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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 13 octobre 2022 21 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Face-à-Face : Philippe Martinez - 13/10

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:28OuverteÉludée

    Quand est-ce qu'on va pouvoir faire le plein sans avoir à attendre 3, 4, 5 heures ?

  • 0:51RelanceRéponse partielle

    Il n'y a pas de date, il n'y a pas de perspective, il n'y a pas d'horizon à donner ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron dit qu'un retour à la normale pourrait se faire dans le courant de la semaine qui vient. Qu'en pensez-vous ?

  • 1:54OuverteRéponse directe

    Ces réquisitions remettent-elles le feu aux poudres ?

  • 2:29RelanceÉludée

    Que les Français ne puissent pas aller travailler, que les soignants ne puissent pas aller soigner ?

  • 4:21OuverteRéponse partielle

    Imaginons que Total propose une augmentation de 6% pour 2023. Est-ce que ça vous suffit ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32InvitéFait
    « Dès que la direction, notamment de Total, acceptera des négociations. »
  • 1:11InvitéFait
    « Je ne sais pas pourquoi il dit ça. »
  • 1:41InvitéFait
    « Le fait qu'en même temps, le gouvernement ait fait des réquisitions de salariés chez Exxon n'a pas contribué à apaiser le climat social. »
  • 2:16InvitéFait
    « j'ai dit à Mme Borne hier et à son cabinet, quand ils m'ont annoncé qu'ils allaient réquisitionner, j'ai dit, vous faites une connerie, texto. »
  • 3:23InvitéFait
    « depuis le début de ce conflit, donc le 27 chez Total, 27 septembre »
  • 4:07InvitéFait
    « Premièrement, ce n'est pas un mois, c'est aux salariés. »
  • 4:37InvitéFait
    « Je ne connais pas ces informations. »
  • 5:10InvitéFait
    « aujourd'hui, la revendication qui est sur la table, c'est 10%. »
  • 5:54InvitéFait
    « Premièrement, il n'y a pas que la CGT qui est dans le conflit, vous le savez. »
  • 6:09InvitéFait
    « On a dit qu'il n'y aurait jamais de problème d'approvisionnement. »
  • 6:28InvitéFait
    « Dire que, chez Total, un ouvrier gagne 5000 euros, c'est un mensonge. »
  • 7:08InvitéChiffre
    « Pour les opérateurs, il est autour de 2600 euros net. »
  • 9:25InvitéFait
    « Cette entreprise a aujourd'hui des bénéfices qui sont importants. »
  • 10:15InvitéChiffre
    « Le PDG Total, lui, s'est augmenté de 52%. »
  • 11:51InvitéFait
    « Elle dit, c'est une atteinte au droit de grève. »
  • 13:25PrésentateurChiffre
    « 42% des Français approuvent votre mobilisation, pas majoritaire. »
  • 15:20InvitéFait
    « nous allons proposer que dès la semaine prochaine, il y ait un nouvel appel à grève et manifestation dans toutes les entreprises, publiques comme privées. »
  • 16:57InvitéFait
    « Si elles sont à l'arrêt pour maintenance aujourd'hui, c'est par manque de moyens, par manque de personnel, par manque de formation. »
  • 19:03InvitéFait
    « C'est possible. »

Temps de parole

  • Invité62 %
  • Présentateur32 %
  • Présentateur 22 %

9,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face, à Pauline de Malherbe. 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Philippe Martinez. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes bien sûr le secrétaire général de la CGT avec ses grèves qui sont donc reconduites dans les raffineries totales. Esso, ExxonMobil, on va évidemment parler également de la suite du mouvement avec une question que tous les Français se posent. Quand est-ce qu'on va pouvoir faire le plein, le plein sans avoir à attendre 3, 4, 5 heures ?

0:32
Invité

Dès que la direction, notamment de Total, acceptera des négociations. Ça fait maintenant plus de 15 jours que la demande d'ouverture de négociation est faite, que la grève a été déclenchée. Et il n'y a pas de réponse ou des réponses sous condition de la direction de Total. Donc pour vous, il n'y a pas de date, il n'y a pas de perspective, il n'y a pas d'horizon à donner ? Ça peut se faire dès ce matin, si les négociations s'ouvrent. Voilà ce que je peux vous dire.

1:00
Présentateur

Emmanuel Macron, lui, hier, il s'avance sur une date puisqu'il dit qu'un retour à la normale pourrait se faire dans le courant de la semaine qui vient.

1:08
Invité

Je ne sais pas pourquoi il dit ça. Moi, je vous dis que ça peut se faire plus tôt si, premièrement, la direction de Total accepte d'ouvrir des négociations, ce que nous demandons depuis maintenant plus de 10 jours. et si le gouvernement, je ne sais pas si c'est le président de la République, le gouvernement appuie plus fort pour faire en sorte que ces négociations s'ouvrent. Par contre, le fait qu'en même temps, le gouvernement ait fait des réquisitions de salariés chez Exxon n'a pas contribué à apaiser le climat social.

On ne peut pas, d'un côté, dire qu'on ne sait pas, nous, de négocier et, en même temps, faire en sorte que la négociation ne puisse pas aboutir avec ces réquisitions de salariés.

1:54
Présentateur

Vous êtes en train de dire que, pour vous, ces réquisitions qui sont donc entrées en pratique aujourd'hui, pour vous, qui ont été activées hier avec la réquisition de 4 salariés, est-ce que, pour vous, c'est ce qui remet, en quelque sorte, le flot au poudre ?

2:07
Invité

Bien sûr, bien sûr. Et j'ai dit à Mme Borne hier et à son cabinet, quand ils m'ont annoncé qu'ils allaient réquisitionner, j'ai dit, vous faites une connerie, texto. Parce que la situation aurait pu se détendre dès hier soir, mais le fait d'annoncer des réquisitions a beaucoup...

2:29
Présentateur

Mais vous auriez préféré quoi, Philippe Martinez ? Que les Français ne puissent pas aller travailler, que les soignants ne puissent pas aller soigner ?

2:34
Invité

Les Français, on en fait partie, on sait ce qui se passe aux pompes, mais il ne faut pas inverser les rôles et inverser les responsabilités. Je vous dis qu'on aurait pu avoir, rapidement, avec une négociation, des choses qui évoluent dans le bon sens. Le fait de réquisitionner, eh bien, ça a jeté le feu, ça a mis le feu au poudre.

2:57
Présentateur

On va revenir précisément, justement, sur les lieux qui sont encore en grève et même ceux qui rejoignent le mouvement. Mais vous disiez, tout cela dépendra aussi des négociations proposées par Total. On l'apprend à l'instant. Total Energy annonce l'attribution d'un bonus exceptionnel. représentant un mois de salaire pour l'ensemble de ces salariés dans le monde.

3:17
Invité

Écoutez, depuis le début de ce conflit, donc le 27 chez Total, 27 septembre, mais ce n'est pas que chez Total. Vous le savez, partout en France, les salariés demandent des augmentations générales de salaire. Ce qu'il y a tous les mois sur la feuille de paye, j'ai eu l'occasion de vous en parler il y a peu de temps sur ce même plateau. C'est ça qui est posé comme question. Et une négociation, ce n'est pas une annonce du PDG ou du directeur des relations humaines à la télé ou à la radio.

3:48
Présentateur

Là, c'est un communiqué, en l'occurrence, Total Energy, qui annonce par communiqué un bonus exceptionnel.

3:52
Invité

Une négociation, on se met autour de la table parce qu'il y a un problème, on discute et on trouve une solution. Ça, ça s'appelle de la communication.

4:00
Présentateur

Ce n'est pas que de la communication, il y aura du saut dans les trébuches en un mois de salaire à l'ensemble de ces salariés dans le monde. Ça ne vous suffit pas ?

4:07
Invité

Premièrement, ce n'est pas un mois, c'est aux salariés. Et je vous répète, le conflit porte sur des augmentations générales de salaire.

4:16
Présentateur

Alors imaginons, et selon les informations de BFM TV, ça pourrait être dans les tuyaux. Imaginons qu'en Total, propose une augmentation de 6% pour 2023. Est-ce que ça, vous considérez que les comptes y sont ?

4:31
Invité

On ne va pas en discuter tous les deux.

4:34
Présentateur

Si on a les informations, tant qu'à faire, autant que vous nous disiez votre réaction.

4:37
Invité

Je ne connais pas ces informations. Je vous dis qu'une négociation dans toutes les entreprises en France, ça se passe avec la direction et les syndicats autour d'une table. Et c'est là qu'on négocie, ce n'est pas à travers des communiqués. Non mais vous ne pouvez pas dire... Attendez, ils ont prévu que... etc. etc. Vous le savez très bien, ça se passe partout comme ça. Je vous demande simplement si, pour vous, une augmentation de 6% pour 2023,

5:01
Présentateur

pour tous les salariés de Total, vous paraîtrait une augmentation satisfaisante.

5:06
Invité

Aujourd'hui, la revendication qui est sur la table, c'est 10%.

5:10
Présentateur

Vous m'avez parlé de négociation. Les négociations, vous savez bien comment c'est. On négocie quand même le bout de gras.

5:14
Invité

Vous me posez une question, je vous dis, aujourd'hui, la revendication, c'est 10%. Négociation. Négocions. Négocions. Il y a un problème. Quand il y a un problème, au lieu d'envoyer les gendarmes à domicile des salariés pour leur dire, vous allez au boulot, on se met autour d'une table et on discute. Ça, ça pourrait apaiser la situation. Mais ce n'est pas par la force qu'on apaise la situation.

5:39
Présentateur

Avec Emmanuel Macron qui vous a visé directement hier, enfin vous, la CGT, il vous tient responsable du blocage du pays. Il l'a dit, que la CGT permette au pays de fonctionner.

5:49
Invité

Oui, oui, j'ai entendu une attaque directe. Premièrement, plusieurs choses. Premièrement, il n'y a pas que la CGT qui est dans le conflit, vous le savez. D'autres syndicats, notamment Force Ouvrière, est dans le conflit. La deuxième chose, c'est qu'il faut reprendre la communication du gouvernement depuis le début. On a dit qu'il n'y aurait jamais de problème d'approvisionnement. Vous l'avez entendu comme moi. Plusieurs ministres ont dit, ils peuvent faire grève, il n'y aura pas de problème. Ensuite, on a accusé de façon mensongère les salariés de toucher 5000 euros par mois. C'est encore une provocation. Je vous ai ramené les grilles de salaire de la branche chimie.

Il y a trois coefficients de la grille qui démarrent en dessous du SMIC. Vous voyez ? Et les six premiers qui démarrent. Mais Total, pour le coup, vous mélangez un peu les... Non, je ne mélange pas.

6:49
Présentateur

Total dit moyenne de la rémunération. Il ne parle pas de la première grille de salaire.

6:53
Invité

Je vous répète qu'on parle de salaire. Total fait l'amalgame entre le salaire, les primes, les diverses primes. Et les salariés disent... Quel est le salaire moyen d'un salarié qui travaille à la raffinerie ? Pour les opérateurs, il est autour de 2600 euros net.

7:13
Présentateur

2600 euros net, ça veut dire quoi ? 3300 à peu près brut, presque 4000 brut ?

7:18
Invité

2600 euros net.

7:20
Présentateur

Oui, enfin, si vous parlez net, qu'eux, ils parlent brut, qu'eux, ils parlent moyenne. Non, non, non.

7:24
Invité

Si on fait...

7:26
Présentateur

Un moment, il faut prendre les mêmes critères.

7:28
Invité

Il faut prendre les critères qui sont ceux qui sont la référence pour tout le monde. Vous le savez, il y a des grilles de salaire dans les branches. Je vous dis que dans la branche pétrochimie, les deux, trois premiers coefficients démarrent en dessous du SMIC. Ça, c'est la réalité, qu'il y a six coefficients en dessous de 2000 euros. Donc, dire... Et ça, ça a été relayé par le gouvernement. Dire que, chez Total, un ouvrier gagne 5000 euros, c'est un mensonge. Et c'est encore pour diviser les Français entre eux. Donc, tout ce qui a été dit et fait par le gouvernement n'a pas non plus arrangé la situation.

Aujourd'hui, et le président Macron, c'est ce qu'il a dit hier, après nous avoir dit qu'il n'y aurait pas de problème, que la grève était marginale, aujourd'hui, dit la CGT, etc. Pourquoi on n'a pas discuté avant ? Pourquoi on n'a pas fait de négociations avant ? Pourquoi on n'a pas... Non, mais là, on va parler du futur, Philippe Martez. On peut parler de ce qui s'est passé, mais on va parler du futur. Et en l'occurrence, aujourd'hui même et hier... Vous faites référence à ce qu'a dit le président de la République hier. Moi, je fais référence à tout ce qu'il a fait avant pour aujourd'hui montrer du doigt. Pas la CGT, parce que c'est les salariés qui font grève.

Ou qu'il n'a pas fait, si je vous comprends bien, si je vous suis bien. Ou qu'il n'a pas fait, voire les mensonges qui ont pu être dits sur « ne vous inquiétez pas, il n'y aura pas de problème ». Ils l'ont dit et plusieurs...

8:51
Présentateur

Ils ont minimisé, ils n'ont pas pu venir.

8:52
Invité

Mais évidemment, ils ont sous-estimé la colère du monde du travail, mais pas que chez Total.

8:58
Présentateur

Mais justement, on va y venir à l'élargissement, mais je voudrais quand même revenir aussi sur les mots de Bruno Le Maire ce matin et d'Agnès Pannier-Runacher sur mon antenne sur RMC, qui demande à ce que Total augmente les salaires. Écoutez.

9:10
Invité

Évident que Total a la capacité de verser des salaires et de faire des augmentations de salaires. Ils ont commencé à le faire. Je pense que ça ne leur pose absolument aucune difficulté. Donc Total doit montrer l'exemple, c'est ce que vous dites ? Évidemment que Total doit augmenter ses salaires. Elle a commencé à le faire. Cette entreprise a aujourd'hui des bénéfices qui sont importants. Total a versé des dividendes. Il faut que le partage de la valeur en France soit équitable.

9:32
Présentateur

Et donc, cette information BFMTV selon laquelle Total décide d'augmenter de 6% en 2023 ?

9:41
Invité

Cette petite musique-là, je l'entends depuis très longtemps, depuis le début de l'année. Oui, ce n'est pas bien, il devrait augmenter les salaires. Pour l'instant, il n'y a pas d'augmentation de salaire, ou en tout cas pas à la hauteur de l'inflation. Et c'est partout dans toutes les entreprises.

9:54
Présentateur

Donc le gouvernement aurait dû contraindre Total à augmenter les salaires ?

9:57
Invité

Il y a des moyens de contraindre une entreprise. Le fait de dire que c'est une entreprise privée, on n'a pas à se mêler de ça. Quand ils donnent des aides aux entreprises, ils agissent bien sur la politique d'une entreprise privée. Et vous savez que les aides publiques, c'est-à-dire nos impôts, il y en a beaucoup qui vont dans les entreprises, et notamment Total. Le PDG Total, lui, s'est augmenté de 52%. On peut dire aux autres, vous êtes bien payé, lui, 52%. Et puis, ce n'est pas 5 000 euros son salaire mensuel. D'accord ?

10:28
Présentateur

Philippe Martinez, vous avez dit que ça avait mis le feu aux poudres de lancer ces réquisitions. Est-ce que vous avez déposé un référé ?

10:35
Invité

Oui, oui, il est déposé. Il est déposé ? Il est déposé.

10:38
Présentateur

Sur quelle base est-ce que vous allez attaquer ces réquisitions ? Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique, elle disait ce matin que ces dépôts qui allaient être ouverts, y compris celui des Flandres qui pourraient être ouverts dans la journée, allaient déverser de l'essence dans toutes les pompes, et pas uniquement pour le service minimum. Et elle se base là-dessus sur l'idée que l'intérêt général de la nation soit mis en cause par vos blocages.

11:03
Invité

En 2010, vous le savez, la France a été condamnée par l'Organisation internationale du travail, l'OIT. L'OIT, ce n'est pas n'importe quoi, c'est directement...

11:11
Présentateur

Ce n'est pas condamné, c'était une recommandation de l'OIT.

11:14
Invité

Évidemment, il n'y a pas de justice internationale en matière sociale. Mais nous, nous considérons que les recommandations de l'OIT, c'est comme une décision de justice...

11:22
Présentateur

Moi, je m'en tiens au mot, c'est une recommandation.

11:25
Invité

Donc je vous explique, il n'y a pas de justice internationale en matière sociale. Ce n'est pas comme en cas de conflit, sur les conflits, et on en parle beaucoup de justice internationale en ce moment, à propos de l'Ukraine et de la Russie. Donc l'OIT ne peut faire que des recommandations, qui sont l'équivalente d'une décision de justice. Elles ne sont pas contraignantes, c'est un problème d'ailleurs. Qu'a dit l'OIT en 2010, quand M. Sarkozy a réquisitionné des grévistes ? Elle dit, c'est une atteinte au droit de grève.

On peut réquisitionner des salariés, et les agents hospitaliers le savent bien, parce que quand il y a grève en France, les agents hospitaliers sont réquisitionnés pour des services d'urgence. Voilà la situation. Et donc c'est sur cette base-là que nous avons déposé un référé dans la suite de ce qui s'était fait en 2010.

12:18
Présentateur

Philippe Martinet, vous avez vu les tensions, les violences dans les stations. Je voudrais que vous regardiez par exemple cet extrait diffusé sur BFM TV ce matin. Monsieur, il vient de la rue là. Nous, ça fait une heure et demie qu'on attend là-bas. Et monsieur, il arrive comme une fleur, quatre voitures devant. On le fait tous, ça. Quelqu'un me dit d'aller là-bas. Je vais là-bas. Vous le dites. On vous le dit. Quelqu'un vous le dit, on vous le dit, d'accord ? Il y a la police ? C'est un jeune branleur. Ouais, jeune branleur. Il y a un jeune branleur. Dégage. On est dans la queue depuis une heure et demie, deux heures. Et monsieur nous coupe. Tension et parfois même violence.

Qu'est-ce que vous dites à ces Français exaspérés ?

12:55
Invité

Je comprends leur exaspération. Je comprends leur exaspération, oui. Quand on ne peut pas aller au boulot, mais on a ce même genre de débat et on l'a eu. Quand il y a des grèves dans les transports, etc. Ce qu'il faut, c'est... Mais je n'entends pas de violence vis-à-vis de ceux qui réclament des augmentations de salaire. Oui, il y a un problème d'approvisionnement d'essence. Mais les citoyens ne se retournent pas contre les grévistes. Ils ont même plutôt tendance à pointer la responsabilité...

13:24
Présentateur

Ils sont partagés. Ils sont partagés. Pour l'instant, et c'est d'ailleurs un sondage Elab, 42% des Français approuvent votre mobilisation, pas majoritaire.

13:32
Invité

Ils ont même tendance à pointer la responsabilité du gouvernement sur ces questions-là parce que beaucoup de Français sont concernés par les problèmes de fin de mois. Vous le savez très bien.

13:41
Présentateur

Et qu'est-ce que vous dites justement aux autres salariés qui vous écoutent et qui, pour certains, sont en train de se demander s'il y a le début d'une sorte de mobilisation générale ? Est-ce que vous appelez à une généralisation du mouvement ?

13:54
Invité

Premièrement, il y a beaucoup... On parle beaucoup de Total et Exxon, mais il y a beaucoup de grèves dans ce pays sur les salaires. Je ne vais pas toutes vous les citer. Ça prendrait trop de temps.

14:02
Présentateur

On va revenir sur celle d'EDF en particulier, qui a évidemment potentiellement des conséquences très importantes.

14:06
Invité

Je vais vous parler de safran, de Dassault, de Stellantis, dans l'agroalimentaire. Je ne vais pas toutes vous les citer. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que oui, il faut que sur la question des salaires, puisqu'il n'y a pas de réponse, ni des employeurs, parce que le MEDEF a une responsabilité, ni du gouvernement, à travers sa loi sur le pouvoir d'achat, qui devait tout régler. Et oui, nous appelons à amplifier ces mouvements de grève qui n'existaient jamais, mais nous appelons à les amplifier.

14:29
Présentateur

Est-ce que vous appelez à une grève générale ?

14:32
Invité

Je vous ai déjà répondu.

14:33
Présentateur

Vous avez toujours du mal avec ce mot.

14:35
Invité

Mais parce que ça veut dire quoi ?

14:36
Présentateur

Certains leaders syndicaux disent, on appelle à une généralisation de la grève.

14:41
Invité

C'est ce que je dis à chaque fois.

14:43
Présentateur

Pourquoi vous ne dites pas le mot grève générale ?

14:45
Invité

Ce que je préfère, je ne sais pas. J'ai le droit d'utiliser le mot que je le veux.

14:49
Présentateur

Il vous fait peur, le mot de grève générale ?

14:51
Invité

Ça veut dire quoi, grève générale ? Ça veut dire quoi ? Il faut que dans toutes les entreprises, on discute d'action et généraliser les grèves. Généraliser les grèves, ça veut dire qu'il faut y avoir des grèves partout. Grève générale, c'est un mot qui a été rarement utilisé.

15:07
Présentateur

Est-ce que vous voulez des grèves partout, au même moment ? Est-ce que vous appelez la semaine prochaine à une journée de grève

15:15
Invité

dans tout le pays et dans tous les secteurs ? Nous allons prendre la décision aujourd'hui d'un appel dans la suite de ce que nous avons fait le 29 septembre. Et je l'avais évoqué à l'époque, il fallait des suites au 29, qui a été un succès. Oui, nous allons proposer que dès la semaine prochaine, il y ait un nouvel appel à grève et manifestation dans toutes les entreprises, publiques comme privées.

15:38
Présentateur

La semaine prochaine, vous l'appelez comme vous voulez, mais enfin moi je comprends grève générale, vous appelez à une journée de grève dans tout le pays et dans tous les secteurs.

15:46
Invité

Nous allons prendre la décision aujourd'hui, chez nous c'est démocratique, on décide collectivement.

15:50
Présentateur

Ça pourrait être mardi ?

15:51
Invité

On décidera collectivement.

15:53
Présentateur

La journée de mardi est sur la table ?

15:54
Invité

La journée de mardi, par exemple, est sur la table. Il y avait déjà, par exemple, et je les salue, tous les syndicats des lycées professionnels dans l'éducation qui appellent déjà mardi à une grève. Raison de plus pour choisir cette journée, si je comprends bien. Je finis juste, ça ne s'est pas vu depuis 40 ans que tous les syndicats des lycées professionnels appellent à la grève en même temps.

16:15
Présentateur

Philippe Martinez, EDF, les centrales nucléaires, un appel à la grève dans la plus grande centrale nucléaire de France, la centrale de Gravelines, sachant qu'il y a déjà, depuis hier, huit réacteurs dans les centrales qui sont à l'arrêt en maintenance, c'est-à-dire que ce sont des réacteurs qui déjà étaient à l'arrêt, mais ces grèves qui ont lieu en ce moment même chez EDF pourraient ralentir encore le calendrier de retour à la normale, de retour en activité de ces fameux réacteurs. Là, franchement, vous n'avez pas l'impression que vous allez tout paralyser dans un moment où on est déjà tous en train de s'inquiéter de l'électricité cet hiver.

16:48
Invité

Premièrement, ça fait des mois qu'il y a des grèves à EDF, ça fait des mois, ça fait des mois que les salariés et les agents d'EDF alertent sur la situation des centrales nucléaires. Si elles sont à l'arrêt pour maintenance aujourd'hui, c'est par manque de moyens, par manque de personnel, par manque de formation.

17:03
Présentateur

Ce n'est pas en faisant la grève qu'ils vont repartir en action.

17:05
Invité

Ça, c'est eux qui décident, ce n'est pas vous. C'est eux qui décident, ce n'est pas vous. Quand il y a un problème dans une entreprise, on discute, il y a des revendications. La grève, elle ne démarre pas tout de suite. Il y a des discussions préalables. On alerte. Attention, il va y avoir des problèmes. Quand il n'y a pas d'écoute, et vous ne pouvez pas dire que sur EDF, il n'y a pas eu d'alerte, je vous rappelle le projet Hercule, les mobilisations, ce n'est pas nouveau.

17:30
Présentateur

Est-ce que ces grèves chez EDF vont se prolonger et vont même s'élargir à d'autres centrales ?

17:34
Invité

En tout cas, comme dans toutes les entreprises, il y a des discussions sur l'amplification du mouvement chez EDF, comme dans toutes les entreprises. Donc les raffineries, l'électricité, l'automobile, les transports, les cheminots, les syndicats Sudrail. L'agroalimentaire, la fonction publique. Vous voulez que je vous les cite tous ?

17:53
Présentateur

Je vois que là, ça va être vraiment absolument tout l'éventail. Mais il y a des choses très précises, comme par exemple le syndicat Sudrail, qui appelle à la grève lundi sur un site stratégique de la SNCF. Est-ce que la CGT se joindra à ce mouvement-là ?

18:06
Invité

Vous m'apprenez ça. Je n'ai pas l'information. Je ne veux pas vous raconter de bêtises. On verra.

18:12
Présentateur

Mais la CGT, en tout cas les transports, les travailleurs dans les transports, vous les appelez eux aussi à rejoindre le mouvement ?

18:19
Invité

Je vous ai dit que pour la CGT, il y a mise en débat d'une journée interprofessionnelle de grève et de manifestation la semaine prochaine. Nous décidons aujourd'hui.

18:28
Présentateur

Grève ponctuelle, une journée ou reconductible ?

18:32
Invité

C'est pareil. Ce n'est pas Philippe Martinez qui décide. Ce n'est pas la CGT toute seule qui décide. Contrairement à ce qu'a dit M. Macron hier soir, ce n'est pas la CGT. La CGT, elle peut toujours dire des choses. Si les salariés décident autre chose, eh bien, c'est les salariés qui commandent. Vous voyez ?

18:48
Présentateur

Il reste une raffinerie en France qui n'est pas touchée pour l'instant, dans les bouches du Rhône. Et la CGT de cette raffinerie-là a dit hier soir qu'elle appelait à la mobilisation générale, à la première réquisition. Est-ce que ça veut dire que toutes les raffinies de France, potentiellement, à la fin de la journée ou demain, seront touchées ?

19:03
Invité

C'est possible. C'est possible. Par exemple, je salue ce qu'ont fait les salariés de Donge, une autre raffinerie en Loire-Atlantique. Qui ont rejoint le mouvement. Qui ont rejoint le mouvement. Soit on discute, soit on joue les gros bras, si vous me permettez l'expression, comme l'a fait le président de la République, en jouant du bâton. Et ça, quand on joue du bâton face à un conflit social, ce n'est pas bon pour améliorer les relations. Il faut d'abord discuter. Et c'est ce qu'on propose depuis maintenant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, chez Total, chez Exxon et dans beaucoup d'entreprises.

19:37
Présentateur

J'ai bien compris, mais pardon, je reviens quand même à cette annonce juste avant cette interview. Total Energy qui annonce quand même un mois de salaire de prime à l'ensemble de ses salariés et une augmentation de 6% des salaires en 2023. Et là, vous dites non, mais ce n'est pas ce que j'ai dit.

19:50
Invité

J'ai dit ce genre de choses, ça se discute d'abord en négociation. D'accord ? C'est ce que nous demandons. C'est ce que nous demandons. Monsieur Pouyanné n'a qu'à... Mes camarades et les autres syndicats sont prêts. On rentre dans une salle et on discute de ce que vous dites.

20:05
Présentateur

Et peut-être même dès aujourd'hui.

20:07
Invité

Mais on l'a demandé dès vendredi, dès dernier, vous savez. Dès vendredi dernier. Et c'est la direction Total qui refusait de discuter. Il faut en arriver, il faut attendre une semaine, une semaine de grève pour qu'on commence à dire « Oui, on veut bien, mais il faut voir dès hier soir ». Mais j'insiste sur la responsabilité du gouvernement. Le fait d'avoir lancé des réquisitions hier, malgré les avertissements qu'on a pu faire à tous les niveaux, et moi au plus haut niveau, eh bien, on a quand même lancé des réquisitions. Ça ne contribue pas à améliorer une des phrases préférées du président de la République. Il faut du dialogue social, il faut de l'écoute, de la concertation.

Ce n'est pas en jouant du bâton qu'on améliore le dialogue social.

20:49
Présentateur

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. Merci d'avoir répondu à mes questions et à toutes les inquiétudes des Français ce matin. Il est 8h53 sur AMC BFM TV. Sous-titrage ST' 501