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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 23 janvier 2025 13 minFond programmatiqueEurope & internationalDéfenseÉconomie & entreprisesSécurité

Déclaration du Président Emmanuel Macron et du Chancelier allemand Olaf Scholz.

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Emmanuel MacronFait
    « c'est un grand plaisir pour moi d'accueillir à l'Elysée le Chancelier Scholz en ce jour si particulier pour l'amitié franco-allemande qu'est le 22 janvier. »
  • 0:30Emmanuel MacronFait
    « Le Chancelier et moi-même avons présidé en mai dernier un conseil des ministres franco-allemand à Meseberg et la déclaration qui en est sortie a permis d'apporter une contribution décisive pour accélérer notre agenda de compétitivité européenne. »
  • 2:00Emmanuel MacronFait
    « Urgence à utiliser tous les instruments européens pour assurer à nos entreprises comme à nos agriculteurs des conditions de concurrence loyale dans un environnement de plus en plus brutal et désinhibé. »
  • 3:00Emmanuel MacronFait
    « l'intelligence artificielle est l'un des secteurs clés sur lesquels l'Europe doit être un continent de pointe. »
  • 3:30Emmanuel MacronFait
    « La défense des intérêts des Européens passe bien sûr par un investissement accru dans notre défense. »
  • 4:30Emmanuel MacronFait
    « Nous avons une feuille de route franco-allemande sur l'intelligence artificielle et nous voulons ensemble développer davantage de projets de recherche, de création d'entreprises et de croissance de nos entreprises. »
  • 5:30Emmanuel MacronFait
    « la seule réponse aux temps dans lesquels nous entrons, c'est plus d'unité, plus d'ambition et d'audace et plus d'indépendance des Européens. »
  • 6:00Emmanuel MacronFait
    « C'est continuer à soutenir l'Ukraine face à l'agression russe et poser les conditions d'une paix juste et durable. »
  • 7:00Olaf ScholzFait
    « Les temps que nous vivons sont difficiles et c'est précisément en cette période difficile que l'Europe a besoin de nous, du couple franco-allemand. »
  • 7:30Olaf ScholzFait
    « la guerre brutale et impitoyable d'agression russe contre l'Ukraine dure depuis bientôt trois ans et a brisé l'ordre de paix européen. »
  • 8:00Olaf ScholzChiffre
    « l'Europe est un vaste espace économique avec environ 450 millions de citoyens. »
  • 8:30Olaf ScholzFait
    « Les dépenses de défense augmentent dans presque tous les Etats européens. »
  • 9:00Olaf ScholzFait
    « il ne doit pas y avoir d'amendes à l'encontre des constructeurs automobiles qui investissent fortement dans l'électromobilité, mais ne vendent pas encore assez de voitures. »
  • 9:30Olaf ScholzFait
    « l'industrie de l'acier revêt également une importance stratégique pour l'économie et la sécurité européennes. »

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Mesdames et Messieurs, tous mes voeux et bonne année à celles et ceux que je n'ai pas encore pu voir. Monsieur le Chancelier, cher Olaf, c'est un grand plaisir pour moi d'accueillir à l'Elysée le Chancelier Scholz en ce jour si particulier pour l'amitié franco-allemande qu'est le 22 janvier. En effet, c'est ici qu'il y a 62 ans, jour pour jour, le général de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer ont posé le cadre de notre relation si spéciale.

Et il y a six ans, c'est à cette même date que nous avons signé avec Angela Merkel à Aix-la-Chapelle un nouveau partenariat et un nouvel élan. Et je suis très heureux, cher Olaf, de célébrer cet anniversaire de nos traités avec vous. Alors 2024 a été une année de forte engagement franco-allemand, en particulier pour l'Europe.

Le Chancelier et moi-même avons présidé en mai dernier un conseil des ministres franco-allemand à Meseberg et la déclaration qui en est sortie a permis d'apporter une contribution décisive pour accélérer notre agenda de compétitivité européenne et l'inscrire dans le programme de travail de la nouvelle Commission. L'Allemagne et la France veulent en effet accélérer cet agenda que nous avons fixé pour l'Europe, de même que nous voulons accélérer et mener à bien nos projets de coopération franco-allemande, de la jeunesse à l'audiovisuel, de l'intelligence artificielle à l'industrie de défense. C'est la France qui accueillera cette année un nouveau Conseil des ministres franco-allemand qui nous permettra de poursuivre ce chemin.

Après l'entrée en fonction de la nouvelle administration aux Etats-Unis, il appartient plus que jamais aux Européens et donc à nos deux pays, de jouer tout leur rôle pour consolider une Europe unie, forte et souveraine. Une Europe attachée au lien transatlantique qui sache affirmer aussi ses intérêts propres et les défendre avec ses valeurs et ses instruments européen. La priorité des Européens doit aujourd'hui être plus encore pour notre Europe et en premier lieu pour notre compétitivité, notre prospérité, notre sécurité.

Pour renforcer aussi nos démocraties et préserver notre modèle économique et social. Les constats et les risques ont été établis. Les rapports Letta, Draghi sont connus et je crois qu'ils viennent d'ailleurs consolider ce que nous avions ensemble agréé à Meseberg, comme je l'évoquais.

Et il nous faut maintenant agir. Et donc je crois pouvoir dire, et nous allons poursuivre les discussions dans un instant avec Olaf, mais que nous sommes extrêmement alignés pour mener un agenda de compétitivité très puissant. Simplification massive dans tous les secteurs qui sont concernés et nous défendons justement une simplification à l'échelle européenne la plus ambitieuse possible.

Urgence aussi pour soutenir certains secteurs critiques : l'automobile, l'acier, la chimie. Urgence pour investir et réduire nos dépendances dans des secteurs clés : l'intelligence artificielle, le quantique, les biotechs, l'énergie, l'espace, l'industrie de défense européenne, bien sûr. Urgence à utiliser tous les instruments européens pour assurer à nos entreprises comme à nos agriculteurs des conditions de concurrence loyale dans un environnement de plus en plus brutal et désinhibé.

Urgence à soutenir l'investissement public et privé dans nos transitions climatiques et numériques, notamment pour que l'épargne européenne reste en Europe et trouve à s'y investir en avançant sur l'union des marchés de capitaux. A ce titre, je l'évoquais, l'intelligence artificielle est l'un des secteurs clés sur lesquels l'Europe doit être un continent de pointe. Et nous aurons ensemble l'occasion d'y travailler les 10 et 11 février lors du sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle.

Et je vous remercie, Monsieur le Chancelier, de nous y retrouver. La présidente de la commission sera là aussi, et, je le rappelle, nous avons une feuille de route franco-allemande sur l'intelligence artificielle et nous voulons ensemble développer davantage de projets de recherche, de création d'entreprises et de croissance de nos entreprises. La défense des intérêts des Européens passe bien sûr par un investissement accru dans notre défense.

Nous y reviendrons entre Européens le 3 février lors de la retraite stratégique à Bruxelles. Mais la valeur ajoutée de l'Union européenne, c'est de soutenir notre propre base industrielle et technologique de défense européenne, par l'identification de domaines clés où nous avons besoin de capacités de défense commune qui nous manquent et ouvrir ensuite les meilleures options de financement en Europe. Nous continuerons à y travailler en franco-allemand et le MGCF ou le SCAF sont des projets importants, mais nous avons aussi lancé d'autres travaux communs sur de nouvelles capacités et des segments qui sont critiques.

Et de l'armement au spatial, nous croyons l'un et l'autre que, en effet, il faut que l'Europe, pas simplement dépense davantage pour la défense, mais qu'elle développe sa propre base industrielle, ses propres capacités, sa propre industrie. Enfin, défendre nos intérêts, c'est contribuer à la paix et la stabilité dans notre voisinage. C'est continuer à soutenir l'Ukraine face à l'agression russe et poser les conditions d'une paix juste et durable.

C'est construire la stabilité au Proche-Orient en accompagnant une transition politique pacifique et exigeante en Syrie, en aidant le Liban à se reconstruire, en soutenant la mise en oeuvre de l'accord de cessez-le-feu obtenu entre Israël et le Hamas. C'est enfin parler de l'avenir et de la sécurité de notre continent à l'échelle de la plus grande Europe, comme nous l'avons fait il y a quelques semaines à la Communauté politique européenne et comme nous le ferons en mai prochain en Albanie. Sur ces sujets, l'Allemagne et la France avancent main dans la main, convaincus au fond que dans les temps qui s'ouvrent, face aux défis, parfois aux inquiétudes qui naissent, le couple que nous formons est solide.

Il l'a montré en traversant toutes les périodes. Depuis ce 22 janvier, il y a 62 ans. Et nous avons la capacité ensemble.

Et en convainquant aussi nos partenaires, en poussant de nouveaux projets pour cette Europe qu'en effet, la seule réponse aux temps dans lesquels nous entrons, c'est plus d'unité, plus d'ambition et d'audace et plus d'indépendance des Européens. C'est cela qui nous anime et c'est en ce sens que nous continuerons d'agir. Je suis très heureux en tout cas, cher Monsieur le Chancelier, que vous soyez à Paris aujourd'hui pour célébrer cette amitié et tant de projets qui nous attendent.

Je vous remercie. Monsieur le Président, cher Emmanuel, je me réjouis beaucoup de ton invitation de venir à Paris aujourd'hui en cette journée particulière. C'est une joie et un honneur tout particulier d'être ici avec toi en cette journée historique, jour pour jour, 62 ans après la signature du traité de l'Élysée.

Le traité de l'Élysée n'est pas seulement un document central de la réconciliation entre la France et l'Allemagne, c'est aussi un symbole de notre profonde amitié. Merci, mon cher ami. Les temps que nous vivons sont difficiles et c'est précisément en cette période difficile que l'Europe a besoin de nous, du couple franco-allemand.

Dans ton discours à la Sorbonne, tu as beaucoup parlé de la souveraineté européenne, un concept que j'ai repris et développé dans mon discours à Prague. Nous sommes tous d'accord que l'Europe doit devenir plus forte et plus résiliente dans un monde en mouvement, pour le dire prudemment. La guerre brutale et impitoyable d'agression russe contre l'Ukraine dure depuis bientôt trois ans et a brisé l'ordre de paix européen qui consiste à dire que les frontières ne doivent pas être redessinées par la force.

En même temps, nous observons comment l'extrême droite monte en puissance partout dans les sociétés occidentales. Elle ne mise pas sur la coopération mais sur la confrontation. Elle veut nous diviser au lieu de nous unir, ce qui affaiblit l'Europe.

Cette semaine, nous sommes en face d'une nouvelle administration américaine et le président Trump sera un défi. Mais nous savons, du moins autant que l'Europe et les Etats-Unis sont unis par une amitié, un partenariat de longue date. Et c'est sur cette base que nous voulons continuer de construire ensemble avec nos partenaires d(outre-atlantique.

Bien sûr, nous allons analyser les décisions annoncées, déjà prises par le président Trump. Notre position est très claire l'Europe est un vaste espace économique avec environ 450 millions de citoyens. Nous sommes forts, nous sommes unis et l'Europe ne va pas se cacher.

Elle sera un partenaire constructif et sûr de lui. C'est sur cette base que nous aurons une bonne coopération avec les Etats-Unis et le nouveau président américain. L'OTAN est le garant central de la sécurité en Europe et des relations transatlantiques.

Ces dernières années, nous, Européennes et Européens, avons accompli pas mal de choses ensemble pour renforcer le pilier européen de l'OTAN. Les dépenses de défense augmentent dans presque tous les Etats européens. l'Allemagne et la France ont décidé de développer, en coopération avec des partenaires européens, de développer des armes de précision à distance.

Et nous avons une coopération franco-allemande plus approfondie en matière de défense et d'armement même si, et je vous le dis très sincèrement, nous pourrions tous deux imaginer d'aller encore beaucoup plus loin, n'est-ce pas ? Ces dernières années, nous avons mis sur les rails de nombreux dossiers. Nous avons approfondi notre coopération dans des séminaires gouvernementaux communs et tous deux nous impulsant un agenda franco-allemand pour la compétitivité et la croissance dans l'Union européenne.

Et c'est un bon signe que la présidence de la Commission la reprenne à son compte. Il y a trois points qui sont particulièrement importants. Premièrement, il ne doit pas y avoir d'amendes à l'encontre des constructeurs automobiles qui investissent fortement dans l'électromobilité, mais ne vendent pas encore assez de voitures.

Au lieu de payer des amendes à Bruxelles, elles devraient plutôt investir l'argent dans plus de l'électromobilité. C'est aussi pour cela que je salue que la Commission européenne est convoquée un dialogue stratégique avec l'industrie automobile pour répondre aux défis du secteur. Deuxièmement, l'industrie de l'acier revêt également une importance stratégique pour l'économie et la sécurité européennes.

Voilà pourquoi nous plaidons expressément pour que la Commission européenne invite en toute urgence un sommet européen sur l'acier. Troisièmement, nous devons au plus vite exonérer les entreprises des charges bureaucratiques. Concrètement, il faudrait donc suspendre pendant deux ans l'obligation de publier des informations sur la durabilité pour les entreprises et réduire le nombre des points de suivi.

Mesdames et Messieurs, permettez-moi d'évoquer un dernier sujet important. Emmanuel l'a déjà fait, c'est l'Ukraine. Une chose est claire, l'Ukraine peut compter sur nous.

Nous n'allons pas relâcher nos efforts dans le soutien à l'Ukraine qui se défend avec héroïsme contre l'agression russe depuis presque trois ans maintenant. J'en ai rassuré hier encore Volodymyr Zelenski lors de notre rencontre à Davos. Nous tous, bien sûr, souhaitons que cette terrible guerre termine.

Mais pour cela, il faut une Ukraine forte. Mesdames et Messieurs, cher Emmanuel, nos deux pays et gouvernements partagent un même objectif. Ensemble, avec nos partenaires européens et nos amis, nous oeuvrons à une Europe ouverte et forte, une Europe où nos citoyens puissent vivre en liberté, en sécurité et dans la prospérité.

Cher Emmanuel, nous allons continuer à oeuvrer ensemble. Merci beaucoup et vive l'amitié franco-allemande. Merci beaucoup.