Eau, peut-on encore boire en toute confiance ?
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« sur des pollutions au plomb observées dans certaines villes sur des installations neuves il parle notamment des crèches ou des écoles »
Temps de parole
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C'est notre bien le plus précieux sur Terre. Vous en avez pris au déjeuner et peut-être une ou deux fois dans l'après-midi. Nature, sans sucre, plate ou pétillante, au verre ou au goulot, à petite gorgée ou cul sec. On se lave avec, on cuisine avec. Bref, on s'en met partout sans même y penser. Et pourtant, l'eau, indispensable à notre survie, semble avoir un drôle de goût quand on regarde l'actualité. Des polluants éternels détectés dans le robinet, des microplastiques dans les bouteilles, même celles en verre. Des contaminations de certaines eaux minérales naturelles. Avec tout cela, y a-t-il un risque d'affaiblir la confiance ?
Question existentielle quand on sait que notre propre corps est constitué d'eau à 70%. Est-ce que les règles sont les mêmes partout alors qu'une partie des Français sont livrées par les géants Veolia, Suez ou Sors et l'autre partie par des régies publiques plus ou moins grandes ? Peut-on boire les yeux fermés ? Où sommes-nous à deux doigts d'une vague d'inquiétudes, rationnelles ou non, sur l'innocuité de ce qu'on avale ? Ce soir, on ne veut pas faire peur, on veut juste comprendre. Remonter dans les tuyaux de la source au lavabo. Qui contrôle ? Comment les normes sont mises à jour et appliquées ?
Et au passage, est-ce que l'eau risque de coûter de plus en plus cher pour en préserver la pureté ? Voilà encore une question dont la réponse ne coule pas de source. Le téléphone sonne. 0 1 45 24 7000. Bonsoir Alain. Oui, bonsoir. Merci d'avoir appelé France Inter, on vous écoute.
Oui, mais j'étais tout simplement élève dans les lycées aéricoles dans les années 70. Et j'avais déjà des enseignants, rares, qui s'inquiétaient de la descente des pesticides dans les sols. Comme aussi des descentes d'azote. On était à cette époque-là à 90 unités à l'hectare. Ça a bien monté ensuite. Et puis j'ai oublié de préciser tout à l'heure qu'étant devenu moi-même enseignant à l'école, j'étais formé donc à Toulouse, où là, il y avait un enseignant qui, dès les années 84, nous avait mis en alerte vis-à-vis du TESFON, qui est un TESFAC.
Alors je suis extrêmement surpris, c'est de l'humour, d'entendre seulement maintenant, c'est-à-dire plus de 40 ans après, que ces problématiques poseraient problème. On le savait, on pouvait s'en douter depuis très longtemps.
Dites-nous, dans quelle région vous avez grandi, Alain ?
Alors moi, j'ai grandi en Champagne. Et donc ensuite, je vous dis, j'étais à Toulouse. Et c'est peu de dire que ces enseignants qui nous alertaient étaient très mal vus de l'administration. Il y en a quelques-uns qui étaient traités de rigolo, comme on traitait à l'époque les écologistes. Maintenant, il y a des très gros progrès. On traite les écologistes d'éco-terrorisme. Vous voyez un petit peu l'évolution de l'état d'esprit. vis-à-vis de ces problèmes qui sont, je le redis, posés depuis et connus depuis très longtemps.
On y réagit seulement maintenant, avec un retard qui sera extrêmement difficile à rattraper, puisqu'en fait, on a 40 ans de pesticides à descendre avant que la politique de réduction, si elle est mise en œuvre, ne devienne vraiment efficace. Et bien sûr, c'est les utilisateurs qui vont payer le nettoyage de l'eau, qui est absolument anormal.
Merci beaucoup Alain d'avoir témoigné sur France Inter et d'avoir été le premier à nous appeler. Et pardon pour la qualité de la ligne téléphonique qui était peut-être, elle aussi, un tout petit peu polluée. Pour vous répondre, Alain, nous sommes ce soir avec Nathalie Davoine. Bonsoir. Vous êtes directrice du Centre d'information sur l'eau. Et nous sommes aussi avec Jérôme Labanovski, qui est bio-géochimiste chargé de recherche au CNRS. Et je remercie ici les équipes d'Issi Poitou qui vous accueillent dans leur studio. Alors, on a ce sujet que met Alain sur la table, le fait que l'épiphase, ça n'est pas si récent que ça.
Et on en parlait visiblement dès les années 80, même les années 70, nous disait Alain, notre premier auditeur. Vous confirmez, Jérôme Labanovski ?
Oui, oui, effectivement. Il y a même des études aux États-Unis où déjà, il s'est alarmé de la présence d'épiphases dans le sang des enfants. Alors, pas forcément en lien avec l'eau, mais avec tout ce qui était sachet popcorn. L'épiphase, vous savez, c'est ce qu'il y a dans les poils antiadhésifs. Et pour ne pas que le popcorn micro-ondes, il colle au sachet micro-ondes. En fait, les sachets aux États-Unis contiennent énormément de ces composés. Et donc, dès les années 2000, il y avait des études qui montraient qu'il y avait du sang décomposé dans le sang des enfants. Donc, ça fait quelques temps déjà que c'est, entre guillemets, suspecté.
Mais parce qu'on a l'impression que ce sujet, notamment, je parle spécifiquement des piphases, il a émergé dans le débat public, grand public, ou plutôt dans les médias, comme nous, ici France Inter, relativement récemment. C'est-à-dire que le terme piphase, en tout cas, on ne le connaissait pas, peut-être il y a encore 4-5 ans. Est-ce que vous, vous le connaissiez, vous, les connaisseurs, les scientifiques qui travaillent là-dessus ? Et pourquoi est-ce qu'il a émergé si tard dans le débat grand public ?
Alors, ça, c'est une vraie bonne question. Oui, on le connaissait, parce qu'effectivement, on a parlé du téflon, et puis les revêtements des poils, et puis, vous savez, tous les tissus déperlants, par exemple, sur les habits, vous savez, pour que l'eau ruisselle, quoi. Donc, effectivement, nous, on connaissait ça. Maintenant, c'est vrai que c'est quelque chose qui nous a tous un peu épatés, de voir que ça a pris très rapidement dans l'opinion, et les gens se sont appropriés le sujet, ont demandé des comptes, et demandent toujours des comptes. Et du coup, ça fait, j'allais dire, pousser pour la réglementation.
Et d'ailleurs, du coup, une réglementation se met en place à l'heure actuelle en France et en Europe. Mais c'est vrai que c'est monté très récemment, ouais.
Effectivement, et quand on parle des PFAS, je vais faire le terme savant, les polyfluoros alkylés. C'est bien ça, Jérôme Lamanovski, ça vous fait rire ?
Oui, pardon, excusez-moi, mais je pense que les gens connaissent bien le nom PFAS. Il est rentré quasiment, il est polluant éternel, je pense qu'il est quasiment rentré dans le langage courant.
Parce qu'en plus, il y a différents types de PFAS. Il y a les PFOS, c'est le sulfonoate de perfluoroctane, et le PFOA, là, je vais éviter le mot avec trop de lettres qui composent.
Oui, c'est ça, en fait, c'est une famille extrêmement grande. Il y a plusieurs milliers de substances, en fait, qu'on peut appeler derrière le mot PFAS, mais vraiment plusieurs milliers. On en suit, j'allais dire, une 150, à peine 200, en fait, on est capable de mesurer, en analyse. Mais donc, c'est une très, très, très, très vaste famille, ouais.
Et vous avez raison, on en parlait avec le sourire, mais le sujet est particulièrement sérieux, voire grave, puisque, vous le disiez, on les trouve dans les textiles, dans les emballages alimentaires, dans les mousses anti-incendie, dans les gaz réfrigérants, dans les anti-adhésifs, dans les cosmétiques aussi, dans des dispositifs médicaux. On se demande, en fait, où s'arrête la liste, quasiment ?
Alors, je ne vais pas dire que c'est sans fin, mais il y a énormément de choses. Effectivement, dans les cosmétiques, tout ce qui est matériel à jouateur proof, en fait, leur propriété est tellement intéressante et tellement, j'allais dire, facilitatrice de plein d'usages de notre quotidien qui ont été largement utilisés, largement répandus, tout autour de nous, en fait, sans qu'on s'en rende compte.
Nathalie Davoine, avec nous, directrice du Centre d'Information sur l'eau. Est-ce qu'au Centre d'Information sur l'eau aussi, on a en tête ce sujet des PIFAS depuis, peut-être pas les années 70, comme nous le disait notre premier auditeur Alain, mais depuis bien plus que 4-5 ans ?
Oui, alors, en fait, il y a une norme depuis 2023 et on a une directive qui se renforce sur le sujet, comme l'a dit Jérôme Labanowski. Exactement. Avant tout, ce que j'aimerais préciser, c'est que l'eau qui arrive au robinet en France, eh bien, c'est le produit alimentaire le plus contrôlé. Alors, ce que j'entends par là, c'est qu'elle est encadrée, cette eau, par des normes très strictes et ces normes, évidemment, elles découlent des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, donc des experts du monde entier, pour être fixés ensuite par l'Union européenne et appliqués en droit français.
Donc, évidemment que la qualité de l'eau, dans sa globalité d'ailleurs, parce qu'on parle beaucoup de PIFAS, certes, que l'on trouve un peu partout, depuis un certain temps, mais la qualité de l'eau, en fait, elle concerne les micropolluants dans leur globalité. Et ces normes, pour en revenir aux normes, eh bien, elles portent sur des paramètres chimiques, microbiologiques, en fait, pour faire simple, sur les microbes comme des virus, les bactéries, et elles sont établies en fonction d'un risque immédiat ou, sur le long terme, en tout cas, l'eau du robinet, pour que l'eau du robinet puisse être bue sur toute une vie.
Et un autre point qu'il est intéressant de souligner, c'est que ces normes, eh bien, elles sont fixées pour protéger les populations les plus vulnérables. Les femmes enceintes, les nourrissons, les personnes âgées.
C'est-à-dire qu'on est sur vraiment les seuils les plus hauts possibles, pour que ça convienne à tout le monde, et à commencer par les personnes les plus fragiles.
Exactement. Les personnes les plus fragiles, donc immunodéprimées, femmes enceintes ou encore nourrissons. Donc, on est quand même sur 18 millions d'analyses par an pour le contrôle officiel qui est réalisé par les agences régionales de santé, ce qu'on appelle les ARS. Et il faut savoir que l'eau du robinet, eh bien, elle est contrôlée à la fois sur le point de captage, c'est-à-dire l'endroit où on la puise, où elle est pompée. Elle est contrôlée en usine de traitement. Ensuite, elle est acheminée en dehors et en sortie d'usine, et à la sortie du château d'eau ou du réservoir.
Et qui fait ces contrôles ? Est-ce que c'est à chaque fois le gestionnaire ? Donc, vous, au Centre d'information sur l'eau, vous travaillez directement avec les Veolia, les Suez, les SOR et tous les syndicats et régies d'eau, ou est-ce que c'est fait par des contrôleurs publics, justement, les agences régionales de santé ou autres ?
Ces contrôles, ces analyses sont faites par les agences régionales de santé. Il existe également ce qu'on appelle l'autocontrôle, qui sont également faits par les services d'eau. Et là, je parlais des 18 millions d'analyses auxquelles je faisais référence. Eh bien, il s'agit des 18 millions d'analyses réalisées par ces agences régionales de santé.
Vous restez avec nous, Nathalie Davoine, évidemment, directrice du Centre d'information sur l'eau. On retourne au Standard, où Alain nous attend, un autre Alain. Bienvenue et bonsoir, Alain.
Oui, bonsoir.
On vous écoute.
Oui, il y a quelques temps sur France Inter, il y a eu une émission à propos des eaux minérales et aux minérales naturelles. Et là, il y avait une personne, comme certainement votre invité là, qui représentait effectivement l'eau qui était distribuée dans les robinets, donc sur le réseau. Et là, il s'avérait que, comme je viens encore de l'entendre, que l'eau est vraiment excellente, quoi. Je veux dire, elle est contrôlée partout. L'eau du robinet ? Oui, l'eau du robinet. Mais simplement, là, moi, ce que je me pose comme question, c'est que sur ma commune, là, du Gard, dans les Cévennes, là, il y a des chantiers qui sont déclenchés.
Donc, c'est une commune rurale de montagne pour sortir des canalisations relativement récentes parce que, justement, il avait été dedans des polluants éternels dus à la qualité du plastique du réseau. Ça, c'est ce qui m'a été dit par les services municipaux. Alors, je voudrais savoir s'il y a des... Maintenant, j'ai modifié ma question puisqu'on n'en avait pas parlé la première fois quand j'ai été retenu pour la question. Donc, est-ce qu'il y a des PFAS dans mon robinet ? Et puis, pourquoi, à ce moment-là, en ce moment, ils sont en train de déterrer pour changer les réseaux, quoi.
Merci, Alain, pour votre question que je retourne directement à Nathalie Davoine, directrice du Centre d'Information sur l'eau. Est-ce qu'on a eu un problème avec les réseaux de canalisation, les types de matériaux utilisés plus récemment, c'est-à-dire, je ne sais pas, peut-être dans les années 90, 2000, 2010, qui, eux, contenaient des PFAS alors que les réseaux antérieurs n'en contiendraient pas ?
Alors, évidemment, je pense qu'il s'agit plus, si l'on parle de réseaux de canalisation, il s'agit plus de CVM, qui émanent donc de ces télos.
Alors, le CVM ?
Alors, c'est le chlorure...
De vinyle monomère, je tape en même temps sur Internet.
Je ne suis pas scientifique, je ne suis pas...
Oui, vous représentez effectivement plutôt à la fois ce monde industriel et le monde des régies autour de l'eau.
Ce que je représente, c'est surtout le Centre d'Information sur l'eau, je pense qu'il est peut-être important de le rappeler. En fait, c'est un centre de ressources dédié au grand public qui, nous, nous nous adressons effectivement au grand public pour simplifier cette information autour de l'eau du robinet. Et on le voit, une information complexe qui nécessite de la pédagogie et également de la simplification pour savoir exactement ce que l'on boit. Et ce que je vois, c'est ce qu'il reflète de nos enquêtes, puisque nous menons des enquêtes annuellement, eh bien, c'est que 80% des Français nous disent faire confiance dans l'eau du robinet.
Et sur la question de ces canalisations, est-ce qu'il y a pu y avoir un sujet ? Est-ce qu'aujourd'hui, on dépose des canalisations relativement récentes qui auraient pu contenir soit des pifas, soit ce CVM dont vous parliez, chlorure de vinyle monomère ?
Écoutez, l'eau étant un produit local, il est possible, si on a un problème de canalisation, la collectivité peut décider effectivement de changer ou pas ces canalisations. On parle là de canalisations qui généralement ont été posées avant les années 80 et qui sont en PVC et qui peuvent relarguer du CVM. Je pense que c'est à ça que faisait allusion...
Alors, vous disiez, je ne suis pas scientifique et vous avez raison, chacun a sa casquette ici dans l'émission. C'est Jérôme Labanovski qui est avec nous, qui est biogéochimiste. Monsieur le scientifique, monsieur le biogéochimiste, qu'en est-il de ces risques de polluants ? Alors, quel que soit le petit sigle qu'on va leur donner, on va essayer d'éviter de trop jargonner ce soir, mais est-ce qu'il y a parfois dans des canalisations trop récentes un sujet de pollution, peut-être d'effritement, d'étiolement qui va polluer, même aux infimes, l'eau du robinet ?
Disons que ça peut être vrai pour quel que soit le type et l'âge des canalisations. Des vieilles canalisations peuvent relarguer des matériaux, on peut l'imaginer avec le temps, avec la corrosion, avec, j'allais dire, la fragilisation, mais aussi dans certains matériaux récents, comme ça a été souligné, effectivement, au PVC, il y a eu toute une génération de PVC qui contenait, effectivement, que le PVC, c'est du polychlorure de vinyle, et du coup, une partie de ses composants, donc le chlorure de vinyle monomère, qui est un élément de composition du PVC, peut passer dans l'eau, en fait, il peut se solubiliser.
Et effectivement, dans certains réseaux qui ont été refaits, il y a quelques dizaines d'années, on a pu mesurer des quantités de ce composé qui est potentiellement toxique pour la santé, et les gens ont peut-être vu ou entendu autour d'eux que, dans certains moments, on faisait ce qu'on appelle des purges de réseau, c'est-à-dire qu'on va vider l'eau pour un temps de séjour court, puisque pour que les concentrations de ce composé augmentent et soient assez importantes dans l'eau, il faut que l'eau reste un certain temps dans la canalisation. Donc, il y a souvent des communes qui ont procédé à des purges en attendant de pouvoir renouveler, j'allais dire, ces canalisations-là.
Sachant que renouveler de la canalisation, c'est très, très, très, très cher pour refaire du réseau. Alors, je n'ai jamais eu vraiment les coûts, parce que, comme vous dites, on est plutôt du côté, j'allais dire, des gens qui exploitent et des communautés. Mais, effectivement, on considère qu'on est à pratiquement plus de 1 000 euros le mètre linéaire pour refaire du réseau et de la canalisation. Donc, on peut imaginer que ça prend du temps et ça va très, très, très vite sur des dizaines, des centaines de kilomètres.
Jérôme Labanovski avec nous dans le téléphone sonne. Nicolas Garnier est également avec nous ce soir. Bonsoir. Vous êtes délégué général de l'association Amorce qui accompagne les élus locaux dans la gestion des déchets, de l'énergie, mais aussi de l'eau. Alors, cette question des canalisations, du renouvellement, et puis, on va élargir puisqu'il y a de nouvelles normes qui s'appliquent à partir du 1er janvier. On en parlait tout à l'heure dans le 13h de France Inter avec un risque d'augmentation des factures pour les communes, pour les consommateurs ou contribuables, évidemment, en bout de chaîne. Comment est-ce que vous regardez ce sujet ?
On est devant un immense sentier de renouvellement, de décanalisation française dans les années qui viennent ?
On est surtout devant un immense sentier de lutte contre les pollutions puisqu'en fait, effectivement, sur les 33 000 captages d'eau qui alimentent les Français, on sait qu'il y en a à peu près 5 000 à 8 000 sur lesquels il y a des traces plus ou moins importantes de pollution. On pense en particulier aux métabolites de pesticides, aux pifaces, voire aux métaux lourds. Alors, à ce stade, c'est très rarement problématique. Dans de très rares cas, on dépasse des valeurs maximum qui font qu'on est obligé de fermer le captage. Ça arrive quand même, il faut savoir. Il y a déjà des captages qui ont fermé cette année parce qu'on avait dépassé ces valeurs.
Mais par contre, ce qui est très préoccupant, c'est que le nombre de points de captage dits sensibles ou prioritaires, ça dépend des définitions, ne descend pas, voire augmente parce qu'on voit apparaître des nouvelles pollutions comme l'épiface qui est le nouvel objet qu'on va devoir regarder de très près à partir du 1er janvier. Et il n'y a pas 36 solutions. C'est-à-dire, soit on essaie de trouver des manières de faire une agriculture autrement ou de faire fonctionner un certain nombre d'industriels autrement puisque c'est eux les principales sources de ces pollutions. Soit on traite dans ces points de captage, c'est 5 à 8 000 et ça coûte très cher.
Amor, ça fait une évaluation qui montre qu'il y en a au moins entre 1,5 et 2 milliards d'euros rien que pour traiter, auxquels il faudrait rajouter probablement 1 milliard pour accompagner le monde agricole et 1 milliard également pour traiter dans les stations d'épuration parce que dans les stations d'épuration il y a aussi des pollutions et donc il va falloir les traiter. Ça veut dire que potentiellement il y en a pour 3 à 4 milliards d'euros. S'il n'y a pas la mise en place d'un vrai principe pollueur-payeur ou des interdictions, c'est une augmentation potentielle de la facture d'eau des Français comprise entre 20, 30 et 40 %. Nicolas Garnier, quand vous dites pollueur-payeur,
vous pensez à quel pollueur ? Ce sont les industriels, ce sont les agriculteurs, ce sont les Français de manière générale, les consommateurs ? Qui est le pollueur qu'on voudrait faire payer ?
La question est bonne parce que le but, ce n'est pas non plus de saigner nos agriculteurs qui ont aujourd'hui des vraies difficultés mais derrière ce monde agricole, il y a quand même des industries, des multinationales de la chimie qui elles gagnent grassement leur vie. On ne va pas les citer mais vous les connaissez toutes qui aujourd'hui ne contribuent pas ou très peu à l'accompagnement du monde agricole ou au traitement de l'eau.
On pense aussi également au traitement des pifaces qui concernent principalement le plastique, l'industrie du plastique et je vais les citer parce que c'est un peu un sujet d'actualité mais là, l'ultra fast fashion nous fait acheter des vêtements avec énormément de pifaces et les pifaces, on va les retrouver ensuite à la sortie de nos machines à la vie. Dans le texte, on le disait,
dans les emballages évidemment aussi.
Voilà, il y a des métaux lourds, donc les métaux lourds, c'est plutôt des industriels mais il est temps que ce soit eux qui payent quelque part soit le prix d'un changement de molécule parce qu'on peut aussi imaginer des changements de molécule, des changements de pratiques en particulier dans le monde agricole et de l'agriculture biologique, soit qu'ils payent le prix de ces traitements et que ce ne soit pas l'usager de l'eau qui n'est pas pour grand chose qui paye cette facture de la pollution voire qu'ils seront un jour sans eau parce qu'on aura fermé le captage et que ce soit plutôt effectivement ces multinationales de la chimie principalement qui contribuent presque pas voire pas du tout.
en particulier sur l'épiphase aujourd'hui il n'y a quasiment aucune contribution les enjeux sont énormes et on a l'impression qu'on va dans le mur puisque ça fait une quinzaine d'années qu'on appelle effectivement à une vraie stratégie nationale de résorption des captages pollués ou partiellement pollués et que malheureusement ça ne bouge pas parce qu'on a l'impression que c'est le monde agricole qui va trinquer alors que derrière le monde agricole il y a surtout l'industrie de la chimie.
Nicolas Gagné vous restez avec nous je voudrais redonner la parole à Nathalie Davoine qui est directrice du centre d'information sur l'eau Nathalie Davoine comment vous voyez cette espèce de big bang qui arrive au 1er janvier où il faudra donc une nouvelle réglementation contrôler 20 pifas et je crois que les seuils seront extrêmement stricts puisque ça ne devra pas dépasser 0,1 microgrammes par litre si je dois traduire mais ça reste encore un peu abstrait ça fait un dix millionième de grammes de pifas par litre ça c'est le seuil maximal est-ce que ça va faire monter les prix Nathalie Davoine et est-ce que ce prix c'est le prix de la pureté de l'eau qu'on va boire ?
Écoutez il y a une chose qui est importante à dire c'est que les 82% des français nous disent en tout cas dans nos enquêtes qu'ils s'attendent à ce que l'eau soit plus chère l'eau c'est un produit local un produit un produit local et le service de l'eau est un service local qui va utiliser des ressources en eau qui sont propres à chaque territoire alors soit soit 60% on sait que 60% par exemple de l'eau épuisée dans les nappes phréatiques tandis que 40% de l'eau qui arrive dans nos robinets est plutôt sur des ressources superficielles comme les nappes pardon les lacs les rivières et bien en fonction de ces spécificités ils vont et de la pollution de ces ressources et bien il va falloir mettre en place des traitements qui seront plus ou moins poussés en fonction de ces réalités locales et des décisions propres qui seront propres là à chaque collectivité une chose est certaine c'est que les trois quarts des français nous disent pareil dans nos enquêtes et bien qu'ils pensent que cette pollution des ressources et bien elle aura un impact non seulement sur la qualité de l'eau qu'ils boivent mais cette pollution des ressources elle aura également un impact sur le prix de ce service de l'eau alors la bonne nouvelle dans tout ça parce que quand même il y en a une c'est que traiter on sait faire mais comme le disait tout à l'heure Nicolas Garnier cela a un coût et les collectivités vont se retrouver face effectivement pour devoir faire face des collectivités les services à des réalités des réalités qui sont ne l'oublions pas amplifiées par le dérèglement climatique
effectivement Nathalie Davoine et avant de retourner au standard je redonne la parole à Nicolas Garnier on voit que dès qu'on parle prix c'est évidemment très sensible ça va aussi être très politique ce qui va se ce qui va se décider puisque les hausses elles seront nécessaires de prix pour favoriser cette purification cette sécurité qu'on attend évidemment de l'eau du robinet mais à chaque fois l'arbitrage politique avec le paysage qu'on connaît politiquement aujourd'hui au niveau national avec les municipales qui arrivent c'est dans trois mois avec tout ce contexte-là ne seront pas faciles à prendre
Oui effectivement mais je crois qu'il faut avoir une parole d'espoir en fait on sait comment éviter ces pollutions ces pollutions aquatiques mais il faut accompagner le monde agricole et ça ça coûte de l'argent donc il faut savoir si on a la volonté politique de faire évoluer l'agriculture française de manière à la fois à ce qu'elle soit moins impactante pour les nappes phréatiques mais en même temps qu'elle puisse survivre subvenir à leurs besoins et nous avons des exemples aujourd'hui en France d'un monde agricole qui en partenariat avec les collectivités locales avec l'État ont été capables de faire des évolutions de pratiques agricoles donc ça existe ensuite il faut que les règles soient claires aujourd'hui les règles ne sont pas claires ni pour les collectivités ni pour le monde agricole ni pour le monde industriel à partir de quelle valeur faut-il déclencher des plans d'action volontaires à partir de quelle valeur le préfet doit créer de la contrainte à partir de quelle valeur il faut fermer le captage et surtout qui va accompagner financièrement tout ça juste pour finir également par un message positif il faut quand même savoir que l'eau du robinet et l'eau effectivement comme disaient les interlocuteurs précédents la mieux contrôlée celle de la meilleure qualité il ne faut pas croire que l'eau en bouteille est de meilleure qualité vous avez même vu que dans le passé il y a même eu quelques dérapages sur le sujet donc il faut continuer à avoir l'eau du robinet on a beaucoup parlé sur France Inter effectivement les français sont prêts à payer l'eau un peu plus cher parce qu'il y en a moins mais je ne crois pas que les français seront d'accord pour payer l'eau plus cher parce que d'autres la polluent et gagnent de l'argent là-dessus et on revient à la faire des pollueurs payeurs dont vous nous parliez le monde industriel plutôt que usagers de l'eau et foyers français payeurs ça serait plus juste et c'est ça une politique environnementale c'est celle qui met le signal prix sur le bon acteur et le bon acteur aujourd'hui c'est celui qui met sur le marché ses produits polluants
Nicolas Garnier merci beaucoup directeur général délégué général de l'association Amorce on va retourner au standard où Cécile nous attend depuis presque 20 minutes bonsoir Cécile
bonsoir
et vous avez une question très concrète
oui moi j'avais une question concernant l'incitation à l'installation de citernes de récupération d'eau de pluie j'ai résonné une maison il y a une vingtaine d'années et on avait installé dès le départ une citerne enterrée de 4 millilitres avec laquelle on alimente les chasses d'eau de la maison et donc voilà je me demandais pourquoi et je me rends compte que même dans notre région c'est une installation qui est très peu courante ça ne se fait pas beaucoup
bonne idée effectivement idée très simple merci beaucoup Cécile je me tourne vers notre bio-géochimiste Jérôme Labanovski est-ce qu'on peut à titre individuel pour sa propre consommation avoir une petite citerne d'eau de pluie notamment là l'exemple des chasses d'eau effectivement on n'a pas forcément besoin d'avoir de l'eau potable dans ces chasses d'eau
oui effectivement oui oui par rapport à la chasse d'eau il n'y a pas forcément besoin d'avoir de l'eau potable ce qu'il faut voir c'est qu'effectivement il faut s'assurer que récupérer de l'eau de pluie ça va avoir que cet usage là et que ça ne va pas être un usage qui va servir pour les douches ou j'allais dire pour l'eau d'alimentation et ça on a le droit de le faire oui on a le droit de le faire par rapport à l'eau des toilettes après il faut aussi avoir en tête qu'il faut bien garder la mémoire de ce double réseau parce que quelque part c'est un double réseau que l'on met dans sa maison ou dans son habitation et le jour où la maison se vend il faut aussi qu'il y ait cette mémoire qui perdure pour que les gens sachent quel type d'eau ils ont par exemple pour leur toilette et quel type d'eau ils ont pour l'eau du robinet conventionnel donc ça peut se faire après c'est comme tout il y a des régions qui sont mieux pourvues que d'autres par rapport à l'eau de pluie comme ça a été dit par l'auditrice il faut aussi du stockage puisque l'intérêt c'est de stocker l'eau quand on la reçoit pour pouvoir l'utiliser quand on en a besoin et c'est pas forcément exactement au même moment donc ça peut s'appliquer à plein d'endroits ça peut pas forcément s'appliquer partout avec la même j'allais dire efficience et puis utilité mais effectivement ça reste des solutions qui sont à l'heure actuelle je l'ai déjà entendu plusieurs fois donc j'allais dire de plus en plus plébiscité après il faut aussi admettre qu'il faut quand même surveiller la citerne il faut éviter qu'il y ait des contaminations bactériennes qui se développent parce que sinon même si ça reste des toilettes on fait quand même rentrer à l'intérieur de son habitation potentiellement des germes des virus et donc ça veut dire qu'il faut aussi avoir sereinement la responsabilité de nettoyer régulièrement ce système là enfin voilà il faut y faire attention contrairement à de l'eau collective déjà traitée désinfectée, désinfectante qui arrive à votre habitation allez-y Nathalie Davoine
vous vouliez réagir
oui je voulais simplement réagir en rappelant que l'eau de pluie n'est pas propre à la consommation et qu'elle
ne faut pas la boire
voilà il ne faut pas la boire puisqu'elle capte en fait cette eau de pluie et certes elle tombe du ciel mais elle capte avec des polluants atmosphériques par exemple en tombant elle peut se charger de particules fines d'hydrocarbures de métaux lourds et puis autre chose l'eau de pluie elle ruisselle sur nos toits ou même dans les récupérateurs donc elle peut également se charger en bactéries en virus en pesticides ou même en excréments d'animaux donc vraiment le point d'attention c'est un message de prudence
effectivement
oui c'est d'avoir vraiment une séparation une éternchéité qui est totale et j'insiste sur le total avec le réseau public parce que et peut-être de ne pas devenir des apprentis sorciers en bricolant un système chez soi parce que même si ça fonctionne si pour une raison quelconque il n'y a pas cette étanchéité totale et bien on risque même de polluer le réseau le réseau public donc effectivement on peut la stocker pour arroser son jardin mais la réglementation elle reste quand même très stricte sur l'eau l'eau à la maison
alors j'ai une question pour vous Jérôme Labanowski celle assez douloureuse assez préoccupée de Margot qui nous écrit par le Whatsapp sur France Inter je peux vous dire qu'en tant que maman allaitante qui a dû arrêter l'allaitement choisir l'eau du robinet ou l'eau en bouteille a été très compliqué j'ai souvent eu envie de pleurer en me demandant quel poison choisir Jérôme Labanowski on a déjà pas mal dit depuis le début de cette émission que l'eau du robinet était propre à la consommation là on a cette maman qui reste inquiète malgré ses messages est-ce que vous pouvez la rassurer ?
Je pense que effectivement comme ça a déjà été dit ça reste l'aliment le plus contrôlé et donc un rare aliment d'ailleurs qui est autant contrôlé en France donc on y suit beaucoup de choses même quand il y a parfois des dépassements par rapport à certaines valeurs il faut imaginer que toutes les valeurs par exemple on a parlé des pesticides la limite réglementaire qui est fixée à 0,1 microgramme par litre également c'est pas une limite qui a j'allais dire une référence toxicologique c'est-à-dire que les seuils à effet de ces substances-là sont bien bien bien plus élevés on a juste choisi de mettre comme valeur la valeur la plus basse qu'on était capable de mesurer pour avoir un énorme principe de précaution et il faut aussi avoir en tête que l'eau du robinet est un des aliments que l'on consomme mais il y a beaucoup d'autres aliments que l'on consomme qui peuvent nous apporter plein d'autres substances vous avez parlé des maquillages pour les péfases pour les pesticides il y a plein de fruits et légumes qui peuvent les apporter également donc effectivement oui l'eau du robinet est quelque chose de sûr par contre c'est ce que je dis il faut être exigeant c'est bien d'être critique par rapport à sa qualité et c'est parce qu'on a ce degré d'exigence que derrière on entretient aussi toute la chaîne de valeur ajoutée avec les contrôles la surveillance et l'amélioration de cette qualité autant qu'on peut
est-ce qu'on a moyen en tant que consommateur en tant que français lambda de comparer de savoir quelle est la qualité de son eau du robinet à soi chez soi par rapport à celle des autres communes alentour ou dans les autres régions
alors normalement dans les factures maintenant ça dépend peut-être des agglomérations mais si je prends le cas d'ici côté Poitou on reçoit une analyse avec les principaux paramètres qui ont été mesurés en même temps que notre facture d'eau avec éventuellement les dépassements d'ailleurs qui sont indiqués le nombre de fois où il y a eu des non-conformités parce qu'un dépassement on appelle ça une non-conformité ça ne veut pas dire que l'eau est dangereuse pour la santé mais j'ai un peu
ensuite à les comparer avec les seuils effectivement qui sont prévus on va retourner au standard où François nous attend bonsoir François oui bonsoir on vous écoute
écoutez merci de prendre ma question c'était une première alors je suis enchanté vous êtes le bienvenu alors je voulais savoir en fait que penser d'un système de filtration d'eau qui s'appelle des systèmes à micro-filtration donc c'est par gravité avec des ports de plus en plus petits qui permet a priori sur le papier ça a l'air magique d'éliminer tout ce qui n'est pas bon tout en gardant les sels et les minéraux donc voilà ça existe depuis assez longtemps mais ça revient un petit peu à la mode j'ai l'impression et est-ce que ça peut être un complément pour améliorer un petit peu la qualité de l'eau du robinet
pour que je sois sûr de bien comprendre est-ce qu'il s'agit des carafes filtrantes
non pas du tout c'est autre chose le système c'est Berkey ou Bakerfield je crois en fait on a un récepteur en inox avec des cartouches qui ont des ports de plus en plus petits et on remplit d'eau l'eau va traverser ces cartouches et en fait du coup ça va bloquer peu à peu les pesticides une partie des pifaces pas tous à priori les micro-plastiques les minéraux qui sont plus petits eux peuvent passer et on a une deuxième partie en dessous on récupère l'eau filtrée et quelle eau du coup qu'on va consommer voilà
Jérôme Labanovski que répondre à François sur ces techniques de filtration et moi j'étends quand même la question aussi à ces carafes qu'on voit chez pas mal de gens qui veulent rendre encore plus pure l'eau du robinet
il y a eu une étude de 60 millions de consommateurs qui a beaucoup fait parler d'elle et qui a testé différents systèmes avec effectivement les carafes filtrantes les simples bâtons de charbon actifs comme un crayon à papier que vous mettez dans un robinet effectivement des systèmes qu'on appelle de filtration sur ce robinet alors certains systèmes sont efficaces d'autres ne le sont pas ce qu'il faut voir c'est qu'effectivement on va dire que rajouter un traitement supplémentaire à l'eau ça peut effectivement continuer à améliorer et éliminer d'autres substances alors pour répondre à l'auditeur ça va dépendre effectivement vous avez parlé de la taille du porc la taille de l'orifice qui permet de retenir bien évidemment plus il va être petit plus vous allez retenir de choses plus vous allez retenir de choses qui effectivement peut-être ne sont pas forcément bonnes pour la santé mais aussi des minéraux donc voilà c'est un compromis effectivement mais surtout ce qu'il faut voir c'est qu'il faut faire attention aux matériaux qui sont utilisés parce qu'il ne faut pas que ce soit ce matériau qui finalement repollue votre eau par derrière bien évidemment c'est-à-dire qu'il y a un côté artisanal quand on fait ça chez soi
il faut être sûr de ce qu'on utilise que ce soit en bon état
l'entretenir suivre les préconisations c'est très important par exemple si on reprend souvent les carafiltrantes on conseille par exemple ça peut être toutes les deux semaines de changer le filtre il faut le respecter parce que sinon il peut y avoir des développements bactériens le filtre peut être moins efficace au lieu de retenir se mettent à relarguer les choses donc il y a des préconisations d'usage qui sont importantes à suivre et voilà donc il y a des systèmes qui effectivement permettent d'éliminer un peu mieux certains pesticides certains pifas comme ça a été dit voilà par contre il faut bien écouter et respecter les règles d'usage sinon ça peut se retourner contre soi
on a plusieurs questions d'une part sur Whatsapp de Guillaume qui s'interroge sur des pollutions au plomb observées dans certaines villes sur des installations neuves il parle notamment des crèches ou des écoles et puis on a Soazic qui est au standard bonsoir Soazic oui bonsoir vous aussi vous avez une question au niveau des crèches oui j'ai une question au niveau des crèches en fait il y a certaines crèches pour répondre à des labels écologiques notamment et puis après aussi au niveau des formations HCCP qui suivent en fait c'est préconisé par l'ARS de prendre l'eau du robinet et moi ça me pose question puisqu'en Centre-Bretagne il y a déjà eu des problématiques au niveau des métabolites avec des dépassements de feuilles qui sont vus après coup puisque les indices sont faits avant et du coup ça me pose question sur le fait que ces crèches qui répondent à des labels n'utilisent pas de filtres notamment et puisqu'il y a déjà des problématiques en Centre-Bretagne sur justement les métabolites liées aux pesticides qui sont utilisées pour le maïs Merci beaucoup Soazic pour votre question et on en revient Nathalie Davoine à ce dilemme qu'on a depuis le début de l'émission c'est-à-dire qu'on sait que l'eau du robinet est globalement bonne qu'elle est vous le disiez l'aliment le plus vérifié, contrôlé de tous et à la fois on voit bien que la confiance n'est pas toujours là et notamment au gré des informations qu'on a au gré des affaires ici de nitrates là de pesticides là encore de pifas comment répondre à ces questions et précisément à celles de Soazic
En fait lorsqu'on a une question particulière notamment sur la qualité de son eau la première chose à faire c'est de s'adresser d'abord à sa mairie puisque l'affichage de la qualité est une obligation on peut trouver également ces informations sur sur le site de la Direction Générale de la Santé sur Eau France et nous en tant que centre d'information sur l'eau nous mettons également à disposition un outil qui est totalement gratuit et on ne collecte aucune donnée qui permet en fait d'avoir accès à l'information de son eau du robinet en tapant simplement un code postal ou le nom de sa commune
Alors dites nous comment on trouve cet outil parce que ça répond à la question qu'on se posait tout à l'heure de comment comparer son eau à soi à celle des autres régions
Exactement oui alors l'outil en fait vous le retrouvez sur le site du centre d'information sur l'eau www.cieau.com et vous accédez directement en page d'accueil sur ce module où on peut taper en tapant simplement je le disais tout à l'heure un code postal ou même le nom de sa commune Et ça c'est des informations
qui sont mises à jour qui sont en réel
Absolument ce sont des informations qui sont mises à jour en fonction des dernières mises à jour des agences régionales de santé donc de la direction de la direction de la santé et en fait ce que je voulais ajouter tout à l'heure par rapport lorsqu'il y a un doute à partir du moment où on a où les analyses de ces agences régionales de santé de ces ARS si elles considèrent qu'il y a un risque sanitaire et bien il faut savoir que le préfet peut être amené à prendre des arrêtés de restrictions d'usage tout ou partie et pour justement protéger ces populations ces populations fragiles et que l'information en tout cas fait partie d'une obligation notamment dans la directive qui encadre la qualité de l'eau
Merci Nathalie Davoine Est-ce que Jérôme Labanovski il y a une sorte de démonstration suffisante de la part des autorités des préfets des ARS qu'ils font ce qu'il faut pour rassurer la population en termes d'information en termes de contrôle
Non c'est une vraie question et on voit souvent à travers toute la défiance on va dire des consommateurs je pense qu'il y a surtout on a peur j'allais dire de la théorie du complot d'un manque de transparence alors qu'au contraire il faut se dire qu'à chaque fois qu'on parle et qu'on met en évidence une pollution c'est que justement il y a la transparence puisque on met le doigt dessus et que malgré tout pour pouvoir trouver une pollution il faut que ça soit pollué donc c'est un peu j'allais dire on se marre un petit peu la queue pour ne pas dire autre chose mais ce que je veux dire c'est qu'effectivement je pense qu'il y a toute une éducation en termes de sémantique et c'est ce qui est compliqué en fait cette éducation sémantique c'est de comprendre que quand on est au-delà de la valeur limite pour les pesticides il n'y a pas forcément un risque pour la santé ce qu'on appelle une non-conformité l'eau elle n'est pas conforme elle n'est pas forcément dangereuse et comme ça a été dit juste avant si je reprends les chiffres que j'avais en tête de 2022 il y avait 85% des eaux qui étaient en conformité 15% qui étaient non-conformes où on a donc dépassé la valeur de 0,1 pour quelques jours dans l'année ou plusieurs jours dans l'année et seulement 0,03% de l'eau qui était non-conforme c'est-à-dire pour laquelle on a arrêté l'eau et ça concernait 18 000 personnes
Merci beaucoup pour votre expertise Jérôme Labanovski merci aux équipes d'Icipoitou qui vous accueillaient dans leur studio et merci à vous Nathalie Davoine c'était le Téléphone Son