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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 1 septembre 2023 22 minAutoproduitFond programmatiqueÉducation & rechercheÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsDéfense

Déclaration du Président Emmanuel Macron depuis le Lycée professionnel d'Argensol.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00Emmanuel MacronFait
    « L'école dans notre pays est laïque, gratuite et obligatoire. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci beaucoup, en tout cas, d'être là. Je suis heureux, aux côtés des ministres, de pouvoir faire cette pré-rentrée ici à Orange, dans ce lycée professionnel. Je veux en remercier la proviseure, l'ensemble des enseignantes et enseignants, tout le personnel administratif aussi, et celles et ceux qui permettent à ce lycée d'accueillir, dès la semaine prochaine, à nouveau ses élèves.

L'objectif, c'est évidemment de marquer l'importance de cette rentrée et, au-delà des lycées professionnels, de remercier tous nos enseignants et de redire l'importance aussi de l'école, de l'Éducation nationale et de l'engagement que nous prenons à la fois pour eux, pour la refonte très profonde de notre système, une meilleure éducation et une formation de nos jeunes. Le lycée professionnel, je l'ai présenté au mois de mai dernier, est une cause nationale parce que c'est un tiers de nos lycéens et parce que c'est un lycée dont, on le sait, les élèves sont marqués tout particulièrement par une forme de déterminisme familial et social. Ce sont souvent des élèves qui viennent de milieux plus en difficulté et qui ont eu des parcours souvent plus difficiles dans leur enseignement en école et au collège.

C'est malheureusement, aujourd'hui, un ensemble où il y a trop de décrocheurs et pas assez d'insertion professionnelle. Donc, l'objectif de la transformation que nous sommes en train de mener avec l'ensemble des enseignants et des chefs d'établissements, c'est d'abord d'investir massivement dans le lycée professionnel, c'est ce que nous faisons avec 1 milliard au total d'investissement de permettre de revaloriser le métier d'enseignant et, au-delà avec le Pacte qui est spécifique pour le lycée professionnel, d'arriver à des augmentations substantielles de la rémunération mensuelle, c'est-à-dire revalorisation socle plus ceux qui suivent le Pacte enseignant pour le lycée professionnel. Certains auront entre 650 et 700 € net de plus par mois.

Vous voyez, c'est une vraie révolution salariale et de reconnaissance. Derrière, c'est de se mobiliser et de donner les instruments pour aller vers 0 % de décrocheurs et 100 % d'insertion, avec des moyens qui sont donnés d'abord pour faire des tests dès cette rentrée de niveau, pour ensuite former aux savoirs fondamentaux celles et ceux qui menacent de décrocher, pour pouvoir mobiliser aussi tout ce qu'on connaît, qui existe et qui ne pouvait pas l'être durant l'année scolaire lorsque les difficultés étaient identifiées, par exemple d'avoir accès à un EPIDE, ou une école de la deuxième chance ou d'autres dispositifs de ce genre, et d'améliorer par ailleurs les mécanismes d'insertion professionnelle. D'abord, en adaptant la carte des formations et donc en repensant et parfois en fermant des formations qui n'ont pas assez de débouchés, soit vers les études supérieures, soit vers un emploi, en ouvrant des formations qui sont nécessaires parce qu'on a des besoins identifiés aujourd'hui ou demain, en ayant plus de professeurs associés qui viennent du monde de l'entreprise, en ayant ces bureaux des entreprises au sein de nos lycées, qui vont pouvoir améliorer ce lien et , surtout, trouver plus facilement et systématiquement des stages pour nos élèves et, enfin, en rémunérant ces stages.

Voilà l'ensemble de la mobilisation que nous accompagnons aujourd'hui. Je veux remercier les 2 100 chefs d'établissement qui font leur pré-rentrée en ce jour à la tête des lycées professionnels, et l'ensemble des enseignants qui accueilleront les élèves la semaine prochaine. Vous l'avez compris, l'école est à mes yeux un sujet déterminant.

C'est pour ça que je voulais être aux côtés de nos ministres en cette pré-rentrée. Je veux remercier l'ensemble des chefs d'établissement et des enseignants qui font leur pré-rentrée, quel que soit, cette fois-ci, le cycle, et qui, dès la semaine prochaine, accueilleront nos enfants et nos adolescents. Bonjour, Monsieur le président de la République.

Il y a un sujet qui s'est imposé ces derniers temps dans l'actualité, ce sont les atteintes à la laïcité. Il y a eu cette décision forte du ministre de l'Éducation nationale qui est à vos côtés, d'interdire l'abaya et le qamis. Mais est-ce que ce sera suffisant lorsqu'on voit la crainte de certains enseignants d'aborder tel ou tel sujet, crainte peut être justifiée compte tenu de ce qui s'est passé assez récemment dans notre pays, je parle bien évidemment de la mort de Samuel Paty, par exemple.

D'abord, je veux redire que nous avons toujours été inflexibles sur ce sujet. Quelques semaines, malheureusement, avant l'assassinat terrible de Samuel Paty, et j'ai évidemment une pensée pour lui et toute sa famille en ce moment de rentrée, j'avais annoncé aux Mureaux un plan d'action pour lutter contre tous les séparatismes et renforcer la laïcité à l'école et ailleurs. C'est d'ailleurs sur la base de ce discours qui avait précédé cet attentat terroriste terrible sur notre sol que j'avais lancé ce plan de travail.

Une loi s'en est suivie, qui nous a permis, je veux le rappeler ici, de fermer des centaines d'associations et d'établissements dans lesquels étaient déscolarisés nos enfants, au nom de la religion. Oserais-je dire d'un détournement de la religion ? Donc nous n'avons jamais montré quelque complaisance que ce soit, en particulier en renforçant les obligations d'aller à l'école et de contourner le système qui est le nôtre.

Ensuite, vous avez raison de dire qu'il y a des atteintes à la laïcité. Nous sommes lucides et nous les regardons en face. Mais la volonté du gouvernement et de moi-même, et ce qu'a rappelé à juste titre le ministre, c'est que l'école dans notre pays est laïque, gratuite et obligatoire.

Mais elle est laïque parce que c'est la condition même qui rend possible la citoyenneté. C'est ce qui fait que, dans notre école, et c'est la base du modèle français, il est au cœur du pacte républicain, quelle que soit l'origine, quelle que soit la religion, la famille de pensée des parents, de la famille d'un enfant ou d'un adolescent, il arrive à l'école pour être formé aussi comme citoyen. Donc les signes religieux, quels qu'ils soient, n'ont pas lieu d'y avoir une place, et nous défendrons avec vigueur cette laïcité.

Des circulaires ont été prises, le ministre a été clair, et la clarté de ses propos avait aussi vocation à dire, je fais référence à ce que vous avez dit, à juste titre, dans votre question, au fait que les enseignants et les chefs d'établissement ne doivent jamais être laissés seuls face aux pressions qu'ils subissent ou aux défis qui existent sur ce sujet. Ils ont raison de défendre la laïcité. Nous devons les soutenir quand ils sont menacés et bousculés.

Il n'y a pas d'interdits quand on évoque les principes de la République, qui ne doivent pas être simplement défendus, mais enseignés dans notre école. Nous serons intraitables sur ce sujet et, avec le pragmatisme qui doit à chaque fois accompagner la détermination, au-delà des mots, nous mènerons les actions. Dans les lycées ou les collèges qui sont les plus sensibles, des personnels spécifiques seront détachés aux côtés des chefs d'établissement et des enseignants pour les soutenir et pour engager aussi un dialogue nécessaire avec les familles et les élèves.

Mais on ne laissera rien passer. À la rentrée, je vais être franc avec vous, on sait qu'il y aura des cas. Il y aura les uns par négligence peut-être, mais enfin beaucoup pour essayer de défier le système républicain.

Nous devons être intraitables. Simplement, les hussards de la République, celles et ceux qui sont au front, ce sont les enseignants. On ne doit jamais laisser s'installer l'idée qu'ils seraient seuls ou qu'ils doivent céder à une pression.

Ce qui était très important et ce que le ministre a dit, à juste titre, c'est que l'État, la République est derrière eux, et ils ont raison. Monsieur le Président, vous avez passé mercredi, à Saint-Denis, 12 heures d'affilée avec tous les chefs de parti réunis. La plupart d'entre eux nous ont dit à la sortie qu'ils n'en avaient pas retenu grand chose, finalement, qu'il n'était pas sorti grand chose de cette réunion.

Et vous, vous en retenez quoi ? D'abord, je veux remercier le président du Sénat, la présidente de l'Assemblée nationale, le président du Conseil économique, social et environnemental et, en effet, les responsables de partis politiques ayant un groupe à l'Assemblée et au Sénat, d'être venus à ces rencontres de Saint-Denis et d'avoir échangé. Ensuite, je pense que, dans les responsabilités qui sont chacune et chacun les nôtres, le respect que nous nous devons et que nous nous devons peut-être à nous- mêmes consiste à dire que je pense que nul ne resterait 2 heures autour d'une table pour n'y rien dire.

Donc nous y avons manifestement tous trouvé un intérêt et une volonté commune, et je m'en félicite. Troisième élément, c'était un moment d'unité, d'exigence, de reconnaissance et de responsabilité. D'unité parce que, pour la 1re fois dans l'histoire de notre République, il y a eu un tel discours à ce niveau.

Personne n'écoutait, il n'y avait pas de collaborateurs, près de personne, et pas de salle d'écoute. Donc c'était un dialogue franc, sincère, mais enfin direct. Ensuite, de reconnaissance des diversités et des pluralités, mais aussi des convergences.

Je l'ai noté, il y a des sensibilités différentes, mais, enfin, j'ai entendu, chez l'ensemble des responsables de notre pays, un clair soutien à l'Ukraine, à son intégrité territoriale et au rôle de la France. Je le dis avec beaucoup de force parce que ce n'est pas vrai partout en Europe. Donc je pense que c'est une force pour la France d'avoir aussi cette unité sur certains sujets.

Je ne vais pas ici vous en faire le compte rendu. D'abord parce que, ce que j'ai acté avec les participants, c'est que j'allais moi-même prendre la plume et, dans les prochains jours, leur écrire, personne ne peut le faire pour moi puisque personne n'y a assisté, à l'exception de la Première ministre et moi-même. Mais écrire ce que j'en ai retenu et la méthode que je propose pour avancer.

Mais on a bien vu que, sur les sujets de notre vie démocratique et de l'efficacité de notre action, élus nationaux, territoriaux ou autres, il y avait une volonté d'améliorer les choses. Certains débats institutionnels, allant du référendum à la décentralisation en passant par certaines modalités du vote, ont été soulevés. Il n'y a pas d'unanimité, mais il y a parfois de vrais consensus qui se dégagent, en tout cas des volontés très larges d'avancer.

Donc je vais leur proposer une méthode pour avancer sur ces sujets sur la question du "faire nation" que nous avons également abordée. L'école, l'écologie et plusieurs autres sujets ont été abordés, qui sont tous très importants, et je ne veux pas ici être trop long et les lister, mais chacun aura sa traduction dans l'action commune parce que ce sont des actions sur lesquelles je veux qu'on découle. La question en particulier aussi des salaires et du pouvoir d'achat grâce au travail faisait l'objet d'une convergence qui nous a conduits à tous nous mettre d'accord sur l'importance d'ouvrir une phase de dialogue politique et sociale nouvelle, en particulier dans les filières, les branches professionnelles sur lesquelles il y a beaucoup de nos compatriotes qui sont embauchés dans des conditions de travail ou des niveaux de salaire qui sont jugés trop bas, mais aussi pour travailler sur les carrières, sujet qui est porté par l'ensemble des partenaires sociaux.

Les instruments vers lesquels nous convergerons, il est trop tôt pour le dire, mais rien n'est exclu. J'ai noté d'ailleurs que, dans plusieurs formations politiques, il y avait la volonté, pour les uns de porter des projets de loi transpartisans, pour les autres d'aller vers des référendums, et rien ne doit être exclu à ce stade. Monsieur le Président, un mot sur la situation internationale.

La junte militaire au Niger a demandé l'expulsion de l'ambassadeur français. Comment est-ce que vous réagissez à cela ? Face à la multiplication des coups d'État, je pense notamment au Gabon ces derniers jours, est-ce que vous craignez pour la sécurité des ressortissants français sur le continent africain ?

Je vais d'abord dire à l'ensemble de nos compatriotes qui vivent sur le continent africain que nous avons, premièrement, une communication pays par pays très réactive. Je remercie l'ensemble des agents du Quai d'Orsay de cette mobilisation qui les prévient. Il faut vraiment écouter ce que dit le Quai d'Orsay et suivre ses recommandations, qu'on soit, d'ailleurs, résident ou touriste dans ces pays.

Donc il ne faut pas faire de généralisation, ni avoir quelque propos trop global, il faut suivre les recommandations du Quai au cas par cas. Ensuite, la France, et nous l'avons d'ailleurs montré dans des pays où nous sommes beaucoup moins présents, comme le Soudan ces derniers mois, a des capacités internationalement reconnues d'évacuation de ses ressortissants lorsque des situations difficiles interviennent. Je vais ici, d'ailleurs, redire que c'est nous qui avons évacué au Soudan une bonne partie de la communauté internationale.

Vous évoquez le Niger. Nous avons procédé à des évacuations il y a plusieurs semaines, lorsqu'elles étaient nécessaires, en le faisant aussi pour le compte de beaucoup d'autres pays européens et non européens. Donc je veux avoir un mot de soutien, mais aussi pour rassurer nos compatriotes.

Deuxième chose, je ne compare pas la situation au Gabon et au Niger, elle est très différente. Mais partout nous condamnons les coups d'État militaires, et nous appelons à respecter ce qui sort des urnes. Nous nous sommes déjà exprimés sur la question du Gabon.

Nous aurons l'occasion d'y revenir dans les prochains jours en fonction de ce que les putschistes décideront. Mais la France, de manière globale, condamne évidemment tous les coups d'État militaires parce que ce n'est pas la voie d'une transition. Nous défendons les responsables démocratiquement élus.

Pour ce qui est du Niger, c'est le cas. Je veux ici saluer l'engagement, l'action et le courage du président Bazoum. Il a été démocratiquement élu.

Il mène un travail courageux pour son pays, pour lutter contre la pauvreté, pour la sécurité et contre le terrorisme, avec des vrais résultats. Il a eu la France comme partenaire fiable et loyale, ces dernières années, en particulier ces derniers mois qui nous ont permis d'avoir des vrais résultats. Le putsch qui s'est joué il y a quelques semaines, fin du mois de juillet, et qui a conduit à ce que vous ayez un président élu qui soit aujourd'hui pris en otage par ces putschistes, est absolument inacceptable, et nous l'avons condamné à la première seconde.

Je parle chaque jour au président Bazoum. Nous le soutenons. Nous ne reconnaissons pas les putschistes, c'est pourquoi nous ne suivons pas ce que les putschistes disent, parce qu'ils n'ont aucune légitimité pour le faire.

Donc, quelles qu'elles soient, nous prendrons les décisions sur la base d'échanges avec le président Bazoum. Mais notre volonté est aussi d'appuyer les décisions courageuses et claires prises par l'organisation régionale qu'est la Communauté des États d'Afrique de l'Ouest, qui a décidé de condamner ce putsch, qui a pris des sanctions économiques et financières lourdes, et qui souhaite maintenant que celui-ci acte cette condamnation régionale et restaure l'ordre constitutionnel clairement établi. C'est la ligne de la France, nous ne ferons pas autre chose.

Monsieur le Président, le Nigeria et l'Algérie ont ouvert la porte à une transition militaire au Niger, ces derniers jours. Est-ce qu'on ne s'éloigne pas, de facto, de toute autre solution ? La France n'est-elle pas de plus en plus seule sur la question nigérienne et, accessoirement, est-ce que vous allez maintenir l'ambassadeur de France ?

Je l'ai dit, sur la décision qui est la nôtre et après, de toute façon, nous suivrons les évolutions. Je veux ici dire que la solitude, quand elle est fidèle aux principes et au respect qu'on doit au peuple, ne me gêne pas. Je pense qu'on ne peut pas dire qu'on a du respect pour les peuples africains et leurs citoyens, et dire que la communauté internationale pourrait s'indigner d'un coup d'État anti-démocratique en Europe, mais qu'elle devrait s'en accommoder quand c'est sur le continent africain.

Je n'arrive pas à vous l'expliquer, et je pense que je ne pourrai pas l'expliquer à des opinions publiques ou à vos collègues du continent africain. Nous devons être clairs. Je pense que nous avons raison de suivre cette politique.

Je note que c'est celle de l'organisation régionale. Je n'ai pas vu que la CEDEAO avait changé de position sur ce sujet. Bien, merci à tous.

Sur l'école, une dernière question. Est-ce que la promesse d'un enseignant dans chaque classe pourra être tenue à la rentrée et, si c'est le cas, combien de temps pourra-t-elle être tenue ? Elle sera tenue à la rentrée, je parle sous le contrôle du ministre de l'Éducation nationale, et je remercie le ministre et ses services de cette mobilisation.

D'abord, parce que le problème, et il demeure et nous préoccupe, est beaucoup moins important qu'à la rentrée et pré-rentrée dernières. Nous avons déjà beaucoup réduit cette difficulté. Il est tout à fait vrai qu'il y a encore des cas qui existent.

On y apportera une réponse dans les prochains jours pour que nous ayons, devant chaque classe, les professeurs qui sont attendus par les élèves et les parents d'élèves. C'est une responsabilité. C'est vrai que c'est ce qui nous conduit à recruter des contractuels.

Je veux ici aussi remercier l'ensemble de ces contractuels qui font un excellent travail et qui sont de formidables enseignants. Donc oui, la promesse sera tenue parce que c'est un devoir républicain. La deuxième chose, et je veux insister sur ce point en cette rentrée, c'est qu'il ne faut pas simplement regarder s'il y a un professeur devant les élèves au moment de la rentrée, mais il faut regarder tout au long de l'année.

Nous avons mené un combat contre les absences et les non remplacements longs dans le premier quinquennat, et nous avons quasiment éradiqué ce problème, c'est-à-dire les absences de plus de 15 jours. Dans notre système, depuis toujours, les absences courtes et les non remplacements de moins de 15 jours n'étaient même pas mesurés. Nous avons donc décidé, pas simplement de les mesurer, mais de les corriger.

Nous estimons qu'il y a 15 millions d'heures, chaque année, d'enseignement qui sont perdues par des absences non remplacées, qui sont très courtes. Donc c'est le plan de bataille que nous lançons avec une mobilisation du ministre. C'est grâce au Pacte pour nos enseignants, parce que ça fera partie des missions qui seront rémunérées en plus, et aux heures supplémentaires.

C'est grâce aussi à une meilleure organisation, et je remercie à nouveau nos chefs d'établissement qui sont à un niveau de responsabilité déterminant pour gagner cette bataille, parce que ça se gère dans l'établissement. Que va-t-on faire pour ça ? On va, au maximum, faire en sorte que les formations dispensées à nos enseignants ne soient pas sur les heures devant les élèves, mais en dehors.

Deuxièmement, on va essayer de récupérer tout le temps enseignant qu'on peut pour les libérer des surveillances d'examens et libérer aussi les locaux de nos classes de l'organisation des examens. C'est très pratico pratique, mais tous les parents d'élèves qui nous écoutent savent qu'ils perdent aussi beaucoup d'heures quand les profs sont pris dans les examens en fin d'année, voire quand le collège ou lycée est mobilisé sur le brevet ou sur le bac. Il faut sortir de cette situation.

Troisièmement, avec cette organisation concrète, on va mettre en place un système dans chaque établissement. On les mesure, on sait quels sont les professeurs mobilisables, et on paye mieux les professeurs qui acceptent de prendre l'heure qui n'est pas assurée par un collègue, qui ne le peut pas pour des raisons de santé ou autre. Deuxième élément que je voulais rappeler, c'est une bataille essentielle pour la qualité de notre éducation.

Le dernier point, c'est que, si on veut résoudre dans la durée le problème que vous évoquez et qui est très important pour notre école, pour nos parents d'élèves et nos élèves, il faut rendre le métier de professeur, et en particulier de professeur titulaire, plus attractif, qu'on ait envie de le faire. Le premier élément, c'est qu'il faut le reconnaître et dire que c'est un beau métier et que c'est important pour la société. C'est vrai que le débat public, madame la Proviseure me le rappelait tout à l'heure, à juste titre, a pu, ces dernières années, par des facilités, avoir des propos qui n'étaient pas ceux que la République doit à ses enseignants.

Ils sont en charge de nos enfants et de nos adolescents mais, surtout, ils en font des républicains et des citoyens. Ils leur apprennent l'esprit critique et des savoirs, et ils leur permettent de construire une vie. Donc on doit marteler le fait que c'est un métier important qui justifie la reconnaissance de la nation.

Ensuite, il faut être cohérent, cette reconnaissance doit aussi être financière. C'est ce que nous avons fait par un investissement inédit, plus de 7 milliards d'euros sur les 18 derniers mois, par une revalorisation inconditionnelle qui fait que, je le rappelais tout à l'heure, là où, il y a 5 ans, vous aviez beaucoup d'enseignants en début de carrière qui commençaient à 1 600, 1 700 €, plus personne ne commence sa carrière en dessous de 2 100 € aujourd'hui, plus aucun professeur titulaire. Donc on a revalorisé tout le monde, et les engagements sont tenus de rentrée à rentrée.

C'est un geste qui était nécessaire. Donc tous les enseignants ont été revalorisés en début, en cours et en fin de carrière, selon les conditions qui avaient été négociées et qui font que c'est une augmentation nette de 125 à 250 € net par an, de rentrée à rentrée. En plus de ça, par le Pacte, celles et ceux qui s'engagent pour nos élèves auront, je le disais tout à l'heure, en plus de la base, des rémunérations supplémentaires qui peuvent aller jusqu'à plus de 700 € net par mois dans le lycée professionnel, et des sommes comparables bien évidemment dans le lycée général et le collège.

Donc c'est une petite révolution des salaires et de la reconnaissance qui rend ce métier plus attractif. Maintenant, ce que j'ai demandé au ministre, c'est de travailler sur la formation. Ce que nous voulons faire, c'est aussi une formation dès l'après-bac, professionnalisante et plus visible, qui va nous permettre de mieux planifier nos besoins et de revenir à un système qu'on connaissait par le passé et qui fonctionnait, qui est un peu celui des écoles normales.

Il faut qu'on puisse permettre à nos jeunes bacheliers et bachelières qui veulent aller vers ce beau métier, d'être formés aux savoirs fondamentaux nécessaires au métier d'enseignant dès l'après-bac et d'avoir une formation intégrée, ce qui nous permettra aussi, par rapport aux besoins qu'on connaît, d'ici 3, 4 ou 5 ans, d'avoir le bon système de recrutement et pas simplement d'ouvrir des concours année après année. C'est ça, le plan de bataille, le plan d'urgence, la revalorisation du métier, le Pacte et la formation. On la gagnera !

Le Pacte, est-ce qu'il faut qu'il soit obligatoire pour que tous les élèves aient les mêmes chances ? Non, il y a une partie du Pacte est obligatoire pour la rémunération. Ensuite, toutes les missions, il y a une partie inconditionnelle pour qu'ils aient les mêmes chances.

Moi, je crois à l'esprit républicain de nos enseignants, et c'est là où les chefs d'établissement ont un rôle très important, je leur rappelais à l'instant avec le ministre. Pour qu'il y ait l'égalité des chances, il faut s'assurer qu'il y ait un niveau minimum d'enseignants par établissement qui suivent le pacte, ce sera la responsabilité des chefs d'établissement et des rectorats, et qu'on flèche des enseignants qui sont sur le Pacte sur les missions les plus essentielles. Donc on est très attachés à ça.

Je suis attaché à l'égalité des chances pour les élèves, et donc on sait qu'il faut un certain niveau d'enseignants qui adhèrent au pacte, par établissement. Donc il faut les convaincre et, ensuite, il faut qu'ils aillent sur les missions prioritaires. Le deuxième élément, c'est qu'avec l'égalité, il y a la reconnaissance de l'engagement.

Je pense que c'est très important que la République aussi reconnaisse des enseignants qui sont particulièrement engagés, qui veulent faire des tâches nouvelles, et on en connaît tous et toutes, ils ont parfois changé nos vies, et qu'on accepte que la rémunération soit différenciée. Je crois dans l'égalité des chances, et nous veillerons à ce que la mise en œuvre de ce Pacte la préserve totalement, mais je crois aussi à la reconnaissance du mérite, et en particulier de l'engagement des établissements et des enseignants. Merci.

Merci beaucoup, Mesdames et Messieurs. À bientôt.