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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 20 janvier 2026 6 min

Budget 2026 : S.Lecornu résigné à l’utilisation du 49.3

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

13h 14h Europa info avec Clélie Mathias surin 13h21 vous accueillez vos chroniqueurs du jour Clé Xenf de reva nous rejoint dans un instant mais d'abord on vous retrouve avec Sébastien Ligier chef du service politique chez valeurs actuelles. Bonjour Sébastien Ligier. Bonjour Clé.

Alors Sébastien Lecornu engagera cet après-midi la responsabilité de son gouvernement sur la partie recette du budget de l'État pour 2026, premier d'une série de 3 493 qui devrait permettre la promulgation du texte sur le budget donc avant la mi-février. J'aimerais revenir avec vous Sébastien Lignet déjà sur le discours hier tenu par Sébastien Lecornu. Comment l'avez-vous trouvé ?

Il a parlé de semi-échec, semi-succès. Il a fait part de son amertume, de ses regrets. Il a reconnu devoir revenir sur sa parole.

Mais en même temps, dit-il, pour tenir ma parole, il faudrait que je m'entête. Alors, il revient surtout. Mais à ce moment-là, est-ce que dites-moi hein, franchement, est-ce que François Baou n'a-t-il pas eu davantage de panache démissionné ? sans doute, mais en effet, il y avait quelque chose d'extrêmement crépusculaire en réalité dans le discours euh d'hier, même sur la forme euh quelque chose d'assez peu préparé.

Euh on avait l'impression de faire quelque chose euh à la va vite. Euh on a l'impression que le Premier ministre subit la situation, ce qui donne une image catastrophique du gouvernement. Euh quand Sébastien Lecornu lors de sa première prise de fonction disait "Je suis bien au courant que je suis le premier ministre et que nous sommes le gouvernement le plus faible de l'histoire de la 5e République." En effet, il pointait le doigt sur une vérité.

Mais quand même, je veux dire euh là le premier ministre ne n ne ne ne me ne n'a plus aucune carte en main et il laoue et ilassume, ce qui donne une image catastrophique. Et le problème, c'est que c'est aussi un coût extrêmement duré à la crédibilité de la parole politique. Alors vous allez me dire que ça fait bien longtemps que les Français ne croient plus du tout en la parole du politique, mais tout de même quand on renit une promesse faite il y a moins de 3 mois, c'est quand même un sujet.

Quand Sébastien Lecnu l'erreur était peut-être de faire cette promesse he évidemment et beaucoup de gens le l'expliquai mais en réalité tout le mandat de Sébastien le cornu depuis sa nomination et euh est est jalonné de ces fausses promesses de ces retours en arrière de ces rétropédalages qui font mal à la parole politique quand il explique que il démissionne après la première fois après le le coup de cent de Bruno Rotaillot tout ça pour être renommé moins d'une semaine plus tard par Sébastien le par Emmanuel Macron en nous disant dans son discours de réintroduction qu'il n'est là que pour faire passer un budget pour la France et qu'il n'emplera jamais le 493. On se dit "Mais en fait mais pourquoi avoir accepté d'être renommé ? Pourquoi avoir accepté de retourner au charbon si c'est pour 3 mois plus tard revenir quasiment au point de départ ?

Si ce n'est qu'en effet, on aura un budget mais on va en parler, un budget qui a tellement de failles que parfois on se demande si il neut il vaudrait mieux pas ne pas avoir budget que le budget qu'on nous présente. Écoutez Jérôme Gedge, député socialiste de Lon qui a affirmé qu'il regrettait cet usage du 493 par le gouvernement. Il était au micro de Sonia Mabrou ce matin sur ces news européens.

Je suis pas satisfait du fait que il y ait un recours au 493 parce que c'est pas l'outil qui atteste d'une maturité démocratique. J'aurais préféré que sur ce budget on puisse faire ce qui s'est passé sur le budget de la sécurité sociale parce que il faut regarder les choses telles qu'elles sont. Le premier ministre s'était engagé à notre demande, je le reconnais, à se dispenser du recours au 493.

Le fait qu' il n'y ait pas eu cette épée de Damocles a permis au débat de se dérouler à l'Assemblée nationale. Pour la première fois, on a même fait une seconde lecture, ce qui n'était pas arrivé depuis avant 2022. Alors, on a discuté certes à l'Assemblée nationale, mais au final, quel bilan vous en tirez de ces ces mois de discussion ?

Oh bah, il y a trois grands enseignements. Il y a le fait qu'aujourd'hui le bloc central euh euh les socialistes et les Républicains soient prêts à s'accorder surtout pour éviter un retour aux urnes. Une majorité absolue contre la démocratie finalement pourrait il le conteste he ce point-là.

Bah il le conteste mais enfin euh quand on remarque les positions des républicains et des socialistes sur le 493, on a quand même l'impression qu'ils n'ont absolument pas envie de voir Emmanuel Macron agiter à nouveau l'usage de la dissolution. Donc ça c'est le premier renseignement. Le deuxième, c'est que le bloc central n'a plus aucune colonne vertébrale et est prêt à se vendre au Parti socialiste qui a fait moins de 2 % la dernière élection présidentiel et qui aujourd'hui est capable d'imposer ses vues sur l'ensemble du budget.

Et puis le troisème enseignement, c'est qu'il y a quand même un grand cocu dans cette histoire, ce sont les Républicains. Pardon mais que les socialistes obtiennent des garanties et des victoires, tant mieux pour eux. Que les macronistes soient prêts à tout pour rester au pouvoir.

On est habitué. que les républicains euh euh le parangon de la droite libérale, de la droite qui tient les comptes publics euh se mettent à genou à trois reprises devant le bloc central et le Parti socialiste uniquement pour éviter une élection. Je pense que c'est le dernier clou sur le cercueil des Républicains parce qu'ils ne peuvent plus jamais se dire de droite libérale après la séquence budgétaire qu'on vient de vivre.

Alors justement puisque vous parliez des comptes publics, c'est quand même important, c'est le sujet. Le président de la République, Emmanuel Macron, a salué devant les ministres une copie budgétaire qui permet, je cite, de contenir le déficit à 5 % du PIB et permet au pays d'avancer. Mais est-ce que ça serait pas un rebour total de la politique menée, préconisée même par Emmanuel Macron depuis même 2017 ?

Mais bien sûr, de toute manière, ces six derniers mois ont été un détricotage en règle des quelques maigres points positifs du bilan d'Emmanuel Macron. sa seule réforme un temps soit peu d'envergure et encore on pourra en débattre la réforme des retraites jeté à la poubelle enfin en tout cas suspendu mais on sent bien que on ne répondra plus à cette question de la retraite jusqu'en 2027 euh la question de l'investissement du soutien aux entreprises disparu on nous annonce des contributions exceptionnelles sur les grandes entreprises qui ne deviennent plus du tout exceptionnelles vu qu'elles sont entérinées pour la troisème fois de suite dans un budget on nous expliquait avec Emmanuel Macron qu'on allait libérer les cerveaux, qu'on allait faire revenir nos nos ingénieurs, qu'on allait faire la startup Nation, les investissements, les licornes et cetera et cetera. Vous pensez sincèrement que ce que ce budget préconise en terme d'investissement, en terme de matraquage fiscal pour les entreprises, ça va encourager les petites licornes et les petites entreprises et notamment spécialisées dans la tech à rester en France ?

Mais absolument pas. On a quand même passé plusieurs semaines à discuter de l'attaque Zucman qui aurait tué tout investissement possible dans ce pays. Qu'est-ce que je vous dise ?

Mais tant pis pour Emmanuel Macron parce que tout part de sa décision. Si Emmanuel Macron n'avait pas fait cette cette dissolution ubuesque euh euh en 2024, nous ne serions pas là.