Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewC à vous (sur YouTube)· 5 juin 2018 21 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeSolidarités & famille

Bertrand Cantat : la justice rouvre l'enquête - C à Vous - 05/06/2018

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:12OuverteRéponse partielle

    Vous vous dénoncez un acharnement contre votre client ?

  • 2:59OuverteÉludée

    Que répondez-vous à Yael Melul sur les échanges entre Christina R. et une compagne d'un membre de Noir Désir ?

  • 3:48RelanceRéponse partielle

    Il n'y a pas d'omerta, selon vous ?

  • 5:35OuverteRéponse partielle

    Ce mail fait état de violence subie par Christina R. ?

  • 8:11OuverteRéponse directe

    Bertrand Cantat va être auditionné. Il est dans quel état d'esprit ?

  • 17:01OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ce serait trop demandé à Bertrand Cantat de faire preuve de discrétion ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:20InvitéFait
    « On parle d'une histoire qui date de 2010, une histoire terrible dans laquelle la police est immédiatement intervenue. »
  • 1:31InvitéFait
    « On a conclu au suicide parce que c'est un suicide dans tout ce qu'il comporte de drame humain et de malheur. »
  • 1:46InvitéFait
    « En 2013, une nouvelle enquête à la suite d'une plainte déposée par la même personne qu'aujourd'hui, à nouveau, ça ne nous donne rien. »
  • 2:54InvitéFait
    « Elle lui disait qu'elle était en danger de mort. »
  • 3:20InvitéFait
    « Il faut peut-être se dire que c'est un véritable mensonge. »
  • 4:03PrésentateurFait
    « Christina m'a vue. Elle m'a demandé, à moi et à tous les autres membres du groupe, de cacher ce que l'on savait. »
  • 4:09PrésentateurFait
    « Je savais qu'il avait frappé la femme avec qui il était avant Christina. »
  • 4:12PrésentateurFait
    « Je savais qu'il avait tenté d'étrangler sa petite amie. »
  • 4:15PrésentateurFait
    « En 1989, je savais qu'il avait frappé Christina. »
  • 5:39PrésentateurFait
    « « Je suis à bout de force, il me harcèle. Je n'arrête pas de courir d'un psy à l'autre pour trouver des solutions à ses coups de colère. » »
  • 6:47InvitéFait
    « En 2004, au moment de Vilnius, que Christina Raddy avait été battue et qu'elle était à l'hôpital. »

Temps de parole

  • Invité57 %
  • Présentateur14 %
  • Invité 210 %
  • Invité 36 %
  • Invité 44 %
  • Invité 53 %
  • Invité 62 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

A quelques jours de son concert au Zénith, ce sera jeudi à Paris, Bertrand Cantat à nouveau rattrapé par son passé.

0:07
Invité

Bertrand Cantat dans la tourmente. L'enquête sur la mort de l'ex-femme de Bertrand Cantat a été rouverte. Accablée par des violences, sous pression permanente. Et si Christina Radis était suicidée à cause de son mari Bertrand Cantat. De nouveaux témoignages font en effet état d'actes de violence au sein du couple. Bertrand Cantat qui avait été mis hors de cause à l'époque demande à être entendu. par la justice.

0:31
Présentateur

Un rebondissement judiciaire après le dépôt d'une plainte signée Gaëlle Mélule, présidente de l'association Femmes et Libres pour violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner, déposée au parquet de Bordeaux en janvier. Une accusation folle pour l'avocat de Bertrand Cantat. Maître Antonin Lévy est ce soir notre premier invité. Bonsoir Antonin Lévy, merci de votre présence ce soir sur le plateau de CETAVOU. Voilà, Maître Antonin Lévy qui salue tout le monde sur le plateau. Une plainte en janvier dernier, la réouverture de l'enquête sur la mort de l'ex-épouse de votre client, des soupçons de comportement violents. Bertrand Cantat n'en a pas fini avec la justice.

Vous vous dénoncez un acharnement contre votre client ?

1:17
Invité

Écoutez, il faut quand même à un moment juste remettre les faits tels qu'ils sont. On parle d'une histoire qui date de 2010, une histoire terrible dans laquelle la police est immédiatement intervenue. Elle a enquêté à l'époque. Bertrand Cantat a été entendu. On a conclu au suicide parce que c'est un suicide dans tout ce qu'il comporte de drame humain et de malheur. A la suite de cette première enquête, une deuxième enquête a déjà eu lieu. A la suite de nouveaux éléments qui avaient été apportés en 2012, à nouveau l'enquête se referme. En 2013, une nouvelle enquête à la suite d'une plainte déposée par la même personne qu'aujourd'hui, à nouveau, ça ne nous donne rien.

Et encore aujourd'hui, en 2018, pour la donc quatrième fois, une nouvelle enquête qui est censée venir faire la lumière sur quelque chose sur lequel on a déjà enquêté trois fois.

2:04
Présentateur

Cette plainte, vous l'avez dit, elle a été déposée par Yael Melul, qui a été un temps l'avocate du dernier compagnon de Christina Raddy, qui préside désormais l'association féministe. Au dossier, l'avocate verse ce qu'elle appelle de nouveaux éléments, des messages qu'elle aurait échangés avec la compagne d'un ancien membre de Noir Désir. On l'écoute.

2:21
Invité

Les anciens membres de Noir Désir avaient une parfaite connaissance du comportement violent de Bertrand Cantat, et ce depuis bien avant la mort de Marie Trintinan. Tous les anciens membres de Noir Désir ont sciemment menti lors du procès à Vinius. Donc la personne qui m'écrivait, la compagne d'un ancien membre de Noir Désir, était elle-même destinataire de messages de Christina Raddy, qui lui confiait être victime de violences, qui lui confirmait qu'elle craignait pour sa vie. Et pire que tout, elle lui disait qu'elle était en danger de mort.

2:59
Présentateur

Que répondez-vous à Yael Melul sur ces points précis, notamment les échanges qui auraient existé entre Christina Raddy et une compagne d'un membre de Noir Désir ?

3:07
Invité

Sur les échanges, je ne peux pas répondre grand-chose. Il faut être constaté qu'elle les a supprimés, et il faut être constaté qu'on ne les a pas retrouvés chez Christina Raddy non plus. Donc à un moment, quand on ne les retrouve ni chez l'émetteur présumé, ni chez la personne qui est censée les avoir reçus, chacun en tire ses conséquences. Il faut peut-être se dire que c'est un véritable mensonge. L'autre point, mais qui est plus important, on essaie de faire croire à une théorie du complot en disant que les membres de Noir Désir ont menti à Vinius. Ce n'est pas vrai.

Ce n'est pas seulement qu'ils ont menti à Vinius, ou on a ce côté, ils ont menti à trois juges à l'autre bout du monde, ou concrètement, on les allait dire ce qu'on veut. Non. Il y a eu là aussi une enquête extrêmement approfondie, menée par la brigade criminelle à Paris, qui les a interrogés, qui a enquêtés longuement, qui a tout vérifié. Ce n'est pas un petit mensonge en passant. Ça n'a aucun sens.

3:48
Présentateur

Il n'y a pas d'omerta, selon vous. Pourtant, ces accusations, elles viennent corroborer les témoignages qui ont été recueillis et publiés par Le Point en novembre dernier. Parmi eux, celui d'un ancien membre de Noir Désir. Christina m'a vue. Elle m'a demandé, à moi et à tous les autres membres du groupe, de cacher ce que l'on savait. Elle ne voulait pas que ses enfants sachent que leur père était un homme violent. Je savais qu'il avait frappé la femme avec qui il était avant Christina. Je savais qu'il avait tenté d'étrangler sa petite amie. En 1989, je savais qu'il avait frappé Christina. Mais ce jour-là, à Vinyus, nous avons décidé de mentir.

4:19
Invité

D'abord, vous considérez qu'il s'agit de deux témoignages différents. Moi, je n'en sais rien. Le point anonymise son témoignage. Et en l'occurrence, rien n'indique qu'il ne s'agit pas de la même personne. C'est peut-être la même source dans un cas comme dans l'autre. Premier point. Deuxième point, c'est intéressant parce qu'on est obligé malheureusement de rentrer dans le détail et de rentrer dans le sordide. C'est ça qui est terrible avec cette histoire. On appelle un tout petit peu à la décence et on doit malheureusement rentrer les mains dans des choses. qui ne sont pas agréables. La compagne en question, qui l'aurait tenté d'étrangler, c'est intéressant.

Manifestement, c'est des personnes qui parlent sans savoir. Elle a été interrogée par la police. Donc, elle aussi, interrogée par la brigade criminelle, comme témoin sous serment par des enquêteurs chevronnés, elle aussi fait partie de cette espèce de folle théorie du complot dans laquelle elle aussi aurait menti. Concrètement, on veut nous faire croire que trois musiciens, dont un qui était détenu et qui était enfermé dans une prison avec Christina Raddy, auraient réussi à monter ensemble une espèce d'histoire complètement folle qui aurait tenu de 2003 à nos jours pour créer le plus grand groupe criminel de menteurs. C'est simplement impensable.

5:26
Présentateur

Beaucoup de témoins parlent aussi de l'emprise que Bertrand Cantat avait sur Christina Raddy. Beaucoup de gens savaient qu'elle avait été battue avant l'affaire Vilnius, mais ils se sont tues. Il y a notamment ce mail de Christina envoyé à son ex-mari le 3 juillet 2009. « Je suis à bout de force, il me harcèle. Je n'arrête pas de courir d'un psy à l'autre pour trouver des solutions à ses coups de colère. Je t'en supplie, n'appelle pas. L'iPhone a déjà été cassé lundi pour cela. L'autre, comme tu continuais, j'ai dû le cacher car s'il apprend que tu connais mon numéro, c'est fini pour moi. »

5:55
Invité

Oui.

5:55
Présentateur

Ça fait état de violence subie par Christina Raddy ?

5:58
Invité

Ça fait état d'une vie de couple tourmentée entre deux personnes difficiles. Je suis parfaitement d'accord avec vous. En revanche, est-ce que ça fait état de violence physique ?

6:05
Présentateur

D'une femme sous emprise ? Non. Amoureuse, mais perdue ?

6:07
Invité

Une femme sous emprise, écoutez, je ne sais pas. Ça, c'est vous qui l'affirmez. Moi, ce n'est pas ce que je lis. Moi, ce que je constate, je constate des choses différentes. Il y a un peu ce côté où le maximum on fera de feu, le maximum on pourra avoir de fumée. On nous a expliqué que Christina Raddy avait été battue. À un moment, on est obligé de prendre les accusations une par une parce que ce côté où on met tout dans la balance et il en restera bien quelque chose, ce n'est pas une méthode en réalité. À un moment, il y a des faits et les faits, on les discute.

Depuis le début, et je reviens toujours sur la même chose, les faits, ils sont têtus et ces accusations anonymes, ces éléments des personnes qui se rappellent 17 ans après, moi, je n'y crois pas trop. En revanche, ce que je constate, c'est qu'il avait été déjà dit en 2004, au moment de Vilnius, que Christina Raddy avait été battue et qu'elle était à l'hôpital.

Les enquêteurs, toujours les mêmes, de l'abgrade criminelle, je les cite parce que vous savez, ça fait partie de la meilleure brigade de policiers de France, des gens chevronnés, donc c'est le métier d'enquêter sur des choses comme ça, et ce n'est pas 3-4 personnes qui vont se mettre d'accord entre eux pour créer un grand mensonge, qui vont réussir à les duper. Ils ont fait tous les fichiers des hôpitaux, ils n'ont rien trouvé. Rien trouvé. C'est dans sa voix, le message.

7:11
Présentateur

Le message qu'elle a laissé.

7:12
Invité

Il m'a frappé. Oui, vous avez raison. En 2014.

7:14
Présentateur

Vous avez raison, mais vous savez... Laissé sur le répondeur de ses parents 6 mois avant son suicide.

7:17
Invité

Ce que vous apprend malheureusement parfois le métier d'avocat pénaliste, c'est que le témoignage humain, il est imparfait. Il est imparfait parce que, en l'occurrence, ce qu'ont fait les légistes au moment du suicide de Mme Radhi, ils ont disposé de cet élément-là. C'était 6 mois auparavant. Ils ont vérifié si on retrouvait la trace de violence physique. Et ce que nous en savons de cette autopsie, c'est qu'en l'occurrence, ce n'était pas le cas. Donc, qu'est-ce qu'il y a ?

Les deux médecins légistes également à Bordeaux qui ont procédé à l'autopsie, eux aussi sont dans l'omerta et la cabale, et eux aussi ont menti alors que c'est des médecins chevronnés et des médecins légistes pour couvrir Bertrand Cantat ? Ou alors, est-ce que l'autre solution, c'est que peut-être, on doit prendre avec une certaine mesure le message qui a été laissé par Christina à ses parents et qu'on doit simplement le lire comme le message d'une femme tourmentée, d'une femme qui, en effet, avait ses démons et qui laisse ce message, j'en prends acte. Ce que je constate, c'est que les faits, encore une fois, les faits ne sont pas en adéquation avec cela.

8:11
Présentateur

Bertrand Cantat va être auditionné. Il est dans quel état d'esprit ? Il a envie de s'exprimer, d'être confronté à ces accusations ?

8:16
Invité

Alors, il va être auditionné, je l'espère. Je l'espère parce que pour l'instant, nous, la seule chose que l'on voit, c'est des articles dans lesquels on nous relate le contenu de la plainte, mais rien d'autre que ça. Donc, on a demandé, évidemment, dès la parution du premier article annonçant le dépôt de plainte, le 17 mars, immédiatement, on a demandé à être entendu, parce que c'est la réaction naturelle d'une personne qui est visée par une plainte calomnieuse, par une plainte qui contient des éléments terribles. Hier soir, on a été contraint de faire quelque chose qui, pas seulement pour Bertrand, mais pour toute la famille de Christina, a été un choix très difficile.

8:52
Présentateur

De produire la lettre de suicide qu'elle a laissée d'ailleurs.

8:54
Invité

De produire la lettre de suicide. Il faut juste à un moment vous rendre compte combien c'est un acte difficile, et en l'occurrence, ce sont les parents de Christina qui ont choisi de le faire et de permettre à Bertrand de la rendre publique. Pourquoi l'ont-ils fait ? Parce qu'il était écrit dans la presse, peut-être être faux, mais je fais confiance à vos confrères pour être exact, que dans la plainte en question, il était écrit que cette lettre faisait 5 pages et qu'elle contenait 4 pages et demie de description des violences que Bertrand faisait subir à Christina. C'est faux.

Et quand on laisse entendre dans cette plainte, là aussi, je suis extrêmement choqué, dans cette plainte, on nous explique, les policiers m'ont dit que c'était le cas. Donc en fait, si je comprends bien, les policiers sont des menteurs également, les policiers à Bordeaux sont des menteurs et auraient dit à ce fameux nouveau témoin que la lettre faisait 5 pages et donc les médecins sont des menteurs, les policiers sont des menteurs, la brigade criminelle sont des incapables. Et puis à un moment, on reste sérieux. Les parents de Christina Raddy défendent Bertrand Cantat. Exactement, la mère de Christina Raddy soutient aujourd'hui Bertrand Cantat. Elle affirme que c'est un bon père.

Elle s'en prend même aux associations féministes qui régulièrement s'invitent à ces concerts. Regardez, elle a accordé une interview à BFM TV. C'était le 7 mai dernier. C'est un homme, mais c'est d'abord un artiste. C'est dans ses gènes, c'est grâce à ses parents. Et c'est un homme qui aime ses enfants. Il s'en occupe aussi bien qu'un homme pourrait le faire. C'est très difficile pour lui, très difficile. Kylia ne comprend pas les féministes qui manifestent devant ces concerts. Je suis une femme indépendante, je suis une femme féministe, une féministe positive. Mais ce qu'ils font, c'est scandaleux, criminels même. Voilà, alors aujourd'hui, elle défend Bertrand Cantat.

Pourtant, en 2012, dans une interview qu'elle accordait à Paris Match, elle déclarait à propos de Bertrand Cantat et de sa fille, Christina, il avait plusieurs fois cassé ses téléphones, ses lunettes, il menaçait les hommes qui l'approchaient, il lui avait même cassé le coude. Dans cette même interview, le père de Christina dit que sa fille a nié la violence de son mari pour épargner leurs enfants. Elle aurait donc menti pendant le procès ou en tout cas minimisé les faits pendant le procès ? Alors, d'abord, il n'y a pas eu de procès dans ce cas-là puisque le procès, c'était au moment du décès de Marie Trintignant en 2004 et là, on se situe en 2010 à la suite de la disparition de Christina.

Moi, je tiens d'abord, encore une fois, à voir la situation dans laquelle on place les gens. Vous vous rendez compte que Mme Raddy, dont la fille s'est suicidée, est contrainte de venir sur un plateau télé pour venir affirmer qu'elle n'est pas une femme sous emprise, qu'elle est une femme féministe, elle est obligée de venir se justifier comme si elle était mise en accusation. Ça, c'est mon premier point parce que c'est assez choquant qu'on la force à sortir ainsi de son silence, qu'on la force à sortir de chez elle, qu'on la force à... Elle a tenu toujours le même discours. La théorie, oui, c'est parce qu'ils n'ont pas toujours dit ça.

Et la théorie de Yael Méloul, c'est que la mère de Christina... Non, non, pardonnez-moi, elle n'a pas tenu ce discours-là. Ça ne l'oblige pas à voir à justifier. Elle n'est accusée de rien. Excusez-moi. Je suis entièrement d'accord avec vous. J'aimerais qu'on soit d'accord au moins là-dessus. Si je peux terminer ça, c'est que la théorie d'Yael Méloul, c'est que la mère de Christina se tait pour pouvoir continuer à voir ses petits-enfants. Que si elle protège ainsi Bertrand Cantat, c'est pour pouvoir continuer à les voir.

Alors, pour tourner la question autrement, est-ce que si elle ne soutenait pas Bertrand Cantat, elle pourrait toujours voir ses petits-enfants comme vraisemblablement ça n'était pas le cas en 2013 ? Mais quel mépris. Mais quel immonde mépris. Pas dans vos propos à vous, dans les propos que vous reprenez. Il n'y a eu mais l'eau, aucun. Mais moi je ne la cite même pas. La personne n'a pas d'importance. La personne n'a pas d'importance. Et quand on a autant d'acharnement contre Bertrand Cantat pour déposer trois plaintes contre lui, c'est qu'on a un problème personnel. Et moi je n'en fais pas un problème personnel. Mais dans les propos que vous me donnez, quel mépris contre cette femme ?

Quel mépris contre elle qui aurait d'abord considéré que ses petits-enfants étaient plus importants que la vérité sur la mort de sa fille ? C'est dégueulasse. Il n'y a pas d'autre mot, c'est dégueulasse. Quel mépris pour cette femme dont les petits-enfants ont aujourd'hui 15 ans et dont l'autre est majeur et dont ils sont largement assez grands pour pouvoir... Justement, on pourrait comprendre qu'elle veuille les préserver. On pourrait comprendre qu'elle veuille les préserver aussi. En tant que grand-mère. Donc si on considère qu'ils ne sont pas capables aujourd'hui de faire ces choix-là, quel mépris à nouveau pour cette famille ?

Et à nouveau, la mère de Christina, elle l'a très bien expliqué, si vous reportez aux articles de l'époque, et on a même eu une audience publique en diffamation où elle est venue spécialement de Hongrie avec son mari pour s'expliquer pendant deux heures d'audience à la barre et où elle a expliqué. Elle a trouvé un message vocal de sa fille et elle a reçu des informations de la part d'une personne qui était le compagnon de Christina à l'époque, dont elle a découvert après coup, en analysant les faits, en son âme et conscience, qu'ils étaient faux. Il s'était rendu compte qu'on lui avait menti. Elle s'est rendu compte avec son mari que les éléments qu'on lui avait présentés étaient inexactes.

Et donc, on peut venir aujourd'hui toujours dans cette espèce de théorie dingue, mais c'est vraiment, c'est dingue, de complot où tout le monde est menteur, où les uns et les autres ont des agendas cachés, ont des espèces de plans absolument machiavéliques pour pouvoir cacher quelque chose. Non, la vérité, c'est simple, c'est que Mme Radis s'est rendu compte en regardant les correspondances, la totalité des correspondances qu'elle a pu voir après, que lui avait adressé sa fille, la détresse de celle-ci. Elle a pu comprendre la dépression. Quand on se suicide, malheureusement, c'est une évidence que je vais vous dire, mais ce n'est pas par hasard.

Quand on se suicide, c'est qu'il y a un mal-être, il y a une dépression, quelque chose de profond en tout cas. Et donc, quand elle a compris ces éléments-là, qu'elle a compris que Bertrand n'y était pas lié, oui, naturellement, c'est un revirement, un revirement sur lequel elle s'est expliquée, qu'elle a toujours assumé, et venir dire aujourd'hui, c'est pour ses petits-enfants, je trouve ça méprisant pour elle. Et comme elle le dit très bien, elle n'a pas besoin de qui que ce soit pour être féministe, elle est suffisamment grande et suffisamment femme pour l'être seul.

14:28
Présentateur

Bertrand Cantat, rattrapé par son passé à quelques jours du Zénith, de son concert au Zénith à Paris, le jeudi 7 juin. Oui, il faut parler de son exposition

14:34
Invité

et de la tournée qu'il continue, des concerts qu'il continue de donner. Dans la dernière interview accordée par Bertrand Cantat, juste avant la sortie de son album, c'était aux Un Rock, et chacun se souvient du scandale provoqué par ses confidences, parfois indécentes, par la complaisance des questions, cette exposition narcissique. Vous savez, après le drame, j'ai eu du mal à réécouter Nick Cave. J'étais incapable de lire, d'écouter, etc. Bon, scandale aussi, parce qu'on est juste une semaine après les premières révélations du New York Times sur l'affaire Weinstein. Il y avait pourtant, si on relit cette interview, une lucidité, et je dirais même une lucidité bienvenue.

Bertrand Cantat y explique qu'après avoir songé à se donner la mort, il a longtemps envisagé de disparaître, de vivre à l'étranger. Ce sont ses enfants, dit-il, qui l'ont décidé de rester en France. J'ai décidé d'être là. Tout autre solution aurait pourtant été plus simple, dit Bertrand Cantat. Et en disant cela, Cantat reconnaît que sa seule présence dans l'espace public pose problème. Que le temps n'efface pas les sentiments et les ressentiments.

Alors même que défaire le mouvement MeToo avec ses excès, ses accusations parfois imprudentes ou infondées, on en a parlé ici, comment supporter la visibilité d'un agresseur meurtrier, de surcroît, un agresseur, lui, avéré, condamné, face à cette vague, face à ces pétitions, annulation de concert, ses pancartes Cantat assassins. L'artiste, conformément à ses paroles de l'automne, aurait pu choisir de s'incliner, de reculer, de disparaître, au moins provisoirement. Non, au contraire, il se défend dans un message Facebook. On s'en souvient. Et il va au contact en marge d'un concert à Grenoble. Il a traversé la place, il m'a tendu la main pour que je lui serre la main.

Je ne lui ai pas tendu, mais sans vraiment aucune agressivité. Je ne voulais pas le tendre la main. Et ce monsieur m'a fait un bisou. Le mec, il arrive, il fait des bisous à tout le monde, Bon, le dialogue est évidemment impossible. La question n'est pas là. Mais la question est celle, elle est aussi dans l'image de cet homme apparemment détaché, décontracté. Certains y ont vu l'image de quelqu'un de désinvolte qui devrait, qui pourrait peut-être, comme le dit l'ancienne ministre Laurence Rossignol, avoir une obligation morale de discrétion. Je suis sûr, Maître, que dans votre vie d'avocat, vous avez souvent conseillé cela à vos clients, la discrétion.

Est-ce que ce serait trop demandé à Bertrand Cantat ? La première chose, Patrick Cohen, c'est qu'il est d'accord avec vous. Il est d'accord avec vous puisque vous avez lu son message Facebook, vous l'avez cité. Et je vous remercie parce que vous n'êtes pas nombreux à l'avoir lu. Vous avez lu l'article des Inrock. Je vous remercie parce que vous n'êtes pas non plus nombreux à l'avoir lu. Et dans beaucoup de choses que j'ai lues, ce n'était pas repris. Et il est le premier à le reconnaître. Il y a aussi une part d'indécence et je l'ai dit. Cet article, vous l'avez dit, cet article des Inrock, il est le premier à le reconnaître, était une erreur.

Il comprend qu'il a pu choquer et il s'en excuse. Ça, c'est le premier point. Ce n'est jamais inutile de le rappeler parce que Bertrand Cantat parle peu et cet élément-là, on a tous le droit de commettre des erreurs. Celui-ci en était une. Et donc, si les choses étaient à refaire, non, il ne les referait pas et non, cet article ne reparaîtrait pas sans même parler du débat, de la mise en page. Il n'est pas forcément responsable. Ça, c'est autre chose et ce n'est pas le sujet. Mais sur le fond, il y a deux éléments. Le premier, il y a son obligation morale de discrétion qui est une chose. Mais à l'avocat que je suis et au juriste que je suis, je vois la question autrement.

C'est comment peut-on contraindre, c'est-à-dire si on doit faire peser une obligation, comment peut-on l'imposer si ce n'est en demandant à la personne de bien vouloir le faire et comment pouvoir faire comprendre cette obligation puisque s'il est vrai que lorsque cet article sort, il fait scandale, Bertrand Cantat sort de détention en 2007. La décision, la décision qui est publique, on la trouve même sur Internet qui est rendue au nom du peuple français, prévoit que dans le cadre de sa réinsertion, il mènera une activité artistique, qu'il reviendra sur scène, qu'à la suite de sa sortie... Sur scène, c'est écrit comme ça ? Sur scène ? C'est écrit sur scène.

Sur scène, il est indiqué simplement en 2007 qu'il ne fera pas durant de très nombreux mois. Je vous laisse apprécier si 2007-2018 constituent de très nombreux mois. Ce n'est pas de très nombreuses années, de très nombreux mois. Et je vous l'indique pour votre information, la décision a été rendue sur avis conforme du parquet, de l'administration pénitentiaire, de tous les services de l'État. Mais le problème, c'est comment fait-on pour l'interdire ? Et comment fait-on encore plus pour l'interdire quand, depuis sa sortie de prison, il est d'abord déjà remonté sur scène avec Détroit, un groupe qui l'avait remonté et qui n'avait pas à l'époque suscité ses difficultés ?

Et c'est-à-dire concrètement, comment faites-vous pour réagir quand vous devenez le symbole de quelque chose que vous n'avez pas demandé à être ? C'est un peu la difficulté de cette situation, c'est que Bertrand Cantat ne s'exprime pas sur les faits pour lesquels il a été condamné. Il n'est pas naturellement et heureusement, mais après tout, d'autres artistes l'ont fait, ont été jugés pour ça. Il ne se fait pas le chantre de la violence faite aux femmes. Il n'a pas été jugé.

Je vous vois lever les yeux, vous avez raison, mais je vous rappelle que même sur la couverture qui le concernait, un artiste qui partageait la couverture avec lui avait été jugé justement pour des propos qu'on considérait comme une incitation à la violence faite aux femmes. Donc en quoi on voit que dans le monde artistique, c'est possible ? Il ne se fait pas non plus le porte-parole de sa cause. Il ne parle pas, il ne s'exprime pas sur les faits en question. Et donc, quand vous devenez le symbole de quelque chose que vous ne souhaitez pas être, comment faites-vous pour réagir et comment fait-on pour reposer cette obligation dont vous parliez ?

20:12
Présentateur

Il y a aussi la souffrance des parents de Marie-Claude.

20:14
Invité

Depuis Vilnius, en fait, le débat, l'émotion reste vif à chaque fois que l'actualité, on pourrait dire à chaque fois que l'actualité artistique ramène Bertrand Cantat sur le devant de la scène. Il y a toujours eu, bien sûr, les déclarations très brutales et sans nuance de Nadine Trintignant, mais peut-être les quelques rares commentaires de Jean-Louis, le père de Marie Trintignant, toujours très réservés, ont-ils encore plus d'impact comme il y a quelques jours devant Laurent Delahousse ?

20:42
Présentateur

C'est arrivé il y a 15 ans. C'est curieux, moi, je ne pensais pas qu'il y avait si longtemps. C'était en 2003. Mais ça m'a beaucoup, ça m'a complètement détruit et puis je n'arrive pas à m'en remettre. Je vais de plus en plus mal depuis 15 ans. Je vais de plus en plus mal, oui. Ça n'appelle pas de commentaire. Je ne suis pas d'accord avec vous, ça n'appelle pas de commentaire. Merci beaucoup, Antonin Lévy. et puis je vais de plus en plus mal.

21:16
Locuteur

Je vais de plus en plus mal.

Bertrand Cantat : la justice rouvre l'enquête - C à Vous - 05/06/2018 · Pourquijevote