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InterviewFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 25 juillet 2023 40 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeTravail & emploiInstitutions & élections

Police, justice : un dialogue devenu impossible ?

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 42 %Attaque 33 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:26OuverteRéponse directe

    La police est-elle au-dessus, en dessous de nos lois ?

  • 5:53OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous répondez à la fois à notre auditeur, à la fois à Jean-Christophe Couvie ?

  • 7:10OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous entendez à ce que vient de nous dire à l'instant Jean-Christophe Couville ?

  • 8:55OuverteRéponse partielle

    Alors vous la police vous la vivez au quotidien ?

  • 18:04OuverteRéponse directe

    La police de plus en plus violente, c'est le sentiment d'Evelyne ?

  • 22:48OuverteRéponse directe

    Le positionnement des syndicats vis-à-vis des policiers qui commettent des bavures ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:34InvitéFait
    « la police, elle n'est pas au-dessus des lois, mais elle n'est pas en dessous des lois non plus. »
  • 3:52InvitéFait
    « La présomption d'innocence, elle est pour tout le monde. C'est l'article 9 de la Déclaration des droits de l'homme qui dit que justement, tant qu'en fait, on n'est pas passé devant un procès, on bénéficie de la présomption d'innocence. »
  • 4:24InvitéChiffre
    « on ne fait pas de cadeau aux policiers, en fait. »
  • 5:00InvitéFait
    « commencer le matin sa vacation, son métier, dire au revoir à sa femme et ses enfants et finir le soir au Beaumet ou dans une maison d'arrêt, c'est plus qu'un désaveu, c'est un déshonneur. »
  • 5:28InvitéChiffre
    « tout ça pour la maudite somme de 2200 euros par mois quand vous êtes gardien de la paix. »
  • 8:24InvitéFait
    « même s'ils ont une profession difficile et qu'ils commettent des infractions pénales pour le moment il y a la présomption d'innocence qui s'applique »
  • 18:20InvitéFait
    « on a changé de paradigme c'est-à-dire qu'on avait une police de proximité et d'un seul coup on a fait une police d'action un peu plus répressive »
  • 19:40InvitéChiffre
    « des primes au mérite pour certains fonctionnaires et même pour les commissaires et les hauts fonctionnaires des grosses primes qui vont jusqu'à 60 000 euros »
  • 25:34InvitéChiffre
    « on a quand même à peu près 50 suicides par an en moyenne »
  • 26:02InvitéChiffre
    « il y a deux français sur trois, je crois qu'il y a plus de 70% qui kiffent leur police »
  • 27:36InvitéFait
    « police et justice sont en train de se tromper lourdement s'ils sont de bonne foi »
  • 28:15InvitéFait
    « le procureur de la république c'est le chef de la police et de la gendarmerie dans toutes les enquêtes »
  • 28:50InvitéFait
    « c'est eux qui décident des suites judiciaires si l'enquête permet d'apporter des preuves »
  • 38:21InvitéChiffre
    « j'ai eu plus de 1000 déferments en 2022 »

Temps de parole

  • Invité33 %
  • Invité 227 %
  • Présentateur16 %
  • Invité 36 %
  • Invité 45 %
  • Invité 54 %
  • Auditeur3 %
  • Auditeur 22 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter. France Inter. Le téléphone sonne. Un jeune homme roué de coups en marge des émeutes à Marseille. Quatre policiers identifiés, dont un placé en détention provisoire. La colère de ses collègues de la BAC, puis de ceux des villes voisines. Les mots du grand patron lui-même, pourtant pas tout à fait du genre à goûter à la polémique. Ces mots donc, avant un éventuel procès, un policier n'a pas sa place en prison. La suite, vous la connaissez. Vous l'avez entendu relater dans les journaux de France Inter. Les prises de paroles de politiques, de policiers, de magistrats, paroles de soutien, ou au contraire, de désapprobations très critiques.

Et cette colère qui monte encore à coup d'arrêt maladie et de code 562. Ce jargon policier pour dire qu'il n'assume plus que l'émission d'urgence est essentielle. Et finalement, peu de demi-mesures dans tout cela. Alors, jusqu'à 20h, nous allons tenter de décortiquer ce qu'il se passe, ce qui arrive à notre police, ce qui malmène tant le dialogue entre police et justice. Deux corps, pourtant amenés à travailler ensemble au quotidien. Qu'en pensez-vous, vous, professionnels de l'un ou l'autre corps ? Vous, citoyens, peut-être inquiets de cette situation ? La détention provisoire est-elle choquante pour un policier ? Ou faut-il faire confiance au parquet qu'il a requise ?

Au juge qu'il a prononcé ? D'ailleurs, cette crise est-elle seulement l'affaire d'une détention provisoire ? Ou peut-être le résultat d'un malaise plus grand, plus profond, plus ancien ? Et comment revenir à l'apaisement alors que l'on sort à peine d'une vague d'émeutes urbaines comme la France n'en avait pas connue depuis près de 20 ans ? Comment rétablir ce contrat social entre les citoyens et leur police, entre cette police et notre justice ? Venez nous le dire et posez toutes vos questions à nos invités par téléphone au 01 45 24 7000, par mail ou via l'appli France Inter. C'est le téléphone sonne. Soyez les bienvenus.

1:45
Auditeur

Et tout de suite, on accueille Yves qui nous appelle du Finistère.

1:53
Présentateur

Bonsoir Yves.

1:54
Auditeur

Bonsoir, merci de prendre mon appel.

1:56
Présentateur

Avec plaisir, on vous écoute.

1:58
Auditeur

Je suis un simple citoyen. Lorsque n'importe quel citoyen commet une faute ou une faute susceptible, on va en garde à vue, on va en prison. Je m'étonne que la police et la gendarmerie soient au-dessus de ces lois et en ce moment, certaines forces de l'ordre ont la main plutôt leste. Alors, s'ils ne peuvent plus être sanctionnés, j'ai bien peur que la main leste soit de plus en plus fréquente. Autre chose, je méthode que M. Darmanin, qui a la parole tellement rapide et tellement facile d'habitude, ne se soit pas exprimé.

Les policiers n'ont pas le droit de grève, mais bon, ils se mettent en congé maladie et un ouvrier qui se met en congé maladie, quelquefois la Sécurité sociale vient vérifier pour voir si ce congé maladie est justifié. Il y a peut-être des congés maladie chez les policiers qui sont justifiés. Ça, je ne nie pas. Voilà.

3:00
Présentateur

Merci beaucoup Yves pour votre témoignage. Il y a beaucoup de choses pour en discuter ensemble jusqu'à 20h. Jean-Christophe Couvie, bonsoir.

3:07
Invité

Bonsoir.

3:07
Présentateur

Vous êtes secrétaire national du syndicat unité SGP Police FO. Avec nous depuis Béziers, où il exerce ses fonctions de procureur. Raphaël Ballant, bonsoir.

3:16
Invité

Bonsoir, madame.

3:17
Présentateur

Vous êtes également président de la Conférence nationale des procureurs de la République. Et avec nous également en studio, Emmanuel Leclerc, spécialiste police à France Inter. Mais tout d'abord, cette question de Yves. La police est-elle au-dessus, en dessous de nos lois ? En fait, c'est toute la question de cette crise. Jean-Christophe Couvie, que lui répondez-vous ?

3:32
Invité

Non, alors moi, je répondrais qu'en fait, la police, elle n'est pas au-dessus des lois, mais elle n'est pas en dessous des lois non plus. En fait, on confond. Là, c'est une enquête. Une enquête en cours, la punition, entre guillemets. Déjà, un, ce n'est pas prouvé que le fonctionnaire ou les fonctionnaires de police sont coupables. Il faut quand même respecter ce temps d'enquête. La présomption d'innocence, elle est pour tout le monde. C'est l'article 9 de la Déclaration des droits de l'homme qui dit que justement, tant qu'en fait, on n'est pas passé devant un procès, on bénéficie de la présomption d'innocence.

Donc, en fait, les policiers, j'allais dire, ne sont pas contre une enquête, en fait. Ce n'est pas ça. Il y a le fond et la forme. Sur le fond, effectivement, donc, on laisse l'enquête se dérouler. Et si le policier, un policier qui a fauté, doit être puni, je pense quand même qu'il suffit de regarder un petit peu, justement, les chiffres des condamnations on ne fait pas de cadeau aux policiers, en fait. Donc, je fais juste cette parenthèse par rapport à la question du monsieur. On ne se défausse pas. On assume nos actes. Si on a fauté, écoutez, après, j'allais dire, oui, on verra bien en temps et en heure.

Cependant, c'est sur la forme, en fait, qu'on est interpellé par rapport à ce qui se passe. Voilà. C'est-à-dire qu'encore une fois, on est dans l'enquête. On a une détention provisoire. Et pour un policier, pour un policier, commencer le matin sa vacation, son métier, dire au revoir à sa femme et ses enfants et finir le soir au Beaumet ou dans une maison d'arrêt, c'est plus qu'un désaveu, c'est un déshonneur. Et en fait, on a l'impression que dans ce métier, on risque quotidiennement, on risque notre vie, notre liberté, puisqu'on peut être en détention, notre honneur, des fois, puisqu'on ne peut pas se défendre. Et en fait, on est sali, des fois, par des forces politiques.

Et en fait, la sécurité de notre famille aussi qui est mise en jeu, puisqu'on voit qu'on est pisté, suivi, les prénoms de nos enfants, de nos femmes, sont mis sur des murs. Et donc, en fait, tout ça pour la maudite somme de 2200 euros par mois quand vous êtes gardien de la paix. Voilà. Donc, en fait, on s'insurge un peu là-dessus et on en discutera avec M. le procureur. On ne fait pas une guerre police-justice. C'est juste des choses qu'on doit se dire, on doit parler. On est les deux jambes de la République et ces deux jambes-là doivent très bien fonctionner.

5:45
Présentateur

Et vous êtes amené à travailler au quotidien ensemble. Là, c'est ce que je disais en introduction. Justement, Raphaël Ballant, président de la Conférence nationale des procureurs de la République. Qu'est-ce que vous répondez à la fois à notre auditeur, à la fois à Jean-Christophe Couville ? Peut-être juste une précision avant de vous donner la parole. Que la détention provisoire, elle est prononcée selon des critères très précis en France qui sont... Elle est décidée par un juge des libertés de la détention après des réquisitions du parquet. Il y a donc trois magistrats qui ont décidé de cette détention provisoire en ce qui concerne le policier concerné.

Qu'est-ce que vous avez, vous, à répondre, Raphaël Ballant, à ce sujet ?

6:20
Invité

On peut même ajouter pour la question de la détention provisoire qu'il y a aussi une possibilité d'interjeter appel, ce qui a été le cas, semble-t-il, dans cette procédure. Je précise d'ailleurs qu'en aucun cas, je parlerai du fond de ce dossier parce que personne ne le connaît en dehors des magistrats et des enquêteurs qui ont travaillé sur ce dossier. et que seule la procureure de la République de Marseille est en capacité et même habilité par la loi à pouvoir communiquer sur le fond de ce dossier.

Sur la détention provisoire, donc il y a possibilité effectivement d'interjeter appel d'une manière générale et là, c'est à ce moment-là trois autres juges au niveau de la cour d'appel dans la chambre de l'instruction qui pourront se prononcer pour dire si cette détention provisoire dans ce dossier comme dans tous les autres est justifiée ou pas en fonction des sept critères légaux qui sont prévus effectivement par la loi.

7:09
Présentateur

Indépendamment de cette question des critères légaux, est-ce que vous entendez à ce que vient de nous dire à l'instant Jean-Christophe Couville à la fois cette incompréhension plus globale, ce malaise des policiers ? Est-ce que c'est quelque chose que vous percevez aussi vous dans l'exercice quotidien de vos fonctions ?

7:24
Invité

Je vais rejoindre votre introduction surtout même si je suis d'accord avec beaucoup de choses qui viennent d'être dites par votre invité.

Je vais surtout rejoindre votre conclusion sur la confusion qui règne ces derniers jours sur un certain nombre de notions de débats qui parfois semblent un petit peu étonnants et lorsqu'il y a de la confusion il faut revenir aux fondamentaux et je crois que les fondamentaux ils ont été rappelés effectivement par le président de la République hier relayés par le garde des Sceaux pris également par le conseil du père de la magistrature qui rappelle tout simplement mais c'est la base que la loi est applicable à tous et que personne n'est au-dessus des lois de la République et à partir de ce moment-là quelle que soit la profession qu'on exerce même la plus difficile et on y reviendra bien entendu la profession la plus difficile comme celle des policiers et des gendarmes qui actuellement pèsent beaucoup dans leur quotidien et bien même s'ils ont une profession difficile et qu'ils commettent des infractions pénales pour le moment il y a la présomption d'innocence qui s'applique et c'est pour ça qu'on parle de détention provisoire parce que la détention provisoire par définition c'est avant la condamnation et donc toute personne y compris policier qui se retrouve dans une situation d'avoir commis une infraction pénale et qui répond aux critères de la loi pour la détention provisoire est susceptible de se voir appliquer ce régime qui est je le rappelle quand même un régime effectivement exceptionnel que ce soit un policier un gendarme un magistrat toute personne notamment qui est chargée de l'autorité publique ou évidemment n'importe quel citoyen

8:55
Présentateur

je vous propose d'accueillir Michel qui nous appelle de Paris bonsoir Michel

8:59
Invité

bonsoir

9:00
Présentateur

alors vous la police vous la vivez au quotidien si je ne me trompe pas

9:03
Invité

tout à fait c'est à dire que moi je suis conjoint exactement et donc ce que je voudrais dire c'est simplement c'est que eh bien déjà par rapport à notre intervenante chez FO non tous les policiers n'embrassent pas leurs femmes avant de rentrer et je pense notamment à Xavier Jublet qui avait son compagnon et qui était un policier probablement un policier avec autant de mérite que les autres et ça quelle que soit son orientation sexuelle ceci étant dit moi mon conjoint fait partie de la minorité comment dire de CGT de police et voilà et donc tous les constats qui sont faits on les rejoint avec une population malheureusement de la délinquance de plus en plus violente des policiers qui se sont crachés qui se sont insultés qui se sont frappés c'est devenu malheureusement le quotidien et simplement ce qu'on voudrait dire c'est que pour nous le point de rupture il est avec la politique de Nicolas Sarkozy qui a simplement supprimé la police des opportunités et je pense qu'il faut revenir en tout cas le repenser par refaire la police des opportunités tel que ça a été fait parce que ça ne va pas être une baguette magique pour toutes les gens qui sont devenus effectivement de plus en plus violents mais les délinquants sont devenus violents parce qu'ils ne voient la police que comme des robocops et c'est un cercle infernal et c'est vraiment un cercle infernal et ça mérite un débat de fond un débat de société pour pouvoir sortir de ce cercle infernal parce qu'on ne va pas se mettre à tirer sur tout ce qui bouge et il y a vraiment un équilibre franchement un équilibre à retrouver voilà et effectivement les policiers ont été plus que sollicités les gens sont en burn out il y a un sujet chez les policiers qui est énorme il faut vraiment y penser donc c'est une société qui va mal des gens qui démissionnent et qui préfèrent aller dans la police il n'y a pas de faire autre chose donc il y a pour moi vraiment un débat citoyen vraiment un débat citoyen à voir et aussi peut-être que certains syndicats mettent aussi un petit peu de l'eau dans leur vin et dans le sens aussi sortent les individuons et regardent un petit peu aussi ce qui se passe tout simplement dans la société même si c'est difficile

11:13
Présentateur

Merci Michel pour votre témoignage peut-être Emmanuel Leclerc un petit tour d'horizon parce que vous vous travaillez sur ces questions et sur cette crise qui se déroule en ce moment est-ce que c'est seulement cette question de la détention provisoire ou est-ce que vous percevez que le malaise est plus grand finalement dans la police et que c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour parler un peu simplement

11:33
Invité

Alors tout le monde effectivement toutes les sources que j'ai pu joindre ces derniers jours disent que oui c'est la goutte d'eau mais par rapport à la détention provisoire justement par rapport à cette question essentielle puisqu'il y a une dénonciation de l'insécurité juridique dans laquelle il se trouve effectivement ça a été dit tout à l'heure et surtout ce qu'il considère c'est que il y a plusieurs exemples comme ça qui montrent que les conditions de la détention provisoire ne sont pas remplies c'est-à-dire que ça ne respecte pas la loi et là ce que moi ce que j'entends de mes différentes sources que ce soit de la base ou de la très haute hiérarchie de la place Beauvau au siège du ministère de l'Intérieur c'est de dire qu'ils considèrent que le parquet de Marseille n'a pas respecté la loi justement et que quand on regarde les différents critères ça ne marche pas ça ne s'applique pas et ce qu'ils auraient bien été ce qu'ils auraient bien aimé depuis maintenant plusieurs jours c'est que la procureure de Marseille justifie s'explique clarifie et ils n'ont pas eu ce minimum de communication qu'ils sont en droit c'est ce qu'ils disent en droit d'exiger et là c'est une incompréhension totale et donc notre invité en parlait tout à l'heure de ce devoir de communication et là les différents syndicats la hiérarchie policière ils ne comprennent pas Jean-Christophe Couvy

12:49
Présentateur

je vous vois acquiescer est-ce qu'effectivement peut-être qu'une prise de parole de la procureure de Marseille aurait pu apaiser aurait pu faire un effort de pédagogie expliquer un peu cette décision-là même si elle n'est pas tenue à le faire

13:01
Invité

je pense que justement la justice a beaucoup de progrès à faire dans la transparence des dossiers de la façon de s'exprimer je sais que des procureurs le font de plus en plus prennent la parole expliquent les dossiers font de la pédagogie sauf que là sur le terrain effectivement on se dit il y a des choses qu'on ne comprend pas alors oui je n'ai pas accès aux dossiers donc en fait il y a beaucoup d'interrogations on sait qu'ignorance est bavarde des fois donc quand on ne sait pas on se pose plein de questions c'est pas remettre en question justement le rôle de la justice c'est se dire mais enfin il y a 4 personnes qui sont déférées il y en a 3 qui sont en contrôle judiciaire et un dernier qui est en détention provisoire pourquoi est-ce que les 3 ne pourraient pas respecter le contrôle judiciaire c'est-à-dire pouvoir parler entre eux pouvoir mettre la pression sur la victime et pourquoi ce dernier là lui devrait faire de la détention provisoire c'est-à-dire qu'il serait un danger peut-être pour la société ou alors quelle pression il pourrait mettre sur la victime ou la famille de la victime et en quel cadre il pourrait prendre contact avec d'autres personnes donc on se dit si on a un contrôle judiciaire qui est très strict on peut même par exemple lui dire de ne pas venir sur Marseille et d'aller s'expatrier dans un autre département on comprend pas trop l'idée sauf à dire peut-être que vous savez elle connaissait l'adage pas de bras pas de chocolat pas d'aveu détention provisoire et là dans ces cas là le fameux chantage à la détention comme on dit je sais pas si c'est un chantage c'est peut-être une stratégie ou c'est peut-être effectivement de l'histoire de mettre une pression est-ce que les autres policiers voilà on sait pas en fait et donc du coup je sais pas si c'est une petite pratique qui pourrait se faire au niveau de de de de de l'appareil judiciaire et au cas où si c'était cette pratique là on le saura de toute façon un jour ou l'autre et je trouve que c'est dommageable justement pour toute une profession de se poser cette question est-ce qu'au cas où voilà c'est une tactique une stratégie ou est-ce que réellement dans ces cas là s'il y a un risque et bien que le procureur dise pourquoi il y a des risques

14:48
Présentateur

Raphaël Ballon sur cette question de la communication du procureur est-ce qu'effectivement est-ce qu'on pourrait souhaiter que dans des moments comme ça qui sont particulièrement tendus ou qui puissent susciter une crise est-ce qu'il y ait des éléments d'explication pour l'apaisement finalement en faveur de cet apaisement

15:02
Invité

alors d'une manière générale les procureurs effectivement communiquent beaucoup et au maximum de ce qui ressemble utile il n'y a que la procureure de Marseille qui peut décider pour les raisons qui lui appartiennent de communiquer ou de ne pas communiquer là aussi c'est prévu par la loi donc une fois de tout je ne parlerai pas de ce dossier parce qu'il y a bien une certitude que j'ai depuis plus de 20 ans que j'exerce ce métier c'est que tant qu'on ne connaît pas la procédure en totalité avec tous les éléments à charge et à décharge on est dans l'incapacité d'avoir un avis ferme sur ce qui a pu être fait ou pas fait concernant le dossier et donc toutes les personnes qui s'expriment sans connaître le dossier en réalité ne peuvent pas comprendre pourquoi effectivement la décision a été prise je voudrais dire deux choses la première sur ce dossier je constate que le directeur général de la police nationale lui-même dans l'interview que vous avez évoqué a dit qu'il ne connaissait pas le dossier

15:56
Présentateur

ce week-end

15:56
Invité

exactement qu'il ne connaissait pas le dossier et qu'il se garderait donc de tout commentaire sur la décision elle-même deuxième chose que je voulais dire c'est que d'une manière générale pour sortir de l'exemple de Marseille même si c'est l'objet en partie de votre de votre émission d'une manière générale toutes les décisions toutes les décisions de détention provisoire sont évidemment motivées et fortement motivées et j'imagine que dans une procédure comme celle-ci sensible le juge des libertés de la détention a fortement motivé sa décision et que l'avocat du mis en examen comme pour tous les mises en examen connaît parfaitement les motifs pour lesquels il a été placé en détention provisoire c'est bien parce qu'il n'est pas d'accord avec d'ailleurs ces motifs qu'il a interjeté à Pell devant la cour d'appel qui appréciera au regard de ces motifs donc on ne peut pas laisser dire non plus parce que ça c'est totalement faux que les décisions ne sont pas motivées qu'on ne sait pas pourquoi les juges ont pris telle ou telle décision ou le procureur a pris telle ou telle réquisition les réquisitions du procureur sont illégalement motivées et tout ça par écrit

16:58
Présentateur

Je vous propose de vous accueillir Evelyne qui nous appelle de Bretagne Bonsoir Evelyne

17:02
Auditeur

Bonsoir

17:03
Présentateur

On vous écoute

17:04
Auditeur

Merci de prendre mon appel En fait je suis d'accord avec notre premier interlocuteur Yves En fait moi je trouve que la police est de plus en plus violente de plus en plus violente et ça date des années avec des brigades volantes Maintenant on a la BAC on a la BAC je ne sais pas comment ils sont recrutés je ne sais pas maintenant inciter un lambda il se promène dans la rue il y a des émeutes et bien il peut se faire passer parce qu'il est au mauvais moment au mauvais endroit et je ne vois pas pourquoi un policier n'aurait pas le droit d'être en détention provisoire quand c'est avéré qu'il a commis une faute

17:49
Présentateur

Merci Evelyne pour votre témoignage alors rappelons dans le cas de l'affaire de Marseille qu'on en est au tout début de l'enquête donc il n'est pas encore avéré mais qu'il y a des indices qui ont conduit à l'ouverture de cette enquête et qui permettent de suspecter ce policier-là en l'occurrence plus largement Jean-Christophe Couvy la police de plus en plus violente c'est le sentiment d'Evelyne que lui répondez-vous ?

18:10
Invité

La police de plus en plus violente c'est sa façon de voir les choses effectivement il y a eu un tournant avec Nicolas Sarkozy effectivement on a changé de paradigme ça c'est une réalité on a changé de paradigme c'est-à-dire qu'on avait une police de proximité et d'un seul coup on a fait une police d'action un peu plus répressive qui se voit avec des uniformes beaucoup plus proches du terrain d'ailleurs parce que franchement moi j'ai connu la casquette qui vole des concours le revolver sur le côté qui tape la cuisse on avait les chaussures de ville c'était vraiment pas adapté non plus franchement pour le confort de travail c'était la préhistoire mais après effectivement on a cassé cette police de proximité on a perdu le pouls avec une partie de la population pas avec toute la population mais avec une petite partie de la population où effectivement on avait des anciens qui étaient dans des quartiers qui connaissaient par le prénom les enfants et dès que ces enfants commençaient un petit peu à glisser ils les prenaient par le lobe de l'oreille ils les ramenaient aux parents ils disaient voilà maintenant ça suffit etc quelque chose d'un peu

19:12
Présentateur

plus paternaliste

19:13
Invité

oui paternaliste c'est vrai qu'on a perdu ce pouls pour des raisons d'objectifs en fait politiques du chiffre il faut en reparler d'ailleurs c'est toujours d'actualité il faut voir aujourd'hui en fait on a des tableaux de bord de savoir quand on rentre de mission comment on a fait de contrôle le routier comment on a fait de contrôle l'identité comment on a fait de PV etc et à chaque fois on fait gonfler les chiffres pour qu'à la fin on puisse avoir justement des objectifs atteints avec des primes au mérite pour certains fonctionnaires et même pour les commissaires et les hauts fonctionnaires des grosses primes qui vont jusqu'à 60 000 euros voilà donc ça il faut savoir le dire aussi et donc des fois on perd notre sens dans ce métier c'est à dire qu'on a l'impression qu'on est plutôt on a une approche quantitative plutôt que qualitative et ça c'est un peu comme dans d'autres corps de métier d'ailleurs il n'y a pas que la police c'est aussi toute la fonction publique qui est en crise mais donc du coup voilà alors plus violente je vais vous dire en fait on a une société qui est plus violente aussi et à la fin on a une police qui a le monopole de l'usage de la force il ne faut pas oublier ça alors après à chaque fois qu'on m'oppose effectivement on me dit voilà la violence systémique de la police j'ai dit non j'ai dit c'est pas une violence systémique il peut y avoir de la violence illégale de certains policiers et ces policiers là rendent des comptes voilà il y a des enquêtes il y a des conseils de discipline on va au pénal ils sont sanctionnés ils sont des fois même mis à la porte et en fait ça on n'en parle pas assez alors effectivement que faire quand on a une enfin regardez les images quand on a une patrouille de police qui va dans un quartier elle reçoit des mortiers d'artifice alors oui on riposte est-ce que c'est la police qui est violente ou est-ce que c'est des jeunes qui sont de plus en plus violents vers la police parce qu'on dérange c'est ça la vraie question alors on ne peut pas non plus voilà le policier il est là pour faire respecter la paix on est gardien de la paix et on doit faire respecter cette paix sociale et donc forcément ça passe par de la force l'emploi de la force de la violence si vous voulez mais qui est légitime et qui est encadré

21:06
Présentateur

Emmanuel Leclerc vous souhaitiez réagir spécialiste police à France Inter sur cette question du tournant notamment dans l'usage de la force

21:13
Invité

et dans la manière dont la police se comporte oui enfin il y a un tournant effectivement au début des années 2000 aussi vous parliez de la casquette qui vole mais au début des années 2000 on est aussi avec l'explosion l'explosion du trafic de cannabis avant celui de la cocaïne ces dernières années et donc on est aussi là dans une politique qui a été de répression du trafic de cannabis dans certains quartiers sensibles on le sait et donc forcément vous le disiez à partir du moment où vous avez une politique du chiffre et qu'en plus vous dérangez forcément ça fait monter le niveau de violence dans tous les cas et ça c'est évident

21:49
Présentateur

On a Gisèle qui nous écrit par mail et qui nous dit je pense que la police a besoin de groupes de parole pour parler de ces difficultés ce qui se passe actuellement m'inquiète et je vous propose qu'on accueille Henri qui nous appelle de Toulouse bonsoir Henri

22:01
Invité

Oui bonsoir

22:03
Présentateur

On vous écoute bienvenue dans le téléphone sonne

22:05
Invité

Je vous appelle parce que moi il y a quelque chose qui m'inquiète c'est le comportement des syndicats de policiers On entend parler de policiers racistes fascistes carrément qui portent des insignes fascistes On entend des On entend parler de fausses déclarations dans des PV plein de choses comme ça et on n'entend jamais les syndicats de police demander des sanctions exemplaires pour ces ripoux parce qu'on va les appeler comme ça et qui pourrissent la police et qui donnent une image de la police d'une entité à laquelle on ne peut pas faire confiance Aujourd'hui quand on croise un policier on risque sa peau

22:46
Présentateur

Merci Henri pour votre question Jean-Christophe Couvi le positionnement des syndicats vis-à-vis des policiers qui commettent parce qu'il y en a aussi il faut le dire qui commettent des bavures ou des actes répréhensibles

22:57
Invité

Alors oui enfin à Évreux hier soir il y a eu deux morts je crois c'est pas les policiers donc moi quand je croise des délinquants je risque ma peau j'ai peur aussi quand je croise des dealers j'ai peur aussi il ne faut pas faire un faux procès aux policiers c'est comme dans tous les métiers dans tous les corps de métier on aura des personnes racistes on aura des personnes violentes on aura des personnes extrémistes mais ce n'est pas la totalité des policiers moi je m'insurge aussi contre ça parce qu'on a une police métissée on a une police qui a l'image de notre société alors on va faire un focus sur deux trois personnes qui ont des tatouages ou une personne pour reprendre ce qu'a dit le monsieur voilà moi ça m'interpelle en fait parce qu'en fait on jette l'opprobre sur toute une profession en se servant de certains de certains points en fait et c'est ça qui est dommage

23:50
Présentateur

pourquoi est-ce que finalement c'est vécu comme tel pourquoi est-ce que c'est vécu comme l'opprobre jeté sur toute une profession que de dénoncer le comportement de certains qui sont effectivement ultra minoritaires est-ce qu'il y a forcément une contradiction dans le fait de dire ces policiers-là ont eu un comportement qui est répréhensible et la majorité de la police fait un travail formidable dans des conditions qui ne sont pas toujours faciles est-ce que c'est possible ça ?

24:10
Invité

On le fait déjà puisqu'on siège dans les conseils de discipline en tant que délégués syndicaux et représentants du personnel donc en fait quand on siège dans les conseils de discipline on prend des décisions on émet des avis qui sont après validés ou pas par le ministère de l'intérieur donc déjà on fait nous aussi notre part dans la réponse j'allais dire par rapport à des fautes qui ont été commises après tout à l'heure oui j'ai fait une erreur j'ai parlé de ma conjointe et des enfants effectivement peu importe notre orientation sexuelle nous on travaille par exemple avec une association de police qui s'appelle FLAG justement pour les LGBT plus donc en fait on est ouvert à ça la police elle est encore une fois elle a plusieurs visages c'est un kalidoscope de la société et donc on ne peut pas s'arrêter sur une ou deux personnes qui est violente qui est raciste encore une fois pour en faire une généralité le problème surtout c'est qu'on a aussi une partie des politiques il faut le dire qui se sert de la police comme vecteur justement de conflits on a l'impression que les policiers sont là pour asservir la population moi je vois des choses sur Twitter je vois des tweets d'hommes politiques des députés moi oui qui choquent toute une profession et je suis désolé on peut faire des groupes de parole on peut faire des rétex à force d'insulter les policiers des retours d'expérience mais à force d'incriminer les policiers je vous rappelle juste qu'on a quand même à peu près 50 suicides par an en moyenne on a un taux de divorce qui est très élevé on paye un lourd tribut il y a aussi beaucoup de fonctionnaires de police qui ne supportent pas d'être montrés du doigt et encore une fois d'être dans l'amalgame et moi j'ai des parents de collègues qui se sont suicidés qui m'écrivent aussi des fois et qui ont besoin qu'on porte cette parole pour qu'on crève un peu cet abcès il y a une souffrance dans la police il y a une souffrance effectivement on sait qu'on ne sera pas aimé de tout le monde mais après quand on regarde des sondages et qu'on voit qu'il y a deux français sur trois je crois qu'il y a plus de 70% qui kiffent leur police voilà il faut le dire on est plutôt content et en revanche c'est les gens les 30% qui n'aiment pas la police et qui ont des doutes c'est ceux-là qu'il faut les chercher c'est ceux-là qu'il faut convaincre que la police elle n'est pas l'ennemi de quelqu'un elle est là au service du public au service des concitoyens voilà on fait un travail encore une fois de garder cette paix la police c'est le ciment de la société s'il n'y a plus de police c'est l'anarchie et l'anarchie c'est-à-dire que les gens se font justice eux-mêmes

26:30
Présentateur

Raphaël Ballant quand vous êtes en tant que procureur vous travaillez avec la police ça fait partie de votre métier est-ce que vous diriez que c'est effectivement une profession qui va mal aujourd'hui est-ce que c'est ce que vous percevez vous au quotidien en poste à Béziers ou de ce que vous avez pu vous voir ces dernières années

26:45
Invité

écoutez tout ce que j'entends depuis le départ c'est ce que je craignais de ce qui se passe depuis ces derniers jours à savoir que le fait qu'on puisse laisser penser par des discours parfois syndicaux ce qui n'est pas le cas ce soir mais qu'un policier finalement est susceptible d'être au-dessus des lois bon c'est le message qui peut être compris par toute une série de notre partie de notre population même les vos auditeurs qui c'est certainement de bonne foi mais résultat des courses on a des gens qui appellent pour dire pour je le dis salir quand même la police alors même alors même qu'effectivement et là je rejoins parfaitement votre invité c'est un travail absolument extraordinaire au service de nos concitoyens et ceux qui ont opposé ces derniers temps quel qu'il soit police et justice sont en train de se tromper lourdement s'ils sont de bonne foi parce que les seuls qui profitent de cette opposition police-justice qui affaiblit l'un et l'autre ça affaiblit la république et ça affaiblit l'autorité parce que comme vous le dites on travaille au quotidien les procureurs de la république toutes les équipes du parquet avec les policiers et les gendarmes deux petits mots quand même sur la mission du procureur pour qu'on comprenne ce que je veux dire le procureur de la république on connait peu sa mission alors qu'on entend parler tous les jours le procureur de la république c'est celui qui est chargé d'appliquer la loi pénale et pour appliquer cette loi pénale a comme bras armés les policiers et les gendarmes qui diligentent les enquêtes le procureur de la république c'est le chef de la police et de la gendarmerie dans toutes les enquêtes qui diligentent donc on est évidemment puisqu'on forme la même équipe avec chacun dans son rôle mais quand il y a une garde à vue ce week-end j'étais de permanence dans mon tribunal j'étais informé des dizaines de gardes à vue qu'il y a pu avoir tout le week-end c'est-à-dire un dialogue

28:33
Présentateur

permanent au quotidien finalement avec les policiers c'est plus qu'un dialogue

28:36
Invité

c'est un travail commun on construit le dossier ensemble au quotidien et les policiers qui font un terrain un travail de terrain absolument fantastique pour nous protéger c'est le travail des procureurs de la république également puisque ensuite c'est eux qui décident des suites judiciaires si l'enquête permet d'apporter des preuves et si les preuves sont suffisantes on va poursuivre devant le tribunal en fonction de la gravité des faits en comparation immédiate en décalé dans des convocations plus tard des alternatives aux poursuites on va mettre des obligations de soins des interdictions de rentrer en contact avec la victime on va protéger les victimes du violence conjugale grâce au travail des policiers on va mettre en place des placements pour les mineurs grâce au travail des policiers etc on le fait au quotidien et c'est pour ça que je dis arrêtons arrêtons s'il vous plaît de partir sur des espèces de confrontations apportant de la confusion parce que tout le monde va y perdre les policiers peut-être au premier chef c'est eux qui sont sur le terrain c'est eux qui prennent les risques pour les violences urbaines on l'a vu et après la police et la justice travaillent véritablement main dans la main parfois on n'est pas d'accord il y a des policiers qui ne sont pas d'accord avec des décisions qui vont être prises derrière puis parfois ils vont être très contents parfois je ne vais pas être content parce que l'enquête n'a pas été correctement faite ou en tout cas pas suffisamment à mon sens pour apporter la recherche de la vérité parce que mon premier travail c'est rechercher la vérité et ensuite je ne vais pas être content parfois parce qu'il y a une décision d'un juge qui ne me convient pas un avocat ne va pas être content et puis après il y a les appels c'est la justice normale avec une garantie absolue qu'on doit apporter à nos concitoyens parce que ça qu'ils attendent c'est l'impartialité et je peux témoigner au jour le jour pour travailler avec eux jour et nuit H24 parce que le parquet c'est les urgences de la justice c'est H24 pour travailler avec eux au quotidien évidemment qu'ils travaillent correctement et que quand il y en a qui fautent et bien ma foi comme nous tous ils doivent rendre des contres c'est aussi simple que cela

30:29
Présentateur

je vous propose qu'on accueille Jacques qui nous appelle de Cahors bonsoir Jacques

30:33
Invité

oui bonsoir on vous écoute bien je ne parlerai pas de ce cas précis d'une part d'autre part je n'ai pas de compétence à parler des grands principes je voudrais simplement rappeler que lorsqu'on juge quelque chose quelqu'un on tient compte du contexte alors je vais revenir à l'affaire du jeune Naël je suis scandalisé que personne personne et en particulier les journalistes et je vous mets en accusation grave n'avaient parlé du contexte vous aviez un jeune gars qui s'est fait arrêter paraît-il d'après ce que nous comprenons cinq fois à conduire un véhicule à l'âge de 17 ans et à refuser une intervention policière que fait qu'a fait la justice j'entends sa maman qui dit je reprends ses propos nous étions complices comme pas possible qu'est-ce que cette maman a fait avec un gamin de 17 ans non majeur pendant cinq fois arrêté par ce bonhomme était au volant d'une voiture extrêmement chère entre 90 et 121 000 euros une voiture qui était louée il ne pouvait pas louer il était mineur il n'avait pas de permis de conduire donc qui l'a loué qui lui a mis à disposition merci Jacques

31:59
Présentateur

pour votre témoignage alors je vous propose qu'on passe la parole à Emmanuel Leclerc le contexte les éléments de contexte ça fait partie de notre métier de journaliste puisqu'on est mis en accusation par Jacques on tente de le faire tous les jours à France Inter en tout cas

32:11
Invité

nous journalistiquement ce qu'on avait à faire c'était déjà d'essayer de décrire les faits comment ça s'est passé pourquoi il a ouvert le feu dans les conditions dans lesquelles ça s'est passé et ensuite de rappeler qu'effectivement il y avait eu une course poursuite dans les 20 minutes qui ont précédé qu'il a failli renverser les policiers qu'il a aussi failli renverser un cycliste et un piéton après au-delà journalistiquement c'est pas à nous de faire commentaire puis rappelons qu'il y a une enquête

32:33
Présentateur

en cours peut-être aussi

32:34
Invité

et qu'en plus il y a eu une enquête qui a été ouverte et qui là se poursuit

32:38
Présentateur

je vous propose qu'on accueille Marie-Laure qui nous appelle de Marseille Marseille d'où tout a démarré ou presque je vous écoute

32:45
Auditeur

Marie-Laure bonsoir oui bonsoir merci de me donner la parole alors moi je voulais intervenir par rapport un peu au témoignage des deux précédents auditeurs qui disaient que la police était très violente ben écoutez Marseille moi ça fait 54 ans que j'y vis j'ai vécu dans les quartiers nord au Merland s'il y a des gens qui connaissent donc et je veux dire maintenant nous entendons des morts régulièrement à Marseille des jeunes les trafics font qu'ils vivent dans un monde de violence ça ne s'était pas moi ma jeunesse ça ne s'était pas comme ça donc la violence je ne sais pas où ils vivent ces gens tant mieux s'ils sont dans des quartiers ou dans des villes calmes mais nous Marseille je voudrais dire merci aussi à la police parce que nous sommes confrontés à une violence quotidienne et je veux dire vu les morts que nous subissons que ces jeunes subissent je veux dire être sur le terrain c'est je pense très difficile voilà

33:43
Présentateur

merci beaucoup Marie-Laure pour votre témoignage Jean-Christophe Kouvy c'est un peu ce que vous disiez c'est à dire qu'il y a des terrains qui sont très difficiles au quotidien pour les policiers

33:50
Invité

oui alors en fait cette grogne cette fronde elle remonte j'allais dire elle n'est pas d'aujourd'hui on sent que ce n'est pas un caprice ce n'est pas un caprice de deux collègues qui d'un seul coup se réveillent en disant nous on veut une amélioration c'est juste que c'est une crise qui est profonde qui s'est ancrée et en fait effectivement il y a des dossiers qui sont plus emblématiques que d'autres et là les deux derniers dossiers donc de Nanterre et le dossier où justement on avait un exécutif qui avait donné déjà une coloration politique avant même que le procureur de la république s'exprime sur le dossier de Naël déjà c'était premier coup de couteau j'allais dire dans la confiance des policiers envers l'exécutif et puis là effectivement sur l'affaire de Marseille on a demandé à des collègues on leur a demandé de rétablir l'ordre dans les rues et en off parce que c'est jamais écrit on a une hiérarchie aussi préfet hiérarchie policière qui disent écoutez on a les geôles de garde à vue qui sont pleines les officiers de police judiciaire je suis désolé sont débordés on fait le ménage et pas de prisonnier parce qu'il faut à un moment donné récupérer la rue bon après chaque policier effectivement reçoit cette information et a son son taux de résilience sachant qu'il faut remettre tout dans un contexte et je suis d'accord pour remettre dans un contexte quand on est en période d'émeute où il n'y a plus de je vais dire plus de légitimité c'est l'anarchie totale et bien on reprend le terrain comme on peut avec les moyens que l'administration nous donne donc en fait cette fronde et cette colère des policiers c'est qu'en fait on voudrait justement qu'on ait un statut alors pas au-dessus des lois mais vraiment un statut qui nous protège qui protège nos familles quand effectivement on est incriminé dans le ressort de notre fonction c'est à dire qu'on a un usage de la force qui est légitime et avant d'être condamné suspecté etc on aimerait quand même garder aussi notre salaire on aimerait pouvoir subvenir aux besoins de notre famille on voudrait avoir une protection fonctionnelle qui marche parce que ça c'est l'employeur qui nous le doit tous les fonctionnaires avec le choix de l'avocat et qu'on ait un guichet unique qu'on puisse tout de suite saisir un avocat et en fait j'allais dire aussi on aimerait bien et on avait fait l'année dernière on avait organisé un colloque avec justement des magistrats avec des avocats des sociologues des policiers sur l'usage de la force et quelles conséquences face aux institutions il était ressorti qu'on aimerait bien avoir une juridiction spécialisée pour le traitement justement de l'usage des armes en fait on s'est rendu compte et c'est des procureurs aussi qui nous le demandaient et des magistrats en disant qu'ils n'étaient pas forcément sensibilisés à l'usage de l'arme des policiers dans les conditions très dégradées par exemple l'usage des mortiers d'artifice sur les forces de l'ordre on fait des démonstrations on a montré ce que c'était le pouvoir de destruction que peuvent avoir des mortiers d'artifice et aussi utiliser l'arme par exemple quand vous êtes dans le noir avec du bruit en période de stress par exemple quand vous êtes en grosse période de stress vous perdez 50 à 70% de votre capacité cognitive vous avez ce qu'on appelle un effet tunnel mais tout ça en fait il y a des magistrats qui sont sensibilisés et d'autres pas du tout parce que la formation au long cours elle n'est que sur la base du volontariat et en fait en ayant des juridictions spécialisées comme le parquet financier le parquet antiterroriste ou alors un élément ou les GIRS par exemple et bien effectivement ça pourrait être une solution non pas d'être de laver de tout soupçon mais vraiment de parler avec des gens spécialisés qui connaissent bien le terrain

37:03
Présentateur

Raphaël Ballant peut-être sur cette question d'une meilleure connaissance du métier de policier notamment pour les procureurs est-ce qu'il y a aussi des améliorations à apporter ?

37:12
Invité

On peut toujours s'améliorer après on connaît je vous le dis très bien nos amis policiers mais tous les jours c'est pas une formule c'est pas un slogan on travaille ensemble on étudie des dossiers depuis des années on peut toujours parfois on va tirer avec les gendarmes les policiers pour se rendre compte de comment ça se passe etc. à la formation à l'école de la magistrature on y est également sensibilisé on fait des stages régulièrement etc.

mais on peut toujours effectivement s'améliorer comme d'ailleurs dans beaucoup d'autres domaines connaître les autres métiers avec lesquels on travaille ce que je voulais dire surtout c'est qu'on choisit pas le métier de policier par hasard on choisit pas le métier de magistrat par hasard de greffier quand on s'inscrit dans ce métier là qui est de servir la justice qui est de rechercher la vérité de protéger nos concitoyens bien entendu on le fait en sachant qu'on va avoir des sacrifices et que ça ne nécessite et ça mérite évidemment une reconnaissance de la nation à tous les points de vue mais d'ailleurs la loi le prévoit aussi un policier qui est victime de violence c'est une circonstance aggravante et c'est en plus en termes de politique pénale une priorité absolue en principe lorsqu'on a les preuves pour faire une réponse pénale particulièrement ferme si je prends l'exemple de Béziers j'ai eu plus de 1000 déferments en 2022 l'année dernière c'est à dire plus de 1000 personnes qui ont été déférées immédiatement sur les instructions de mon parquet pour être jugées dans la foulée pratiquement 20% c'était des atteintes contre les policiers ou les gendarmes 35% c'était les violences conjugales on est sûr évidemment de la protection de l'autorité et des personnes les plus faibles d'un côté les policiers etc je voulais juste aussi dire que ce travail il est aussi évidemment dépendant des moyens humains qui sont affectés à nos missions que ce soit du côté de la police de la gendarmerie ou de la justice aujourd'hui on a un vrai souci on travaille la conférence des procureurs essayent de sensibiliser de plus en plus nos responsables en disant il faut plus de policiers pour faire des enquêtes il y a beaucoup de policiers qui sont mobilisés dans le maintien de l'ordre dans le renseignement dans la voie publique mais il y en a de moins en moins qui sont sur les enquêtes alors que les enquêtes du coup elles restent en attente et c'est le seul moyen pour juger les personnes c'est déjà d'avoir une enquête et du côté des magistrats on a besoin évidemment de renfort vous savez qu'il y a une loi qui est en cours actuellement d'adoption par le parlement qui va prévoir des moyens supplémentaires ce ne sera pas suffisant on ne va pas se cacher derrière son petit doigt mais ce sera déjà mieux mais j'en profite pour faire un appel à vos auditeurs rapidement parce que c'est déjà la fin de cette émission c'est le plus beau métier du monde que de défendre nos concitoyens et de les servir ça fait presque 25 ans que je fais ce métier je ne me suis pas ennuyé une seule journée donc je dis à nos étudiants inscrivez-vous au concours n'hésitez pas c'est dur mais c'est exaltant

40:03
Présentateur

merci beaucoup merci à toutes et à tous pour vos appels et vos témoignages merci Raphaël Ballon président de la conférence nationale des procureurs de la république et ici en studio Jean-Christophe Couvi secrétaire national du syndicat unité SGP Poli c'est faux et Emmanuel Leclerc spécialiste poliste à France Inter merci à tous

40:21
Locuteur

merci à tous merci à tous