Droits de douane, réunion de crise, flux commerciaux... L'interview intégrale de Véronique Louwagie
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Comment les chefs d'entreprise ont-ils réagi à l'annonce des droits de douane ?
- 1:01OuverteRéponse partielle
Cet accord à 15% est-il un bon accord ?
- 2:31RelanceRéponse directe
Pourquoi parler de visibilité alors que le contenu de l'accord reste flou ?
- 4:01OuverteRéponse directe
La France a-t-elle préparé une réponse à l'inflation causée par ces droits de douane ?
- 5:31OuverteRéponse directe
Quels secteurs sont les plus menacés par ces droits de douane ?
- 7:01OuverteRéponse directe
La France a-t-elle des lignes rouges dans les négociations avec les États-Unis ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:01Véronique LouwagieChiffre
« À défaut d'accord, c'était 30 % qui s'appliquaient. Maintenant, nous ne connaissons pas les détails. »
- 2:31Véronique LouwagieChiffre
« L'aéronautique ce sont 20 % des exportations de nos entreprises françaises vers les États-Unis. »
- 4:01Véronique LouwagieChiffre
« Les charges administratives sur les entreprises, c'est 3 % du PIB. »
- 7:01Véronique LouwagieChiffre
« L'acier, l'aluminium sont taxés à plus de 50 % au niveau des droits de douane. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Et pour aller plus loin ce soir et essayer surtout de comprendre, je reçois euh Véronique Louvagie. Bonsoir madame. Bonsoir.
Merci d'être avec nous. Vous êtes la ministre délégué au commerce, à l'artisanat et au PME. Autour de la table cet après-midi à Ber, vous étiez h ministres face à des responsables de filière impactés donc par ces droits de douane.
Première question, comment les avez-vous trouvés ? Inquiets, très inquiet et évidemment inquiet, préoccupé par l'annonce. Mais ce que nous leur avons rappelé euh c'est deux deux points.
Le premier, est-ce que cet accord est un bon accord ? Non, bien sûr que ça n'est pas un bon accord. Pour autant, est-ce que cet accord a permis d'éviter le pire ?
Oui. Je rappelle qu'à défut des voilà qu'à défaut d'accord, c'était 30 % qui s'appliquaient. Maintenant, nous ne connaissons pas les détails.
Nous avons un pourtour qui a été défini. Il nous faut donc travailler sur un certain nombre d'éléments, savoir quels seront les produits qui seront impactés. Est-ce qu'il y aura des exemptions ?
Nous parlons de l'aéronautique par exemple, nous parlons également des spiritux mais il y a d'autres secteurs, d'autres filières et nous devons être mobilisés à Bruxelles. C'est ce que nous avons indiqué au chefs d'entreprise. Vous nous dites donc ce soir sur BFM TV, il y a des droits de douane à 15 % et on a une page blanche.
Alors derrière, pas tout à fait une page blanche, nous avons quelques axes et c'est la raison pour laquelle il nous faut continuer à travailler. Il nous faut être mobilisé pour défendre nos entreprises. Ce que nous voulons protéger nos entreprises, protéger nos emplois.
Il ne faut pas que nos entreprises soient les victimes de cet accord. Donc effectivement, nous avons entendu aujourd'hui ce que nous ont dit les chefs d'entreprise. Un, ils demandent de la simplification de la simplification au niveau de l'Europe, au niveau de la France. de il demandent à être protégé, accompagnés, ouvrir également des marchés à l'exportation vers d'autres pays, avoir une préférence européenne et finalement discuter également sur un certain nombre d'exemptions avec euh l'Europe, avec les États-Unis sur cette période qui s'ouvre devant nous.
Si si on parle d'une page blanche, ça veut dire que depuis dimanche on fait la communication de Donald Trump et que à l'intérieur, il y a rien quoi. Le document est vide. Aujourd'hui, il y a déjà des droits de douanes qui s'appliquent, hein.
Je rappelle que il y a quelques un mois, des droits de douanes ont été appliquées à hauteur de 10 % qui s'ajoute à des droits de douane qui en moyenne étaient de 5 %. Donc nous avons déjà des droits de douanes à hauteur de 15 %. Donc cette annonce et cet accord finalement nous évite d'avoir ces droits de douane à hauteur de 30 %.
Mais nous n'en connaissons pas le détail. Effectivement, vous avez raison, le diable se cache dans les détails. Donc, il nous faut travailler sur les exemptions.
Nous souhaitons qu'un certain nombre de filières puissent l'être. Je pense à la filière viticole par exemple, il y a un certain nombre de sujets sur les produits pharmaceutiques, sur les produits chimiques, sur tout ce qui concerne l'acier, l'aluminium et il nous faut travailler, porter une voie forte, une voie unie au niveau européenne pour continuer à travailler sur cet accord et faire en sorte que nos entreprises soient le mieux protégées. Alors, on le voit, tout reste à faire.
On parlera un peu plus tard du du calendrier, mais cet accord il est à 15 %. On peut imaginer demain que cet accord il soit à 18 % 22 % voire à 13 % ou ce chiffre de 15 % ne bougera pas ? Écoutez, moi je serais très prudente parce que nous connaissons la manière dont le président Trump réagit.
Nous avons vu quelquefois des reculades. Pour autant, c'est un accord qui a fait l'objet d'une poignée de main dimanche sur une base de 15 %. Donc nous pouvons considérer que ça c'est la base générale mais après il y aura certain nombre d'exemptions et nous devons faire en sorte qu'il y en ait le maximum et il pourra y avoir des cas dérogatoires avec des contingents et des taux.
Ce soir, est-ce que vous savez quelle est la marge de manœuvre de l'Europe en général et de la France en particulier ? On on peut on peut der sur quoi on peut sur quoi on peut s'arranger avec les États-Unis et sur quoi ça passera pas ? Et écoutez euh c'est euh toujours pareil quand il y a un accord, quand il y a des discussions, nous savons euh les points d'arrivée euh que nous euh souhaitons au mieux, mais tout cela fait l'objet d'un compromis.
Je veux juste rappeler que nous avons évité le pire par rapport euh au taux de 30 % que vous évoquez et euh dire également que les États-Unis souhaitaient à un moment donné supprimer la TVA, supprimer la taxe sur les services digitaux. Donc nous avons évité un certain nombre de points et ça c'est relativement important. Donc, il nous faut discuter de manière unie, de manière forte, de manière forte au niveau européen et c'est ce que nous allons porter au niveau de de la voie de la France au niveau européen.
Alors, on va regarder ce que disait ce matin le chef de l'État. il s'est exprimé, il a rencontré les ministres en en conseil et et voilà notamment lorsqu'il parle de la visibilité, l'accord a le mérite, dit-il, d'offrir de la visibilité et de la prévisibilité à court terme. Il pré il préserve les intérêts français européens.
Ils sont où les intérêts français européens dans cette histoire là ? Ben, vous savez, l'incertitude euh pour une entreprise, c'est un poison lent parce que tant que vous êtes dans l'incertitude, euh une entreprise n'investit pas, n'embauche pas, recule ses investissements. D'ailleurs, certains chefs d'entreprise nous l'ont indiqué cet après-midi. très vite les entreprises demandent à savoir avoir de la lisibilité, de la visibilité et en tout cas maintenant il faut que cet accord qui est un cadre général nous donne toutes les précisions qui vont impacter les entreprises pour qu'elles puissent connaître, pour qu'elles puissent savoir.
Pardon, mais j'insiste mais ce que je ne comprends pas c'est pourquoi le chef de l'État dit qu'il y a de la visité visibilité puisque on parle d'un d'un accord d'un cadre et qu'on a on a à peine les contours de de de cet accord et et pas le contenu. Alors nous avons quand même les grandes lignes 1 un taux de 15 % 2 tout ce qui concerne l'aéronautique est exempté. Je rappelle que l'aéronautique ce sont 20 % des exportations de nos entreprises françaises vers les États-Unis.
Donc un un volume important. Nous avons quelques éléments aujourd'hui sur les spiritueux, peut-être sur les vins, mais il nous faut aller dans le détail. Donc certes, il y a un cadre, c'est-à-dire qu'au 1è août, les entreprises savent qu'elles n'auront pas un euh taux de 30 % mais un taux de 15 et maintenant il nous faut aller bien plus en détail sur la nature des biens, éventuellement les contingents ou les taux qui pourraient être appliqués.
Aller dans le détail, ça va se faire quand ? Là, on est en pleine période de vacances, il y a la rentrée qui se profile à l'horizon et on a bien compris que c'était un sujet de préoccupation de ces filières concernées. Vous leur avez dit quoi ?
On se donne rendez-vous en septembre à l'automne. Alors, vous avez raison. D'ailleurs, ça a été une remarque unanime de l'ensemble des chefs d'entreprise des filières cet après-midi de pouvoir avancer rapidement pour avoir la connaissance de tous les éléments précis le plus rapidement.
Nous avons indiqué que nous porterons cette voie, ce message au niveau européen et et nous allons faire en sorte que ces discussions avancent dans les meilleurs délais parce que nos entreprises ont besoin de de savoir. Je rappelle que derrière c'est la protection de nos entreprises, c'est la protection des emplois et et nos entreprises doivent très rapidement savoir. Alors, le chef de l'État jusqu'à présent avait été très discret sur ce dossier depuis dimanche et et ses annonces, il s'est exprimé, je le disais tout à l'heure en conseil des ministres et il dit ceci aussi : "Pour être libre, il faudra être craint.
Nous n'avons pas été assez craint." La France, c'est un échec de de la France est un échec de l'Europe. Non, je ne crois pas.
Mais mais la France a porté une voie très ferme depuis le début dans le cadre ce discussion. Il y a 27 pays au niveau européen. L'Europe a toujours été forte et unie, mais maintenant nous devons enclencher un autre mécanisme.
Voilà, il y a une nouvelle ère politique qui s'ouvre. Il nous faut aller vers une simplification au niveau euh européen. C'est un message que nous avons entendu.
Il nous faut aller également vers l'ouverture de tout ce qui est des marchés publics, vers une préférence européenne et faire en sorte que l'Europe agisse sur d'autres vecteurs. Vous connaissez le slogan de Donald Trump America first ? Alors les Français justement on est allé à leur rencontre aujourd'hui.
Antoine Forestier et Déboroc les les ont rencontrés et vous allez l'entendre à travers cette première question que vous pose les Français. Bonsoir madame la ministre, je suis une citoyenne, une parisienne. Euh je voulais vous dire que l'annonce de Trump de taxer les pays européens de 30 et puis maintenant il il est revenu un petit peu sur 15, c'est un peu beaucoup.
C'est vrai, American First, pourquoi pas ? Mais d'abord French first, il faudrait acheter français, il faudrait que les prix baissent parce que franchement il y a il y a il y a il y a on narrive pas à à rejoindre les debouts. Euh il y a vraiment des choses pour le panier, on va dire de la ménagère qui qui souffre qui souffre et puis bon bah tout ce qui va avec.
Merci à vous. et 10 % ça serait ça serait ça serait pas mal. Bon, la double question de cette française avec les accords doigné et puis les conséquences sur le panier de la ménagère comme on dit.
Je voudrais juste dire que les premiers impactés vont probablement être les Américains qui vont supporter finalement cette modification au niveau la politique commerciale. Nous faisons en sorte de protéger au maximum nos entreprises et les emplois. Je partage tout à fait ce que vient de dire euh cette euh personne.
Euh il faut faire la promotion de l'achat français. Je pense que c'est quelque chose de foréger les emplois. Ça veut dire que aujourd'hui vous savez quel pourrait être l'impact sur l'emploi en France avec ces mesures ?
Non, nous ne pouvons pas savoir puisque nous ne connaissons pas les détails de cet accord. C'est la raison pour laquelle nous devons nous battre pour qu'il y ait le maximum. Et ça c'est une des choses que vous redoutez, les répercussions immédiates sur l'emploi.
Il nous faut protéger nos entreprises. Donc nous allons faire en sorte d'accompagner nos entreprises, aller vers la simplification. Vous savez aujourd'hui les charges administratives sur les entreprises, c'est 3 % du PIB.
Si nous arrivons à simplifier, nous allons diminuer les charges des entreprises et améliorer leur compétitivité. C'est ce que nous demandent euh les entreprises et nous devons faire en sorte effectivement que cette préférence européenne euh qui va participer à donner plus de force aux produits européens, donc aux produits français soient retenus. La l'Europe travaille sur ce sujet, il nous faut avancer le calendrier.
C'est un élément important. Les entreprises nous ont beaucoup parlé de ce calendrier et nous allons en tout cas porter cette voie au niveau européen parce que nous devons avancer rapidement. Alors, les Français qui sont concernés, on l'évoquait à l'instant par le sujet de l'inflation, de la crise, sont concernés également, se sentent concernés par cette question importante des taxes douanières, ce qui amène cette nouvelle question.
Bonjour madame la ministre. Avec l'inflation que nous subissons aujourd'hui et les droits de douane que Trump a imposé, est-ce que la France a justement préparé une réponse à ça ? parce que c'est le citoyen qui va subir cette ces hausses et on en a un petit peu marre de l'inflation.
Alors alors ce n'est pas vraiment la France qui avait préparé l'Europe avait préparé des mesures de rétorsion. Il y avait un paquet à 22 milliards qui était prêt. Pour autant, nous n'avons pas voulu le mettre en œuvre parce que le mettre en œuvre serait à ce niveau participé à une escalade et cette escalade, elle aurait conduit, je dirais, à mettre en difficulté les Français, les consommateurs.
Mais pour autant, ces mesures de rétorsion existent toujours et s'il faut à un moment donné, ces mesures pourraient être mises en œuvre. Mais dans l'immédiat, nous refusons d'aller vers l'escalade. Alors, dans dans l'immédia, quels sont les les sujets qui vous préoccupent, les les les chantiers de la ministre du commerce pour ce sujet relatif aux taxes douanières ?
Quels sont les les secteurs qu'il faut guetter avec la plus grande attention ? Écoutez, il y a un impact, je dirais un dommage collatéral qui est que nous aurons probablement des flux commerciaux qui vont changer, notamment avec des arrivées de produits de plateformes asiatiques, notamment de la Chine, sur l'Europe et particulièrement en France. Et nous savons déjà puisque nous avons déjà un grand nombre de colis qui arrivent en France et donc il nous faut protéger ces nos entreprises, nos commerçants de ces flux commerciaux.
Donc nous avons pris un certain nombre de mesures déjà au niveau contrôle régularité des produits et nous prenons des mesures au niveau européen également pour lutter contre ces pratiques commerciales de certaines plateformes Chine et TMU par exemple avec des amendes qui ont été mis en œuvre et nous avons encore des actions plus fortes au niveau européen pour lutter contre ces plateformes et faire en sorte de protéger notre commerce français par rapport notamment à tous ces flux de produits qui inondent aujourd'hui notre marché. Madame la ministre, une dernière question recueillie par Antoine Forestier et Débora Roc. Bonjour madame la ministre.
Une question me vient à l'esprit. Qu'en est-il les droits de douane concernant l'acier ? Merci de me répondre.
Alors sur le sujet de l'acier alors sur le sujet de l'acier, je rappelle qu'aujourd'hui l'acier, l'aluminium sont taxés à plus de 50 % au niveau des droits de douane. Donc il nous faut faire en sorte que bien entendu ces taux soient moindres. ce serait 15 % avec des contingents probablement qui seraient retenus des taux et là encore vous voyez nous ne connaissons pas les détails.
Donc il nous faut discuter et faire en sorte que ces contingents ces taux soient favorables à la France, soit le moins perturbateur possible. Juste ajouter que la France n'est pas le pays le plus concerné au niveau de l'Europe sur les exportations d'aciers d'aluminium. Ça n'est pas nous qui en avons le plus mais pour autant c'est important de les défendre.
Ce soir, madame Louvagie, vous pouvez nous dire si euh la France n'acceptera pas de franchir certaines lignes rouges sur quoi par exemple, on dira aux Américains ça ? Pas de question. Écoutez, on on nous on veut protéger tout ce qui est l'aéronautique.
Nous l'avons dit parce que c'est important. Nous avons les spiritueux également. Nous avons tout ce qui concerne la filière viticol qui est déjà en difficulté et il y a énormément d'exportation vers les États-Unis.
Donc il nous faut protéger cette filière. Nous avons également les produits pharmaceutiques, les produits chimiques, mais je veux dire que vous savez, dans un accord, il y a un niveau global. Euh on je ne veux pas dire que nous allons euh refuser cet accord sur un point précis.
Je pense que c'est euh un dispositif tout entier qui doit faire en sorte que nous ne mettons pas en difficulté un secteur plus que l'autre et protéger nos entreprises. Ce document, il va avancer rapidement. Nous nous l'espérons nous ferons en sorte en tout cas au niveau français de demander et de d'œrer pour que très vite des décisions soit prise.
En tout cas, vous ne dites que ce soir rien n'est signé, rien n'est ta Non, il y a une poignée de main dimanche mais effectivement comme je le disais le le diable se cache dans les détails. Donc, il nous faut travailler. En tout cas, c'est notre ambition pour œuvrer et faire entendre la voix de la France pour défendre nos filières à Bruxelles.
Merci. Merci madame la ministre. Merci Véronique Louvagi d'avoir accepté ce soir l'invitation de BFM
Véronique Louwagie