Incendies XXL : faut-il habiter la France autrement ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Cellule de crise ce matin. Autour du président, plusieurs ministres. À l'ordre du jour, les feux qui ravagent une partie du pays depuis quelques jours.
Un feu qui est compliqué évidemment à maîtriser, très compliqué à maîtriser. On est confronté en Gironde à un phénomène qui est totalement inédit. Une réunion d'urgence à Paris après un weekend cauchemardesque pour de nombreux Français, notamment dans le Sud-Ouest.
Sur ces images captées par un drone, la commune du Porsge a des allures de zones de guerre. Plus de 180 maisons ont été consumé par les feux. Les habitants peinent à s'en remettre.
On est nouveau résident depuis le 2 juin, donc on voulait quand même venir voir. Je suis désolé. Ce sont 220000 personnes qui ont été évacuées sur l'ensemble du territoire comme ce père de famille.
J'habite à Mignac et on a reçu une alerte vers 2h 2h38 du matin. Du coup, on est sorti de la maison avec les enfants et ma femme tout ça pour euh on m'a suivi les consignes quoi. Plus de 40000 hectares ont été ravagés.
À 7h, les feux ne sont toujours pas encore complètement fixés et la polémique non plus. Alors que sept Canadaires sur les 12 que possède la France ont été mobilisées, certains élus s'interrogent sur la gestion des secours, estimant que ceux-ci ne sont pas adaptés à ce que l'on appelle désormais les mégaf. Depuis plusieurs jours, certains spécialistes pointent aussi du doigt l'impréparation de la France face à une menace qui risque de s'aggraver.
On est les champions du monde pour un feu dès qu'il démarre. Par contre, en tant qu'architecte ou urbaniste, on n' fait aucun progrès sur la protection de nos villes face aux incendies. Alors, faut-il reconstruire et comment ?
Les zones sinistrées risquent-elles d'être prochainement à nouveau les victimes de nouveaux feux ? L'urbanisation du pays doit-elle être repensée ? Faut-il habiter la France différemment ?
Voilà. Et pour en débattre ce soir, nous recevons Pauline Villin Carlotti. Bonsoir.
Bonsoir. Vous êtes géographe, spécialiste de la gestion sociale de l'environnement. Votre livre L'épreuve du feu habité autrement la Terre est paru en juin aux éditions Flamarion.
Selon vous, la lutte contre le feu ne peut plus se limiter au massif forestier. Elle impose de limiter l'étalement urbain et dites-vous de repenser collectivement l'aménagement des lisières de forêt. À vos côtés, Nabil Hakim.
Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes journaliste.
Vous animez depuis 2022 le podcast chaleur humaine pour le journal Le Monde. Votre livre chaleur humaine 24 réponses à la menace climatique a été édité en poche aux éditions point. Et selon vous, ces incendies reflets du dérèglement climatique exigent de remettre en question notre dépendance aux énergies fossiles.
Il faut aussi avoir le courage d'admettre que certains lieux, dites-vous, ne sont plus habitables. Et puis Franck Lierzin, bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes ingénieur, votre livre alors habité, un monde qui brûle est paru euh aux éditions de l'Aube. Selon vous, il faut accélérer sur le débroussaillage. La cause profonde de ces phénomènes et l'urbanisation des zones à risque.
Forêt et villes doivent être mieux séparé. Et pour entamer ce débat, c avec vous Hélène et les mots du jour. Les mots feu convectif et pyocumulus.
Des mots réservés jusqu'ici aux spécialistes qui ont intégré le langage courant ces derniers jours jusque dans la bouche du ministre de l'intérieur. Alors le pyrocumulon c'est un nuage provoqué par ce feu convectif, un feu qui s'autoalimente. Pauline Villin Carlotti, est-ce que c'est la même chose que les mégafeux dont on a parlé en 2022 toujours en Gironde ?
Alors, les mégafeu euh c'est un terme euh qui a émergé, on va dire, dans le débat plutôt médiatique euh à partir des années 2018 euh 2020 euh qui est utilisé euh de manière euh pas euh homogène par la communauté scientifique parce que mégafeu, c'est un grand feu et qui pose la question des seuils qui ne sont toujours pas fixés par consensus scientifiques. Euh certains parlent de 10000 hactares, d'autres de 2000 hactares. Il y a une grande variabilité territoriale.
C'est un terme que certains scientifiques dont je fais partie préfèrent réserver au langage médiatique puisqu'il n'est pas stabilisé. Et c'est pas la même chose qu'un feu convectif. Un feu convectif, c'est un comportement particulier d'incendie.
Typiquement, on avait deux comportements classiques. Le feu topographique qui est guidé par le relief et le feu guidé par le vent qui dépend donc de la météo. Le feu convectif, c'est un feu qui s'autonomise avec sa propre météo et qui devient donc ingouvernable pour les services de lutte.
C'est bien compris. Nabakim. Où en est-on ce soir à peu près ?
Est-ce qu'on se sait justement sur la situation ? Alors, la première chose qu'il faut garder en tête, c'est l'ampleur de ce feu, c'est-à-dire plus de 40000 hectares brûlé. C'est presque un des feux les plus importants qu'on a jamais vu en France. 40000 hactes, on se rend pas compte, mais la ville de Paris intramureaux, c'est 10000 hectares, donc c'est quatre fois Paris qui est parti en fumée.
Donc il faut se rendre compte de l'ampleur de ce que c'est. C'est hallucinant. C'est vraiment plus important même que les incendies qui avaient eu lieu en Gérond dans 2022.
Et à l'heure où nous parlons, le feu n'est pas stabilisé. continue d'évoluer. Il y a eu un peu de rép parce que les températures sont un peu redescendues.
Malheureusement à partir de mardi, mercredi, les températures vont remonter en particulier dans le sud-ouest et ça va créer des conditions de combat contre le feu qui risquent d'être encore plus difficiles pour les pompiers. Voilà, fixé, pas totalement fixé mais stabilisé. Voilà, ce sont les termes en tout cas employés par les préfets, l'administration et les pompiers.
Je propose de regarder d'autres chiffres he toujours aussi effrayants. On est là sur 115000 hectares parcourus depuis le début de l'année. C'est le ministre de l'intérieur, Laurent Nugèz, qui l'annonce. entre 30 et 40 départs de feu chaque jour.
Euh Franck Lerzin, est-ce que c'est la simultanéité de ces foyers qui crée aussi la rupture là de de l'été ? Bah le changement climatique, les épisodes qu'on a connu précédemment, les canicules, la sécheresse, évidemment, ça amplifie le risque. Il y a une combustible qui est beaucoup plus fort, donc il y a un risque plus important de propagation, d'amplification de ces de ces feux.
Après, 90 % des feux sont d'origine humaine. Donc, c'est aussi la proximité des forêts, des habitats qui peut être la cause de ces de ces feux. Donc ce qu'on observe aujourd'hui, c'est la multiplication en Gironde mais aussi en Corse aussi dans le Var de ces de ces feux.
Et donc le changement climatique va aggraver la vulnérabilité et amplifier ces phénomènes, ces mégafeux qu'on observe aujourd'hui. H on va retourner si vous voulez bien aux Porsche dans cette commune située au nord du bassin d'Arcachon qui a été en grande partie détruite hein. Plus de 20 % des de de de la commune est détruite. 183 maisons carbonisées.
Je vous propose de regarder cet habitant qui dit toute sa désolation. Nous étions samedi dernier. Ah mais c'est l'enfer.
C'est les Vous étiez pas là hier. Hier à 15h, il faisait nuit tellement il y avait de de fumée. Hier soir, la maison était encore là.
C'est dans la nuit qu'elle a brûlé. Toutes les maisons ont brûlé dans la nuit. Hier, toutes les maisons du bassin d'Arcachon étaient là.
C'est parce que tous les pompiers sont partis dans la journée, les vents ont tourné et on avait plus personne pour protéger les maisons. Je vois plus rien là. Je vois plus rien.
Je vois de la désolation. Je vois la maison de mes ancêtres. Ma grand-mère est née dans la maison.
Il y a plus il y a plus rien. On entend cet habitant dire que les pompiers étaient partis lorsque le vent a tourné. Ce sentiment d'abandon qu'on a pas mal entendu he ces derniers jours.
Pauline Vilain Carlotti, est-ce que il y a eu un manque de moyen comme on peut l'entendre dans les critiques ? Alors pour le manque de moyen, c'est pas comment dire, vous avez parlé tout à l'heure de la simultanéité des feux. Ça a toujours été le problème des pompiers et l'angoisse de la saturation du capacitaire.
Là, en plus, on est dans une configuration où c'est plus seulement à l'échelle zonale méditerranéenne que le capacitaire risque d'exploser, mais c'est à l'échelle nationale. On a des feux absolument partout qui se déclenchent depuis le début de la saison qui remontent vers le nord. On a eu des feux à Fontainebleau en Bretagne.
Donc, les pompiers sont dans un jeu de solidarité quand ils peuvent, mais avec l'envoi de colonne de renfort dans tous les sens pour essayer de faire ce qu'ils peuvent. Et de toute façon, le capacitaire ne suffira pas s'il n'y a pas une prise en compte de l'aménagement du territoire. Mais là, ce qui est sûr, c'est que ce feu, on en a parlé, c'est un feu convectif.
Donc il crée son propre vent et ça veut dire qu'il peut changer à tout moment de direction. il devient très difficile à combattre et très difficile à prédire et à donc les feux les pompiers peuvent avoir quitté la zone pour aller défendre d'autres points sensibles et il revient et il voilà il est il est imprévisible et c'est ce qui rend sa gestion impossible pour les forces de secours sur place on faire face à ces à ces feux la solidarité européenne a été enclenchée les différents pays qui envoient des hommes ou des avion mais on est dans le même temps dans des feux en fait qui touchent plusieurs pays. Il y a pas que la France, il y a également l'Espagne et l'Italie.
Est-ce que donc c'est tenable dans le temps ? Ça ça fait partie des enjeux qui sont liés au changement climatique. C'est-à-dire on sait que le réchauffement climatique ben il nous conduit à avoir des feux qui sont plus intenses comme on vient de le dire, plus réguliers et aussi sur des saisons qui sont plus longues et qui donc qui peuvent toucher plusieurs endroits en même temps.
Et donc on se retrouve là face un peu à nous-mêmes et à notre absence de préparation. non pas spécifiquement sur le le nombre de Canadaires qu'on aurait ou le nombre de pompiers à disposition, mais plus globalement à l'échelle européenne sur notre manque de préparation face aux effets du changement climatique, les canicules, les sécheresses, euh les incendies de ce type-là où en fait bah évidemment ils peuvent se produire, ils vont se produire dans les années qui viennent de manière beaucoup plus récurrente et sur des territoires beaucoup plus importants de manière simultanée. Les incendies qui ont lieu ces jours-ci en Espagne sont des incendies massifs dans la qui menacent la région de Madrid. euh ce qu'on a nous euh en France et c'est une saison d'incendie qui est très importante et on est simplement fin juillet, il faut considérer que même s'il peut y avoir des critique parfois sur l'organisation des pompiers qu'on peut entendre, mais les pompiers, ils sont déjà épuisés.
On est fin juillet, il y a déjà eu trois morts, il faut quand même le dire, chez les pompiers. Heureusement, il y a pas de victime civil à déplorer, mais il faut souhaiter que ce soit le cas pendant la suite de la saison. Ce que je veux dire, c'est que on est rentré ces dernières années dans une phase du changement climatique que les scientifiques nous annonçaient depuis longtemps mais dans laquelle et bien il faut comprendre que les événements climatiques extrêmes, canicule, sécheresse, incendie de taille très importante, en fait ça va devenir aussi la norme et pas l'extraordinaire.
Et donc c'est à ça qu'il faut se préparer, pas à des événements exceptionnels mais à des événements récurrents qui sont dangereux pour notre sécurité, notre santé. Récurrent tout. On parlait justement de cette même forêt tout à l'heure avec 2022, c'est incendie à la dune du Pila.
En effet, qui avait déjà et bien attaqué cette forêt de Gironde et d'and. Mais pourquoi cette forêt Pauline vilain Carutier est-elle particulièrement fragile ? Pourquoi est-ce qu'elle brûle aussi violemment celle d'Eland, celle de Gironde ?
Alors parce que c'est avant d'être une forêt, c'est une plantation de pain, donc une forêt monospécifique avec une seule essence, ce qui la rend particulièrement homogène. Et le pain, c'est une essence très inflammable. Donc ça pour les incendies c'est ça va favoriser la propagation des incendies.
Et cette forêt comme elle a la même elle est exploitée pour l'activité silvicole, elle est généralement plantée au même moment, elle atteint sa maturité à la même période et donc on a un continuum de combustible sur de très grandes superficies. Donc ça fait un effet domino. Quand un pain s'embrase, il va se propager sans avoir aucune rupture de combustible à perte de vue.
Ce qui fait qu'on a 42000 hactares aujourd'hui, que euh les autres en 2022, on avait eu aussi de très grandes superficies incendiés parce que justement il n'y a pas de rupture de combustible euh dans ces forêts. Alors Julien, on va voir avec vous que depuis plusieurs jours euh on a vu des civils tenter de débroussailler les terrains pour freiner les feux. Et il s'avère justement que le débroussaillement devant les propriétés est obligatoire.
Mais alors justement que dit la loi ? En fait la loi dit que les propriétaires ont donc l'obligation de déboussailler leur terrain ou les abords de leurs habitations. C'est ce qui est prévu par le code forestier.
Concrètement si vous êtes propriétaire, vous devez d'abord vérifier si vous êtes dans une zone à risque incendie, si vous êtes sommis à cette fameuse OLD obligation légale de débroussaillement. vous rendant sur le site officiel Géorisque. Si vous êtes concerné, vous devez procéder au nettoyage de votre propriété dans un rayon de 50 m autour de votre maison.
Si ça empiède sur le terrain mitoyen, vous devez quand même poursuivre le débroussaillement en informant votre voisin de cette obligation. Alors débroussailler, qu'est-ce que ça signifie concrètement ? Et bien ça veut pas dire dénuder complètement son terrain mais organiser la végétation autour de son logement pour éviter la propagation des feux.
Première étape, élaguer les arbres ou les arbustes. Il est recommandé de le faire à l'automne ou pendant l'hiver. Et puis deuxième étape, couper les branchages ou les herbes.
Opération plutôt recommandée au printemps. Alors attention, ne pas débroussailler expose à des sanctions pénales et administratives, notamment une amende pouvoir aller jusqu'à 50 € par mètre carré. Non débroussaillé Franck Lirsin, les autorités, on l'a vu, on lançait plusieurs fois ce message de responsabilité pour les propriétaires en disant il faut débrous des brossailler autour de de chez vous.
Et en même temps, on apprend par le procureur de Bordeaux que l'origine du mégafeu de Girond serait très probablement liée à une opération de débroussaillement d'énédic. Est-ce que ça veut dire concrètement que le débroussaillement est une opération risquée ? Alors face aux incendies, la meilleure lutte, c'est la prévention.
Donc c'est ce que vous dites, c'est il faut travailler en amont des incendies pendant les saisons froides ou ou humides et après il faut éviter que l'incendie il arrive jusqu'aux jusqu'aux habitations et donc faut débroussailler pour éviter la propagation. Il faut s'assurer que les arbres sont bien entretenus. Donc ça c'est la première façon de lutter et aujourd'hui effectivement même si cette obligation existe, elle est pas toujours appliquée.
Pourquoi ? parce qu'elle peut être il faut elle peut être coûteuse, elle peut être contraignante, elle peut ne pas être connue et donc on voit sur dans certaines communes, dans certains endroits, ça pas été fait suffisamment et donc ça va accélérer la propagation des des incendies. Il appliqué qu'à 30 % selon les chiffres, seulement 30 % aujourd'hui des personnes et des communes appliquent ce débroussaillement.
Ça paraît assez un problème. Bah ça dénote un absence de culture du risque en fait où on installait des fois des maisons, ce qui était vu dans le reportage qui sont là depuis très longtemps. On se dit que finalement on peut être épargné par le risque et le changement climatique nous montre que non puisqu'en fait on va connaître des incendies qu'on avait jamais connu par le passé.
Donc faut se préparer à quelque chose de nouveau dans le sud mais pas que. Vous montriez la carte où vous voyez que toutes les régions du sud sont concernées mais on voit que le risque de feu de végétation il va monter vers le nord et qu'en 2050 il est y compris dans les régions du nord pas de cal on peut être concerné. Donc c'est vraiment une un enjeu extrêmement fort pour l'ensemble du territoire national de comprendre que le débroussaillage c'est une priorité pour prévenir les incendies partout.
Alors on nous demande de débroussailler. On nous dit aussi qu'il faut pas trop tondre, qu'il faut laisser des prairies au nom de la biodiversité, laisser les arbres et cetera. Comment est-ce qu'on s'y retrouve Pauline Villin Carlotti ?
Euh oui, le Conseil d'État a d'ailleurs rappelé en février dernier que la prévention des incendies ne devait pas se faire au détriment de la préservation de la biodiversité. D'accord. Donc euh ça met une complexité euh supplémentaire, mais comme euh vous l'avez rappelé tout à l'heure dans votre présentation de la réglementation, euh ça n'implique pas euh de euh réaliser un enfin d'avoir un terrain complètement dénudé.
Euh donc on peut garder des îs de végétation. C'est ce qu'on fait de plus en plus aujourd'hui, du débossaillage qui n'est pas euh un débossaillage euh net, mécanique avec plus aucune plante aucune espèce vivante. Donc plutôt un débroussaillage qu'on appelle alvéolaire avec le maintien de d'ilo arbustifs.
Ce qu'il faut c'est que comprendre que le débossage a pour principe de ne pas avoir de contact direct entre la végétation et le bâti. Donc une fois que vous avez élégué les branchages, vous pouvez avoir un jardin qui accueille de la biodiversité. et les deux ne sont pas incompatibles.
Bien au contraire. Donc on peut tout à fait concilier préservation de la biodiversité et prévention des incendies de forêt. C'est complexe et ça demande de la réflexion et ça demande de penser système et pas de penser les choses en silo.
Mais c'est possible avec un peu de bonne volonté. C'est possible. Oui Nabilim.
En fait, euh cette histoire de débroussaillage, ce qui est intéressant, c'est qu'en fait, elle nous éclaire sur notre incapacité à se préparer aux catastrophes. Parce qu'en fait, évidemment, quand on débroussaille au mois de juillet, ben en fait, il y a beaucoup plus de risque que on fasse démarrer euh des incendies. Euh évidemment, c'est des questions qu'il faut se poser en amont, mais on pourrait généraliser et se dire que face aux catastrophes climatiques, il faut toujours qu'on se prépare un amont.
Regardez la canicule de juin et juillet, quand il fait déjà 40°, c'est trop tard pour isoler les écoles et puis savoir comment on va faire pour s'organiser dans une ville. Quand les feux ont déjà commencé, c'est trop tard pour se mettre à débroussailler et protéger euh les bâtiments. Quand les inondations dans les Haut de France ont eu lieu, ben en fait, c'était la même chose.
C'était trop tard. Et donc ça, ça veut dire qu'il faut qu'on apprenne à planifier notre adaptation au changement climatique. Un territoire, il change pas du jour au lendemain.
Les maisons qui sont en train de brûler là, on va se poser la question, on va dire en fait, est-ce qu'il faut retourner habiter là ? Bah, ça c'est difficile pour les gens. Bien sûr.
Ça a de la valeur qui est pas qu'une valeur immobilière, ça a aussi une valeur sentimentale. Et ça, bah il faut pouvoir y travailler collectivement à l'échelle d'un territoire. C'est des projets sur 10 ans sur 15 ans.
Donc il faut anticiper. Et là les pouvoirs publics sont un peu fautifs. Il faut quand même le dire.
Laurent Nugèz fait ce qu'il peut aujourd'hui mais c'était la même le ministre de l'intérieur c'était la même chose quand Gérald Armanain en 2022 était ministre de l'intérieur. Focalise uniquement sur le fait que ces incendie sont d'origine humaine aujourd'hui. C'est vrai, ils ont raison, ils sont d'origine humaine mais en fait leur origine réelle, la raison pour laquelle ils sont aussi puissants, c'est le réchauffement climatique.
Et ce réchauffement climatique, il va pas s'arrêter parce que on aura mieux protégé une forêt. Donc il faut se préparer à ces événements de manière collective. Vous dites il faut se préparer exactement ces événements collectifs et aussi parfois aussi bah tout simplement ne pas construire n'importe où hein.
On l'a vu, on va le voir encore avec notre archive. Alors là on parle pas de feu mais d'inondation en 2010 à la faute sur mer en vendé la tempête Zintia qui va détruire de nombreuses habitations avec un lourd bilan 29 morts. Fallait-il construire des maisons dans une zone inondable ?
Bah la question la vue arrive toujours trop tard. Entre la dune de l'océan et la digue le long de la rivière Leit, des dizaines et des dizaines de pavillons ont été construits sur une zone historiquement inondable, mais pas à ce point. Il y a de jours, la digue n'a pas cédé à la fauteur mer.
Elle a été submergée quand la conjonction de la forte tempête et d'une grande marée se sont engouffré dans l'embouchure de la rivière. Un phénomène certes peu ordinaire, mais comment a-t-on pu construire à cet endroit ? C'est un mara déjà, c'est une zone marécage, donc euh je trouve pas enfin c'est c'est un petit peu ridicule de construire là-dessus.
Maintenant c'est fait, c'est fait, on peut pas revenir en arrière. Les maisons sont là, les gens y habitent et y habiter du moins. En tout cas, la dangerosité de ces zones-là n'avait pas été avérée jusqu'à ce jour.
Chacun se croyait à l'abri. Comment a-t-on pu construire ici he ? C'est ce qu'on entendait après Xintia en vendait.
Est-ce que Franklerin, c'est ce que la question qu'on doit se poser aussi aujourd'hui en Gironde, notamment toutes ces constructions en bordure enfin en lisière de forêt voire même dans la forêt ? Oui, on a ce cas des zones inondables, on a le cas aussi des bâtiments qui sont près des côtes avec le recul du trait de côte. On a les cas des maisons qui sont construites en proximité ou en interface très forte avec les forêts.
C'est la question du mygage et donc on voit avec l'étalement urbain où les maisons ont fini par se construire, s'imbriquer dans la dans la forêt et on voit que des zones qui historiquement étaient assez protégées où on pensait pouvoir les protéger finalement ne le sont plus face au changement climatique puisque les risques vont être plus extrêmes, plus fréquents. Des feux qui revenaient tous les 30 ans, 40 ans vont revenir tous les 10 ans. Des inondations qui étaient tous les 100 ans viennent tous les 10 ans, tous les 3 ans. qu'on a une accélération du rythme, un élargissement des zones de risque et donc finalement des zones où on se dit qu'on sera à moment donné plus capable de les adapter et peut-être qu'elles deviendront inhabitables et qu' faudra assumer de pouvoir reloger ou de pouvoir en tout cas arrêter l'étalement urbain dans les conditions actuelles comme on a un peu eu d'ailleurs lors des inondations de la Somme he on se souvient en février 2025 ça les gens étaient obligés de quitter leur maison Pauline Vien Carlotti est-ce qu'il faudrait on comprend finalement cette idée de zone inondable de ne pas construire dessus c'est un concept qu'on arrive à saisir est-ce qu'il faudrait finalement faire la même chose sur des zones, je prends exprès le terme incendiaire des forêts en fait parce qu'on a l'impression qu'on peut et bien construire sa maison à côté d'une zone forestière sans problème.
Oui, mais la différence c'est que par exemple en France nous avons plus de 11000 plans de prévention du risque d'inondation quand pour le risque d'incendie de forêt on en a 286 pour 7000 communes exposées. Pourquoi ? Parce que c'est pas pris au sérieux parce que ce n'est pas parce que laendie de forêt est un un impensé de l'urbanisme.
Déjà la forêt la foresta c'est l'en dehors de l'espace urbanisé. urbanisé au sens de habiter mais au sens aussi de civiliser. C'est vraiment l'en dehors de la civilisation, le repère des parias des bandits si vous voulez.
Donc aujourd'hui le risque d'incendie de forêt, il est géré principalement par le code forestier. Il est pas du tout intégré à l'urbanisme d'où un déficit de prévention et de planification. Et aujourd'hui des situations qu'on voit avec la multiplication des interfaces habitat forêt qu'on a laissé proliférer pendant des années parce qu'elles sont très recherchées pour leurs aménités paysagères notamment et qu'elles n'ont jamais été encadrées.
Donc il y a combien de plans en fait incendie ? de plan de prévention des risques d'incendie, il y en a 286 en 286, d'accord, pour 7000 communes exposées. Donc c'est vraiment une très très faible et il y a vraiment un yatus entre le risque d'inondation et le risque le risque d'incendie de forêt.
Et donc maintenant aujourd'hui, il faut vraiment changer de de paradigme, passer de par penser à prévenir, anticiper et pas simplement être toujours dans le sauver ou pérer. On entend des endroits qui sont sans doute plus habitables. Est-ce que finalement le habiter autrement peut devenir aussi un privilège ?
C'estàd ceux qui ont l'argent qui vont pouvoir aller habiter dans les endroits protéger leur maison ou partir et puis ceux qui vont subir Nabilim. Bah ça c'est un des risques que pose le changement climatique, c'est qu'il est profondément inégalitaire dans la manière dont les uns et les autres sont touchés. On l'a vu avec la canicule.
Quand on a la clime chez soi, la clime dans sa voiture et la clime au bureau, on vit la canicule d'une manière très différente que si on n jamais accès à de la climatisation ou à des endroits de fraîcheur dans une ville très dense par exemple. Donc oui, évidemment, ça c'est les problèmes qui vont se poser, qui vont se poser, y compris pour les assurances. Qui va rembourser pour un certain NR aujourd'hui ?
Les assurance disent évidemment bien sûr on on aura des réponses à apporter aux gens dont les maisons sont détruites. Mais quand ces dommages vont devenir de plus en plus importants et de plus en plus récurrents, bah il faudra aussi se poser la question collectivement de savoir comment on fait. Et si on veut savoir comment on fait quand même, il faut quand même dire une chose, c'est-à-dire d'abord ce qui compte pour s'adapter au changement climatique, c'est de lutter contre le changement climatique.
Il faut pas oublier ça. C'est-à-dire que d'abord, il faut utiliser moins de charbon, moins de gaz, moins de pétrole parce que si on continue sur la trajectoire sur laquelle on est, aujourd'hui, la France, elle est réchauffée de 1,4°. Quand elle est réchauffée de 3°gr en moyenne, ça veut dire que des incendies comme cela, pardon, mais en fait c'est des incendies d'un été moyen ou d'un été froid.
Donc il faut mesurer le fait que il faut à la fois s'adapter bien sûr se protéger des incendies des canicules mais il faut dans le même temps continuer et c'est très important de le faire à baisser nos émissions de gaz à effet de serre sinon tout ça ne servira à pas grand-chose. Euh rapidement Franck Kirzin euh quand le président de la République dit il faut reconstruire au même endroit quel message s'envoie ? Bah c'est probablement qu'il faut pas reconstruire exactement euh à l'identique puisqueon a besoin des forêts parce que c'est des puits de carbone.
Donc c'est très important d'avoir des forêts qui soient en bonne santé bien géré. On a besoin de ville aussi qui soient rafraîchies, qui soient aménagé, mais c'est le fait que les deux soient l'une avec l'autre qui pose problème aujourd'hui. Donc sans doute qu'il faut mieux les dissocier et donc ça veut dire effectivement construire différemment de ce qu'on connaît aujourd'hui.
Merci beaucoup en tout cas à vous trois d'être venu nous éclairer sur ce sujet, d'être venu en débattre sur le plateau de 28 minutes.