Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 5 décembre 2018 10 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & élections

Jean-Baptiste Lemoyne : "Il n'y a pas eu d'annulations majeures dans le tourisme à cause des 'gilets jaunes'"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:32OuverteRéponse directe

    Après trois semaines et demie de mobilisation, quel impact le mouvement des gilets jaunes a-t-il sur l'économie française ?

  • 0:53FerméeRéponse directe

    C'est-à-dire donc c'est Paris et quelques grandes villes ?

  • 1:41FerméeRéponse directe

    Rien à voir avec les baisses qu'il y a vues après les attentats, on est d'accord ?

  • 2:32OuverteRéponse directe

    Alors que justement, le secteur regagnait des couleurs, avait eu du mal justement après les attentats de 2015. Là, ça commençait à repartir et bim !

  • 3:02ComplaisanteRéponse directe

    Ils ont fait le tour du monde, les images de Champs-Elysées.

  • 3:27OuverteRéponse directe

    Il y a aussi un aspect important à souligner, c'est que dans les cortèges des Gilets jaunes, on trouve aussi des restaurateurs et des hôteliers, des petits patrons qui, eux aussi, ont du mal à boucler les fins de mois et qui se plaignent, eux notamment, des plateformes du type Airbnb qui leur chipt des clients.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44Invité politiqueChiffre
    « Selon les secteurs commerce, tourisme, hôtellerie, restauration, on est sur du moins 15, moins 20% sur les zones qui sont vraiment impactées. »
  • 1:01Invité politiqueChiffre
    « Le tourisme, le mois de décembre, c'est 5% des recettes. »
  • 1:15Invité politiqueChiffre
    « il y a eu un taux d'occupation ce week-end qui était en recul de deux points parce qu'il y a eu un certain nombre d'annulations, un pic d'annulation notamment le dimanche. »
  • 1:43Invité politiqueFait
    « Tout à fait. C'est-à-dire que nous restons encore sur Paris en croissance par rapport à l'année dernière et par rapport même, me disait la joie maire de Paris, chargée du tourisme, à 2014, qui était une année historique. »
  • 2:49Invité politiqueFait
    « Je vous prends un cas très concret, le Japon, qui est un pays très polissé, où justement nous avons étudié toutes les retombées, presse, réseaux sociaux. »
  • 3:02Invité politiqueFait
    « Et donc, je pense qu'il faut, de ce point de vue-là, continuer, nous maintenant qu'il y a une prise de parole très forte du Premier ministre, continuer à rassurer, parce que les transports fonctionnent, parce que les musées sont ouverts, parce que l'accueil se fait dans les meilleures conditions »
  • 3:49Invité politiqueFait
    « L'équité, c'est faire en sorte que les acteurs de l'hôtellerie et les acteurs numériques, ils puissent avoir les mêmes conditions de compétition. »
  • 4:08Invité politiqueFait
    « on a mis en place des sanctions pour les plateformes qui ne respectaient pas la loi de 2016, vous savez, qui limitent le nombre de jours pendant lesquels on peut mettre à disposition un logement, effectivement, alloué. »
  • 4:39Invité politiqueFait
    « Je crois que ça nous impose de redoubler dans le fait d'expliquer que le pays garde des fondamentaux qui sont solides, qui sont tout simplement attractifs. »
  • 5:47Invité politiqueChiffre
    « l'image de la France avait considérablement progressée, on l'a mesurée de façon très scientifique auprès des décideurs internationaux. »
  • 6:37Invité politiqueFait
    « Le Premier ministre a eu des mots très forts en disant qu'aucune taxe ne devait menacer l'unité nationale. »
  • 6:43Invité politiquePromesse
    « Il a très clairement dit au 1er janvier, aucune augmentation sur toutes ces taxes énergétiques. »
  • 9:32Invité politiqueChiffre
    « Prenez quinquennat Sarkozy, quinquennat Fillon, 2011-2012, 30 milliards d'impôts supplémentaires les uns et les autres. »

Temps de parole

  • Jean-baptiste Lemoyne75 %
  • Présentateur25 %

4,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Des vitrines cassées, des magasins incendiés, des restaurants pillés, des clients d'hôtels cloîtrés. Certains commerçants ont beaucoup perdu à cause du mouvement des gilets jaunes et des violences qui ont émaillé plusieurs manifestations. Et c'est d'autant plus préjudiciable pour eux que nous sommes à la veille des fêtes de fin d'année. Bonjour Jean-Baptiste Lemoyne.

0:26
Jean-baptiste Lemoyne

Bonjour.

0:27
Présentateur

Vous êtes secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères. Vous êtes spécifiquement chargé du tourisme. Après trois semaines et demie de mobilisation, quel impact le mouvement des gilets jaunes a-t-il sur l'économie française ?

0:39
Jean-baptiste Lemoyne

Alors nous avons reçu avec Bruno Le Maire justement les représentants des organisations professionnelles lundi. Et selon les secteurs commerce, tourisme, hôtellerie, restauration, on est sur du moins 15, moins 20% sur les zones qui sont vraiment impactées.

0:53
Présentateur

C'est-à-dire donc c'est Paris et quelques grandes villes ?

0:55
Jean-baptiste Lemoyne

Exactement. Alors après s'agissant plus spécifiquement du tourisme parce que c'est un peu différent du commerce. Le tourisme, le mois de décembre, c'est 5% des recettes. Donc c'est plutôt un peu moins que les mois ordinaires. A l'inverse, pour le commerce, le mois de décembre, c'est les courses et les achats de Noël. Et là au contraire, ce mois de décembre, il est beaucoup plus important. Et donc de ce point de vue-là, il faut distinguer les choses. En matière de tourisme, ce que l'on a vu, c'est qu'il y a eu un taux d'occupation ce week-end qui était en recul de deux points parce qu'il y a eu un certain nombre d'annulations, un pic d'annulation notamment le dimanche.

Mais ce que l'on constate, c'est que cette semaine, les réservations manifestement ont décru. Mais si vous voulez, on n'est pas dans une baisse en termes absolus. Je m'explique.

1:41
Présentateur

Rien à voir avec les baisses qu'il y a vues après les attentats, on est d'accord ?

1:43
Jean-baptiste Lemoyne

Tout à fait. C'est-à-dire que nous restons encore sur Paris en croissance par rapport à l'année dernière et par rapport même, me disait la joie maire de Paris, chargée du tourisme, à 2014, qui était une année historique. Donc tout ça mérite naturellement d'être suivi au jour le jour. C'est pourquoi j'étais d'ailleurs hier auprès des professionnels de l'UMI, qui étaient en congrès à Saint-Etienne, pour naturellement dire combien nous étions à leur côté, que nous travaillions à des mesures d'accompagnement. En matière de commerce, par exemple, nous avons demandé au préfet d'être très souple sur l'ouverture le dimanche pour rattraper des pertes de chiffre d'affaires.

Et en matière d'hôtellerie et de restauration, naturellement, on va continuer à travailler sur l'image de la France, l'image du pays, parce que cette image, naturellement, elle s'est brouillée depuis quelques semaines.

2:32
Présentateur

Alors que justement, le secteur regagnait des couleurs, avait eu du mal justement après les attentats de 2015. Là, ça commençait à repartir et bim !

2:39
Jean-baptiste Lemoyne

Tout à fait, mais rien d'irrémédiable, parce que j'ai demandé à Tout France, qui est notre bras armé en matière de tourisme, de faire le point sur les dix principaux marchés émetteurs de touristes internationaux. Je vous prends un cas très concret, le Japon, qui est un pays très polissé, où justement nous avons étudié toutes les retombées, presse, réseaux sociaux. Il en découle que, oui, il y a eu une visibilité de ces événements.

3:01
Présentateur

Ils ont fait le tour du monde, les images de Champs-Elysées.

3:02
Jean-baptiste Lemoyne

Bien sûr, mais non, il n'y a pas eu de déprogrammation massive, des tours opérateurs, des voyagistes. Et donc, je pense qu'il faut, de ce point de vue-là, continuer, nous maintenant qu'il y a une prise de parole très forte du Premier ministre, continuer à rassurer, parce que les transports fonctionnent, parce que les musées sont ouverts, parce que l'accueil se fait dans les meilleures conditions, avec des professionnels qui sont naturellement, je peux vous le dire, plus qu'à la hauteur.

3:27
Présentateur

Il y a aussi un aspect important à souligner, c'est que dans les cortèges des Gilets jaunes, on trouve aussi des restaurateurs et des hôteliers, des petits patrons qui, eux aussi, ont du mal à boucler les fins de mois et qui se plaignent, eux notamment, des plateformes du type Airbnb qui leur chipt des clients.

3:40
Jean-baptiste Lemoyne

Mais d'ailleurs, c'est pour ça que nous avons tenu à prendre des mesures pour remettre de l'équité. Je crois que ce mot d'équité, il est crucial dans tous les débats qu'on a aujourd'hui. L'équité, c'est faire en sorte que les acteurs de l'hôtellerie et les acteurs numériques, ils puissent avoir les mêmes conditions de compétition. Et donc, dans la loi sur le logement qu'a portée Julien de Normandie, on a mis en place des sanctions pour les plateformes qui ne respectaient pas la loi de 2016, vous savez, qui limitent le nombre de jours pendant lesquels on peut mettre à disposition un logement, effectivement, alloué.

4:14
Présentateur

Jean-Baptiste Lemoyne, le Brexit approche à grands pas. On sait que des entreprises songent à quitter le Royaume-Uni pour s'installer ailleurs en Europe. Paris et la France se battent pour accueillir ces exilés du Brexit. Mais il y a d'autres pays qui sont sur les rangs. Est-ce que ça peut compromettre les chances des Français ?

4:29
Jean-baptiste Lemoyne

Je crois que ça nous impose de redoubler dans le fait d'expliquer que le pays garde des fondamentaux qui sont solides, qui sont tout simplement attractifs. Nous sommes au cœur de l'Europe. Nous sommes à un autre communication. Nous sommes aussi un pays qui a renoué avec une croissance. Et donc c'est aussi un appel à la responsabilité.

4:53
Présentateur

Mais nous sommes aussi un pays où il y a des manifestations régulièrement et peut-être plus que dans d'autres pays.

4:57
Jean-baptiste Lemoyne

Un appel à la responsabilité en disant que, d'ailleurs, le week-end prochain doit bien se dérouler, ne peut pas se dérouler dans la même condition que le week-end dernier. Et de ce point de vue-là, je pense qu'un certain nombre de décideurs politiques, s'ils veulent être à la hauteur de l'histoire, doivent aussi éviter de mettre de l'huile sur le feu, comme on a pu le voir avec Jean-Luc Le Pen ou Marine Mélenchon.

5:18
Présentateur

Juste pour revenir sur le Brexit, ça ne vous inquiète pas donc ? Ça ne va pas compromettre les chances, ce que je vous demandais tout à l'heure, les chances des Français ?

5:28
Jean-baptiste Lemoyne

Un certain nombre de décisions ont d'ores et déjà été prises par des sièges, par des établissements. Mais encore une fois, naturellement, ce qui vient de se passer va nous imposer un surcroît de travail, d'explications auprès des décidants internationaux. Ce que je peux vous dire, c'est qu'effectivement, l'image de la France avait considérablement progressée, on l'a mesurée de façon très scientifique auprès des décideurs internationaux. Et donc, naturellement, nous allons prendre notre bâton de pèlerin pour expliquer, expliquer, expliquer. La France, elle a de fabuleux atouts à faire valoir.

5:59
Présentateur

Jean-Baptiste Lemoyne, j'imagine que vous avez vu ces images du président Emmanuel Macron, sifflé et insulté hier au Puy-en-Velay. Mais visiblement, les annonces du Premier ministre hier n'ont pas suffi à calmer la colère des Gilets jaunes.

6:13
Jean-baptiste Lemoyne

Alors, parler de la colère des Gilets jaunes, on voit bien que c'est complexe parce qu'il y a finalement autant d'opinions et de colères et aux racines différentes qu'il y a de Gilets jaunes. C'est très protéiforme. Je crois que ce qui est important, c'est que le Premier ministre a eu des mots très forts en disant qu'aucune taxe ne devait menacer l'unité nationale. Ce sont des mots extrêmement forts. Il a très clairement dit au 1er janvier, aucune augmentation sur toutes ces taxes énergétiques. Maintenant, le débat s'enclenche. Et puis, on remet à plat les choses en matière de fiscalité et de dépenses publiques.

Un grand débat parce que, pardon, mais notre génération, elle paye le prix de 30 années de petite lâcheté et justement...

6:56
Présentateur

Certes, mais en attendant, il y a des manifestations qui sont prévues encore samedi. Ça ne les a pas annulées ces manifestations, les annonces du Premier ministre.

7:03
Jean-baptiste Lemoyne

En tous les cas, elles doivent, je pense que tous les Gilets jaunes doivent se saisir de l'opportunité qui est de pouvoir enfin justement discuter, de pouvoir trouver des solutions concrètes. Je crois que nos concitoyens, ce qu'ils attendent, c'est du concret. Ce n'est pas des postures et donc, il est important, je crois, de pouvoir maintenant passer vraiment à ce dialogue structuré. Parce que, pour l'instant, c'est le défaut de structuration du côté des Gilets jaunes qui empêche peut-être ce dialogue de pouvoir véritablement s'enclencher. On l'a vu, entre eux, c'est parfois compliqué, des porte-parole éphémères qui durent quelques heures.

On a besoin, je crois, pour la France, pour les Français, d'être à la hauteur.

7:41
Présentateur

Alors, cette grande concertation que le Président veut organiser sur trois mois, c'est encore un peu flou. Alors, dites-nous, comment ça va fonctionner ? De quoi on va parler exactement ? Avec qui ? Qui seront les représentants du gouvernement ? Est-ce qu'il y en aura un dans chaque réunion ? Comment ça va se passer ?

7:55
Jean-baptiste Lemoyne

Le souhait, c'est que ces réunions, d'ailleurs, se soient le plus localisées possible. Local. Parce que les solutions, en termes de mobilité, en termes d'aménagement du territoire, elles se prennent à l'échelle, quoi ? D'un bassin de vie. Et donc, il ne s'agit pas de faire une grand messe nationale, très théorique. On a besoin d'être, je crois, très concrets. Les Français, ce qu'ils attendent... Et on parle de quoi ? Eh bien, on parle de quoi ? On parle, on l'a dit, on parle de fiscalité. On parle de fiscalité environnementale. On cherche à trouver des solutions pour accompagner.

Parce qu'on doit à la fois faire face, comme le disait le Président, à la fin du mois et, entre guillemets, à la fin du monde. Parce que, d'un point de vue climatique, les faits sont là. Pardon, les réfugiés climatiques, ça existe. Moi, j'en ai rencontré à Saint-Martin, il y a un an, quand il y a eu des terribles événements. Donc, on doit aussi apporter des réponses, de ce point de vue-là.

8:43
Présentateur

Et qui anime les débats ? Ça se passe comment ? Il faut qu'il y ait un représentant ou quelqu'un qui porte votre voix, dans chaque réunion.

8:48
Jean-baptiste Lemoyne

Bien sûr, mais les préfets vont être mobilisés. Nous souhaitons que tout le monde puisse s'emparer de ces débats. Les associations, les ONG, chaque Français individuellement, c'est un moment qui doit être mis à profit, encore une fois, pour être positif, pour que, de cette situation compliquée, sorte quelque chose qui fasse avancer la France et le pays.

9:09
Présentateur

Et si rien ne sort, est-ce que, comme votre collègue Marlène Schiappa, vous dites qu'on met une croix sur la hausse des taxes, c'est vrai ça ?

9:15
Jean-baptiste Lemoyne

Le Premier ministre a dit, très clairement hier, soit nous trouvons des solutions d'accompagnement, soit nous tirerons les conclusions de tout cela. Et donc, si rien n'est trouvé, je crois qu'à un moment, il faut entendre le ras-le-bol fiscal, qui est hérité, encore une fois, de 30 ans. Prenez quinquennat Sarkozy, quinquennat Fillon, 2011-2012, 30 milliards d'impôts supplémentaires les uns et les autres. Alors, aucune leçon à recevoir de ces gens-là.

9:39
Présentateur

Merci beaucoup, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État, auprès du ministre des Affaires étrangères et invité du 5-7 ce matin.