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Interviewyoutube.com· 17 novembre 2025 10 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeBudget & impôtsSolidarités & famille

Fabien Roussel face à Thomas Sotto dans RTL Matin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 72 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'on peut faire après ça ? Est-ce qu'on n'a pas déjà perdu la guerre ?

  • 2:20RelanceRéponse directe

    Il en manque 60 000 aujourd'hui pour lutter efficacement contre le trafic de drogue.

  • 3:17RelanceRéponse directe

    Faire ces économies qu'on vous impose, c'est céder du terrain au trafic de drogue ?

  • 3:46OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'en tant que maire, vous avez peur ?

  • 4:48RelanceRéponse partielle

    Vos amis de la France Insoumise disent qu'il faut désarmer les policiers municipaux.

  • 6:09FerméeRéponse partielle

    Est-ce qu'il faut être plus dur avec les consommateurs ? Ce sont eux qui arment les dealers ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:45Invité politiqueChiffre
    « La drogue, c'est 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires. »
  • 1:48Invité politiqueChiffre
    « C'est aussi 350 à 400 assassinats par an dans notre pays. »
  • 2:12Invité politiqueChiffre
    « nous avons estimé, nous, à 60 000 fonctionnaires de police, des gendarmes, des douaniers supplémentaires à mettre aux frontières et dans les villes. »
  • 2:23Invité politiqueFait
    « c'est le président Nicolas Sarkozy qui a supprimé 13 000 policiers. »
  • 3:00Invité politiqueChiffre
    « Ce gouvernement envisage encore de ponctionner plus de 7 milliards d'euros aux collectivités. »
  • 6:21Invité politiqueChiffre
    « les consommateurs, près de 4 millions dans notre pays, doivent prendre conscience de ce qu'ils font. »
  • 7:49Invité politiqueChiffre
    « c'est à peu près 2,5 milliards à 3 milliards d'euros de plus qu'il faut mettre. »
  • 8:05Invité politiqueChiffre
    « Or le budget du ministère de l'Intérieur, il va augmenter de combien ? 500, 600 millions d'euros ? »

Temps de parole

  • Fabien Roussel82 %
  • Présentateur18 %

3,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

3. Thomas Soto, RTL Matin. C'est le patron du parti communiste, il est aussi le maire de Saint-Amant-les-Eaux-Dans-le-Nord. Fabien Roussel est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Fabien Roussel. Bonjour, Thomas Soto. Mehdi Kessassi avait 20 ans, il voulait devenir gardien de la paix. Mehdi sera enterré tout à l'heure à Marseille après avoir été exécuté il y a quelques jours, assassiné visiblement pour faire peur à son frère, Amine Kessassi, pour le faire taire. Lui qui est très engagé dans la lutte contre le narcotrafic. Qu'est-ce qu'on peut faire après ça ? Est-ce qu'on n'a pas déjà perdu la guerre, Fabien Roussel ?

0:30
Fabien Roussel

Non, il ne faut pas dire qu'on a perdu la guerre. Je pense à cette maman qui a perdu deux fils, dont Ahmed, qui a été assassiné en représailles de l'engagement de son frère contre les narcotrafiquants. C'est un drame de plus et c'est un cap de plus qui est franchi par les mafias, par les truands, qui pourrissent la vie de nos quartiers. Et il ne faut pas dire qu'on a abandonné, qu'on a perdu la guerre. Il faut faire quoi ? Au contraire, je vais vous dire. Quelle solution ? D'abord, en l'espace de 15 ans, 20 ans, les différents présidents de la République, ministres de l'Intérieur, ont désarmé nos moyens de sécurité, ont désarmé la police.

Je le dis clairement parce que les fermetures de commissariats de police, les suppressions de postes dans la police, dans la gendarmerie, tout cela a conduit à abandonner complètement des quartiers, des communes, des territoires. Et aujourd'hui, ce sont les mafias qui dictent leur loi. Nous ne pouvons plus l'accepter. On est en République. L'égalité des citoyens, la tranquillité pour tous, ça doit être réel. Quand j'entends des ministres... Ça veut dire quoi ? Qu'il faut rouvrir des commissariats de quartier ? Ça veut dire que la drogue, c'est un fléau. La drogue, c'est 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires. C'est aussi 350 à 400 assassinats par an dans notre pays.

Dans chaque barrette de chit, dans chaque gramme de coq, il y a du sang. Celui d'Ahmed qui s'assit, celui de tous ceux qui se prennent aussi des balles perdues dans certains quartiers. Si on n'y met pas les moyens, c'est-à-dire des enquêteurs, des douaniers aux frontières, dans les aéroports, dans les ports, nous avons estimé, nous, à 60 000 fonctionnaires de police, des gendarmes, des douaniers supplémentaires à mettre aux frontières et dans les villes.

2:20
Présentateur

Il y en manque 60 000 aujourd'hui pour lutter efficacement contre le truc de drogue.

2:23
Fabien Roussel

Oui, parce que c'est le président Nicolas Sarkozy qui a supprimé 13 000 policiers. Qui ont été rétablis par la suite. Non, ils sont juste venus compenser les départs en retraite, les démissions. On n'a pas regagné les effectifs qu'il y avait à l'époque. On n'a pas regagné les effectifs qu'il y avait aujourd'hui et qu'il y avait à l'époque. Et donc, les maires, les maires comme moi, les maires des communes, je pense à Amandine Demors aussi, à Échirol qui se bat contre un point de ville juste dans la... C'est partout. Dans les villes, dans les campagnes, c'est partout. Nous sommes, nous aussi, désarmés et démunis.

Vous vous rendez compte que l'année prochaine, je m'en vais au Congrès des maires de France, l'année prochaine. Ce gouvernement envisage encore de ponctionner plus de 7 milliards d'euros aux collectivités. Comment on fait ? Et il nous invite en plus à financer des polices municipales ou de la vidéosurveillance. Avec quel argent ? Avec quels moyens ? On va laisser les maires, les associations s'attaquer aux trafiquants sans parler...

3:17
Présentateur

Ça veut dire que, pardon, mais faire ces économies qu'on vous impose, c'est céder du terrain encore au trafic de drogue ? Mais bien sûr, nous sommes démunis, désarmés.

3:25
Fabien Roussel

Et je pense aux efforts que font les policiers, les gendarmes, les juges, les greffiers, la PJJ, qui manquent de moyens aussi. Des gamins sont condamnés aujourd'hui, récidivistes, et ils ne sont même pas surveillés parce qu'ils manquent aussi des moyens dans l'application des peines et au service de la jeunesse judiciaire.

3:46
Présentateur

Est-ce qu'en tant que maire, vous avez peur ? Ce matin, dans l'Opinion, Frédéric Dabil, patron de l'IFOP, dit que les maires veulent bien être à portée de baffes, mais pas à portée de balles. On en est là aujourd'hui ?

3:57
Fabien Roussel

Dans certaines communes, bien sûr. Mais parce que ces points de deal sont devenus des zones de non-droit, avec des checkpoints où on ne peut pas rentrer dans les quartiers, on ne peut pas rentrer dans certaines rues, on ne peut pas rentrer dans certaines... La République a capitulé. Donc, dans ces territoires-là, la République a perdu, et on ne doit pas l'accepter. Enfin, vous voyez ces images où le prix de la barrette, la vente en ligne, on peut même les commander sur Internet. Mais enfin, c'est insupportable. On ne doit pas accepter ça. Les mamans ne doivent pas avoir peur que leurs gamins sortent dans la rue.

Et je dis aussi une chose, c'est que non seulement il faut des moyens de sécurité, des moyens de lutte, mais il faut...

4:39
Présentateur

Les polices municipales.

4:41
Fabien Roussel

Mais là où c'est nécessaire, là où la police a tellement reculé, je comprends les maires qui fassent ce qu'ils font cela.

4:48
Présentateur

Parce que vos amis, vos cousins de la France Insoumise disent qu'il faut les désarmer.

4:51
Fabien Roussel

Mais ils sont coupés de la réalité. Ce qui est certain, c'est que ce n'est pas la police municipale qui pourra lutter contre les narcotrafiquants.

5:00
Présentateur

Non mais elle peut alléger la charge des policiers.

5:04
Fabien Roussel

Elle peut alléger la charge. Mais vous vous rendez compte qu'en faisant ça, on transfère aux communes le soin d'assurer la sécurité dans leur territoire. Ce n'est pas aux maires, aux policiers municipaux de lutter contre des points de deal. Ce n'est pas possible. Ça nécessite une surveillance.

5:18
Présentateur

Le ministère de l'Intérieur qui ne fait pas son job ?

5:20
Fabien Roussel

Oui, parce que le ministère de l'Intérieur, les différents ministères, les différents présidents de la République, n'ont eu qu'un seul mot pour les services de l'État, c'est réduction de la dépense publique. Ces trois mots, vous les entendez continuellement. Et on les entend encore aujourd'hui. Et pour cause. Oui, mais autant dans les bouches, dans la bouche des dirigeants de droite que d'extrême droite. C'est-à-dire que les mêmes qui tous les jours vous agitent le mot sécurité, sécurité, sécurité, sont les mêmes qui tous les jours déshabillent l'État, désarment l'État pour avoir les moyens de lutter contre ce fléau. C'est un véritable fléau. On n'ira pas avec des pistolets en carton.

Il faut véritablement mettre pas seulement des bleus dans la rue, mais des enquêteurs, mais aussi des moyens dans les tribunaux. Il nous faut des juges, des greffiers, des magistrats, des éducateurs. Il nous faut des services publics dans les quartiers.

6:09
Présentateur

Vous avez dit tout à l'heure, chaque barrette de shit a le goût du sang. Est-ce qu'il faut être plus dur avec les consommateurs ? Est-ce que ce sont eux aussi qui arment les dealers ? Est-ce que ce sont eux aussi qui sont responsables des balles qui tuent ?

6:21
Fabien Roussel

En tout cas, les consommateurs, près de 4 millions dans notre pays, doivent prendre conscience de ce qu'ils font.

6:29
Présentateur

Est-ce qu'il faut les sanctionner purement ? C'est ça la question. Certains à gauche sont pour la légalisation du cannabis. Vous, en 2022, dans votre programme présidentiel, vous étiez pour la dépénalisation.

6:39
Fabien Roussel

C'est un peu contradictoire, non ? Non, parce qu'en fait, il faut prendre cette question-là comme une question de santé publique. Les consommateurs doivent prendre conscience de leurs responsabilités. Mais l'État doit aussi créer les conditions de les accompagner et de trouver le moyen, comment dire, de les forcer à se soigner. Il y a une question de santé publique derrière. Mais ils doivent prendre conscience que derrière chaque barrette de chic, derrière chaque gramme de coq, il y a des morts, il y a des trafiquants, il y a des truands.

Il y a aussi des pays, je pense notamment aux relations que l'on a avec le Maroc, qui est un des plus grands producteurs de chic dans le monde et qui approvisionne ici toute l'Europe. Et on laisse faire. On doit aussi s'attaquer à la source.

7:24
Présentateur

Vous dites en fait ce matin de la fermeté. Mais bien sûr. Vous êtes plus dur que Gérald Darmanin, vous êtes plus dur que Bruno Retailleau, vous êtes plus dur que Laurent Noulin.

7:32
Fabien Roussel

La différence, je vais vous dire, la différence, ce n'est pas dans les mots que ça doit se faire. C'est dans les actes, les moyens que nous allons donner à l'État de s'attaquer à ces trafics. Vous savez quand je dis qu'il faut 60 000 agents de la fonction publique supplémentaire. policiers, magistrats, douaniers, c'est à peu près 2,5 milliards à 3 milliards d'euros de plus qu'il faut mettre. Ce n'est pas des sommes astronomiques, mettre 3 milliards d'euros pour donner, pour former, embaucher et donner les moyens de s'attaquer à ces trafiquants. Or le budget du ministère de l'Intérieur, il va augmenter de combien ? 500, 600 millions d'euros ? C'est rien. Alors eux vont dire, ça augmente.

Mais c'est plus neutre par rapport au haut. Il n'y a plus de sous. Non, ce n'est pas vrai. Alors donc, il faut arrêter de verser des larmes de crocodile à chaque fois qu'un de nos enfants meurt. Il y a de l'argent. Comment peut-on accepter, par exemple, de refuser d'aller taxer ceux qui gagnent plus de 100 millions d'euros aujourd'hui, et notamment avec cette taxe Zuckman, et de l'autre côté dire, ah bah oui, mais il n'y a pas d'argent. Il faut aller chercher l'argent là où il est. Il faut oser aujourd'hui aller chercher l'argent là où il est pour donner les moyens à l'État, à nos services de sécurité, à nos communes, de s'attaquer à ces trafics. Nous avons besoin de...

8:45
Présentateur

C'est ce que vous dites à Emmanuel Macron ce matin, qui va réunir tout le monde, les ministres, les patrons de la gendarmerie, de la police, le procureur de Marseille ?

8:50
Fabien Roussel

Et si Emmanuel Macron sort de cette réunion avec un communiqué de presse, mais sans aucun moyen d'urgence dédié aux services de l'État, aux collectivités, aux magistrats, c'est du vent. C'est du pipeau. Et ça, on en a marre. On souffre. Les maires ont besoin d'être accompagnés. Et il n'y a pas que les questions de sécurité. Il y a la question des services publics. Ces quartiers ont besoin que l'on investisse dans les écoles, dans les transports. Il nous faut des arrêts de bus, il nous faut des bureaux de poste, il nous faut des piscines, des city-stades, des éducateurs, de la culture. Il faut investir.

Mais regardez tous ceux qui disent qu'ils ont eu la chance de grandir dans une ville avec un maire communiste, dans ces quartiers, où ils avaient accès à une école de musique, à du sport.

9:36
Présentateur

On a basculé dans la campagne municipale.

9:38
Fabien Roussel

Mais non, mais c'est parce que c'est une réalité. Parce que quand nous, élus communistes, on se bat pour faire accéder à tous ces services publics locaux, tous nos jeunes de nos quartiers, Eh bien, c'est une manière aussi de lutter contre la délinquance.

9:51
Présentateur

Est-ce que vous parlez d'une élection ? Je vais vous parler d'une autre. Et en quelques secondes, les sondages nous disent qu'un deuxième tour, Bardella-Mélenchon, est une hypothèse crédible pour 2027. Vous choisissez qui ?

9:59
Fabien Roussel

C'est bien la raison pour laquelle M. Mélenchon n'est pas une solution pour battre l'extrême droite. Voilà, c'est tout.

10:07
Présentateur

Merci Fabien Roussel d'être venu ce matin sur RTL. Restez avec nous dans un...