Face à Face : Olivier Dussopt - 01/05
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:30OuverteRéponse directe
Est-ce que cette mobilisation changera quelque chose pour le gouvernement ?
- 1:13OuverteRéponse directe
Pourquoi cette mobilisation est-elle historique ?
- 1:36RelanceRéponse directe
Quelle conclusion tirerez-vous s'il y a autant de monde ?
- 2:14OuverteRéponse directe
Un mot sur le risque de violence évoqué par les autorités.
- 3:00FerméeRéponse directe
Est-ce que le gouvernement fait de la provocation policière ?
- 4:12OuverteRéponse directe
La CFDT reviendra-t-elle à la table des discussions ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueFait
« Les renseignements territoriaux promettent pour aujourd'hui une mobilisation historique. »
- 1:16Invité politiqueFait
« Vous avez réussi à unir l'intersyndicale, un 1er mai contre vous, ce n'était pas arrivé depuis 14 ans. »
- 2:17Invité politiqueFait
« Les renseignements disent un esprit vengeur. »
- 3:03Invité politiqueFait
« Il y a aussi une anticipation d'un risque de violence. »
- 5:30PrésentateurFait
« Il fallait que ça aille très vite parce que les sujets abordés dans cette négociation ne pouvaient pas attendre. »
- 17:18PrésentateurPromesse
« Nous allons changer la loi pour une entrée en vigueur en 2024 progressivement. »
Temps de parole
- Présentateur69 %
- Invité politique31 %
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Vous écoutez
RMC
RMC jusqu'à 9h
Apolline Matin Face à face
Benjamin Duhamel
Tout juste 8h33 sur RMC et BFM TV Mon invité ce matin dans le Face à Face C'est Olivier Dussopt, ministre du Travail Bonjour Olivier Dussopt Les renseignements territoriaux promettent pour aujourd'hui Une mobilisation historique C'est leur expression alors que l'intersyndical est unie Un 1er mai pour la première fois Depuis 2009 Question simple, est-ce que cela changera quelque chose pour le gouvernement Si c'est un raz-de-marée Comme l'espère Jean-Luc Mélenchon Ou est-ce qu'au fond vous dites, peu importe, on est déjà passé à autre chose
Nous verrons ce soir combien de manifestants ont participé A ces mobilisations traditionnelles pour le 1er mai Auxquelles s'ajoute une volonté des organisations syndicales De pousser sur La contestation de la réforme des retraites Donc nous le verrons ce soir Mais quel que soit le nombre de manifestants Dans une manifestation, il y a toujours des messages Il peut y avoir des points de désaccord Il peut y avoir des réformes que nous portons Qui suscitent de la contestation Mais il y a toujours des messages Depuis le début de cette mobilisation sociale Nous avons entendu d'autres messages Que la seule question des retraites Sur le pouvoir d'achat Sur les conditions de travail Sur le sens qu'on lui donne au travail dans sa vie Et c'est un contexte particulier
Vous voyez bien, vous avez réussi à unir l'intersyndicale Un 1er mai Contre vous, ce n'était pas arrivé depuis 14 ans Depuis 2009
Mais ce n'est pas le 1er mai Qui suscite cette mobilisation de l'intersyndicale C'est le fait que depuis maintenant quelques mois Sur la question des retraites Malgré de très longues concertations Malgré des points de convergence Sur beaucoup de sujets Il subsiste un désaccord sur la question de l'âge Nous le savons
Laurent Berger disait hier Il pourrait y avoir des centaines de milliers de personnes Pourquoi pas un million, un million et demi Quelle conclusion est-ce que vous tirerez S'il y a autant de monde ?
Les mêmes que pour les manifestations précédentes C'est-à-dire la nécessité d'entendre La nécessité d'écouter La nécessité d'aller au-delà De la seule question des retraites Je ne sous-estime pas le degré de désaccord Sur la question des retraites Mais je sais aussi Qu'il y a d'autres sujets qui s'expriment Lorsque des salariés Disent que l'âge de la retraite Ou le départ à la retraite Est une forme de délivrance Ça signifie qu'ils ne sont pas bien dans leur emploi Ils ne sont pas bien dans leur travail Et plus que l'âge de la retraite C'est la question des conditions de travail Et du sens au travail
On va y revenir Un mot encore sur ce 1er mai Mobilisation historique Les renseignements disent un esprit vengeur Cela montre aussi que les Français Une fois encore Ne sont pas prêts à passer à autre chose C'est ce que l'on voit À longueur d'enquête d'opinion De sondage
Je ne sais pas s'il y a une volonté De passer à autre chose ou pas Je fais partie de ceux qui considèrent Que la vie politique n'est pas faite De séquences De périodes Qui s'enchaînent les unes avec les autres Comme si la deuxième période Signifiait l'oubli de la première Je pense que Cette réforme de retraite est importante Nous laisons parce qu'elle est nécessaire Nous avons avec la première ministre Tout mis en oeuvre Pour que l'effort que nous demandons aux Français Soit le plus justement réparti Mais nous savons que c'est un effort Qui est demandé Et donc nous continuons à expliquer Et nous continuons aussi À ouvrir d'autres chantiers D'autres dossiers si je puis dire Et d'autres points Sur lesquels nous devons travailler Pour améliorer les conditions de travail
Parmi les pronostics des autorités Il y a aussi une anticipation D'un risque de violence Et la patronne de la CGT Sophie Binet À ce sujet Appelle le gouvernement À ne pas faire Je cite De provocation policière Comme cela a pu être le cas A-t-elle dit hier Est-ce que le gouvernement Fait de la provocation policière ?
Certainement pas Et je pense que Je ne pense pas Que ce soit l'objectif De Mme Binet Mais je pense qu'il faut Toujours faire attention Quand on parle De possibilités de violence D'abord je note Et je sais Que les organisations syndicales Ont toujours Et vous craignez Ces violences On en a vu beaucoup
Les premiers maires En 2018
Je note d'abord Que depuis le début Du mouvement social Sur les retraites Les organisations syndicales Ont plutôt bien organisé Les cortèges Que ça s'est bien passé Par contre je dis Qu'il faut toujours faire attention À ne pas inverser L'échelle des valeurs Le problème n'est pas la police Le problème ce sont les casseurs Ce sont les violents Et je ne les confonds pas Avec les manifestants Je ne les confonds pas Avec ces hommes et ces femmes Qui Parce que ce sont leurs convictions Participent à tel ou tel Mouvement Mais ne confondons pas Et n'inversons pas L'échelle de valeur Entre les casseurs et la police C'est ce que fait Sophie Binet
Quand elle parle De provocation policière On trouve qu'elle a un discours Ambiguë sur ce risque
De violence Je pense que provocation policière N'est pas la bonne expression Mais comme je l'ai dit Je n'en pense pas Que Mme Binet Puisse inverser L'échelle de valeur Entre la police et les casseurs Je ne le pense pas
Alors sur le fond Olivier Dussopt Enfin une bonne nouvelle Pour vous Il n'y en a pas beaucoup En ce moment Laurent Berger a annoncé hier Que la CFDT reviendrait A la table des discussions Avec le gouvernement S'il y avait une invitation Lancée par la Par la première ministre Tout en précisant Qu'il n'avait pas encore Reçu cette invitation Est-ce que d'abord Vous pouvez nous confirmer Qu'une telle invitation Va bien être lancée Dans la semaine Pour un dialogue Une rencontre Avec les partenaires sociaux
Il y a quelques semaines Quand le conseil constitutionnel S'est prononcé Et a validé La réforme des retraites Après que Le parlement les examinait Les organisations syndicales Avaient dit Qu'elles souhaitaient Pour la plupart d'entre elles Trouver un moment ou un autre Les moyens de reprendre le dialogue Pas toutes
On va y prendre
J'ai dit la plupart d'entre elles Ça ne masque pas les désaccords Mais reprendre le dialogue Mais la plupart d'entre elles aussi Nous avaient dit On a besoin d'un peu de temps Et rien avant le 1er mai Le 1er mai est aujourd'hui La première ministre A fait savoir Qu'elle souhaitait avoir Cette possibilité de discussion Mais nous respectons les temps Et je suis très heureux Qu'un certain nombre Des représentants syndicaux Aient déjà dit Qu'en cas d'invitation Ils répondraient présent
Laurent Berger de la CFDT FTC encore ce matin sur RMC Est-ce que vous pouvez nous dire Quand Ils pourront recevoir une invitation Quand est-ce que pourrait se tenir Une telle réunion A Matignon ?
L'invitation leur sera adressée Dans les jours qui viennent Nous ne sommes ni à un jour Ni à une heure près Mais ça peut être une réunion Cette semaine ? Mais ça peut être cette semaine Vous dites qu'on n'est pas
Quelques jours près Mais en même temps Vous avez dit dans le Figaro Qu'il fallait que ça aille très vite Parce que les sujets Abordés dans cette négociation Ne pouvaient pas attendre
J'ai dit dans le Figaro Qu'un certain nombre de sujets Devait être examinés rapidement Mais entre Dit rapidement et un jour près Ce n'est pas moi Qui fais l'agenda de la première ministre Et je serais très heureux Surtout que ces réunions Puissent se tenir Et que nous puissions avancer
Et ça pourrait être Dès cette semaine ?
Ça pourrait être Dès cette semaine Début de semaine prochaine Ça dépendra des disponibilités De chacun Et de la volonté Des uns et des autres De participer à ces entretiens
Et pourquoi la première ministre Et pas Emmanuel Macron ? On avait cru comprendre Que l'idée était aussi De recevoir les syndicats à l'Elysée
D'abord l'un n'empêche pas l'autre Le président de la République A invité l'ensemble Des partenaires sociaux Les organisations professionnelles On fait le choix De participer à cette rencontre Il y a quelques semaines Il avait indiqué Souhaité dans les prochaines semaines aussi Organiser une deuxième réunion Avec l'espoir Que tout le monde Puisse participer Accepte de participer A cette réunion Les choses se font
Parce que c'était avant le 1er mai Qu'il y avait ce délai de décence Évoqué notamment par l'envers
Les choses se font au rythme Où elles doivent se faire Ce qui compte C'est que nous puissions reprendre Un certain nombre de discussions Et je le répète Ça n'effacera pas Le désaccord sur tel ou tel sujet Et les retraites en particulier Mais il y a des sujets Qui sont à l'initiative du gouvernement Nous souhaitons à la fois Travailler sur Le meilleur accompagnement possible Des allocataires du RSA Les organisations syndicales Les patronales Ont conclu de leur côté Un accord sur le partage de la valeur Qui doit être transposé Autant le sujet Qui à l'initiative du gouvernement Ou des partenaires sociaux Nécessite tout simplement Que l'on se parle
Mais donc pour être très clair Il y aura une réunion à Matignon Si les syndicats le souhaitent Et vraisemblablement Du moins les réformistes le souhaitent Et aussi une réunion A l'Elysée Autour du président de la République
C'est ainsi que c'est prévu Mais je vous l'ai dit Le président de la République Et la première ministre Font leur agenda Ce n'est pas moi qui le construit
Sur le fond Le fait que Laurent Berger dise Voilà ce délai de décence Il est passé Je suis prêt à rencontrer Elisabeth Bande C'est quoi ? C'est le grand pardon Entre la CFDT et le gouvernement Après des semaines Des mois de tensions Entre les syndicats réformistes Et le gouvernement ?
J'ai dit à l'instant Que si le dialogue reprend Ça n'efface pas la séquence Que nous avons connue Sur les retraites Et donc je ne suis pas Dans un vocabulaire De grand pardon De grande réconciliation Je pense que l'intérêt général Est qu'il y ait un dialogue Qui puisse être à nouveau Ouvert et noué Hier j'ai écouté Laurent Berger Qui disait Nous irons comme Une organisation syndicale Dans une entreprise Va à la rencontre De son employeur Quand bien même Ils ont été fâchés Quand bien même Les choses ne sont pas Bien passées précédemment C'est ce qui compte Et donc ne donnons pas Aux paroles Ne donnons pas A la participation A telle ou telle réunion Un sens qui ne serait pas le bon Ce qui compte C'est qu'il y ait un dialogue Qui soit ouvert Nous considérons
Vous saluez le sens Des responsabilités De Laurent Berger
Comme je l'ai toujours fait Je n'ai pas attendu Qu'on soit le 1er mai Pour le faire Oui d'autres
Quand le président de la République Expliquait que la CFDT N'avait fait aucune proposition On n'a pas toujours Pardon Olivier Dussopt Tu étais habitué A des paroles très amènes A l'égard de Laurent Berger De la CFDT
Oui il y a quelques réciprocités aussi Mais je pense que ce qui compte C'est que le dialogue Puisse être ouvert Je l'ai dit Il y a des chantiers Qui sont soit D'initiatives gouvernementales Soit d'initiatives Des partenaires sociaux Qui nécessitent Que l'on se parle Et se parler est important Pour avoir les meilleurs textes Et les meilleures réformes possibles
En vue En perspective De ces réunions Qu'est-ce que la mobilisation D'aujourd'hui changera Est-ce que le rapport de force Sera différent Selon qu'il y a Énormément de monde dans la rue Ou qu'il y en a Un peu moins Est-ce que vous entendrez Le message Que vous enverront Les manifestants aujourd'hui Qui battront le pavé Et qui seront sans doute Plus que ces derniers 1er mai
Nous entendons toujours Les messages Et nous les écoutons Je ne sais pas Combien de personnes Sont présentes cet après-midi Et j'ai coutume de dire Je ne fais pas la médiation Du climat social Et vous ne voulez pas Que je le répète Donc je ne le fais pas Mais il y a Une manifestation Et dans cette manifestation Il y a des messages Aujourd'hui c'est à la fois La journée internationale Des droits des travailleurs C'est la fête du travail Toutes les appellations Sont présentes Le 1er mai a toujours été Un moment de revendication Pour le monde du travail Dans tous ses aspects Écoutons ce qui se dit J'ai ouvert au mois de novembre dernier Les assises du travail Avec la volonté De travailler sur des sujets de fond Quelles sont les nouvelles formes d'emploi Quelles sont les nouvelles manières D'organiser la démocratie sociale Dans l'entreprise Dans un moment où Le travail se digitalise Le télétravail se développe Comment est-ce qu'on fait Pour que les conditions de travail Redeviennent des indicateurs de performance Les deux garants Sophie Thierry Et Jean-Dominique Sénard M'ont remis un rapport Plein de propositions Donc il faut qu'on puisse avancer Et construire la vie
Mais restons une seconde Sur votre relation avec les syndicats On l'a dit Laurent Berger Cyril Chabagné Des signes plutôt encourageants Pour le gouvernement Du côté de la CGT C'est beaucoup moins le cas Sophie Binet D'y attendre l'intersyndicale de demain Pour savoir si elle se rendra Ou non à éventuellement Cette invitation Et elle continue à dire Qu'il n'y aura pas de retour À la normale Dit-elle Sans retrait de la réforme Est-ce que vous espérez Pour le coup Que la CGT vienne Ou vous dites au fond On fera sans eux Si elle ne veut pas venir
Je l'espère Et la CGT Est une grande organisation Libre de ses décisions Mais comme pour toutes Les organisations syndicales Avec qui nous souhaitons discuter C'est-à-dire Toutes les organisations représentatives Parfois au-delà Selon le format Puisqu'il y en a cinq Qui sont considérées Comme représentatives par la loi Nous souhaitons toujours Que toutes puissent participer
Et comment est-ce que vous interprétez Ces différences de position Entre Laurent Berger Qui dit on ira Et Sophie Binet Qui ne sont pas franchement enthousiastes
Ce n'est pas à moi De commenter les différences de position Au sein de l'intersyndical
Vous pouvez avoir un avis Non ?
Oui mais je pense que Le respect de leur travail Le respect des responsabilités De chacun Implique de ne pas faire De commentaire à l'avance
Et la présence de la CGT Autour de la table Elle est essentielle Au dialogue social Ou elle est accessoire ?
Comme pour chacune Des cinq organisations syndicales Représentatives Elle est importante
Donc vous pouvez faire sans elle S'ils ne sont pas pour la table C'est mieux avec Laurent Berger dit aussi Avant de parler du RSA La CFDT ne sera ni dans l'activisme Ni dans le fait d'emmener Les travailleurs dans le mur En leur faisant croire Qu'Emmanuel Macron Pourrait retirer sa réforme des retraites Voilà ce que dit le patron de la CFDT Vous dites quoi ? Il est lucide Peut-être plus lucide Que ceux qui continuent A demander le retraite
C'est une déclaration Que Laurent Berger a faite hier je crois Et qui est assez conforme A celle qu'il avait faite Dans une interview donnée au Monde Il y a quelques jours Lorsqu'il a annoncé La date à la fin La date à laquelle Il quittera ses fonctions C'est très conforme Si je puis me permettre La position de la CFDT Une forme de responsabilité De prise en compte Du réel tout simplement Mais au-delà de cela Je le répète Ce qui m'importe C'est que nous puissions Rouvrir ce dialogue Sur les différents sujets Des semaines et des mois qui viennent
Sur le RSA Olivier Dussaud Parmi vos futurs chantiers Il y a donc cette volonté De conditionner La perception du revenu De solidarité active A 15 à 20 heures D'accompagnement par semaine Pour les allocataires On va essayer d'être très concret Si quelqu'un Qui touche le RSA C'est-à-dire 607 euros Et quelques A partir d'aujourd'hui A l'organisation du 1er mai Si cette personne Ne remplit pas Ses conditions d'accompagnement Ça veut dire Que vous lui coupez les vivres ?
Ça veut dire Que le président Du conseil départemental Parce que c'est le conseil départemental Qui est compétent En matière de gestion du RSA De versement des allocations Pourra plus facilement Qu'aujourd'hui Suspendre le RSA Dans un premier temps Et ensuite Éventuellement le radier Comme c'est déjà le cas aujourd'hui Puisque depuis 1988 La loi prévoit La possibilité De supprimer le RSA Et donc là vous facilitez
La possibilité De couper le RSA A celui ou celle Qui ne remplit pas Les conditions
Nous allons l'assouplir Et le simplifier Mais la réforme Ne s'arrête pas là S'il s'agissait simplement De faciliter la décision Des présidents de départements Pour suspendre Ou supprimer Le droit au RSA Ce serait assez injuste Comme réforme
Et selon quelles conditions Cet allocateur Pourra voir son RSA
Je vais au bout Du premier point Je dis S'il ne s'agit que De assouplir Le régime de sanctions Ça n'est pas très juste Nous l'accompagnons D'une vraie réforme Et d'une vraie modernisation Avec les départements De tout ce qui concerne L'insertion Et la formation Pourquoi nous le faisons ?
Parce qu'aujourd'hui Quand on regarde Les presque 2 millions 1 900 000 allocataires Du RSA L'immense majorité Bénéficie d'un suivi social Et c'est très bien Moins de la moitié Bénéficie d'un suivi professionnel Et donc il nous faut Mettre en place Des actions d'insertion Des actions de formation D'accompagnement Sur tous les territoires Adaptés à chacun Pour faciliter Le retour à l'emploi C'est ça l'objectif J'aimerais rester
Sur la question Des sanctions Selon quelles modalités Mais ça n'est pas Qu'assouplir les sanctions J'ai bien compris Mais selon quelles modalités Selon vous Un allocataire du RSA Pourra se voir Couper les vivres Qu'est-ce qui aboutira A cette décision
Vous savez Nous n'allons pas inventer Le fil à couper le bas Nous reprenons la loi de 1988 Qui a créé le RMI Dans cette loi de 1988 Il y a pour chaque allocataire Du RSA Et pour la collectivité publique La puissance publique Un contrat d'engagement réciproque Ça s'appelle comme ça
Sauf que vous savez pas bien Aujourd'hui Ce n'est pas vraiment appliqué D'ailleurs Martin Hirsch le reconnaît lui-même
C'est le cas Et donc notre objectif Est d'appliquer strictement Ce que le président de la République A dit pendant la campagne C'était notamment Lors de sa grande réunion publique A la Défense Arena Premièrement Nous sommes dans un pays Où lorsque vous n'avez pas de revenus Il existe un revenu De subsistance Un revenu minimum Qui est le RSA Auquel vous avez droit Deuxièmement La puissance publique L'État Mais pas seulement La sécurité sociale Les départements Pour l'insertion A une obligation Un devoir Qui est de proposer Sur tous les territoires Une offre d'insertion Et de formation Qui soit adaptée Pourquoi je dis adaptée ?
Parce que vous ne proposez pas A une mère célibataire Avec trois enfants Une formation de 17 à 20 heures Ou alors vous lui proposez Le droit de garde Et la solution de garde Qui va avec Troisièmement
Par exemple cette mère célibataire Avec trois enfants Selon quelles conditions Elle pourra On pourra lui dire Eh bien vous ne touchez plus le RSA Parce que vous ne copent Vous n'avez pas coché
Ce qu'on attendait de vous Si nous proposons collectivement A cet allocataire du RSA Seul avec des enfants Des activités d'insertion Et de formation Adaptées à sa situation Soit en prévoyant Des modes de garde Soit en les organisant Pendant les temps de scolarité Si les enfants sont scolarisés Et que cet allocataire Nous dit Je ne veux pas jouer le jeu De l'insertion Je ne veux pas jouer le jeu Du retour à l'emploi Nous faciliterons la sanction En termes de suspension Et donc ça veut dire
Qu'à ce moment-là Le RSA Qui est le dernier filet de sécurité Pour ceux qui sont Dans l'extrême pauvreté Eh bien que rien
C'est le dernier filet de sécurité Mais ça n'a jamais été
Quelque chose d'unilatéral Depuis 1988 Je le répète
Sauf qu'on m'appelle Ce n'était pas appliqué
Depuis 1988 C'est avec un contrat D'engagement réciproque J'ai retrouvé une phrase de vous
En septembre 2022 Dans l'Express Vous disiez Je déteste le procès en assistana Oui Est-ce que ce n'est pas précisément Ce que vous faites jouer Certainement pas Il y aurait des assistés Qui bénéficieraient Grassement du système Pendant que d'autres travaillent Certainement pas
Le RSA C'est un revenu de survie Personne n'est riche Avec le RSA Personne Personne ne vit bien Avec le RSA Et je considère que Dire Nous devrions verser le RSA Sans nous intéresser A la contrepartie Sans nous intéresser Au parcours d'insertion C'est d'une immense hypocrisie Parce que la société N'est pas quitte De son devoir de solidarité Quand elle a versé 607 euros A un individu Elle est quitte De son devoir de solidarité Quand elle a aidé A retourner en emploi Parce qu'on peut me faire La démonstration par A plus B Mais je n'ai pas trouvé Plus efficace J'ai eu aussi l'occasion De le dire à la même époque Et de le répéter aujourd'hui Je n'ai pas trouvé Plus efficace Pour sortir de la précarité Pour retrouver de l'autonomie Et donc pour retrouver de la dignité Que d'avoir un emploi Et de vivre de son emploi Et donc c'est cet objectif C'est faciliter l'accompagnement Dans le retour à l'emploi Le plein emploi Inaccessible En termes de résultats Et je crois que tout le monde Souhaite le plein emploi Inaccessible que si nous arrivons A accompagner les plus éloignés Et parmi les plus éloignés Il y a eu les allocataires du RSA Je le dis parce que C'est un combat Qui me tient à cœur Mais regardez l'étude De la Cour des Comptes La Cour des Comptes En 2022 A publié une étude Qui montre qu'en moyenne Sept ans Sept ans après Une première inscription au RSA Plus de 40% Des bénéficiaires du RSA Sont encore au RSA Ça n'est pas acceptable Comme résultat C'est un échec social
Un mot encore sur le RSA Marine Le Penir Dans les colonnes du Parisien Se dit opposée à cette réforme Elle la qualifie D'inapplicable D'escroquerie je cite De clins d'œil Bien lourds à la droite Marine Le Pen ne sait plus
Où elle habite en la matière Elle passe justement son temps A faire la chasse Aux dépenses sociales A faire la chasse A tout ce qui fait la solidarité Et puis Pour je ne sais quelle raison Elle change de pied Et quand elle dit C'est inapplicable Ça veut dire qu'elle ne fait pas Confiance au département Croyez que cette mesure On va l'appliquer du jour au lendemain On va le faire progressivement Et nous avons commencé à travailler Il y a 18 conseils départementaux 18 départements Dans le cadre d'un travail Que nous menons Avec l'association Des départements de France 18 qui expérimentent Qui testent
Vous n'attendez pas Le résultat des expérimentations Pour pouvoir généraliser ce dispositif
D'abord Je vous l'ai dit On va le faire progressivement Nous avons besoin De changer la loi Nous allons changer la loi Pour une entrée en vigueur En 2024 Progressivement aussi Pour faire en sorte Que d'ici 3 à 4 ans La totalité Des allocataires du RSA Soit bien accompagnée Et puisse avoir Un accompagnement social Ce qui est nécessaire Mais aussi un accompagnement professionnel Et derrière l'accompagnement professionnel L'insertion L'information Donc Marine Le Pen se trompe Oui Comme souvent Derrière l'accompagnement professionnel On peut aussi avoir Des questions Qui sont relatives aux soins Des questions relatives au logement Des questions relatives à la mobilité Parce que tous ces freins à l'emploi Sont souvent majeurs Dans le parcours de vie Les plus fragiles
D'un mot Olivier Dussop La note de la France A été abaissée Par une agence de notation Fitch Qui souligne le risque Que les mouvements sociaux Empêchent le gouvernement De continuer à réformer Ça veut dire que l'argument Consistant à dire Qu'il fallait faire la réforme des retraites Pour apaiser les marchés financiers
Ah non c'est tout l'inverse C'est tout l'inverse C'est la démonstration Que nous devons continuer A mener des réformes structurelles A la fois pour rester crédible Sur la place financière Parce qu'on le veut
Principalement ça n'a pas convaincu Cette agence de notation
D'abord cette agence La notation de cette agence A été commentée par Bruno Le Maire Qui a dit que nous ne partageons pas Le caractère pessimiste De certaines de ces hypothèses Mais l'agence en question Dit aussi que ce qu'elle craint C'est que la durée Des mouvements sociaux Soit de nature A atténuer les résultats Nous sommes convaincus À aller au bout de cette réforme J'ai eu l'occasion de le dire Convaincus à en mener d'autres
Donc vous dites en marché financier On continuera à faire Des réformes difficiles Même s'il y a de la contestation
Nous l'avons fait depuis 2017 Et nous savons trop Depuis maintenant plusieurs années Combien il est coûteux De laisser la poussière sur le tapis De ne pas nous attaquer Au vrai sujet Cette notation Nous verrons ce que ça donne Parce qu'il y a eu d'autres moments Dans notre histoire récente Où des changements de notes Ne se sont pas traduits Par des mouvements Sur les marchés financiers Mais c'est une nouvelle illustration Du fait que Même si ça ne nous plaît pas Nous vivons dans un environnement International Et le financement de notre état Comme le financement de notre économie Des entreprises Des ménages Dépend des marchés financiers Ça peut ne pas plaire Et ça peut être même agaçant Pour un grand nombre De nos compatriotes Mais c'est une réalité Dont il faut tenir compte Lorsqu'on parle d'économie
Vous évoquiez Bruno Le Maire Le ministre de l'économie J'en profite pour une toute dernière question Son dernier roman Fugue américaine A beaucoup fait parler Notamment sur les réseaux sociaux Du fait d'un passage érotique Particulièrement explicite Je ne le citerai pas Pour ne pas choquer Les chastes oreilles Des auditeurs ce matin Est-ce qu'un ministre de l'économie Peut écrire cela ?
Un ministre de l'économie Peut écrire ? Moi je n'ai pas le talent Pour écrire Je ne sais pas Faire ce genre d'exercice Quelle que soit d'ailleurs La nature des mots Bruno Le Maire A toujours écrit
Il a toujours écrit Vous l'avez lu ce passage Dans l'espèce Est-ce qu'il n'y a pas Une forme de décalage Dans le moment de crise sociale Que l'on vit On est premier mai aujourd'hui Des centaines de milliers de personnes Et là Un ministre de l'économie Dont on voit ce passage
Je pense que c'est aussi Une forme d'humanité Ça montre que Même derrière Les costumes de ministre Qu'on nous reproche parfois Il y a des sentiments Vous l'avez lu ce passage ? Oui je l'ai lu Mais je n'ai pas encore lu le livre J'ai lu le passage Et ce passage Qu'est-ce qui vous inspire ? Qu'est-ce qui m'inspire ? Il m'a fait sourire Et voilà
On ne peut pas attendre ça De ministre du travail
Je vous l'ai dit Je n'ai pas le talent pour écrire
Merci beaucoup Olivier Dutop 8h53 Sur RMC Et BFM TV