans, votre père est mort. Comment avez-vous réagi ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Votre médecin de famille a été une figure paternelle. Qu'a-t-il représenté pour vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Amélia LacrafiFait
    « Un jour, il m'a demandé si ça m'intéressait de mettre le voile. Ça m'a choqué parce que quand mon mari m'a connu, je faisais de la danse africaine. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Un jour, il m'a demandé si ça m'intéressait de mettre le voile. Ça m'a choqué parce que quand mon mari m'a connu, euh je faisais de la danse africaine. Enfin, j'étais même prof de danse africaine et je faisais des spectacles à dire à moitié nu sur scène.

Donc je me dis dans quel monde il m'a vu, il m'a connu, il a voulu se marier avec moi comme ça et qu'aujourd'hui il me demande [musique] si éventuellement j'ai imaginé mettre le bol un jour. Bonjour et bienvenue dans Mutine, le rendez-vous des femmes qui ne se laissent pas faire. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Amélia Lacrafi, députée de la 10e circonscription des Français de l'étranger qui regroupe 49 pays en Afrique et au Moyen-Orient.

Bonjour Amélia Lacrafie. Bonjour Latifa. Bienvenue à RFI.

Vous êtes également la fondatrice du mouvement France Plus. Exactement. Alors, vous êtes chef d'entreprise, ancienne commandante de réserve en cyberdéfense, fondatrice d'association, mais surtout une femme au parcours de combattante qui est aujourd'hui la porte-voie des plus fragiles.

Ensemble, nous allons découvrir votre parcours et vos engagements. Vous êtes né à Casablanca au Maroc. Vous arrivez en France à l'âge de 2 ans avec vos parents et vos deux sœurs.

Vous êtes la troisième d'une fraterie de six enfants et vous dites que vous ne deviez pas exister. Votre père ne vous désirait pas et a même tout fait pour que votre mère vous perde. Est-ce que c'est quelque chose que vous avez ressenti ou est-ce mère qui vous l'a raconté ?

J'ai la chance d'en avoir strictement aucun souvenir. Donc on me l'a raconté, ma mère, mes tantes et des amis de ma mère. Et alors le jour de votre naissance, votre père ne veut pas entendre parler de vous.

C'est votre tante qui choisit votre prénom, Amel, qui veut dire espoir en arabe. Avez-vous l'impression d'avoir porté ce prénom comme une promesse à tenir ? Je ne sais pas si c'était une promesse à tenir, mais en tout cas c'était euh une promesse de renoncement et de de non et de rejet.

Donc c'est un peu dérangeant mais la chance que j'ai et je pense c'est vraiment une chance inouie de pas me souvenir et et quand on m'en parlait parce qu'on m'en parle plus, j'ai l'impression qu'on parlait quelqu'un d'autre et je sais que j'avais demandé à mon médecin de famille à l'époque avec qui j'étais assez proche et je pense ça a été lui peut-être la la figure du père parce que la figure du père n'est pas forcément votre père biologique et je lui ai dit que je voulais faire de l'hypnose pour savoir que j'avais un peu marre qu'on me dise ma pauvre sans savoir sans avoir ressenti dans ma chair et il m'a toujours dit, "Je t'en supplie, le fais pas. Si ton cerveau a éludé tout ça, le cerveau humain est très bien fait. L'être humain est parfaitement bien fait donc le fait pas." Votre mère a été victime de la part de votre père de violence conjugale dont vous avez été témoin puis victime vous-même ?

Pendant longtemps, vous vous êtes demandé pourquoi moi avez-vous trouvé une réponse à cette question ? Non. Euh mais je me dis je me suis dit très très tôt en fait, très très tôt, je me suis dit comme les gens me disent souvent à l'extérieur que je suis forte, que j'ai beaucoup de chance, que je souris tout le temps.

Alors qu'à la maison, ma mère m'appelait la la muette Zona en arabe. C'est la euh à la maison, j'étais interdite. Je je et je m'interdisais moi-même et je ne parlais pas et à l'extérieur, j'étais vraiment tout l'inverse.

Je me dis que c'est en tout cas moi je le prends comme ça, c'est une chance parce que si je n'avais pas eu ça, peut-être que j'aurais pas eu le courage, la force, la détermination et en fait tout ce que je suis aujourd'hui parce que je me suis longtemps un peu comment dire demandé pourquoi certaines personnes pouvaient faire des dépressions ou pas être bien pour quelque chose que je considérais minime. Et au final, je me suis dit non, il faut il faut être comment dire plus ouvert que ça. Si certains n'ont jamais eu de souffrance, une première souffrance peut être peut paraître un Himalaya à gravir.

Alors quand on en a eu plein, une fois j'ai cassé ma voiture, je dis c'est pas grave, on m'a volé mon portable, je dis c'est pas grave. Et je me souviens que le pharmacien quand il m'a vu et je dis on vient de me voler mon téléphone et que j'ai ri, il m'a dit "Ah mais vous le prenez vachement bien." Je dis "Bah ça va, c'est un téléphone." Enfin après il y en a qui me disent "Oui mais tu t'en fous de tout Non, je m'en fous pas de tout, mais euh je relativise beaucoup.

Alors, vous aviez 13 ans quand votre mère a divorcé parce qu'à chaque fois que votre père vous frappait, vous finissiez à l'hôpital, vous pensez qu'elle a pris cette décision pour vous sauver ? je ne sais pas pour nous sauver pour se sauver aussi elle-même parce qu'elle finissait aussi dans des états assez difficiles et que peut-être qu'on en a eu marre de traverser toute la France parce qu'on a on a la chance d'être dans un pays vraiment qui accompagne qui aide avec des assistantes sociales exceptionnelles et on a été accompagné par une assistante sociale que je n'oublierai jamais qui nous a fait traverser le pays. [rires] traversé toute la France.

À chaque fois pour fuir, elle nous installait soit dans les foyers, soit dans des appartements. Et au bout de quelques mois, ma mère avait peur parce que les gens lui disaient euh "Tu sais pas lire, tu sais pas écrire euh et que on va demander plein de choses, on demandera à ton mari ou faudra demander à ton mari et cetera." Donc au bout d'un moment, elle l'appelait toujours, il revenait, ça se passait bien au début et ça repartait en violence.

Et du coup, on a habité dans énormément d'endroits et à chaque fois elle finissait à l'hôpital ou on finissait à l'hôpital et l'ance sociale toujours la même. Nous reprenait, nous remettait dans un TGV, nous refisait déménager et on recommençait. Et je pense qu'au bout d'un moment, elle en a eu marre.

Voulu se poser pour Mais ça reste un sujet assez tabou. On nen parle pas à la maison. Oui, c'est ce que je j'ai cru comprendre encore aujourd'hui.

Oui. Alors, le jour de vos 18 ans, vous aviez prévu, vous le dites vous-même, la fête du siècle. Mais vous apprenez la mort de votre père ce jour-là, le jour où vous deveniez officiellement majeur, donc une jeune femme libre. symboliquement, c'est vraiment très étonnant.

C'est sûr, il est mort une semaine après parce que le 20 mars c'était un mercredi et le mercredi suivant, j'avais une salle, j'avais réservé plein de trucs, j'avais séché les cours pour préparer. Donc j'étais à la maison et oui effectivement le téléphone a sonné et et comme mon petit frère avait 10 11 ans et qui commençait un peu des fois à faire des petites bêtises, exemple prendre le bus en nous a déjà appelé pour nous dire "Monsieur la craffille faut venir le chercher." Donc là, on me dit c'est pour monsieur la craffle.

Est-ce que je leur dit bon qu'est-ce qu'il a encore fait celui-là en me disant c'est mon petit frère ? Euh et on dit c'est votre père. Je dis ah très bien.

Et on peut avoir madame la grafie. Je dis bah écoutez vu qu'elle parle pas très bien français dites-moi. Donc ils m'ont dit votre père est mort.

Je dis ah d'accord. Après je l'appelais, je dis maman tiens c'est pour toi. Et je suis parti.

Et symboliquement c'est enfin depuis vous ne fêtez plus votre anniversaire. vous aviez dit mais parce que je le fêtais déjà pas tellement parce qu'à la maison on fêtait pas trop euh les anniversaires. Euh et je me suis dit mais pourquoi on fêterait notre venue au monde ?

Enfin, je trouvais que c'était hyper bizarre de fêter sa venue au monde et je en fait chaque année ça te rapproche de la mort donc je vois pas ce que tu fêes. Donc non, vous en avez parlé. Donc la personne importante dans votre vie, c'est votre médecin de famille, le docteur Robert Lestra.

Alors, il vous a beaucoup aidé. Donc, je vous avais commencé à le dire. Qu'est-ce qui représentait pour vous ?

Avec le recul, je me suis rendu compte que il représentait cette figure paternelle qu'on n pas et c'est vrai que on peut soit ne pas la retrouver la figure maternelle dans sa mère ou ne pas retrouver la figure paternelle par le père, mais c'est vrai qu'il est important de se construire avec une figure maternelle, une figure paternelle. Et euh bon, ma mère n'ayant pas eu la chance d'aller à l'école parce que elle a eu un mariage forcé à 15 ans et que à la campagne au Maroc à ce moment-là on emmenait pas les filles à l'école. Elle comprenait pas tellement l'intérêt de l'école.

Aujourd'hui, oui, mais bon, en fait, dès j'avais une petite tout, c'était pas la peine d'aller à l'école. Enfin, quoi qu'on avait, repose-toi ma fille. Et c'est nous qui devions dire "Mais maman c'est important." Donc on all à l'école même malade parce qu'on en fait on a toutes et je ne sais pas pourquoi dans par quelle magie on a toutes compris que l'école c'était important et et moi j'étais toute fière d'être bonne élève et d'avoir des bonnes notes et j'amenais mes mes carnets de notes à mon médecin et j'étais toute contente quand il me disait que j'étais une super élève [rires] sachant ma mère me regardait pas vu qu'elle encore une fois lire donc c'est à chaque bulletin j'essaie d'avoir les meilleures notes pour lui ramener pour lui montrer pour qu'il soit fier de moi. [rires] Vous êtes toujours en contact avec lui ?

Euh je l'ai reconacté, je l'ai perdu de vue et je l'ai recontacté il y a 3 ans, je crois et il faudrait que je le recontacte. Amélia, très jeune, vous êtes persuadé que si vous êtes en vie, c'est que vous avez un destin. Vous vous lancez avec beaucoup d'énergie dans les études et la vie professionnelle.

Votre devise est si quelqu'un l'a fait, je peux le faire. et vous disiez oui à tout même quand vous ne saviez pas faire. Vous faites des études d'experts comptables et à 27 ans, vous devenez la plus jeune directrice financière du groupe BNP Paris bas.

Puis vous créez des sociétés spécialisées dans la cybersécurité. Et ce n'est pas tout. Vous vous engagez aussi dans des associations comme l'institut d'octorium qui lutte contre la fuite des cerveaux dans une plateforme d'aide aux entreprises d'Afrique de l'Ouest et vous entrez dans la réserve citoyenne de l'armée de terre où vous devenez commandante dans la réserve citoyenne cyberdéfense.

Est-ce que cette boulimie d'activité c'était une façon pour vous d'accomplir ce destin dont vous étiez convaincu ? C'est possible. Je en fait on se pose, je pense qu'on se pose pas la question.

On se pose pas la question, on a envie de faire et de temps en temps les gens vous rappelle ce qui vous est arrivé et on se dit "OK, donc si je suis vivante parce que avortement, coût enfin, je me dis si je suis là ce qu'il y a une bonne raison. En fait, il faut pas le gâcher". Et donc je me dis je peux j'ai pas le droit de le gâcher et et on m'a enfin ce même médecin m'a dit d'aller voir un psychologue absolument.

Donc j'ai fini par y aller en me disant ça sert à rien. J'ai fini par y aller et j'ai fait un rendez-vous et j'ai j'ai pas été plus loin parce que je Mais il y a une phrase qui a été assez intéressante qui me dit enfin ce que ce psychologue me dit euh vous culpabilisez tellement d'être en vie que vous vous sentez presque obligé d'être utile et d'aider les autres. Et c'est vrai que on m'a beaucoup reproché notamment un de mes ex d'être trop trop présente à répondre aux sollicitations et aider toute la planète. qui m'a appelé Mère Thesa et c'est parce que mon équipe aujourd'hui ou mon suppléant à Beyrout m'appelle encore Mère Thesa et je je en fait je le fais pas exprès et je me dis en fait si on peut aider les gens et qu'on le fait pas c'est pas naturel, c'est bizarre.

Donc j'aide tout le temps, tout le temps. Enfin le weekend, le soir, enfin dès que je pouvais aider qui que ce soit, j'aidais tout le temps. Et donc j'avais besoin de me rendre me rendre utile.

Ensuite, j'avais aussi besoin de prouver quelque chose. C'est pas parce que on est issu d'un milieu difficile ou qu'on a une mère qui a pas fait d'études que on doit reproduire. Et j'ai lu beaucoup de livres ou vu beaucoup de choses ou entendu beaucoup de témoignages qui me disent enfant de divorce divorce ou enfant violent devient violent.

Donc on m'a dit que je deviendrai une mère violente. Euh ma fille a eu en 25 ans une gifle. Bon c'est pas terrible.

OK mais en 25 ans. Enfin donc je peux pas dire que je suis mère violente. Donc et en plus vous êtes une mère célibataire.

Exactement. Donc euh non en fait on on n'est pas obligé de faire n'importe quoi et d'aller chercher des excuses pour dire si j'ai pas réussi ou si je suis malheureuse ou si je suis ceci ou cela, c'est parce que j'ai pas eu de chance. Et le misérabilisme, c'est ça va, c'est pas mon truc.

Donc ouais, je me suis battu en voulant faire des choses intéressantes et à chaque fois qu'on m'a dit c'est impossible, bah regarde-moi bien le faire et après parle. Mais en général, je parle pas. Donc parce que quand j'ai l'impression que quand on parle, les gens en fait projettent en vous leur vie, leur vécu et c'est normal, c'est très humain, leur peur de l'avenir et cetera.

Quand j'ai divorcé, ma fille avait 2 ans. Euh bon ben voilà, ça il voulait un jour, il m'a demandé si ça m'intéressait de mettre le voile. Ça m'a choqué parce que quand mon mari m'a connu, je faisais de la danse africaine.

Enfin, j'étais même prof de danse africaine et je faisais des spectacles genre à moitié nu sur scène. Donc je me dis dans quel monde il m'a vu, il m'a connu, il a voulu se marier avec moi comme ça et qu'aujourd'hui il me demande si éventuellement j'ai imaginé mettre le bol un jour. Enfin bref, c'était une des raisons pour pour une raisons pour laquelle vous avez divorcé.

Exactement. Il y en avait plusieurs mais c'était une des raisons. C'était il était aussi d'origine maghrébine, algérienne.

Algérienne. Ouais. Et c'était une des raisons effectivement.

Et euh et du coup ben en fait non, moi je pense que la liberté c'est très précieux. Alors vous êtes tellement active que les équipe d'Emmanuel Macron vous remarque et vous propose d'être candidate aux élections législatives de 2017. Votre profil les intéresse.

Vous êtes une femme, une chef d'entreprise et issue de l'immigration. Alors dans un premier temps, vous refusez puis vous acceptez. Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?

J'ai pas refusé en tant que tel, mais je pensais que c'était une plaisanterie. Je comprenais pas parce que j'avais beaucoup d'amis en politique, beaucoup d'amis, maire adjoint, maire, quelques parlementaire. J'avais intégré une association qui faisait de du lobbing enfin amitié France Maroc et euh et je l'avais intégré en tant qu'entrepreneur.

C'était une association que d'élus et et je me souviens que le président quand il est venu me voir pour me dire "Ahélia, on a besoin d'un profil comme le tien, on a besoin d'une caution économique parce que j'avais gagné quelques prix prix de l'entrepreneuriat, femmes du numérique, des choses comme ça et tous les autres c'est que des élus." Et moi, j'ai passé mon temps à leur dire "Mais vraiment, enfin c'est horrible ce que vous faites, c'est dur, c'est ingrat. Mais jamais jamais je ferai de politique.

Et beaucoup en fait de tous ceux que je connaissais avaient écrit envoyé des lettres de motivation quand le prés quand le candidat avait dit on veut la société civile. Très bien. Euh ils ont beaucoup beaucoup candidaté et quand on m'appelait moi je pensais que c'était une grande blague et finalement c'est pas une blague.

Et comme j'ai enfin donc 6 mois avant l'élection et comme entre 6 mois avant l'élection et un mois avant en fait on a plus échangé du tout avec la personne qui m'avait appelé, je me suis dit bon ben voilà, on a échangé, c'était bien sympa et c'est fini. et la veille de l'annonce de la liste définitive à la presse, la même personne me rappelle, je vois son numéro, je l'avais enregistré, je comprenais pas et j'étais en plus dans un projet, je me souviens créer une entreprise, on a au Maroc avec un associé 22h, on est à la défense et je vois le nom de cette personne s'afficher, je comprends pas et je décroche. On t'a investi, je comprends pas.

On t'a investi. Non mais ça veut dire quoi ? Tu vas faire campagne ?

Non mais je comprends pas. Je pense qu'il a dû me prendre pour une grande débile. J'ai dit je comprends pas qu'est-ce que ça veut dire.

Euh, sachant que n'ai jamais été encarté. J'ai jamais fait ne sera une qu'une réunion dans un parti. Enfin, rien mais rien.

Et et je comprenais pas. Et du coup, je me souviens que je vais envoie à ce moment-là un SMS à mon ex de l'époque pour lui dire et il me répond "Tu es sérieuse ? Tu m'annonces ça par SMS ?" Mais le plus drôle et le plus peut-être énervant, c'est que ensuite beaucoup de monde ont dit à ce monsieur "Bravo d'avoir fait investir Amélia".

Et lui passait son temps à dire "Mais j'y suis pour rien." Et ses copains il disait "D'accord." [rires] En fait, quand tu es une femme, ça peut pas être toi.

Ouais, c'est ça. Et d'ailleurs, vous apprendrez par la suite qu'en vérité, on ne mise pas gros sur votre succès. Totalement.

Mais totalement mais mais que vous avez l'avantage d'être une candidate de la diversité comme on dit. Fallait une arabe, fallait une femme. Voilà, je coché quelques cases.

Comment vous l'avez pris ? Pas mal parce que ma fois je peux comprendre et effectivement d'avoir dans cette belle assemblée quand même de représenter aussi la diversité, c'est quand même normal. Donc pas mal mais c'est bien, c'est mieux de le dire.

Mais heureusement qu'on m'a pas dit que j'étais va vous à l'échec. clairement parce que tous ceux qui m'ont reçu 2 jours après l'élection, tous les proches du président euh voulaient savoir comment j'avais fait, est-ce qui s'était passé parce que ils avaient leur listing et de ce que j'ai compris bien après, c'est qu'on sait euh quelle est la circonscription gagnante, perdante, là on a des chances et cetera avec la mienne c'était perdante clairement et on voulait que je prépare 2022 et je leur ai dit ben heureusement que vous l'avez pas dit parce que je serais partie perdante. Et quand je faisais campagne dans toutes les réunions, je passais d'un pays à l'autre tous les jours, tous les jours, tous les jours, j'atterrissais réunion publique, rendez-vous avec la les chefs d'entreprise français, réunion avec les associations, reprenaient l'avion, je repartais et dans chaque pays, je sais même pas comment j'ai fait quand j'y repense et tous les gens dans ces réunions, beaucoup venaient par curiosité, en se disent "C'est qui celle-là ?" et et souvent les les plus âgés m'appelaient ma petite ou OK et en me disant mais vous savez nous on va voter pour le candidat de la droite le sortant le républicain noun on est majorité républicain donc vous avez l'air sympathique mais et je leur dis vous savez moi je suis pas une femme politique en fait donc je vous raconte ma vie je réponds à vos question c'est super je passe un super moment je suis curieuse donc je leur demander plein de choses sur leur vie dans les pays différents pays et c'était Et quand à la fin les mêmes revenaient pour me dire parce que je leur dis je m'en fous en fait votez pas pour moi, c'est pas grave. [rires] Et je suis tombée là-dedans.

Enfin c'était un monde que je connaissais pas du tout. Et quand à la fin les mêmes revenaient pour me dire en fait vous avez l'air sincère, on a envie d'essayer. Je ça super merci.

Et quand j'ai gagné c'est vrai que en même temps, je me suis dit si j'y vais c'est pour gagner. J'ai passé ma vie à dire à ma fille, écoute-moi bien euh on on ne retient que les numéro 1. Euh qui se souvient des numéros 2 ?

Tu te souviens du deuxème qui a mis le pied sur la lune ? Tu te souviens ? Enfin, je dire personne souvient du deuxè donc tu as pas le choix.

C'est A, c'est plan A, c'est que plan A. Et donc en y allant, je me suis dit c'est que le plan A, il y a pas de plan B. Donc et on peut préciser que vous avez fait terire les mauvaises langues puisque vous avez été réélu en 2022 et en 2024.

Alors, je mais je voudrais qu'on s'intéresse maintenant à un sujet important pour vous dont vous vous êtes emparé en 2019 lors du grenel des violences conjugales. Un sujet qui passait sous les radars, les violences conjugales chez les Français de l'étranger. Vous recevez des témoignages qui selon votre expression vous glace.

En quoi leur situation est-elle spécifique ? Le Grenel a fait en sorte qu'on a mis le sujet vraiment en avant parce que en fait c'est pas comme le le fameux nuage de Tchernobyl hein, il s'arrête pas. Donc je suis violent en France, si je quitte la frontière, je deviens pas violent.

Et d'être loin, loin de sa famille, loin de ses amis, toutes les stats et tout ce qu'on a fait nous a montré que la plupart des temps, dans la plupart des cas, le couple qui part, l'homme et la femme ont plus ou moins le même niveau d'étude et même niveau de rémunération. 9 fois sur 10, c'est l'homme à qui on propose l'expatriation. On va souvent voir son salaire doubler, tripler, voir quadruplé selon la dangerosité du pays.

Et sur place, vous avez chauffeur, nanis, machin dans certains pays. Je dis gentiment aux hommes mais je veux pas qu'il se vexent mais en fait vous êtes pas devenu brad pit du jour au lendemain. Vous avez juste un passeport rouge.

Oui. D'ailleurs, vous parlez du syndrome [rires] Brad Pit et c'est pas méchant. Et je veux surtout à chaque fois, je veux pas qu'il se vexe mais c'est quoi ce syndrome bras c'est que vous avez un passeport rouge et que la misère est telle dans certains pays, ben que des jeunes filles sublimissimes, enfin des déesses magnifiques, ben vous tournent autour, vous draguent et et et elles sont tellement fortes que les hommes y croient et je pense que tout le monde y croirait.

Quand vous avez votre femme qui est à la maison qui s'ennuie dans certains pays, elle a pas le droit de travailler donc elle peut ruminer toute la journée quand vous arrivez le soir, elle a envie de parler, vous avez pas envie, vous avez bossé comme un taré parce que vous devez faire aussi vos preuves et cetera et que vous rentrez, on vous parle, on vous fatigue et que vous vous dites "Ça va, tu as une nanie, je te donne des sous, profite." Ouais, mais en fait elle veut se sentir utile, elle veut travailler, elle veut faire quelque chose de ses journées. Et les premières disputes commencent, la première claque peut arriver assez vite et et quand toute la journée vous avez des des déess qui vous disent à quel point vous êtes beau, magnifique, merveilleux, certains c'èdent, heureusement pas tous, certains cèdent.

Mais c'est pour ça que voilà, je parle de syndrome en disant "S'il vous plaît, essayez d'être essayez de faire attention parce qu'après il y a des catastrophes aussi. Certains mariages, elle vous pl elle vous plomb, elle vous pique tout. La famille de la jeune fille ou du jeune homme parce que ça marche dans les deux sens hein euh peut être violente.

Moi j'ai un on a un retraité à Madagascar grâce à un de nos élus conseillers des Frances étrangers à Madagascar, ils l'ont sauvé. Il était attaché dans une cabane dans le jardin nourri juste qu'il fallait pour qu'il reste en vie pour qu'elle puisse toucher la retraite parce qu'il avait une retraite confortable et elle vivait dans la maison avec toutes 15 personnes de sa famille. Enfin c'est aussi tout ça français de l'étranger.

Enfin c'est pas que je suis expat et ça va. Alors donc le syndrome [rires] le syndrome Bradpit l'acteur américain, il sera content [rires] de de la référence. Alors quand on vit à l'étranger, on n'est pas forcément au courant de ces droits.

Alors quel conseil auriez-vous à donner à des expatriés qui se retrouveraient dans des situations de violence intrafamiliale ? Déjà consulat. Le consulat on a depuis 2019 des agents qui sont formés, c'était pas le cas avant. formé à la première écoute.

Donc vraiment important ici à quoi que ce soit, faut aller au Consulat, faut aller voir le site de l'ambassade et du consulat parce que moi j'ai jamais fait. Enfin, moi depuis 2001, j'allais en Afrique entre le Sénégal et la Côte d'Ivoire, je n'ai jamais de ma vie sur le site internet de l'ambassade ou du consulat. Erreur, j'ai eu la chance de pas avoir de ce problème mais il faut aller consulter ces sites internet, aller voir les élus.

On a la chance d'avoir des élus locaux, donc ce qu'on appelle les conseillers des Français étrangers. En fait, c'est l'équivalent des conseillers municipaux. Ils sont là pour vous et vous en avez dans tous les pays.

Euh bon, dans certains pays, ils peuvent être basés dans un autre pays parce qu'il y a pas assez de Français sur place, mais en tout cas vous avez accès à ces élusl et après vous avez vos députés et vos sénateurs. On répond on répond à 99,9 voilà 100 200 mails par jour. On répond vraiment à 99 % des mails.

On répond et depuis moi, j'ai fait des fiches en fait. Euh j'ai créé aussi plusieurs assauts parce que je suis un peu une boulimique et une de mes associations qui s'appelle la Fédération internationale des bienfaisances et entraide des Français de l'étranger. La fibre donc la fibre fdepfanceétranger.org et là il y a des guides pour les femmes battues.

Il y a des guides euh pour les aides sociales parce que on est un des très rares pays au monde qui donne des aides sociales à l'étranger pour les enfants porteurs de handicap, pour les personnes âgées. Enfin, on peut avoir des aides d'urgence. et des aides plus long terme euh et euh des guides sur la fiscalité.

Enfin voilà, j'ai mis tout temp et puis on peut avoir un passeport en 24 heures. Ah oui oui, ça ce qui est important. Il y a j'ai eu en 2018 et 2019 des femmes qui me disaient je suis bloquée, mon mari a caché le passeport donc je dois prendre mon mal en patience.

Non. Euh un passeport d'urgent. Alors, il faut se dire que dans un pays où il n'y a pas d'escale, enfin quand vous êtes dans un pays et vous pouvez venir en France sans escale, donc en vol direct, le consulat peut faire un laisser passer consulaire.

Et s'il y a une escale, s'il faut passer par un autre pays, on vous fait un passeport d'urgence. Donc le laisser passer consulaire, on peut le faire dans la journée. J'ai eu déjà eu des consulats exceptionnels qui m'ont fait ça dans la journée.

Et le passeport d'urgence, on peut le faire en 24 heures. Donc ça peut sauver des vies et il faut que les femmes ou les hommes, parce que il y en a peu mais il y en a euh voilà pour fuir quand on n pas accès à son passeport, il y a ces deux possibilitésl. Puis on peut citer la plateforme Sorority.

Absolument. The Sority Foundation qui a mis en place CVW. Voilà.

De Priscilia Routier. Exactement. qui a fait un travail exceptionnel depuis plus de 6 ans.

Elle a une plateforme avec plus de 300000 femmes qui s'entraident et euh des personnes qui sont qui répondent au téléphone, des assistentes sociales aussi et des personnes formées à première écoute. Et surtout dans un pays, il y a des femmes qui peuvent mettre à disposition un canapé, une chambre, une nuit, une semaine, un mois. Donc il y a les femmes qui veulent aider et les femmes qui ont besoin d'aide.

Donc les deux existent sur cette plateforme et c'est une super plateforme. D'accord. On mettra euh toutes ces données.

Après, plusieurs autres existent, je vous les enverrai aussi, c'est important. Il y a de la place pour tout le monde et tellement de malheur malheureusement et euh et beaucoup se complètent et c'est intéressant d'avoir accès à ces plateformes. OK.

On mettra ces informations euh dans le podcast. Alors, Amélia, vous représentez 49 pays aux législations très différentes sur les droits des femmes. Comment abordez-vous ces questions dans des pays où le droit des femmes est parfois très éloigné de ce qu'on connaît en France ?

Et comment êtes-vous considéré par ces gouvernements en tant que député française ? Globalement, et je pense qu'il faut il faut bien l'avoir en tête, la France est plutôt bien vu et c'est vrai que souvent même avec mes collègues la commission affaires étrangères, ils passent leur temps à se dénigrer et je pense qu'il n'y a pas plus que nous euh au monde à se dénigrer tout seul. Le French bashing en bon français, qu'est-ce qu'on peut dire ? l'autoagélation [rires] française, l'autocritique française, elle est vraiment, je pense qu'on est les champions du monde là-dessus parce que j'ai la chance aussi depuis le mois de mars d'être élu à la tête de l'Assemblée parlementaire la francophonie.

C'est une organisation internationale de parlementaires qui regroupe 99 parlements du Canada au Cambodge et de la Suisse à la Côte d'Ivoire. Et donc je voyage encore plus à la rencontre de ces différents parlements et en fait tous les pays dans le monde, tous ceux que j'ai rencontré, tous ceux que j'ai vu ont une très bonne image à France, attendent la voix de la France. Il y a eu des sujets oui euh à un moment donné avec du boycotte dans les pays arabes.

Donc moi, j'y vais en général et j'essaie de faire ce qu'on appelle le service aprèsvote, le SAV et je vais dans les pays et je vois les dirigeants pour leur expliquer qu'en France même on a eu un cas au Baren quand la mère de Paris a décoré et a remis la la à Nidalgo à Nidalgo a remis la sintetité d'honneur à un opposant. Et ben, ils ont annulé euh une visite d'État où beaucoup de contrats allaient être signés. L'ambassadrice avait travaillé pendant plus d'un an, fait un travail extraordinaire.

Ils ont annulé la vie d'état en pensant que forcément le président de la République était d'accord ou au courant. Alors que j'ai dû leur expliquer non, vous savez en France les maires font ce qu'ils veulent. À aucun moment le président soit ne savait ou peut-être qu'il savait mais il peut pas du tout s'y opposer.

Et la mère de Paris fait ce qu'elle veut. elle donne la nationalité d'honneur ou ce qu'elle veut la citoyenneté parisienne ce qu'elle veut ou un prix à qui elle veut quand elle veut. Maintenant c'est sûr que quand on est ici et qu'on n'est pas tellement au courant de ce qui se passe ailleurs ou qu'on n'est pas très sensible à la géopolitique, on fait des choses et on ne sait pas qu'il y a des répercussions à l'autre bout du monde.

Et là peut-être qu'on a des une carte à jouer sur la communication de crise. On arrive au terme de cet entretien. Alors qu'est-ce que la Amélia d'aujourd'hui dirait à Zezuna ? la petite fille que vous étiez.

H ça va aller ça va aller super bien. Merci Amélia Lacrafie d'être passé dans Mutine. Vous pouvez retrouver cette entrevue sur la chaîne YouTube de RFI, sur nos réseaux sociaux et sur notre site rfi. fr [musique]