La souveraineté agricole française est-elle morte ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
14h Sud [musique] Radio, la France dans tous ses États la guerre agricole se prépare. La ministre de l'agriculture Annie Genevar a lancé hier depuis Ringis les conférences de la souveraineté alimentaire destiné à définir une stratégie agricole nationale sur 10 ans. Alors qui menace notre souveraineté alimentaire, notre souveraineté agricole ?
On en parle avec l'ancien ministre de l'agriculture, maire du M, Stéphane Lefol. Bonjour. Bonjour.
Bonjour Stéphane Lefol. Stéphane Lefol, vous avez été ministre de la réculture durant la totalité du quinquena de François Hollande de 2000. Voilà, c'est c'est rare d'ailleurs hein qu'on reste qu'on reste en poste pendant 5 ans.
Vous avez donc couvert globalement ce ministère. Je me permets de dire que dans la la grande panoplie des ministres d'agriculture de la République, vous êtes un de ceux qui avait œuvré activement avec cette loi d'avenir sur l'agroécologie qui pour la première fois, alors qu'on sait que l'agriculture est cogérée depuis longtemps par la FNSA, vous avez concilié les enjeux environnementaux et humains d'agriculture avec les enjeux économiques. Vous avez permis à l'agriculture française par cette loi de mettre en place un processus qui permettait aux agriculteurs de nourrir la France tout en préservant l'environnement, en gagnant suffisamment leur vie et en rendant un début de souveraineté alimentaire.
Je considère que cette loi euh a été mise à mal par vos successeurs quand Emmanuel Macron a été nommé a été élu président de la République, il a nommé Stéphan Travers au ministère de l'agriculture. Alors, il y a eu les États généraux de l'alimentation cert étape les discours de Ringis en octobre 2017, la loi égalime 1, la loi égalim 2, la loi égalim 3. Quand on fait des 1 2 3, ça veut dire que ça marche pas.
Et puis ensuite, il y a eu le Covid. Et maintenant, nous avons madame Indy Jeunevar qui vous succède également au ministère et culture qui consciente qu'il y a tout à refaire puisqu'on a un petit peu démantelé votre loi d'avenir sur l'agroécologie. Quel dommage.
Et bien, on est en grand le grand éveil alimentaire toujours à Ringiss avec ces ces conférences. Est-ce que vous pensez Stéphane Fol qu'un jour les gouvernements de la République prendront des les vraies mesures pour assurer cet enjeu essentiel qui est la souveraineté alimentaire de la France ? Écoutez, je je sais pas, je j'ai j'ai relu et revu là ce qui a été dit par la ministre de l'agriculture.
Bon, d'abord reprendre les terminologies de guerre à tout bout de champ et sur chaque sujet maintenant me paraît être une manière peu adéquate de répondre aux enjeux qui nous sont aujourd'hui posés. Le défi, vous l'avez rappelé, d'être à la fois une agriculture qui assure une souveraineté alimentaire, il faudra la définir d'ailleurs, et en même temps qui assure la durabilité hein du modèle de production agricol, on le voit aujourd'hui, les difficultés en particulier avec les les épisodies qui se multiplient, la question des sécheresses qui se répètent, quelquefois les questions d'inondation, la modification des cycles aussi des végétaux puisque qu'on le voit maintenant et le constat avec ce que nous connaissons comme température en hiver fait que tout ça est un bouleversement complet et on reste avec ces discours martiaux de guerre alimentaire uniquement sur des vieux schémas et que il faut changer la perception qu'on a de la manière dont on doit faire face à tous ces défis. Moi, je l'avais fait au travers de la grroécologie, vous l'avez rappelé.
Je vais prendre un exemple pour essayer d'être un peu précis. Euh je regardais hier ou avant-hier, il y avait euh un article sur la question des des de la perte de revenus au niveau des céréales aujourd'hui, hein. Le le le prix des céréales est en train de baisser de manière extrêmement forte.
Et la question a été posée de savoir euh si on pouvait accepter avec cette baisse des prix une augmentation des taxes sur les importation euh de gaz qui permettent ensuite de faire de l'azote, hein. L'azote aujourd'hui peut être produit chez nous avec simplement des modification des modèles de production en introduisant ce que vous connaissez bien des légumineuses qui permettent au travers des systèmes symbiotiques dans le sol de fixer l'azote de l'air celle que nous avons nous-mêmes ici et de manière gratuite. Il suffit simplement de changer les modèles de production, d'avoir moins tendance à produire de manière monocultural, mais d'essayer d'associer des cultures pour permettre de d'avoir des objectifs multiples en même temps.
Ce que vous avez défendu, hein, la méthode de conservation en développant le verre de terre dans le sol. Oui, en développant le verre de terre, en développant les légumeneuses, en développant les couvertures de sol. Ça c'est un enjeu très important.
Il y a pas de stratégie de ce côté-là. De la même manière que quand on couvre les sols, qu'on met des légumineuses, on peut développer aussi des stratégies de production de protéines pour l'alimentation animale. Aujourd'hui, on dépend, par exemple, quand on parle du mercosour, aujourd'hui, on dépend en importation de soja autour de 7 milliards d'euros.
Bon, c'est une situation donnée. Est-ce qu'on est capable de changer cette donne ? Oui, on peut la changer.
On peut avec ces associations de culture avoir beaucoup plus de production de protéines animales de protéines pour l'alimentation animale et donc avoir moins d'importations telles qu'on les conçoit aujourd'hui. Stéphan et la question de la souveraineté. Donc je le pense et c'est souvent dit aussi aujourd'hui dans le domaine du climat quand vous développez des stratégies d'énergie renouvelable quand vous utilisez beaucoup plus le soleil vous dépendez moins des énergies fossiles donc vous êtes plus indépendant et bien en agriculture c'est pareil utiliser plus le soleil dont on dispose sur notre pays pour pouvoir produire plus et mieux ça sera plus d'indépendance au niveau agricole et agroalimentaire demain c'est ça le jeu et c'est comme ça qu'il faut les poser Alors que là, j'ai pas saisi exactement, il y a des conférences qui vont avoir lieu, mais de dire qu'on est en guerre et donc on se met en situation d'être en nous-même.
Sur quel outil on s'appuie ? Ça c'est un élément de langage quand on a rien à proposer et qu'on a pas et qu'on a pas justement qu'on a pas d'armement. Votre vous la souveraineté alimentaire, vous avez essayé de la tirer par le haut avec cette la porte de la souveraineté alimentaire avec cette loi d'agroécologie.
Est-ce qu'aujourd'hui vous ne constatez pas que cette souveraineté alimentaire, on va la tirer par le bas en s'alignant sur des critères de production industrielle de malbouffe ? D'ailleurs, autrement, au lieu de dire au aux agriculteurs français, vous allez monter vers le haut et on va vous protéger par exemple par la préférence communautaire, on va rester en Europe avant d'ouvrir le marché à des agricultures qui sont pas loyales de au niveau de la concurrence, et ben là, on va s'aligner sur la malbouffe des autres pays comme ça vous verrez. vous pourrez en exporter autant et la souveraineté alimentaire sera acquise.
C'est un raisonnement absurde. Mais surtout c'est le raisonnement, c'est le raisonnement qui est fait, c'est que on raisonne sur la souveraineté, sur le produit final. Si je prends euh la viande ou le poulet, on va regarder euh les tonnes que l'on produit par rapport aux tonnes de poulet ou de viande qu'on consomme.
D'accord ? C'est le produit final. En agriculture comme dans d'autres domaines d'ailleurs, il y a pas que le produit final qui fait la valeur ajoutée.
Il y a tout ce qui construit et qui permet la production et qui est ou dépendant de l'extérieur ou peu dépendant de l'extérieur. Euh dans les domaines de l'énergie, c'est la même chose. Mais dans le domaine de l'agriculture, c'est encore plus vrai.
Et je donnais cet exemple tout à l'heure à la fois si vous parlez d'azote et vous importez de l'azote minéral ben vous importez de l'azote minéral pour fertiliser des sols et pour produire des CR. Pourquoi ils le font pas Stéphane ? Pourquoi le gouvernement ne prome pas depuis 7 ans ?
Depuis 7 ans pourquoi on n'a pas continué vos lois d'acroécologie ? Qu'est-ce qui les dérange dans vos lois d'acroécologie ? Parce que ils se sont focalisés sur la question du prix.
Vous l'avez rappelé sur les lois égalimes. L'objectif a été uniquement une question de prix et du revenu du et du revenu des agriculteurs. Vous êtes d'accord ? mais sans jamais on est parti du prix à la demande des syndicats agricoles comprend sans jamais se poser la question des coûts de production c'estàd le prix c'est c'était expliqué comme ça c'est un multiple du coût de production lequel celui qu'on a aujourd'hui.
On a mis la charrue avant les B si je comprends bien, on a mis la charrue avant les bœu. Voilà. Est-ce qu'on est capable de modifier nos coûts de production pour qu'il soi moins important et que donc à partir de là, on dégage plus de revenus ?
C'est toutes ces questions stratégiques qui ne sont jamais posées ou que personne ne veut poser parce que ça changerait quand même beaucoup et ça c'est vrai les équilibres des acteurs économiques qu'on connaît aujourd'hui. Donc ce changement de toute façon il est en train d'avancer doucement mais il avance. On avait mis en place, vous vous en souvenez, les euh prix pour l'agroécologie.
Je vois que on continue un peu dans ce sens-là et c'est très important parce qu'il y a des résultats qui sont extrêmement significatifs. Quel quel rôle joue la FNSA Stéphane Le Fol dans dans dans cet enjeu ? Quel syndic puissant quand elle est arrivée quand Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, la FNCA, elle a été sur le prix.
La première loi, la loi égalime 1, c'était une question de prix. C'était Emmanuel Macron qui l'avait porté pendant la campagne à la demande d'ailleurs de la FNCA et vous l'avez rappelé, on en a fait une, on en a fait deux, on en a fait trois. Il y avait même d'évoquer une 4è.
Oui, mais vous vous aviez sorti la FNSA de la cogestion gentiment. Vous l'avez fait, vous l'avez sorti. Il les ont sorti sorti la cogestion.
J'avais simplement considéré qu'il y avait un premier syndicat agricole en France, c'était la FNSA. Mais que la discussion portée aussi sur des orientations politiques qui étaient quand même portées par le ministre et le ministère. et on discutait avec des organisations syndicales de la manière dont en fonction des orientations on faisait en sorte de répondre aussi aux besoins et aux demandes de l'ensemble des syndicats.
Et là ce qui s'est passé et qui a été beaucoup trop vite, c'est qu'on a focalisé sur une seule question, un seul élément, c'était la question du prix qui d'ailleurs pris comme si avec une loi, on allait régler l'ensemble des prix agricoles et alimentaires. enfin je dire utopique totalement impossible à faire et on l'a vu et vous l'avez rappelé et je le rappelle on en a fait une on a fait de on a fait trois faudit pratiquement en faire en une 4è qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui par exemple le prix des céréales baisse autant bah c'est qu'il y a une offre mondiale beaucoup plus importante et que par rapport à la demande le prix est en train de baisser ça c'est des facteurs qui sont indépendants de toute loi qu'on peut voter au niveau national et qu'il faut s'organiser autrement avoir des contrats pluriannuels tous les Et on le voit encore aujourd'hui, on est dans la le psychodrame en France, on est le seul pays au niveau européen à faire des négociations annuelles à la veille en plus souvent enfin toujours d'ailleurs du salon de l'agriculture. Donc on est en train de débattre tous les jours de du débat industrie, grande distribution, agriculteur parce que il y a aucune contractualisation de moyen terme comment on fait du pluriannuel, comment on a une stratégie qui structure à la fois la production, qui fait baisser les coûts de production. qui assure du revenu aux agriculteurs qui permettent à la fois de produire et en même temps d'intégrer la question.
Merci Stéphan pour ces précisions. J'hésiterai pas à rappeler à vous rappeler pour avoir votre avis sur la suite de cette de cette essentielle pour la France. Merci.
À bientôt.
Stéphane Le Foll