L'invitée d'Apolline Matin : Sophie Pantel - 30/07
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:18OuverteRéponse directe
Bonjour Sophie Pantel. Votre conclusion, c'est que nos moyens ne sont plus à la hauteur.
- 1:45OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui nous fait le plus défaut ? Où est-ce que vous mettez la priorité ?
- 2:52OuverteRéponse directe
Je voudrais qu'on dise un mot des pompiers volontaires.
- 7:02OuverteRéponse directe
Vous dites, il faut une taxe de séjour et une taxe sur les assurances.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38Locuteur 3Chiffre
« le budget de la sécurité civile a doublé en l'espace de 10 ans »
- 0:51Locuteur 2Fait
« nos moyens ne sont plus du tout dimensionnés »
- 1:22Locuteur 2Fait
« il faut l'amplifier parce que depuis 2022, on voit bien que c'est l'ensemble du territoire national qui est concerné par ces départs de feu »
- 2:31Locuteur 2Chiffre
« il y a 6 dashs sur 8 qui ont été changés »
- 2:43Locuteur 2Chiffre
« il y a 40 hélicos, les fameux H-145 de Airbus qui ont été commandés »
- 3:17Locuteur 2Chiffre
« ils sont 180 000, un peu plus de 180 000 sur les 250 000 sapeurs-pompiers que l'on a »
- 3:58Locuteur 2Chiffre
« quand vous êtes sapeurs première classe, deuxième classe, vous êtes à 8 euros quelque chose »
- 4:06Locuteur 2Chiffre
« quand vous êtes officier, ça monte à 11 ou 12 euros de l'heure »
- 4:22Locuteur 2Chiffre
« il en manque. Alors, c'est estimé à 50 000 »
- 8:14Locuteur 2Chiffre
« en gros, aujourd'hui, c'est 7 milliards de la sécurité civile »
- 8:33Locuteur 2Chiffre
« c'est à peu près un milliard »
Temps de parole
- Locuteur 264 %
- Locuteur 327 %
- Locuteur 19 %
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Vous écoutez RMC.
Il est 7h42, vous êtes bien sur RMC et RMC Story. Comment mieux armer la France face au feu ? A-t-on négligé la sécurité civile ? Question qui devient très politique alors que le gouvernement est accusé de ne pas avoir mis les moyens suffisants pour équiper nos pompiers. Bonjour Sophie Pantel.
Bonjour, bonjour à tous les deux.
Merci d'être avec nous. Vous êtes députée socialiste de l'Auxerre, co-rapporteur de deux missions parlementaires justement sur le budget de la sécurité civile avec votre collègue Alaphie Damien-Maudet. Votre conclusion, c'est que nos moyens ne sont plus à la hauteur. Pourtant, le gouvernement répète que le budget de la sécurité civile a doublé en l'espace de 10 ans, donc sous les deux mandats d'Emmanuel Macron, que la flotte aérienne a aussi été largement renforcée. Tout cela reste insuffisant ?
Aujourd'hui, nos moyens ne sont plus du tout dimensionnés puisqu'en fait, ils étaient dimensionnés pour couvrir le sud de la France et en particulier le pourtour méditerranéen. Et on voit bien qu'avec l'accélération du changement climatique, les conséquences sont là. Aujourd'hui, on parle du feu, mais dans quelques semaines, on parlera d'inondations. Donc en fait, les soldats du feu sont d'abord des soldats du climat et en plus, ils assument aussi d'autres missions liées au secours à personne. Donc en fait, nous, ce qu'on avait dit dans nos rapports, c'est qu'il fallait non seulement renouveler, moderniser, diversifier la flotte existante.
Je pense par exemple à la question des hélicos lourds pour les territoires de montagne. Mais il faut l'amplifier parce que depuis 2022, on voit bien que c'est l'ensemble du territoire national qui est concerné par ces départs de feu. Alors évidemment, la nature des feux est différente, même si sur certaines parties du territoire comme la Gironde ou sur le sud de la France, on commence à voir développer des méga-feux.
Qu'est-ce qui nous fait le plus défaut ? Où est-ce que vous mettez la priorité ? Sur les moyens techniques, sur les moyens matériels ou sur l'humain et sur les effectifs ?
En fait, la doctrine de sécurité civile de la France impose de mettre les moyens partout puisqu'en fait, la doctrine dit qu'il faut attaquer massivement le feu. Et parfois, nos populations ne comprennent pas. Moi, j'ai le souvenir, quand j'étais présidente de SDIF, quand on avait des départs d'incendie, on envoyait beaucoup de camions d'un coup. Pour pouvoir éteindre les feux, et les gens nous disaient, quand même, vous avez déplacé beaucoup de camions. Mais en fait, c'est ça, c'est cette doctrine qui permet d'arrêter la plupart des feux. Et il y en a quelques-uns qui ne sont pas arrêtés et qui peuvent avoir des conséquences dramatiques, comme on le voit sur la Gironde.
Donc, il y a eu une partie de renouvellement de la flotte puisqu'il y a 6 dashs sur 8 qui ont été changés. Il y a 40 hélicos, les fameux H-145 de Airbus qui ont été commandés. Il y en avait 36, ça fait plus 4. Et il y a les cas de Canadair avec toute la polémique qu'on connaît entre les déclarations. Qu'on attend dans les années qui viennent,
qui ne sont toujours pas arrivés. Je voudrais qu'on dise un mot des pompiers volontaires parce qu'on parle beaucoup du statut et des conditions de travail de ces pompiers volontaires qui quand même représentent 80% des effectifs de nos pompiers. Est-ce que vous pouvez nous dire un mot combien ils sont payés aujourd'hui ? Quel est leur statut ? Et est-ce qu'il faut aussi agir là-dessus ?
Bien sûr, d'abord, la France ne pourrait pas faire ça si elle n'avait pas ces sapeurs-pompiers volontaires. Donc, ils sont 180 000, un peu plus de 180 000 sur les 250 000 sapeurs-pompiers que l'on a. Et donc, à côté des sapeurs-pompiers volontaires, on a les sapeurs-pompiers pros. Et on a évidemment les militaires avec la BSPP, la brigade des sapeurs-pompiers à Paris, les marins-pompiers à Marseille et puis les unités de sécurité civile à Livourne et à Brignol. Donc, ce sont des volontaires. Ça veut dire que ce sont des gens comme vous et moi qui ont un métier à côté et qui choisissent d'avoir un engagement citoyen.
Et on voit bien que certains vont jusqu'aux dons ultimes puisqu'on a un certain nombre de sapeurs-pompiers comme des pros qui laissent leur vie. En fait, ils sont très peu, ils sont des vacations, ils sont très peu rémunérés. Quand vous êtes sapeurs première classe, deuxième classe, vous êtes à 8 euros quelque chose. Et quand vous êtes officier, ça monte à 11 ou 12 euros de l'heure. Donc, c'est très très peu. En fait, ce n'est pas leur motivation. Leur motivation, c'est d'abord de s'engager pour leur territoire, de le défendre et d'avoir cet engagement citoyen. Mais on risque d'en manquer dans les années qui viennent ? Alors, d'abord, déjà, aujourd'hui, il en manque.
Alors, c'est estimé à 50 000. Mais demain, il en manquera encore plus. Mais moi, je pense qu'on ne peut pas uniquement compter sur l'État, sur les moyens financiers, sur les sapeurs-pompiers. Il va falloir qu'il y ait une culture du risque dans ce pays parce qu'on voit encore des gens qui fument et qui jettent leurs cendres là où ils sont. Il faut que ça commence tout petit, qu'il y ait une prise de conscience. Et il peut y avoir un engagement aussi de la part des citoyens. Cet hiver, par exemple, à l'Assemblée, on a voté la possibilité d'avoir des réserves communales de sécurité civile.
Donc, ce sont des personnes qui, peut-être, ne peuvent pas être pompiers pour X raisons, mais qui peuvent venir en appui sur la logistique, qui peuvent aussi faire de la prévention. Voilà. Et c'est cet ensemble-là qui nous permettra de réussir. Parce que si on compte uniquement sur l'État, bien sûr qu'il va falloir en faire une cause nationale et que chacun fasse nation. Moi, ce que je souhaite vraiment, c'est que la sécurité civile, si on veut pouvoir apporter des réponses et ne pas se trouver dans la même situation, les étés qui vont arriver, il faut qu'il y ait une concorde, il faut qu'on puisse se mettre autour de la table et que tout le monde soit d'accord sur la cible à atteindre.
Ensuite, on fait une planification, une programmation pour l'investissement pluriannuel pour pouvoir y arriver. Parce que sinon, on ne verra pas le bout et ça ne pourra fonctionner que si la population est résiliente.
Restez bien avec nous, Mme Pantel. Je voudrais qu'on donne la parole à Vincent qui nous a appelé au 32-16. Bonjour, Vincent. Vous êtes dans la Sarthe, c'est ça ? Totalement. Bonjour. Et ça vous fait réagir ce manque de moyens identifiés pour la sécurité civile, pour nos pompiers ?
Après, moi, une grosse pensée d'ailleurs pour tous, tous ces pompiers qui, il ne faut pas juste payer pour leur calendrier une fois par an, il faut juste les considérer tout le temps. Moi, je suis infirmier à l'hôpital depuis des années. Ce que je vois, c'est tout le régagnant qui a été laissé de côté, essentiellement depuis M. Sarkozy, qui a vraiment printé du doigt les fonctionnaires. Alors du coup, nous, les infirmiers, après le Covid, enfin pendant le Covid, on nous applaudissait, tout ça, tout allait bien, machin, on a été... Alors M. Macron nous a un petit peu augmenté, extraordinaire.
Vous faites le parallèle, en fait, infirmiers, pompiers, même combat, quoi.
Les profs, les gendarmes, les policiers, là, on voit que la France tenait avec tout ça, et là, on a mis... On a manqué de considérations envers tous ces métiers qui sont pourtant importants. Alors maintenant, on s'étonne qu'il n'y a plus de profs, on s'étonne que plus personne ne va faire un chien de mieux, on s'étonne que... Parce que les conditions sont devenues catastrophiques.
Effectivement, de la même façon, on craint que de manquer de pompiers volontaires. Sophie Pantel va vous répondre parce que, justement, je voudrais qu'on entende vos propositions, Mme la députée. Vous dites, il faut une taxe de séjour et une taxe sur les assurances. Ça veut dire qu'en fait, il faut aussi qu'on accepte tous de mettre un peu la main à la poche pour financer notre sécurité civile et nos pompiers.
Alors, nous, on a une réponse avec Damien Maudet à tous les étages, si je peux me permettre de parler ainsi. Il y a d'abord la prévention et ce n'est pas rien, la prévention. Il y a cette culture du risque. Il y a évidemment des moyens supplémentaires financiers parce qu'il va falloir investir massivement. Et donc, dans nos propositions pour financer cet investissement, nous, ce qu'on dit d'abord, c'est que le système assurantiel, il doit participer plus.
Et on a d'ailleurs rendu, tout début juillet, un rapport sur la valeur du sauvé parce qu'aujourd'hui, lorsque vous sauvez une vie, lorsque vous sauvez une maison, lorsque les sapeurs-pompiers apportent ça, c'est autant pour les assureurs qui ne sont pas remboursés à condition évidemment que les personnes aient un contrat d'assurance. Oui, donc les assureurs
ont tout intérêt en fait. Ça va leur faire gagner de l'argent si on défend mieux les territoires. C'est ce que vous nous dites.
En fait, c'est une notion académique que les sapeurs-pompiers ont développée. Sinon, sur la question du financement de la sécurité civile, en gros, aujourd'hui, c'est 7 milliards de la sécurité civile et c'est essentiellement financé par les collectivités, donc ce sont les départements et les communes, enfin blocs communaux au sens large parce qu'il y a pu y avoir des transferts de compétences et donc après, on a l'État. L'État, sur le BOB 161, celui sur lequel nous sommes rapporteurs, c'est à peu près un milliard. Mais vous avez d'autres crédits qui financent de la sécurité civile, notamment au niveau de la DGA, la Direction Générale de l'Armement.
Donc par exemple, les 4 entreprises dans ce moment qui sont en train de travailler pour développer des solutions souveraines en matière d'aéronef ne sont pas financées sur le 161 mais sont financées sur le Bord poli.
Je suis désolé, on arrive au bout Madame la députée mais on comprend votre message, il est urgent de trouver des nouvelles ressources pour financer la sécurité civile. Merci beaucoup d'avoir été avec nous en direct ce matin. Sophie Pantel, députée socialiste de l'OSER, je remercie Vincent qui était avec nous au 32-16.
Sophie Pantel