Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 13 octobre 2021 14 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéSolidarités & familleEurope & international

NOS PAYS DEVIENNENT DES PRISONS À CIEL OUVERT | L'ÉDITO DE CEMIL #4

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00CemilChiffre
    « De 6 en 1989, nous sommes passés à 63 murs physiques, selon le rapport édité en 2020. »
  • 4:00CemilChiffre
    « 25 dernières années, ce sont pas moins de 1 000 kilomètres de murs tout neufs flambant neufs qui ont été construits en Europe. »
  • 6:00CemilChiffre
    « Une vingtaine de corps allongés sur les trottoirs encore nocturnes de Paris. »
  • 10:00CemilChiffre
    « 1 500 exilés, femmes, hommes et enfants qui ont été sauvés de la mort dans la Manche ce week end. »
  • 11:00CemilFait
    « Gérald Darmanin parle d'un projet responsable et humain pour qualifier un centre d'accueil de migrants à Samos. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Commençons cette chronique alors. Bonjour Théophile, je te dis bonjour quand même. Rebonjour Cemil !

Rebonjour à toi, bonjour à tout le monde, toutes les personnes qui nous regardent à cet instant ou en replay. Dans les deux cas, n'oubliez pas de partager cette vidéo. Comment tu vas ?

Ça va, ça va. Ça pourrait aller mieux si je m'étais pas réveillé à 5 heures du matin. Ah ça on va s'habituer à force tu vas voir, On va prendre le pli.

En tout cas, moi, ça va tout baigne. Une nouvelle semaine qui débute. Nouvelle histoire à raconter.

Et pour mon édito d’aujourd'hui, j'ai été inspiré par les murs, Non pas ces délicats petits fruits qui composent éventuellement la confiture sur vos tartines que vous dégustez ce matin avec le même appétit que mes mots. Non, pas ceux-ci ! Les murs, ceux-là, de pierres, de béton, de barbelés qui courent toujours plus loin, toujours plus haut sur les frontières, nos frontières de nos nombreux pays dans le monde.

Alors, de 6 en 1989, nous sommes passés à 63 murs physiques, selon le rapport édité en 2020. Là, tout de suite, peut-être que toi et peut-être des gens qui nous regardent pensent certainement à l'ex-délirant président étasunien Donald Trump et son projet de méga mur entre son pays et le Mexique, frontière ultra militarisée bien avant lui d'ailleurs, où même des civils ayant pour hobby de tirer à balles réelles sur des humains. Joie, bonheur.

Bon appétit, bien sûr. Mais inutile d'aller si loin pour observer cette violence absurde quand, en Europe, se dressent toujours plus de murs. Ce week end, la RTS se faisait l'écho d'une actualité brûlante.

La Radio télévision suisse. Exactement, nos voisins. 12 pays de l'UE veulent des barrières contre les migrants, titre la RTS, alors que la Commission européenne prépare une réforme du Code frontière Schengen qui concerne 22 pays de l'Union.

Et bien 12 d'entre eux, dont l'Autriche, la Pologne, le Danemark, la Grèce, Chypre ou encore la Hongrie, souhaitent et réclament de l'argent à l'UE pour financer leur vision commune de ce qu'est la gestion des migrations humaines. Des barbelés partout et des murs partout, comme sur cette photo que vous voyez à l'écran prise sur la frontière polono-biélorusse en août dernier. Alors ces 25 dernières années, ce sont pas moins de 1 000 kilomètres de murs tout neufs flambant neufs qui ont été construits en Europe.

De quoi trancher avec l'image d'ouverture véhiculée par les accords de Schengen, qui concernent avant tout les capitaux et ceux qui les détiennent. En quelques minutes ce matin, je ne vais pas pouvoir vous résumer, vous énumérer les raisons qui poussent des humains à l'exil, abandonnant tout derrière eux et risquant leur vie pour traverser des déserts et autres mers sans aucune protection ni garantie d'y survivre. Je mise sur la confiance que je porte en vos têtes et vos cœurs pour comprendre et aborder surtout cette question complexe, avec raison et humanité.

Une fois cela fait, Théophile et les gens qui nous regardent, nous ne pouvons que comprendre et constater que peu importe le mur, sa hauteur, les dangers, rien n'arrête un être humain qui fuit la misère ou la guerre et porté par un peu d'espoir de vivre des jours meilleurs ailleurs ou simplement de rester vivant. En plus, c'est l'histoire de l'humanité. Ce n'est pas maintenant que ça a commencé Et que ça va s'achever.

C'est en nous depuis toujours. La raison, à ce moment-là, nous pousserait alors à jeter un oeil sur ce qui cause ces conflits qui poussent des gens à l'exil. Aïe aïe aïe.

Si on fait ça, c'est l'assurance d'une dissonance cognitive aiguë. Quand on réalise alors que notre mode de vie occidental, hautement prédateur de ressources naturelles limitées, entraîne nombre de conflits à l'étranger qui nourrissent alors tout un processus évident qui nous revient tel un boomerang en plein visage. Alors qu'à cela ne tienne, des sommes folles se comptant par milliards d'euros sont dépensées tous les ans, régulièrement, pour la construction de murs, de barricades, mais aussi pour le déploiement d'agents toujours plus armés et l'achat de matériels toujours plus dingues, comme par exemple des caméras thermiques, des lunettes à vision nocturne, des détecteurs de bruits, des drones, des détecteurs de mouvement, etc.

Il y a des tas de trucs. Je ne sais pas si tu avais suivi ce genre d'invention. Il y a même des marchés autour de ça.

Alors en tout cas, pas de quoi résoudre le problème. Ce n'est manifestement d'ailleurs pas l'objectif de l'industrie florissante de la sécurité qui tient des salons, des salons comme celui du mariage, mais avec beaucoup moins d'amour. On a une clientèle qui arrive des quatre coins de la planète et qui est bien sûr très intéressée par le côté sécuritaire de ce salon.

Alors ici, nos clients viennent nous voir. C'est majoritairement des gendarmes, des policiers. Ils viennent ici pour des problèmes de surveillance, des problèmes de sécurité.

C'est charmant tout ça. Tu vois toutes ces armes, pour faire face à des êtres humains désespérés, hommes, femmes et enfants exilés, à peine équipés de chaussures et de vêtements. Ça fait un bon début de scénario d'un film catastrophe à succès, mais la réalité a depuis longtemps rattrapé la fiction.

J'entends déjà scander la fameuse phrase On ne peut pas accueillir toute la misère du monde Cemil, Cemil, Cemil ! Oui certes, mais ça n'a jamais été le projet. Il faut leur rappeler à chaque fois qu'ils le disent, la France n'est de loin pas le pays qui accueille, et encore moins dignement, le plus de personnes exilées.

Au contraire, les scandales de violences, de violations des droits humains sont courants et s'accumulent sur notre territoire, de la vallée de la Roya jusqu'à Calais, en passant par Paris. Alors, Paris, justement, là où nous sommes, on est à Montreuil mais la région parisienne. Paris où je vis, est un théâtre d'horreurs au quotidien, dans la répression de tout ce qui sort du cadre travaille, consomme et ferme ta gueule que vous connaissez sans doute vous qui nous regardez.

Manifestants du week-end, évidemment, mais aussi SDF et personnes exilées sont prises pour cible par l'action politique que vient appliquer, parfois avec zèle, la police. Alors nous, aujourd'hui, nous sommes en direct ici au Média et pour me rendre sur ce plateau à 6 heures du matin. J'effectue comme à chaque fois le trajet depuis chez moi en scooter.

Vingt minutes durant lesquelles, ce matin encore, j'ai compté plus d'une vingtaine, une vingtaine de corps allongés sur les trottoirs encore nocturnes de Paris. Une vingtaine de corps visibles j’entends parce qu'il y a des tas de gens qu'on ne voit pas. Une fois le soleil levé, les vivants doivent bouger, chassés par la police qui tourne continuellement, sans arrêt toute la journée.

Impossible de s'installer en camp, d’où la prolifération de tentes solitaires ici et là ou en petits groupes, partout dans la capitale. Enfin, partout, surtout au nord et à l'est. Donc, reprenons.

Manifestants et opposants politiques, personnes SDF ou exilés, mais aussi drogués, abandonnés à leur sort, sont toutes ensemble considérés et traités par l'État comme des nuisibles à faire disparaître coûte que coûte. Non pas en dialoguant avec les premières, hébergeant les secondes et soignant les autres. Non, non.

Quand bien même cette méthode sociale est la seule raisonnable et qui a montré son efficacité partout dans le monde, dans plein de pays comme la Suisse, tout à l'heure dans ce pays là, par exemple, non. Les dirigeants français préfèrent la répression, souvent à des fins électoralistes, quitte à toucher à l'ignoble en construisant là aussi des murs en plein Paris. Oui, c'est un véritable mur que vous voyez maintenant défiler à l'écran, qui a été bâti fin septembre par la préfecture de police, à la frontière entre le 19ème arrondissement de Paris et la ville de Pantin, pour y contenir quelques centaines de personnes consommatrices de crack, déplacées et abandonnées ici en bordure du périphérique, pour libérer les précédemment occupés Jardins d'Eole à Paris, situés eux dans un quartier en voie d'embourgeoisement.

Embourgeoisement ? Oui, Théophile, j'utilise ce terme à dessein, car peu importe l'échelle mondiale, régionale ou locale, la prolifération de murs et de barrières, et d'ailleurs pas toujours physiques, tend à illustrer un séparatisme organisé des populations selon des critères aux apparences variées, mais finalement très vite axées sur les possessions financières des concernés, l'argent conditionnant quasi systématiquement notre position sociale. Il n'en faut pas plus pour y voir là, ce qui n'est pas si nouveau, en fait, l’organisation physique des classes sociales.

L’exemple actuel de l'Afghanistan est flagrant. Regardez ! Alors que la Turquie communique à fond sur l'accélération de la construction de son mur sur la frontière, sa frontière avec l'Iran, qu'elle présente comme un rempart face aux exilés Afghans lambda, alimentant au passage l'imaginaire collectif de visions à la Walking dead.

Les Etats-Unis organisent de leur côté une toute autre route migratoire à leur profit via le Kosovo et l'Albanie, où quelques centaines de migrants Afghans sont arrivés en septembre, non pas dans des camps indignes comme ailleurs, mais dans des hôtels cinq étoiles avec piscine et plage privée. Les deux pays de l'Europe de l'Est, éternellement reconnaissants aux Etats-Unis suite à la guerre de Serbie, font de la sous traitance à Washington en servant de sas de sécurité pour identifier les potentiels terroristes avant d'envoyer aux USA ces précieuses élites intellectuelles afghanes, comme Mohammad Kassim, professeur d'université à Kaboul, logé avec son épouse et ses quatre enfants dans un de ces hôtels de luxe qui en témoigne à la RTS. Et je cite : l’accueil qui nous est réservé ici est unique au monde.

Nos enfants sont scolarisés, ils bénéficient de cours d'anglais et d’albanais. C'est sûr que c'est autre chose que de vendre ses reins pour aller traverser le désert en tongs et risquer de s'aventurer sur des barbelés pour finir sa course dans un camp de détention en Turquie, en Grèce, dans un bidonville en France, en étant harcelé jour et nuit par la police. Un camp de rétention on dit !

Un camp de rétention et pas un camp de détention. Cemil tu fais du mauvais esprit. Je suis désolé.

C'est vrai, pardon, c'est d'ailleurs là la première des batailles. Les mots, dire "rétention" au lieu de "détention", eh bien, ça change tout. Ça fait moins peur.

Ça permet de voter pour ce projet sans avoir trop de culpabilisation en tête. C'est comme quand la police vient casser la gueule des exilés en plein Paris et détruire leurs biens en les mettant volontairement en danger de mort. On appelle ça une évacuation, ou presque une mise à l'abri.

C'est pas du tout la même chose. Il faut avoir des nerfs bien accrochés quand même pour supporter cette novlangue. Ce qui me permet, en parlant de novlangue, de finir cet édito avec la visite de notre Gégé national.

Toujours le même avant hier en Grèce. Sur son compte Twitter, Gérald Darmanin parle d'un projet responsable et humain pour qualifier un centre d'accueil de migrants à Samos. Ils ont le droit de circuler dans le reste de la structure, mais pas de sortir.

Et en moyenne en rétention, ils restent combien de temps ? Oui, vous avez bien entendu. Enfin, j'espère que vous avez entendu.

Voici un petit extrait pour réécouter. Et en moyenne en rétention, ils restent combien de temps ? Voilà, le ministre lui même parle de rétention, en contradiction avec son tweet qui parle de centres d'accueil, c'est pas la même chose.

Ecoutez plutôt ce qu'en dit Médecins sans frontières, C'est dur ces images, ça fait penser d'ailleurs aux prisons usines qu'on a en Chine depuis des années, qui sont elles aussi construites très loin pour pas que les journalistes puissent en parler. Bref, reprenons. Et pour finir, tout ça, ce sont des murs, des murs de béton avec barbelés ou/et des frontières économiques, elles, pas forcément visibles, sont dressées comme autant de barricades à l'échelle du monde comme à l'échelle de nos villes, dans des quartiers divisés pour séparer les populations selon le montant inscrit sur leur compte bancaire.

C'est ça la réalité froide. Comme ici, ces 1 500 exilés, femmes, hommes et enfants qui ont été sauvés de la mort dans la Manche ce week end, alors qu'ils tentaient de fuir l'enfer de Calais pour rejoindre l'Angleterre. Aucun mot pour eux de la part de Gérald Darmanin, présent au même moment à Calais.

Ce magnéto que vous voyez, alors non. Il a préféré rappeler les Britanniques à l'ordre des 63 millions d'euros qu'ils doivent à la France. France, qui, je cite le ministre qui tient la frontière pour eux.

On se croirait en guerre quand même. Il en faudra pas plus à l'extrême droite française pour y voir là l'illustration de leurs délires. Alors qu'il nous faut une politique de secours social et humaine.

Nous avons celle de la guerre et du chaos garanti. Tout ça pour vivre dans un monde qui se parcelle de plus en plus en ghettos ghettos de riches d'un côté, où se concentrent argent et pouvoir surprotégée par toujours, plus de police militarisée, face aux ghettos de pauvres où règnent l'injustice et la misère. Est-ce vraiment ça, l'idée qu'on se fait de l'avenir ?

Un remake de Elysium et de Banlieue 13. Enfin, bonne journée quand même. Bref, bonne journée quand même