Déclaration conjointe du Président Emmanuel Macron et du Premier ministre de la Pologne, Donald Tusk
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- 1:00Emmanuel MacronFait
« La France et la Pologne s'apprêtent à ouvrir un nouveau chapitre de leur relation, avec la préparation d'un nouveau traité bilatéral qui viendra remplacer celui de 1991 »
- 3:00Emmanuel MacronFait
« Nous avons pris des décisions ambitieuses à 27. Nous l'avons fait dès les premiers jours du conflit, c'était alors sous présidence française. »
- 4:00Emmanuel MacronChiffre
« Qu'il s'agisse de l'ouverture de négociations d'adhésion ou d'ancrer l'avenir européen de l'Ukraine en lui accordant un soutien financier significatif pour sa reconstruction »
- 5:00Emmanuel MacronFait
« Tout ce que l'Europe fait pour fournir des équipements stratégiques et des munitions à l'Ukraine doit servir à renforcer la base industrielle et de défense européenne. »
- 6:00Emmanuel MacronFait
« Nos deux pays sont de ceux qui développent les plus importants programmes de construction de centrales nucléaires dans notre continent. »
- 7:00Emmanuel MacronFait
« Nous sommes tous deux convaincus que le nucléaire peut à la fois permettre de renforcer notre sécurité énergétique et d'atteindre l'objectif de neutralité carbone en 2050. »
- 8:00Emmanuel MacronFait
« La Pologne aura à travailler sur tous ces sujets lors de sa présidence du Conseil de l'Union européenne au premier semestre 2025 »
- 9:00Donald TuskFait
« Ce n'est pas une coïncidence, que mes premiers déplacements en tant que Premier ministre aient été Bruxelles, pour des raisons évidentes, Kiev et aujourd'hui Paris. »
- 10:00Donald TuskFait
« L'Europe doit-elle devenir un continent sûr ? Ceci signifie que la France et la Pologne doivent devenir des États forts, prêts à défendre ses frontières et son territoire. »
- 11:00Donald TuskFait
« Il n'y a pas d'autre alternative que l'Union européenne, que l'OTAN et la coopération transatlantique. »
- 12:00Donald TuskFait
« L'énergie, la sécurité alimentaire et la défense, ce sont les trois piliers les plus importants pour nos pays. »
- 13:00Donald TuskFait
« Je suis, je crois, l'homme politique le plus pro-Ukrainiens en Europe, et les Polonais eux aussi sont très pro-Ukrainiens. »
- 14:00Donald TuskFait
« Il faut aussi tenir compte en même temps de la sécurité alimentaire en Europe. »
- 15:00Donald TuskFait
« Je voudrais remercier la France de son initiative concernant de meilleures capacités de défense. Cela se traduit par des investissements dans le secteur des armements. »
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Monsieur le Premier ministre, cher Donald, Mesdames et Messieurs les Ministres et Ambassadeurs, Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités. Je suis très heureux de vous accueillir aujourd'hui à Paris, pour votre premier déplacement en France depuis votre entrée en fonction. Welcome back, cher Donald.
On est très heureux de vous retrouver ici. La France et la Pologne s'apprêtent à ouvrir un nouveau chapitre de leur relation, avec la préparation d'un nouveau traité bilatéral qui viendra remplacer celui de 1991 et qui définira le cadre de notre coopération dans tous les domaines, que ce soit celui de la défense, de l'énergie, notamment nucléaire, ou de la coopération scientifique, linguistique et culturelle. Ces différents sujets, qui sont au cœur de la relation franco-polonaise, correspondent en réalité aux secteurs stratégiques pour l'avenir de notre continent, et c'est la raison pour laquelle notre coopération est si importante dans tous les domaines.
Nous contribuons, ce faisant, à renforcer la souveraineté européenne. Nous reviendrons évidemment dans un instant sur tous les sujets les plus sensibles. D'abord, le soutien à l'Ukraine.
Dans quelques jours malheureusement, nous aurons à vivre le deuxième anniversaire du déclenchement de la guerre d'agression russe en Ukraine. Je veux ici rappeler notre soutien à Kiev et au peuple ukrainien, qui est sans faille et qui s'inscrit et s'inscrira dans la durée. Je sais l'engagement de la Pologne qui est en première ligne et je le salue.
Nous avons pris des décisions ambitieuses à 27. Nous l'avons fait dès les premiers jours du conflit, c'était alors sous présidence française. Nous l'avons encore fait ces derniers jours, lors du Conseil européen.
Qu'il s'agisse de l'ouverture de négociations d'adhésion ou d'ancrer l'avenir européen de l'Ukraine en lui accordant un soutien financier significatif pour sa reconstruction, nous avons été au rendez-vous et nous devons poursuivre cet effort, notamment sur le plan militaire. La question de la sécurité et de la défense en Europe est évidemment liée à la guerre en Ukraine, et nos deux pays ont un rôle éminent à y jouer. Je veux ici saluer la qualité de la coopération opérationnelle entre nos armées dans le cadre de l'OTAN, celui de l'Union, notamment pour la mission en Ukraine.
Plus généralement, tout ce que l'Europe fait pour fournir des équipements stratégiques et des munitions à l'Ukraine doit servir à renforcer la base industrielle et de défense européenne. C'est le sens des propositions du Haut représentant, celles de la Commission aussi, dans quelques jours. Nous y travaillons.
Cette volonté de renforcer la base européenne pour répondre aux besoins ukrainiens est essentielle, et c'est ce qui nous permettra d'augmenter nos capacités de production. C'est ce qui permettra aussi de faire de l'Europe une puissance de sécurité et de défense complémentaire de l'OTAN, pilier européen de l'Alliance atlantique, et nous devons commencer par la coopération opérationnelle et industrielle autour de cette base industrielle et technologique de défense européenne. En matière d'énergie nucléaire, la coopération entre la Pologne et la France peut aussi être une force motrice pour l'Europe.
Nos deux pays sont de ceux qui développent les plus importants programmes de construction de centrales nucléaires dans notre continent. Nous sommes tous deux convaincus que le nucléaire peut à la fois permettre de renforcer notre sécurité énergétique et d'atteindre l'objectif de neutralité carbone en 2050. Nous travaillons étroitement dans le cadre de l'Alliance européenne du nucléaire et je suis sûr que nous pouvons aller encore plus loin.
Enfin, nous évoquerons d'autres sujets avec monsieur le Premier Ministre, en particulier les orientations stratégiques que nous voulons donner à l'Union européenne pour que nous soyons à la fois plus résilients et plus compétitifs, et repenser le futur de l'agriculture européenne. Tant de sujets qui sont au cœur de nos pays, de la relation bilatérale et de ce que nous pouvons apporter ensemble à notre Europe. La Pologne aura à travailler sur tous ces sujets lors de sa présidence du Conseil de l'Union européenne au premier semestre 2025, et elle pourra compter sur le soutien de la France en la matière.
En tout cas, Monsieur le Premier ministre, cher Donald, je veux ici te redire notre amitié et la joie de te retrouver et de pouvoir avoir, à travers toi et ton gouvernement, des partenaires de confiance, pro-européens et clairs sur la sécurité européenne et les grands défis qui sont les nôtres. Merci d'être là. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, tout d'abord, je voudrais vous remercier très cordialement de nous avoir invités à Paris.
C'était l'une de mes intentions, que ma fonction de Premier ministre commence par la revitalisation des relations entre la Pologne et nos partenaires les plus importants en Europe. Ce n'est pas une coïncidence, que mes premiers déplacements en tant que Premier ministre aient été Bruxelles, pour des raisons évidentes, Kiev et aujourd'hui Paris. Ce n'est pas seulement parce que la France et la Pologne ont une longue tradition de relations bilatérales.
Nous sommes des amis. Nous nous faisons confiance et nous pouvons compter l'un sur l'autre depuis des décennies. Mais il me semble aussi que, dans ces temps très exigeants, la position de la France et de la Pologne sont très proches l'une de l'autre en ce qui concerne des questions très importantes, aussi bien celles qui sont bilatérales et intracommunautaires, que celles qui concernent la sécurité géopolitique de l'Europe, et surtout dans le contexte de l'agression de la Russie en Ukraine.
Je voudrais ici, à Paris, souligner encore une fois et très fermement qu'il n'y a pas d'autre alternative que l'Union européenne, que l'OTAN et la coopération transatlantique. L'Europe doit-elle devenir un continent sûr ? Ceci signifie que la France et la Pologne doivent devenir des États forts, prêts à défendre ses frontières et son territoire.
Ils doivent aussi être prêts à défendre nos alliés en dehors de l'Union européenne. Ici à Paris, on le voit très bien, c'est une citation des Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas : " Un pour tous, et tous pour un ". C'est une bonne citation pour ce genre de circonstance.
C'est toute une philosophie. C'est une idée qui est à la base de l'Union européenne et de l'OTAN. Ce sont des mots qui illustrent très bien l'idée de la solidarité qui est devenue la fondation d'une Europe moderne et la valeur principale de la Pologne contemporaine de mes citoyens.
Ceci signifie qu'il faut être très ferme dans nos activités pour protéger la Pologne et la France, parce que la sécurité est aujourd'hui une question clé. Si je me rappelle, ça fait déjà dix ans que j'ai pu me rendre dans la plupart des capitales européennes, en présentant une proposition d'une union énergétique, c'est-à-dire d'un plan de sécurité énergétique. Aujourd'hui, ce que je peux dire, c'est que l'énergie, la sécurité alimentaire et la défense, ce sont les trois piliers les plus importants pour nos pays.
Je voudrais que la Pologne et la France aient une coopération très étroite dans ces domaines. Comme vous le savez, il y a le projet " Make our planet great again " dans le projet Erasmus. Je pense que, pour ce qui est de la sécurité européenne, nous avons besoin de ce genre de projet.
Donc, je voudrais remercier la France de son initiative concernant de meilleures capacités de défense. Cela se traduit par des investissements dans le secteur des armements. C'est très important pour la France et pour la Pologne.
Au nom de la Pologne, je voudrais vous remercier de votre plein engagement dans le conflit entre l'Ukraine et la Russie. Nous parlons ici non seulement d'une dimension et d'une obligation morale, mais aussi de notre sécurité. Je voudrais aussi dire que nous sommes à la recherche de solutions communes, avec nos amis français, pour assurer la sécurité alimentaire.
Je suis, je crois, l'homme politique le plus pro-Ukrainiens en Europe, et les Polonais eux aussi sont très pro-Ukrainiens. Mais il faut aussi tenir compte en même temps de la sécurité alimentaire en Europe. C'est pour cela que je voudrais parler de la sécurité du secteur agricole, parce que c'est ça qui va assurer notre sécurité et le secteur de l'énergie, bien sûr.
Il y a une grande opportunité et beaucoup d'occasions de réaliser des projets en commun. C'est ainsi que je voudrais montrer à tout le monde, au monde entier et à l'Europe entière, que nous sommes ici solidaires, même dans des situations très difficiles. Je suis ravi qu'on puisse renouveler et redynamiser le Triangle de Weimar.
Après notre entretien d'aujourd'hui, je vais me rendre à Berlin. Les ministres des Affaires étrangères vont se rencontrer ici à Paris et parler dans le cadre du Triangle de Weimar. C'est une grande responsabilité qui repose sur nous parce qu'il s'agit de la sécurité de toute l'Europe.
Ensemble, avec la France, nous sommes prêts à lutter pour cette sécurité.