Macron, 39 ans, déjà président ? - Les questions SMS #cdanslair 24.04.2017
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Chapitres
Questions et réponses
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- 0:02OuverteÉludée
Quel est le profil des gens qui ont besoin de consignes de vote ?
- 0:26OuverteRéponse directe
Comment sont perçus ces résultats au Royaume-Uni ? L'élection de Macron pourrait-elle peser sur les négociations du Brexit ?
- 1:22OuverteRéponse directe
Marine Le Pen peut-elle devenir présidente de la République ?
- 1:56OuverteRéponse directe
Quelle est la consigne de vote de Martin Domry pour le second tour ?
- 2:02OuverteRéponse directe
Ne va-t-on pas vers une abstention record au second tour ? À qui profitera-t-elle ?
- 2:47OuverteRéponse directe
Macron craint-il le débat avec Le Pen ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26InvitéFait
« Entre les deux tours de la présidentielle de 1981, Valéry Giscard d'Estaing avait appelé au QG de Jacques Chirac se faisant passer pour un militant RPR demandant une consigne de vote. »
- 0:43InvitéFait
« Non, je ne pense pas que les négociations du Brexit puissent être impactées. Elles sont enclenchées. Elles iront à leur terme. »
- 0:50InvitéFait
« L'ambiance européenne va changer si Macron est élu. »
- 1:13InvitéFait
« On a vu ce matin les bourses asiatiques couvraient très tôt avoir un bond avant la bourse parisienne parce que Macron rassure. »
- 2:12InvitéChiffre
« En 2002, ça a obtenu pour 69. Ça, c'était beaucoup abstenu au deuxième tour. »
- 4:45Locuteur non identifiéFait
« Derrière Jean-Luc Mélenchon, il y a bien sûr une gauche qui est la gauche du mouvement social que l'on a vu se mobiliser extrêmement fortement contre la loi, par exemple, El Khomri qui réformait le Code du Travail. »
- 5:18PrésentateurFait
« La première réforme que veut faire passer Emmanuel Macron, c'est celle sur le marché du travail. »
- 5:38InvitéFait
« Non, c'est mal parti, c'est mal parti parce qu'il y a une, deux ou trois droites qui se disputent sur la stratégie de second tour. »
- 7:03InvitéFait
« D'abord, il faut rappeler que son ralliement à Macron a été très utile dans un moment où Macron marque quel pas après sa polémique sur la colonisation. »
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— Alors, elle n'est pas facile, cette question. Quel est le profil des gens qui ont besoin de consignes de vote ? Voilà. Je n'ai pas ce profil. — Voilà. Vous n'avez pas ce profil. — Je suis incapable de répondre et de dire d'ailleurs s'il y a un profil type comme ça sociologique ou qui aurait besoin, qui quémanderait des consignes de vote. Je ne crois pas, d'ailleurs, que ça existe de cette manière.
— Entre les deux tours de la présidentielle de 1981, Valéry Giscard d'Estaing avait appelé au QG de Jacques Chirac se faisant passer pour un militant RPR demandant une consigne de vote.
Et on lui avait dit qu'il faut voter Mitterrand. — Comment sont perçus ces résultats au Royaume-Uni ? L'élection de Macron pourrait-elle peser sur les négociations du Brexit ? Ben dis donc.
— Non, je ne pense pas que les négociations du Brexit puissent être impactées. Elles sont enclenchées. Elles iront à leur terme. L'ambiance européenne va changer si Macron est élu. C'est un candidat qui a mis le projet européen au cœur de son programme, qui a cité deux fois l'Europe hier dans son discours, qui l'a fait applaudir régulièrement dans ses meetings et qui, s'il est élu, va immédiatement raviver un dialogue avec Berlin et avec le couple franco-allemand. Mais je pense qu'elle sera plutôt pour construire l'Europe d'après Brexit que pour essayer de limiter la casse avec le Brexit. Le vrai impact sur Londres, il n'est pas sur le Londres politique, mais sur le Londres de la City.
On a vu ce matin les bourses asiatiques couvraient très tôt avoir un bond avant la bourse parisienne parce que Macron rassure. Ou plutôt parce que l'idée que Le Pen ne puisse pas gagner, rassure.
Moi, juste pour l'anecdote, je n'ai pas vécu depuis 92 ce que j'ai vécu en institut de sondage à l'occasion de cette campagne présidentielle, à savoir des demandes, mais incessantes, de milieux étrangers, d'investisseurs qui n'étaient obsédés que par une question. Marine Le Pen peut-elle devenir présidente de la République ? Comme en 92, il y avait la question de l'euro avec le référendum de Maestriche. Et ensuite, on a eu la crainte du face-à-face Mélenchon-Le Pen. Donc effectivement, là, il y a un effet de réassurance à travers la qualification d'Emmanuel Macron. Alors, une femme ou un homme de l'île, visiblement, quelle est la consigne de Martin Domry pour le second tour ?
Je pense qu'elle va être dans la ligne de Hamon.
Elle a voté Emmanuel Macron, mais elle ne l'a pas dit personnellement.
Ne va-t-on pas vers une abstention record au second tour ? À qui profitera-t-elle ? Bon, il faut se bouiller.
En 2002, ça a obtenu pour 69. Ça, c'était beaucoup abstenu au deuxième tour. Le blanc bonnet, bonnet blanc du communiste Duclos à l'égard du duel Poir-Pompidou avait fait monter l'abstention.
Alors là, probablement pas. Ce qu'on peut dire, je crois, sans quand même trop se tromper, c'est que l'abstention sera plus élevée qu'en 2002. En 2002, il y a eu une sur-mobilisation. Il y a eu une mobilisation très importante contre Jean-Marie Le Pen. Là, on voit bien qu'on a des morceaux d'électorat. On évoquait celui de Jean-Luc Mélenchon, mais il y en a d'autres qui peuvent être tentés par l'abstention et par l'idée que, bon, même si on n'est pas un adepte de Marine Le Pen, il n'y aurait pas de danger. Donc, on n'ira pas voter forcément pour Emmanuel Macron. Macron craint-il le débat avec Le Pen ? Alors ça, ce sera différent par rapport à 2002. C'est qu'à 2002, il n'y avait pas...
Non. Alors là, je peux vous répondre. Il ne craint pas. Il le souhaite. D'accord. Parce qu'il estime que la vie politique, justement, a manqué de cette confrontation sur savoir où le peuple français en est par rapport au libéralisme, par rapport à l'Europe et par rapport à la mondialisation. Et il a très envie de ce débat. Il y aura-t-il des manifestations anti-FN comme en 2002 ?
Il y aura des manifestations FN. Puisque Jean-Marie Le Pen, le premier maire, réunit ses petites troupes à l'endroit habituel Place des Pyramides. Et Marine Le Pen doit tenir un meeting à Villepinte le même jour. Donc, ces manifestations FN peuvent attirer des manifestations virulentes anti-FN. Pas les manifs populaires de crainte sur l'arrivée du fascisme comme on l'avait un peu surjoué en 2002. Mais plutôt des manifs militantes d'agite propre avec peut-être des violences. On en a vu quelques exemples hier dans la soirée.
Je crois que le patron de la CFDT avait envie de faire un rassemblement unitaire contre les syndicats. Et qu'il a du mal à rassembler. Notamment, il faut qu'il ne veut pas donner de consigne de vote.
Un nouvel attentat pourrait-il faire tout changer ? Alors, c'est toujours la question qu'on se pose maintenant avant un scrutin. Je pense que ça dépend malheureusement de l'ampleur de l'attentat. Ce qu'on a vu, c'est que l'attentat de jeudi soir n'a pas fait changer grand-chose. Peut-être un peu sur la mobilisation, pas en tous les cas sur les rapports de force qu'on avait enregistrés avant. Et ce n'est pas la même chose si vous avez un massacre de grande ampleur dans la population civile ou un attentat un peu limité.
La société française encaisse aussi au fur et à mesure ces attentats et ne réagit pas de la même manière après le deuxième, le troisième ou le quatrième qu'à l'issue évidemment du premier. Avec une France aussi divisée, ne risque-t-on pas des conflits sociaux à répétition ? Ça, c'est une question en effet évidente parce que dans ce premier tour, on voit bien qu'il y a des protestations qui s'accumulent. Derrière Jean-Luc Mélenchon, il y a bien sûr une gauche qui est la gauche du mouvement social que l'on a vu se mobiliser extrêmement fortement contre la loi, par exemple, El Khomri qui réformait le Code du Travail.
Derrière l'électorat de Marine Le Pen, qui est un électorat dans lequel la composante populaire est de plus en plus importante, il y a une protestation populaire. Cette protestation, elle s'exprime pour l'instant dans les urnes. Le jour où les réformes commenceront à être mises en œuvre, il y aura bien sûr ce que l'on appelle le fameux troisième tour social, qui d'ailleurs là sera peut-être le cinquième tour parce qu'il faudra rajouter aux deux tours de la présidentielle les deux tours des législatives et le cinquième tour aura lieu. On rajoute les primaires aussi ? Les tours des primaires ? Non, on en reste là.
La première réforme que veut faire passer Emmanuel Macron, c'est celle sur le marché du travail. Donc le prolongement de la loi El Khomri qui mobilise effectivement l'électorat Mélenchon et l'électorat de Benoît Hamon aussi. Donc il y a un danger dès le début du quinquennat.
La droite va-t-elle réussir à résister, à rester, pardon, unie jusqu'aux législatives ? Après le reportage qu'on vient de voir, ça paraît compliqué.
Non, c'est mal parti, c'est mal parti parce qu'il y a une, deux ou trois droites qui se disputent sur la stratégie de second tour, qui se disputent sur la responsabilité de ce qui est arrivé et qui ne m'ont pas l'air en train de prendre le chemin d'une espèce de bloc qui pourrait se dire, avec le découpage des circonscriptions et notre assise électorale, on va imposer une cohabitation à Emmanuel Macron. Ils sont plutôt en train de prendre le chemin de la débandade. C'est vrai que n'importe quel candidat qui mettra sur son affiche avec Emmanuel Macron, candidat d'En Marche, si Macron est président de la République, aura un vrai bonus.
Mais la droite, me semblait-il, avait un socle sociologique qui aurait dû lui permettre d'affronter cela et de mettre la majorité macronienne sous condition, si ce n'est sous cohabitation. Elle m'a l'air aujourd'hui de se détourner de cet objectif.
Et puis, vous savez, pour emmener un camp à la victoire au plan législatif, il faut un homme ou une femme qui incarne ce camp. Le problème, la guerre des chefs est tellement vive à droite que pour l'instant, il n'y a aucun chef. Ou alors ça sera un chef de la vieille génération, c'est pas ce qu'il faut. On sent que le peuple de droite et du centre a envie que le renouvellement générationnel opère. Mais c'est dur, douloureux, difficile.
Et puis, une troisième difficulté, c'est que si vous appelez à voter pour Emmanuel Macron pour le second tour de l'élection présidentielle, ce que la plupart des ténors à droite sont en train de faire, il est difficile juste après d'appeler à voter contre En Marche et pour les LR ou les législatives. Quel rôle pour François Bayrou durant ces 15 jours ? Alors, il était très content, on l'a vu tout à l'heure dans le reportage. C'est le projet de sa vie qui est en passe de se concrétiser. Qu'est-ce qu'il peut faire pendant les 15 jours ? Il faut qu'il se montre ou qu'il se cache ?
D'abord, il faut rappeler que son ralliement à Macron a été très utile dans un moment où Macron marque quel pas après sa polémique sur la colonisation. Qu'ensuite, il y a quand même au cœur du programme Macron beaucoup des idées qui étaient les idées fortes du centre, mais du centre unique de l'ancien temps avant l'UMP, quand il y avait cet UDF bloc, notamment l'Europe. Maintenant, François Bayrou est une figure rassurante pour la gauche. Il a appelé à voter Hollande en 2012. C'est quelqu'un qui a montré qu'il pouvait être dans la tolérance vis-à-vis de ce camp-là. Donc, ça peut aider Macron à récupérer des voix harmonistes qui auraient pu être marquées par une certaine aigreur.
Pourquoi n'avons-nous pas encore entendu Nicolas Sarkozy ?
Alors, Nicolas Sarkozy, on ne l'entend pas, mais il n'est pas inactif puisqu'il a tenu un déjeuner aujourd'hui. Qu'est-ce qu'il essaye de faire ? De faire en sorte qu'au moins la famille Les Républicains reste unie, au moins jusqu'au deuxième tour de la présidentielle, qui n'est pas cette débandade que vous évoquez. Il va essayer de peser d'une certaine façon, mais je pense que vraiment ce qui lui tient à cœur, c'est que la famille reste le plus soudée possible pour essayer de peser face à une extrême droite qui est très forte et face à un Macron qui joue vraiment le rôle d'aspirateur.
Ne doit-on pas s'attendre à une cohabitation si Macron est élu ?
C'est un des risques, c'est une des possibilités. Soit il y a un état de grâce et puis une vague macroniste, un peu comme Mitterrand avait eu une très forte majorité en 1981, soit les premiers jours du gouvernement sont difficiles, la figure du Premier ministre n'accroche pas, deux, trois maladresses et on peut se retrouver tout à fait le 18 juin avec soit une majorité introuvable, et Macron texte par texte négociera à la rocard des majorités de circonstance, soit une vraie cohabitation. Ou peut-être Macron proposera-t-il une co-gestion, c'est-à-dire d'élargir encore sa majorité.
Merci à tous les quatre. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h25. On se retrouve demain 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air. Tout de suite c'est à vous. Belle soirée sur France 5.