JEAN-LUC MÉLENCHON INVITÉ DE BOURDIN DIRECT - #BourdinDirect
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 56 %Attaque 24 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 68 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- FerméeRéponse directe
Vous auriez voté la résolution à l'ONU demandant une enquête sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie ?
- FerméeÉludée
Vous soutenez toujours Maduro, ou pas ?
- FerméeÉludée
Est-ce que Maduro doit partir ?
- RelanceRéponse directe
La sortie concertée des traités européens, concertée avec qui ?
- RelanceRéponse partielle
N'y a-t-il pas un peu d'idéologie à dire que l'enseignement privé ne sera plus financé par l'Etat ?
- FerméeRéponse partielle
L'enseignement privé sera-t-il financé par l'Etat si vous êtes élu, oui ou non ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- Jean-Luc MélenchonFait
« Je condamne qui que ce soit qui utilise les armes chimiques. En tant que français je demande l'application de la Convention contre les armes chimiques. »
- Jean-Luc MélenchonFait
« Donc on a 14 tranches, les gens, vous pouvez tous aller voir sur mon site-là, JLM2017, il y a un simulateur. »
- Jean-Luc MélenchonPromesse
« La petite entreprise, je lui rends 4 services en un mot. Premièrement, je remplis le carnet de commande. »
- Jean-Luc MélenchonPromesse
« je diminue l'impôt des petites entreprises sur les sociétés pour qu'elles puissent passer au SMIC à 1700 € brut. »
- Jean-Luc MélenchonChiffre
« Ça coûte 10 milliards. »
- Jean-Luc MélenchonChiffre
« les emplois maintenus ou créés par M. Gattaz qui était là tout à l'heure sur cette chaîne, ont coûté 280 000 € par tête de pipe, alors qu'un emploi à 35 h en a coûté à peine 13 000. »
- Jean-Luc MélenchonPromesse
« l'enseignement doit être gratuit pour TOUS les petits Français, où qu'ils soient dans le monde ! »
Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Notre invité ce matin, pour cet entretien d'embauche, Jean-Luc Mélenchon. Bonjour ! Jean-Luc Mélenchon (JLM) : Bonjour.
Jean-Jacques Bourdin (JJB) Merci d'être avec nous. J'étais surpris, on avait pas de jingle, je sais pas... bon peu importe.
Entretien d'embauche, vous n'aimez pas ça, hum ? JLM : Non c'est marrant mais enfin, vous êtes quand même un peu...
C'est vous qui embauchez ? JJB : Ben c'est pas moi, ce sont les téléspectateurs, les auditeurs JLM : Non mais. JJB : Téléspectatrices et auditrices JLM : Allons-y, allons-y.
JJB : 8h30-9h actualités M : En fait, on est pas embauché. C'est ça qu'il faut comprendre. On reçoit une délégation de pouvoir.
Le système de la démocratie représentative, c'est ça. Donc les gens ont a juger qui parmi ceux qui se proposent à leur suffrage correspondent par leurs principes ou leur manière d'être à l'idée qu'ils se font de la façon d'affronter l'imprévu. Car vous savez, gouverner c'est quand même au moins 80% d'imprévu.
B : C'est vrai. Alors vous proposez un changement de régime, un changement de modèle économique et une autre diplomatie. Je vais commencer avec la diplomatie.
Parce que c'est important. La France, par la voix de Jean-Marc Ayrault, hier, affirme que les services français ont la preuve de l'utilisation de l'arme chimique par le gouvernement syrien le 4 avril dernier. Gaz sarin.
J'imagine que vous ne mettez pas en doute les affirmations du gouvernement français ? M : Je ne sais pas mais de toutes façons, il faut que les choses soient bien claires : qui que ce soit qui utilise des armes chimiques, doit être condamné et la communauté internationale représentée par l'ONU -et personne d'autre- ...doit... punir ces comportements.
Nous les Français, nous sommes spécialement intéressés à la lutte contre l'utilisation des armes chimiques. Car c'est nous, qui avons proposé...
B : Exact ! M : la réglementation internationale de 1993. On avait dans un premier temps, après les premiers... ...les premières attaques chimiques, on avait obtenu de la Syrie qu'elle démonte tout son arsenal.
Et on pensait l'avoir fait puisque les enquêteurs internationaux avaient dit "l'affaire est réglée". Maintenant j'en profite pour dire que non seulement, évidemment, il faut condamner avec la plus grande fermeté l'usage de telles armes - qui que ce soit qui les utilise - MAIS il faut obtenir que la convention soit un : signée par tous le monde. Il y manque la Corée du Nord, Israël, le Soudan et l’Égypte.
Et puis que ceux qui ont signé ben... tiennent parole.
Parce que sinon ils laissent des stocks derrière eux, et n'importe qui s'en empare. B : Alors pourquoi..vous auriez voté...
M : C'est le cas par exemple les États-Unis d'Amérique. B : Vous auriez voté la résolution, évidemment à l'ONU, demandant une enquête ? Sur l'utilisation.
M : Oui. B : Une enquête. Parce que les russes, s'y sont opposés, ont mis leur veto...
M : Oui. M : ...sans doute...
Sans doute avaient-ils des raisons. Mais moi, je ne les approuve pas. Parce que je crois que...
B : Ça signe le crime ? M : l'enquête...
L'enquête est absolument nécessaire et qu'on gagne du temps plus vite on la décide. Et si on est sûr de son affaire - Les Russes ont l'air d'être sûrs de leur affaire et pensent que ce n'est pas le régime - eh bien, ils auraient dû au contraire favoriser l'enquête. Ceci dit je crois que s'ils se sont abstenus sur le texte, c'est parce que celui-ci contenait une condamnation B : Ils se sont pas abstenus.
M : ...par avance B : Ils se sont pas abstenus.
M : ont voté contre. B : Ils mis leur droit de veto, ce qui n'est pas tout à fait pareil. M : Bien sûr, bien sûr.
Ils ont eu tort de le faire puisque vous le condamnez, M. Bourdin. B : Je le condamne p...
M : Vous savez que nous faisons..Mais alors vous posez une question, je peux répondre ou pas ?
B : Oui. M : Donc je redis, pour que ce soit bien clair, M. Bourdin, parce que je crains que la façon dont vous avez ...
B : Vous craignez. M : de revenir sur le sujet...Alors je redis, pour que tout le monde entende : Je condamne qui que ce soit qui utilise les armes chimiques.
En tant que français je demande l'application de la Convention contre les armes chimiques. L'enquête, je demande qu'elle soit menée par l'organisme international, sous contrôle de l'ONU qui l'utilise car ses diagnostics n'ont jamais été contestés jusqu'à ce jour. Et que ceux qui craignent cette enquête ne nous fassent pas perdre de temps avec des manœuvres dilatoires.
Je demande que tous les pays signent la Convention contre l'utilisation des armes chimiques car c'est un danger d'avoir des stocks. La Corée du Nord, Israël, le Soudan et l’Égypte doivent signer. Et les États-Unis d'Amérique ainsi que d'autres, doivent détruire leurs stocks.
Parce que nous, les Français, nous l'avons détruit. Un mot encore M : Si je suis élu B : Oui. M : sur ce sujet des armes chimiques, non seulement nous relancerons le débat, mais nous relancerons le débat sur les armes bactériologiques !
M. Bourdin, ni vous, ni moi n'avons envie de voir un jour utilisées de telles armes. Or, les nord-américains et quelques autres ont refusé qu'on traite de ces armes.
Je ne sais pas quelle est la position des Russes, mais je souhaiterais vraiment qu'il y ait au moins un grand pays qui dise, je pense par exemple aux Chinois. Ils pourraient nous aider dans cette affaire. Qu'il faut que ces armes soient détruites.
B : Alors, le Venezuela c'est aussi de la diplomatie. Nouvelle manif...
Enfin de la diplomatie...
C'est plus que de... la diplomatie...
Nouvelle manifestation massive, hier contre le pouvoir de Maduro. Vous soutenez toujours Maduro ou pas ? M : Mais euh..
B : Que les choses soient claires. M : Mais pardon, je suis sensé soutenir quoi ? B : Ben je vous pose la question.
Le régime de Maduro. M : Le régime ou M. Maduro ?
Je ne comprends pas. La Constitution de la République bolivarienne ou bien M. Maduro à titre personnel ?
B : Elle en a pris un coup la Constitution avec Maduro, non ? M : Ben écoutez, comme on peut le dire de toute Constitution, dans tous les pays où il y a des manifestations...
B : C'était hier le 19 avril M : Attendez M. Bourdin B : Oui. M.
Bourdin, je sais que le Venezuela est la passion centrale des français et d'un certain nombre de...
B : Pardon. M :..commentateurs.
B : Dîtes-moi, vous en avez beaucoup parlé, Jean-Luc Mélenchon, du Venezuela à l'époque de Chavez. Beaucoup. M : Ça y est ?
B : Allez-y. M : Bon. En effet, parce qu'il se produisait à l'époque, quelque chose qui m'intéressait beaucoup.
Qui était un gouvernement qui partageait la rente pétrolière avec le peuple et avec les pauvres. Si bien que des millions de gens ont été sortis de la pauvreté. Mais je ne suis pas gouvernant du Venezuela.
Je voyais un contraste extrêmement saisissant et fécond entre le partage de la richesse pétrolière au Venezuela et l'accaparation de cette même richesse au Qatar ou en Arabie Saoudite où les pauvres gens n'ont accès à rien. Voilà, c'était ça qui m'intéressait et qui continue à m'intéresser dans certains pays comme l’Équateur. Pourquoi me cite-t-on toujours le Venezuela, pour qui j'ai de l'amitié, mais pourquoi jamais l’Équateur où j'ai été très lié...
B : Bon. M :...aux dirigeants.
B : Très bien. M : au Brésil par exemple ou bien B : Très bien. M : à l'Argentine.
B : Je vais terminer avec Maduro. M : Oui. B : Est-ce qu'il doit partir ?
M : Mais c'est aux Vénézuéliens de répondre à une question pareille, enfin! B : Situation dramatique M : Est-ce qu'à chaque fois Pardon M. Bourdin.
Mais excusez-moi de vous dire est-ce que quand il y a eu les manifestations pour la loi El Khomri, vos collègues dans les autres pays disaient "M. Hollande.." B : Vous allez comparer les manifestations contre la loi El Khomri et les manifestations qui ont lieu aujourd'hui ?
M : En effet. B : Au Venezuela ? M : En effet.
B : En effet ? M : Oui. Ce sont des manifestations d'opposition.
B : Sauf que...Sauf que hier.
Hier 2 jeunes dont l'une, une jeune fille de 16 ans a été tuée M : C'est abominable. B : Ben oui, ah oui. C'est abominable.
M : Oui. B : Oui B : Oui. Bon.
M : Non, mais attendez...
B : Chavez M : Bon ? B : Chavez. M : Bon, bon : quoi ?
B : Non mais je dis bon. M : J'ai dit "c'est abominable". B :C'est votre jugement.
C'est abominable, très bien M : Vous, vous trouvez ça sympathique ? B : Moi je vous dis...Mais bien sûr que non M : Ah bon.
B : Mais je vous interroge dessus. M : Mais vous ne m'interrogez pas sur Bahreïn. B : Et quand le pouvoir, dites-moi M : Vous ne m'interrogez pas pas sur le Yemen, M.
Bourdin. B : Je. M : Vous avez vos prédilections.
B : Mais c'est pas que j'ai mes prédilections M : Vous avez vos massacres préférés. B : C'est que vous avez, vous, vos prédilections. C'est pas moi.
M : Non monsieur. B : Vous m'avez parlé sans cesse. M : Ce n'est pas vrai, je ne vous ai jamais parlé sans cesse.
B : Bon alors bon. M : M. Bourdin, arrêtez avec ça.
B : Bon d'accord. M : Vous passez votre temps, vous et quelques autres à essayer d'effrayer la..Vous savez quoi, M.
Bourdin ? B : Est-ce que le Venezuela est aux portes de la dictature ? M : Comment je...comment...
B : Oui ou non ? M : Je ne sais pas monsieur, je suis en train de faire campagne en France. B : Alors on va parler de la France.
M : Non, expliquez-moi pourquoi vous et vos collègues dans tous les pays passez votre temps à interpeler les hommes comme moi, les hommes de ma famille politique, ou les femmes, ...sur le Venezuela et Cuba ?
B : Ben parce que M : Pourquoi vous ne parlez jamais du Yemen ? B : Parce que vous avez défendu...
M : pourquoi vous ne parlez jamais de Bahreïn ? B : Castro et Chavez, c'est pour ça que je vous interroge. M : Mais M.
Chavez est mort. Fidel Castro est mort. Vous êtes au courant ?
B : "Juste un dictateur communiste mort" dit Bernie Sanders, d'Hugo Chavez. Vous avez vu ce qu'il a dit ? Oui ?
Pas un mot ? M : Alors ça y est...
B : Alors on passe à autre chose M : Mais si, quoi. M : Non M. Bourdin, non, je veux répondre à tout.
Quelle est votre question ? Allez-y. B : Simplement..
M : Posez votre question. Je vais vous répondre. B : Non, non M : Vous pensez que c'est bien de cracher sur les morts ?
Je suis d'accord avec vous. B : Mais je ne crache pas sur les morts. M : Alors monsieur, parlez-nous de Bahreïn où mon camarade est arrêté, est en prison depuis 5 ans.
B : Alors allez-y. M : Parlez-moi du Yemen qui est bombardé ...
B : Allez-y. M : du matin au soir. Je ne soutiens aucune dictature.
Nulle part dans le monde, je n'ai soutenu un dictateur. Je suis l'homme qui a des décorations pour avoir aidé des gens à sortir de prison, sous les dictatures. Ça suffit.
Cette espèce de doute que vous essayez d'étendre sur moi. Le reste du temps, vous fermez votre grande bouche. chaque fois que des dictateurs...
B : Pardon ? M : Monsieur, quand le Qatar, le sultan du Qatar, a été invité au 14 juillet : qu'est-ce que vous avez dit vous, M. Bourdin ?
Rappelez-nous. B : On n'a jamais critiqué le Qatar, ici, jamais ? M : Je ne vous dis pas ça.
B : On n'a jamais posé des questions sur le Qatar ? M : Mais sans doute avez-vous posé des questions. Mais vous n'avez le droit d'essayer de faire de moi B : Mais je vous M : par des questions insidieuses...
B : mais je fais rien, je vous pose.. M : mais vous voyez l'effet que ça vous fait..
B : elles sont pas insidieuses. M : M. Bourdin B : mais ça me fait..
M : Regardez comme vous vous énervez. B : Ah mais non, moi, moi M : Dès que je vous parle du Bahreïn, vous vous énervez B : pas du tout c'est vous qui vous énervez. M : Non, je ne 'énerve pas.
Et le Bahreïn, qu'est-ce que vous en pensez ? Vous savez comment s'appelle le chef du Parti de Gauche ? Il est en prison.
Ah c'est pas un problème. Là-bas c'est la démocratie, ils achètent nos avions, donc tout va bien. B : Et le Yemen.
M : Et le Yemen. Ah quand même. B : Et le Yemen.
M : Combien y a de gens qui sont morts là-bas ? B : Et, et, et le Yemen. M : Et bien, nous condamnons, vous et moi ?
B : Oui. M : les bombardements au Yemen ? B : Évidemment je condamne.
M : Bon et bien alors, il faudrait B : De toute façon, moi j'ai pas à condamner ou pas. M : Mais si, vous êtes quand même un journaliste ! Les journalistes sont sensés être aux avant-postes.
B : J'ai à poser, j'ai à poser des questions. M : Très bien. B : A propos de l'Europe, alors.
Parlons de l'Europe...
M : Donc qu'on se résume, je condamne toutes les violences d’État, que ce soit au Venezuela, à Bahreïn ou ailleurs, quoi qu'elles ne soient pas de même nature et de même intensité. Mais je les condamne toutes. Je n'ai aucune sympathie pour les dictateurs.
Je n'en ai jamais eu de ma vie. Et j'ai toujours défendu les droits de l'Homme. Partout.
Vous m'entendez : PARTOUT. Et à cet instant par exemple, nous pourrions dire, vous et moi, tous les 2, une chose : nous demandons au gouvernement du Venezuela de relâcher les photographes qui sont aujourd'hui en prison B : Je sais. M : pour une accusation, qui est sans doute infondée.
Et donc je demande, depuis votre antenne, au gouvernement du Venezuela, de relâcher les 2 journalistes photographes qui sont aujourd'hui en prison sous le prétexte qu'ils auraient eu je-ne-sais-quelle drogue sur eux. Ce que je ne crois pas. Car ces 2 personnes ne pratiquent pas l'usage des stupéfiants.
Voilà. B : Bien, à propos de l'Europe M : Donc vous êtes d'accord avec moi B : Oui, évidemment. M : pour demander ça au gouvernement du Venezuela ?
B : Je ne voulais pas vous en parler parce que c'était tenu plus ou moins secret. Mais vous avez raison de faire cette demande. M : Écoutez, moi j'ai..on est venu B : Sur les réseaux sociaux, on en a parlé M : On en a parlé M.
Bourdin et on m'a demandé à moi d'intervenir. B : Jean-Luc Mélenchon M: donc je le fais solennellement. B : Vous avez raison, oui vous avez raison.
L'Europe. Voilà ce que dit Benoît Hamon : "Vous nous racontez de jolies histoires, des contes, des fables." C'est ce que dit Benoît Hamon sur l'Europe.
Alors moi je veux savoir ce que vous voulez M : Sur l'Europe, il dit ça ? Mais c'est ni un conte ni une fable l'Europe. B : Oui.
M : C'est une réalité. L'Union Européenne a une réalité. L'exercice du pouvoir par la Commission Européenne a une réalité.
Le semestre européen qu'a approuvé M. Hamon - c'est-à-dire la vérification des comptes de la France 6 mois avant que le Parlement n'en décide - ce sont des réalités. Mais vous devez vous trompez, c'est de moi dont il disait ça.
Pas de l'Europe. B : Vous nous racon..
Oui, oui. Vous nous racontez à propos de vous mais sur M : Ah d'accord. B : l'Europe.
Sur l'Europe, vous nous racontez "de jolies histoires, des contes, des fables". Voilà ce qu'il dit à propos de vous SUR l'Europe. Que voulez-vous ?
Sortir de l'Europe, oui ou non ? M : Voyez-vous M. Bourdin, je me comporte comme quelqu'un qui s'apprête à gouverner ce grand pays.
Par conséquent, j'ai posé des principes. Plan A. La France ne peut pas continuer comme ça.
Nous demandons que l'harmonisation sociale et l'harmonisation fiscale ne soient plus interdites. De sorte que le dumping, c'est-à-dire la mise en compétition de nos régimes sociaux et fiscaux- cesse. Et que notre système cesse de s'effondrer de ce fait-là.
Deuxièmement, je demande que le statut de la Banque Centrale Européenne ne soit plus limité à la stabilité des prix. Mais qu'il intègre la nécessité de la relance économique. Etc etc.
Et enfin, je demande qu'autour de l'Europe, il y ait des frontières qui fassent que nous ne soyons pas ouverts d'une manière irresponsable comme nous le sommes, mais qu'on entre en négociation avec les grands partenaires économiques du monde pour voir ce qu'on laisse entrer et ce qu'on ne laisse pas entrer. Ce que nous, on nous permet de laisser sortir et ce qui ne sort pas. B : Donc sortie concertée des traités européens.
M : Alors ça, c'est la sortie concertée des traités européens sur une base rationnelle. B : Concertée avec qui ? M : Avec les autres pays européens naturellement.
B : Encore faut-il qu'ils soient d'accord. Et tous d'accord. M : Bien sûr.
Donc nous discuterons. M : Et je pense que B : Je dis bien "tous d'accord". M : Oui mais nous verrons, parce que je pense que nous pouvons convaincre tout le monde.
Parce que nos arguments sont rationnels. Ce ne sont pas des arguments idéologiques comme ceux des libéraux qui croient à la "vertu" du libre-échange et du marché comme régulateur ultime de l'activité humaine. Donc nous pouvons convaincre.
Surtout que personne n'a jamais essayé. Car les 2 précédents présidents n'ont RIEN négocié. Mme Merkel a été d'une rationalité totale.
Elle s'est trouvée 2 fois en face d'un président français qui lui a dit "Madame, où est-ce qu'on signe ?" après avoir dit le contraire avant. Donc.
Pour la première fois, quelqu'un va venir et dire "Ben écoutez, on discute". Nous sommes 18% de l'économie européenne. Les allemands 20, c'est-à-dire touche-touche, hein.
On est dans la marge d'erreur en quelque sorte. Et dans ces conditions...
On ne fait pas l'Europe sans nous. Nous sommes fondateurs de l'Europe. Fondateurs de l'euro.
Bon. On peut donc discuter. Je vous prie de croire à la nécessité de discuter.
Il est normal dans une négociation qu'on ait pour soi...un argument... de fond, qui est le plan B.
C'est, écoutez, si vous voulez discuter de rien. B : Oui. M : donc si vous voulez discuter de rien B : Donc le plan B c'est la sortie unilatérale de ces traités ?
M : Unilatérale, nous verrons si c'est ce que nous qui sortons. B : Oui. C'est ce que vous avez dit "sortie unilatérale".
M : Oui. Oui, oui,oui B : Vous dites, vous avez même dit L'Union Européenne "on la change ou on la quitte." M : Voilà.
Alors ça c'est un argument...
B : Vous redites la même chose. M : Oui, oui. M : Bien.
Absolument. Donc nous sommes dans le cadre d'une négociation. Je vous demande de comprendre que si dans un mois, c'est moi qui préside ce pays, vous devez vous imaginer que je ne vais pas vous dire ce matin comment je compte m'y prendre dans la négociation avec la part - comment dire - de...de ruse que comporte une ...
Mais je veux qu'on sache clairement, qu'on entende dans toute l'Europe, que ou bien on change ou ça va pas continuer comme ça. Ce n'est pas possible. La France est en train d'en mourir.
Asphyxiée industriellement et minée de l'intérieur socialement. Notamment par le statut des travailleurs détachés qui sont des délocalisations à domicile et... raptée, en quelque sorte, par le Luxembourg qui a une pratique fiscale absolument malhonnête qui consiste à afficher un taux d'impôt pour les sociétés et ensuite à le négocier.
Les uns en - comment dire - en face à face avec chaque entreprise - ça s'appelle des rescrits- c'est insupportable. Ça donne des taux d'imposition de quelques petits pourcents. Et évidemment, les sociétés qui font leurs bénéfices en France, parce que les travailleurs français font le travail, mettent ensuite ces bénéfices au Luxembourg et on ne peut plus y toucher.
Donc vous voyez que cette situation n'est plus supportable. Et d'ailleurs, M. Bourdin, je vais vous dire une chose : On m'objecte souvent que c'est moi qui mettrais en péril l'Europe parce que je voudrais la quitter je-ne-sais-quoi.
Bon. Mais écoutez la vérité, c'est pas moi qui... c'est pas moi qui ai fait partir les anglais.
C'est pas moi qui excite les gens comme c'est le cas dans toute l'Europe de l'Est. Ce sont bien eux-mêmes qui s'excitent tout seuls parce qu'ils en ont ras-le-bol. Et nous aussi, nous en avons ras-le-bol.
Excusez-moi la voix que j'ai elle s'est cassée dans les meetings. B : Je comprends. M : Quand on a bien compris mon point de vue B : Bien.
On va regarder votre programme. On va regarder votre programme. Il y a quelques ... points, - on va pas regarder tout - mais il y a quelques points que je voudrais éclaircir.
Est-ce qu'il y a pas un peu d'idéologie ? Par exemple lorsque, en matière d'éducation, vous dites : "l'enseignement privé ne sera plus financé par l'Etat" ? Est-ce qu'il y a pas un peu d'idéologie ?
M : Non, il faut qu'on arrive à trouver ...la façon de traiter ces problèmes.
Parce que... ce n'est pas une affaire idéologique qui a séparé l'école laïque de l'école privée.
Il y a d'abord un problème d'inégalité fondamentale Pourquoi ? B : Il y a des écoles privées laïques. M : Oui.
Oui B : Oui. M : C'est d'ailleurs quelques-unes d'entre elles qui posent le plus de problèmes car pour moi, le vrai problème dans ce pays, c'est plus l'enseignement commercial que l'enseignement religieux ou catholique, confessionnel on va dire. Quel est...C'est d'abord la situation d'inégalité inextricable que cela crée.
Pourquoi ? Parce que quand vous allez à l'enseignement privé, bon, ben, vous payez votre inscription et PUIS vous recevez des moyens de l'Etat. Quand vous allez à l'enseignement public, vous recevez les moyens de l'état et c'est tout.
Il y a donc une situation d'inégalité dans l'enseignement de nos enfants. Première inégalité. Deuxième inégalité : entre les différentes religions.
Parce que aujourd'hui, pour l'essentiel c'est une école catholique, des fois protestante, parfois juive. Mais c'est ça l'essentiel. Il n'y a pas école musulmane.
Il n'y a pas B : Il y en a très peu. M : il y a très peu d'écoles... euh euh catholiques Voilà.
Et moi je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. J'ai même l'idée du contraire B : Donc plus de financement par l'Etat ? M : Alors je pense qu'il faut qu'on arrive à trouver le moyen de sortir de ça.
B : Alors, oui ou non, plus de financement par l'Etat ou pas ? M : Mais je ne comprends pas ce que vous me demandez M. Bourdin.
M : Quand on dit...
B : L'enseignement privé M : Oui. B : sera-t-il financé par l'Etat si vous êtes président de la République ? Oui ou non ?
M : Par nécessité, M. Bourdin, il le sera puisque quand bien même voudrait-on changer de position qu'il y faudrait du temps. On ne peut pas imaginer que demain...
B : Ce n'est pas ce qu'il y a écrit dans votre programme, pardonnez-moi. M : Écoutez-moi, M. Bourdin, nous avions prévu que vous me poseriez la question et que donc j'aurais l'occasion d'en expliquer le sens.
Parce que les personnes moyennes - je veux dire pas aussi intelligentes que vous - arrivent à comprendre qu'on ne peut pas fermer toutes les écoles privées B : Qu'est-ce que c'est que cette idée monsieur. M : en l'espace de, d'une décision d'arrivée, vous voyez M. Bourdin ?
La dernière fois que nous avons...
La dernière fois qu'on a essayé ça, ça ne s'est pas fait, hein. Donc vous voyez que ce n'est pas comme ça qu'il faut traiter le problème. Nous devons discuter de ce point : Est-ce que nous sommes d'accord M.
Bourdin pour qu'il y ait des écoles confessionnelles dans ce pays de toutes les religions ? M. Bourdin, vous êtes donc partisan du fait qu'il y ait des écoles religieuses, bouddhistes, musulmanes, B : Totalement.
M : juives, voilà. B : Totalement, totalement. B : totalement confessionnelles.
M : Ce n'est pas mon avis. B : Confessionnelles. M : Eh bien, c'est votre avis.
Ce n'est pas le mien. Et en particulier B : Pourquoi ? M : Attendez, je n'ai pas fini.
B : Oui. M : Je ne suis pas d'accord non plus Entendez-le bien, parce que c'est plus grave que ce que nous sommes en train de parler, avec le fait qu'il y ait un enseignement privé - comment dire - pour les, l'enseignement des métiers. Et dorénavant, Je ne permettrai plus que quand on fait un salon de l'éducation et qu'on rentre au salon de l'éducation, on ait d'abord les boîtes privées et les boîtes publiques, qui sont gratuites, derrière.
Voilà ce que je ne permettrai pas. B : Oui mais Jean-Luc Mélenchon M : Tous les jeunes français et les jeunes françaises B : Les inégalités. Vous creusez les inégalités en ne finançant plus le... l'enseignement privé.
Vous le savez bien. M : Mais B : C'est-à-dire que les enfants de riches continueront à aller dans des écoles privées et les enfants de personnes qui ont pas trop de moyens qui voulaient mettre...les parents qui voulaient mettre leurs enfants dans l'enseignement privé ne pourront plus le faire.
M : Alors. Bien. Non, épuisons cette question parce qu'elle est très importante..
B : Oui. Elle est très importante M : Voilà. B : Très importante.
M : Ce que vous dites n'est pas vrai. Car les gens qui font le choix de l'école privée ont des raisons diverses et multiples M : comme vous le savez B : Beaucoup de familles modestes aussi M : Oui oui. Bien sûr.
M : qui ne sont pas satisfaites B : Grâce au financement de l'Etat, ces familles peuvent mettre leur enfant dans le privé. M : Vous êtes M : un excellent agent commercial pour les écoles privées. B : Mais je ne suis pas M : Mais moi je défends la République et son école laïque, obligatoire et gratuite.
B : Mais moi aussi. M : Oui bien sûr. Accessoirement.
B : Bon, alors M : Non on n'a pas fini. B : Alors finissez. M : On n'a pas fini.
B : Finissez. M : Si vous voulez bien ne pas m'interrompre pendant que je fais une réponse. B : Allez-y.
M : Les choses seront plus simples. Pourquoi les gens vont-ils à l'école privée ? Des fois c'est par conviction religieuse.
En vérité, ils n'y trouvent pas toujours leur compte parce que l'enseignement religieux parfois est aléatoire dans ces écoles. Et il faut dire qu'elles font du bon travail. On peut le dire, devant tout le monde.
On va pas dire ce sont de mauvaises écoles. Ce n'est pas vrai. Mais pourquoi ces écoles reçoivent-elles ce public ?
Parce que les parents ne sont pas satisfaits de l'école publique et ils trouvent que le travail n'y est pas fait comme il le souhaiteraient, que la discipline n'y est pas ce qu'elle devrait être, etc. Donc commençons d'abord. Moi la preuve que je veux faire c'est qu'on est capable de remédier aux difficultés que rencontre l'école publique de manière à ce qu'elle redevienne totalement attractive puisqu'elle est gratuite.
Donc on va la rendre gratuite, on va y mettre plus de moyens et on va donc, de cette manière lui permettre de retrouver, aux yeux de ceux qui l'ont quittée, - ce n'est pas tout le monde - des vertus qu'ils n'y trouvent plus. Voilà. Donc je ne suis pas partisan d'une quelconque "guerre" et autre vocabulaire de cette espèce.
Je suis pour que tous les français comprennent que notre intérêt fondamental est que le niveau de nos jeunes gens soit le plus élevé possible en apprentissage. Et que ceux qui sont à l'école publique méritent d'être D'ABORD prioritaires dans les traitements de la République. Et s'il y a de plus, eh bien, on le donnera à ceux qui ont moins.
Mais pour l'instant D'ABORD l'école de la République. D'abord ses maîtres. D'abord l'égalité.
B : Bien. On va parler, Jean-Luc Mélenchon, de vous. B : D'une manière un peu plus personnelle M : Ouof !
B : dans la deuxième partie. Mais à travers vous, de vos engagements. Je vais revenir sur votre programme, M : Oui.
B : Sur 2-3 points de votre programme. M : Mais je vous remercie de m'avoir posé ces questions parce que sinon elles circulent comme des rumeurs B : C'est pour ça...
M : et c'est très désagréable. B : ..que je vous ces questions...
M : Je vous en remercie. B : qui sortent un peu de l'habitude. Il est 8h55 à tout de suite, vous êtes sur RMC et BFM TV.
B : Seconde partie de notre entretien d'embauche avec Jean-Luc M : Attendez. B : Mélenchon. Ah.
M : Avec votre permission, M. Bourdin, B : Allez je vous permets. M : Tout à 'heure, j'ai posé la question de l'égalité à propos des écoles confessionnelles.
Je voudrais la poser aussi à propos de l'école publique en un mot. Je ne suis pas d'accord pour le démantèlement en cours, et en particulier je ne suis pas d'accord pour que d'un collège à l'autre ce soient les chefs d'établissement qui puissent choisir jusqu'à 20 % des horaires d'enseignement. non.
On rétablira l'unité et l'indivisibilité de ces horaires. C'est la raison B : Pas d'autonomie accordée aux établissements ? M : Non, non, non.
L'autonomie des établissements, c'est valable pour un supermarché pas pour une école. Par conséquent j'abrogerai la réforme du collège. De la même manière...
B : Donc tout viendra d'en haut. M : Ben, comme c'était le cas jusqu'à présent et ça marchait fort bien. Pour ce qui est des programmes - en tout cas si vous voulez bien, pour le reste les équipes pédagogiques sur le terrain font le travail - mais oui, les programmes doivent être nationaux.
Deuxièmement, je supprimerai AUSSI la réforme du temps scolaire. Parce que les enfants s'y épuisent. On ne sait plus qui est partisan de cette chose.
Et ça aboutit au fait que les gens payent les activités périscolaires. Donc les activités périscolaires redeviendront gratuites, premièrement, et deuxièmement la cantine redeviendra gratuite. Pour que tous nos enfants puissent manger au moins une fois par jour correctement.
Et ils mangeront bio, ce qui créera un circuit de l'agriculture B : Et plus de viande. M: bio vivrière. B : Et plus de viande.
M : Hin, hin. Enfin j'irai pas jusque là. B : Mais vous l'avez dit.
Vous l'avez dit non, j'ai vu ça. M : J'ai dit. Non attendez.
Je peux pas faire B : Des menus sans viande dans les cantines scolaires. M : Ha ha ! B : Pas besoin de ces protéines.
M : Bon attendez. B : C'est ce que vous avez dit. M : Non M.
Bourdin, une seconde. B : Ah bon, mais pourquoi me dites-vous "non", je l'ai vu dans votre bouche. M : Parfait très bien.
M : Non, mais attendez. Ce que je ne veux pas que les Français croient c'est que je fixerai le menu des cantines scolaires dans mon bureau. B : Pas vous.
Pas vous. M : Ce que j'ai dit en effet, vous avez raison, c'est qu'il fallait sortir des protéines carnées. On en consomme beaucoup trop.
B : Pas de viande. M : Mais héé, pas de viande ou moins de viande. Ça existe, enfin.
Un peu de modération, M. Bourdin. B : Bon d'accord.
Bon d'accord. Ben c'est bien. C'est vous qui me dites ça.
C'est parfait. Jean-Luc on va justement venir à l'aspect personnel des choses. Né à Tanger en 1951.
M : Oui. B : Vous avez presque 66 ans. M : Oui.
B : Jean-Luc Mélenchon, est-ce que c'est votre dernier combat ? votre dernière candidature quel que soit le résultat ? M : Ah euh.
Mon dernier combat, sûrement pas. B : Non mais dernière M : Jusqu'à mon dernier souffle. B : Dernière élection ?
M : Je ne sais pas. Si je suis élu la situation sera totalement différente et en effet, on peut imagine qu'après ça, ayant bien fait mon travail, enfin je rentre à la maison. Non, vous ne croyez pas ?
B : Au bout de 5 ans ? M : Au bout du temps que les gens auront pris pour fixer la nouvelle Constitution. B : Oui.
M : Et à ce moment-là, je ne leur ferai pas le coup de dire "écoutez, je suis élu pour 5 ans donc vous attendrez la fin du mandat pour qu'elle s'applique". Elle s'appliquera tout de suite et là, on verra, la vie est longue, vous savez. B : C'est la dernière élection ?
Franchement. M : Je ne sais pas vous dire. Je ne sais pas vous dire.
B: Donc d'accord vous ne savez pas. M : C'est que la vie est comme ça B : Bon, bon. M : Demain je suis peut-être mort.
Et peut-être que d'ici 2 ans on aura trouvé les moyens de lever la fatigue qui pèse sur tout être humain à partir d'un certain point d'usure de l'existence. B : Bien. Vous êtes né àTanger.
M : Oui. B : Je le dis, Jean-Luc Mélenchon M : C'était une ville internationale extraordinaire B : A l'époque, oui. M : Oui et alors, si vous voulez ça m'a vacciné de naissance contre l'intolérance.
Parce que on était tellement différents et alors mes petits copains parlaient toutes sortes de langues. L'arabe, l'espagnol, le portugais. On parlait français ou plutôt l'espagnol B: Quand vous êtes arrivé en France on vous appelait le "bicot" hein ?
M : Oui B : Alors quoi M : J'ai commencé un carrière d'immigré Pendant mes deux premières années, Les gens étaient simples et mélangeaient tout. Pour eux les bicots c'était tous ceux qui arrivaient de là-bas et ils nous détestaient, pour des raisons assez confuses souvent..
B : Yvetot. M : Alors j'ai d'abord été à Elbeuf, qui est une ville en Seine Maritime. Les gens étaient braves, mais vous savez y avait encore des marques - c'est incroyable, quand même, on est dans les années 60 - y avait encore des marques de la guerre.
Et ensuite je suis allé à Yvetot et j'y ai vécu fort heureux parmi mes... mes jeunes camarades.
J'ai découvert là-bas les cabanes, les choses comme ça. Voilà, après je...
B : L'école catholique. L'école catholique, hein ? M : Euh oui, à Elbeuf.
C'étaient des maîtres super. Figurez-vous que, je crois que, je sais pas si c'étaient des dominicains ou des jésuites, m'ont appris en un an tout le latin, B : Des jésuites, non ? M : tout le latin dont j'ai eu besoin tout le reste de ma scolarité.
C'étaient des professeurs assez extraordinaires, il faut bien en convenir. Et on s'est trouvé là, parce que tout simplement on ne pouvait aller nulle part ailleurs. Mais je n'en suis pas mécontent, ça m'a bien servi.
Et après bon, j'étais dans le Jura...
B : Lons-le-Saunier. M : Oui ça c'est ma petite patrie d'a B : Bac littéraire. M : Voilà.
C'est ma petite patrie d'adoption. C'est là-bas que vous savez - comme vous-là, quand vous rentrez dans votre pays cévenol - ben moi c'est pareil : quand j'arrive dans le Jura, instantanément, je suis bien. Et je suis content de voir les gens.
Parce que ils ont cette espèce de demi-teinte, des méridionaux et des gens de l'Est. B : Alors je vais pas entrer vraiment en détail dans votre vie privée, mais il y a vraiment une fêlure dans votre vie personnelle. M : Allons bon ?
B : C'est le décès de votre maman. M : Ben comme B : Oui comme M : tout être humain. B : beaucoup, comme beaucoup.
B : mais ça a été une épreuve M : Et mon père aussi B : Votre père aussi mais ça a été une épreuve M : J'ai perdu mon père et ma mère, c'est la vie. Mes parents sont morts M : et un jour moi-même je mourrai. B : Vous avez même voulu oublier la date de sa mort.
B : D'après ce que. M : Oui. B : Oui.
M :Oui. M : C'est comme ça. C'est en juillet.
Et... quand on arrive aux alentours de cette date, comme tout le monde, l'espèce de chronomètre intérieur se remet en route et... j'en suis triste.
C'est normal, on se. La vie vous construit à la fois autour de vos succès mais autour de vos blessures. Et celle-là : la mort, est l'énigme la plus grande pour un être humain.
Et au fond, peut-être que TOUTE notre civilisation est construite autour de l'idée que nous passerons tous. Et dès lors, nous sommes tout entier - pour moi c'est la conclusion que j'en ai tirée - dans nos œuvres. Et nos œuvres ce sont la réussite de nos enfants et la qualité de ce que nous aurons apporté aux autres.
B : Alors justement, la transition est toute trouvée parce que vous dites "Le bonheur est toujours au présent. Conserver le passé est une illusion aussi vaine que la volonté de dominer le futur". J'ai vu ça.
M : C'est une phrase un peu "philo", hein ? B : Oui, oui, ben et on a le droit ici aussi. M : Oui, oui.
Je voulais parler de la situation qui est, au fond, celle de n'importe quel être humain. Le passé ...n'est pas aussi stable que ce que vous pouvez en penser.
C'est-à-dire que votre mémoire le reconstitue sans cesse. Le passé est une matière plus fluide et mobile que le futur lui-même. Car lui est assez prédéterminé.
Et... l'illusion est de croire ou qu'on maîtrise le récit de son passé, Albert Camus disait "cette suite de faits sans suite qu'on nomme un destin".
C'est après coup, c'est dans le rétroviseur que la cohérence de votre vie vous apparaît. Et c'est là que vous voyez si vous avez tenu bon sur vos principes. Quant au futur, par nature il est fluide mais voyez-vous il s'observe dans le futur un changement... terrible.
Pour la première fois dans la civilisation humaine, les futurs se resserrent. Ils sont moins ouverts qu'ils ne l'étaient avant, parce que les décisions prises ont des conséquences inéluctables. Irréversibles.
Par exemple vous stockez des déchets nucléaires qui sont en vie pour plusieurs millénaires. C'est une activité humaine qui les a créés et maintenant ils nous surplombent pour plusieurs millénaires. Il y a des réacteurs nucléaires partout.
De même l'extinction des espèces nous surplombe. C'est-à-dire que vous ou moi, M. Bourdin, nous sommes absolument scandalisés de voir que les vertébrés disparaissent, les singes sont en train de disparaître.
Mais que pouvons-nous ? Donc nous allons vers un futur où la biodiversité se réduit aussi longtemps que nous n'aurons pas renversé le processus, et il y en a pour des années. Voilà ce que cette phrase un peu prétentieuse B : Bon.
Euh M : veut dire. M : C'est la misère de la condition humaine. B : Est-ce que vous vous aimez ?
M : Ma foi, je ne me regarde pas vivre. Mais bon B : Parce que vous parlez quand même beaucoup de vous, non ? M : Ah bon ?
C'est parce que vous me posez la question B : Je parle pas, là particulièrement M : C'est la mode aussi, vous savez B : Sinon M : M. Bourdin, c'est la mode, les gens, beaucoup de gens B : Est-ce que vous n'êtes pas un peu égocentrique ? M : Comme la proportion de.. tout le monde.
A un moment donné j'ai vu que.. on me reprochait mes egos, comme si vous savez cette manie de psychologiser la politique.
Moi j'ai pas de problème d'ego. Ma vie est faite, je sais qui je suis...et ... j'ai ma part d'ombre, ma part de lumière et comme vous dites, c'est vous qui me posez la question de savoir si je m'aime.
B : Faut savoir poser la question M : Moi je me suis pas demandé si je m'aimais B : Ben, vous piquez quand même... certaines colères.
Enfin regardez, tiens M : Oui, ah c'est bon, hein. Ça y est, c'est reparti, vous allez ressortir encore B : Mais non, certaines colères M : Allons-y. Est-ce que vous m'avez pris B : Non mais, ça vous est jamais arrivé de vous mettre en colère, attendez ?
M : Mais bien sûr B : Attendez, moi j'ai connu ça ici M : Oui mais vous-même M. Bourdin B : Vous vouliez plus venir, vous étiez B : mais maintenant vous êtes revenu M : Mais vous, vous vous mettez pas en colère ? B : Ah ça peut m'arriver.
M : Quel âge avez-vous M. Bourdin ? B : Ça peut m'arriver.
M : Quel est votre âge ? B : A peu près le même âge que vous. M : Bon.
M : Donc je pense que B : Nous sommes de la même génération M : vous n'êtes M : vous êtes aussi surpris que moi et pas toujours très content de vous quand on vous filme en gros plan B : Non, je suis jamais content de moi. M : Bon et quand on est en colère il est rare qu'on soit content de soi après, parce que, quand on est un esprit un peu construit et cultivé, on s'en veut. Mais des fois, il est nécessaire d'être en colère M.
Bourdin. Parce que c'est une façon de marquer son indignation. Et il faut apprendre à être humain Vous, vous avez par votre métier, une obligation de mise distance permanente.
Mais cependant quand vous allez au concours de boule, par exemple, où vous allez tous les ans B : Vous connaissez bien ma vie. M : Eh bien, vous êtes comme tout le monde, hein ? Vous avez vos sourires, vos éclats de rire et vos crises de rage quand vous ratez un carreau.
B : Oui. M : hé on me l'a dit. B : Je m'en veux.
M : Eh bien voilà B : Je m'en veux. M : Vous m'en voulez après d'avoir raté le carreau ? Vous, des fois B : Ça vous arrive, oui de rater des carreaux, oui.
M : Oui c'est clair, moi aussi. Et dans ces moments-là on n'apprécie pas, si vous voulez B : Mais est-ce que la politique vous dévore ? M : d'être regardé en gros plan.
B : parce que la politique est dévorante ! M : Oui. B : Oui ?
M : Oui ben je n'ai pas que des... je n'ai pas... je suis comme tout le monde.
Je suis pris par des passions. Tout le monde en a. B : Quand on est jeune, on discute jusqu'au bout de la nuit, M : Oui.
B : de politique, on fume M : Après vous allez me reprocher de parler B : Mais pas du tout. M : de moi. B : Mais pas du tout, mais c'est vrai, c'est vrai.
M : Oui, on était comme ça. B : Vous avez fait M : Oui. On était comme ça.
B : Vous fumiez, vous discutiez M : J'ai arrêté de fumer depuis 12 ans. B : Alors vous étiez entre socialistes ou trotskistes ou...
Et alors vous n'aviez pas la même vision du monde, c'est vrai. M : Oui. M : C'était passionnant M.
Bourdin. Je n'en ai aucun regret. Parce que on s'emparait de toutes les situations du monde.
On était là, prétentieux qu'on était, à avoir un avis sur tout. Sur tous les pays, sur...On connaissait toutes les tendances de tous les partis, c'était incroyable !
Et puis il y avait une passion pour la vie. Comment vous dire. Tous les ans, quelque part dans le monde, il y avait une révolution.
Et donc dans notre esprit le peuple était en ébullition permanente. Si bien qu'on reprochait à leurs dirigeants de ne pas savoir mener leur action. C'était un point de vue un peu étroit.
Et je reconnais d'ailleurs en plus qu'on est passés à côté de grands sujets. Car après tout le GRAND CHANGEMENT du mode de production, son passage à un productivisme effréné qui détruit la planète, des gens comme moi ne l'ont pas vu. B : Vous étiez admirateur d'une économie qui n'a pas fonctionné, M : Oui.
On pensait B : Jean-Luc Mélenchon ? M : Alors on avait des critiques dessus. Comme vous l'avez dit, j'étais trotskiste, donc je n'étais pas stalinien.
B : Oui, vous n'étiez pas stalinien. M : Je n'étais pas maoïste. B : Oui.
M : Et heureusement, le trotskisme, à cet âge-là, nous a vacciné contre l'esprit de système et.. Et le goût pour des régimes qui ..euh.. ont animé beaucoup de vos collègues, hein, dans la presse, qui ont votre âge et le mien ont commencé leur carrière - ils se taisent dessus - dans les rangs d'une extrême gauche extrêmement furieuse et féroce, et aujourd'hui, me font des reproches.
Jusqu'à la génération la plus récente qui est aujourd'hui à l'antenne le matin, a été membre de la jeunesse communiste à une époque où c'était Brejnev qui dirigeait. B : Vous parlez de qui ? M : Ah je le laisse se découvrir.
Les repentis m'ont toujours inspiré beaucoup de B : Et d'ailleurs pourquoi cette rancœur contre certains journalistes ? Et certains médias dans lesquels vous ne vous rendez plus ? M : Alors vous avez raison M.
Bourdin, - et je veux vous en donner acte - de dire "certains". Car on en a déduit que c'était une espèce de détestation universelle, ce n'est pas le cas. J'ai toujours dit que vous étiez un interlocuteur malcommode et assez intransigeant.
Mais je n'ai rarement eu d'occasion de m'affronter à vous parce que vous marquez toujours une distance Y COMPRIS dans vos charges. C'est-à-dire que vous... vous n'avez pas l'intention d'humilier les gens qui sont en face de vous.
Et je suis un homme du peuple B : Vous avez été humilié ? M : Oui. Et les gens comme moi ont un sentiment de revanche sociale extrêmement vif.
Et nous ne supportons pas qu'on nous regarde de haut. Vous, vous êtes au départ un journaliste qui vous êtes formé dans le métier. Vous venez des pages sportives, donc vous avez une attitude spontanément débonnaire et amusée, de la vie.
D'autres ont une attitude d'élèves de grandes écoles qui regardent ceux qui ne sont pas dans les grandes écoles avec du mépris. Et je ne l'ai jamais supporté. B : Bien.
Mais, Jean-Luc Mélenchon, vous êtes communiste ? Vous avez été communiste ? M : Ah ben quand j'avais 20 ans, par la force des choses.
Parce que les B : C'est ce que dit François Fillon. M : Mais les trotskistes c'étaient univ B : François Fillon dit "c'est un communiste". M : Ah non mais ça ce n'est pas vrai.
Je ne suis pas communiste B : Bon. Alors M : Je ne suis pas membre du Parti Communiste, je ne l'ai jamais été et je ne suis pas communiste au sens de la doctrine communiste avec laquelle j'ai d'abord la distance incroyable qui est que : je ne crois pas au productivisme. Les communistes sont pour le nucléaire.
Pas moi. Les communistes ont une série de positions qui ne sont pas les miennes. B : Bon vous avez quand même dans votre programme, certains points qui se rapprochent d'une forme de collectivisme ?
M : Ah ben oui, mais c'est une chose le collectivisme et une autre le communisme. B : Oui, par exemple, de nouveaux droits de contrôle accordés aux comités d'entreprise dans les M : Oui. B : Hein ?
M : Oui. M : Oui bien sûr. B : dans les entreprises.
M : Voilà. B: Alors quel contrôle ? M : Alors.
Ben c'est dit dans le programme, pour une fois, d'habitude vous me citez à la lettre près. Il y a plusieurs choses qui apparaissent. Premièrement, il faut donner des droits aux salariés et aux travailleurs. parce que souvent ils sont meilleurs juges non seulement de la manière d'exécuter les tâches - parce que ça on n'en parle jamais - l'avis des travailleurs sur la façon de faire a une importance.
Puis deuxièmement, sur la façon de conduire l'entreprise. Il y a beaucoup d'arrogance à croire que seuls des PDG - je parle là du CAC40 - sont surpayés, gavés d'argent -on pourrait en trouver qui coûtent moins cher - peuvent diriger une entreprise L'avis des travailleurs est important. Je vous donne un exemple, pris dans le texte du programme.
Lorsqu'une entreprise est vendue : je trouve qu'il est normal que les travailleurs aient un droit de préemption : ils sont donc acheteurs prioritaires, s'ils veulent le faire, sous la forme d'une coopérative. B : Et s'ils ne peuvent pas le faire ? M : Ça c'est leur problème.
Mais s'ils VEULENT le faire, on doit le leur permettre. Je vous donne un exemple : l'entreprise ECOPLA, la seule qui fabrique des moules en aluminium - vous savez, les barquettes - D'accord. Les clients ont été d'accord pour continuer à passer les commandes, le carnet de commandes était plein.
Mais il se trouve que le fonds de pension, dirigé par un chinois, décide qu'il vend cette entreprise, du coup il y a une dette sociale - c'est-à-dire le coût du licenciement - et au nom de cette dette sociale on vend l'entreprise, alors que les travailleurs voulaient en faire une coopérative. C'est eux qui faisaient tourner la boîte, B : Alors M : c'est pas le chinois, hein. B : Alors M : Lui, il sait même pas où c'est.
B : Dans votre programme vous proposez aussi un droit pour les salariés : un vote de défiance à l'égard M : Oui. B : des dirigeants d'entreprise ou des projets...
M : Oui. B : ...stratégiques M : Oui.
Oui. B : de l'entreprise. M : Oui.
B : Dans toutes les entreprises ? M : Je, je. Ah ben, il faudra sans doute définir une taille où ça a un sens, bon il a le domaine de la loi, quand même.
B : Parce que, imaginons une entreprise de 10 salariés M : Non mais commençons par expliquer ce que c'est. B : Non, non mais oui. Droits des salariés, un vote de défiance M : Oui.
B : à l'égard des dirigeants. M : Alors monsieur, il vous reste à apprendre que toutes les entreprises n'ont pas de comité d'entreprise, parce qu'il y a des seuils. Donc il faudra discuter de ces seuils.
Mais ce que je voudrais que comprennent ceux qui nous écoutent B : Oui. M : C'est que, je pense qu'en effet dans certaines circonstances, les travailleurs peuvent avoir un droit de remontrance. Par exemple, vous autres les journalistes, souvent dans vos comités de rédaction B : Oui.
M : vous avez, vous faites des votes de défiance contre vos chefs. Ça existe. Ce droit-là, les travailleurs ne l'ont pas dans leur entreprise Pourquoi ?
Puisque c'est bon pour les journalistes, ça doit être bon aussi pour les autres. M : Qu'est-ce que ça veut dire. Écoutez-moi B : Ça veut dire quoi, le vote de défiance ?
M : Voilà. Quand vous B : On change les dirigeants ? M : Mais non, écoutez. "Défiance" pas de "limogeage".
Écoutez-moi. Quand un groupe de journalistes exprime un droit, un vote de défiance, - par exemple dans télé publique, ils ont fait un vote de défiance contre M. Field, bon - ils ont des raisons, des raisons déontologiques, professionnelles. "De notre point de vue professionnel, nous pensons que ce que vous faites n'est pas bon." De même, dans une entreprise, vous pouvez avoir une décision stratégique qui est prise par la direction pour des raisons absolument inacceptables.
Prenons l'exemple des fonds de pension. Ils interviennent dans une entreprise. Vous savez comment marche un fonds de pension.
Il emprunte l'argent pour acheter l'entreprise. Quand il arrive dans l'entreprise, pour rembourser l'argent qu'il doit, il commence par prendre toute la trésorerie et il la refile à ceux à qui ils ont emprunté. Ensuite il arrive qu'ils découpent, qu'ils vendent les brevets ou qu'ils décident de licencier tout le monde.
Mais je mets le licenciement de côté. Au moment où le fonds de pension décide de prendre toute la trésorerie pour la rendre et rembourser l'emprunt du rachat, les travailleurs auraient le droit de dire "vous êtes en train de nous ruiner." B : Tout ça pour ces entreprises-là mais pas pour les PME par exemple.
Pas chez un artisan qui emploie 5 personnes. Pas, tout ça. M : Bon hé, ça n'a pas de sens.
C'est pas comme ça que ça se passe. B : Bon. M : Quand vous êtes cinq en général, le ton monte.
B : Bon. Alors l'argent M : Vous savez comment ça se passe dans les petites boîtes. M : Le ton monte.
Et bon. B : Parlons d'argent un petit peu. M : Oui.
B : Parlons d'argent un petit peu. M : Allez parlons d'argent. B: De, de vos...vos quatorze tranches d'impôt M : Dites, attendez, avant là, parce que B : Quatorze tranches d'impôt M : parce qu'on a parlé des petites entreprises on va pas en parler que pour dire ce qu'on va pas leur faire !
On va peut-être parler de ce qu'on va leur faire ! B : Non mais non, on va pas M : Ah ben si, la petite entreprise B : on va pas M : c'est très important ! B : Bon alors un mot sur la petite entreprise.
M : Oui. Allez. La petite entreprise, je lui rends 4 services en un mot.
Premièrement, je remplis le carnet de commande. Deuxièmement, je lui donne un taux d'escompte -excusez-moi les gens je vous explique pas ce qu'est l'escompte- à zéro %. Troisièmement, leurs dirigeants peuvent sortir du RSI pour entrer au régime de Sécurité Sociale général.
Et enfin, je crée un fonds qui permet d'épauler les difficultés des petites entreprises pour payer les charges sociales. Et enfin je diminue l'impôt des petites entreprises sur les sociétés pour qu'elles puissent passer au SMIC à 1700 € brut. B : Jean-Luc Mélenchon M : Vous avez vu, j'ai fait vite, hein ?
B : Avec près de 200 milliards B : On est bien d'accord, 200 milliards d'euros que vous allez consacrer à B : une forme de relance économique M : Oui. B : C'est bien cela ? M : Alors B : Avec 2200 milliards de dette, va falloir trouver l'argent quand même, hein ?
M : Oui, ben, hein ? B : pour payer, pour payer M : Vous avez bien raison mon bon monsieur. B : Oui, oui, oui M : Ha, ha ha B : mais oui pour faire tourner les hôpitaux M : bien sûr.
Oui. B : et payer les salaires publics. M : Voilà.
Alors donc on va B : Oui. M : Oui. M : Vous allez imaginez une seule seconde, M.
Bourdin -je sais que l'idée est choquante- que je puisse être un homme intelligent entouré d'experts. Bon. B : Non, mais non.
M : Vous avez 130 économistes qui viennent de signer pour dire "mon programme est un programme sérieux". Pourquoi ? B : Tous les candidats ont des économistes, sont entourés d'économistes.
Ça me fait sourire. De tous les côtés, on a des économistes M : Voilà. Donc qu'est-ce qu'on B : Qu'on sort !
M : Non, on les sort pas, ils se sont sortis tout seuls. Moi j'ai rien demandé. B : Ils se sont sortis tout seuls.
Bon d'accord. M : Mais M. Bourdin, B : Oui.
M : pourquoi disent-il ça ? Je veux dire : d'accord que vous les méprisiez tous, c'est votre affaire. B : Mais je les méprise pas.
M : Mais ceux-là, pourquoi ? A votre avis ? M : C'est donc qu'il y a un débat.
Donc vous apprenez quoi à cette occasion ? Puisque plusieurs personnes ont des économistes qui leur donnent raison. C'est qu'il n 'y a pas de LOI de l'économie comme il y a des lois de la nature.
Ça n'existe pas. Nous sommes dans le domaine des sciences humaines qui sont relatives. Donc il y a plusieurs théories économiques.
Et je fais partie d'une école, parce que je m'y rattache, - je ne suis pas, moi-même économiste, mais j'ai dû le devenir au cours de ma longue vie de militant - et bien, il y a une école qui dit "C'est une absurdité de contracter la dépense publique ou de la réserver - ce qui est le cas aujourd'hui - à la politique de l'offre c'est-à-dire faire cadeau de 40 milliards...de..de..
B : Pour créer de l'emploi. De CICE. M : Voilà, de CICE.
Qui fait que les emplois maintenus ou créés par M. Gattaz qui était là tout à l'heure sur cette chaîne, ont coûté 280 000 € par tête de pipe, alors qu'un emploi à 35 h en a coûté à peine 13 000. Bon.
Donc vous voyez, il y a DES théories économiques. Les gens, vous ne pourrez jamais vous passez de l'obligation de réfléchir et de choisir. Donc je suis partisan de la relance.
Elle repose sur 100 milliards d'investissement. D'accord ? L'investissement et la dépense de fonctionnement, ce n'est pas pareil.
B : Oui. M : Encore qu'on puisse discuter du fait que certaines dépenses de fonctionnement sont à mes yeux des investissements. B : Évidemment.
M : Je vous donne un exemple : un professeur qui enseigne transmet une valeur, le savoir, et on doit plutôt le considérer comme un investissement que comme une dépense de fonctionnement. D'accord ? B : Oui.
M : Alors je viens sur l'investissement : 100 milliards que nous injectons dans - évidemment ça fait un effet de relance - les secteurs qui sont écologiquement responsables. Ces emplois-là ne seront pas délocalisés, voyez-vous. De la même manière que, par exemple quand je vous parle des éoliennes ou des hydroliennes, vous êtes obligé de les construire au bord de la mer.
Y a pas le choix, parce que ça se trimballe pas en bateau une pale de 90 m de long. De même, vous êtes obligé de mettre là les navires de service. De même, c'est là qu'il faut réparer les ports.
De même que c'est là qu'il faut ouvrir, créer l'écluse dont on a besoin pour mettre en rapport le port du Havre avec la Seine. Pardon vous voulez des détails techniques, je vous en donne. Tout ça n'est pas délocalisable.
Les champs d'algoculture, vous pouvez pas aller les créer à Shanghai. Ce sera forcément sur les côtes bretonnes et sur les 1000 km de côtes françaises. Donc vous voyez : l'investissement est local, il fait travailler les gens localement.
Je vous donne 2 exemples super précis. B : Allez. Très vite.
M : Permettez-moi de le faire. B : Allez-y. M : Oui.
B : Très vite. Alors...
Ben tiens, vous me faites perdre le fil à la limite. B : Je ne sais pas, moi. M : Non je vais y revenir.
Je vous donne un exemple qui n'a rien à voir avec le...l'écologie.
B : Alors. Un exemple. M : Bon.
Le plan 100% accessibilité. D'accord ? B : Oui.
M : C'est-à-dire tout le monde peut arriver partout. Pour quoi ? Ceux qui sont en fauteuil.
Si on règle le problème des gens en fauteuil, on règle le problème des gens avec des poussettes, on règle le problème des gens qui ont du mal à se déplacer, etc. Ça coûte 10 milliards. Du coup, l’État tous les ans reporte.
Si nous mettons ça en route, vous voyez bien que c'est pas les grands monopoles qui vont aller mettre des pentes en ciment le long des escaliers où il faut les créer. Ce sera donc les petites entreprises qui le feront pour l'essentiel. Donc ça veut dire du travail qui est répandu localement.
Autre exemple : hier j'étais dans le Jura, une boîte, une coopérative, qui ramasse les frigos, les télés, les appareils de cette nature. Et on les trie et on recycle. C'est une mine M.
Bourdin. Ne soyez pas pressé de passer à autre chose. C'est une mine.
Il y a de l'or, de l'aluminium B : Je suis pas pressé de passer à autre chose. M : il y a du plastique. On arrive à tout trier et tout recycler.
Donc c'est des circuits courts. Mais qui fait le boulot M.Bourdin ?
C'est des gens qui ont été blessés dans la vie. Et bien ces gens-là participent au bonheur de tous en faisant ce travail-là. Donc vous voyez comment on arrive à joindre la relance économique avec le bonheur des gens.
On veut travailler et avoir une paye pour décider soi-même de ce qu'on fait de sa vie ! B : Alors un mot et je terminerai avec - je reviendrai aux questions un peu plus personnelles - mais je termine sur M : Et on termine les impôts, non. B : Oui, les impôts.
Juste un mot. B : Alors une réponse sur les impôts. 14 tranches d'impôt.
Je gagne - imaginons - 4000 € par mois, est-ce que je vais payer plus d'impôt ? M : Non, vous paierez moins. B : A 4000, je paie moins ?
M : Oui. Alors vous B : Je parle pour un foyer, hein. 2 fois 2000.
M : Oui oui. M : Ah ben oui, clairement. B : Je paie moins.
Et à 5000, je paie plus ? M : Oui, vous paierez plus. M : Un petit peu plus.
Je vous explique comment ça marche. D'abord, quand vous dites 14 tranches, faudrait pas que ça fasse peur aux gens. Ça devrait les rassurer.
B : Quatorze tranches, c'est ça. M : Ça les rassure parce que sinon c'est 5 tranches. Toc !
Toc ! Toc ! Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que la classe moyenne porte tout sur son dos. Et ceux qui sont à un bout payent rien et les autres payent pas grand chose. Donc ça, c'est fini.
Ça c'est fini ça. Pour deux raisons. D'abord il y aura 14 tranches donc on répartit l'effort.
Ceux qui ont le plus, il va falloir qu'ils donnent plus, je vais pas vous raconter d'histoires. Faut bien que ça vienne de quelque part ! Or ils ont beaucoup beaucoup beaucoup !
On est le record du monde, euh d'Europe, des millionnaires. On est le pays qui donne les plus gros dividendes à ses actionnaires ! Bon ça va quoi !
La fête est finie. Maintenant il faut revenir à la raison et à l'impôt. Donc on a 14 tranches, les gens, vous pouvez tous aller voir sur mon site-là, JLM2017, il y a un simulateur.
Donc là, vous êtes tranquille. Puis deuxièmement y aura l'impôt universel. C'est-à-dire où que vous êtes, vous payez la part que vous devez à la France.
Alors d'accord, vous déclarez d'abord ce que vous avez gagné dans le pays où vous êtes et vous payez vos impôts là-bas. Et puis vous le dites au fisc. Et le fisc dit "Ah très bien, vous nous devez plus rien".
Ou bien "Ah dites donc, si vous étiez ici" - parce qu'il y en a qui se taillent, qui vont se cacher pour pas payer. On dirait "si vous étiez ici, vous nous devriez encore tant". Envoyez l'argent.
Voilà. Alors, les gens - pardon - ils me disent : ah mais monsieur, moi je...
B : C'est fini.. M: ..suis un cadre supérieur ou un cadre moyen.
Je travaille à Shanghai ou à Hong-Kong. Je comprends pas parce que je bénéficie pas des services publics". Ben déjà, mon gars, si tu y es, c'est que tu as été instruit par l'école publique ET gratuitement.
Et deuxièmement, c'est que si c'est moi qui m'en occupe, vos enfants au lycée au lycée, là où vous êtes, au lycée français, ils vont plus continuer à payer les charges qu'on leur fait payer parce que l'enseignement doit être gratuit pour TOUS les petits Français, où qu'ils soient dans le monde ! B : Je termine avec vous, allez. Très vite...
M : Après vous allez dire que B : Non-non-non-non-non M : Je me permets si c'est une question sur moi. Après vous me dites que je parle de moi ! B : Alors je regarde.
Attendez. Alors dites-moi..
Je regardais, vous aimez la science-fiction. Oui, bah. La poésie du XVIe.
Picasso, tiens vous êtes comme Macron, d'ailleurs. Le film. Votre film "little big horn"?
M : Ha! ha! ha!
B : Ben oui ! M : C'est Little Big Man. B : Non c'est Little Big Man.
M : Petit Homme Grand. Non, mon préféré c'est Blade Runner. Ou Out of Africa.
Out of Africa m'a fait pleuré de bonheur. Mais quoi ? B : Apocalypse Now, aussi.
M : Non c'est violent. C'est très, très violent. La charge sur ce pauvre village de vietnamiens, cette charge d'hélicoptères.
B : Little Big Man, je me rappelle de la fin, je l'ai noté, parce que... "parfois, la magie fonctionne et parfois elle ne fonctionne pas." M : C'est un très vieil homme.
B : C'est la fin, hein ? M : Oui. On a des choses en commun, M.
Bourdin, vous et moi. B : Alors: "parfois, la magie fonctionne et parfois elle ne fonctionne pas" ? M : Bon.
Il n'y a pas d'être plus... rationnel que moi qui essaye de l'être et vous... mais en même temps, plus nous organisons notre pensée plus les failles qui nécessairement s'y manifestent ouvrent des béances pour des choses plus poétiques.
Moi, je me sens rattaché, comme disait Bradbury, à la plus petite poussière de l'univers, par un lien magique. Mais ce lien magique, je ne peux pas vous le décrire. Précisément puisqu'il est magique.
Et ayons l'idée qu'on est rattaché aux choses. de cette façon et tout d'un coup la vie est enchantée. Enfin, pour la part qu'on peut s'en donner.
B : Bien, on va terminer en musique. Écoutez. [ Maria Callas chante ] B : C'est difficile d'interrompre.
Le temps passe, mais... [ Maria Callas chante ] M : C'est...
C'est une très belle aria. [ Maria Callas chante ] Et quand je l'entends, j'imagine la chaste déesse. [ Maria Callas chante ] C'est-à-dire c'est la lumière de la Lune qui se projette dans un bois.
Sans doute un bois d'oliviers. [ Maria Callas chante ] L'arbre immortel, M. Bourdin, vous et moi nous sommes des oliviers.
Tout d'un coup, nos branches donneront des fleurs au moment où on ne s'y attendra pas et des fruits aussi. B : Il est 9 h 27. Merci Jean-Luc Mélenchon.
Merci d'être venu nous voir.
Jean-Luc Mélenchon