Déclaration à la presse du Président Emmanuel Macron et du Président Cyril Ramaphosa.
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- 2:30Emmanuel MacronChiffre
« la communauté internationale doit se mobiliser pour aider l'Afrique, entre aujourd'hui et 2025, à avoir au moins ces 290 milliards de dollars de financements »
- 3:00Emmanuel MacronChiffre
« la France s'y est engagée pour que cela représente au moins 100 milliards pour l'Afrique »
- 3:30Emmanuel MacronPromesse
« la réallocation au maximum par tous les pays les plus riches, la France s'y est engagée pour que cela représente au moins 100 milliards pour l'Afrique »
- 4:00Emmanuel MacronFait
« la France va rejoindre l'organisation internationale Square Kilometre Array »
- 5:30Emmanuel MacronChiffre
« 2 milliards de financement par l'Agence française de développement »
- 7:30Emmanuel MacronPromesse
« plusieurs acteurs français se sont engagés en la matière, Schneider Electric, qui va former plusieurs milliers d'électriciens d'ici cinq ans »
- 8:00Emmanuel MacronPromesse
« Alstom, qui s'est engagé à former 19 000 Sud-Africains »
- 8:30Emmanuel MacronPromesse
« le programme Trace Academia, également lancé ce jour, a pour objectif de contribuer à la formation de 25 millions de jeunes sur le continent »
- 9:00Emmanuel MacronFait
« nous avons lancé la saison Africa 2020, qui durera en France jusqu'en septembre prochain »
- 10:00Emmanuel MacronChiffre
« nous venons aussi de nous associer dans une même philosophie au lancement de la première émission d'obligations vertes en Afrique du Sud, à hauteur de 200 millions d'euros »
- 10:30Emmanuel MacronChiffre
« 350 entreprises françaises sont implantées en Afrique du Sud. Elles emploient directement 65 000 personnes »
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Cher Président, cher Cyril, merci infiniment, d'abord, de m'accueillir aujourd'hui dans votre pays et je voulais vous dire combien nous avions été heureux et honorés de votre présence. Je le disais à Paris ,dans des temps qui sont si agités pour nous tous, pour la conférence sur le financement des économies africaines. Je suis, pour ma part, à la fois honoré et ému d'être parmi vous aujourd'hui.
Honoré parce que c'est une visite importante pour notre pays, j'ai pu répondre à votre invitation et plus que jamais, nous l'avons vu et, je vais y revenir, nous avons décidé d'oeuvrer beaucoup de sujets en commun, à la fois bilatéraux et régionaux et multilatéraux. Mais aussi parce que la relation avec votre pays et ce que votre pays représente, et nous l'avons vu en arrivant, et ces marches seules, en quelque sorte, disent une part de cette histoire. C'est aussi au coeur de ce que j'évoquais tout à l'heure rapidement, c'est-à-dire la capacité qu'a eu et qu'a le continent africain de prendre son destin en mains, de mener des batailles qui ont structuré, en particulier, la fin du 20ème siècle et de le faire avec courage, détermination et inspiration.
Je sais que l'Afrique du Sud est un pays de mémoire et d'histoire plurielle qui, lui aussi, va faire face, on l'évoquait en répondant à la première question, à des histoires multiples de réconciliation, de tradition, mais aussi d'innovation. Je veux dire que je suis très admiratif de la manière dont votre pays, justement, arrive à la fois à faire face aux défis contemporains tout en embrassant cette diversité extrême. Je crois savoir que vous-même vous parlez 8 des 11 langues qui font votre pays.
Et c'est, à la fois, une source d'inspiration et de respect. Alors, je crois savoir que dans votre culture, la collectivité et l'ambition ne font qu'un. J'ai entendu dire qu'il existe un mot ancien, d'origine koweïtienne qu'on appelle "yapo" qui signifie "Le rêve qu'on rêve ensemble, en quelque sorte, est un rêve qui n'existe que tant qu'il est partagé par la communauté " et au fond, c'est autour de cette idée là, de ce concept, que je voudrais structurer à la fois ce que nous entendons faire sur le plan bilatéral, mais plus largement, la manière dont nous entendons mener une grande part des défis du continent ensemble.
On a évoqué avec le président Ramaphosa, je suis pour ma part convaincu, je vous le disais tout à l'heure, que notre défi est d'aider l'Afrique à réussir, et en particulier la jeunesse africaine. C'est une formidable opportunité pour le continent. C'est une formidable opportunité d'ailleurs pour la relation euro-africaine, mais cela suppose un niveau d'investissement de transformation absolument inédit au moment même où nous vivons des défis que peu de générations ont rencontré.
Et donc, notre volonté c'est d'essayer d'embrasser ensemble ces questions. Le premier point, c'est comment on arrive ensemble à transformer le niveau et la nature de la coopération en matière économique, budgétaire, financière entre l'Afrique et le reste du monde. C'était l'objet de la conférence de Paris, la semaine dernière, et ensemble, nous poussons cette idée que la communauté internationale doit se mobiliser pour aider l'Afrique, entre aujourd'hui et 2025, à avoir au moins ces 290 milliards de dollars de financements dont nous savons que c'est, si je puis dire, la conséquence de la crise COVID.
C'est le minimum minimorum. Et donc, c'est l'initiative de l'émission de droits de tirage spéciaux du FMI de 650 milliards, la réallocation au maximum par tous les pays les plus riches, la France s'y est engagée pour que cela représente au moins 100 milliards pour l'Afrique. C'est ensuite la mobilisation d'une restructuration des dettes africaines dans un cadre commun et partagé, mobilisant l'ensemble des bailleurs pas simplement occidentaux, mais l'ensemble des membres du G20 doivent se mobiliser autour de cette initiative, et c'est la capacité également à repenser les règles que nous avons aujourd'hui en matière budgétaire avec l'Afrique.
Les États-Unis, la Chine, l'Europe réadaptent leurs règles. On ne peut pas vivre avec les règles des années 80 quand on parle du continent africain. Et puis, c'est notre volonté d'aider le continent africain à développer l'entrepreneuriat privé beaucoup plus fortement en lançant cette alliance pour l'investissement privé.
C'est d'ailleurs pour cela que Makhtar Diop, qui était à la tête de la SFI au sein du Groupe Banque mondiale, est à mes côtés aujourd'hui pour permettre justement de mener cette entreprise. C'est le coeur pour réussir cette stratégie, avoir une stratégie de financement et ça, on veut le porter ensemble. Et c'est exactement ce qu'on a fait l'année dernière avec ACT-A, au début de la crise sanitaire, on a dit qu'il fallait une réponse sanitaire, économique.
Ensuite, deuxième élément sur lequel nous avons discuté et qui est au coeur de notre politique, ce sont les vaccins, la santé. Je ne vais pas revenir sur tous les éléments que j'ai pu donner tout à l'heure dans ma réponse à la question. Mais nous voulons bâtir un partenariat très fort pour accélérer le don de doses, accélérer le transfert de technologies qui va permettre seules d'accroître les capacités de production sur le sol africain de vaccins et trouver une solution au problème de la propriété intellectuelle qui ne doit en rien être un frein.
Sur ces sujets, nous prendrons une initiative ensemble en G7, mais dès cet après midi, nous allons ensemble lancer une série d'initiatives communes pour, en particulier, apporter des financements à des montées en capacités d'acteurs industriels existants sud africains, en particulier Aspen. Je ne veux pas oublier, dans ce contexte-là, le reste de la solution en matière de santé. Nous avons décidé d'accroître notre financement vers les systèmes de santé primaires des pays africains, 2 milliards de financement par l'Agence française de développement.
Et puis, nous voulons aussi multiplier justement le travail, le partenariat sur les autres sujets Covid en particulier les diagnostics, en particulier les éléments thérapeutiques. Et nous aurons là aussi des éléments importants lors de cette visite, avec, justement, des partenariats franco-africains qui permettent d'aller dans cette direction. Troisième élément de notre réponse commune aux défis contemporains de ce nouveau partenariat que nous souhaitons sceller, c'est la question de l'emploi, en particulier l'emploi des jeunes, dans un contexte où il faut réinventer nos modèles de croissance et en particulier, où il faut faire face au réchauffement climatique et à la transition énergétique.
Sur ce volet, la France, aux côtés de l'Union européenne, est prête à accompagner l'Afrique du Sud, de plusieurs manières. D'abord, de manière très concrète, en articulant notre agenda international ensemble, ce qu'on a commencé à faire, en ayant sur la préservation de la biodiversité, la lutte contre le dérèglement climatique, des approches et des initiatives communes. Ensuite, en apportant justement des financements et des projets en matière d'énergies renouvelables, mais également de nucléaire.
Nous avons évoqué tous ces sujets tout à l'heure, plusieurs entreprises françaises ont d'ailleurs été sélectionnées au mois de mars dernier sur des projets d'énergies renouvelables et nous souhaitons de manière très profonde accompagner la transition climatique de l'Afrique du Sud, tout en aidant à maximiser les créations d'emplois en la matière. Nous venons aussi de nous associer dans une même philosophie au lancement de la première émission d'obligations vertes en Afrique du Sud, à hauteur de 200 millions d'euros, ce qui montre cet engagement en faveur de la finance durable et notre volonté de jouer un rôle pour la transition vers une économie bas carbone. Et puis, la France, qui est un partenaire historique d'Eskom, continuera aussi à apporter son soutien à l'entreprise pour une capacité d'investissement résolument orientée vers l'avenir et cette transition.
Ce contexte-là, c'est celui, au fond, d'une coopération toujours plus étroite entre nos économies et ça ne se limite pas d'ailleurs à ces sujets que je viens d'évoquer. Nous sommes de plus en plus présents. Les entreprises françaises, en 2019 et 2020, ont fortement accru leur présence et leurs investissements sur votre sol. 350 entreprises françaises sont implantées en Afrique du Sud.
Elles emploient directement 65 000 personnes et elles vont continuer, même dans ce contexte de crise, à travailler, embaucher et accompagner vos projets de croissance. Mais notre idée est aussi de faire plus en termes de formation professionnelle. C'est pourquoi plusieurs acteurs français se sont engagés en la matière, Schneider Electric, qui va former plusieurs milliers d'électriciens d'ici cinq ans, Alstom, qui s'est engagé à former 19 000 Sud-Africains et nos entreprises lancent, cet après midi, une initiative baptisée French Skills pour aider les jeunes Sud-Africains à conquérir justement de nouvelles opportunités, à acquérir les compétences requises et de la même manière, le programme Trace Academia, également lancé ce jour, a pour objectif de contribuer à la formation de 25 millions de jeunes sur le continent.
Nous avons aussi une coopération scientifique exceptionnelle. La France va rejoindre l'organisation internationale Square Kilometre Array, un projet de méga télescope. Je sais qu'il vous est cher, Président, et nous avons, en matière d'archéologie, de climatologie, d'océanographie, de sciences médicales et autres, des coopérations que nous continuons de renforcer.
Dans le cadre de ces coopérations, permettez-moi aussi d'évoquer notre coopération culturelle. En effet, nous avons lancé la saison Africa 2020, qui durera en France jusqu'en septembre prochain et qui a mobilisé beaucoup d'artistes, de créateurs sud-africains par un très gros travail. Mais nous allons continuer sur ce sujet, vraiment, de mobiliser à la fois la jeunesse, les artistes, en particulier, avec la perspective du sommet de Montpellier.
Parce que il y a ici des talents auxquels nous sommes extrêmement attachés et qui, je crois, se feront à la fois, mieux connaître en France, mais qui nous aideront aussi à nouer ce partenariat humain beaucoup plus fort. Enfin, le dernier pilier que nous voulons développer, c'est celui d'une association étroite pour régler les crises régionales. On l'a évoqué avec la première question sur le Mozambique, mais notre volonté de développer en commun des éléments de réponse, parce que la philosophie qui est la mienne depuis quatre ans, c'est de considérer que la France est amie de l'Afrique.
Un problème africain est un problème de la France. Mais nous devons tous comprendre qu'aucun problème ne se règle quand on ne respecte pas la souveraineté d'un État, et quand on n'essaie pas d'abord de trouver une solution régionale à la crise. Et donc, le coeur de notre réponse a toujours été de venir en soutien, en assistance et à la demande des États, de leurs instances régionales et de l'Union africaine.
Et c'est dans cet esprit là que nous voulons travailler ensemble sur les prochains mois, sur la situation du Mozambique. Mais toutes les autres qui porteront du sens avec cette idée, justement, de construire cet espace de paix et de stabilité. Merci beaucoup.
Merci Président Macron. J'aimerais commencer par exprimer notre gratitude pour votre présence et votre visite en Afrique du Sud. Nous sommes très honorés et nous sommes aussi très impressionnés que pour la première fois, vous venez ici.
Vous avez tenu un devoir officiel avec nous et vous êtes aussi venu pour lancer les projets en particulier. Et nous sommes très contents malgré le temps limité des visites officielles. Je ne reviendrai pas sur le COVID dont nous avons beaucoup discuté ici.
Sur les changements climatiques et la paix sur le plan global ainsi que les relations entre nos deux pays, comme vous l'avez déjà vu, nos deux pays continuent d'améliorer leurs relations et ainsi nous avons signés des accords à propos de problèmes sur lesquels nous allons coopérer surtout sur le problème du commerce, du développement des connaissances ainsi que le problème du téléscope Square Kilometre Array. Et sur le COVID, nous croyons que nous comprenons le plan support et la solidarité de la France surtout pour présenter le cas africain. Ici, la France est vue comme une amie de l'Afrique, comme le président Macron s'est attardé là-dessus, il aimerait voir le continent entier réussir et nous aimerions travailler continuellement avec la France.
C'est pour cette raison que nous sommes prêts à coopérer ensemble sur un certain nombre de forums multilatéraux à travers le monde, les Nations Unies, le G20, le G7. Et nous apprécions le fait que la France ait accepté un grand nombre de relations avec la plupart des pays dans le continent. Ce que j'apprécie le plus, c'est que le président Macron a pu nous démontrer qu'il est prêt à écouter ce que leaders africains sont prêts à exposer ou à dire par rapport à de futures rencontres.
Il n'a pas mis de côté nos points de vue ou essayer de minimiser la souveraineté des pays africains. Et c'est ce qui devrait influencer les attitudes des autres, c'est-à-dire écouter, faire des voyages et être capables d'écouter ce qu'il se passe et être prêt à prendre en compte nos points de vue. C'est très intéressant d'avoir un partenaire comme le président Macron qui sera toujours avec nous pendant que nous sommes en train de plaider les différentes positions et surtout sur des positions vont bénéficier notre continent.
L'Afrique du Sud et la France, ont une stratégie très dynamique qui se déploie sur beaucoup de domaines et des secteurs. Nous avons beaucoup de compagnies françaises, présentes ici, dans notre marché et notre économie. Et nous avons vu une grande coopération avec la France comme un gouvernement qui est prêt à améliorer les relations, les approfondir et les rendre meilleures.
Et c'est avec une grande passion que nous parlons de renforcement des capacités des jeunes et du développement des jeunes. Et c'est quelque chose que nous apprécions. Aussi, nous sommes prêts à reconnaître et embrasser l'initiative du sommet de Paris, il y a près de 2 semaines, où nous avons eu le sommet pour discuter du financement et des économies africaines.
Nous avons pu voir ces points bien que les économies très développées donnent près de 650 milliards de dollars, des DTS. Alors qu'il n'est pas un pays local africain il a rappelé ce message, comprenant d'où nous venons et il a offert un don de 100 milliards qui seront bien utilisés. Je crois que seulement 25% de ces 630 milliards seraient suffisants.
Nous allons parler de ça au cours du diner et nous allons retirer nos calculatrices et garder les meilleurs chiffres. Nous avons leur soutien sur un problème particulier et important comme celui-ci et ceci devrait bénéficier aux économies du continent. Et il apprécie et comprend là où se trouve l'Afrique et il aimerait soutenir l'Afrique dans sa quête de réussite.
Nous apprécions votre visite au Rwanda et en Afrique du Sud, ce qui est très important et une bonne démonstration de tout ce que vous avez dit est que vous êtes prêt à nous soutenir et nous aimerions bénéficier de votre soutien pour pouvoir faciliter l'exécution du Marché commun africain et aussi dans la promotion et le soutien des entrepreneurs, les petites et moyennes entreprises. Si nous pouvons envoyer un message clair aux compagnies françaises qui sont présentes en Afrique du Sud, c'est que nous aimerions beaucoup votre soutien pour les petites et moyennes entreprises. Vous avez offert de travailler ensemble sur le changement climatique.
Le changement climatique, c'est un domaine où nous voyons beaucoup d'opportunités économiques pour nos pays et nous aimerions travailler avec vous. Ceci afin que nous puissions résoudre les défis environnementaux qui se présentent et aussi qu'on prenne en compte la science et que nous soyons le plus équitable. Et nous sommes très contents de votre approche sur la situation sécuritaire du continent et qui vise à faire respecter la souveraineté pour tous nos gouvernements.
Et vous êtes en train de promettre une solidarité quant au soutien humanitaire et technique et autres. Et pour moi, c'est une visite très importante et merveilleuse. Et je crois que le président Macron et moi, nous regardons les choses deux fois, presque de la même façon et nous allons continuer de travailler ensemble pour nos deux pays.
Je crois que ceci est une fondation très solide dans le renforcement des relations entre l'Afrique du Sud et la France. Je suis donc très heureux que vous soyez présent ici.
Emmanuel Macron