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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 2 septembre 2024 26 min

Bernard Cazeneuve, les consultations pour Matignon, la rentrée... Karim Bouamrane, invité du "8h30 franceinfo"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Karim Bouamrane

Bonjour Karim Bouamran.

0:05
Présentateur

Bonjour M. Chapuis.

0:07
Karim Bouamrane

Alors que votre nom a beaucoup circulé pour Matignon cet été, c'est l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve qui va être reçu dans quelques minutes à l'Elysée à la demande d'Emmanuel Macron. Si finalement c'est lui, est-ce qu'il a le bon profil ? Est-ce qu'il a vos faveurs ?

0:21
Présentateur

Bernard Cazeneuve est un bon serviteur de la République. Ensuite c'est les prérogatives du Président de la République. C'est à lui de choisir. Et la question, et c'est ce que je dis depuis plusieurs semaines, la question c'est quel chemin, quel moyen, quelle méthode, pourquoi et avec qui. On est dans un moment de bascule pour le pays, dans un moment déterminant. On voit bien qu'on est dans une situation inédite, vraiment inédite. Si Bernard Cazeneuve a la possibilité, la capacité de mobiliser toutes les énergies positives, on l'a vu tout au long des universités d'été de Blois, de ma formation politique, l'EPS. On en parlait, oui bien sûr. Je m'en réjouirais, je m'en féliciterais.

0:59
Karim Bouamrane

Il y a Bernard Cazeneuve qui va être reçu aujourd'hui par le Président de la République, mais il y a aussi Xavier Bertrand. Deux profils intéressants, différents. Est-ce que vous avez une préférence ?

1:08
Présentateur

En tant qu'homme de gauche, demandant de choisir entre un profil centre-droit et un profil de gauche, il n'y a pas de débat comme on dit, il n'y a pas photo comme on dit dans le milieu sportif.

1:19
Karim Bouamrane

Il reste un homme de gauche pour vous Bernard Cazeneuve, même s'il a quitté le Parti Socialiste.

1:22
Présentateur

Vous savez, mon intervention a plusieurs reprises. Je déteste toutes celles et ceux dont la principale fonction et la principale activité, c'est de donner des bons points et des mauvais points de gauche. Bernard Cazeneuve et de gauche, il n'y a vraiment pas de sujet. Encore une fois...

1:36
Karim Bouamrane

Mais vous savez quand même ce qui lui est reproché à Bernard Cazeneuve. Il a été ministre, premier ministre de François Hollande. Nombre de personnes à gauche disent que c'est à cause du quinquennat Hollande que la gauche est morte pendant certains temps. Vous, pour vous, il n'y a pas de problème.

1:48
Présentateur

La gauche n'est pas morte. La gauche est arrivée première lors des dernières élections. Et justement, compte tenu de la situation totalement inédite, le sujet c'est comment on arrive à trouver un chemin pour pouvoir faire en sorte, on aura l'occasion d'en reparler, aujourd'hui c'est la rentrée scolaire de 12 millions de gamines et de gamins, pour faire en sorte que le pays puisse trouver les chemins de l'espoir et de l'espérance. Mais si ça peut être porté par Bernard Cazeneuve, encore une fois, le sujet c'est la méthode, la voie de passage et la capacité à avoir le soutien du NFP. Mais qu'on comprenne bien justement ça, c'est important.

Parce que vous nous avez dit, c'était quasiment votre première phrase, c'est à Emmanuel Macron de choisir, c'est sa prérogative, c'est pas du tout l'analyse que fait la France Insoumise, Mathilde Panot qui rappelle encore ce matin, nous censurerons tout autre gouvernement que celui de Lucie Castel. Là c'est irréconciliable. Entre qui et qui ? D'abord au sein du nouveau Front Populaire, vous ne faites pas la même analyse des institutions. Alors, moi j'ai toujours une analyse très claire. C'est le président de la République, je suis un républicain, Duralex Sedlex, qui nomme le Premier ministre.

2:58
Karim Bouamrane

Non mais d'accord, il y a la forme, mais sur le fond en fait, c'est important de savoir qui vous soutenez. Vous dites Bernard Cazeneuve, moi je le soutiens. Le NFP jusqu'à présent dit c'est Lucie Castel ou personne.

3:06
Présentateur

Moi ce que je suis en train de dire, c'est très simple. Je ne suis pas en train d'exprimer un soutien de fan club de la première heure à Bernard Cazeneuve avec tout le respect que j'ai pour lui. Je suis en train de soutenir la démarche pour sauver notre pays, pour sortir de cette crise. Madame Pannot évoque, c'est Lucie Castel, sinon rien. Bon, je suis toujours soutenu Lucie Castel, je suis membre du NFP, malgré l'impétueuse nécessité de reclarifier encore, reclarifier la clarification de la clarification aux yeux de certaines qui ont cru bon faire une sortie inélégante.

3:49
Karim Bouamrane

Justement, attendez, parce que tout le monde ne l'a pas entendu vous parler de Clémentine Autain ce week-end à Blois, lors des universités d'été du Parti Socialiste. Clémentine Autain, ex-insoumise, qui a parlé de vous, mais aussi de Bernard Cazeneuve. On l'écoute tout de suite.

4:04
Invité

L'idée que Bernard Cazeneuve ou d'autres, Karim Warbran ou d'autres, puissent accepter d'être Premier ministre dans ces conditions, pour non pas assurer la stabilité du pays, mais pour assurer la continuité de la politique d'Emmanuel Macron. Eh bien moi, je vous le dis, ça ce n'est pas acceptable, et nous ne l'accepterons pas, et vous ne l'accepterez pas.

4:29
Karim Bouamrane

Vous entendez quand même ce qui se passe. Vous vous faites huer, elle se fait applaudir, et elle dit que si vous ou Bernard Cazeneuve arrivez à Matignon, c'est pour la continuité de la politique d'Emmanuel Macron. Elle est applaudie par des socialistes quand elle dit ça.

4:43
Présentateur

Je n'ai pas été, alors recontextualisons, franchement c'était vraiment un fait de jeu totalement anecdotique, je n'ai pas été hué. C'est, elle sous-entend que toutes les personnes socialistes qui accepteraient d'aller dans le gouvernement d'Emmanuel Macron, dans une majorité qui cautionnerait la politique d'Emmanuel Macron, ne seraient pas validées par le NFP. Ce sur quoi, parce que moi je suis aussi au premier rang, c'est quand même extraordinaire. Le moment qu'on vient d'entendre, vous êtes au premier rang. Je suis au premier rang. Je pense qu'elle ne réalise pas que je suis au premier rang. Donc c'est ça qui est en plus totalement drôle. Vous êtes allé lui parler après ?

Non, je ne suis pas allé lui parler, non, non. Non, c'est vraiment anecdotique, mais juste ce qui est... C'est anecdotique, mais ça signifie quelque chose. Terminez sur l'anecdote, qui est révélatrice, puisque vous avez posé la question dans le même panneau, et la question des insoumis. Moi, ce qui me gêne profondément, c'est toutes celles et ceux qui s'autoproclament donneurs de leçons à gauche en distribuant des bons et des mauvais points.

Bon, j'avais anticipé, quand je fais ma sortie dans le Figaro, en expliquant que certains responsables, certains responsables, je ne parle pas aux électrices et aux électeurs des insoumis, certains responsables, passent leur temps à distribuer des bons et des mauvais points. M. Chapuis, Mme Braclia, j'avais clarifié, mais je l'avais dit un milliard de fois, une région que vous connaissez parfaitement bien, le Nord, je suis interpellé dans la voie du Nord. J'avais clarifié, je l'avais dit, j'avais dit que ma candidate, c'est Lucie Castel, et la question, ce n'est pas une question de personne, parce que c'est la prérogative du président de la République, c'est une question de méthode.

Et là, on m'interpelle, on veut aussi un petit peu me jeter en pâture, parce que c'est ça dont il s'agit. Idem pour Bernard Cazeneuve, inélégant et inapproprié. Inapproprié parce que, moi, j'ai été éduqué avec les valeurs de bienveillance, de respect, et au bout d'un moment, il y en a vraiment marre.

6:35
Karim Bouamrane

Oui, mais d'accord, mais il y a une question de fond,

6:36
Présentateur

une question politique.

6:37
Karim Bouamrane

Bernard Cazeneuve, lui, quand il dit, si je veux à Matignon, c'est pour mener une politique de gauche, vous le croyez ?

6:44
Présentateur

La question, c'est comment on mène cette politique de gauche ?

6:47
Karim Bouamrane

Est-ce qu'on peut mener une politique de gauche en ouvrant le gouvernement à la droite, aux macronistes ?

6:51
Présentateur

C'est la méthode. La clé de la réussite, ça va être la méthode. Regardez. On a bien su se retrouver, tout le bloc républicain, qui va de LR jusqu'aux insoumis, pour se dire, nous ne souhaitons pas que le Rassemblement National gagne les élections. Non, mais ça, c'est un souhait en négatif, mais pour mener positivement une politique... On parle de la méthode. On parle de la méthode. Je suis sur la méthode. Donc, ensuite, une fois que nous gagnons les élections, c'est le bloc républicain qui a gagné les élections, avec le NFP qui sort devant.

Les mesures de l'NFP, augmentation des bas salaires, focus sur la santé, focus sur l'éducation, et, je l'ai dit et redit, sur le régalien, notamment sur les questions de sécurité, sur les questions d'autorité.

7:37
Karim Bouamrane

C'est un peu plus précis que ça, en fait, Karim Boimran. Est-ce que vous pensez que la droite ou les macronistes vont valider le SMIC à 1 600 euros ? Vont valider, par exemple, l'abrogation de la réforme des retraites ? Les mesures économiques, elles vont être décidées maintenant, puisqu'il y a un budget qui doit être en préparation, qui est en préparation et qui doit être présenté au Parlement le mois prochain. sur ces questions-là. Par exemple, la réforme des retraites, c'est abrogation ou suspension pour vous ?

8:02
Présentateur

Il y a eu des bougées de la part de certains responsables politiques du centre et de la droite sur la question des salaires. Ce n'est pas pour l'abrogation, non ? Non, sur les questions des salaires, Gérald Darmanin a eu un bougé. Sur les questions des retraites, on a eu certains centristes, il y a eu un bougé. Ce que je veux dire par là, c'est que depuis le début, depuis 30 jours, on passe notre temps à discuter du casting et les questions que vous parlez du fond, justement. Sur la question des retraites, par exemple, est-ce qu'il y a la place pour le mot compromis ? Je pense qu'il doit y avoir la place pour qu'il y ait un compromis. Je pense notamment à la question de pénibilité.

Je pense notamment revenir sur les 64 ans, les 62 ans. Je pense que derrière, qu'il y a avant une conférence avec tous les partenaires sociaux, il y a une question de méthode.

8:50
Karim Bouamrane

Pardon, mais ce n'est pas ce que dit le NFP. Vous êtes le seul. à le dire pour le moment.

8:53
Présentateur

Mais est-ce qu'on a eu cette discussion ? Non, ça dépend. Je vous invite à discuter avec une branche.

8:59
Karim Bouamrane

Il y a une partie du Parti Socialiste.

9:01
Présentateur

La majorité du Parti Socialiste. Donc, ce qui serait intéressant, c'est que, est-ce qu'on a eu ces discussions ? On n'a pas eu ces discussions. Il n'y a eu aucune discussion sur le fond pour pouvoir sortir la France de la crise dans laquelle nous nous trouvons. C'est ça dont il s'agit.

9:16
Karim Bouamrane

Donc, quand les Insoumises disent le programme du NFP, rien que le programme du NFP, vous vous dites non, il faut parler compromis.

9:24
Présentateur

Lorsqu'une branche, une branche du NFP dit le programme, rien que le programme, il y a un sujet de sincérité. J'adorerais, je rêverais que 100% du programme du NFP soit appliqué. Le problème, c'est que nous ne sommes pas arrivés dans une position de majorité absolue pour appliquer 100% du programme du NFP. Nous sommes dans une situation inédite et dire aux Françaises et aux Français qui se sont exprimés lors des dernières élections le programme, rien que le programme, c'est leur faire croire que un, nous avons la capacité d'imposer ce que nous ne pouvons pas imposer et c'est d'avoir un rendez-vous manqué avec toutes celles et ceux qui croient en nous.

Ça veut dire que Mathilde Panot, par exemple, ce matin, elle ment à ses électeurs quand elle dit voilà le programme avec le programme Lucie Castet ou personne d'autre. Il y a un souci de sincérité, évidemment. Je l'ai toujours dit, je l'ai dit dans les cas de vérité, il y a un grand souci.

Faire croire à toutes celles et ceux qui sont au SMIC, toutes celles et ceux qui galèrent pour trouver un rendez-vous chez le médecin, toutes celles et ceux qui galèrent pour trouver un, dont les enfants sont porteurs de handicap, des ESH, toutes celles et ceux qui galèrent parce que les mères qui ont un problème de nombre de policiers au mètre carré, toutes celles et ceux qui ont un problème de logements sociaux, leur faire croire que le programme, rien que le programme, c'est leur donner des faux espoirs. Moi, vous voyez, je suis mère. Sauf qu'Olivier Fort, le patron du PES,

10:50
Karim Bouamrane

dit la même chose que Mathilde Panot.

10:52
Présentateur

Il y a eu un bougé. Il y a eu un bougé. Il y a un bougé. Ce matin, nous censurerons toute politique de continuité avec le macronisme. Ça, c'est autre chose. Ça, c'est autre chose. Attention. Vous voyez une différence. Il faut nous les expliquer. Je vais vous expliquer. Est-ce que c'est subtil ? Je vais vous expliquer. Bien sûr, c'est totalement subtil. Un, le programme avec le programme, ce n'est pas possible au regard de la situation. Deux, la position de notre premier secrétaire, Olivier Fort, c'est comment avoir la possibilité de trouver des voies de passage, coalition, cohabitation. Ce qu'elle a exprimé Lucie Castel le 23 août dernier était très clair.

Elle a dit, moi, première ministre, je serai en capacité de porter un gouvernement 100% NFP et de négocier mesure par mesure avec les responsables parlementaires. Ce qui signifie quoi, concrètement ? Ce qui signifie discuter avec les responsables parlementaires de LR, du centre, de la majorité d'Emmanuel Macron. Vous vous dites oui,

11:47
Karim Bouamrane

alors si je vous écoute, en fait, est-ce que vous, vous dites oui à un gouvernement avec des LR, avec des macronistes ? Est-ce que vous y allez ?

11:54
Présentateur

Deux options. Deux options. Moi, ce que je dis, c'est soit on est en capacité d'avoir un gouvernement 100% NFP.

12:02
Karim Bouamrane

Vous voyez que c'est compliqué.

12:03
Présentateur

Non, 100% NFP et en négociant en amont, en amont, voilà, une plateforme programmatique avec des lignes rouges avec les différents parlementaires LR, centre, qui constitue le bloc, qui constitue le bloc républicain. Première option. Ou la deuxième option, c'est une coalition, coalition, donc première option de la coalition, deuxième option, une coalition avec des ministres qui constituent tout le bloc républicain, avec des mesures validées en amont, s'il n'y a pas, et je le dis, il le redit, s'il n'y a pas en amont un accord de principe avec tout le bloc républicain, et vous l'avez évoqué, il y a urgence à voter le budget, nous plongerons la France au fond de l'abîme.

Il y a la loi de finances avec des différences majeures,

12:50
Karim Bouamrane

20 milliards d'économies à faire dès l'année prochaine, voire plus,

12:53
Présentateur

avec les restrictions, avec les restrictions, avec les restrictions juridico-légales du traité de Maastricht, vous voyez bien le déficit, l'inflation, 3%, le ratio d'endettement de 60%, actuellement, on est à 118%, donc tous ces éléments, le bornage, comme on dit de façon prosaïque, doivent être intégrés. Donc, soit c'est la concorde et le compromis, soit c'est la discorde et le chaos. Le 830 France Info, Jérôme Chapuis, Saliad Rakhia. Et le maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouamran, on a beaucoup parlé de vous cet été comme premier ministrable. Est-ce que vous avez reçu un coup de fil d'Emmanuel Macron ? Aujourd'hui, je n'ai pas reçu d'un coup de téléphone d'Emmanuel Macron.

J'ai cru comprendre que son agenda était relativement plein avec le rendez-vous des deux B, que ce soit Bernard Cazeneuve ou Xavier Bertrand, les anciens présidents, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Donc, aujourd'hui, aujourd'hui, pour rendez-vous, aujourd'hui, je n'ai pas reçu de rendez-vous. Mais c'est conseiller,

13:53
Karim Bouamrane

vous vous rappelez ?

13:54
Présentateur

Alors, comme je vous l'ai dit, je dirais la vérité rien que la vérité, mais concernant l'édition que j'ai pu avoir avec le président de la République ces dernières heures et ces derniers jours, par respect, si j'en avais eu, je... Non, mais là, je parlais des conseillers. Vous êtes candidat, vous, à Matignon ? Non, mais je l'ai dit, ça. On candidate pour être directeur général de la ville de Saint-Ouen, on candidate pour être directeur de cabinet pour la ville de Saint-Ouen, on candidate pour être directeur de la communication du Red Star à Saint-Ouen, mais je n'ai pas envoyé de CV. Non, d'accord, mais vous avez déjà confié

14:26
Karim Bouamrane

que les conseillers du président vous ont appelés, ils vous appellent pour vous dire quoi à ce moment-là ?

14:29
Présentateur

Ils vous appellent pour dire « Monsieur le maire, quelle est votre vision sur la situation et si on devait trouver une voie de passage, ça serait quoi selon vous ? » Voilà, donc ça, c'est les discussions qu'on a. Les discussions avec le président de la République, le président de la République, comme vous avez pu le constater, est venu à plusieurs reprises à Saint-Ouen, donc on a des discussions. En revanche, sur la situation récente, je ne me prononcerai pas sur les discussions que j'aurais pu avoir avec le président de la République par correction, le reste, comme on dit dans les milieux autorisés, je veux dire avec la vérité, avec la vérité.

14:56
Karim Bouamrane

C'est aujourd'hui, Karim Boimran, qu'a lieu à Nice, l'hommage national au gendarme Eric Comine, tué la semaine dernière par un chauffard après un refus d'obtempérer lors d'un contrôle routier. Son épouse s'est exprimée lors d'une cérémonie il y a quelques jours. Écoutez.

15:10
Invité

Je l'affirme haut et fort. La France a tué mon mari. La France a tué mon mari. Le père de mes enfants. La France a tué mon mari par son insuffisance, son laxisme et son excès de tolérance.

15:27
Karim Bouamrane

Elle a même regretté l'abolition de la peine de mort. C'est la douleur, là, qui parle ou alors elle a en partie raison ?

15:36
Présentateur

Vous avez raison. La douleur, le choc, le sentiment d'injustice. Quand on est maire, on vit ces situations. Sentiment d'injustice ? La justice est trop laxiste ? Le sentiment que... Là, la question, c'était le ressenti et ma réaction à la suite de ces images. Et je reviendrai sur le sentiment de la justice est laxiste. Le deuxième point, c'est le sentiment d'injustice parce qu'on a un vrai sujet sur l'exécution des peines. L'exécution des peines. Quand vous discutez avec les différents procureurs, les magistrats, on a vraiment une nécessité de refonte du code du procédure pénal qui nous donnait la possibilité de s'assurer d'exécuter les peines. Si on prend l'exemple

16:28
Karim Bouamrane

du chauffard en question, il a effectivement été condamné dix fois six condamnations concernées des infractions à la circulation, mais à chaque fois, les peines ont été exécutées.

16:42
Présentateur

Donc, ça renvoie à deux choses. La première, c'est la capacité de réinsertion. Et deux, comment derrière, dans ce fait divers dramatique, dramatique, on arrive à s'assurer que les peines ont été exécutées dans l'acte. Mais la question de M. Chapuis, c'était le laxisme. On a un sujet sur l'exécution des peines. Vous voyez le sujet de la petite camélia qui est décédée à Valoris. Vous voyez les différents faits divers dans une bonne partie des cas.

17:20
Karim Bouamrane

Pardon, ce sont deux sujets totalement différents. Non,

17:22
Présentateur

c'est le laxisme. Le laxisme, c'est un jeune homme

17:24
Karim Bouamrane

qui fait un rodéo inconnu des services de police.

17:28
Présentateur

Il n'y a pas

17:29
Karim Bouamrane

d'exécution de peines.

17:30
Présentateur

Bien sûr, je rebondissais sur la question du laxisme de la justice. Aujourd'hui, le gros problème qu'il y a avec la justice, le travail avec le ministère de l'Intérieur et la justice, c'est la capacité à exécuter les peines. Et quand vous discutez avec les tribunaux, avec les magistrats, aujourd'hui, nous avons un gros problème bloquant. On a une bonne partie des peines qui ne sont pas exécutées.

17:50
Karim Bouamrane

Il aurait fallu quoi pour le chauffard qui a tué le gendarme ?

17:54
Présentateur

Comment ça, il aurait fallu quoi ?

17:55
Karim Bouamrane

C'est-à-dire qu'en fait, il avait son permis, il était en situation régulière, il a exécuté toutes ses peines. Qu'est-ce qu'il aurait fallu de plus ?

18:02
Présentateur

Malheureusement, dans cette situation-là, quand la veuve explique que le pays a tué, la France a tué son mari, je pense que c'est des mots très forts qui expriment une douleur forte. Elle sous-entend que la loi n'est pas suffisamment dure. Oui, mais la loi est relativement dure et dure pour ce type d'agissement. Il va être jugé. La question, c'est est-ce qu'on aurait pu anticiper ce drame ? Compliqué, très compliqué. La question, c'est est-ce que derrière, lorsqu'il y a des peines et des récidivistes, est-ce qu'il y a des peines qui ne sont pas exécutées ? Là, il y a un vrai sujet.

Sur l'autre sujet que vous évoquiez à l'instant, la mort de la petite Camilla Valoris, vous, vous avez dans votre ville de Saint-Ouen pris des mesures fortes contre les rodéos sauvages pour limiter la circulation des mineurs dans l'espace public après 22 heures. C'est une politique de gauche ? La politique de gauche, c'est donner la possibilité à toutes les personnes, quelles que soient leurs origines sociales, quel que soit le nombre d'années passées en France, quelle que soit leur couleur de peau, de pouvoir bénéficier d'un principe fondamental de notre constitution, à savoir la sécurité. qui subit les problèmes d'insécurité ?

Ce n'est pas les personnes qui vivent dans des milieux extrêmement favorisés. Donc, multiplier par 4, le nombre de policiers municipaux, par 2, le nombre de caméras de surveillance, c'est de gauche. Faire en sorte que toutes les personnes puissent bénéficier d'une politique de sécurité, c'est de gauche. Faire en sorte qu'une partie de la population française bénéficie d'une politique de sécurité, ça, c'est une vision assez libérale. Le régalien doit bénéficier à tout le monde. Et moi, je n'ai aucun tabou avec ces questions-là. Aucun tabou. La réappropriation de l'espace public, l'autorité, le respect, le respect des institutions. Vous avez vu ce qu'on a vécu pendant les dernières émeutes ?

Vous avez des mères qui se font agresser ? Vous avez des enseignantes et des enseignants qui se font agresser ? Vous avez des médecins qui se font agresser ? Vous avez des pompiers qui se font agresser ? Vous avez des journalistes qui se font agresser ?

20:13
Karim Bouamrane

Ça, c'est le constat. Mais vous, pour les solutions, vous avez vers plus de répression là où une grande partie de la gauche dit qu'il faut voir quand même l'origine du problème, à savoir les causes sociales qui ont mené à cette délinquance-là.

20:25
Présentateur

Je pense que le tout répressif n'apporte rien. Je pense que le tout préventif n'apporte rien. C'est la combinaison de plusieurs facteurs si vous me permettez. Il y a effectivement la réponse à l'instant T, la répression. Il y a le travail avec la justice, on l'a évoqué. Il y a la capacité de réinsertion. Il y a aussi les conditions sociales. Le logement, l'urbanisme, la mixité sociale, le rapport avec l'éducation, la démocratisation de l'excellence. Et il y a un élément qu'on évoque peu mais qui commence à faire fleurès, c'est aussi le contexte urbanistique dans lequel on vit. j'étais un des premiers à parler du beau comme projet politique.

21:03
Karim Bouamrane

Oui, c'est important de le dire pour les auditeurs.

21:08
Présentateur

Oui, le beau sur le plan esthétique, urbanistique. Bon, quand vous promenez dans certaines périphéries urbaines, quand vous promenez dans certains lieux, vous avez vu comment c'est le beau manque ? Qu'est-ce qui nous a rassemblés pendant les Jeux Olympiques ? Il y avait une ambiance esthétique forte, il y avait un ciment, il y avait une concorde plus belle. Lorsqu'on parle de ça, on dit, oui, bon, d'accord, c'est Melrose Place où il y a un côté bisounours. Non, on a besoin de ça. On le voit, on le voit sur le plan concret chaque jour dans le terrain. Lorsque vous avez un environnement beau, les gens sont heureux. Il y en a d'autres dans les quartiers

21:45
Karim Bouamrane

qui disent que ça ne sert à rien de repeindre les bâtiments si à l'intérieur, c'est toujours la misère.

21:49
Présentateur

Mais ça, c'est autre chose ça. Oui,

21:50
Karim Bouamrane

mais ça compte.

21:51
Présentateur

Mais complètement. C'est-à-dire que si d'ailleurs vous refaites du neuf dans du vieux, il n'y a aucune valeur ajoutée. Regardez ce qu'on fait à Saint-Ouen. On rénove 1700 logements. Les 1700 logements qu'on rénove, on évite d'avoir une frustration entre les nouveaux arrivants qui vivent dans des bons appartements, dans des bons logements et ceux qui vivent depuis longtemps les classes populaires. Donc c'est ça le ciment républicain. C'est le logement, c'est l'éducation, c'est la capacité à réagir vite, c'est le travail avec les bailleurs, la justice et la police.

L'éducation justement, est-ce que dans votre ville de Saint-Ouen, chaque classe dispose d'un enseignant attitré ce matin comme la promis du gouvernement ? Ce matin, je n'ai pas encore le retour mais généralement en Seine-Saint-Denis, il y a toujours un manque criant, notamment dans l'académie de Créteil, du nombre d'enseignants en moyenne. Ça se traduit par des classes surchargées ? Ça se traduit par des classes surchargées, ça se traduit par des problèmes de remplacement d'enseignantes et d'enseignants, de suivi.

Quand vous avez des enfants qui tout au long de l'année ont 2-3 enseignants, nous à notre époque on avait un enseignant donc en termes de stabilité, en termes de suivi scolaire, c'est aussi tout ce qui est pour les enfants porteurs d'handicap, on le voit aujourd'hui, on est en plein jeu des paras, les AESH, donc très très compliqué, qui accompagne.

23:08
Karim Bouamrane

Mais ça fait un petit moment quand même que les syndicats d'enseignants dans votre département réclament un plan d'urgence de plusieurs millions d'euros, ça ne bouge pas. Pourquoi ?

23:18
Présentateur

Instabilité politique. Vous avez vu combien de ministres on a eu depuis... Mais vous, vous les soutenez ? Qui ? Les enseignants. Bah oui. 100% derrière. 100% derrière, les enseignants, les familles, les familles, les parents d'élèves qui s'impliquent du matin au soir, les mères, parce que comme vous le savez, le coût d'infrastructure est porté par les collectivités territoriales. Et justement, la question que vous avez posée Mme Braquia au début sur le vote du budget, c'est fondamental, c'est très concret. Comment vont faire les maires pour pouvoir financer une partie de leurs écoles, pour pouvoir rénover leurs écoles s'il n'y a pas les dotations, s'il n'y a pas le vote ?

Comment on va faire pour pouvoir bénéficier d'accompagnateurs pour les familles dont les enfants sont porteurs d'handicap ? Comment on va faire pour assurer la police municipale ? Tout ça, ce sont des questions concrètes. Et là, on est dans une course au casting. Et là, on est dans une discussion. Est-ce que la fumée blanche va sortir en se demandant si c'est un tel ou un tel ? Pardon, vous parlez de casting, mais je ne peux pas m'empêcher de vous poser cette question. Vous avez été surnommé le Obama de la scène par un magazine allemand, par Die Welt. Il vous plaît ce surnom ? Au début, quand vous regardez ça dans Die Welt, vous vous dites ok, c'est flatteur.

Mais le point commun, le seul point commun que j'ai avec Barack Obama, c'est qu'on est de gaucher. Sous. Donc, il est accessoirement, il a été accessoirement président des États-Unis pendant dix ans. Non, mais la question qu'il y a derrière du coup, est-ce que c'est votre ambition justement, vous, d'être de, voilà, de penser éventuellement ? Non, mais quand on est responsable politique, on ne peut pas ne pas se projeter sur l'avenir de son pays. Je le fais tous les jours. Donc, là, aujourd'hui, je suis maire. Aujourd'hui, ce qui me taraude très sincèrement en me levant le matin, c'est l'avenir du pays à court terme.

il y avait une de vos chroniqueuses ce matin qui était intervenue sur les questions économiques. Si jamais la confiance des chefs d'entreprise, l'investissement, l'emploi, les déficits publics, la capacité à se soigner. Demain matin, j'ai rendez-vous avec le jury de Paris Cité pour pouvoir lancer justement le premier campus hospitalier, le plus grand campus hospitalier à Saint-Ouen. Et concrètement, si on n'a pas de gouvernement, si on n'a pas de budget, ça va être très compliqué. Et d'ailleurs, il est l'heure pour nous. Merci beaucoup, Karim Guamran, RPS de Saint-Ouen. Vous étiez l'invité du 8.30 en cette rentrée de France Info.