Les jeunes actifs sont-ils vraiment pris d'une envie de «grande démission» ? Avec Olivier Galland
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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Qu'est-ce que vous feriez si vous aviez les moyens de ne pas travailler ?
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Quels sont les secteurs les plus prisés aujourd'hui ?
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Vous avez choisi de diviser les jeunes actifs en plusieurs catégories. Pouvez-vous nous les détailler ?
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Le stress et les contraintes émotionnelles sont au cœur du mal-être professionnel. Est-ce un phénomène nouveau ?
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Un jeune sur trois regrette de ne pas être reconnu au travail par ses managers. Comment l'expliquer ?
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Sur le plan politique, 49 % des jeunes interrogés ne manifestent aucune préférence partisane. Comment l'interprétez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Les jeunes ne sont pas des tanguis. Ils veulent pas rester indéfiniment chez leurs parents. Pas du tout. Ils veulent devenir indépendants, autonomes, avoir leur propre logement. »
- 1:00Olivier GallandChiffre
« 80 % des jeunes nous disent qu'ils continueraient de travailler. »
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« Il y a une très forte corrélation entre la satisfaction au travail et la satisfaction dans la vie. »
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« Les risques psychosociaux comme on appelle, c'est quelque chose qui est repéré déjà depuis de plusieurs années. »
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« Un jeune sur trois regrette de ne pas être reconnu au travail par ses managers. »
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« 49 % des jeunes interrogés ne manifestent aucune préférence politique partisane. »
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« Le vote pour le Rassemblement national n'est plus un vote de contestation. Il est devenu un vote comme les autres. »
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Les jeunes ne sont pas des tanguis. Ils veulent pas rester indéfiniment chez leurs parents. Pas du tout.
Ils veulent devenir indépendants, autonomes, avoir leur propre logement. Les jeunes femmes ont des attentes beaucoup plus élevées que les garçons. Les jeunes garçons se dirigeant vers les secteurs de la production, les jeunes filles vers les secteurs des services.
Effectivement, le travail reste un vecteur d'intégration sociale et d'épanouissement personnel important. Olivier Galant, dans votre enquête pour l'Institut Montigne, vous cassez l'un des grands mythes sur la jeunesse française. Le travail demeure un élément structurant de leur vie.
Effectivement, alors on pose une question par exemple pour donner quelque chose de concret. Qu'est-ce que vous feriez si vous aviez les moyens de de ne pas travailler ? Bah 80 % des jeunes nous disent qu'ils continueraient de travailler.
Alors parfois en changeant de métier, mais voilà, effectivement le travail reste un un vecteur d'intégration sociale et d'épanouissement personnel. important. Alors, il y a une autre preuve qui est apportée par l'enquête, c'est qu'on voit alors on a posé des questions sur la satisfaction au travail et la satisfaction dans la vie et on voit qu'il y a une très forte corrélation entre la satisfaction au travail et la satisfaction dans la vie.
Pour autant, et on va en reparler, les jeunes ne sont pas satisfaits de tous les aspects de leur travail et ils n'idéalisent pas le travail non plus. Autre mythe, seulement 10 % des jeunes rejettent totalement l'autorité hiérarchique et 48 % adoptent une obéissance sans conditions. C'est un résultat un peu général de l'enquête si vous voulez, c'est qu'au travail les jeunes ne sont pas tellement des rebelles.
Il y a plutôt le sentiment qu'il y a une certaine soumission finalement en tous les cas d'une partie notable des jeunes aux exigences du travail. Et d'ailleurs, on voit si vous voulez que les aspirations des jeunes sont étroitement dictées par le niveau de diplôme. Alors ça peut sembler évident sur la rémunération par exemple et la qualification, mais ça va bien au-delà sur l'intérêt du travail, sur la qualité de vie au travail.
Plus le niveau de diplôme est bas, plus ces exigences sont faibles. Vous avez testé 15 critères de satisfaction auprès des 6000 jeunes que vous avez interrogé et c'est la rémunération qui arrive en tête. Alors là, contrairement encore à une idée reçue, les jeunes ne sont pas des tanguis.
Ils veulent pas rester indéfiniment chez leurs parents, pas du tout. Ils veulent devenir indépendants, autonomes, avoir leur propre logement. Mais ensuite, on voit qu'il y a des critères qui ont trait à ce qu'on pourrait appeler la qualité de vie au travail.
Il y a deux choses qui ressortent particulièrement, c'est le stress au travail et la question de la conciliation entre la vie de travail et la vie personnelle, notamment sur le plan des horaires. Donc voilà, tout ce thème si vous voulez de la qualité de vie au travail après la rémunération devient quelque chose de très important pour les jeunes. Et étonnamment, les préoccupations environnementales arrivent en avant-dernière position.
Alors ça d'ailleurs on l'avait déjà vu dans une précédente enquête qu'on avait faite pour l'institut moning qui portait plus sur les les attitudes sociétales des jeunes. Le résultat, il est confirmé effectivement. Ça veut pas dire que les jeunes sont pas sensibles à cet aspect mais en tous les cas c'est loin d'être un critère disons, principal pour le choix d'un d'un emploi.
Quels sont les secteurs les plus prisés aujourd'hui ? Alors là, il y a il y a effectivement un résultat qui nous a un peu surpris, c'est que le premier secteur, celui qui arrive en tête dans les préférence des des jeunes, c'est le luxe. Alors, c'est un peu surprenant parce que évidemment l'entreprise emblématique du luxe en France, c'est LVMH euh qui est assez décrié souvent dans l'opinion, dans les dans les médias, dans certaines grandes écoles et cetera.
Et pourtant pourtant lorsqu'on interroge l'ensemble des jeunes, c'est la la première entreprise qui est qui dans lequel on aimerait disons travailler. Après le luxe, on a des choses auxquelles on s'attendait plus, l'administration, le social, la santé et là je pense que que c'est lié si vous voulez à l'idée que qu'on a vu précédé précédemment que la qualité de vie au travail est quelque chose de très important. Probablement ces jeunes pensent que dans ces secteurs, cette qualité de vie au travail peut être mieux préservée que dans le secteur privé où les exigences peuvent être plus importantes.
Vous avez choisi de diviser les jeunes actifs en plusieurs catégories. Pouvez-vous nous les détailler ? Les jeunes au travail se séparent en gros en deux groupes. 48 % qui sont soit frustrés, soit fatalistes.
Alors frustrés, c'est-à-dire que il y a un grand écart entre leurs attentes et la réalité du travail. Les fatalistes, ce sont pas des jeunes frustrés, mais ce sont des jeunes qui ont des attentes très basses et donc ils sont pas frustrés parce que tout simplement ils ont d'attente vraiment des attentes minimales. Et puis il y a une moitié de jeunes satisfaits dont c'est 20 % qui veulent faire le salariat et le tiers qui sont alors vraiment satisfaits qui ont les meilleurs emplois, une partie qui veut plutôt qui privilégie plutôt la stabilité dans l'emploi et une autre partie qui privilégie la mobilité.
Le stress et les contraintes émotionnelles sont au cœur du mal-être professionnel. Est-ce un phénomène nouveau ou une réalité longtemps ignorée ? Oui.
Alors effectivement, c'est c'est pas nouveau, hein. Les risques psychosociaux comme on appelle, c'est quelque chose qui est repéré déjà depuis de plusieurs années. Mais je pense, si vous voulez, que c'est très important parce que ça traduit vraiment le passage à mon avis d'une société industrielle à une société tertiaire.
C'est frappant de voir dans notre enquête que la pénibilité physique, les risques physiques viennent plutôt en en que de liste des frustrations au travail et des qualités attendues du du travail. Ces risques physiques, c'étaient ceux qui étaient précisément associés au métier industriel, au métier de l'industrie, au métier de la production. et les risques psychosociaux.
Ce stress émotionnel, c'est plutôt ce sont plutôt les risques qui sont associés au métier tertiaire, au métier de service. Et donc là, on a un clivage dans la jeunesse entre des jeunes parce que alors c'est aussi un clivage de genre, un clivage de genre parce qu'on a toujours une orientation qui reste extraordinairement sexuée, notamment dans ces filières professionnelles. les jeunes garçons se dirigeant vers les secteurs de la production, les jeunes filles vers les secteurs des services et notamment des services à la personne.
C'est dans ces secteurs des services à la personne qu'apparaissent et que se développent ces risques émotionnels liés notamment au contact avec le public. Ces métiers qui sont privilégiés par les jeunes femmes et bien ce sont des métiers où où ces risques émotionnels sont très sont très prignants et les jeunes une partie des jeunes en en souffrent fortement. Un jeune sur trois regrette de ne pas être reconnu au travail par ses managers.
Les jeunes générations sont-elles plus sensibles au retour d'expérience ? Le bilan n'est pas totalement négatif hein parce que il y a plutôt une une majorité de jeunes dans l'ensemble qui reconnaît les efforts du management pour l'intégration dans le travail. Mais malgré tout, par exemple sur la question est-ce que le management fait les efforts suffisants en terme de bien-être au travail ?
Il y a un tiers des jeunes qui estiment que il y a pas d'efforts suffisants pour améliorer ce bien-être au travail qui, on l'a vu, est une préoccupation essentielle des jeunes. Et ceux qui sont critiques à l'égard de cet aspect le sont effectivement surtout sur la question de la reconnaissance du travail. Donc effectivement, il y a chez ces jeunes-là une demande de reconnaissance et probablement dans beaucoup d'entreprises, on ne porte pas assez d'attention à l'écoute des jeunes et au rewarding, à la à la reconnaissance, à la à la à la récompense.
Sur le plan politique, 49 % des jeunes interrogés ne manifestent aucune préférence politique partisane et parmi des affiliés, il y a de plus en plus d'attraits pour les extrêmes. Cela confirme-t-il qu'il y a bien une jeunesse plurielle ? Oui, tout à fait.
Alors d'ailleurs jeunesse Puriel, c'était le titre de notre précédente enquête sur les attitudes sociétales et politiques et on trouvait déjà ce résultat. Mais ce qui est frappant, c'est le fait que on a trouvé absolument aucune corrélation entre la frustration au travail et l'adhésion à des idées radicales en matière politique. Ce n'est plus le cas parce que une grande partie des jeunes tout simplement est désaffilié politiqu et que l'autre parti probablement est plus sensible aujourd'hui à des questions identitaires ou sociétales liées par exemple à l'environnement, au genre, au racisme qu'à des questions liées à pour reprendre un langage marxiste à ce qu'on appelait les rapports de production.
Vous nous apprenez également que le vote pour le Rassemblement national n'est plus un vote de contestation. Il est devenu un vote comme les autres. Alors, les jeunes qui votent Front National dans notre enquête, certes, ce sont principalement des jeunes des classes populaires, mais la surprise, c'est que de voir que ces jeunes, bien qu'ils appartiennent aux classes populaires, on ne peut pas dire qu'ils appartiennent aux classes malheureuses parce que en fait, ils ont une satisfaction de la vie nettement plus élevée que la moyenne des jeunes.
Donc, ce sont pas des jeunes malheureux, ce sont des jeunes plutôt bien dans leur peau insérés voilà, une sorte semble-t-il d'effet bardella. À la lecture de votre enquête, que comprenez-vous des attentes implicites des jeunes vis-à-vis du monde du travail ? Que faut-il attendre des entreprises ?
Il me semble que la question de la flexibilité des horaires serait une question extrêmement euh extrêmement importante à mieux prendre en compte et peut-être faudrait-il déboucher sur des propositions pour l'aménagement des des horaires de manière de manière à ce que les jeunes puissent mieux concilier voilà des entreprises qui proposeraient ça. Je pense que elles attireraient beaucoup de jeunes. Alors aujourd'hui le je crois que dans beaucoup de d'entreprises le télétravail est en train de de régresser fortement.
Donc voilà, il faudrait proposer autre chose. Alors, il y a un autre résultat de notre enquête aussi, c'est qu'on voit que euh 27 % des jeunes disent avoir souv souffert de harcèlement moral, que c'est quand même un pourcentage important, très important. Et donc là, il y a il y a des questions hein pour voilà comment le repérer, comment y remédier, c'est aussi des questions très importantes.
Qu'est-ce qui vous a le plus surpris dans cette enquête ? C'est c'est quand même les différences de genre. Les différences de genre, ça c'est assez fascinant.
D'une part, l'orientation extrêmement sexuée. Dans le général, les filles se dirigent vers le littéraire ou le ou le social et les garçons vers les vers les sciences. Et dans les filières professionnelles, les filles vers les les filières de service à l'utercière, les garçons vers le secteur de la production.
Deuxième point très fascinant. Aujourd'hui, les jeunes femmes ont des attentes beaucoup plus élevées que les garçons. Ça ça ressort très fortement dans les de notre enquête.
Elles ont des attentes plus élevé et aussi des frustrations plus élevées. C'est probablement, si vous voulez, un renversement par rapport aux générations précédentes et pour autant elles ne traduisent pas ça, c'est ça qui est assez surprenant en insatisfaction revendiquée ni même en revendication. Alors, probablement, est-ce que ça viendra ?
Je pense que ça ça viendra mais pour le moment on a cette espèce de de paradoxe féminin d'attente très forte mais qui se qui ne se traduisent pas directement en en revication et en et en implication. [Musique] M.