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Audition parlementaireSénat (sur YouTube)· 14 janvier 2026 109 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileÉconomie & entreprisesJustice

Iran : révolte ou révolution

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 45 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Quelles sont les dynamiques de la mobilisation actuelle en Iran ?

  • 4:00RelanceRéponse directe

    Comment interprétez-vous les bilans de morts très variables (2000 à 20000) ?

  • 6:00OuverteRéponse partielle

    Quelle alternative crédible existe-t-elle au régime actuel ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Comment analysez-vous la position ambiguë de l'administration Trump ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Reza Pahlavi est-il une figure crédible pour l'opposition ?

  • 12:00RelanceRéponse directe

    Quels sont les liens entre pouvoir religieux et Gardiens de la Révolution ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 14:30expertFait
    « Les femmes iraniennes ont voté avant les femmes suisses. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bien mes chers collègues. Bien mes chers collègues, je vous propose de démarrer parce qu'on va être je crois qu'on est suivi par public Sena ce matin en direct. Donc tant qu'à faire, autant être à l'heure.

Je suis désolé pour mon retard. Euh donc nous avons le plaisir de recevoir aujourd'hui monsieur Clément Terme, chargé d'enseignement à l'université Paul Valérie de Montpellier, spécialiste de l'Iran, auteur de plusieurs ouvrages sur ce pays dont idée reçue sur l'Iran, un conflit à bout de souffle, c'est une question et Teran Washington 79-2025. Pour éclairer notre commission, vous êtes vous avez accepté notre invication sur les événements dramatiques évidemment qui se déroulent dans ce pays.

Je tiens également à vous remercier professeur parce que vous avez évidemment une grande réactivité puisque nous vous avons invité hier mais compte tenu de l'évolution de la situation c'était compliqué de faire autrement. Notre commission a consacré plusieurs auditions à l'Iran. La dernière en date étant celle des familles des otages français détenues par la République islamique.

Plusieurs d'entre nous ont également assisté à l'audition par la délégation au droit des femmes de madame Narges Mohammed prix Nobel de la paix en janvier de l'année dernière. Pour rappel, le mouvement de protestation en cours a commencé le 28 décembre chez les commerçants du bazar de Teran, plus précisément les importateurs de téléphone excédé par la chute continue de la valeur du RAL face au dollars. Il s'est ensuite propagé à tout le pays et semble-t-il à tous les secteurs de la société.

Euh vous nous exposerez quelles ont été pour autant que nous puissions le savoir les dynamiques de la mobilisation qui fait font suite à de nombreuses autres. Nous en avons tous en mémoire. Nous avons tous en mémoire la mort de Machin Lémi euh après son arrestation par la police des mœurs qui avait déclenché une vague de protestation à l'automne 2022.

Cependant, il semblerait que les manifestations atteignent cette fois-ci une ampleur jamais vue, tout comme tragiquement la répression qui séville en ce moment. Les morts se contraient en centaines voire en milliers. Certains parlent de 12000 morts, d'autres 2000.

Donc on a beaucoup de difficultés à à savoir mais c'est en tout en tout état de cause, c'est évidemment considérable. Approchons-nous du point de bascule. La poslisse, l'armée continueront-elles à réprimer sans état d'âme le mouvement ?

Le premier cercle du régime va-t-il maintenir sa cohésion appar apparente ? Au-delà de la sympathie que l'on peut qu'on que l'on ne peut manquer d'éprouver à l'égard du peuple qui réclame sa liberté avec tant de courage, de nombreuses questions restent évidemment posées sur le sens de ce mouvement. D'abord que veulent les manifestants sans nul doute si l'on en croit les slogans entendus dans les cortèges le départ de l'ayatenaï et la fin du régime.

Mais quelle serait l'alternative viable ? Le nom de Redzapi, fils du dernier chat d'Iran installé aux États-Unis, a été entendu dans les manifestations. Il s'est-ême déclaré prêt à prendre la tête du mouvement.

Il apparaît comme la seule figure de l'opposition qui émerge mais son très long exil puisqu'il est parti très jeune euh et son association avec la droite américaine la plus conservatrice enfontil un dirigeant crédible pour l'Iran. À l'opposé de ce scénario, ne pourrait-on craindre l'instauration d'un régime militaire par les gardienniens de la révolution après une répression impitoyable ? Vous nous éclairerez également sur le positionnement déroutant de l'administration américaine qui pour le moment souffle le chaud et le froid.

En effet, le président Trump après avoir laissé la porte ouverte à des négociations vient d'annoncer au peuple iranien que l'aide est en route sans préciser quelle forme elle pourrait prendre. Euh après avoir dit qu'il les soutiendrait si toutefois il y avait des massacres, il il a expliqué hier dans la presse j'ai lu que il était que s'il y avait des pendaisons cette fois il serait il interviendrait. Donc il y a quand même des nuances qui sont assez assez étonnantes.

Euh comment lisez-vous l'attitude de la France ? d'abord prudente puis ferme avec la conversation de l'ambassadeur d'Iran annoncé hier et enfin quelles serait selon vous les conséquences d'un effondréement de la République islamique au point de vue régional ? Donc je vous laisse professeur la parole pour un exposé liiminaire et après j'inviterai évidemment mes collègues à vous poser leurs questions qui seront certainement nombreuses.

Je rappelle que cette audition est captée mais également retransmise en direct sur le site du Sénat et sur les réseaux sociaux. Monsieur Terme, je vous laisse la parole. Merci monsieur le président, mesdames et messieurs les sénatrices et les sénateurs.

C'est un grand honneur pour moi de de d'être auditionné par votre commission et je voudrais développer mon propos en trois points. D'abord, les aspects internes à la République islamique, donc la répression en cours, donc le bilan, ça aussi entre 2000 et et 20000 morts. Ça c'est lié à la méthodologie de de chaque ONG ou de chaque média qui va compter les morts.

Est-ce que ce sont des morts vérifiées et cetera ? Donc à ce stade, c'est normal. Il y a la chronologie également puisqu'il y a eu une coupure d'Internet, l'accès à l'information aussi est problématique.

Donc il n'est pas surprenant d'avoir si vous voulez une telle échelle dans le bilan de la répression. Mais c'est une question qui est centrale puisque comme vous l'avez évoqué, ça fait partie des lignes rouges du président Trump et il y a un lien entre le niveau de la répression et la probabilité d'une intervention militaire américaine. Donc c'est pour ça qu'il faut prendre au sérieux, même si parfois on a du mal à lire les déclarations de de l'administration Trump, les propos du président américain sont parfois suivis d'effets.

Donc d'abord les aspects internes, ensuite les aspects régionaux et enfin les les aspects internationaux avec notamment la question de la Russie, du rôle de la Russie, de la Chine, des États-Unis et et bien sûr, je terminerai avec la France les quelles conséquences pour les relations franco-iraniennes et la situation de notre ambassade ATAN en particulier également. Est-ce qu'elle pourra continuer à fonctionner dans l'hypothèse de frappe américaine et cetera ? Est-ce qu'il y aurait une pression américaine pour qu'on ferme notre ambassade ? parce que et et la question de nos soldats aussi, nos troupes armées qui sont déployées dans les à proximité apporté de tir de missile des forces armées iraniennes.

Donc sur les aspects internes, donc la répression, vous avez évoqué ces bilans avec des sources disons de qui varient énormément. Donc il y a la question de l'accès à l'information, je l'ai dit, la question de la méthodologie, donc est-ce qu'il s'agit de de décès vérifié avec l'attestation euh de décès ? Le témoignage de la famille également.

Donc il faut du temps. Euh c'est normal, c'est un processus pour documenter si vous voulez les violations des droits humains en cours. Ce qu'on sait c'est les modèles d'action, ce qu'on appelle les patterns en anglais, c'estàdire les modalités d'action de la République islamique et de son appareil de sécurité.

Donc c'est un régime qui est accusé de de crime contre l'humanité par la mission d'établissement des faits de l'ONU depuis mars 2024 avec une responsabilité particulière pour le guide suprême qui est le commandant en chef des armées et le principal responsable de l'appareil de sécurité. Donc, il y a, si vous voulez, dans le passé euh des répressions qui ont eu lieu des mouvements précédents. Euh donc, on peut remonter à 2009, le mouvement vert.

Ensuite 2017-28, les premiers mouvements euh qui qui demandent un changement systémique en République islamique. Et ensuite 2019, les révoltes contre le prix de l'essence où là aussi il y avait le le dernier grand la grande coupure nationale d'Internet, donc la l'aspect répression numérique qui est très important. Donc vous avez auditionné de nombreux chercheurs sur les questions de l'internet souverain.

Donc la République islamique d'Iran est un laboratoire pour le contrôle d'Internet, la surveillance digitale et la coopération avec des États comme la Russie et la Chine qui aident la République islamique avec toutes les questions liées à Starling par exemple ou comment on peut contourner euh cette cette coupure nationale internet shutdown. Donc en 2019, il y avait eu selon Reuters 1500 morts pendant le Internet Shutdowns. Et donc là, les chiffres que vous entendez, compte tenu de la durée de la répression et l'ampleur de la répression euh qui est beaucoup plus grande que en 2019, euh la répression est d'une ampleur aussi plus importante.

Donc les chiffres semblent plusieurs milliers de morts, c'est un minimum. Euh donc il y a il y a cet aspect-là, il y a ensuite les conséquences de cette répression qui est à la fois la violence d'État et le contrôle numérique euh pour ce qui est euh de la capacité de l'État à contrôler la circulation de l'information. Donc c'est très important pour la République islamique qui est dans une forme de guerre informationnelle.

Et donc l'objectif c'est vraiment d'imposer un narratif qui montre que les mouvements internes, les mouvements de protestation interne sont en fait du point de vue de la République islamique un combat géopolitique face à Israël aux États-Unis. Donc, ils essayent d'inscrire ces mouvements populaires dans la continuité de la guerre de 12 jours du mois de juin 2025 et d'accuser en fait leur propre population d'être des agents entre guillemets terroristes. Donc, il y a une criminalisation du mouvement qui est en cours.

Donc ça sert à la fois à la guerre informationnelle pour contrer le le discours, le narratif si vous voulez que nous avons ici dans les médias sur le mouvement pour la liberté, le mouvement pour les droits civiques, un mouvement pour un changement politique substantiel et en fait décrédibiliser les supporters, les partisans du changement, les les les manifestants en Iran. Donc ça c'est un aspect. L'autre aspect, c'est de mobiliser l'appareil de sécurité.

C'est-à-dire que on est face à une force idéologique, donc on n'est pas dans un cadre de d'une police ou d'une armée traditionnelle, il y a un endoctrinement. Donc c'est très important. Donc ceux qui répriment en Iran le font au nom de l'idéologie de la République islamique et au nom du guide suprême.

Et donc pour renforcer la cohésion interne, il y a toujours une surenchère sécuritaire et idéologique dans un premier temps face au mouvement populaire spontané. Donc ceux qu'on et donc il y a aussi des manifestations officielles qui sont organisées pour contrer les les mobilisations populaires pour ressouder si vous voulez les clientèles et ceux qui font partie du système de sécurité et on leur dit en fait vous combattez des terroristes, vous vous combattez pas des compatriotes. Donc c'est très important pour le régime de distinguer ceux qui sont à l'intérieur et ceux qui sont à l'extérieur.

Néanmoins, ça pose la question cette répression massive de l'avenir du régime. Pourquoi ? Parce que plus le régime réprime, plus les problèmes économiques s'accroissent.

Plus la monnaie nationale, le rial s'effonde face au dollars, plus la situation économique devient désespéré et plus les gens perdent du pouvoir d'achat en Iran. Donc c'est comme une prophétie autoréalisatrice si vous voulez. Plus le régime réprime, plus il survit mais plus les conditions économiques locales se détériorent parce que les acteurs privés ne peuvent pas se projeter dans l'avenir.

La stabilité politique n'est plus garantie. Et donc l'argument principal, si vous voulez, de la République islamique jusqu'au mois de juin 2025 était de dire certes, le pays s'est appauvri depuis 1979. Certes, il y a pas de liberté de manière, si vous voulez importante pour le au niveau civil, au niveau personnel.

Donc le droit de se vêtir, le droit de chanter, le droit de de faire la fête, le droit de de sortir dans la rue, de jouer de la musique et cetera. Mais il n'y a pas la guerre. Et depuis le mois de juin, c'est vrai que la stratégie de la République islamique depuis 1979 a conduit le pays à la guerre.

Donc ils ont perdu un argument pour si vous voulez se faire accepter par leur propre population depuis le mois de juin. Et donc il y a pas eu vraiment de ralliment nationaliste en Iran au mois au mois de après la guerre de 12 jours. Tout simplement parce que la grille de lecture qui est retenue par la majorité de la population en Iran et que la guerre est la conséquence des choix idéologiques fait qui ont été faits par la République islamique depuis 1979.

Ils n'inscrivent pas, si vous voulez, cette guerre euh comme on le fait souvent ici dans les études Moyen-Orientales dans le contexte du 7 octobre euh et des attaques du HAMAS, si vous voulez. Donc il y a deux grilles de lecture sur cette guerre-là. Il y a la grille de lecture qui part de 1979 et du choix de la République islamique de désigner Israël et les États-Unis comme un ennemi et la grille de lecture qui présente cette guerre comme la conséquence des actions israéliennes depuis le 7 octobre.

Et selon la grille de lecture que vous choisissez, vous prenez un point de vue. Donc la population en Iran euh ne crédite pas le régime, ne soutient pas cette politique si vous voulez de la République islamique parce qu'elle considère que l'aventurisme militaire au niveau régional du système politique conduit à l'appauvrissement du pays. Ils font un lien entre les deux et ça s'explique également évidemment par les sanctions économiques qui sont un facteur décisif et déterminant dans cette dégradation là.

Mais on est quand même dans cette situation où l'avenir du régime est quand même compromis parce que il n'a pas de réponse à apporter cette fois aux manifestants qui veulent que le pays, que l'État se focalise sur le bien-être de la population, sur le développement économique du pays. Et pour se faire, il faudrait un rapprochement avec les États-Unis parce que c'est c'est c'est une économie qui est dévastée par les sanctions, par l'inflation et par si vous voulez un système qui qui conduit à la survie du système au prix au prix de du développement économique du pays. Donc est-ce qu'on s'approche du point de bascule ?

À chaque mouvement, on a on s'en approche. Pourquoi cette fois-ci ? parce qu'il y a cette question des revendications.

Le mouvement femme vi liberté par exemple la réponse de l'État a été de laisser élire un président entre guillemets modéré en 2024 pzken et de relâcher l'application sur la loi sur le voile obligatoire. Donc en sans changer si vous voulez l'idéologie du système, mais dans la mise en œuvre, il y a eu plus de pragmatisme. Euh en 2009, le mouvement vert, la réponse de l'État, ça a été de laisser élire euh le président Rouani, entre guillemets modéré en 2013 et de signer l'accord avec l'administration Obama en 2015.

Donc ouverture économique en 2019, le pour le prix de l'essence, ben ils ont annulé la hausse du prix de l'essence. Mais cette fois-ci, comment faire pour régler les problèmes macroéconomiques du pays sans changer l'ADN de la République islamique qui est le rejet de la politique américaine et euh le l'hostilité idéologique à Israël ? Donc ça c'est pour la situation interne parce qu'il n'y a pas de de réponse possible à long terme pour régler les questions économiques et la majorité de la population en Iran pense que seul un changement systémique pourrait permettre si vous voulez le la le règlement de leur problème quotidien et de la situation économique du pays.

Ensuite au niveau régional et là peut-être avant de passer voilà peut-être regarder quelques cartes. Voilà ça c'est pour voir l'ampleur des manifestants. Elle touche à la fois les grandes villes et des zones beaucoup plus reculées.

Donc c'est la première fois parce qu'en 2009, il y avait aussi des grandes manifestations à Teron mais c'est la première fois donc depuis 2009 qu'il y a des manifestations dans les grandes villes mais aussi dans des villes très reculées de de l'ouest et du centre de l'Iran. Et donc des villes qui n'avaient jamais été touchées par les mouvements précédents ont été touchées cette fois-ci. Donc ça c'est une nouveauté et c'est plus difficile de contrôler les petites villes parfois parce que il y a un risque réputationnel pour les forces de répression.

Tout le monde se connaît et cetera. Donc il peut y avoir aussi et ça c'est un risque important pour la survie du régime des risques de fraternisation si le mouvement perdure entre l'appareil de sécurité et des des manifestants en dépit de l'endoctrinement que j'ai évoqué qui est quand même pour l'instant qui garantit cette cohésion. interne à l'appareil de sécurité.

Donc ça c'est différentes sources qui montrent euh l'ampleur du du mouvement de de manifestation jusqu'au euh aux jours qui ont suivi le la coupure nationale d'internet parce que depuis lors on observe une baisse de la mobilisation en raison des des morts. Donc entre 2000 et 20000 c'est considérable. Donc ça a eu un effet évidemment sur les mobilisations qui sont plus nocturnes, qui sont plus désormais en petit groupe mais sachant que notre comptage aussi dépend de l'accès à l'information.

Donc il faut relativiser cette baisse. Le mouvement continue actuellement mais il est plus difficile à évaluer. Ça c'est pour Terran.

Donc là aussi on a quand même des manifestations massives dans la capitale et là c'est très important pour le pouvoir parce que c'est c'est les centres de commandement des forces de sécurité. Donc ça donc au niveau régional donc je passe à la carte sur les conséquences possibles d'une escalade militaire en raison des lignes rouges qu'on a évoqué qui ont qui ont qui ont été décrites par le président Trump que si la la répression est extrêmement sanglante et extrêmement violente, les États-Unis interviendront d'une manière ou d'une autre. Donc il y a ce risque pour les forces armées américaines.

C'est pour ça que la réponse n'a pas été immédiate malgré la publication des des premiers chiffres parce que les bases militaires américaines, on l'avait déjà dit au mois de juin 2025, mais peuvent être touchés par les missiles iraniens. Donc est-ce que les États-Unis sont prêts à assumer le coût si vous voulez de frappes militaires contre la République islamique d'Iran et des conséquences que cela pourra avoir pour les 40000 soldats ? On estime entre 40000 et 50000 soldats euh qui sont stationnés au Moyen-Orient, qui sont à la portée des des missiles iraniens, des gardiens de la révolution.

Donc il y a il y a il y a ce risque là de de d'escalade régionale. Si le pouvoir se sent déstabilisé et sur le point de s'effondrer, il pourrait prendre des mesures de dernier recours comme la perturbation du trafic pétrolier dans le D3 d'Ormous ou cibler donc les troupes américaines et sachant que des soldats français ou des des forces militaires françaises sont également déployées dans la zone notamment à la base d'Abu Dhabi et aussi au sein par exemple de la 5e flotte qui est située au Bahrain nous avons aussi des des marins français qui qui sont stationnés dans les bases américaines. Donc il y a aussi cette question là pour la sécurité régionale et donc les pays de la région extrêmement prudents face aux événements en Iran parce que il y a pas d'alternative pour l'instant clair, vous avez évoqué le l'alternative de de RA par la vie. donc le prince héritier de la monarchie par la vie.

Euh mais il a quitté l'Iran juste avant ses 18 ans. Euh il il a il a certes une mémoire, une nostalgie si vous voulez au sein de la population iranienne qui est qui est assez importante parce que euh il y a il y a trois points qui qui retiennent l'attention des jeunes générations. Donc 60 % n'ont pas connu le régime précédent.

C'est la sécularisation, le développement économique et la politique étrangère qui était consensuelle. Donc c'est vrai qu' il représente un modèle de l'identité iranienne qui apparît aujourd'hui par rapport au projet idéologique de la République islamique euh comme compatible avec les intérêts nationaux du pays. Mais en même temps, c'est une mémoire fragmentée notamment parmi les mouvements de gauche iraniens.

Euh donc il ne fait pas l'unanimité si vous voulez parce que certains mouvements d'opposition l'ont combattu même s'ils ont aussi combattu la République islamique, ils ont aussi combattu le régime impérial. Donc euh c'est pas une personne qui va unifier mais c'est la personnalité préférée des Ianiens selon les enquêtes indépendantes. Il aurait 39 % presque 40 % d'opinions favorables.

Euh mais c'est cette nostalgie doit être transformée en projet politique. Après, est-ce qu'il s'agirait d'une instauration comme ce fut le cas en Espagne avec Juan Carlos ou au Cambodge après les rouges ou d'une restauration ce qui est plus rare mais la France l'a connu au 19e siècle ? Mais dans tous les cas, c'est il faut des conditions historiques spécifiques.

On n pas beaucoup d'exemples dans l'histoire contemporaine d'instauration ou de restauration réussi par en Espagne. Il y avait des partis politiques, il y a eu une négociation, il y a eu un consensus. Est-ce que le prince héritier est en contact suffisamment avec les autres mouvements d'opposition et cetera ?

Mais pour l'instant, il apparaît comme l'alternative. Ensuite, au niveau international, donc le le régime continue de bénéficier du soutien de la Russie notamment pour contourner et détecter les équipements Starlink. Donc il y a cette idée de d'empêcher si vous voulez les occidentaux et notamment les Américains de briser la coupure nationale d'Internet.

Et donc là, on voit que Elon Mosque a pris la décision de rendre l'accès à Starling gratuit depuis hier matin et de proposer une actualisation du logiciel Starling pour contourner le brouillage par la République islamique qui a une un savoir-faire à la matière puisqu'elle brouille les antennes satellites et notamment dans les années 2007-2008 quand j'étais à Ter l'époque on c'était surtout les télévisions qui sont en exil en perçant qui diffusaient auprès de la population iranienne et le régime c'est forcé de les brouiller. Donc ils ont des capacités de brouillage, de guerre électronique qui sont anciennes. Ils ont une expertise et ils peuvent appliquer ce qu'ils faisaient à l'époque pour les télévisions par satellite euh aux équipements Starlink.

Ce qu'on sait, c'est que c'est un un un projet très important parce que la population iranienne s'informe d'abord par ses médias en exil, ce qui explique aussi la popularité du prince héritier qui est soutenue par le principal média suivi en Iran, c'est-à-dire et la chaîne en perçant Iran international. Donc c'est très important cette question. euh de la guerre informationnelle et de la capacité de la Russie et de la Chine d'assister l'Iran dans son projet de fermeture digitale du pays.

Donc on est là euh aussi la livraison d'équipements. La Russie aurait livré des équipements euh de type hélicoptère et euh des véhicules aussi blindés pour lutter contre les manifestations. Donc c'est ces livraisons auraient eu lieu avant le déclenchement des manifestations. et la nature des coopérations si vous voulez militaires, technique cyber entre l'Iran et la Russie en faire un acteur clé pour la survie de la République islamique.

De même pour la Chine qui achète près de 90 % du pétrole iranien. Donc une autre des stratégies américaines pour réussir si vous voulez le projet américain de l'administration Trump en Iran, euh il faut que la Chine euh cesse de soutenir économiquement euh la République islamique. Et donc ça va avoir aussi des effets pour cette rivalité entre la Chine et les États-Unis. la situation en Iran.

Euh sur la le projet américain, on note l'influence de Marco Rubio, donc le secrétaire d'État qui est cubain, donc qui a une compréhension des enjeux de régime idéologique comme la République islamique en raison de son expérience par rapport au régime castriste. Et donc, il applique un peu si vous voulez le logiciel cubain à la République islamique et ça explique aussi les positions prises récemment par l'administration Trump de soutien au manifestants. il a euh Steve Vitkov a rencontré Ra par la vie au lieu de rencontrer les responsables de la République islamique.

Donc ça c'est une inflection qui a eu lieu ces dernières heures au sein de l'administration Trump en même temps que les réunions pour préparer une réponse militaire par rapport à la ligne rouge qui a été tracée. Je termine avec les conséquences pour la France très rapidement. Donc l'ambassade est en format noyau dur.

Euh les diplomates, le personnel diplomatique non essentiel a été rapatrié et les États-Unis font pression pour que nous fermons notre ambassade à Terran. Euh il faut savoir qu'il y a pas d'ambassade américaine euh à Teran, vous le savez, depuis 79, d'où mon livre Terran Washington le grand Satan à l'épreuve de la grand à l'épreuve de la révolution islamique. Et du coup, les ambassades européennes peuvent notamment la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni se sont en première ligne de la réponse possible de la République islamique à une escalade militaire avec les États-Unis.

Donc c'est pour ça qu'on est dans ce format noyau dur. l'ambassadeur est est rentré à Teran est présent sur place mais on est dans cette situation où on a aussi convoqué l'ambassadeur comme vous l'avez dit on est passé d'une forme de retenue à une position plus ferme de condamnation et de solidarité affichée avec la population iranienne. Donc cela pourra aussi avoir des conséquences pour nos deux otages.

Donc Cécile Colère et Jacques Paris pour qui j'ai une pensée. J'espère que leur retour au mois de de janvier qu'on espère tous pourra se confirmer et je pense très fort à eux parce que dans cette situation, c'est vrai que la République islamique détient aussi un coupe de Britannique par exemple. Donc il y a de nombreux otages européens.

Il y a des iranois-Américains aussi qui sont en prison notamment depuis la guerre du mois de juin. Donc ce sont aussi des des des outils pour la République islamique pour répondre à l'escalade en cours. Voilà, je vous remercie pour votre attention.

Bien, merci beaucoup. Donc on a une série de questions et je commence avec Olivier Sigelotti. Merci monsieur le président.

Professeur, vous avez évoqué la la transition avec effectivement Ra Palav qui est la figure d'opposition la plus visible de l'étranger. Donc portrait est brandli par un certain nombre de de manifestants. Le président Pin l'a évoqué. jusqu'à cette nuit, Reza Palav n'avait pas l'oreille attentive de Washington, même si les choses évoluent très vite dans cette situation de de révolte.

Dans le même temps, il a une oreille beaucoup plus attentive de la part d'Israël. Euh mais le peuple iranien est un peuple multiethnique et un certain nombre de de minorités que sont les les Azér, les balouches ou les ou les Kurdes ne veulent ni de lui ni d'un retour de la monarchie. Euh et ces minorités pèsent quand même pratiquement 50 % de la population.

Euh donc cette situation euh si l'on occulte cette possibilité de transition, quelle autre possibilité, voyez-vous, professeur, pour euh les suites de cette de cette révolution, sachant que les minorités que je viens d'évoquer pèsent quand même relativement fortement dans les décisions du du pays. On l'a vu par le passé. Oui, on peut ajouter aussi les minorités religieuses.

Donc c'est vrai que il y a il y a a il y a pas de consensus. J'ai parlé, c'est vrai, dans ma présentation des mouvements de gauche qui sont particulièrement hostiles à cette perspective là. Alors pour les mouvements de gauche, c'est pas extrêmement significatif compte tenu du fait que ils ont un taux de popularité à l'intérieur du pays qui est assez faible.

Pour les minorités ethniques, il y a une diversité d'opinions également. Donc par exemple, les balouches ne sont pas forcément hostiles à retour de la monarchie. Pour les Kurdes, oui, effectivement, il y a certains mouvements Kurdes, mais d'autres non.

Donc ça, il y a il y a une diversité. Donc ça sera sa capacité si jamais il est en position, ce qui je l'ai dit hein dans l'histoire contemporaine, c'est assez rare d'être inclusif. Donc il a aussi euh euh une volonté de s'ouvrir.

Après il représente l'ancien régime, il n'a pas exercé de fonction. euh il était trop jeune. Donc euh il a aussi cette capacité peut-être euh à proposer un projet nouveau.

En fait, simplement sa popularité est liée au euh aux chaînes en perçant qui émettent depuis l'étranger et qui sont privilégiés par la population à l'intérieur du pays pour s'informer. Euh c'est pas tellement la figure de son père qui qui est qui est populaire. C'est son grand-père, le fondateur Reza Khan Ra par la vie qui a régné de 1925 à 1941.

Et d'ailleurs quand il instaurait la monarchie, il y avait un débat pour savoir est-ce qu'il fallait faire une République et cetera. Donc c'est pas non plus disons une nostalgie qui est fondée sur une restauration. C'est pour ça que j'ai insisté sur la distinction entre instauration et restauration.

Pour ce qui est des minorités ethniques, il y a quand même un nationalisme iranien qui existe qui transcende cette diversité ethnique. Et certes, il y a des mouvements séparatistes, il y a des mouvements ethniques qui souhaitent une indépendance. C'est la question de du bilinguisme aussi parce que souvent on présente ça euh comme un aspect de fragilité mais c'est aussi une richesse.

Par exemple, vous avez mentionné les Azérries d'Iran, mais c'est le monde turco-iran. Euh tous les Iraniens sont un peu turcs, un peu persant. Donc on peut pas dire, on peut pas compter par exemple les ceux qui ont des origines turques on dit en Iran, on dit pas les mots que vous avez utilisé en Perçant.

Donc c'est aussi une reconstruction orientaliste. Vous voyez, on vient pas diviser les Français en basque, en breton et cetera. Donc surtout quand on est en France, qu'on a un état jacobain et centralisateur, ça me fait toujours un peu sourire quand je vois en tant que citoyen français originaire du sud de la France et j'ai parfois un petit doute sur ces projections françaises sur les les minorités chez les autres.

Donc il faut faire attention à ça et avoir une dimension réflexive aussi. Euh voilà. Exactement.

Euh donc on on est aussi euh dans cette situation où euh il y a une un consensus national, je dirais, en Iran, pour une stabilité politique et et je pense pas qu'il y a un consensus en Iran pour une euh une balcanisation du pays. Donc il faut faire attention aussi à l'instrumentalisation géopolitique euh de ces questions ethniques pour affaiblir un adversaire. Merci beaucoup François Bonot.

Merci président professeur. Bon ce qui ce qui se passe est absolument épouvantable. Effectivement pour avoir pu consulter des sources iraniennes, on est plutôt à parler de 20000 que de 2000.

Mais effectivement, on le saura plus tard. Je voulais vous demander quels sont les liens selon vous entre le entre le pouvoir religieux et les gardiens de la révolution et les passes d'aran qui qui mettent ce coupe réglé une bonne partie de l'économie qui est une force militaire considérable, plus de 100000 hommes très bien armés et qui semble-t-il ces derniers temps était quand même avec les religieux. Alors quel est votre sentiment par rapport à ça puisque c'est peut-être une des clés aussi de la de la suite des événements ?

Alors, vous avez raison d'évoquer ce scénario. C'est ce qu'on appelle le le scénario à la pakistanaise qui est très populaire dans les chancelleries occidental depuis qu' a des mouvements de de contestation en Iran. Donc surtout depuis le milieu des années 2010, on évoque ce scénario.

Donc il est fondé sur l'idée euh selon laquelle euh un modèle idéologique comme la République islamique n'est pas soutenable puisque la majorité de la population n'accepte pas les préférences idéologiques du régime et que l'effondrement idéologique du régime a déjà eu lieu au sein de la société. On l'a vu, par exemple, l'exemple du mouvement femme vie liberté a conduit à un relâchement de l'application de la loi sur le voie voile obligatoire. Donc la société a imposé par la désobéissance civique ses préférences à un régime idéologique et l'idée donc selon laquelle finalement le pouvoir politique va s'adapter à cette demande sociale pour survivre.

Donc ça c'est ça serait une logique si vous voulez rationnelle occidentale qui est appliquée à un modèle de type République islamique. Alors pourquoi à mon sens c'est une vision erronée ? Parce que la constitution de la République islamique dispose certes qu'il y a deux corps d'armée, donc la force idéologique des gardiens de la révolution dont la mission est l'exportation, la diffusion et la défense entre guillemets des valeurs de la révolution islamique donc du roménisme dont l'héritier Layatola Ramene c'est assez simple en disant vous avez deux chefs d'état vous avez Roménie de 79 à 89 et depuis 1989 Layatola Aliameney qui a aujourd'hui 80 86 ans.

Donc l'idée serait que ce système serait capable de s'adapter ou il y aurait s'il n'est pas capable un coup d'état donc quelqu'un des forces de sécurité. C'est un peu les questions que posaient les médias ces derniers jours. Est-ce que Ramen n'est pas le problème finalement ?

C'est une grille de lecture qui pour eux c'est une sorte de gourou si vous voulez comme dans une secte. Donc c'est difficile d'imaginer mais mais c'est possible hein que pour la survie de l'État c'est un des scénarios que pour la survie de l'État on sacrifie ce vernis idéologique. Alors ça ça par exemple à la au décès d'Alieday on annonce sa mort depuis plus de 20 ans.

Donc un jour la biologie va parler mais plusieurs successeurs sont morts. Donc je vous mets en garde. L'Ayatola Charoui, Layatola Raisi qui était l'ancien président dans un accident d'hélicoptère était désigné comme des successeurs et ils sont eux-mêmes décédés.

Aliamé est toujours là. Donc il y a la question, c'est pour ça qu'il y a cette question de l'élimination du guide qui revient notamment après l'opération au Venezuela contre Nicolas Madolo. Il y a cette idée que si on élimine le guide, on pourrait favoriser un tel scénario.

C'est peu probable pour les institutionnalistes qui pensent que l'assemblée des experts qui est le corps qui est désigné en République islamique pour choisir le guide et le guide l'a dit au mois de juin qui avait des rumeurs sur son élimination, il y a déjà une shortlist. son fils par exemple Meta Baramene, il y a des noms qui circulent le président du pouvoir judiciaire donc il y a d'autres Ayatolas qui pourraient prendre la suite ou un collège il y a aussi cette idée qu'un groupe d'ayatola euh si il désigne pas sur son ligne mort s'il est éliminé brutalement il pourra pas désigner comme l'avait fait Roménie pour désigner Aménaï sur son ligne de mort le dernier mot il dit quel est son successeur donc on le connaît pas par définition parce qu'il l'a pas encore dit donc c'est voilà c'est un fonctionnement de cooptation euh donc il est peu probable que dans une phase de confrontation avec la majorité de la population, mais c'est un scénario possible, il y a une division du premier cercle. Euh ce qu'on peut attendre et c'est pour ça que le rôle de la Russie est important.

On l'avait vu avec Bachar Al-Assad, c'est les élites idéologiques je pense se battront jusqu'à la fin. Mais par contre, il y a des groupes qui sont plus opportunistes. Les oligarques, les ceux qui participent, il y a une rente pétrolière, ceux qui font des affaires pourraient retourner leur vestes si le ils pensent que le point de bascule arriv pourrait fuir la République islamique.

Mais le premier cercle, le groupe donc des gardiens de la révolution que vous évoquez, il y a une cohésion interne, il y a une structuration idéologique, il a un contrôle aussi. Donc ça ça supposerait quand même une fraternisation avec les manifestants. Ça ça supposerait un point de bascule qui ne s'est pas encore produit.

Mais le système est sous pression et ça peut arriver. C'est une des solutions qui est évoquée. Merci beaucoup Moui.

Voilà, tu vas pouvoir t'exprimer. Merci monsieur le président, professeur. Alors effectivement vous avez euh on a je vais pas revenir sur le rôle des minorités, vous avez parlé, on a juste oublié les arabes du Kusstan qui sont pas favorables au chat quand même pour le et qui euh mais voilà et qui vont certainement jouer un rôle dans la transition.

Si transition il y a, ils joueront un rôle des donc comme les curdes, les batoues. Mais moi je voudrais revenir sur un autre élément qui est dans la crise multidimensionnelle que vous avez posé que traverse l'Iran. Il y a un élément, si vous avez parlé des des jeunes des jeunes et de la génération née après 2000 qui semble radicalement détaché du récit révolutionnaire mais aussi du récit du chat parce que nous il y a le chat qu'on vend et il y a alors qu'il y a des oppositions en Iran quand même la la génération Genz et d'autres et qui s'activent.

Donc ma question comment ce fossé générationnel transforme-t-il les formes de contestation et les imaginaires politiques ? Et puis peut-on parler d'une sécularisation par le bas en Iran comme celle-ci comment celle-ci se manifeste pardon dans donc dans les pratiques sociales et culturel du pays ? Oui, tout à fait.

C'est ce qu'on appelle la la la sécularisation paradoxale. Donc, j'ai fait ma thèse avec un sociologue Farad Kosro Cavar qui qui a consacré sa vie à étudier la démocratisation par le bas en République islamique. Donc, vous avez raison, il y a des mouvements ethniques, des mouvements ce qu'on avait appelé les intellectuels religieux à l'époque, les journalistes, euh les artistes, les sportifs, donc il y a il y a une société civile en Iran qui ne dépend pas de cette figure en exil.

Mais on ne peut pas non plus déconnecter euh cette société civile euh qui vit euh euh sous euh la République islamique euh depuis euh 47 ans euh de l'ancien régime parce que le seul Iran euh différent de la République islamique qui a existé à l'époque contemporaine, c'est celui des années 60 70 pour la mémoire humaine, la mémoire collective. Et donc forcément, il a cette idée du paradis perdu qui existe pas tellement pour le régime politique, mais par exemple, vous avez les images euh de la mère Caspienne, la possibilité de se baigner en maillot pour une femme alors qu'aujourd'hui seul un homme peut se baigner en maillot, la femme ne peut pas. Donc l'homme peut se nénuder mais pas la femme.

Donc vous avez quand même des situations quand vous vivez en Iran qui sont contreintuitives et qui relativisent ces débats politiques en fait idéologiques qu'on peut avoir ici euh surtout sur la mémoire du combat de la gauche par rapport à l'ancien régime et cetera. Donc il faut pas non plus projeter nos débats à nous sur la situation iranienne qui est très particulière et qui est liée à l'expérience historique. Donc quand je je suis historien, donc je suis pas un homme politique, donc je parle pas de rais par la vie parce que c'est ma famille politique par exemple, j'en parle tout simplement parce que c'est la nostalgie qui existe dans le pays parce que c'est un autre Iran quand même s'il y avait des problèmes, c'était pas une démocratie, il y avait pas de libéralisation politique.

Donc, mais il y avait un progrès économique, il y avait des progrès pour les droits des femmes. Les femmes iraniennes ont voté avant les femmes suisses, par exemple. Donc les les femmes suisses ont voté après les femmes iraniennes.

Donc ça c'est aussi l'ancien régime. Donc il faut pas non plus relire l'histoire à travers nos propres projections idéologiques. C'est ça que je veux dire.

Euh les historiens et les Iraniens comparent en fait la performance de l'ancien régime avec la performance du nouveau régime. Je je lisais d'ailleurs un militant euh qui est très à gauche aujourd'hui dire comparer le nombre d'exécutions sous l'ancien régime et le nombre d'exécutions aujourd'hui. Donc simplement c'est le travail de l'historien que de dire voilà il y avait ces problèmes là et il y avait aussi ces aspects positifs là.

Euh il s'agit pas d'être révisionniste euh de dire que la révolution euh était un accident de l'histoire. Euh ça c'est la le discours des des opposants monarchistes évidemment qui eux qui pensent que la République islamique est une parenthèse euh de dans l'histoire millénaire de la monarchie iranienne. Donc c'est pas c'est c'est c'est il y a ce débat évidemment, il y a cette guerre entre les différents mouvements politiques qui porent chacun un récit national qui est différent. euh c'est évident et ça sera de toute façon s'il veut réussir et s'il est en position.

Pour l'instant, c'est pas le cas de toute façon parce que l'appareil de sécurité encore une fois ne s'est pas effondré. Euh donc euh je vous rappelle plusieurs milliers de morts. Donc cette question est posée dans les médias ici euh parce que ça alimente nos fantasmes aussi je pense.

Vous savez en Occident, on dit la perse quand on veut dire du bien de l'Iran. Quand on veut dire du mal de l'Iran, on dit l'Iran. Donc parce que la Perse fait justement référence à cette période où c'est vrai que dans les médias français, l'Iran avait une image extrêmement positive.

C'était un allié de la France, c'était notre premier partenaire économique dans la région. Tous les présidents français, le modèle de l'ancien régime, c'était quand même Charles de Gaul. Donc il y avait quand même cette affection et cet allié.

Premier marché l'Iran en 78, 2è marché Saddam Hussein, l'Irak de Saddam Hussein. Donc on avait des relations extrêmement puissantes avec l'ancien régime qui font que le récit sur l'Iran a complètement basculé en 79 et notre perception du pays a complètement changé. Le pays lui-même a moins changé.

Donc, il faut aussi s'interroger sur nos perception par rapport à la trajectoire socio-historique du pays. Et donc c'est là aussi que ce débat sur par la vie qu'on a nous en Occident est décalé par rapport au débat interne en Iran. Euh donc c'est c'est il faut faire attention quand on évalue ça.

Et des gens qui n'ont pas de de lien avec lui cherchent aussi une alternative. Donc dans cette quête d'alternative, il y a aussi une dimension réactive face à un régime comme la République islamique qui est en train de réprimer. La République islamique déteste l'ancien régime, fait des clips sur le prince héritier pour le décrédibiliser, dire qu'il a jamais travaillé, même dans les interrogatoires des victimes.

Euh parfois l'interrogateur peut aller, on le retrouve ça dans les descriptifs, les récits des victimes, peut aller jusqu'à dire "Reza par la vie et va venir te sauver sur son cheval blanc." Donc c'est le régime, l'appareil de sécurité a intériorisé euh aussi ça et et donc la détestation de l'ancien régime par la République islamique euh il mène aussi là-dessus une guerre informationnelle très puissante et donc il vise aussi à décrédibiliser toute alternative parce que s'il y a une alternative leur discours c'est moi ou le chaos s'effondre. Donc il y a aussi cet enjeu là actuellement.

Merci beaucoup Kard. Oui merci merci monsieur le président. Euh professeur, moi je voudrais justement vous vous interroger sur le sur le rôle sur le rôle des femmes.

On sait que les femmes iraniennes avec un courage immense ont été et sont au cœur des des mobilisations. Et je voulais savoir si selon vous cette application traduit une transformation structurelle du rapport au au pouvoir ou plus un moment conjoncturel et puis comment le le régime justement perçoit-il la politisation je y arriver et cette implication croissante des des femmes et quelle stratégie ce pouvoir met-il en place pour la pour la contenir et puis pour terminer comment vous voyez ce ce rôle des femmes justement dans ce nécessaire changement politique et la construction de de la près. Merci.

Alors, sur cette question du du combat pour l'égalité femme homme en République islamique, c'est c'est très c'est ancien. C'est-à-dire que en fait depuis la révolution, même dans le mouvement révolutionnaire, euh les femmes ont dès le début de de des premières lois, si vous voulez contraires au droits des femmes. Donc il y a une régression par rapport, encore une fois, ça c'est factuel par rapport à la période précédente en tant qu'historien. et on peut pas avoir de débat là-dessus, c'est pas possible.

Euh les femmes ont résisté justement parce que elles avaient conquis des droits précédemment et elle voulait pas vivre une régression. Euh donc il y a des manifes contre déjà dès le début contre le l'imposition du voile obligatoire. Donc des millions de femmes ont été humiliées par ce régime, arrêté dans la rue, mises de côté euh et sermoné en leur disant "Tu n'es pas bien vêtu, ton pantalon est trop court et cetera." Donc c'est une humiliation massive de la population par la police des mœurs sur plusieurs décennies.

Donc j'ai vécu la période Armjad. Euh donc c'était une période de restriction. Donc c'est au printemps.

Au printemps la pression monte et donc il y a une présence policière dans la rue pour contrôler le corps des femmes. Donc c'est une question politique en République islamique. Là aussi il faut pas projeter nos débats sur le voile français sur la situation iranienne.

La signification du voile en Iran n'a rien à voir avec un contexte démocratique par exemple. C'est pas la même chose. Euh donc c'est une situation spécifique et les femmes vi liberté a été vraiment si vous voulez pour l'opinion publique occidentale je pense par rapport à cette image de l'Iran entre la Perse que j'évoqué tout à l'heure quand on veut dire du bien et l'Iran quand on veut dire du mal un choc parce que il s'imaginait pas que la la société iranienne pour les gens qui ont pas vécu en Iran était en fait de notre point de vue aussi moderne.

Donc la transition démograique démographique est achevée. On est à 1,6 ou 7 enfants par femme et la France 1,6. Euh donc le taux de natalité montre euh la modernité de la société.

Euh que qu'est-ce que fait le régime ? Il a il mène des politiques populationnistes mais qui échouent. Donc l'objectif qui était affiché de d'avoir 150 millions d'Iraniens pour être une puissance régionale.

Donc leur idée c'est c'était les les forces supplétive en Irak, les réfugiés afghans, donc d'utiliser si vous voulez euh des communautés étrangères euh pour compenser d'abord le départ des Iraniens qu'ils appellent entre guillemets occidentalisés qui sont en fait cosmopolites qui des Iraniens qui refusent d'être enfermés dans l'identité proposée par la République islamique. Et donc ça, le régime mène aussi une guerre informationnelle là-dessus euh pour décrédibiliser euh le modèle occidental en fait en disant voilà vous avez le choix entre le modèle entre guillemets islamique et le modèle occidental. Alors ça a fonctionné, ça a pas fonctionné pour le taux de natalité mais pour le taux d'emploi des femmes.

Donc il a baissé. Euh, on est passé de 20 à 16 % par exemple ces dernières années sur le taux d'emploi des femmes dans la population active parce qu'il fait des aides pour que les mères restent au foyer et ça permet aussi de lutter contre le chômage de leur point de vue euh parce que si la femme reste à la maison, n'occupe pas d'emploi, par exemple, vous avez ce chiffre aussi de 60 % de femmes à l'université mais ils font des quotas d'hommes dans les matières importantes. Donc pour être les études d'ingénieur, les études de docteur, là il les réserve aux hommes pour pas que les femmes aient des postes importants.

Voilà. Donc c'est des stratégies en fait de la mère éduquée, on pourrait dire si vous voulez en quelque sorte. Donc certes, ils ont apporté un niveau d'éducation important, ils ont libéralisé le supérieur, donc il y a des universités privées, les femmes ont pu accéder à à l'université, on ont été éduqué.

Mais ça s'est retourné si vous voulez l'éducation parce que je me suis souvent posé la question, c'est là il y a des points communs avec le régime cubain par rapport à l'endoctrinement. En fait, paradoxalement, la République islamique a éduqué les nouvelles générations mais n'a pas réussi à les endoctriner. C'estàd, ils ont surestimer leur capacité de conviction idéologique de leur propre population.

Et donc, c'est ça leur échec, je pense. Merci Rachid Tbal. Merci président.

D'abord, merci professeur pour la qualité de votre présentation et surtout les nuances que vous nous apportez dans la vision et je trouve que c'est intéressant de de se devir. Euh moi j'ai deux questions rapides. La première c'est est-ce qu'on peut imaginer parce que je partage avec vous la question clé c'est les les conditions d'effondrement de finalement du système militaire sécuritaire parce que c'est ça qui tient la gym.

Est-ce qu'on peut imaginer mais peut-être que comme ça s'est passé en 79 que le fait que le bazar rentre dans la dimens dans le dans le jeu, j'ai envie de dire et pourquoi pas demain peut-être ce qui serait bien l'industrie pétrolière peut-être un élément d'accélération pourrait être un élément d'accélération. Ça c'est la première question parce que ce qui change beaucoup c'est quand même la question du bazar qui et qui sous c'est des gens qui ont soutenu le régime enfin des conservateurs. On voit bien que c'est la question de la corruption.

Deuxème question qu'est-ce que la France et l'Europe peuvent faire ? Qu'est-ce que nous peuvent faire ? En sachant que j'ai bien dit France et Europe et pas États-Unis.

Donc ma question c'est vraiment France, Europe et ONU parce que je rappelle qu'il y a un dispositif de protection prévu par les Nations Unies qui normalement prévoit depuis 2005 qu'on puisse protéger un peuple aujourd'hui massacrer. Merci. Alors pour les la reproduction du modèle révolutionnaire de 1978 parce que la révolution c'est surtout en 1978.

On dit toujours 79 mais voilà c'est voilà 13 mois et la période révolutionnaire c'est l'année précédente. Le bazar n'a plus le même rôle dans l'économie iranienne aujourd'hui. Donc par exemple Carrefour c'est s installé en Iran à travers Hyperstar.

Donc il y a un modèle économique à évoluer. Donc c'est plutôt la question de l'absence de rationalité économique du système qui a conduit à cette révolte. C'est-à-dire les les certes, ils étaient au bazar les les marchands de téléphone et de matériel électronique, mais simplement vous rendez compte dans la même journée, ils achetaient un bien en real et compte tenu de l'effondrement de la monnaie, le soir quand il le vendait, il perdait de l'argent parce que le dollar lui n'avait pas bougé mais le rial s'était effondré et donc la valeur de l'argent qu'il récupérait le soir n'était plus la même que celle du matin.

Voilà. Donc on pouvait plus se projeter à quelques heures. Donc c'est un système économique où il y a pas de vérité sur les prix.

Donc c'est il y a des subventions, il y a des taux de change différenciés. Donc c'est un modèle qui est particulier la République islamique et ça oui, ça peut les amener à la chute mais on pourrait pas reproduire le modèle de de 78 mais simplement euh les questions économiques comme je l'ai dit, ils n'ont pas de solution à apporter parce que la stabilisation macroéconomique du pays nécessite un accord nucléaire avec les États-Unis et donc pour eux accepter les conditions de Donald Trump ça serait menacé la cohésion interne. Donc vous voyez, il pourrai régler les questions économiques mais au risque de se diviser entre eux. s'il règle pas les questions économiques, il restent uni dans la répression, dans la violence, dans la surveillance numérique, mais l'économie continue à s'effondrer.

Donc ils ont que des mauvais choix, ils sont bloqués. Donc effectivement, on sent que le processus qui est en cours, c'est pour ça que c'est différent des des mouvements précédents à la fois par l'ampleur, la diffusion, donc la ville de Terran, l'ensemble du pays qui est touché. Euh d'habitude c'est soit les grandes villes ou soit les petites villes ou soit les espaces périphériques.

Là c'est les espaces périphériques plus les grandes villes. Par exemple là aujourd'hui, c'est plutôt le sud-est qui est en train de se mobiliser avec la province Balouche de Zaedan. Donc là vous avez aussi des mouvements, des zones qui sont plus difficiles à contrôler pour l'état central.

S'il y a un affaiblissement ailleurs, est-ce que ces zones périphériques et cetera pourra être contrôlé ? Donc c'est c'est le danger, c'est la la convergence des luttes pour le régime. C'est-à-dire par exemple la crise de l'eau qu'on a connu à l'automne.

Il y avait des coupures d'eau à terre. Le régime n'était plus en mesure de fournir de l'eau à sa propre population, de l'eau robinée. Donc vous voyez donc ça c'est une crise.

Il y a la crise de donc de la rationnalité économique, du taux de change. Il y a l'inflation, il y a le salaire qui diminue chaque mois. Donc est-ce que ça ça va affecter l'appareil de sécurité ? les passes d'Aran.

Donc les les soldats révolutionnaires que tout à l'heure j'ai eu la question mais j'ai pas répondu en citant ça. Leur salaire c'est à peu près 300 dollars. L'armée régulière, l'artèche c'est entre 100 et 200.

Est-ce que ces salaires vont vont compenser la chè de la vie ? Est-ce que ceux qui sont considérés par la population comme des privilégiés dans un contexte de crise économique structurelle et d'apprissement des ressources de l'État, est-ce que l'État va réussir à alimenter ses payer ses salaires et cetera ? C'est ce qu'on a vu en Syrie quand l'État est devenu un état zombie à la fin parce que il y avait plus de ressources.

Donc Trump aussi mène ce combat là avec son taux de change, son taux de douane pardon, ses droits douaniers et tarifs à 25 % et cetera, ses menaces économiques, la pression qui met sur la Chine pour qu'elle arrête d'acheter du pétrole à la République islamique. Donc là aussi, il y a une faiblesse qui a aussi un donc mais malheureusement je réponds pas à votre question France, Europe, on c'est toujours les États-Unis, hein, je m'excuse, mais c'est eux qui qui décident de l'avenir un peu quand même de de la République islamique d'Iran. euh dans pour la question économique en tout cas parce que c'est pas les les mouvements sont pas déterminés depuis l'étranger.

Donc c'est vrai qu'on a toujours en Occident tendance à surestimer les facteurs externes. la politique américaine, le rôle d'Israël euh parce que c'est plus facile pour nous d'analyser la situation en Iran à travers un prisme extérieur que l'on connaît plutôt que la situation interne qui est difficile à lire parce que les difficultés d'accès, les sources et cetera à ce que j'ai expliqué et la connaissance de la langue, mais c'est quand même d'abord une dynamique interne mais après c'est vrai que l'attitude des acteurs internationaux, donc les États-Unis, la Russie, la Chine a un effet sur la situation interne, mais c'est pas le déclencheur. Vous me demandez la France, l'Europe, l'ONU.

Alors l'ONU vous avez cité la responsabilité de protéger. Il y a la mission d'établissement des faits qui existe sur le mouvement de protestation précédent Massa Aminier au Conseil des droits de l'homme. Donc la France a voté pour son instauration.

Cette mission est active depuis 2023 et et a élargi son mandat, l'ensemble des violations des droits humains en République islamique euh avant famille liberté et jusqu'à nous euh en donc il continue. Il y a aussi le rapporteur spécial plus loin le rapporte il y a deux mécanismes au pourrait donc aller plus loin. B, il y a pas d'unité du conseil de sécurité, vous le savez, avec la crise de l'ONU, avec la Russie et la Chine.

Donc euh pour moi, ça sera assuréement. Ben la Russie et la Chine assume de soutenir le narratif iranien sans problème sur la manipulation depuis l'étranger, euh les risques d'une guerre américaine contre l'Iran, euh les bricks, la structuration d'un monde post-occidental. Je pense qu'ils ont pas de Donc la France euh la difficulté c'est de maintenir notre ambassade, c'est-à-dire de faire sortir nos otages déjà.

Donc ça c'est vraiment la priorité je crois de la France euh parce que h ça fait partie euh je pense des priorités du président euh que de régler cette question de de la détention que qui a été pendant 3 ans euh terrible de de Cécile Coler et Jacques Paris. Donc ça je pense que c'est la la priorité numéro 1. Ensuite il y a la question de la sécurité de notre personnel diplomatique dans un contexte d'escalade.

Donc c'est pour ça qu'on est en format noyau dur. euh et que euh il faut assurer la sécurité de l'ambassade. Donc je pense que c'est ça la priorité.

Et après, est-ce qu'on peut obtenir les stratégies ? C'est c'est là la question que c'est à cet endroit-là qu'elle devient intéressante. Est-ce qu'on peut dialoguer avec la République islamique ?

Et en fait le problème c'est c'est William Burns qui a résumé ça, l'ancien responsable directeur de la CIA. il a dit euh et je le cite en en exerg de mon livre Terran Washington euh je le cite de mémoire mais la République islamique est trop intransigente pour avoir un dialogue diplomatique constructif et qui aboutisse à quelque chose. Et euh c'est un pays trop important pour qu'on l'ignore.

Parce que c'est vrai que quand on est chercheur sur l'Iran, on se dit au bout d'un moment peut-être faudrait ignorer ce régime, ça serait peut-être la meilleure solution parce que c'est tellement compliqué. Il y a pas de stratégie positive. vous avez le choix entre de mauvaises stratégies et là la France risque quand même de suivre l'administration Trump sur ce plan-là.

Je vois pas beaucoup de divergence entre notre diplomatie et la stratégie américaine. La France a toujours été en pointe sur la question du nucléaire, euh sur la question des droits humains. Depuis le mouvement vert, la France avait une position plus en pointe que le président Obama à l'époque.

D'ailleurs, qui a regretté le président Obama de ne pas avoir soutenu le mouvement vert. Il le dit dans ses mémoires. Il dit que c'est une des principales erreurs qu'il a commises lors de sa présidence.

Et et donc parce que il dit que partout où il y a un désir de liberté, il faut l'accompagner. Il dit euh parce que son conseiller Iranologue lui avait conseillé de pas soutenir parce que ça aura augmenté la répression. Mais vous voyez bien que la répression a lieu quoi qu'il arrive et que le narratif il est préécrit avant même que les grandes puissances ou que les États étrangers aient pris position.

Donc on n' pas vraiment d'influence. Donc c'est vrai que c'est pour ça qu'on revient à cette question d'ignorer la République islamique. Malheureusement c'est pas possible.

Donc on est obligé d'avoir une position. Euh je pense que l'Europe va fournir une plateforme pour les Iraniens pour s'exprimer, pour décrire la situation. Euh il y a les ONG qui joue un rôle de documentation.

Donc en général comme la France l'avait fait en Syrie où elle avait été précurseur parce que le régime de Bachar Alassad a fini par tomber euh va continuer avec cette position là je pense mais avec une prudence qui qui est liée aussi avec l'expérience syrienne où la France avait beaucoup anticipé la chute du régime de Bachar Assad et qui est finalement survenu quelques années plus tard. Merci beaucoup Michel Graum. Merci monsieur le président.

Merci beaucoup pour toutes vos explications. Après le Vénzuelin, c'est l'Iran qui dispose des des 4e réserves mondiales de pétrole et exporte actuellement environ 2 millions de de barils par jour, principalement vers la Chine. Et vous l'avez dit, le D3 d'Ormun qui longe la frontière sud du Liban voit transiter 31 % du pétrole maritime mondial, soit 13 millions de barils par jour.

Si la révolte actuelle débouge sur un effondrement du régime ou une escalade militaire majeure ou cité décide de bloquer le D3 d'Ormuse en représaille aux frappes ou au soutien occidental aux manifestants, quel serait l'impact notamment sur le prix des du pétrole concrètement ? Faut-il s'inquiéter d'un nouveau choc pétrolier et d'une forte des prix à la pompe en France ? L'Europe, elle est déjà fragilisée économiquement, peut-elle absorber un tel choc ?

Merci. C'est oui, c'est le 73 là le c'est ce qu' Ricky Singer a appelé ce qu'on faisait d'ailleurs avec le Chadir, le recyclage des capitaux. C'est-à-dire qu' on faisait des grands contrats, on vendait des réacteurs nucléaires, des contrats d'arbement pour limiter l'impact euh sur notre facture énergétique.

Euh donc euh euh donc s'il y avait l'émergence d'un d'un nouveau régime pour la France, ça serait une opportunité évidemment euh euh l'émergence d'une d'une figure comme Ra la vie pour les intérêts français euh ce serait pour les intérêts occidentaux en général. Et d'ailleurs, c'est pour ça que le président Trump est dans un dilemme finalement entre la peur des guerres sans fin, la peur de de se lancer dans une opération de de régime change euh qu'il abord et il a construit toute sa carrière politique contre cela. Mais en même temps laver l'affront qu'a subi Jimmy Carter, l'humiliation qu'on subi les États-Unis et pour la France l'attentat du Dracard, la France aussi a une relation extrêmement difficile avec la République islamique.

L'appareil de sécurité iranien se soutient se souvient particulièrement de soutien de la France au régime de Saddam Hussein. Donc il y a cette mémoire historique en Occident aussi qui joue un rôle. C'est-à-dire il y a à la fois la peur du chaos mais la République islamique peut aussi amener au chaos.

C'est-à-dire ce qu'on appelle la stabilité autoritaire. Finalement avec ce régime-là, est-ce que ce régime-là avec ce niveau de violence d'État, plusieurs milliers de morts amène pas de toute façon euh le pays au chaos ? Donc c'est c'est là tout tout le dilemme en fait.

Est-ce qu'on peut transformer euh pour la France la situation en opportunité ou est-ce qu'au contraire le régime en dernier recours, s'il sent euh son pouvoir est est vraiment menacé, est-ce qu'il va pas déclencher une escalade militaire régionale pour essayer de ressouder son appareil de sécurité et éliminer tout mouvement de contestation ? C'est ce qui s'était passé pendant la guerre Iran en Irak. C'est un régime qui s'est construit dans la guerre.

C'est pour ça qu'on annonce sa chute depuis 1980. depuis les premiers jours de la République islamique, on dit que ce régime va s'effondrer parce que il correspond pas au préférence de la population, il correspond pas à aux dimensions multiples de l'identité iranienne. Donc il y a il y a une vraie question.

Maintenant euh ce régime a un instinct de survie et il peut survivre pour l'instant parce que son appareil de sécurité tient et ça peut avoir comme vous l'avez souligné des effets. Et c'est pour ça que Trump aussi euh dans ses décisions euh va devoir prendre en compte ses paramètres. C'estàd c'est pas pareil que le Venezuela.

Là il y a il y a quand même une question aussi parce que vous avez parlé de la France mais le prix du pétrole, le prix du galon, c'est très important pour la clientèle électorale du président Trump. Et donc c'est pour ça qu' la stratégie américaine a plutôt été de sous-traiter cette question à Israël tout en limitant la guerre a duré 12 jours au mois de juin et les États-Unis à un moment donné ont dit quand il y a eu le tir symbolique sur le le commandement central le saint des gardiens de la révolution qui ont tiré un certain nombre de missiles en en réponse au nombre de frappes américaines sur les sites nucléaires iraniens une fois qu'ils ont réussi à se mettre d'accord sur le plan symbolique en terme de frappe militaire ils ont arrêté il a demandé un cesser le feu parce que il voulait pas que l'escalade militaire affecte les intérêts américains. Et donc la France, je pense, partage cette évaluation de la situation.

C'est-à-dire la France soutient le papirania mais se préoccupe aussi des conséquences géopolitiques potentielles pour nos troupes stationnées dans la région parce que nos intérêts sont intimement liés aux intérêts militaires américains pour le coup. Merci Roger Carouchier. Oui, professeur.

L'Iran n'est pas un pays arabe et les manifestants crient le fait que l'argent iranien doit rester en Iran et pas au proxy. La solidarité, c'est bien quand on est riche. La solidarité quand on est appauvri, c'est moins bien.

En tout cas pour la population locale. Est-ce que vous pensez que réellement un changement de régime changera évidemment tout le système d'alliance, tout le système d'accord ? Le prince Reza Palavi dit qu'il est pour les accords d'Abraham avec une nouvelle nomination, les accords de Cyrus puisque du temps de l'Empire Perse, les relations étaient évidemment différentes.

Le deuxième élément de de questionnement c'est sur le prince lui-même. On l'a reçu ici à deux reprises et le prince est beaucoup plus beaucoup plus sur la réserve. que son entourage, si je puis dire, c'est-à-dire que le prince dit lui-même peut-être qu'il faut pas rétablir la monarchie, peut-être qu'il faut un référendum sur la population iranienne, faire des élections législatives libres et on verra bien ce que le peuple iranien décide.

Sauf que il se sent un peu investi du fait que en dehors de lui, il y a pas de leader, il y a pas de personnalité qui peut incarner complètement l'opposition en Iran. Alors vrai, faux, localement, on verra, mais est-ce que vous pensez réellement dans tout ce qui existe d'autre que quelqu'un d'autre peut incarner aujourd'hui l'opposition au régime des MOs ? Très bien.

Alors, c'est vrai que votre question est intéressante parce que elle pose la question de le de l'existence d'un espace politique dans un régime comme la République islamique. En fait, on pose toujours cette question de il n'y a pas d'alternative à l'intérieur des frontières. Effectivement, les combattants activistes des droits de l'homme, les militants sont en prison en Iran.

Donc, il y a un prix Nobel de la paix qui est en prison. Nargas Mohammad, il y en a il y a Sherine Nebadi qui est en exil. Donc il y a euh aussi des grands mathématiciens, des grands euh artistes, des cinéastes, des chanteurs, des sportifs.

Donc il y a une société iranienne avec un niveau en mathématique extraordinaire par exemple. Donc si vous voulez les ingénieurs, le nombre d'ingénieurs dans la population iranienne. Il y a aussi une organisation politique au niveau local, au niveau des ville.

Donc il y a des structures politiques à des niveaux inférieurs si vous voulez d'organisation de la société que j'appelle l'intelligence collective qui sont déconnectés de cette idée d'avoir un leader. Parce que même aujourd'hui, regardez dans la vie politique internationale, le rôle des partis politiques est moins important qu'auparavant. Donc la République islamique en ce sens la population iranienne n'a pas forcément un désavantage puisqu'il y a des une structuration de la société si vous voulez des corps intermédiaire qui existent les médecins, les euh donc il y a il y a un potentiel pour construire un système politique inclusif euh ce qu' ce que nous on appelle une démocratie.

Mais après comment euh la figure que de RA par la vie va réussir et c'est pour ça que j'ai évoqué l'exemple de de Juan Carlos et de l'Espagne à à à disons à à se à se lier avec la situation interne. C'est ça le défi pour lui parce qu'il est en exil. Donc en interne en tout cas, il y en a beaucoup qui ont la légitimité parce que ils ils ont combattu localement, ils ont été en prison et cetera.

Euh donc il y a euh des trajectoires individuelles, mais effectivement le système médiatique, si vous voulez, le système euh euh est tellement fermé, vous le voyez avec la coupure internet aujourd'hui, euh ça par la vue bénéficie de de Iran internationale, donc de la télé la plus regardée euh dans le pays. Euh donc c'est un amplificateur ça, il faut des médias, il faut des Donc c'est c'est c'est pour ça qu' il a son nom est scandé. Mais attention, c'est pas le slogan le plus scandé.

Le sagan le plus scandé dans les manifestations, c'est la fin de la République islamique. En deuxème, c'est ce que vous évoquez, c'est les questions socio politique, donc parce qu'il y a un lien entre ni Gaza ni Liban, je donne ma vie pour l'Iran, le slogan, et la situation économique du pays. Donc c'est un peu ce qu'on retrouve aussi aux États-Unis avec la fin des guerres sans fin.

Donc les Iraniens veulent simplement un régime qui se préoccupe de leur intérêt national. Et en troisème, il y a des slogans surtout pour le grand-père et pour vivre le roi et cetera. Mais mais c'est pas les slogans les plus scandés mais simplement il apparaît dans les slogans, il est apparu en 2017-28 donc ça fait plusieurs années et c'était surtout son grand-père à cause des sentiments anticléricaux.

Donc nous en France on connaît bien ça les les sentiments anticléricaux. Donc les Iraniens aussi après 47 ans de République islamique, ils ont des sentiments anti-écléricaux extrêmement puissants. Et donc euh la figure de Ra par la ville, le grand-père euh qui a sécularisé le modèle Ataturatque euh euh a une popularité certaine, le constructeur de l'État moderne et cetera.

Donc c'est ça l'héritage, mais ça c'est la nostalgie et encore une fois comment transformer cette nostalgie en projet politique et là c'est un défi. Est-ce que c'est une monarchie constitutionnelle ? parce que comme vous l'avez dit, l'entourage, il y a certains qui sont partisans d'une monarchie absolue.

Donc il y a aussi une diversité d'opinions dans ce groupe et ce groupe a des relations compliquées avec les autres membres de l'opposition quand ils ont créé la plateforme en 2022. Euh la plateforme n'a pas duré. Donc il y a aussi cette question euh c'est un mouvement spontané mais qui n'a pas et ça a été dit par beaucoup des des collègues présents ici des sénateurs.

Euh il n'a pas de de message politique unifié. Il y a des revendications multiples. Donc c'est un peu le propre de tout mouvement social.

C'estàdire qu'ils sont d'accord contre d'abord dans un premier temps, c'est ce qui s'est passé aussi en 78 mais ils sont pas d'accord pour un modèle positif. Donc on est il faut d'abord que le encore une fois que l'appareil de sécurité s'effonde pour qu'un espace politique se dessine à l'intérieur du pays et ensuite des leaders émergent. Mais c'est pas d'abord le leader euh ne peut pas émerger sans espace politique.

Merci Giselle Jourdain. Avec l'Iran ou la Perse comme chacun voudra le désigner, on a eu tellement d'espérance et tellement de déception. On a tellement espéré les changements politiques, on les a tellement donc soutenu, attendu.

Et au bout de la route, il y a eu l'appareil répressif que vous avez donc bien décrit tout à l'heure. Il y a eu chaque fois des personnes muselées, des personnes dont on a plus de nouvelles depuis bien des années. J'en parle personnellement puisque j'étais à l'université avec des amis iraniens dont je n'ai plus aujourd'hui de nouvelles alors qu'on avait communiqué extrêmement de temps et à chaque fois lorsque le le il y a eu échec de la mise en place d'un appareil donc plus démocratique plus en proie donc avec avec les les les événements avec vous l'avez dit il y a énormément de mathématiciens il il y a beaucoup de de matières regrise donc en Iran.

Cet échec a été là. Comment aujourd'hui arriver justement à à d'autres perspectives et dans ces échecs, il y a eu quand même toute cette zone rurale. Alors moi, ma question elle portait là-dessus.

Aujourd'hui, ce milieu rural qui a soutenu donc les différents régimes et qui n'a pas permis l'ouverture donc sur le progrès, quelle an est la mentalité quelle est la mentalité portée dans le monde rural par rapport donc aux villes et au monde urbain et d'autre part euh dans cette approche donc du monde rural, quel est quel est parce que sous le régime donc les religions ont été respectées. Je sais pas si c'est toujours le cas, mais à un certain moment que ce soit les maisons de force issues donc de l'influence turque, que ce soit dont le zoastrisme donc avec le le zen avesta et cetera ont été et que ce soit d'ailleurs pour en ce qui concerne le culte donc chrétien, la rénovation donc d'église notamment l'église avec le le baptême de Saint-Jean-Baptiste. où on en est par rapport à ça.

Donc au niveau des mentalités parce que je crois que ça va compter beaucoup autour de tout ce que nous avons décliné là sur quoi je ne reviendrai pas mais je pense que le point des mentalités aujourd'hui moi je ne suis pas persuadé mais ça ce n'est que mon simple point de vue que les Iraniens donc qui vivent donc en Iran attendent le chevalier blanc de monsieur la vie parce que quand même la savac a imprimé beaucoup de choses. On nen parle pas trop mais c'était quand même répressif. Plus personne ne le dit trop.

Je ne suis pas persuadé que partout en en Iran, on attend de cela et je crois moi dans les forces de la jeunesse iranienne et je pense qu'ils peuvent trouver un système donc qui puisse permettre d'accéder à un exercice de la démocratie en Iran. Ça prendra du temps mais je crois qu'il faut s'appuyer sur les forces donc de ce pays-là. Voilà ce que je souhaitais porter à la réflexion et avoir votre point de vue professeur là-dessus.

Non, c'est une analyse tout à fait pertinente. C'est-à-dire que pourquoi on parle du du prince Ra la vie ? Tout simplement parce qu'il a réussi pour la première fois à accompagner un mouvement social.

C'est-à-dire que son appel à manifesté a accru la mobilisation, a eu un effet sur le terrain sur le nombre de manifestants, le nombre de manifestations. Donc il est devenu un acteur, on en parle parce qu'il a joué un rôle mais c'est vrai que il n'a pas initié le cycle de manifestation. Je vous l'ai dit, son nom a apparu en 2017, enfin le nom du grand-père en 2017.

Donc mais est-ce qu'il faut pour autant le déconnecter complètement ? Je ne sais pas. Ça personne ne peut dire.

On sait qu'il y a une minorité, j'ai dit un gros tiers d'opinion favorable et ça c'était il y a quelques années peut-être ça augmenté avec le le travail des des médias en Perçant. Mais vous avez raison de de mentionner la diversité du pays. Donc vous mentionnez l'urbain et le rural donc 80 % est en ville quand même.

Donc le rural est restreint, c'est seulement 20 %. Et l'exode s'accroit à cause du changement climatique euh des politiques du régime, de la crise écologique, de la crise de l'eau. Des zones qui étaient habitable deviennent inhabitable.

Euh donc l'Iran est un pays semi au 2 tiers. Donc il y a il y a il y a ou hari. Donc il y a il y a vraiment cette crise de l'eau qui qui rend la vie difficile dans certaines régions et qui accélère l'exode rural, les tempêtes de sable.

Euh après dans les villes, il y a le problème de la qualité de l'air. Donc les enjeux écologiques touchent l'ensemble du pays, mais il y a des migrations internes qui sont extrêmement importantes, peu étudier. Euh donc il y a des millions d'Iraniens qui sont obligés de migrer, quitter les campagnes parce qu'ils peuvent plus être agriculteur par exemple parce qu'il y a plus d'eau pour irriguer.

Euh donc il y a il y a il y a des des évolutions de la répartition de la population entre les villes et les campagnes qui sont liées à cette crise écologique et à la crise économique aussi pour survivre l'État ayant moins de moyens, il y a moins de subvention donc préserver sa qualité de vie. Donc parfois, il y a des migrations aussi tout simplement euh les parents décident de migrer pour leurs enfants euh pour leur donner accès à une meilleure vie, un meilleur futur. Donc il y a des migrations internes très très importantes qui manifestent la crise du monde rural en Iran ces dernières années.

C'est un sujet qui est peu étudié. Après, vous évoquez la tolérance religieuse, ça c'est très important. Euh je pense notamment à à la minorité des Baï qui est discriminé par la par la République islamique euh et donc qui sont la cible euh du régime.

Mais au niveau de la population euh il y a pas si vous voulez euh cette intolérance- làà vis-à-vis des chrétiens par exemple. Le régime euh a une politique très ferme vis-à-vis des conversions. Euh donc quand vous êtes chrétien, vous pouvez vous convertir à l'islam.

Mais quand vous êtes musulman, bon quand vous visitez les églises en Iran, vous voyez bien euh qu'il y a des des [rires] musulmans convertis au christianisme qui ont peur parce que c'est l'apostasie et c'est donc la la peine de mort. Donc il y a là aussi un décalage, vous avez raison, euh entre euh la politique suivie par la République islamique euh de discrimination systématique contre l'ensemble des citoyens mais particulièrement euh contre les minorités religieuses et au contraire une une évolution positive des mentalités par le bas dans la société comme sur la question de la sécularisation. Euh donc comme la religion la le il y a aussi des phénomènes de multiappartenance euh h euh ce qu'on voit aussi euh en Occident, c'est-à-dire euh euh certains pratiquent un peu le bouddhisme, un peu l'islam, un peu le souphisme, un peu.

Donc il y a un peu euh une religion à la carte euh comme on dit à l'école des hautes études en sciences sociales euh pour ne pas citer mes collègues. Donc il y a il y a des évolutions, des pratiques mais je pense qu'il faut vraiment distinguer en République islamique la religiosité, c'estàdire la pratique religieuse par les citoyens. euh de la religion officielle.

Euh donc seul un/ers aujourd'hui des Iraniens se réclament de la religion majoritaire, le le donc le chisme et se déclare pratiquant sur les enquêtes indépendantes. Donc c'est vraiment un désaveu pour pour la République islamique qui a vraiment produit cette sécularisation. Et donc encore une fois, il y a une société civile, il y a aussi des capacités dans la société iranienne pour inventer un nouveau système politique, mais c'est pas forcément en opposition avec l'Iran global, avec les 5 millions d'Iraniens qui habitent à l'étranger, parce que il donnent aussi une visibilité à cet Iran là à travers les médias en perçant, à travers leur présence et il donne aussi l'image d'un Iran global qui est qui est plus proche de l'Iran de tous les jours de la vie quotidienne de la société que de l'image que projette la République islamique.

Merci beaucoup euh Valérie Boyer. Merci monsieur le président. Merci monsieur le professeur.

Euh vous décrivez le chaos qui a à l'intérieur de l'Iran. Bon, j'avais une petite question au préalable. Est-ce qu'il y a une réussite qu'on peut mettre au profit de la République islamique d'Iran ?

Mais c'est pas ma question. Ma question porte sur la propagande de l'Iran vis-à-vis de de l'Occident, ces opérations de déstabilisation, ses liens avec des mouvements politiques. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?

Si on espère, je crois qu'ici c'est quand même une certaine unanimité, d'espérer que ce régime abominable tombe, quelles conséquences concrètes à votre avis ça pourra avoir sur nous ? Et enfin, je voudrais savoir euh quels sont euh que représentent en chiffre la diaspora euh et quel est son poids euh aujourd'hui euh pour euh bah dans le cadre de cette révolution et dans le cadre de cette reconstruction. Et quant au chaos probable ou en tout cas dont on nous parle si jamais ce régime s'effondrait, moi j'ai lu un excellent article d'Emmanuel Razavi qui dit que il n'y aura pas de chaos étant donné la structuration très particulière de ce pays.

Personnellement, je je ne connais pas évidemment la situation comme la vôtre, mais j'espère que non et puis j'espère qu'un jour on pourra tous aller visiter ce magnifique pays. Euh donc voilà, qu'est-ce qu'est-ce que ça peut représenter pour nous ? concrètement étant donné la propagande particulièrement efficace dont ils nous ont abruvé depuis 47 ans et je concluraai en disant que la France a quand même une dette morale parce que avoir accompagné l'ayato la Roménie dans un avion Air France sous les applaudissements d'une bonne partie de l'intelligencia française qu'il voyait en lui un sein à l'époque quand même il faut se le rappeler voilà comment on peut faire pour aider les Ianiens à sortir du jou de cet islamisme Merci.

Alors la la réussite de la République islamique, si on veut être cynique, euh c'est un un appareil de sécurité qui qui a atteint par moment le niveau de la stasie en RDA. Donc, ils ont réussi un niveau de surveillance qui est assez impressionnant à la fois à l'intérieur du pays mais aussi à l'extérieur. Donc qui a mis en place quand même une politique à la fois à l'intérieur et à l'extérieur et cette connexion entre l'appareil de sécurité à l'intérieur et à l'extérieur, cette capacité à avoir un réseau sécuritaire transnational.

Donc ça c'est une réussite mais c'est un peu comme l'URSS dans les années 80, extension à l'extérieur et affaiblissement à l'intérieur. Donc en fait plus ils se sont étendus et le 7 octobre dans un premier temps, ils ont pensé ils ont eu une forme d'ubrice idéologique après le le 7 octobre et finalement les défaites militaires successives de leur force supplétives a conduit à une clarification sur la réalité de ce succès qui était en fait en trompleœuil parce que il y avait toujours ces identités nationales, ces identités ethniques, ces identités locales euh qui ont perduré non seulement en Iran, j'ai parlé de la résilience de la société, mais aussi en Irak, au Liban euh et plus largement en Syrie, on le voit avec la chute du régime de Bacher Al-Assad. Donc on a quand même surestimé cette réussite entre guillemets dans les médias en Occident de la République islamique parce qu'il y avait des fragilités si vous voulez dans l'extension régionale de la République islamique.

Mais c'est ça qui a été mise en avant à l'époque jusqu'à l'élimination par l'administration Trump du général Rassem Souleimani de la Force Alads. C'est ça qui a été présenté chez nous comme un succès de la République islamique, mais c'était un peu comme le succès si vous voulez de l'URSS à l'époque de la guerre d'Afghanistan qui a finalement contribué à accélérer la chute. Donc sur la chute du régime, le chaos effectivement les conséquences euh donc dans les idées reçues, j'ai j'ai une idée reçue, c'est le changement de régime est impossible en Iran.

Donc ça ça vous plaira probablement. Et donc c'est vrai que je montre dans l'idée reçue parce qu'il y a toujours une citation en exerg. on compare toujours l'Iran à l'Irak euh à la Syrie.

Euh donc et et cette idée-là que forcément toute alternative à la République islamique serait pire que le régime en place. Et donc c'est vrai qu'il y a beaucoup de d'intellectuels iraniens qui voudraient être comparés à l'Allemagne, au Japon et qui disent aussi il y a des exemples positifs. Donc c'est pas forcément le pire n'est jamais sûr.

Donc j'essaie aussi d'ingérer un peu d'optimisme même si on est sur de la spéculation. Donc il faut être prudent mais en tout cas il y a pas de scénario en tant qu'historien. on sait qu'on peut pas prédire, mais on sait aussi qu'il y a pas de de destinée préétablie pour l'Iran après la République islamique.

Mais il y a une peur de l'inconnu. Donc c'est ce que j'appelle l'impensée de l'après. Et et dans cette impensée de l'après, euh c'est vrai que les chancelleries, les États, les diplomaties préfèrent avoir des interlocuteurs étatiques.

Donc tout le défi, je pense c'est d'assurer une évolution politique fondamentale mais sans effondrement des institution de l'État. C'est un peu la leçon de la guerre d'Irak en 2003. Donc comment faire en République islamique pour détacher les dimensions idéologiques du système politique tout en gardant les institutions, les les technocrates, les les donc les les professionnels qui travaillent aussi dans ce régime là et qui voilà donc la diaspora donc c'est plus de 5 millions avec une réussite exceptionnelle. la diaspora.

Euh donc il y avait pas de diaspora avant la révolution. Donc ça aussi quand on vous dit la révolution islamique c'est une révolution nationale et cetera, ça a fracturé la communauté nationale iranienne. C'est-à-dire que d'abord les partisans de l'ancien régime sont partis, ensuite les mouvements de gauche donc et puis à chaque vague de répression, il y a eu euh des vagues d'exil mouvement vert.

Tous les mouvements que j'ai cité ont entraîné en conséquence le départ des élites et le désir de migration est extrêmement élevé selon les sondages du régime, c'est-à-dire la spécificité de l'Iran, c'est le plus haut taux de fuite des cerveaux au monde par tête d'habitants. Donc c'est selon le fond monétaire international le même chiffre que l'Inde mais avec une population beaucoup plus faible. Une surreprésentation des femmes.

Donc ça c'est intéressant. Ça veut dire que les pères poussent leurs filles à quitter l'Iran du fait de la situation. Donc, on voit aussi le décalage entre la sphère privée et et et le la dimension idéologique officielle.

Et donc ça a contribué si vous voulez à la constitution de cette diaspora mais qui a qui a mieux qui une des diasporas par exemple aux États-Unis qui a le mieux réussi. On le voit aussi à travers la réussite des iraniens dans la silicone vallée. Voilà donc à Los Angeles qu'on appelle Terangoles. et son poids est considérable parce que euh souvent on essaie d'opposer les Iraniens de l'intérieur à ceux de l'extérieur euh notamment en Occident, en France.

Euh mais au contraire parce que cet Iran global qui a qui est apparu en 2022-2023 a aussi conduit à à la au renforcement de la popularité des télévisions qui sont en exil, qui sont produites par des journalistes iraniens et qui diffusent la vision d'un autre Iran à la population à l'intérieur. Donc il y a déjà les liens familiaux. fait que vu cette diaspora extrêmement nombreuse, même s'il y a 92 millions d'habitants à l'intérieur de l'Iran, hein, donc c'est une population nombreuse, euh il y a cette connexion euh dans les familles vis-à-vis de l'étranger.

Donc même quand le régime effectue une fermeture, là par exemple ces derniers jours, les appels depuis l'étranger vers l'Iran n'étaient pas possible. Donc il y a il y a le régime a peur de cette diaspora. En tout cas, ça c'est évident parce que majoritairement elle est opposée euh à la République islamique, même s'ils sont pas, comme je l'ai dit, d'accord sur un projet politique positif.

Ils sont pas tous sur le la même ligne. Donc la France, est-ce que la France a une dette ? Alors cette histoire l'accueil de laatini est complexe parce que en fait au moment où Valérie Giscardestin a accepté parce qu'il est venu avec un passeport à l'époque les Iraniens n'avaient pas besoin de visa pour venir en France.

Ensuite le chat d'Iran ne voulait pas qu'on assassine, qu'on élimine un archevêque qui disait donc un ayat là. C'est comme ça que ça a été retenu. On m'a raconté une anecdote que je vous livre ici parce qu'elle est amusante.

Le premier ministre Shirac à l'époque aurait contacté son ami Saddam Hussein qui lui aurait conseillé de s'en débarrasser et donc Chirak aurait appelé Valérie Giscard destin et il lui aurait dit il faut éliminer Rouénie et Giscard comme il n'aimait pas Chirak a fait le contraire. Donc ça on m'a dit ça. Ça c'était amusant.

C'est un vieux diite, un ancien diplomate. Donc des fois l'histoire tient à peu de choses mais il y a aussi une vérité, c'est que de marrant, j'en parle dans ses mémoires le secret des princes, c'est que si vous y éliminez Rouénie à ce moment-là à l'ambassade de France et ça c'est un ancien diplomate qui me l'a raconté, les diplomates recevaient des fleurs en disant pour la santé de l'imam. Donc ça voulait bien dire que si vous éliminez l'imam, on vous élimine à vous.

Donc la France a fait ce qu'elle a pu. Donc il faut faire attention. C'est facile aussi de donner des leçons à postériori.

Mais les acteurs de l'époque en tant qu'historien quand on les interview quand on se rend compte que les difficiles les décisions à l'époque étaient difficiles à prendre. Voilà. Et c'est vrai que vous avez raison, il était perçu présenté comme un gandi.

Là, il y a un article qui circule du New York Times faire confiance à Rouénie. Donc c'est vrai qu'il y a eu euh une méconnaissance parce que les personnes n'avaient lu ses ouvrages sur le gouvernement islamique, ils avaient pas été traduit une méconnaissance de la situation. Je serais plus euh c'est c'est facile après de juger.

Merci beaucoup à la casabe. Merci. Étant centriste, je me suis pas senti visé par cette hallelà.

Euh non monsieur le professeur euh majorité je laissez-le laissez-le. Bon restons-en à l'actualité. Oui, j'écoute avec beaucoup d'intérêt ce que vous disiez et je fais une comparaison à des émissions que j'ai suivies sur les commentateurs à la télévision il y a de tr jours.

Ils ont évoqué beaucoup solutions que vous vous évoquez vous-même. Maintenant, il y en a une dont vous n avez pas parlé. Est-ce que c'est parce que la personne n'est pas assez importante ?

Parce que ce que disaient les commentateurs c'est que il faut que cette opération ne soit pas une américanisation de la guerre et une prise de pouvoir par les États-Unis ou par le monde occidental. Est-ce qu'il y aurait pas une solution en s'appuyant sur le président de la République qui n'a aucun pouvoir mais qui est en institution qui le représente en institution pour commencer à ce moment-là essayer de lancer des élections ou autres ? Est-ce que cette personnalité a ou non une représentativité de la République islamique pzch on voulait dire ?

Alors euh effectivement selon la Constitution, si le guide suprême était est éliminé, il participera la Constitution prévoit qu'il participe à la transition. Mais encore une fois euh le chef de l'État n n'est pas le président. Donc ils peuvent adapter la la Constitution à un changement, une transition dans le cadre constitutionnel de la République islamique a déjà été possible vers une 3è République islamique.

Donc il y a déjà eu la première sous Roméie, la deuxème sous Ramée et donc ils ont adapté la constitution. La fonction du guide est devenue absolue en 1989 dans la révol dans la révision constitutionnelle. Donc ils ont renforcé politiquement la position du guide suprême parce que il y avait un affaiblissement de ces qualités religieuses si vous voulez de ces compétences religieuses.

L'ayatola Ramen n'était pas Ayatola, il était un clair de rang intermédiaire au jatol à l'islam à l'époque. Et donc la constitution prévoyait que c'était un grand ayat qui devait être guide suprême. Donc ils ont dû changer la constitution pour lui en fonction du choix effectué par Rovier.

Est-ce qu'une transition vers PZKin est possible ? C'est peu probable parce qu' et c'est pour ça que la question m'a été posée sur les gardiens de la révolution parce qu'en fait ils ne contrôlent pas l'appareil de sécurité. Le guide suprême contrôle le ministère de l'intérieur, l'appareil de la police.

Donc c'est lui qui nomme directement les responsables de la police. Il contrôle la justice qui est indépendante du gouvernement de Peschkin, le pouvoir judiciaire. Donc c'est un religieux qui est responsable du pouvoir judiciaire.

Il contrôle la télévision d'État, le guide suprême, l'irib, donc tout le système de propagande. Il contrôle l'armée idéologique, les gardiens de la révolution et l'armée régulière et les services ministère des renseignements qui est pourtant sous dans le gouvernement. Mais c'est le guide qui nomme directement ces ministreslà.

Donc le PKIN est exclu finalement de de l'essentiel de l'appareil de sécurité. Lui, il est là. Sa fonction, c'est une fonction tribunicienne, c'est-à-dire que c'est la semi-oosition.

Il est là pour faire penser à la population euh que les préoccupations des manifestants des manifestants, ce qu'ils appellent les bons manifestants, donc ceux du bazar, ceux qui ont des revendications strictement économiques, je ne sais pas s'ils existent en dirant ces manifestants là, mais c'est le discours officiel. Donc je vous explique la logique, c'est de dire qu'il y a une un déboucher politique dans le système pour ces questions-là. Donc il a une fonction de cooptation des mécontentements, mais la population n'y croit plus et pense que c'est c'est disons une fonction factice et que c'est pour gagner du temps pour justifier et permettre la fuite en avant sécuritaire.

Donc en même temps que le président dit qu'il prend en compte les considérations, il y a plusieurs milliers de morts qui sont réprimés par l'appareil de sécurité. Donc c'est un jeu de rôle. Donc est-ce que ce jeu de rôle peut évoluer euh vers une transition politique ?

Sa légitimité extrêmement faible. les réformateurs sont pas populaires en Iran parce qu'ils ont trahi toutes leurs promesses. Moi j'ai j'ai vécu à la résidence universitaire en Iran.

Le couiller de Nigga ça s'appelle. C'est donc les étrangers sont mis dans un bâtiment séparé pour pas se mélanger avec les étudiants iraniens. Mais on a quand même des contacts et quand j'étudiais le Perant et c'est un endroit où d'où est partie la révolte étudiante de 1999.

Et donc tous les étudiants se rappellent que le président Ratami, réformateur a couvert la répression et donc ils ont créé même une police de l'université si vous voulez un service de sécurité pour protéger les étudiants des forces idéologiques. Et là on a vu de nouveau pendant ce mouvement des raides dans les dortoirs universitaires qui sont exclusivement masculins ou exclusivement il y a une ségrégation aussi hein. Donc c'est très dur la vie étudiante en Iran.

C'est c'est quelque chose de particulier également. Mais donc c'est pour ça qu'il y a cette colère. Vous comprenez ?

Euh quand vous êtes jeune, vous voulez pas vivre de manière ségréguée. Euh et ça, ce sont les meilleurs étudiants de tout l'Iran qui ont eu un concours. Donc euh vous voyez que les réformateurs on ont quand même trahi ceux qui les ont soutenus et depuis le début, donc 1999, c'est très ancien.

Donc il y a pas en tout cas dans la population euh de soutien populaire pour un tel choix. Oui. Euh Didier Marie, merci.

Euh merci professeur pour l'ensemble de vos propos et informations. Euh je voulais revenir un instant sur euh les le rôle des USA et les objectifs réels euh du président Trump. Euh s'agit-il réellement euh de faire tomber le régime euh sachant que l'option militaire est complexe comme vous l'avez souligné, euh que les sanctions euh économiques ont plus ou moins d'efficacité et éventuellement sont peut-être plus tournés vers la Chine que vers l'Iran, que ils hésitent ou ne mettent pas en œuvre pour des raisons diverses. les mesures de cyber attaquent qu'il pourrait mettre en œuvre ou est-ce que la contestation s'affaiblissant, monsieur Trump ne cherche pas en mettant la pression sur le régime des Ayatolas à obtenir une avancée voire une victoire sur la question du nucléaire.

Donc, j'aurais aimé que vous nous précisiez euh selon vous quels sont les réels objectifs des États-Unis dans cette affaire. Une excellente question parce que en fait euh les outils qui sont utilisés par les Américains euh c'est la question des effets de ces outils sur la situation interne. Donc c'est une question majeure parce que comme je l'ai dit, on a tendance à surestimer ces outils.

Alors qu'on voit que il y a eu des manifestations en Iran à l'époque du président Obama quand il tendait la main à la République islamique après sa campagne électorale, vous rappelez de 2008 où il a dit il faut desserrer le point et cetera. Euh, il a lancé un message, il a reconnu l'état de la République islamique pour la première fois. Euh, pour Washington, c'était quelque chose de considérable, une évolution politique majeure pour les États-Unis.

Et c'est d'ailleurs depuis cette date qu'il y a une question partisane dans la politique américaine entre démocrate et républicain sur la question de la République islamique. Parce que jusqu'à Obama, il y avait un consensus aux États-Unis euh sur le fait que il faut une politique de changement de régime, il faut une pression et cetera, même si tous les présidents américains ont tenté de créer un dialogue avec le guide suprême en Iran. Sans succès d'ailleurs, aucun n'a pu créer un dialogue diplomatique direct avec le guide.

Le guide a toujours sous-traité cette question au président qui, comme je l'expliqué, ne détient pas la réalité du pouvoir. Donc la possibilité d'un dialogue diplomatique qui aboutisse à la République islamique et de point de vue américain une perspective lointaine. Notamment parce qu'il y a Marco Rubio, je vous l'ai expliqué, par rapport à son expérience castriste.

Donc s'il veut une avancée sur la question du nucléaire, c'est pas que le nucléaire, les conditions américaines, c'est la critique qu'il fait d'Obama. C'est pour ça que j'ai insisté sur cette polémique politique interne aux États-Unis. Quand monsieur Trump parle du de l'Iran, il parle de monsieur Obama et parfois il confond Obama avec Biden d'ailleurs, mais il parle en tout cas de ses adversaires démocrates internes.

Donc c'est c'est pas une question, c'est pour ça qu'il prend position pour les manifestants. Il fait l'inverse d'Obama et de Biden et il dit toujours "Si j'avais été là, j'aurais fait mieux que Biden, j'aurais fait mieux que l'autre". Donc ça c'est comment il se détermine dans sa politique iranienne.

C'est devenu un enjeu interne euh entre démocrate euh et républicain. Donc l'idée de d'affaiblir l'Iran, c'est tout à fait possible pour que les conditions soient acceptées. Mais ça serait alors la question nucléaire.

Zéro enrichissement, l'imitation du programme balistique à 500 km pour pas que les missiles puisse toucher Israël. Euh la fin de la politique de soutien aux forces supplétives, c'est un peu les conditions que Mike Pompeo avait posé à l'époque. Je sais pas si vous vous rappelez les 12 conditions euh de l'administration Trump numéro 1.

Donc on connaît son euh l'effet final recherché euh comme on dit dans les milieux autorisés. Euh donc je pense que le guide suprême de son vivant ne signera pas un tel document. Donc il a déjà répondu, il a dit que Trump lui-même allait s'effondrer.

Donc on est pas dans une perspective à mon avis à court terme d'une solution diplomatique, même si le régime va montrer une flexibilité tactique comme il avait fait en 2015. C'est il est pas exclu que le que le régime tente parce que je vous l'ai dit la question économique est intimement liée à la relation aux États-Unis d'une flexibilité de dernière minute. Mais vous avez remarqué que la dernière intervention militaire américaine contre l'Iran a eu lieu entre deux rentes de négociation de négociation indirecte américaine à Oman et en Italie à l'époque.

Et donc une réunion était prévue. Et à ce moment-là, pendant que la réunion était prévue, l'administration Trump a décidé d'une opération militaire contre la République islamique. Et c'était la première fois qu'un président américain franchissait cette ligne et en fait surmonta un tabou parce que les plans étaient prêts depuis 20 ans.

Ça fait 20 ans qu'on parlait de l'obser militaire mais aucun président n'avait osé. Donc lui il a osé. Donc ça lui crée dans la négociation avec la République islamique euh ça crée une imprévisibilité et ça renforce sa marge de négociation mais en même temps ça peut l'entraîner et c'est là où il y a une limite quand même c'est ça peut l'entraîner dans des guerres sans fin et dans une opération de changement de régime.

C'est pour ça qu'il avait une méfiance vis-à-vis du prince héritier Ra par la vie que la rencontre entre Steve Vitkov et Ra par la vie a pris du temps à se dessiner. Mais c'est vrai que si avec l'administration Trump, on ne sait jamais parce que vous avez raison, il parle de négociation et en même temps il peut décider d'une opération militaire. Euh donc c'est c'est pas c'est pas suffisant d'écouter ces déclarations.

Il faudra mesurer les risques qu'il est prêt à prendre. Déjà à chaque fois qu'il a pris ces risques là, il s'est comparé avec Jimmy Carter et l'opération qui avait échoué de sauvetage des otages. Euh donc il l'a dit au mois de juin, il était très fier.

Il a lavé la fronte Jimmy Carter et il a réussi une opération militaire contre l'Iran sans en payer un prix politique à Washington. Au Venezuela, la même chose. Il a dit "J'ai aussi surmonté ce traumatisme Jimmy Carter." Donc il est âgé quand même.

Il a des références anciennes et et donc là il faudra aussi que s' mène une opération, il va falloir qu'il puisse la vendre aux États-Unis par rapport à sa base maga. Déjà au mois de juin sa base maga était extrêmement réticente par rapport à ses décisions de de frapper l'Iran. Donc c'est pour ça que la République islamique avait fait beaucoup d'interviews avec la sphère maga.

Euh donc il faudra voir aussi euh euh si cette sphère maga accepte ce projet américain de l'administration Trump d'intervenir dans un pays lointain. Merci beaucoup. Et dernière question pour Ronard Legleu.

Merci monsieur le président. Professeur, nous avons parlé, vous avez parlé à juste titre de la nécessaire sécurité concernant l'ambassade de France à Teran. Nous avons également parlé des diasporas iraniennes, mais ce dont nous avons pas encore parlé, c'est de des diasporas de la diaspora française et de la sécurité des communautés françaises actuellement en Iran.

L'ambassade de France a publié un numéro de téléphone qui est joignable depuis l'Iran. Euh néanmoins, nous avons une école française, nous avons une chambre de commerce française. Disposez-vous d'informations relatives à la sécurité de nos compatriotes établis en Iran ?

Je vous remercie. Oui, il y a 900 français en Iran. Euh donc l'école française, je pense est fermée depuis quelques années.

Malheureusement, il y a pas de possibilité pour les enfants français d'aller à une école internationale parce que c'est perçu c'était toléré pendant les années où moi, par exemple, j'étais en Iran. Mais c'était perçu sur le plan légal de la République islamique comme une forme d'impérialisme culturel, de maintenir des institutions, si vous voulez, euh de l'État français au niveau culturel en Iran. Donc, il y avait une tolérance pour l'institut français de Terran qui enseignait le français.

Mais pour maintenir cette présence, on parlait de de d'enseignement sur les aspects techniques, donc le français juridique ou donc il fallait avoir un habillage si vous voulez, mais il peut pas y avoir d'institutions de type alliance française, vous voyez. Donc il y avait cette complexité en République islamique compte tenu du corpus juridique local. Donc les Français en Iran euh sont liés par des histoires familiales ou une présence ancienne.

Mais je crois que l'ambassade demande aux Français de ne pas aller en Iran. Donc c'est un pays qui est classé rouge et et aucun voyage ne doit être effectué en Iran. C'est c'est le message surtout dans le contexte actuel où la France a décidé de la réduction de sa présence. euh au personnel essentiel.

Donc euh compte tenu de la diplomatie des otages de la République islamique, il faut même s'inquiéter de savoir s'il y a des touristes français qui se rend en ce moment et il faudrait déconseiller tout voyage à mon sens pour éviter donc en cas d'escalade euh compte tenu de la situation sécuritaire à la fois à l'intérieur et des risques dans la relation militaire irano-américaine pour des détenteurs de passeport français. Oui, un risque de détention arbitraire en vue d'un marchandage politique. Merci beaucoup professeur.

Moi, j'avais une question qui peut euh je sais pas si vous aurez la réponse mais on a beaucoup parlé de de Starlink. Euh, on sait le rôle que Starling a joué en Ukraine et continue de jouer en Ukraine. On on enfin moi j'ai une une interrogation concernant la capacité qu'a régime euh des Mola a à brouillé euh Starlink alors que les Russes n'ont pas cette capacité en Ukraine.

C'est une question que j'ai ce qui me paraît assez étonnante et on voit bien que vraisemblement la mise à jour que voudrait ou que pourrait faire Elon Musk de Starling pourrait permettre de contourner les brouillages et on parle d'une centaine de milliers de de récep de de de d'outils de réception de de Starling en en Iran, pardon. Est-ce que vous avez des éléments sur ce sujet ? Oui, on parle de la présence d'équipement Starling en Iran depuis le mouvement femme vie liberté en 2022-2023.

Donc le régime a criminalisé euh donc toute activité de connexion via Starling de citoyens iraniens. Euh donc c'est punissable par la loi iranienne évidemment et donc il y a une réponse à la fois politique, juridique et sécuritaire. La différence entre l'Iran et la Russie, c'est ce que j'ai évoqué, c'est l'expertise dans le brouillage des paraboles satellites.

C'est pas le même type de satellite que Starling qui va plus en altitude, mais ils ont un savoir-faire local que j'ai connu moi-même parce que mon écran de télévision a était brouillé à l'époque en 2007-2008. Et donc il savent faire brouiller les paraboles parce que avant la libéralisation de l'internet et tout ça la la République islamique a perdu le contrôle du de l'information dès les années 90 avec l'émergence des télévisions par satellite. Donc c'est un combat ancien.

Donc ils ont une expertise particulière. Les Russes peuvent aider néanmoins l'Iran, la République islamique d'Iran à détecter et à localiser les équipements. Et après, ils peuvent brouiller les signaux GPS.

Mais ça permet pas, vous avez raison, une coupure de Starlink, ça permet une réduction du débit de connexion de 30 à 80 % selon l'ONG Mian M2 N qui est une ONG de tech iranienne donc en Occident et qui étudie cette question de Starling depuis le mouvement femme vie liberté. Donc il y a beaucoup de donc il y a une si vous voulez il y a la République islamique produit si vous voulez une réponse politique euh de type surveillance digitale. Mais la diaspora iranienne et les ingénieurs iraniens produisent des systèmes aussi de contournement et travaillent aussi sur comment contrer cette politique.

Donc ils sont extrêmement actifs. Ils étudient ça de manière extrêmement précise et ils ont une compétence par exemple sur les VPN sur donc il y a beaucoup de VPN qui sont produits ou des versions de WhatsApp à tous les réseaux sociaux qui sont interdits. Il y a tout un travail qui est fait par la communauté tech iranienne.

J'ai parlé de la Sicone Vallée, de la présence de la communauté iranienne dans la Silicone Vallée. Ça c'est une chance pour les Iraniens à l'intérieur du pays pour maintenir un certain de niveau de connectivité. Euh donc il y a peut-être peut-être un moyen euh en tout cas ils peuvent pas brouiller si vous voulez le signal Starlink sur l'ensemble du pays.

C'est localisé. Donc ils peuvent aussi effectuer des raides sécuritaires pour capter et détecter via la vidéosurveillance le déploiement de ces équipements. Donc il y a deux moyens.

Il y a le brouillage et aussi des interventions des forces de sécurité du ministère des renseignements pour confisquer le matériel. Merci beaucoup. Merci de d'abord de d'avoir répondu un peu rapidement à notre à notre sollicitation d'hier.

Merci d'avoir éclairé la commission sur par vos connaissances sur sur l'Iran et sur des sujets que nous évidemment des questions que nous nous posons tous depuis quelques jours. Et je voudrais évidemment avoir pour terminer une pensée pour ces milliers de victimes de l'oppression des mol et et en espérant évidemment une une fin euh moins malheureuse que ce que nous pouvons imaginer. En tout cas, merci euh pour votre pour votre passage et puis nous n'hésiterons pas à vous resolliciter le cas échéant et puis merci aux collègues qui ont posé de très nombreuses et très intéressantes questions.

Euh je vous souhaite une bonne semaine professeur et j'ai encore quelques annonces paroissiales à faire si vous le voulez bien. Euh je vous accompagne mais j'en ai pas pour longtemps. Euh mes chers collègues, je rappelle que nous avons un certain nombre de je parle pour Rachid, je parle pour Akli qui m'écoute pas, mais on a un certain nombre de missions sur lesquelles on doit désigner les rapporteurs et les personnes que vous souhaitez envoyer et on est très très friant d'avoir l'information parce que tout le monde a quasiment donné, il reste un certain nombre de voilà de de missions sur lesquelles on doit nommer les gens et et on a besoin il y a des missions qu'on va faire très très rapidement.

Donc, on aurait besoin que vous nous donniez les noms pour toutes les missions qu'on avait définies. Et ensuite, on doit désigner deux rapporteurs sur le projet de loi pour le premier autorisant l'approbation de la convention d'extradition entre la France et la Colombie. Et donc, je vous propose de désigner Jean-Luc Ruel du groupe LR et sur le projet de loi autorisant l'approbation de la convention de coopération judiciaire internationale entre la France et l'Organisation internationale des Nations l'Organisation des Nations unies pardon représentée par le mécanisme d'enquête indépendant pour le Minamar pour la Birmanie.

Je vous propose donc de désigner notre collègue Evveline Per du groupe UC et donc sur le enfin le projet de loi autorisant l'approbation de la résolution relative aux amendements et l'accord portant création du fond africain de développement, je vous propose de désigner notre collègue Marie-Arlette Carlotti du groupe SER et s'il n'y a pas de position, il en est ainsi décidé. Les trois textes donc devraient être examinés en février. Je vous remercie.

Je vous souhaite une bonne journée. Ok.