Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 11 décembre 2017 11 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Jean-Pierre Raffarin : "Observons Laurent Wauquiez avec vigilance"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Votre réaction, votre analyse de ce score sans appel ?

  • 1:20RelanceRéponse partielle

    Et elle sera malveillante ?

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Plutôt à droite, a priori.

  • 2:23ComplaisanteRéponse partielle

    Vous habitez où, Jean-Pierre Raffarin ?

  • 3:21RelanceRéponse directe

    Je vous repose la question. Est-ce que cette droite ouverte dont vous parlez, elle n'irait pas naturellement rejoindre la République En Marche ?

  • 5:08OuverteRéponse directe

    Comment peut-il, Laurent Wauquiez, faire un virage sur l'aile ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35Invité politiqueFait
    « Donc je félicite M. Wauquiez de sa victoire puisque j'ai voté, certes pas pour lui, mais j'ai participé à un scrutin, j'en respecte le résultat. »
  • 1:55Invité politiqueFait
    « Moi je pense qu'aujourd'hui, la droite et le centre doivent rester la vraie ambition politique. »
  • 3:44Invité politiqueFait
    « Il est clair qu'aujourd'hui, Emmanuel Macron prend des orientations qui nous conviennent sur des points essentiels. »
  • 4:14Invité politiqueFait
    « Moi, je ne suis pas pour l'augmentation de la CSG, je suis pour la TVA. »
  • 7:25Invité politiqueFait
    « Depuis ses débuts, il a toujours été très motivé par ce qu'il appelle les classes moyennes, par le noyau central de la société française. »
  • 7:52Invité politiqueFait
    « On ne peut pas accepter de choisir le Front National contre ce qui était à l'époque, ce qui nous apparaissait, la social-démocratie. »

Temps de parole

  • Jean-Pierre Raffarin83 %
  • Présentateur17 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

L'invité de France Inter jusqu'à 9h est ancien Premier ministre. Il fut avec Jacques Chirac et Alain Juppé, l'un des fondateurs de l'UMP devenu depuis le parti Les Républicains. Jean-Pierre Raffarin, bonjour. Bonjour, bonjour à tous. Laurent Wauquiez a donc été élu hier soir au premier tour avec 75% des voix. Il est désormais le président du parti Les Républicains. Votre réaction, votre analyse de ce score sans appel ?

0:27
Jean-Pierre Raffarin

Alors d'abord, il y a un postulat qu'il faut respecter, c'est que les résultats d'un scrutin auquel on a participé doivent être reconnus. Donc je félicite M. Wauquiez de sa victoire puisque j'ai voté, certes pas pour lui, mais j'ai participé à un scrutin, j'en respecte le résultat. Vous avez voté pour qui ? J'ai voté pour le jeune Decalan, pour la fraîcheur dans ce parti et on partage beaucoup d'idées. La ligne Juppé, dirons-nous, et on va y revenir. Qui n'est pas en ce qui me concerne. Donc une surprise. Mais donc je respecte ce scrutin. Je pense qu'au fond, on va voir ce que va donner Laurent Wauquiez. Vous savez, avec Alain Juppé, on avait dit qu'on met Emmanuel Macron en observation.

Et quand on le regarde travailler, je dis qu'on sait plutôt une observation bienveillante. Eh bien on va mettre en observation Laurent Wauquiez.

1:20
Présentateur

Et elle sera malveillante ?

1:21
Jean-Pierre Raffarin

Elle sera, je dirais, vigilante. Une observation vigilante. On va le surveiller, le voir s'il veut aller dans telle ou telle direction.

1:30
Présentateur

Plutôt à droite, a priori.

1:31
Jean-Pierre Raffarin

On va voir, parce que je me méfie beaucoup des propos de campagne. Je n'ai pas aimé la campagne de Laurent. Mais je le connais. Je le crois capable d'évoluer. Je pense qu'il va analyser la situation. Donc il serait imprudent de se précipiter. Moi je pense qu'aujourd'hui, la droite et le centre doivent rester la vraie ambition politique. Le problème de la droite ouverte, à laquelle j'appartiens, proche du centre, elle est aujourd'hui dans trois maisons. Elle a trois adresses. Nos électeurs sont en grande partie déjà chez Macron. Les autres sont au centre. Soit avec Agir, soit avec l'UDI. Et les troisièmes sont aujourd'hui chez les Républicains. On l'a vu avec De Calan et Jeune Portelli.

Donc on est, je dirais, un peu explosé. On est divisé dans trois adresses. Il y a une priorité pour nous. Vous habitez où, Jean-Pierre Raffarin ? Moi je souhaite habiter dans une maison commune. Et donc je pense que l'année qui vient, nous devons travailler à leur rassemblement. Tant qu'on n'aura pas une droite ouverte, un centre rassemblé, il n'y aura pas de possibilité d'alternance. Et donc il faut retravailler à cette organisation politique. Mais c'est plus possible ça aujourd'hui, Jean-Pierre Raffarin. Il y a plusieurs solutions. Soit on revient au modèle auquel vous faites référence, qui est le modèle UMP. C'est-à-dire qu'à l'intérieur de la droite, il y a une place pour le centre.

Ce que nous avons fait quand nous avons rapproché le RPR et l'UDF. Donc ce scénario-là, est-ce que Laurent Wauquiez le veut ? Est-ce qu'il peut y travailler ? Est-ce qu'il est possible ? Là, nous allons voir. S'il n'est pas possible ce scénario-là, à ce moment-là, il faudra revenir à un schéma tel que celui que nous avons connu dans le passé, avec une droite qui a été représentée par le RPR, et avec un centre, une droite ouverte, qui était celle de l'UDF. C'est dans cette perspective-là qu'il faut maintenant travailler.

3:21
Présentateur

Je vous repose la question. Est-ce que cette droite ouverte dont vous parlez, elle n'irait pas naturellement, vu les convergences idéologiques, vu les manières de faire de la politique, vu les engagements européens, est-ce qu'elle ne doit pas naturellement rejoindre la République En Marche ?

3:39
Jean-Pierre Raffarin

Elle ne doit pas, je pense, parce qu'on n'est pas en accord surtout avec Emmanuel Macron. Il est clair qu'aujourd'hui, Emmanuel Macron prend des orientations qui nous conviennent sur des points essentiels. Sa politique économique, ce qu'il a fait avec les ordonnances, son message européen, sont des messages dont on a tous rêvé dans nos patrimoines politiques. Et il le fait. Alors, il avance, c'est pour ça que je dis qu'avec bienveillance, car en effet, aujourd'hui, il y a un certain nombre de sujets sur lesquels nous sommes en vraie communion avec ce que fait la majorité. Mais nous avons aussi des divisions. Moi, je ne suis pas pour l'augmentation de la CSG, je suis pour la TVA.

On a un certain nombre de débats sur lesquels il faut qu'on discute, mais ce sont des débats qui sont d'ordre naturel, politique. Dans une confédération, on pourrait peut-être s'entendre. Donc, ce qui me paraît très important aujourd'hui, c'est que la droite ouverte pense à la perspective de se réunifier. Elle se réunifiera selon deux schémas, à l'intérieur des Républicains ou à l'extérieur. Ça, on a une année pour le décider. Il ne faut pas pour cela se presser. Ça dépendra de deux facteurs. Un, la réussite et la capacité qu'a Emmanuel Macron d'aller dans cette direction. Et deux, la capacité qu'a Laurent Wauquiez de s'ouvrir ou pas.

Si on en reste aux propos de campagne, il est clair que le scénario semble impossible. Si Laurent Wauquiez s'ouvre, à ce moment-là, le scénario peut être possible. Donc, nous verrons ça. On a un an pour se faire. Donc, pas de précipitation. On est en observation, tous les deux. Vigilance d'un côté, bienveillance de l'autre.

5:08
Présentateur

Comment peut-il, Laurent Wauquiez, faire un virage sur l'aile ? Parce que les propos de campagne, c'est une chose. Vous l'avez dit, le fait de prendre un parti par la droite en parlant aux plus convaincus, c'est également une autre chose. Mais il y a peut-être des convictions, non ? Tout de même, il n'y a pas que de la tactique politique. C'est une certaine droite, Laurent Wauquiez. On ne voit pas comment elle peut s'ouvrir à la vôtre.

5:34
Jean-Pierre Raffarin

Mais on a quand même vu dans le passé beaucoup d'évolutions. Vous savez, c'est un théorème que François Bayrou a souvent développé. Un parti se conquiert par son noyau dur. Et donc, c'est clair. C'est pour ça que j'étais au départ, moi, hostile aux primaires. Parce qu'on donne toujours, à ce moment-là, une domination aux noyaux durs. Et donc, il est clair que le point de départ est toujours un point qui est excentré. Et donc, pour quelqu'un qui est plutôt au centre, ce n'est pas un bon point de départ. Donc, il est clair que cette mécanique électorale conduit à ce schéma-là.

Mais je pense que Laurent Wauquiez, qui était avec Jacques Barraud, qui a donc eu une culture de droite ouverte, je pense qu'il doit pouvoir, en se rappelant à ses engagements initiaux, il doit pouvoir ouvrir et comprendre. Quel genre d'homme c'est ? Je pense que c'est quelqu'un de très ambitieux, mais c'est quelqu'un qui a beaucoup de qualités personnelles et de qualités politiques. Je pense qu'il ne faut pas le sous-estimer.

6:26
Présentateur

Lesquels ? L'envie ? L'ambition ?

6:28
Jean-Pierre Raffarin

Je pense qu'il a cette capacité de résistance. Je pense qu'il a une perspective politique. C'est un organisateur. C'est quelqu'un qui, dans l'organisation de la région Rhône-Alpes-Auvergne, se montre un manager. Il est intelligent ou opportuniste ? Je pense qu'il est intelligent. Et j'ai toujours pensé qu'il ne fallait jamais prendre, même les concurrents, même les amis sous observation, il ne faut jamais les prendre pour non-intelligence. Il faut toujours parier sur l'intelligence des autres. Et donc, je pense que tous ceux qui font le pari de la bêtise se trompent.

7:06
Présentateur

On le dit opportuniste sur le plan idéologique. Est-ce qu'il a une véritable colonne vertébrale, d'après vous ?

7:13
Jean-Pierre Raffarin

Depuis ses débuts, il a toujours été très motivé par ce qu'il appelle les classes moyennes, par le noyau central de la société française. Donc, il a, je pense, une approche de conviction sur ce terrain-là. Je pense qu'il y a une fracture qui s'est posée chez les Républicains quand, entre les deux tours de l'élection présidentielle, il n'a pas voulu faire le choix de Macron contre Le Pen. Ça, c'était dans le pacte fondateur de l'UDF et ensuite de l'UMP. On ne peut pas accepter de choisir le Front National contre ce qui était à l'époque, ce qui nous apparaissait, la social-démocratie. Donc, pour moi, le choix Macron était évident contre Le Pen.

Et quand j'ai vu que Laurent Wauquiez se battait pour une position ambiguë, voire de non-participation au vote, tout ceci a été, pour moi, une fracture. Je pense que la ligne du Front National, c'est une ligne qu'on ne doit pas franchir. Et là, il y a eu ambiguïté. Donc, sur ce sujet-là, il a essayé de corriger depuis. On sera extraordinairement attentifs et vigilants. On ne peut pas accepter. C'est clair qu'entre Macron et Le Pen, nous sommes avec Macron.

8:20
Présentateur

On change radicalement de sujet et de registre. Jean-Pierre Raffarin, quelle était l'atmosphère dans l'église de la Madeleine pour les obsèques de Johnny Hallyday, qui était un moment tout de même incroyable par l'ampleur de... Je ne sais pas comment dire. Ce n'est pas de la mobilisation, mais de l'amour, tout simplement, qu'on a pu voir chez les fans et les Français qui se sont rendus sur les Champs-Elysées et places de la Madeleine.

8:43
Jean-Pierre Raffarin

Il y avait beaucoup d'affection, beaucoup de... Je dirais de fraternité, mais un petit peu moins d'émotion que dans la rue. Ce qui m'a frappé, c'est l'émotion de la rue. C'est quand on est arrivé, quand on a circulé, quand on a discuté avec les gens. C'était cette forme de sérénité. C'est un peu comme si c'était le dernier grand show de Johnny. On se retrouvait. Vous savez que je ne suis pas un fan de la dernière heure en ce qui concerne Johnny. Donc, j'ai assisté à de nombreux meetings. Et donc, il y avait un peu ce dernier rassemblement. Il y a une sorte de fraternité dans le public de Johnny. Dans le public, vous savez, il n'y a pas beaucoup de lieux dans la société où 1 égale 1.

Moi, j'en ai connu peu. J'ai connu les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle et j'ai connu les stades avec Johnny. Vous ne savez pas si le type qui est à côté de vous, s'il est PDG, s'il est Parisien, s'il est provincial, si vous voyez simplement son âge, vous voyez qu'il y a tout le monde. Vous ne savez pas qu'un égale 1 dans ce phénomène, dans ce flux de Johnny, un égale 1. On est à côté de l'autre et finalement, on a une forme de communion et on ne cherche pas forcément la différence. Et ça a donné naturellement de la nostalgie et de la tristesse parce que c'est une part de nous-mêmes qui meurt, c'est une part de nous-mêmes qui a disparu.

Notre jeunesse, quand je revois, je pense, à ses 50 ans où il fait revenir Sylvie et David sur scène où on voit qu'il y a cette partie famille, il y a tout ça. Et je me souviens de Génération Perdue au moment de la pré-68. On a des moments de vie qui nous sont un peu arrachés là. Mais en même temps, on s'est retrouvés et tout le monde se retrouvait. Et donc, en même temps, ce n'était pas d'une extrême tristesse, c'était encore un rassemblement, encore une fraternité à l'idée. Est-ce qu'Emmanuel Macron a bien fait les choses pour ce moment très particulier ? Oui, je crois que c'était à la fois sobre et fort. Donc, je n'ai rien à dire sur ce sujet.

Je trouve d'ailleurs que, d'une manière générale, la famille a été à la hauteur de la situation. Elle vit son chagrin, mais en même temps, elle a permis à tout le monde d'avoir accès au fond à Johnny parce que finalement, Johnny appartient aussi à son public. Jean-Pierre Raffarin, on vous retrouve avec Léa Salamé

11:05
Présentateur

juste après la revue de presse sur France Inter.

Jean-Pierre Raffarin : "Observons Laurent Wauquiez avec vigilance" — Jean-Pierre Raffarin · Pourquijevote