Masques artisanaux, fermeture de classes, épreuves anticipées du bac, inceste... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Michel Blanquer
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Questions et réponses
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- 0:11OuverteRéponse directe
Que dites-vous aux enseignants et aux élèves qui utilisaient des masques artisanaux ?
- 0:49RelanceRéponse partielle
Les masques faits maison vont-ils être progressivement bannis de l'école ?
- 1:11OuverteRéponse directe
Pour les élèves sans masque, quel type distribue l'éducation nationale ?
- 1:37OuverteRéponse directe
Aucun masque distribué par l'éducation nationale n'est déconseillé ?
- 2:12OuverteRéponse directe
La règle de fermeture de classe à 3 cas positifs va-t-elle changer ?
- 2:55RelanceRéponse partielle
Vous allez changer cette jauge aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« D'abord, on est évidemment toujours très attentif aux avis du Haut Conseil, donc on s'adapte à chacun des avis pour avancer. »
- 0:22Invité politiqueFait
« S'agissant des personnels, vous savez, on diffuse des masques qu'on appelle de catégorie 1, donc Norma FNOR. »
- 0:36Invité politiqueFait
« L'alerte, elle serait plutôt du côté des familles, en disant « faites attention, que ce ne soit pas un masque de faible qualité qui soit mis à l'enfant, mais bien, si possible, un masque chirurgical ou un masque à FNOR de catégorie 1 en tissu ». »
- 3:14Invité politiqueFait
« Et bien entendu, on sait que le variant anglais pose un problème supplémentaire de contagiosité. »
- 3:36Invité politiqueChiffre
« Alors vous avez en ce moment une trentaine d'écoles qui sont fermées en France. Ça reste quelque chose de faible, et une centaine de classes. »
- 4:45Invité politiqueFait
« Ce qui est important, c'est que ces deux courbes sont parallèles. Et elles nous donnent une indication très claire de l'évolution de l'épidémie pour la population jeune. »
- 5:14Invité politiqueFait
« Non, il n'en est pas question à ce stade. »
- 6:32Invité politiqueFait
« C'est par exemple de ne pas mettre le pain en vrac dans un endroit. C'est le fait, à l'école primaire, de faire déjeuner les enfants classe par classe, pour qu'il n'y ait pas de brassage d'une classe à l'autre. »
- 9:54Invité politiqueFait
« Donc on a toute une organisation logistique qui le permet. »
- 10:00Invité politiqueFait
« Ce sont des tests antigéniques pour l'essentiel. Qui permettent de détecter le variant anglais et ses cousins ? »
- 11:50Invité politiqueFait
« Mais donc, dès qu'un test est positif, on isole les enfants et on essaye de rompre la chaîne de contact grâce à une politique de test. »
- 12:10Invité politiqueFait
« C'est ce qui nous a permis de faire le premier trimestre de manière correcte. »
- 13:30Invité politiqueFait
« Les vacances dureront deux semaines et pas trois. »
- 13:50Invité politiqueFait
« Normalement, les vacances scolaires de février auront lieu aux dates prévues. »
- 15:26Invité politiqueFait
« J'ai demandé à ce que les élèves de terminale autant que possible viennent en présence dans l'établissement et que l'hybridation soit le plus possible entre les secondes et les premières. »
- 20:26Invité politiqueFait
« Il y a eu une clause d'irrecevabilité tout simplement parce qu'il était considéré que ce n'était pas le sujet de ce projet de loi. »
- 23:00Invité politiqueFait
« Elle joue un rôle fondamental et elle doit jouer un rôle fondamental supérieur dans les temps à venir. »
- 23:23Invité politiqueFait
« Il y a eu tout ce qui a été fait avec le développement de numéros verts, etc. »
- 23:56Invité politiqueFait
« On l'a vu dans une affaire récente. Et simplement, il faut toujours manier ces sujets avec beaucoup de précaution parce que les questions de prescription, les questions de rétroactivité sont des sujets de principes généraux du droit. »
- 24:09Invité politiqueFait
« La rétroactivité, c'est impossible. C'est impossible, bien sûr. »
Temps de parole
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Bonjour Jean-Michel Blanquer. Bonjour. Dans son tout dernier avis, le Haut Conseil de la Santé publique recommande donc de ne plus porter de masque en tissu fait maison, car il ne protégerait pas assez ses masques contre les nouveaux variants du virus. Que dites-vous aux enseignants et aux élèves qui en avaient ?
D'abord, on est évidemment toujours très attentif aux avis du Haut Conseil, donc on s'adapte à chacun des avis pour avancer. S'agissant des personnels, vous savez, on diffuse des masques qu'on appelle de catégorie 1, donc Norma FNOR. Alors, ceux-là ne sont pas concernés par cet avis, autrement dit, l'avis considère que ces masques-là sont de même valeur que les masques en tissu. Donc il n'y a pas d'alerte de ce côté-là. L'alerte, elle serait plutôt du côté des familles, en disant « faites attention, que ce ne soit pas un masque de faible qualité qui soit mis à l'enfant, mais bien, si possible, un masque chirurgical ou un masque à FNOR de catégorie 1 en tissu ».
Si possible, ou les masques fait maison vont être progressivement bannis de l'école dans les jours qui viennent ?
Alors, on est toujours plutôt invitant que coercitif sur l'ensemble de ces sujets, mais on va évidemment passer l'information de manière forte. Et peut-être qu'on arrivera à quelque chose d'obligatoire au bout de quelques jours, mais pour l'instant, il faut surtout informer tout le monde de façon à ce qu'il y ait une adaptation.
Pour les élèves qui n'ont pas de masque, l'éducation nationale leur en distribue. Quel genre de masque vous distribuez ? C'est des masques en tissu ou pas ?
Oui, c'est toujours les masques à FNOR 1 en tissu, mais donc qui, eux, sont efficaces. On en a toujours un volant à l'école au cas où un enfant l'a oublié, perdu, même si la consigne, c'est toujours de venir avec son masque. Mais évidemment, comme je l'avais annoncé dès le début, nous nous sommes mis en situation pratique de pouvoir en avoir dans chaque école et chaque établissement.
Et pour lever les éventuelles inquiétudes, aucun des masques distribués jusqu'à présent par les services de l'éducation nationale ne font partie des catégories qui sont désormais déconseillées ?
Non, parce que c'est les masques de catégorie 1. Peut-être qu'il y a tel ou tel endroit qui fait exception, mais les masques... Il y a eu à un moment donné, vous savez, une discussion autour de ça il y a plusieurs mois, mais qui a été tranchée puisqu'on a fait examiner l'ensemble de ces masques. Et c'est des masques qui filtrent. Et là, à la limite, l'avis qu'on vient d'avoir vient même confirmer cela, puisque c'est encore une fois des masques qui correspondent à cette norme AFNOR.
Jean-Michel Blanquer, jusqu'à présent, et vous allez nous dire si cela va changer, La règle pour décider de la fermeture d'une classe est la détection de 3 cas positifs. Mais pour Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique qui était notre invité la semaine dernière, le variant anglais change la donne. Écoutez ce qu'il préconise. Pouvoir dépister très vite les cas et identifier très vite s'il s'agit d'un mutant anglais ou pas, et prendre une décision très rapide de fermeture de classe, voire de collège. En changeant la règle actuelle, aujourd'hui il faut 3 enfants malades pour fermer la classe. Et en changeant la jauge actuelle.
Au premier malade, désormais, on ferme la classe. S'il s'agit d'un mutant anglais, parce qu'il a un niveau de transmission plus important. Donc là, selon Jean-François Delfraissy, lui, il recommande, dès qu'un cas positif au variant anglais est détecté dans une classe, on ferme la classe. Donc vous allez changer cette jauge aujourd'hui ?
C'est-à-dire, on suit presque à chaque fois ce que dit le conseil scientifique, et d'ailleurs souvent via les autorités de santé, puisque à chaque fois sur le terrain c'est un travail entre l'agence régionale de santé et le rectorat. Et bien entendu, on sait que le variant anglais pose un problème supplémentaire de contagiosité. Donc évidemment, on va suivre cette règle, mais à chaque fois on se cale quand même sur ce que localement l'agence régionale de santé considère comme étant ce qu'il y a à faire. Donc je me garde de donner des règles générales depuis mon bureau, si je puis dire. Mais on avance vers cette règle dont parlait Jean-François Delfraissy.
Là, on est à combien de classes fermées, d'écoles fermées ?
Alors vous avez en ce moment une trentaine d'écoles qui sont fermées en France. Ça reste quelque chose de faible, et une centaine de classes. Donc ça risque d'augmenter un petit peu ces prochains jours. Mais on voit que les cas de déclaration d'un Covid personnel sont un peu en plateau actuellement. Donc on n'est pas dans une situation d'explosion de la contagion.
Pas d'explosion, mais est-ce que vous notez tout de même depuis la rentrée scolaire après les vacances de Noël que les cas augmentent à l'école ?
Oui. Vous avez une courbe. Si vous voulez, on a deux courbes qui nous servent de point de référence. On a la courbe des cas déclarés, donc qui est forcément sous-estimée puisque c'est les cas qui sont déclarés. Et puis on a la courbe de santé publique France, qui sont les cas qui passent par les hôpitaux, en fait, et les médecins. Et qui, elle, est plus surestimée puisqu'elle concerne les 0-20 ans. Alors qu'évidemment, nous n'avons pas exactement cette tranche d'âge. Donc on sait très bien que la réalité est entre ces deux courbes. Mais ce qui est important, c'est que ces deux courbes sont parallèles.
Et elles nous donnent une indication très claire de l'évolution de l'épidémie pour la population jeune. Et donc, on a la même courbe qu'au retour des vacances de la Toussaint, c'est-à-dire quelque chose qui augmente au bout de quelques jours. Ce qui, d'ailleurs, nous montre que des contaminations ont lieu notamment pendant les vacances, que ce soit les vacances de la Toussaint ou les vacances de Noël. Et maintenant que les vacances de Noël sont un peu éloignées, on voit qu'on est sur une sorte de plateau. Donc ce qu'il faut espérer, c'est que ça fait comme une cloche. C'est ce qui s'est passé au mois de novembre. Et là, il est encore trop tôt pour le dire, mais on est sur le haut du plateau.
Donc pour l'instant, il n'est pas question de refermer les écoles ? Non, il n'en est pas question à ce stade. Bien sûr, je reste pragmatique, tout reste possible, mais vous le savez, mon grand travail, c'est d'arriver à ce qu'elle reste ouverte, parce que c'est fondamental pour les enfants qu'elle le reste. Je suis profondément convaincu qu'on doit avoir une vision en coût-avantage de ce que l'on fait en la matière. Et comme l'a dit le Premier ministre, ce serait la dernière chose à fermer que les écoles. Donc nous travaillons à cela. Je vais d'ailleurs remercier tous ceux qui permettent cela, à commencer par les professeurs, l'ensemble des personnels. C'est un travail de tous les jours.
Je crois qu'il y a des réflexes professionnels qui se sont installés au travers des protocoles sanitaires. Et il faut saluer ce que les Français, collectivement, ont su réussir à faire, parce que c'est en train d'être un « avantage » comparatif de la France, que de réussir à maintenir ces écoles ouvertes quand d'autres ne le font pas.
Jean-Michel Blanquer, pour éviter la fermeture de ces écoles, vous avez mis en place un protocole sanitaire renforcé, notamment dans les cantines. C'est ce que vous avez annoncé jeudi dernier. En quoi il consiste ?
Il consiste à faire évoluer le curseur des règles du jeu qui s'appliquent. C'est toute une série d'éléments un peu techniques, de normes qui sont diffusées vis-à-vis des collectivités locales, qui sont responsables des cantines. Mais c'est par exemple de ne pas mettre le pain en vrac dans un endroit. C'est le fait, à l'école primaire, de faire déjeuner les enfants classe par classe, pour qu'il n'y ait pas de brassage d'une classe à l'autre. Donc c'est des règles de ce type, qui sont en fait des règles que chacun peut comprendre, puisqu'elles reviennent à limiter le brassage, à créer plus de distance entre les élèves, et donc parfois aussi à étaler le temps de passage à la cantine.
Mais c'est pareil, on pourrait avoir comme solution de facilité de fermer les cantines, ce que d'ailleurs on doit faire quand on n'arrive pas à respecter le protocole sanitaire. Mais là aussi c'est une chose à faire en dernier ressort, car la cantine c'est très important pour les enfants.
Mais chaque ville, chaque école, chaque groupe scolaire fait ce qu'il peut avec ses consignes, en fonction des moyens humains, en fonction des plages horaires pour faire déjeuner les enfants. La règle n'est pas la même partout. Si, la référence est la même partout, et après on s'adapte localement. Vous avez sans doute entendu comme nous les témoignages depuis plusieurs jours, de syndicalistes, d'enseignants, de directrices, de directeurs d'école,
qui disent « chez nous on n'y arrive pas ». Oui, mais quand c'est le cas, ce n'est pas quelque chose que nous admettons. Je ne dis pas que tout est parfait partout. Je sais bien que nous regardons ça de près, qu'il y a des endroits par exemple où les enfants peuvent s'agglutiner à certains moments, où les règles sont respectées pendant tout un moment, puis après pendant quelques minutes ça n'est pas le cas, ce qui est un petit peu aboli tout le reste. Donc c'est une vigilance des adultes qui surveillent, qui est aussi un point très important. Et puis un travail que nous faisons avec les collectivités locales.
Mais nous n'avons pas dit qu'il y avait un protocole à deux vitesses ou à trois vitesses. Il y a certains endroits que nous fermerons, peut-être certaines cantines que nous fermerons, si nous nous rendons compte que vraiment il y a une impossibilité pratique de faire respecter le protocole sanitaire. C'est déjà arrivé et nous le ferons, mais ce serait la mort dans l'âme parce que, encore une fois, d'un point de vue social, sanitaire, éducatif, psychologique, c'est très important aussi d'avoir les cantines ouvertes.
On va parler des tests, on va parler des premières épreuves du bac qui arrivent dans un peu moins de deux mois désormais. On va parler des vacances scolaires, ça sera avant, dès le mois de février avec vous Jean-Michel Blanquer, juste après le fil info à 8h41 avec Mélanie Delonnet. Un effet couvre-feu commence à se faire sentir selon le ministre de la Santé dans les 15 premiers départements qui ont été placés sous couvre-feu dès 18h. L'incidence, le nombre de nouveaux diagnostics sont plutôt en baisse, dit Olivier Véran ce matin sur France Inter. Il qualifie la circulation du coronavirus d'à la fois élevée et relativement stable.
Pas question de desserrer l'étreinte, a souligné hier soir Jean Castex, alors que la situation des stations de ski doit être évoquée demain. Si nous n'ouvrons pas pour les vacances d'hiver, il est clair que la saison est morte, prévient le patron de la compagnie des Alpes sur France Info. Devant la cour de justice de la République, le début cet après-midi du procès d'Edouard Balladur, l'ancien Premier ministre âgé de 91 ans et jugé pour des soupçons de financement occulte de sa campagne présidentielle de 1995. C'est le volet financier de l'affaire Karachi. Aux Etats-Unis, cacophonie sur la réouverture des frontières américaines aux Européens et Brésiliens.
Réouverture annoncée pour bientôt par Donald Trump, contredit quelques minutes plus tard par la porte-parole de Joe Biden. Non, elles resteront bien fermées. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale. Alors le gouvernement a annoncé vouloir tester jusqu'à un million d'enfants et d'enseignants par mois. Comment ça va s'organiser, cette campagne de dépistage massive ?
D'abord, il a fallu évidemment se fournir en test, ce qui est le cas aujourd'hui. Donc on a toute une organisation logistique qui le permet. C'est quels tests ? Ce sont des tests antigéniques pour l'essentiel. Qui permettent de détecter le variant anglais et ses cousins ? Écoutez, je crois que oui, surtout quand il y a un test positif, il y a une enquête supplémentaire qui est faite et je crois que c'est là que le variant est décelé. Je crois que c'est ce qui se passe d'ailleurs pour tous les Français. Mais il n'y a pas trois, quelques heures supplémentaires
ou quelques jours supplémentaires. Ce qui pose la question que soulevait tout à l'heure Jean-François Delfraissy. Si un élève aujourd'hui est positif, on n'est pas toujours sûr qu'il soit positif
au beau vieux Covid ou à ses cousins. Oui, c'est pour ça que, encore une fois, dès qu'il y a des cas positifs, maintenant les autorités de santé approfondissent en quelque sorte pour savoir où on en est. Sur ce sujet comme sur d'autres, je suis prudent dans mon expression parce qu'encore une fois, ce sont des protocoles qui relèvent des administrations de santé. Mais ce que nous sommes, comme on le disait tout à l'heure, ce que nous serons sans doute amenés à faire, c'est de fermer plus rapidement et plus nettement dès qu'il y a peut-être même moins de trois cas. Donc ça veut dire, pardon,
je me permets de vous reprendre, ça veut dire que dès qu'il y a un cas positif, comme on va mettre du temps à savoir s'il s'agit du variant anglais, par mesure de précaution, on peut fermer une classe ?
C'était déjà une possibilité. Encore une fois, c'est une décision à chaque fois locale. Mais ce n'était pas la règle. Ce n'était pas la règle, non. En la matière, vous avez des références et à chaque fois, vous avez une décision spécifique qui est prise localement par l'autorité de santé avec le préfet et les autorités de l'éducation nationale. Et chaque cas est un cas particulier parce que les enfants peuvent être d'une même classe ou pas. Il peut y avoir toute une série de paramètres dont les autorités de santé sont juges. Mais ce qui est certain, c'est que le variant anglais ou d'autres variants nous amène, là aussi, à une vigilance accrue et à durcir les règles.
Ensuite, s'agissant des tests, il y a une chose qui existait déjà et qui continue, puis une chose qui est plus nouvelle. La chose qui existait déjà et qui continue et qui a fait ses preuves, c'est tout simplement la politique de tester-tracer. Et ça aussi, c'est quelque chose... On en parle assez peu parce que c'est quelque chose qui marche assez bien. Mais donc, dès qu'un test est positif, on isole les enfants et on essaye de rompre la chaîne de contact grâce à une politique de test. Dans le milieu éducation nationale, ceci est pratiqué depuis maintenant de nombreux mois et ça fonctionne. C'est ce qui nous a permis de faire le premier trimestre de manière correcte.
Et puis, vous avez maintenant une politique qui consiste aussi à faire les tests dans l'ensemble d'un établissement, soit parce qu'il y a eu un cas, soi-même parfois de façon aléatoire pour essayer de prendre au filet en quelque sorte les cas asymptomatiques. Et donc, en ayant un million de tests par mois et même on va sans doute aller vers un million et demi en février, nous réussirons évidemment à capter plus de cas asymptomatiques.
Alors comment ça va s'organiser ? C'est du volontariat et il faut l'autorisation des parents évidemment ?
Oui, nous avons à la fois les médecins scolaires et les infirmiers scolaires que je veux saluer aussi parce qu'ils sont depuis le début de la crise en situation de mobilisation totale et je veux souligner ces deux corps remarquables. Et puis, vous avez aussi la possibilité d'avoir des infirmières ou des médecins qui viennent de l'extérieur de l'éducation nationale, notamment certaines infirmières libérales que nous avons mobilisées. C'est le cas par exemple en ce moment dans l'académie de Montpellier et donc on a mobilisé jusqu'à 2000 infirmières pour arriver à tout simplement à faire le maximum de tests vers les enfants et adolescents. On va essayer
Jean-Michel Blanquer de se projeter un tout petit peu dans deux semaines et demie débutent les vacances de février. Êtes-vous sûr qu'elles se dérouleront aux dates prévues cette année ?
Alors, le mot sûr, vous savez, dans la période actuelle, je le répète à manier avec précaution. Mais oui, les vacances dureront deux semaines et pas trois. C'est qu'il y a eu beaucoup de discussions. Oui. Est-ce qu'elles débuteront ? Est-ce que c'est terminant aux dates prévues ? En gros, pour vous faire une réponse claire. Merci. Tous mes efforts sont tendus vers le fait de respecter les calendriers. C'est important pour tout le monde parce que c'est en respectant les calendriers qu'on arrive à avoir une année scolaire aussi normale que possible et puis un peu de prévisibilité. Donc normalement, les vacances scolaires de février auront lieu aux dates prévues.
Maintenant, on doit toujours introduire un petit élément d'incertitude en fonction de l'évolution de la crise mais normalement, le calendrier sera tenu tel qu'il est prévu. À quel moment on saura si c'est définitif ou pas ? Votre décision sera prise qu'en une semaine avant ? Oui, c'est dans les huit jours qui précèdent mais je pense que même d'ici quelques jours, d'ici cinq ou six jours on aura les idées claires sur les tendances générales et après c'est difficile d'imaginer soudainement de mettre une semaine de vacances en plus. Est-ce qu'il est envisagé de rallonger ces noms a priori ?
Non, sauf s'il devait y avoir une explosion imprévue des cas mais nous ne sommes pas dans cette situation.
Jean-Michel Blanquer, depuis novembre, une partie des lycées applique une jauge 50% présentielle, 50% des élèves à distance, ils sont 7 lycées sur 10 à appliquer cette jauge et elle sera prolongée au-delà du 20 janvier. Mais les premières épreuves du BAC, elles sont prévues en mars, du 15 au 17 mars. Comment préparer une épreuve nationale dans ces conditions lorsqu'il existe, on le voit bien, des disparités entre les établissements ?
Vous savez, mon objectif sur ce point aussi c'est de maintenir autant que possible les calendriers prévus. Alors j'entends bien le problème que vous évoquez et qui est bien réel, qui est le résultat de ce protocole qui date du début du mois de novembre.
Il y a une monture d'égalité, clairement.
Oui, de façon générale, il y a des difficultés du point de vue de l'égalité entre les uns et les autres puisqu'on est dans une situation exceptionnelle. Je crois que sur chacun des sujets, il faut admettre qu'on n'est pas dans une situation normale et qu'il y a des inconvénients. On essaye de minimiser les inconvénients mais on ne peut pas complètement les effacer. Alors, j'ai demandé à ce que les élèves de terminale autant que possible viennent en présence dans l'établissement et que l'hybridation soit le plus possible entre les secondes et les premières.
De toute façon, je souhaite vraiment un baccalauréat 2021 qui soit un baccalauréat qui est sa pleine force si je puis dire puisqu'on est pour la première fois avec des élèves de terminale qui ont choisi leurs enseignements de spécialité, qui sont dans la nouvelle réforme avec le grand oral qu'ils passeront au mois de juin, etc. Ces épreuves,
elles sont importantes, Jean-Michel Blanquer, elles vont compter pour un tiers de la note finale des candidats au bac. Est-ce que vous pourriez repousser les épreuves qui sont prévues en mars ou les modifier ou faire comme l'an dernier ajouter du contrôle continu si effectivement, vous constatez, vous reconnaissez vous-même qu'il y a des difficultés aujourd'hui de rupture d'égalité entre ceux qui suivent les cours à distance et ceux qui sont en cours tous les jours en terminale ?
Bon, je suis très à l'écoute sur ce sujet, évidemment, et très en regard de ce qui se passe sur le terrain. votre position n'est pas encore tranchée. Oui, je vais vous donner les éléments de la décision, mais vous avez un comité de suivi du baccalauréat qui existe depuis maintenant un an et demi et je fais très attention à ce qui se dit dans ce comité parce que ça nous permet d'ajuster les choses, y compris en période de crise. Et donc, on a trois hypothèses. Soit on le maintient au mois de mars, soit on le reporte en place un système de contrôle continu.
En tout état de cause, même si on devait aller vers le contrôle continu, il est très important qu'on ait des jalons sérieux pour nourrir cette note de contrôle continu. Donc, il faut que le travail continue comme s'il y avait les épreuves de mars et puis, nous allons, en fonction de l'évolution de l'épidémie, prendre une décision définitive dans quelques jours, disons, d'ici à la fin du mois de janvier. D'ici à la fin du mois de janvier, les élèves et les enseignants sauront si les épreuves du mois de mars sont maintenant. Oui, et après avoir écouté toutes les parties prenantes, ce que j'ai déjà fait.
En fait, je sais bien qu'il y a une forte demande pour que ça n'ait pas lieu au mois de mars.
Vous penchez pour quelle option, alors, vous ?
Je penche pour que les élèves puissent travailler, qu'ils puissent avoir bien approfondi leur matière pour être bien préparés pour l'an prochain quand ils passeront dans l'enseignement supérieur. Vous verrez que la décision que je prendrai, elle sera nourrie. Elle est d'ailleurs toujours nourrie de cette façon-là. C'est-à-dire, je pense aux élèves. Je suis le garant de l'intérêt des élèves et du fait qu'ils travaillent. On a cette chance, entre guillemets, aujourd'hui, de pouvoir aller à l'école, de pouvoir aller au lycée, même si c'est avec des formules adaptées. Il faut que les élèves en tirent tout le bénéfice, notamment en continuant à travailler.
Même quand on est à la maison, on peut quand même travailler. Les professeurs donnent des éléments. Il y a de l'enseignement à distance. Donc, c'est cet esprit, je dirais, de sérieux. Mais aussi, il faut que chacun sache que ce sera fait avec bienveillance. Mais mon but, c'est que ce ne soit pas une année blanche pour les élèves. Et donc, on installe un système d'examen qui permette aux élèves d'être bien préparés pour la suite de leur vie.
Et décision d'ici à la fin du mois. C'est ce que vous nous avez dit, Jean-Michel Blanquer. 8h51. On va poursuivre dans un instant le fil info, tout d'abord avec Mélanie Delonnet. Mieux vaut éviter les masques faits maison. Le Haut Conseil de la Santé publique recommande plutôt de porter des masques de catégorien chirurgicaux ou en tissu face aux nouveaux variants plus contagieux du Covid. Ces masques artisanaux n'offrent pas forcément les garanties nécessaires, ajoute ce matin Olivier Véran.
Face aux critiques de certains élus sur la campagne de vaccination, le ministre de la Santé indique qu'avant la fin de la semaine, le nombre précis de doses dont chaque centre de vaccination dispose sera publié sur Internet sur le site santé.fr. Il faut absolument revoir le système tarifaire, reconnaît le patron de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, explique sur France Inter qu'il souhaite qu'il y ait des prix bas jusqu'au dernier moment, dès cet été, pour les voyageurs. Pour les vacances de février, les billets seront échangeables et remboursables sans frais jusqu'à trois jours avant le départ.
Une nouvelle journée de grève chez EDF, la quatrième en deux mois contre le projet de réorganisation Hercule, projet de scission en trois entités qualifiées de désintégration par les syndicats. Sur France Info, André Dussolier salue un acteur libre, authentique, une personnalité entière avec beaucoup de talent après la mort de Jean-Pierre Bacry. Il est mort d'un cancer à l'âge de 69 ans. France Info,
le 830 France Info,
Salia Braquia, Marc Fauvel. Encore un mot sur le bac. Jean-Michel Blanquer, est-il prévu quelque chose de spécifique pour ces lycéens de terminale qui ne savent donc toujours pas quand ils pourront et s'ils pourront passer leurs épreuves de mars, y compris pendant les vacances ? Est-ce qu'ils seront aidés éventuellement ?
Oui, vous savez, il y a ce contexte qu'on appelle celui des vacances apprenantes qui fait qu'on développe plus que jamais le système d'appui scolaire pendant les vacances, notamment à destination des élèves de terminale. On l'avait fait d'ailleurs lors des dernières vacances de printemps en 2020 et on va le faire là de façon là aussi à bien les préparer que ce soit pour des épreuves de mars ou pour les épreuves ultérieures.
Jean-Michel Blanquer, l'examen du projet de loi confortant les...
Et ce sera gratuit bien entendu. Oui.
Pardon Jean-Chêne. L'examen du projet de loi confortant les principes républicains a débuté hier à l'Assemblée nationale et la députée et présidente déléguée du groupe En Marche à l'Assemblée, Aurore Berger, a souhaité déposer un amendement visant à interdire le port du voile aux petites filles mais la commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi l'a rejeté. Est-ce que vous le regrettez ?
Il y a eu une clause d'irrecevabilité tout simplement parce qu'il était considéré que ce n'était pas le sujet de ce projet de loi. Je n'ai pas de sujet autour de ces enjeux-là. Simplement, on ne peut pas tout faire au travers de cette loi. Cette loi va avoir un impact très important sur des sujets, notamment les sujets qui sont les miens d'ailleurs, pour lutter notamment contre les structures clandestines qui scolarisent des enfants, contre les structures périscolaires qui en vérité enrôlent les enfants dans l'islamisme fondamentaliste ou encore l'instruction en famille quand elle est mal utilisée et qu'elle sert de par avant à ce même radicalisme ou à des phénomènes sectaires.
Mais là, sur le voile des petites filles, ça n'avait pas sa place dans le texte ?
Oui, ça n'était pas dans le projet de loi original. Il y a eu tout un raisonnement mené, comme ça se passe, vous savez, dans le cadre de l'article 45 de la Constitution et en l'occurrence, c'est entre guillemets, c'était hors sujet. Mais ça aurait sa place
dans le cadre d'une autre loi pour vous ?
Écoutez, le sujet de l'égalité homme-femme, le sujet qui est d'ailleurs présent dans la charte que les associations représentatives des musulmans de France ont signé, c'est un point très important. Comme le dit cette charte, d'ailleurs, qui reconnaît qu'évidemment, l'égalité homme-femme est quelque chose d'indépassable. De façon générale, tout ce qui a trait à ce sujet me paraît fondamental. C'est-à-dire que vous souhaiteriez qu'à terme, ça ne relève pas forcément de la loi, ça relève de sujets qui peuvent avoir trait aussi au règlement, à la vie quotidienne, etc. Mais en l'occurrence, ce n'était pas le sujet de cette loi.
Je rappelle que le but, c'est de lutter contre les séparatismes et aussi de ce qui fait, comme on l'a dit à multiples reprises, le terreau du terrorisme, autrement dit, ce qui mène à des choses...
Est-ce que vous diriez, comme votre collègue du gouvernement, Marlène Schiappa, que vous êtes philosophiquement d'accord avec ce qu'il y avait dans ce texte porté par Aurore Berger,
qui est l'une de vos proches ? De manière générale, je suis philosophiquement d'accord avec tout ce qui permet une égalité homme-femme effective. Chacun sait que je ne suis pas favorable à ces pratiques, a fortiori sur les petites filles, bien sûr. Mais en tant que ministre... Mais ça ne relève pas de cette loi. Ce n'est pas le sujet de cette loi.
Jean-Michel Blanquer, depuis le témoignage de Camille Kouchner qui accuse son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, du viol incestueux de son frère jumeau, de nombreux témoignages sont apparus sur Internet sous le hashtag MeToo Incest. Incest même, on va le faire en français. Ou même incest. MeToo Incest. Parce qu'il y avait le MeToo avant. Oui, j'ai un mélange, j'avais raison.
Ça devrait s'appeler moi aussi, d'ailleurs.
Expliquez-nous comment l'école peut jouer un rôle dans cette détection, dans l'accompagnement des victimes d'incestes ?
Elle joue un rôle fondamental et elle doit jouer un rôle fondamental supérieur dans les temps à venir. C'est un sujet dont je parle avec Adrien Taquet, puisque ensemble, on travaille sur les enjeux de protection de l'enfance. Donc ça passe par la formation des professeurs. On a systématisé le fait qu'il y ait une sensibilisation au sujet de harcèlement, mais aussi à ce sujet de l'inceste et des problèmes de violence intrafamiliale. Il y a eu tout ce qui a été fait avec le développement de numéros verts, etc. Mais c'est aussi non seulement une question de formation des professeurs, mais une question de sensibilisation en classe. Donc nous allons accentuer ce qui est fait en la matière.
C'est d'ailleurs un sujet regardé par Brigitte Macron. Elle en a parlé encore tout récemment. Et vous savez qu'on est très mobilisés avec elle sur le sujet plus général de la lutte contre les violences faites aux enfants, au travers du harcèlement, du cyberharcèlement.
Elle souhaite qu'on réfléchisse notamment sur la question de l'imprescription. Je n'y arriverai pas. Du délai de prescription. Voilà, merci. Qui est aujourd'hui porté à 30 ans après la majorité des victimes. Vous y êtes favorable, vous aussi, à ce qu'on allonge ce délai de prescription ? Oui, je pense que c'est un vrai sujet.
On l'a vu dans une affaire récente. Et simplement, il faut toujours manier ces sujets avec beaucoup de précaution parce que les questions de prescription, les questions de rétroactivité sont des sujets de principes généraux du droit. La rétroactivité, c'est impossible. C'est impossible, bien sûr. Mais tous ces sujets-là s'allongent, oui. À partir de quel âge il faut en parler aux enfants à l'école de l'inceste ? Vous savez, il y a différentes manières de parler de ces choses-là selon les âges. Donc en réalité, dès l'école maternelle, vous dites aux...
Ça se fait, les professeurs le font, de dire qu'on respecte le corps de chacun, qu'on se respecte soi-même, qu'on respecte le corps des autres. C'est des choses qu'un petit enfant peut très bien comprendre. Donc il y a des manières de le dire. On diffuse des documents. Je voyais récemment d'ailleurs une auteure qui travaille sur ces sujets, sur la manière de le dire de façon adéquate à chaque enfant. Et donc, dès les premiers âges, on peut le dire, simplement, évidemment, avec les manières appropriées. Mais il faut le faire. Et nous allons le faire de plus en plus.
Je crois qu'à chaque fois qu'on a la parole sur le sujet, c'est le cas maintenant pour moi, il faut dire à chacun, donc tous ceux qui nous écoutent, regardez bien autour de vous, soyez attentifs. Quand vous voyez quelque chose qui est soupçonnable d'un risque d'inceste ou de violence faite aux enfants, il faut le dire. Il faut en parler parce qu'on ne peut pas laisser faire des phénomènes aussi ignobles que ceux que l'on a vus encore récemment.
Merci à vous, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, invité de France Info.
Merci à vous.