🔴Débat - Jean Castex est-il trop prudent pour le déconfinement?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:00OuverteRéponse directe
Êtes-vous favorable à la réouverture des bars et des restaurants avant le 20 janvier ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a marqué particulièrement dans cette intervention de Jean Castex ce matin ?
- 8:30RelanceRéponse directe
Vous trouvez qu'il manque même d'émotion ?
- 10:30OuverteRéponse directe
Trouvez-vous que le maintien de la limite de 30 personnes par Église est une humiliation ?
- 13:30OuverteRéponse directe
Est-ce que la motivation de cette décision est plus politique que sanitaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Jean CastexFait
« Si l'évolution favorable que nous observons se poursuit, si la pression sur nos services hospitaliers, les commerces rouvriront ce samedi. Les bars et les restaurants resteront fermés jusqu'au 20 janvier. »
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[Musique] Bonjour à tous, merci de nous retrouver en direct sur Figaro Live. On attend vos points de vue, vos commentaires et vos questions pour alimenter notre émission du jour. Ce matin, lors d'une conférence de presse, le Premier ministre a pris la parole pour donner le détail des annonces d'Emmanuel Macron.
Jean Castex a montré qu'il était pour le moins pied sur le frein sur ce déconfinement en trois temps, affirmant d'ailleurs qu'il est trop tôt. Pour parler de déconfinement, on l'écoute tout de suite. La situation s'améliore grâce aux efforts de tous, mais ces chiffres, pour encourageant qu'il soit, restent encore fragile.
Nous ne pouvons donc pas baisser la garde. Il est donc prématuré de parler de déconfinement. Il est surtout indispensable de ne pas baisser la garde, mais nous ne pourrons franchir chacune de ces étapes que si la situation épidémique nous le permet.
Si l'évolution favorable que nous observons se poursuit, si la pression sur nos services hospitaliers, les commerces rouvriront ce samedi. Les bars et les restaurants resteront fermés jusqu'au 20 janvier. Êtes-vous favorable à la réouverture des bars et des restaurants avant le 20 janvier ?
C'est la question qu'on vous pose sur Twitter, c'est la question du jour. Vous y répondez dès maintenant et vous pouvez évidemment, je vous y encourage, participer à cette émission en nous postant vos commentaires et vos questions et nos invités se feront un plaisir de vous répondre. D'ailleurs, à propos d'invités, nous avons en plateau avec nous aujourd'hui en direct Sylvain Courage.
Bonjour, vous êtes rédacteur en chef à l'OPS. Merci d'être ici et face à vous Vincent Trémolet, rédacte directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Merci encore d'être avec nous aujourd'hui.
Jean Castex, je le disais à détailler les annonces du président de la République ce matin. D'abord l'un et l'autre, qu'avez-vous pensé de cette intervention du du Premier ministre ? Qu'est-ce qui vous a marqué particulièrement Sylvain Courage ?
Bah effectivement, il il a essayé de de freiner un petit peu. C'est une question de dosage hein, ce ce cette sortie en en sifflet du confinement. Le président de la République avait donné des perspectives.
Bon, les trois étapes semblaient s'enchaîner naturellement. Donc évidemment, l'espoir avait repris dans dans la population. Et donc Castex dit "Attention, rien n'est acquis." Alors est-ce que c'est certainement une répartition des rôles, euh je sais pas si elle est écrite d'avance entre le gentil et le méchant.
En tout cas, c'est qui est le gentil qui est le méchant ? Bah plutôt enfin disons que Emmanuel Macron, il me semble, a prononcé le mot de déconfinement dans son dans son allocution. Et donc euh le Premier ministre nous dit "Attendez, c'est pas du déconfinement." Donc effectivement, alors ça va ça va encore être sans doute commenté comme une hésitation euh euh des injonctions contradictoires de l'exécutif.
En vérité, c'est un peu logique puisque voilà, il faut doser encore une fois la réponse et ne pas précipiter les choses parce que évidemment si une troisème vague intervenait, on se tournerait vers le même exécutif pour le lui reprocher. Vincent Trémolet, qu'est-ce qui vous a marqué particulièrement dans cette intervention de Jean Castec ce matin ? Alors moi je reconnais comme sylvain que c'est très compliqué de mener cet exercice puisque les gens veulent à la fois être protégés et être libéré.
Donc c'est c'est contradictoire euh que c'est une espèce de jeu demi cadeau. Vous savez si vous prenez un des un des morceaux de bois, tout peut s'effondrer. Ensuite, je vois quand même un un défaut de forme qui pour Jean Castex va devenir problématique.
C'est-à-dire que les conférences de presse se suivent et se ressemblent et le ton est le même et la rhtorique est la même et l'atmosphère est la même. Et je crois que Édouard Philippe était parvenu pendant le premier confinement à partager les inquiétudes des Français quand elles étaient importantes et à faire partager presque physiquement et dans son éloquence leur espérance et que donc il correspondait au moment. Et là vous le trouvez trop neutre ?
Je le trouve trop comment dire robotique presque non pas robotique mais presque enfermé dans son souci de ne pas rater ce deuxième déconfinement sans montrer l'agileté, la souplesse euh une forme peut-être même de décontraction vis-à-vis de l'événement qui donnerait à son propos plus de force. Vous trouvez qu'il manque même d'émotion ? En tout cas, je je il me semble qu'il a on en parlera tout à l'heure pour les cultes, mais c'est pareil pour d'autres domaines.
Il me semble qu' euh il était arrivé parce qu'on considérait enfin Emmanuel Macron considérait qu'Edouard Philippe était trop technocratique et et acc était accompagné d'une morgue que les Français ne voulaient plus voir et Jean Castex devait être quelqu'un qui était à la fois authentique, proche des gens et et employant leur langue. Et là, ce à quoi on assiste, c'est quand même un exercice administratif. C'est-à-dire qu'on on a l'impression d'avoir un super préfet devant nous.
Et et donc, est-ce que vous pensez que cela induit sur les Français qui qui regardent cette intervention systématique ? Bah, je pense qu'il n'a pas l'autorité qu' avait son prédécesseur pour ces moments-là et que et ça s'exprime déjà dans les sondages, c'est très compliqué parce qu'il a vécu une période très compliquée mais qu'il est déjà il y a déjà une usure qui se fait jour auprès de Jean Cassex auprès j'allais dire auprès d'Olivier Verrand et de Jérôme Salomon. C'est-à-dire que les les interventions se sont multipliées, il y en a eu énormément.
Il se trouve que l'on connaît les choses avant. Hm. Euh donc l'effet est quand même déjà un peu euh émoussé avant même qu'il prenne la parole.
Et donc euh ce rendez-vous euh à mon avis hein est en train d'apparaître pour beaucoup de téléspectateurs comme un rendez-vous qui n'est pas agréable et qui n'est pas extraordinairement finalement éclairant puisqu'un certain nombre de choses avaient déjà été données avant même qu'il parle. Sil courage, j'aimerais que vous réagissez à ce que vient de dire sur la forme que donne Jean Caspes intervention. style, on s'aperçoit que la situation de d'Edouard Philippe était tout aussi inconfortable, mais il avait réussi par une sorte d'ironie qui lui est naturelle à dire une chose tout en laissant entrevoir autre chose.
Bref, il avait créé une complicité en fait avec les les Français dans un moment terriblement anxiogène et déstabilisant. Voilà. Et je pense que c'est ça qui manque à à Castech, c'est cette souplesse rhétorique, cette agilité euh presque de comédiens pour faire passer les messages.
Et donc effectivement la communication est un peu raide, un peu et parfois même un peu autoritaire et et c'est ça qui passe pas parce que vous pensez que ça a une importance dans une situation grave comme celle dans laquelle on est, que les Français sont sensibles à cette forme que donne Jean Castex à ses interventions on va dire. demande des efforts et donc encore faut-il savoir le demander sans sans un disposé, sans être sentieux, sans sans être trop autoritaire. Donc c'est vraiment une question de style presque oui de de de rapport au langage, à la à la posture et et qu' texte ne passe pas.
Ça c'est vrai qu'il passe pas et peut-être de de enfin comment dire de de tempérament. C'est-à-dire que je pense que chez Édouard Philippe, ce qui a fait sa popularité à ce moment-là, parce que c'est à ce moment-là qu'il explose, si vous parliez à tout le monde dans tout le spectre politique, les gens vous disaient "Il était à la hauteur, il a fait le boulot." Et quand il parlait, il donnait l'impression de mener une charge plus grande que lui h qui ne lui apporterait rien mais qui les devait mener parce qu'il était là à cet endroit-là du navire.
Jean Castex montre que la charge est lourde mais en gros qu'il la domine et que ceux qui ne l'appliquent pas font que ça marche pas. Et donc il y a il y a une espèce de de de ton a l'air de dire au un peu de proviseur qui a l'air de dire aux élèves. Vous avez pas été à la hauteur, il y a eu cette formule extraordinairement maladroite quand on a commencé à parler de déconfinement où il a dit il faut pas desserrer la bride où les français se sont dit est-ce que je suis un n est-ce que je suis un mulet est-ce que je suis un cheval ? et et il me semble que c'est la différence entre les deux, c'est ça et le verbe dans ces moments-là, ça compte hein, ça compte énormément.
Ouais. Voilà, c'est c'est un art quoi. Et c'est fait partie de l'art politique et on s'aperçoit quand même que c'est sûrement un haut fonctionnaire extrêmement performant, mais que sur le plan politique, il n'a pas acquis un certain nombre d'éléments qui lui permettent d'emporter l'adhésion.
Alors du coup, pour revenir ma à ma question de départ, est-ce qu'il freine trop le déconfinement ? parce que de fait et dans sa rigidité dans la freine et sur le fond. Et la question du consentement, elle repose sur la compréhension.
Les gens se disent pourquoi on interdit, pourquoi on autorise ? Et là, je crois que la grande difficulté devant laquelle ceux qui sont contraints ou ceux dont les activités sont interdites se posent, c'est que dans leur esprit, ils se disent "Est-ce que cette précaution est sanitaire ?" Dans ces cas-là, ils l'acceptent. "Est-ce que cette précaution est politique ?" Dans ce cas-là, il l'accepte moins. "Est-ce que cette précaution est judiciaire C'est-à-dire il y a un risque pénal pour le premier ministre et les ministres et là il l'accepte plus du tout en disant c'est nous qui au fait subissons le fait que ces hommes politiques ne veuille pas prendre le risque.
Et je pense que cette interrogation est dans les esprits des restaurateurs, des pistrottiers, des patrons de station de ski, du monde de la culture et et créer un très grand scepticisme si ce n'est une défiance parce qu'on sent très bien que il y a dans le discours quelque chose de de de qui correspond à l'image que l'on a du fonctionnaire qui ouvre le parapluie. Tout à l'heure Jean Castex expliquait, j'ai dit qu'il fallait fermer les boîtes de nuit au mois de de juillet, au mois d'août, tout le monde s'est moqué de moi et on avait l'impression qu'il déroulait la justesse et la et la enfin comment dire la l'efficience de ces décisions comme s'il devait plaider ce qu'il devait j'ai bien fait, vous avez eu tort et et j'ai eu raison. Et et donc voilà, moi je pense que dans l'esprit de ceux qui qui croient qu'il freine trop se mêle maintenant un peu de soupçon sur est-ce qu'il freine parce que c'est sanitaire ou est-ce qu'il freine parce que c'est bureaucratique ou administratif.
Du coup, derrière tout ça, Sylvain Courage par rapport à ce que dit Vincent Trémolet, est-ce que on peut trouver dans sa communication un côté infantilisant pour les Français ? Oui, certainement puisque on a parlé de sa posture un peu d'autorité. Voilà, je je il faut m'écouter, je vais serrer la bride.
Enfin, il y a ce rapport qui est pas très qui qui est pas très confiant avec la la communauté nationale. Et donc évidemment les Français peuvent avoir l'impression que qu'on les prend pour des pour des bonets, ça c'est certain. C'est le risque de la défiance aussi ou pour des enfants, c'est-à-dire des gens qui ne sont pas suffisamment intelligents.
Et c'est là où la posture technocratique en surplomb revient. pas suffisamment intelligent pour maîtriser les tenant les aboutissants de ces décisions. Donc encore une fois, c'est vraiment un problème de communication et quand on veut séparer la communication de la politique, on fait une erreur parce que là c'est ça impacte directement.
Oui. Et qu'est-ce qui reste là de si on on devait tirer deux deux fils de de l'intervention ? Bon, la première, il y a la question des 30 personnes dans les églises qui va poser ou dans les lieux de culte qui va poser.
Et la deuxième, c'est cette phrase sur les stations de ski qui sont ouvertes avec les remontées mécaniques qui sont fermées qui renvoie à cette notion inventée par le génie de la formule française, enfin non, je crois que ça vient d'Allemagne d'ailleurs, de l'absurdistant. C'est-à-dire que la un terme qu'on a beaucoup entendu hein réseaux sociaux l'idée que euh Sylvain disait tout à l'heure euh les Français sont assez intelligents pour comprendre en tout cas ils sont assez intelligents pour voir qu'un certain nombre de décisions rien que dans le énoncé h apparaissent euh comme des messages du Goraphi. Donc si vous voulez les le Goraphi, on va le rappeler, c'est un site parodique.
Voilà, ce n'est pas le Figaro, mais parfois c'est aussi utile que le Figaro. Voilà. et et si vous voulez cette cette idée de de stations de ski qui sont plutôt que de dire bon il y a pas de station les stations de ski seront ouvertes mais les montées mécaniques seront fermées.
Renvoi aux biens essentiels et non essentiels où dans les les supermarchés des choses étaient ouvertes ou étaient fermé, on pouvait acheter de la layillette de de de de 2 mois de de 2 ans mais pas un pantalon de 4 ans bon fond et ça il devait en sortir. Emmanuel Macron a quand même dénoncé la bureaucratie dans son intervention et il n'en est pas sorti. Il y a encore eu aujourd'hui dans le le discours de de Jean Castex quelque chose qui prête le flanc à la critique de la dérive bureaucratique française.
Alors pourtant Sylvain courage cette infantilisation on est aussi un petit peu responsable. Nous français c'est nous qui sommes aussi on n'est pas les sachants nous par rapport pour les par exemple pour les les fêtes de Noël on a tous envie de savoir jusqu'à combien de conviv on pourra se réunir pour pour fêter ensemble et en famille. Donc on est aussi en demande de ces informations, de ce cadre, on va dire, pour pouvoir avancer, continuer à vivre, rouvrir les vannes un peu d'une vie normal.
Bien sûr, il y a une demande de protection et de et voilà et de presque de d'être guidé dans cette période. Euh donc les effectivement la la relation est complexe parce que euh on sait que les Français sont toujours en attente euh d'une solution qui vient euh du pouvoir central de l'État et donc Castex n'est pas euh ou tous ceux qui qui agissent comme lui euh ben ne sont pas là par hasard. C'est aussi tout un toute une culture politique qui remonte à loin.
Et donc effectivement, ils attendent des des consignes et en même temps, ils adorent se moquer des consignes, pointer l'arbitraire, l'absurdité. C'est aussi ancien que le rapport des Français à au pouvoir tutellaire et et donc on est bien dans ce dans ce système et c'est vrai qu'à la fin le risque politique pour le gouvernement c'est de perdre beaucoup de de sa de son autorité de sa crédibilité et voilà. Alors, il il y a un petit bémol à faire peut-être de si on se place du point de vue d'Emmanuel Macron, c'est que et en reprenant le parallèle avec Édouard Philippe, c'est que Édouard Philippe avait pris la lumière, avait avait trouvé le ton et donc Emmanuel Macron, lui par comparaison avait avait souffert.
Je dirais que peut-être que la communication un peu caricaturale, voire grottesque de Castex bah protège Macron parce qu'elle elle réévalue sa parole. Donc dans le système disons de la de l'exécutif, Castex est un est un paratonire. Voilà, puisque finalement apparemment Emmanuel Macron souffre moins en terme d'image.
Donc il y a aussi la stratégie politique peut-être derrière à à analyser. Moi je je crois que vous avez raison sur la la dépendance des Français à l'État et le le fait qu'ils sont contradictoires. Il y a une phrase à l'imperfit qui dit le couple en France le couple entre l'État et l'individu est un couple maudit.
Et c'est vrai, ça marche jamais mais ils sont toujours ensemble. Bon, mais je pense quand même qu'il y a deux Frances. Il y en a une qui est habituée à siffler l'État comme un domestique qui n'est pas contente quand l'État ne le materne ou le patterne pas pour reprendre la formule de Sylvain Tesson.
Mais il y a quand même une France plus libérale ou plus qui qui aimerait que l'État la laisse faire. Et il se trouve que cette France là, une partie de cette France là, c'est celle qui ne peut pas ouvrir et c'est celle qui Ouais. qui ont dit "On va vous aider avec des subventions." Et donc, ils sont ils se sentent deux fois euh de de de deux fois punis en fait et parce que eux n'ont pas le même rapport d'exigence euh à l'État, ils n'attendent pas tout de lui.
Il y a une phrase très frappante de Macron, c'était lundi, lundi ou mardi, lundi soir. Mardi, euh quand il dit "Nous avons montré en 9 mois que l'État pouvait être efficace ou plus efficace." Et je pense que pour beaucoup de gens tout ce qui a marché c'était malgré l'état et le grand malentendu il est là.
Et dans les enquêtes d'opinion, d'ailleurs, quand on voit ceux qui approuvent le confinement, ceux qui le désapprouvent, on trouve à peu près 55 % approuvent, 45 sont contre. Et je pense que ça correspond à ces deux psychologies de la de qui existent dans notre pays depuis très longtemps. Alors, c'est cette France des entrepreneurs, cette France qui se lève tôt, c'est d'autant plus paradoxal pour Emmanuel Macron de que c'était la sienne, que c'était la sienne.
Oui. Et oui. Êtes-vous favorable à la réouverture des restaurants et des bars avant le 20 janvier ?
C'était la question du jour, on vous l'a posé sur Twitter et vous êtes donc 72 % si je me trompe pas à vous à répondre que vous êtes favorable à cette réouverture avant le 20 janvier. Allez, on passe à la suite. Jean Castex maintient la jauge à 30 personnes dans les lieux de culte au moins jusqu'au 15 décembre.
On l'écoute. En effet, les lieux de culte ont été en France comme ailleurs, des lieux de contamination. et la circulation virale demeure encore forte dans notre pays.
Ces lieux accueilleront d'abord 30 personnes dans le respect des règles sanitaires. Puis cette jauge évoluera progressivement en fonction de la situation sanitaire et de l'échéance du 15 décembre. Comme d'autres établissements recevants du public, il pourra s'agir d'une jauge en fonction de la capacité globale d'accueil du lieu.
Les discussions se poursuivent avec les autorités religieuses. Trouvez-vous que le maintien de la limite de 30 personnes par Église est une humiliation ? C'est la question qu'on vous pose sur Twitter en ce moment.
Vous continuez à commenter ce sujet de l'émission ou à poser vos questions à vos invités à nos invités. Ils vont vous répondre avec plaisir dans cette deuxème partie. En tout cas, pour reprendre cette intervention de Jean Castex, la réaction de l'épiscopat ne s'est pas faite attendre.
Il dénonce le maintien de cette jauge et parle de graves erreurs. L'église attendait, c'est vrai, une rectification de cette mesure après l'appel du président de la République à l'issue de son discours du 24 novembre, le maintien de la jauge à 30 personnes et plutôt une surprise. Quel est votre sentiment Sylvain Courage ?
Vous comprenez que cette cette ce maintien de la jauge soit jugé irréaliste pour reprendre les termes de l'épiscopat est inapplicable par certains responsables de l'église. Bah oui, parce que c'est une comme si on ouvrait un tout petit peu la porte alors que les églises sont vastes et surtout les églises ne se considèrent pas comme des boutiques. Enfin le clerger ne considère pas que les lieux de culte soient des boutiques.
Pour eux le évidemment le le la messe c'est un sacrement et donc la réunion des fidèles c'est c'est au cœur de leur de leur pratique. Et donc c'est pour ça que à mon avis la réaction est d'autant plus vive que voilà, ils sont traités avec cette à la cette jauge administrative alors qu'il parle de sacré. Vous avez trouvé Vincent Trémolet, vous avez qualifié en tout cas sur Twitter cette jauge de 30 personnes de vexation publique.
Oui, parce que bah c'est ce que j'avais écrit dans dans l'édito après la déclaration de Macron et et ce qui est très curieux c'est que Emmanuel Macron après son sa déclaration euh que tel que le le relate le Figaro notamment avait appelé euh Monseigneur de Boulin Beaufort donc le patron des évêques de France pour lui dire écoutez il y a eu un malentendu il s'est trompé évidemment on va essayer d'adapter les choses avoir une chose plus réaliste et bien entendu entre une église de campagne ou à 30 on est peut-être trop une chapelle de campagne et et Sainsulpis Pisse ou à 30, on narrive même pas à se retrouver à savoir que tellement c'est grand. On peut peut-être trouver un juste équilibre et faire en fonction du lieu, ce qui apparaît comme un comme un du bon sens simplement comme du bon sens. Là où il y a quelque chose de vexatoire, il me semble, c'est d'abord dans la légèreté avec laquelle Monseigneur Castex, Monseigneur Jean Castex a a évacué Ouais. a évacuer la question euh comme si c'était un problème comme le disait Sylvain euh uniquement administratif alors qu'il y a un arrière-plan dans cette histoire.
Ça commence avec le discours de Nice. Il fait un discours très beau pour rendre hommage aux victimes euh euh de l'attentat de Nice dans lequel il dit "La liberté de d'exercer son culte publiquement est une liberté fondamentale. La République ne transige pas avec cette liberté.
Elle ne transisera pas." C'est un message qu'il envoie directement aux catholiques en disant "Elle ne transfira pas." Là-dessus, on est on est le jour du confinement.
Là-dessus, il interdit le culte public, se crée une petite tension. Les catholiques vont, les évêques vont devant le Conseil d'État. Le Conseil d'État dit "Ça va pas là, le protocole demandé par l'État, il faut que vous voyez vite parce que ça peut pas tenir." Bon, là-dessus, il y a la déclaration de Macron.
Macron dit "On va s'arranger, ça va s'améliorer." Et puis paf, revient une déclaration qui est à l'inverse de tout ce qu'avait entendu en privé euh les représentants de de de l'épiscopat. On a on a même parlé d'une erreur possible que au lieu de dire 30 personnes, il aurait dû dire 30 % et finalement ce n'est pas une erreur et là il ajoute en plus un élément qui n'a pas été invoqué devant le Conseil d'État et qui c'est la première fois qu'on l'entend qui est ce sont des foyers de contamination.
Alors à quoi fait-il référence ? Je fais référence à la réunion évangélique même pas eu de réunion catholique du mois de février à Mulouse. Réunion dont on a vu des images où les gens ne portaient pas de masque où c'est c'était une réunion avec beaucoup de de sensibilité donc les gens se tenaient par le bras.
Enfin bon, il y avait un certain nombre de gestes qui ne sont pas du tout des gestes appliqués dans les églises. Et je crois que depuis le mois de mai et la reprise des cultes, il n'y a jamais eu un foyer de contamination établi dans ces lieux-là. Donc il a ajouté au fait de ne pas à la fin de non recevoir une phrase un peu à l'emporte-pièce qui a été considéré par beaucoup comme une espèce de de vexation supplémentaire.
Donc là ça crée une tension qui à mon avis est parfaitement inutile. Je crois que enfin je puis dire que cette jauge de 30 n'est pas tenable et que donc les gens vont se rendre dimanche dans leurs églises. On va faire comment la police qui va compter s'interroger.
Effectivement, c'est le premier arrivé le premier servi le c'était c'est les vchets des Yvelines qui s'interrogeaient un peu par en faisant la démonstration par l'absurde. Va-t-on devoir faire plusieurs offices pour accueillir le public et cetera ? Il est vrai que dans les magasins, on applique une un ratio euh de nombre de de visiteurs par mètre carré.
On pourrait euh estimer que les églises répondent au même et et je crois qu'on parce qu'on va peut-être élargir le truc parce que le je crois que les les Français catholiques pratiquants ou observant comme on dit, c'est 2 % de la population. Donc c'est pas non plus un truc qui qui captive le 98 % du reste du pays. Ça les intéresse peut-être mais c'est pas pour eux, il y a pas de de sujet au fait.
Mais je pense quand même qu'il faut regarder ça aussi dans le cadre d'un certain nombre de libertés suspendues du fait des nécessités sanitaires, mais qui se multiplient quand même et qui devrait au moins euh je ne sais pas si c'est préoccupé mais intéresser tout démocrate qui devrait regarder ça en se disant on va rester vigilant là-dessus parce que la liberté d'exercer son comme la liberté d'expression comme la liberté de prendre des photos dans une manifestation comme la liberté de circuler font partie des libertés fondament Mais je disais tout à l'heure, il a été question d'une erreur qu'aurait commise le président qu'il aurait pu corriger. En fait, a priori ce n'est pas une erreur puisque le chiffre de 30 est donc confirmé. Comment il faut interpréter ce maintien de de cette jauge de 30 personnes ?
Est-ce que la motivation de cette décision, elle est plus politique que sanitaire ? Je sais enfin elle est absurde dans le sens où ça texte il peut y avoir une sensibilité politique. Il y a il peut-être une sensibilité politique.
Je pense que politiquement c'est quand même un peu idiot parce que ça c'est pas quelqu'un qui est qui qui est connu pour ce son sa pratique religieuse. Non mais tactiquement Emmanuel Macron veut mordre à droite. Oui par contre il est intéressé. le le l'électorat catholique élargi, ça n'est pas décisif mais ça n'est pas rien surtout quand on veut être élu à droite.
Donc je vois pas l'intérêt de ce matin, il y avait sur radio classique, il y avait l'évêque de de Nanter qui est quelqu'un de très pondéré, mon seigneur rouger qui disait "Quand je quand je vois ses revirements, j'ai l'impression de revivre l'école libre. Je vois pas l'intérêt pour Emmanuel Macron d'entendre ça. Enfin politique, je ne le vois pas.
Après euh peut-être il y a quelque chose de parce que ça ça ressemble aux stations de ski, ça ressemble à beaucoup de choses, une espèce de de comment dire d'étroitesse administrative qui fait qu'on se bute sur quelque chose. On a dit c'est ça que j'ai décidé et peut-être on croyait qu'il y avait du Jean-Pierre Rafarin chez Jean Cassex, peut-être qu'il y a du Alain Jupé. Ça c'est une autre possibilité.
Le président aurait pu corriger le titre. Pourquoi pourquoi il a pas donné satisfaction là ? son premier ministre est en première ligne et a confirmé les chiffres.
Donc c'est toujours délicat pour le président de de le déjuger. Mais je suis d'accord que pour Macron, il y a un enjeu politique en dehors de sa sensibilité personnelle, même puisqueon sait qu'il il est quand même attentif euh à la question de la de la religion catholique. Donc je pense qu'il va tenter une médiation forcément mais il est obligé d'attendre un peu parce que la la communication là a été très nette sur ce point.
Il y a beaucoup de choses qu'on n pas comprises mais cette chose-là a été affirmée fortement. Donc c'est toujours plus difficile de faire demi-tour ou de de de sortir par le haut de Mais c'est peut-être aussi un premier élément qui va nous rappeler ce qu'on a vécu entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe à la fin du premier confinement où un certain nombre de tensions sont apparues entre Emmanuel Macron qui avait une volonté d'ouvrir plus vite et Édouard Philippe qui disait non restons prudent et dans le remplacement d'Eddouard Philippe par Jean Castec il y avait l'idée il est trop raide on va prendre quelqu'un de plus Jean Castec c'est monsieur des confinements Voilà. Et voilà et c'est celui qui va ouvrir grand les portes.
Bon là et on on a un peu l'impression de revivre le début d'une histoire que l'on a déjà connu. Alors je vous fais part tout de suite des des réactions des internautes sur ce sujet. Sur le figaro.fr l'internaute Moutu ou Mutu ne comprend pas le couvre-feu du 25 décembre.
Effectivement je crois pas qu'il y a de couvrefeu le 25 décembre. Couvre-feu il ne se fera pas le 25 décembre mais il ne se fera pas le 31 décembre. Donc on peut passer la nuit jusqu'au petit matin avec avec sa famille ou ses amis.
Chris Cross nous dit sur figaro.fr catholiques ferons une grande messe le 25 décembre. Han sur le figaro.fr propose de fermer les frontières mais d'ouvrir les messes.
Contrôle de réflexion. Nicole 06 sur le figaro.fr demande si les limitations seraient seront également en place dans les mosquées.
Est-ce que les mosquées aussi devront limiter le nombre de fidèles à 30 ? à propos de de la mesure sanitaire qui est invoqué pour pour limiter ce nombre à 30, est-ce que est-ce que on peut imaginer que dans la tête de d'Emmanuel Macron ou de Jean Castec, il s'imagine que les catholiques ne sont pas assez responsables pour pour appliquer les règles sanitaires ? Qu'est-ce qu'il y a derrière tout ça ?
Moi, je pense qu'il y a une très grande inculture sur les cultes. Je pense quand même que la clé, c'est ça. C'est-à-dire que le culte catholique n'est pas la même chose que le culte protestant, qui n'est pas la même chose que le culte musulman, qui pas la même chose que le culte juif.
Et en dans la religion catholique, la réunion communautaire n'est pas simplement une réunion communautaire, elle se fait autour d'un sacrement. Et donc les gens doivent être là et et ils ne peuvent pas il faut une a on ils disent qu'il y a une présence réelle de Dieu et leur présence doit doit être aussi réelle et pas virtuelle. Donc la vision marche pas très bien.
Bon et à partir de là je crois que ça ça a pas été pris en compte. Donc juste pour pour pour les gens qui veulent bien comprendre non mais qui suivent mais qui veulent être bien au fait. Euh quand vous dites la la présence viso ne suffit plus, ça veut dire que les messes diffusées en radio ou sur la télévision ne suffisent pas aux fidèles.
Ils ont besoin d'être En tout cas, elles ne sont pas de même. Ouais. Non, elles sont pas de mêmes.
C'est pas la même chose. Ouais. Il y a pas de communion.
Et ensuite euh euh vous m'avez fait perdre le Non, non, mais parce que c'était quoi votre question ? C'était c'était est-ce que les les catholiques sont remis en question sur leur capacité à faire preuve de responsabilité dans l'application des mesures sanitaires ? On met en doute finalement, ils ont ils ont proposé des des des protocoles prescrits.
On leur leur a demandé d'ailleurs là, il me semble que c'est une méconnaissance du sujet et une le fait que les catholiques du fait de ce qu'ils sont comme je disais dans le pourcentage de la population doivent être considérés par beaucoup comme insignifiant politiquement et socialement. Sont à peu près au rang des libraires quoi. Donc bon, on les aime bien mais c'est c'est fort ce que vous dites.
C'est pas un peu excessif ? Je sais pas. Enfin, c'est une supposition et à partir de là, c'est pas le sujet central.
Hm. Et donc le sujet est traité euh Jean Cassex dans sa déclaration dit par exemple euh "Nous allons à partir du 28 novembre, les lieux cules pourront réouvrir mais ils sont déjà ouverts." Donc ça montre à quel point euh je peut-être il s'est moins concentré sur ce sujet que sur le télétravail que sur le le le les commerçants que sur les restaurants et donc c'est abordé avec légèreté et c'est pour ça que ceux qui subissent l'interdiction ont l'impression euh d'une vexation.
Certains disent d'une humiliation parce que ce qui est pour eux central et essentiel apparaît comme complètement secondaire voire inintéressant pour ceux qui décident. Sylvain Courage, vous pensez que que les catholiques en France sont pris un peu par-dessus la jambe et et ne comptent pas vraiment aux yeux du gouvernement ? Bah ils ont perdu de l'influence politique, c'est certain.
Ça c'est c'est historique. Ça date de près de Macron. Oui.
Non. Et et je pense que après tout dépend vraiment de la de la sensibilité des dirigeants euh et et presque de leur conviction personnelle. Dans le cas de Jean Castex, je répète que il n'y a pas de conviction personnelle sur ce sujet et que ça explique peut-être le traitement un peu léger ou l'ignorance ou voilà le mépris éventuellement qu'il a pu avoir pour ce sujet.
Et et donc probablement Emmanuel Macron qui lui a des a des convictions personnelles sur le sujet et a un intérêt politique majeur effectivement à essayer de contenter un certain électorat de droite, mais il y a urgence à à corriger le tir je pense et on verra ça dans les jours qui viennent. C'est c'est une intrigue très intéressante d'ailleurs pour à la fois comprendre la stratégie de Macron et et peut-être les cararts qui se creusent avec Jean-C. Et puis ça nous rappelle c'est très intéressant la sociologie du du catholicisme parce que comme je le disais, c'est devenu extrêmement minoritaire pour ceux qui sont observants.
Mais ça reste quand même une population qui a des relais, qui qui a qui fait partie d'un certain nombre de secteurs de de métiers et cetera. Donc qui peut se faire entendre et puis qu'il y a un héritage. Euh c'est Pierre Manant qui dit "Dans la l'histoire de France, il y a une longue phrase chrétienne euh tout le monde n'y croit pas mais beaucoup ne veut pas que cette phrase disparaisse." Et donc ce sont des gens qui ne sont pas observants, qui ne vont pas à la messe mais qui quand il peut y avoir des épisodes comme ça ont une sympathie ou se disent "Mais pourquoi on les empêche ?
Pourquoi on les vexe inutilement ?" Donc là, on voit revivre cette sociologie un peu un peu insais que Fourquet a analysé qui qui est très intéressante. Et l'internaute Lia Obel sur le Figaro.fr ne vous démentira pas puisqu'il dit les croyances de telle ou telle religion n'ont pas à interférer avec la gestion sanitaire et inversement.
Euh est-ce que ce sera ma dernière question, est-ce que selon vous il faut une jauge proportionnée à la taille des édition ? Bah ça me paraître la mesure qui serait à la fois rationnelle du point de vue de le de la politique sanitaire. comme le comme le soulligne votre auditeur et qui permettrait effectivement d'adapter euh euh le le le la taille de de des enfin des fidèles le nombre de fidèles à la la taille de l'établissement et on sortirait de l'absurde.
Oui, il me semble et je pense qu'on va y arriver et je pense avant dimanche parce que enfin j'en sais rien mais poli serait plutôt vers le 15 décembre que les choses pour politiquement la prudence exigerait euh de ne pas se retrouver dans des situations qui seront ridicules avec des gens devant une église qui peuvent pas y rentrer. Peut-être la police qui viendrait vérifier combien il y a de personnes et les compté. Euh je pense qu'il y a quand même d'autres problèmes aujourd'hui et pour le le pouvoir en place et pour la police et pour beaucoup de choses que de d'aller faire la surveillance des messes le dimanche matin quoi.
Trouvez-vous que le maintien de la limite de 30 personnes par église est une humiliation ? C'est la question qu'on vous posait sur Twitter. Vous êtes 53,4 % à estimer que non, ce n'est pas une humiliation.
Notre émission touche à sa fin. Merci à tous de nous avoir suivi, merci d'avoir commenté ou posé vos questions et merci à nos inviter pour leur point de vue. À très vite sur Figaro Live. [Musique]