Lecornu présente son budget, la gauche et la droite réagissent
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- 4:00Sébastien LecornuFait
« aucun relèvement de l'âge n'interviendra à partir de maintenant jusqu'à janvier 2028 »
- 4:30Sébastien LecornuChiffre
« la suspension de la réforme des retraites coûterait 400 millions d'euros en 2026 et 1,8 milliards en 2027 »
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Après la nomination de son nouveau gouvernement, ce dimanche, le Premier ministre Sébastien Lecnu a dévoilé ce mardi son nouveau projet de budget qui pourra être discuté, modifié, voire rejeté. Mais alors, quelles sont les premières pistes de ce nouveau budget et va-t-il permettre d'éviter la censure ? Salut, c'est Blanche, j'espère que vous allez bien.
C'est le sujet à la une de ces actu. Ce lundi, Sébastien Lecornu a proncé sa déclaration de politique générale. C'est un rendez-vous très important dans la vie politique française.
Le Premier ministre, il présente le programme et les priorités du gouvernement devant l'Assemblée nationale et notamment les grandes lignes de son budget. Le budget, c'est un texte crucial qui fixe combien l'État prévoit de dépenser et comment il compte financer ses dépenses pour l'année. Pour être adopté, il doit obtenir la majorité simple à l'Assemblée nationale, c'est-à-dire plus de la moitié des voix des députés présents, sinon il n'est pas voté.
Et c'est justement ce manque de soutien qui avait poussé le Premier ministre Sébastien Lecnu à démissionner le 6 octobre dernier. Finalement, il a été renommé au même poste le 10 octobre et il cherche donc aujourd'hui de nouveau à obtenir une majorité de soutien au Parlement. le texte presse car le budget doit en théorie absolument voté avant le 31 décembre pour être mis à jour dans les temps.
Alors on va pas rentrer dans tous les détails ici mais cette échéance est fixée par la Constitution donc la norme suprême en France et les procédures parlementaires qui prévoient que la loi finance doit être promulguée et publiée au plus tard à cette date. Autrement dit, si cette tentative de faire passer le budget n'arrive pas à son terme, l'une des options, c'est d'adopter une loi spéciale pour renouveler provisoirement le budget 2025, lui-même reconduit depuis 2024, afin d'assurer le fonctionnement de l'État et des collectivités. Mais ça réduirait les marges de manœuvre car ce budget n'est plus à jour.
Aujourd'hui, si ce budget est si difficile à faire voter, c'est déjà car le contenu lui-même du budget suscite beaucoup de débats au sein des partis politiques. On va y revenir, mais aussi car aujourd'hui aucun parti n'a de majorité clair à l'Assemblée nationale, ce qui oblige le gouvernement à négocier avec plusieurs partis pour espérer obtenir leur soutien. Mais vous l'aurez compris, il est difficile de mettre tout le monde d'accord.
Maintenant qu'on sait tout ça, que contient très concrètement la nouvelle proposition de budget ? Dans son discours de politique générale, Sébastien Lecornu a proposé de suspendre la réforme des retraites de 2023 jusqu'à l'élection présidentielle. Selon lui, aucun relèvement de l'âge n'interviendra à partir de maintenant jusqu'à janvier 2028.
Concrètement, l'âge légal de départ qui devait être initialement porté progressivement à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968 resterait donc à son niveau actuel, soit 62 ans et 9 mois. la durée de cotisation nécessaire pour partir à tauplin, c'est-à-dire en recevant le montant complet de sa pension de retraite sans réduction qui devait aussi augmenter progressivement en passant de 168 à 172 trimestres, soit 43 ans est aussi suspendu à son niveau actuel, soit 170 trimestres. À noter tout de même que Sébastien Lecornu a annoncé que la suspension de la réforme des retraites coûterait 400 millions d'euros en 2026 et 1,8 milliards en 2027 et qu'elle devra donc être, je cite, compensée par des économies.
Pour se faire, le Premier ministre a proposé d'organiser une conférence sur les retraites et le travail en accord avec les partenaires sociaux. L'objectif ? Trouver un accord concernant l'avenir de la réforme des retraites avant l'élection présidentielle de 2027.
Cette suspension concerne donc à la fois l'âge de départ et la durée de cotisation comme demandé par le Parti socialiste. On y revient dans un instant. Au-delà de cette annonce, ce nouveau budget prévoit 30 milliards d'euros d'économie contre 44 milliards pour celui de l'ex-premier ministre François Bairou.
L'objectif semble être d'adopter un plan moins drastique qui serait mieux accepté par les politiques et la population. L'ancien budget qui avait conduit à la démission forcée de François Baou était critiqué car il faisait peser les économies surtout sur les foyers modestes en épargnant les plus riches. On en avait déjà parlé dans notre format des actue Zucman avait été proposée par la gauche pour rééquilibrer la balance en taxant les plus riches et générer selon ses auteurs près de 20 milliards d'euros d'économie.
Comment ? En instaurant une taxe de 2 % par an sur les patrimoines qui dépassent 100 millions d'euros. Ça représenterait environ 1800 foyers fiscaux en France, soit moins de 0,01 % des contribuables.
Dans ce nouveau budget, pas de taxes Zucman mais d'autres taxes sont proposées. De son côté, Sébastien Lecornu, mise sur une série de mesures fiscales ciblées qui gratteraient en quelque sorte des milliards d'économies par-ci parlà afin d'atteindre un effort total de 30 milliards d'euros. Parmi ell, il y a l'idée d'une taxe sur le patrimoine financier des holdings familiales, actuellement faiblement taxé et qui est parfois utilisé pour contourner l'impôt.
Un holding familial, c'est une société qui gère l'argent et les biens d'une famille et donc cette mesure devrait rapporter jusqu'à 1 milliard et demi d'euros. Le budget propose aussi le prolongement avec quelques modifications de deux taxes dites exceptionnelles mises en place en 2025. l'une sur les grandes entreprises qui devraient rapporter 4 milliards d'euros selon le gouvernement et l'autre sur les hauts revenus qui devraient rapporter plusieurs milliards d'euros supplémentairire.
Au-delà des taxes, ce budget propose de nouveau l'idée d'une année blanche émise par François Baou. Concrètement, ça signifie que les prestations sociales comme les pensions de retraite ou l'allocation chômage pourraient être maintenu au niveau de 2025 sans augmentation, même en cas d'inflation, donc de hausse générale des prix. Le projet de budget prévoit aussi notamment de ne pas remplacer plus de 3000 postes de fonctionnaires qui travaillent donc pour l'État en 2026.
L'effort devrait se traduire par la suppression de 1735 emplois publics parmi les 434 opérateurs et agences de l'État. Dans la forme, le Haut Conseil des finances publiques qui est une instance indépendante placée auprès de la Cour des comptes estime que ce budget n'est pas totalement irréaliste, mais qu'il repose, je cite, sur des hypothèses économiques optimistes et qu'il paraît globalement ambitieux. Pour autant, comme je le disais, ce budget n'est pas encore validé et il pourrait être amené à être modifié au parlement.
Sébastien Lecnus est d'ailleurs engagé à ne pas utiliser le 493, un article qui permet au gouvernement de faire passer une réforme, donc ici le budget, sans le vote des députés à l'Assemblée nationale. Mais alors, que pensent les différents partis de ce budget et Sébastien Lecorn risque-t-il la censure ? Et bien ce lundi, avant même de connaître les contours de ce prochain budget, la France insoumise et le Rassemblement national ont annoncé déposer une motion de censure contre le gouvernement.
Pour qu'elle soit votée, cette censure doit recueillir la majorité absolue des députés de l'Assemblée nationale, soit au moins 289 voix sur les 57 au total. Ce lundi, le porte-parole du RN a justement annoncé sur France info que son parti était prêt à voter la motion de censure déposée par LFI, tout comme les écologistes. À l'heure où je tourne, on n' pas encore la position du parti communiste français, mais avant l'annonce de cette suspension, il avait annoncé sa volonté de voter la censure.
Le chef de fil des députés LR à l'Assemblée nationale a appelé à ne pas voter la censure. Tous les regards se portent donc aujourd'hui sur le Parti socialiste sur lequel repose l'avenir du gouvernement s'il espère ne pas être poussé à la démission. Et justement pour éviter de censurer le gouvernement, le PS réclamait la suspension immédiate et totale de la réforme des retraites adoptée en 2023 qui comprend à la fois le report progressif de l'âge légal de départ de 62 à 64 ans et l'augmentation du nombre de trimestres de cotisation.
Le PS insistait aussi sur le fait de taxer davantage les ultra riches et de renoncer au 493 pour les débats sur le budget. Des conditions qui semblent désormais réunies, ce qui signifie en théorie que le Parti socialiste ne devrait pas voter les motions de censure et peut-être même à terme voter le budget 2026. Mais Olivier Fort, le premier secrétaire du parti et l'invité du JT de 20h de TF1 ce mardi soir, on vous tiendra au courant.
Selon des participants à une réunion avec les représentants des députés de la coalition gouvernementale et les ministres cité par BFM TV, Sébastien Lecnu aurait en tout cas affirmé ce mardi que si cette semaine ne se passe pas bien, la dissolution deviendra inéluctable. De son côté, Emmanuel Macron estime que les motions de censure déposées par LFI et le RN sont en réalité des motions de dissolution. On suivra évidemment tout ça.
Je vous laisse avec Sami pour les actualités en bref. Merci Blanche et bonjour à tous. On commence avec cette info.
Les présidents des États-Unis, de la Turquie, de l'Égypte et du Qatar ont signé l'accord de cesser le feu du plan de paix pour Gaza ce lundi. Il s'agit des quatre pays médiateurs réunis depuis lundi à Charmelcheck en Égypte accompagné d'une vingtaine d'autres chefs d'état dont Emmanuel Macron. En devenant signataire de ce plan de paix à Gaza, ces quatre pays se portent gars de l'accord visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hamas.
Sel président américain Donald Trump, le document va détailler les règles et les dispositions et bien d'autres choses sans pour autant donner plus de détails sur ce qu'il contient. En parallèle, Israël attend encore que le Hamas restitue les corps de 24 otages morts qui étaient encore retenus à Gaza et dont les lieux d'inumation sont encore inconnus. Ce mardi, l'ONU et le comité international de la Croix-Rouge ont également réclamé l'ouverture de tous les points de passage de la bande de Gaza pour permettre d'acheminer l'aide humanitaire comme le prévoit l'accord de paix.
Deuxième info à Madagascar. L'unité militaire rallée à la contestation appelée Capsat a affirmé ce mardi prendre le pouvoir après la destitution du président André Rajolina. Le colonel Michaell Randrianina a indiqué dissoudre le Sénat et la haute cour constitutionnelle mais continuer de laisser travailler l'Assemblée nationale.
En fait, plus tôt dans la journée, les députés malgaches avaient voté à l'Assemblée nationale la destitution du président Andry Rajo Elina pour abandon de poste. Soupçonné d'avoir quitté le pays ce lundi avec l'aide de la France, il a dénoncé un vote illégal car il avait annoncé la dissolution de l'Assemblée nationale quelques heures plus tôt. Pour vous remettre dans le contexte, le Capsat avait annoncé ce lundi prendre le contrôle de l'armée malgache après un appel à la désobéissance, au soutien du mouvement de protestation contre le gouvernement et à l'arrêt de la répression.
Cela dit toujours, le média RFI affirmait qu'Andry Rajo Elina avait quitté Madagascar grâce à un avion militaire français. Interrogé sur la question, Emmanuel Macron n'a rien confirmé. Cependant, la publication Le jour d'un décret de grâce présidentielle pour h détenus dont deux Français condamnés en 2021 pour tentative présumée de coup d'état et perçu par la population malgache comme une contrepartie visible à l'aide française de ce lundi.
À noter qu'Emmanuel Macron a aussi déclaré, je cite, il est très important que l'ordre constitutionnel soit préservé à Madagascar parce qu'il y va de la stabilité du pays et des intérêts de la population, ce qui apparaît donc là aussi comme un soutien. 3ème info, on voulait vous parler de la mort d'une petite fille de 9 ans, Sarah, à Sargemine en Moselle ce samedi. Élève de CM2, a été retrouvé sans vie à son domicile ce weekend dans les sang, je cite, en évidence, déposer sur le lit un court billet d'adieux et d'affection à l'attention de sa famille sont le procureur de la République de Sargemine.
Ses parents évoquaient auprès des enquêteurs des moqueries infligées à leur fille au sujet de sa corpulence. L'hypothèse privilégiée par le parquet pour expliquer son décès et celle d'un suicide par pendaison. Une enquête a été ouverte et se penchera en particulier sur les circonstances de la vie scolaire de l'enfant depuis la rentrée et sur les événements susceptibles d'être intervenu dans sa vie.
Hors du temps scolaire selon le procureur. L'association d'aide aux victimes a été saisie par le parquet pour porter assistance à la famille et une cellule d'écoute psychologique ainsi mise en place ce lundi dans l'école de Sarah. En France, les tentatives de suicide chez les jeunes de moins de 15 ans ont augmenté de 300 % au cours des 10 dernières années sont les autorités.
On se souvient notamment du suicide de Lucas en janvier 2023, un jeune de 13 ans qui subissait du harcèlement à l'école selon ses parents. 4e info, 16 organisations et associations ont saisi ce vendredi le Conseil d'État, donc la plus haute juridiction administrative en France pour faire suspendre l'accord migratoire One in One Out signé en juillet entre la France et le Royaume-Uni. Concrètement, cet accord prévoit que les britanniques puissent renvoyer en France des migrants arrivés sur leur territoire après avoir traversé la Manche à bord de canaux pneumatiques.
Une pratique dangereuse et illégale que les deux pays veulent diminuer. En échange, le Royaume-Uni accepte d'accueillir sur son territoire des personnes migrantes qui sont en transit en France. Dans un communiqué de presse, les organisations dénoncent le caractère illégal de ce marchandage migratoire.
Car selon l'article 53 de la Constitution, je cite, "Les traités qui modifient des dispositions de nature législative, ceux qui sont relatifs à l'état des personnes, ne peuvent être ratifiés ou approuvé qu'en vertu d'une loi. En d'autres termes, le gouvernement aurait dû présenter un projet de loi devant le parlement pour faire approuver l'accord car il impacte directement des personnes. Parmi les associations retrouve le secours catholique, médecin du monde, l'association humanitaire Utopia 56, l'auberge des migrants ou encore le groupe d'information et de soutien des immigrés.
Les organisations dénoncent aussi les privatisations de liberté de ces migrants avant d'être envoyés en France. 5e info : 1,3 million de personnes sont en situation de mal logement en Île-de-France, soit 10 % de la population de la région selon un rapport publié ce lundi par la fondation pour le logement des défavorisés, anciennement appelée la fondation Abépierre. Parmi ces personnes en situation de mal logement, près de la moitié, 634000 vivent dans un logement qui manque de moins deux pièces par rapport à une occupation normale qui est donc en suroccupation, un chiffre qui a progressé de 8 % entre 2013 et 2020.
La fondation révèle aussi que parmi les 288000 personnes qui n'ont pas de logement personnel, la moitié sont obligées d'être hébergé chez un tiers, c'est-à-dire une autre personne comme de la famille ou des amis. Selon Éric Constantin, le directeur régional pour l'Île-de-France de la Fondation, le phénomène concerne beaucoup les jeunes qui quittent le domicile familial 2 ans plus tard qu'ailleurs en France. L'une des raisons de cette situation, c'est aussi les loyers de la région qui augmentaient 1,6 fois plus vite entre 2002 et 2022 que les revenus des ménages. 6e info.
En Iran, deux Français ont été condamnés à plus de 30 ans de prison chacun ce mardi pour espionnage au profit de la France et d'Israël sont le média officiel du pouvoir judiciaire iranien. Leur identité n'a pas été révélée mais selon l'Iran, ils auraient été arrêté le 9 mars 2023. À l'heure actuelle, les deux seuls français officiellement détenus dans les prisons iraniennes sont Cécile Coler et Jacques Paris, mais qui ont été arrêtés le 7 mai 2022 lors d'un voyage touristique en Iran.
Cécile Coller, professeur de lettre de 40 ans, originaire de l'est de la France et son compagnon Jacques Paris, 72 ans, était directement accusé d'espionnage par le régime sans pour autant avoir été inculpé. Selon la loi iranienne, c'est la condamnation la plus lourde qui est appliquée pour collaboration avec les services de renseignement israéliens. Mais les deux Français peuvent toujours faire appel.
Ces dernières semaines, le ministre des affaires étrangères iranien avait affirmé que l'Iran était en train de négocier un échange de prisonniers avec la France contre la libération d'une iranienne détenue dans les prisons françaises pour soutien au groupe terroriste. On suivra ça. Et on finit avec cette actu.
L'État américain de Californie a adopté ce lundi la première régulation des États-Unis concernant les chatbots d'intelligence artificielle. Donc les agents conversationnels comme Chat GPT d'Open AI, Jemini de Google ou Grock d'Ex AI depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier dernier, le gouverneur démocrate de l'État, Gavin Newsom est devenu un opposant farouche à sa politique de manière générale, mais aussi sur ce sujet puisque le président américain s'oppose à la régulation de l'IA. Gavin Newsom a annoncé avoir fait ce choix après une série de suicide d'adolescents qui avaient noué des relations intimes avec des chatbots.
Une série de lois en Californie impose donc désormais notamment de vérifier l'âge des utilisateurs, d'afficher des messages d'avertissement réguliers et de prévoir des protocoles de prévention du suicide. Parmi les chatbot visés par ces lois, on trouve ce susceptible de jouer un rôle de compagnon ou de confident comme ceux développés par les plateformes comme Réplica ou caractère et aï. Merci Sam pour ces actualités et merci à vous d'avoir suivi ce format.
Je vous rappelle qu'il est disponible en version podcast sur toutes vos plateformes d'écoute Spotify, Apple Podcast ou encore 10h. Voilà, je crois que j'ai tout dit.
Sébastien Lecornu