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Discours / meetingyoutube.com· 11 mai 2026 41 minFond programmatiqueInstitutions & électionsLogementÉconomie & entreprisesImmigration & asile

Discours de Marine Le Pen en clôture de l'université d'été du RN à Fréjus

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 55 %Attaque 40 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 21:16marine-le-penChiffre
    « À Paris, le mètre carré atteint 10 000 euros. »
  • 14:44marine-le-penPromesse
    « C'est pourquoi il faut stopper l'inique privatisation des barrages. »
  • 14:57marine-le-penPromesse
    « Il faut stopper l'inique privatisation d'ADP. »
  • 19:00marine-le-penPromesse
    « avec un septennat non renouvelable de 7 ans. »
  • 16:53marine-le-penFait
    « le Rassemblement national aura zéro minute de temps de parole. »
  • 15:15marine-le-penPromesse
    « la renationalisation des autoroutes. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

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0:10
Présentateur

Monsieur le maire, cher David, c'est encore une fois dans une ambiance tout estivale que Fréjus, la souriante cité plurimélénaire de Fréjus, nous accueille pour cette rentrée politique. Une rentrée politique qui est aussi le signal de départ d'une nouvelle séquence électorale importante. Merci aux Fréjusciens de leur accueil si amical et si ensoleillé. Merci aux députés nationaux et européens du Rassemblement. Merci aux élus régionaux et départementaux qui ont consacré ce week-end studieux à se former, à réfléchir, à se donner les moyens de servir nos idées de manière toujours plus performante.

Et merci à vous, chers amis, de nous faire le plaisir et l'honneur de votre soutien par votre présence au seuil de cette année. Dans les 18 prochains mois, trois rendez-vous attendent les Français, les électoraux locaux qui seront l'occasion de parachever la grande recomposition politique municipale dans exactement six mois et un an après, régional et départemental. Ces trois rendez-vous, et même quatre d'ailleurs, si l'on rajoute les sénatoriales, peuvent, soyez-en persuadés, mes amis, bouleverser la donne politique. J'ai eu l'occasion de le dire, en politique, pas davantage qu'il n'y a de fatalité, il n'y a de bataille subalterne.

Chaque séance permet de mobiliser, de rassembler, d'avancer, de construire. Une élection n'est pas une corvée, mais une chance. Ça n'est pas un obstacle, mais une occasion de rencontre et d'échange, et donc une occasion d'expliquer et de convaincre toujours davantage. Pour notre mouvement, chaque élection se vit comme un rendez-vous avec le peuple. Ces rendez-vous-là, au Rassemblement national, nous ne les fuyons pas, nous les attendons. Nous ne les craignons pas, nous les bénissons, car nous vivons avec l'intime conviction que le sursaut pour la patrie viendra du peuple.

Dans ce moment politique exceptionnel qui voit s'opérer la grande recomposition entre nationaux et mondialistes, chaque scrutin doit permettre à notre famille politique d'accrocher un mousqueton supplémentaire sur la paroi qui mène au sommet, et le sommet, vous le savez, c'est l'Élysée. Le premier message que je veux vous délivrer est un message de mobilisation. Le second est un message d'espoir. Les vents sont porteurs. L'histoire s'est mise en marche et a gonflé les voiles de nos navires. La France, comme le monde, vive, nous le constatons, un bouleversement politique de grande ampleur qui a débuté depuis plusieurs années et qui, aujourd'hui, se précise.

Alors que tout le monde croyait l'aventure mondialiste inexorable, croyait que le mouvement du monde allait enterrer la conscience française, une brise bienfaisante pousse les Français à retrouver le chemin de la patrie, un peu comme Ulysse revenant à Ithaque après son odyssée. Oui, mes amis, l'avenir n'est plus à la mondialisation, mais aux nations. L'avenir n'est plus au global, mais au local. Et les peuples du monde, dont les Français, l'ont compris. Notre pays, la France, vous le savez, est soumise au danger indissociable de la submersion par l'immigration et de la dilution par la globalisation.

Mais elle connaît, on l'a vu à toutes les élections et singulièrement aux élections européennes, le ressurceau de son peuple. Ce succès qui est votre succès, amis militants de la cause nationale, s'inscrit aussi dans le mouvement du monde. Si les services techniques pouvaient me permettre de voir à qui je parle, ça me ferait un grand plaisir, car j'ai toujours grand plaisir à voir le visage souriant de nos amis du Rassemblement national.

Tous mes amis, partout sur la planète, des États-Unis au Brésil, de l'Inde à la Turquie, de la Russie à la Chine, les identités ensevelies ou dénigrées renaissent, reprennent vie, redonnent au monde ses couleurs, redonnent au peuple leur fierté, redonnent aux nations l'envie d'être elles-mêmes. Les peuples nous le disent, ils veulent vivre. Ils veulent vivre comme ils l'entendent, chez eux. Ils veulent transmettre à leurs enfants leur art de vivre, leurs traditions, leurs lois, leurs langues, parce que c'est là l'ordre du monde. Eh bien nous, nous voulons vivre en France comme des Français, pour la simple et bonne raison que nous sommes chez nous. Même les européistes doutent, regardez-les.

Lorsqu'un commissaire européen chargé de l'immigration prend le titre de commissaire à la protection du mode de vie des Européens, eh bien cela dit beaucoup de choses, même s'il y a tout à craindre que leur définition du mode de vie des Européens ne soit pas exactement la nôtre. Mais cela signe tout de même notre victoire politique sur l'Union européenne, parce que nous imposons l'immigration comme thématique essentielle. Cela signe surtout une victoire idéologique, puisque l'Union européenne et sa Commission, sous la poussée des nationaux, se voient obligés de reconnaître que l'immigration pose la question du maintien du mode de vie des Européens.

Vous le voyez, avoir voté Rassemblement national aux Européennes, ça sert. Effet de cette floraison des identités partout où les crises politiques exigeraient un arbitrage du peuple, les gouvernements euromondialistes tentent d'empêcher des élections. C'est ce qui se passe en ce moment en Italie ou en Grande-Bretagne. Si ces démocrates autoproclamés de l'Union européenne ne veulent pas d'élection, c'est tout simplement parce qu'ils pressentent le résultat. Ce déni démocratique ne choque évidemment pas les bonnes âmes qui, à longueur de sommets internationaux ou de plateaux de télévision, ne sont pas autorisés à dispenser des leçons de démocratie à la terre entière.

Si je voulais tomber dans la mode des maniaques de la phobie, c'est très à la mode, je qualifierais volontiers cette attitude de démophobie. La peur du peuple pour ne pas dire, même parfois, la haine du peuple. Nous, nous pensons que le peuple a toujours raison. Nous, nous voyons dans ce sursaut des peuples une fantastique raison d'espérer. La deuxième raison de notre optimisme, c'est que nous croyons dans la capacité de sursaut des Français. Pour peu que nous, Rassemblement national, nous jouions notre rôle. Certes, le monde est tourmenté. Certes, la situation de la France est source d'inquiétude grandissante.

Certes, nos sociétés sont à l'aube de changements technologiques aux conséquences encore incalculables, comme l'a brillamment exposé hier Laurent Alexandre lors de sa conférence. Pour autant, les solutions sont possibles. Et c'est aux politiques, c'est-à-dire à nous, à vous, mes amis, qu'il appartient de penser les nouvelles régulations. En nous désignant comme premier parti de France, les Français nous ont conféré une lourde responsabilité, celle d'incarner l'opposition et de la faire vivre. Incarner l'opposition, cela ne signifie pas seulement critiquer, mais aussi et surtout élaborer un contre-projet, un projet alternatif à vocation majoritaire.

En nous plaçant en tête, en éliminant LR, broyés par ces contradictions et ces ambiguïtés, ils ont montré qu'ils souhaitaient un projet national. Personne ne peut plus croire, comme le disent les boutiquiers du système, qu'il n'y a pas d'autre solution, que le seul chemin à emprunter serait celui qui mène à l'abîme, qu'il n'y aurait pas d'autre alternative pour la civilisation française que de disparaître et pour les Français de se soumettre. Ce qui nous sépare de nos adversaires, c'est que nous, nous avons foi en la France.

Nous croyons même dans le génie français, ce prodige de la nation française qui a fait de notre pays une puissance intellectuelle, économique et politique démesurée en réalité par rapport à sa taille et à son poids démographique objectif. Ce qui nous sépare aussi de nos adversaires, c'est que nous n'entendons pas déléguer à d'autres le salut de la France et la défense des Français. Les périls sont parfois extérieurs, mais les solutions sont toujours chez nous, ou plutôt en nous. Cette éminente mission qui nous est confiée par le suffrage demande du travail, de l'humilité, de l'écoute et de la créativité.

Je voudrais ici devant vous esquisser quelques axes de réflexion et de propositions au risque, et vous m'en excuserez d'une certaine aridité. Mais la politique exige du sérieux. Si les Français ont indiqué la direction à suivre par les urnes, ils l'ont faite également dans la rue. Durant six mois, de novembre à mars et même au-delà, nous avons vécu au rythme d'une crise sociale sans précédent. Il est illusoire de croire qu'une telle commotion puisse s'atténuer par la violence d'État ou par un matraquage médiatique, qu'elle puisse s'estomper par un froncement de sourcils présidentiels ou quelques ajournements fiscaux.

L'explosion a été brutale parce que la lave du volcan est venue des profondeurs de la terre française. Au moins en l'origine, le mouvement spontané et transpolitique des Gilets jaunes a exprimé l'angoisse intériorisée de tout un peuple face à l'avenir et face à la surdité des dirigeants. Le niveau de sympathie dont la contestation pacifique a fait l'objet dont l'opinion l'a montré. De simples citoyens, des travailleurs pauvres ou des retraités modestes, des maires célibataires ou des familles en difficulté, des artisans épuisés par l'effort fiscal ou des indépendants découragés sont venus rappeler à deux dirigeants hors sol que la France existait au-delà des périphériques urbains.

Que cette France laborieuse et souffrante n'entendait pas voir sa vie quotidienne saccagée par le boboïsme fiscal, qu'elle ne consentirait pas à réduire l'avenir de ses enfants aux expériences du laboratoire mondialiste. La France sort mutilée de ces mois douloureux. Pour se défendre, la caste a orchestré une horrible diffamation sociale, prenant la responsabilité de nourrir les ressentiments, d'aggraver les frustrations et globalement d'élargir encore les divisions qui fracturent le pays. Cette déchirure du tissu social, nous ne pouvons la laisser s'élargir.

Nous devons y faire droit et allons proposer une réponse politique aux gilets jaunes ou plus exactement aux problématiques nationales que leur mouvement a légitimement soulevées. La réponse immédiate porte sur le pouvoir d'achat. Nous pensons qu'il faut conclure la paix fiscale et engager la décrue, notamment pour les classes modestes, les classes moyennes, les indépendants et les petites entreprises. Or, mes amis, c'est le contraire qui s'annonce. Avec un matraquage probable sur la taxe foncière, avec la remontée des carburants, avec une majoration fiscale sur le gazole non routier pour le BTP. Mais n'ont-ils rien compris ? Évidemment, les retraités doivent voir leurs pensions revalorisées.

Et pour tous, un effort doit être fait pour alléger les dépenses contraintes. L'eau, l'électricité, le gaz, les produits de première nécessité. En matière d'eau, pourquoi ne pas instaurer une tarification écologique et familiale de l'eau ? Les premiers mètres cubes nécessaires à la vie courante seraient facturés à prix coûtants. L'eau consommée sans modération payée à prix majoré et l'eau gaspillée à prix fort. La lutte contre les injustices du quotidien doit être entreprise sans plus attendre. Il y a mille exemples de cela.

Le stationnement payant à l'hôpital, la loterie des prix quand on achète un billet SNCF, le racket des carburants d'autoroute, TVA sur les taxes car nous payons de la TVA un impôt sur des impôts. Les marges parfois exorbitantes de la grande distribution qui asphyxient nos producteurs sans favoriser les consommateurs. Je vous l'ai dit, les exemples sont innombrables. Il faut enfin lutter contre le sentiment de dépossession et de spoliation du patrimoine national. Parce que je veux rappeler ici que les biens nationaux sont pour les Français qui ne possèdent rien leur seul patrimoine. C'est pourquoi il faut stopper l'inique privatisation des barrages.

Il faut stopper l'inique privatisation d'ADP. Chacun doit signer la pétition. Et je le dis très tranquillement mais avec la plus grande détermination, il faut engager la renationalisation des autoroutes. des rapports capital-travail. À côté de la participation ou de l'intéressement qui porte sur les bénéfices, pourquoi ne pas créer un mécanisme qui permette d'associer les salariés en cas de distribution de dividendes. Je pense à d'autres propositions de réserve légale de titres qui réconcilierait le capital et le travail. Mais la réponse politique à la crise des gilets jaunes n'est pas seulement de justice sociale et fiscale. Elle est également institutionnelle.

Car la révolte fut aussi fondamentalement une crise de la représentation. L'obsolescence des corps intermédiaires à commencer par les syndicats, l'inexistence des comités économiques, le salonnage des instances patronales, les pratiques des tribunaux de commerce exigent maintenant une remise en question d'un modèle épuisé hérité de après-guerre. Au niveau parlementaire, le discrédit des majorités de députés, aussi pléthorique qu'artificiel, impose une réforme drastique des modes de scrutin qui, aujourd'hui, interdit au Parlement l'expression du pluralisme des opinions. Je vais vous donner un exemple. Il est très récent, il se déroulera dans quelques jours.

Le président de la République a décidé d'organiser un débat. Oui, c'est toujours des débats, blablabla, blablabla, blablabla, blablabla, on a eu le grand débat. Là, on va avoir les petits débats. Là, à l'Assemblée nationale, on va avoir un débat sur l'immigration, sans vote, sans vote. Eh bien, le Rassemblement national aura zéro minute de temps de parole. C'est pas très grave, on se fera entendre autrement. Mais nos dirigeants, mais mes amis, nos dirigeants n'ont-ils pas compris que si les débats n'ont pas lieu dans les assemblées, alors ils auront lieu dans la rue. C'est aussi simple que cela. Si vous les avez vus, revenus de vacances, ont retrouvé une arrogance tout automnale.

N'ont-ils rien retenu des journées de décembre 2018 ? Ces journées où on les a vues, les mains moites de sueur en appeler en tremblant à la République et à la protection de la police, dans une société imprégnée de la culture horizontale de l'Internet. Comment pourrait-il croire qu'une dose homéopathique et symbolique de proportionnelle puisse suffire à satisfaire le besoin de réelle démocratie qui traverse le pays ? En matière de démocratie, aucun peuple n'accepte plus l'aumône, et surtout pas les Français. Le rétablissement, mes chers amis, du politique passe également par une représidentialisation du chef de l'État.

Et puisque les derniers locataires de l'Élysée semblent incapables d'incarner par eux-mêmes une fonction qui les dépasse, c'est aux institutions de les tenir dans le costume présidentiel, avec un septennat non renouvelable de 7 ans. S'ils ne sont pas capables d'être présidents et qu'ils ne peuvent même pas faire semblant, on va les y aider. Mais restaurer l'image des élus, c'est aussi leur garantir la souveraineté de leurs décisions face aux administrations, qu'elles soient de Bercy ou de Bruxelles.

Mes amis, au-delà de tous ces thèmes qui ont émergé, bien sûr, et que nous portons, il faut bien le dire, depuis très longtemps, la grande thématique qui également a émergé de la crise de l'hiver 2018, ce fut la fracture territoriale. Une fracture dont les élites ont pu mesurer l'ampleur. Réparer la fracture territoriale, c'est remettre en œuvre une grande politique d'aménagement des territoires pour aller vers un rééquilibrage des territoires. Ce sera, j'en ai la conviction, la grande affaire de la prochaine présidentielle.

Sans attendre et pour faire court et concret, nous voulons dire qu'on ne peut plus continuer à regrouper les activités sur les mêmes territoires en laissant les autres se désertifier. Il est irresponsable d'empiler aux mêmes endroits les richesses économiques au prix d'une densification urbaine insensée, au prix d'une spéculation immobilière qui chasse les classes moyennes des centres-villes, au prix d'une asphyxie des transports qui ne se résout que par des coûts induits faramineux. On concentre, par exemple, tous les bureaux à la Défense, aux portes de Paris. Puis on dépense des milliards pour transporter des gens qui auront toute la région à traverser pour se rendre à leur travail.

Mais est-ce que c'est intelligent ? Où est la qualité de vie quand on passe quatre heures par jour dans les transports et que le fruit du travail passe dans des loyers astronomiques ? Et que dire de la justification éthique de cette vision urbaine qui congédie tous les impératifs environnementaux, oblige les habitants et les salariés à respirer un air pollué et transforme le travail en asservissement quotidien ? À Paris, le mètre carré atteint 10 000 euros. Les centres-villes des agglomérations deviennent des zones dépeuplées qui excluent les jeunes et les classes populaires et ne laissent désormais place qu'a du Airbnb. À côté des villes dortoirs en périphérie, on a les villes couchettes.

D'un autre côté, en zone rurale, on ferme des écoles, on ferme des lignes ferroviaires. On engloutit des communes dans des communautés d'agglomérations sans âme et sans légitimité historique. Les centres d'innombrables bourgs de France prennent de plus en plus des allures de cités fantômes, avec des commerces fermés, des panneaux à vendre et des rues vides à 6 heures du soir. La spécialisation des quartiers par secteur d'activité procède d'une conception américaine de la ville, et ce modèle importé n'est pas le nôtre. La surconcentration des activités qui accompagnent la mondialisation est un drame.

L'aménagement du territoire suppose de retrouver les grands équilibres, à commencer par l'équilibre habitat-emploi grâce à une politique de relocalisation d'activités. La relocalisation d'activités, produire et consommer sur place, est le premier principe de société écologique que nous voulons. Ce grand mouvement de relocalisation que nous voulons initier, c'est ce que nous appelons la démétropolisation. La démétropolisation, nous la mettrons en œuvre par des incitations fiscales importantes, en faisant des zones rurales désertées, des zones franches, j'ai envie de dire même des zones France.

Autant, et vous vous en rendez bien compte, autant du télétravail, du mail, de la visioconférence, des imprimantes 3D. Enquister les activités dans des secteurs urbains surdensifiés n'a plus de sens. Tout le monde gagnerait à un grand redéploiement économique. Le cadre où l'employé qui pourra vivre près de son travail en y trouvant dans la verdure une qualité de vie, une baisse des loyers et donc un surcroît de pouvoir d'achat. Et puis l'entreprise qui profitera d'un immobilier à meilleur prix et de salariés plus sereins. Les grandes villes qui profiteront de ce décongestionnement, notamment par une détente sur le marché de l'immobilier.

Et puis le tissu rural qui sera à nouveau irrigué et relancera de l'activité partout dans le pays. Cette grande politique de réaménagement du territoire doit s'accompagner évidemment de la part de l'Etat d'une grande politique en faveur des infrastructures, qu'il s'agisse de transport, de couverture numérique, de facilité d'accueil des entreprises ou d'aide à la relocalisation. Cette relocalisation d'activités procède, vous l'avez compris, de la logique du localisme. Cette révolution de la proximité qui est la pierre angulaire de notre projet. Cette révolution qui nous conduit à initier ce que Hervé Juvin appelle la civilisation écologique.

Et ce localisme, nous entendons également le décliner, évidemment, à l'aiselon municipal. Le localisme, c'est évidemment de veiller autant que possible à l'approvisionnement des cantines d'écoles en produits locaux. C'est d'accompagner les entreprises locales dans la commande publique en introduisant des clauses écologiques sur le temps de transport. C'est de favoriser les jardins partagés. C'est de faire en sorte qu'on puisse vivre et travailler dans sa commune. Le localisme, il doit aussi être institutionnel. Il consistera, dans la mesure du possible, à faire descendre le pouvoir vers les citoyens. En donnant peut-être au quartier une vitalité nouvelle. Une visibilité urbaine.

Et après tout, pourquoi pas une existence institutionnelle. Beaucoup de gens se sentent de leur quartier avant de se sentir de leur ville. Et parce que le quartier est le premier lieu qui scelle le sentiment d'appartenance à une commune, nous voulons en faire un échelon décision, un échelon vivant, un espace que s'approprieront les habitants. A l'image de Jean-Louis Beaumont qui institue avec succès dans la commune de Saint-Mort dans le Val-de-Marne, ce qu'il avait appelé des villages dans la ville. Eh bien, nous voulons retrouver dans les villes aussi un esprit village.

Car nous pensons aussi que cet esprit village peut avoir une influence sur la manière dont nos compatriotes vivent leur ville. D'un point de vue institutionnel, pourquoi ne pas envisager que les conseils municipaux puissent fonctionner aussi comme des fédérations de quartiers avec des élus délégués à chaque quartier. Avec nous, la démocratie de proximité sera ainsi réellement mise en œuvre. Vous le voyez, au moment où les autres vous proposent d'éloigner les pouvoirs de décision vers les communautés d'agglomération, nous vous proposons de les rapprocher du citoyen. Vous le savez, l'identité est une donnée que nous considérons, pour les hommes, comme précieuse, y compris à l'échelon communal.

L'identité, c'est à la fois ce que nous sommes, mais aussi ce qui construit le sentiment d'appartenance, et donc l'adhésion aux valeurs communes, le sens et le lien. Sans ce sentiment d'appartenance, il ne peut y avoir qu'indifférence, ou pire, incivilité. Sans ce sentiment d'appartenance, il ne peut y avoir d'implication des citoyens dans la vie locale. Nous inciterons les citoyens à se réapproprier les institutions, et donc les décisions qui les concernent. Dans cet esprit, nous nous efforcerons de cultiver l'identité des communes, en commençant par défendre le principe d'autonomie communale, c'est-à-dire le droit pour chaque commune de décider pour elle.

Le droit de refuser les puisions imposées, et bien sûr, le droit de s'opposer aux absorptions de fêtes par les communautés d'agglomération. La commune est l'instance de démocratie, de proximité et de contrôle la plus efficace, et bien nous la défendrons. À l'échelon municipal, la recherche des grands équilibres doit être une priorité. Équilibre habitat-emploi, je l'ai dit, ce qui est vrai pour l'Etat est vrai pour les maires à l'échelon de la ville. Équilibre des circulations, en partageant mieux l'espace public entre les différents modes de déplacement. Équilibre démographique, par la lutte contre les ghettos. Équilibre urbain, avec le refus du bétonnage à tout va.

Plus largement, à l'échelon national, départemental et régional, il nous faut remettre de l'ordre dans le grand chaos territorial qu'une politique de gribouille a méticuleusement organisé. En matière de compétences territoriales, je suis désolé de vous le dire, mais personne n'y comprend plus rien. Les réformes se succèdent sans la moindre vision globale. Nous avions le millefeuille territorial qui était un problème, ils sont en train de le passer au mixeur, et évidemment c'est pire. Comme si l'Etat garant de la permanence et de l'égalité devait céder à la mode de la customisation, on se pique de créer des institutions à la carte. Des strates nouvelles s'empilent.

Et avec elles, les embauches et les dépenses supplémentaires, bien sûr. Les compétences se partagent, se dispersent et parfois même se volatilisent sans que personne ne sache plus qui fait quoi, qui paye quoi, combien ça coûte et où va l'argent. Où va l'argent ? Voilà une question qui a été posée, voilà une question qui reste posée. Plus on crée de structures, moins les habitants voient de services et plus ils payent. Il y a quand même un problème quelque part. Une telle évolution est le signe d'une grande régression d'ailleurs administrative et politique.

Avec le démantèlement territorial, avec des collectivités aux compétences à la carte, nous nous acheminons vers des institutions en rupture avec l'égalité républicaine des citoyens. Nous, nous ne voulons pas voir le retour des féodalités qui organiseraient une forme d'asservissement des Français. Vous le voyez, les amis, notre vision municipale s'appuie sur un socle de valeurs que nous proposerons au suffrage des Français durant cette campagne.

Elle s'accompagnera à des projets municipaux localisés qui intégreront les priorités qui sont évidemment les nôtres, la sécurité dont la dégradation s'accélère et se généralise, le refus de toute immigration supplémentaire, le localisme et l'écologie, une gestion rigoureuse et la baisse réelle des impôts, le contrôle et l'évaluation de la dépense publique, le développement local, la démocratie de proximité. Ce programme, nos maires les ont mis en œuvre durant cette mandature, avec bonheur, si j'en juge, le niveau de satisfaction des habitants et leurs résultats au cours des dernières élections.

Au Pontay, à Hayanges, à Villers-Cotterêts, à Bocaire, à Hénin-Beaumont ou ici à Fréjus, nos maires ont montré que la gestion par des maires RN, ça fonctionne. Ce bilan de nos villes sera d'ailleurs pour tous les Français un gage de sérieux et d'efficacité de la gestion RN dans chacune de leurs villes. Nous savons que l'élection municipale n'est pas la plus facile. Permettez-moi, parce qu'on a parlé de choses très sérieuses et parfois un peu techniques, de vous poser une petite devinette. À quoi reconnaît-on une élection municipale ? Alors à la floraison des panneaux de chantier, à l'explosion des embauches d'employés municipaux, à l'augmentation des subventions aux associations.

Vous l'avez compris, la municipale c'est souvent le règne du clientélisme le plus éhonté, l'achat de voies avec des cadeaux distribués à tout va, un logement, une place en crèche, un emploi. Mais c'est là une difficulté que nous avons identifiée. Mais rassurez-vous, loin de nous décourager, ces pratiques délétères que nous voulons abolir nous stimulent. Ce combat municipal nous le mènerons avec tous ceux qui partagent avec nous le désir d'un renouvellement local et national. Avec tous ceux qui entendent construire pour la France et pour leur ville une alternance avec tous ceux qui, comme nous, ont la patrie au cœur.

Ils viendront de la droite, dite bonapartiste, et c'est logique parce qu'elle est profondément compatible. Je salue Thierry Mariani et Jean-Paul Garot. Ils viendront de la droite enracinée et je salue notre ami Daniel Philippot du CNIP qui conduira à nos côtés une liste dans les Alpes-Maritimes. Ils viendront aussi de la gauche parce que les souverainistes de gauche sont orphelins. J'ai d'ailleurs personnellement demandé à notre ami Andréa Cotarac de s'engager lors de ses futures municipales.

Ils viendront aussi d'ailleurs, selon l'expression consacrée de la société civile, comme l'a fait Hervé Juvin aux élections européennes, et même militaires, comme à Carpentras avec l'ancien majeur général de l'armée de terre, le général de la Chénet, sans étiquette, qui conduira à une liste de rassemblements que nous soutiendrons. Vous l'avez compris, nous entendons beaucoup parler d'union avec la droite. Mais nous voulons, nous, aller vers la fraternelle ambition de l'union nationale. L'union nationale avec un projet d'unité nationale. Et après tout, quoi de plus normal pour des nationaux ? Dans les crises graves, qui peut nier que le pays traverse une crise grave ?

Les Français savent qu'ils doivent se rassembler, que les étiquettes partisanes sont un peu réductrices, que le pays a besoin de toutes les énergies, de tous, sans exclure personne. Je le dis ici comme je l'ai fait à maintes reprises. Tous les Français, d'où qu'ils viennent, ont vocation à nous rejoindre et à participer au combat pour le redressement de la France. Cette volonté de rassemblement pourra également trouver d'ailleurs des applications, non plus seulement avant les élections, mais pendant. N'oublions pas que l'élection a lieu en deux tours et que les fusions de listes sont parfaitement possibles au second tour.

Nous y sommes ouverts, pour peu que la démarche, évidemment, soit juste et transparente. La séquence électorale qui souffre peut marquer un tournant. Elle doit marquer un tournant. Au-delà des enjeux locaux qui ont leur importance pour la vie quotidienne des Français, se joue une vision de la société. L'ère Macron a inauguré, ou plutôt accéléré, un processus de déconstruction. Nous l'avons dit. Progressivement, il fait sauter tous les repères. Et ce faisant, nous fait entrer dans une société que je qualifierais de liquide. Une société où plus rien n'est sûr. Pas sûr de garder son travail. Pas sûr de ne pas être muté de manière autoritaire.

Pas sûr de son âge de départ à la retraite, ni même du montant de sa pension. Pas sûr que ses enfants reviendront sains et saufs d'une sortie entre amis. Ce qui nous est proposé, c'est une société de l'insécurité généralisée. Une société où tout est précaire, éphémère, incertain. Cette insécurité, de nombreux Français la vivent au quotidien. Elle est physique pour les pompiers, les urgentistes, les médecins, les infirmières, les professeurs, les policiers, les maires, les chauffeurs de bus. Le simple passant qui a le tort de marcher dans la rue. Il passe et parfois trépasse. Mais cette insécurité est aussi sociale et psychologique. Même les partis politiques se sont liquéfiés.

Sommes-nous condamnés à vivre comme l'oiseau sur la branche qui, par peur constante, regarde de tous côtés ? Il nous prépare, mesdames et messieurs, une vie épuisante, faite d'anxiété et d'incertitude. Nous, nous pensons qu'on ne construit rien sur un marécage, avec des matériaux liquides et des idées fuyantes. Dans ce contexte, le Rassemblement national constitue un socle solide et durable. Il est la certitude d'une politique qui pose des limites, des règles, des droits, des garanties pour chacun. Il sera demain à l'échelon national comme à l'échelon local, le pôle de force, de concorde et de fraternité sur lequel le redressement national sera possible.

Notre projet s'appuiera sur ce rocher de granit sur lequel la France s'est bâtie, sur cette terre pétrie du sang de nos aïeux, qui n'est rien d'autre que la patrie. Notre certitude porte un nom, la France. Notre ambition, la servir. C'est autour d'elle et de ses valeurs que nous rassemblerons les nôtres, c'est-à-dire tous les Français d'où qu'ils viennent. Cette histoire, mes amis, nous allons l'écrire ensemble, pour notre peuple, pour notre pays, simplement parce que nous les aimons. Vive la République et vive la France !

En votre nom, d'adresser un salut fraternel aux 200 personnes qui n'ont pas pu entrer dans la salle et qui sont dehors en train de regarder la retransmission de cet événement.