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interviewBLAST (sur YouTube)· 5 octobre 2022 6 min

RENTRÉE PARLEMENTAIRE : LA FIÈVRE MONTE À L'ASSEMBLÉE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Depuis plusieurs semaines, on entend ceux qui parlent de leur affection pour un homme qui frappe sa femme. Je ne sais pas comment dire… Minable. Si je devais avoir un seul mot c’est “minable”, et ça nous met très en colère.

Ca représente le vagin et le sexe des femmes. Ce n’est pas en tapant sur les chômeurs qu’on permettra le plein emploi. Il n’y a rien, en fait c’est un texte qui est vide.

Brecht a dit : “On peut dissoudre le Parlement mais on ne peut pas dissoudre le peuple.” Bonjour à tous, le programme de cette rentrée parlementaire, ce sont les affaires de violences sexistes et sexuelles en politique qui ont mis le feu à l'hémicycle, c’est le début de l'examen du texte de la réforme sur l’assurance chômage, et c’est la proposition communiste de faire un référendum sur la réforme des retraites, c’est parti. L’ambiance était électrique mardi à l’Assemblée où on a assisté à un incident de séance pendant les questions au gouvernement.

Celle qui a ouvert les hostilité c’est Aurore Bergé, lorsqu'elle a évoqué, sans le nommer, Adrien Quatennens qui a reconnu avoir été violent avec sa femme. Depuis plusieurs semaines, on loue la vertu de celui qui reconnaît des faits de violences conjugales. Depuis plusieurs semaines, on entend ceux qui parlent de leur affection pour un homme qui frappe sa femme.

Nous devons faire mieux, et ça commence par nos attitudes, ça commence par les mots que nous employons, ça commence par le fait de respecter les victimes, ça commence par le fait d’être clair avec notre État de droit ! Bronca de la gauche qui se termine par un un rappel à l’ordre pour Danielle Obono. Madame Obono ?

Vous continuez à invectiver l’Assemblée et à invectiver la présidence ? Si, c’est ce que vous faites. Allez-y.

Donc je prononce un rappel à l’ordre avec inscription au procès verbal. Les députées de la Nupes sortent ulcérées pour dénoncer ce qu’elles appellent une instrumentalisation des violences faites aux femmes. Ce que vient de faire Aurore Bergé est inadmissible.

Inadmissible parce que c’est une mise en cause de notre famille politique éhontée. Éhontée quand on sait que le ministre Darmanin, qui a quand même été mis en cause pour avoir échangé des faveurs sexuelles, des relations sexuelles, contre un logement. Quand on sait que monsieur Damien Abad reste sur les bancs de l’Assemblée nationale sans qu’il n’y ait aucune mesure prise alors que ce dont il est question, ce sont des faits de viol répétés, avec des témoignages, avec à l’intérieur des crimes, avec l’usage de drogue, n’est-ce pas, mis dans des verres pour pouvoir violer dans des femmes, et on est là à voir des leçons d’un groupe politique aussi, qui n’a pas été fichu de mettre un milliard sur la table pour lutter contre les violences sexuelles.

Donc, honnêtement, c’est indécent. Ce que vient de faire madame Bergé est littéralement indécent. Si je devais avoir un seul mot c’est “minable” et ça nous met très en colère.

Une autre réaction remarquée celle de Sandrine Rousseau, qui exécute ce signe dans l’hémicycle en réponse à Aurore Bergé, elle nous a expliqué son sens. C’est le signe des manifestations féministes des années 70. C’est repris dans les manifestations féministes actuellement, ça représente le vagin et le sexe des femmes.

Cette passe d’arme a bien évidemment eu lieu devant Julien Bayou, l’élu écologiste mis en cause par Sandrine Rousseau pour son comportement envers les femmes, faisait également sa rentrée. La veille, les députés ont commencé l’examen du texte sur la réforme sur l’assurance chômage. Les oppositions ont enfin pu se mettre le texte sous la dent et celui-ci n’a pas convaincu grand monde.

Sur le fond, c’est très dangereux parce qu’on va aller vers une réduction supplémentaire des droits des chômeurs. Le gouvernement a déjà fait plus de deux milliards d’euros d’économie, réduit les indemnités chômage de plus d’un million de Françaises et de Français. Ce n’est pas possible, c’est toujours les plus précaires qui paient.

Et là il veut continuer, tout ça pour faire des économies. Ca évidemment, on ne peut pas l’accepter, et il, prétendument, fait cette réforme au nom du plein emploi mais on sait que ce n’est pas en tapant sur les chômeurs qu’on permettra le plein emploi. Il n’y a rien.

C’est un texte qui est vide, qui aujourd’hui ne fait que maintenir, les partenaires sociaux n’ont pas été en mesure de s’entendre pour continuer à gérer l'assurance chômage, le gouvernement avait repris la main et on vote juste, dans ce texte, le fait que le gouvernement continue de gérer l’assurance chômage à la place des partenaires sociaux. On considère qu’il vaudrait mieux appliquer la loi telle qu’elle existe aujourd’hui, c’est-à-dire qu’un demandeur d’emploi qui refuse deux offres raisonnables, il peut voir son allocation réduite. Que le gouvernement fasse appliquer la loi, qui en réalité peut être une mesure beaucoup plus humaine.

Il y en a qui pensent déjà au coups d’après, c'est-à-dire la réforme des retraites. Le groupe communiste a annoncé sa volonté de vouloir déposer une motion référendaire, c'est-à-dire de permettre au Parlement de convoquer un référendum sur le texte en janvier. Vous savez Brecht a dit : “On peut dissoudre le Parlement mais on ne peut pas dissoudre le peuple”.

Il suffit de 58 députés qui signent cette motion pour qu’elle soit soumise au vote du Parlement, et si elle est adoptée par l’Assemblée, alors le président de la République aura l’obligation d’aller voir le peuple pour connaître son avis sur la réforme des retraites. Il n’y a pas besoin d’avoir de nouvelles élections ou un nouveau référendum pour statuer sur la nécessité ou non. On ne tombera pas d’accord avec les communiste sur la nécessité de réformer les retraites.

Vous avez ici des oppositions, elles ont le droit, qui préfèrent plutôt que les Français travaillent un peu plus longtemps, qui préfèrent qu’on augmente les impôts ou qu’on augmente la dette. Pour une rentrée placée sous le signe de la co-construction et du dialogue, on repassera.