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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 28 septembre 2021 30 minAutoproduitFond programmatiqueDéfenseEurope & internationalÉconomie & entreprises

Conférence de presse conjointe avec le Premier ministre de la République Hellénique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Quelles directions pour concrétiser l'autonomie stratégique européenne ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Place de la France après la crise des sous-marins australiens et rôle des USA ?

  • 11:00OuverteRéponse directe

    Cet accord influence-t-il les relations gréco-américaines ou l'OTAN ?

  • 13:00RelanceRéponse directe

    Réconciliation possible avec les USA après la crise des sous-marins ? Risque d'escalade en Méditerranée ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Emmanuel MacronFait
    « Ce partenariat exprime notre volonté partagée d'accroître et d'intensifier notre coopération dans le domaine de la défense et de la sécurité. »
  • 5:00Emmanuel MacronFait
    « Ce partenariat s'inscrit en parfaite cohérence et dans le plein respect de nos engagements à l'Union européenne et à l'OTAN. »
  • 7:00Kyriakos MitsotakisFait
    « Nous avons pris la décision d'améliorer notre coopération bilatérale de défense en renforçant l'engagement de nos pays. »
  • 12:00Emmanuel MacronFait
    « Le choix australien ne change en rien la stratégie Indo-Pacifique de la France. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bien, Monsieur le Premier Ministre, cher Kyriakos, Madame, Messieurs les Ministres, Mesdames, Messieurs les ambassadeurs, Mesdames, Messieurs. Nos ministres viennent à l'instant de signer un partenariat stratégique de coopération en matière de défense et de sécurité, qui est le fruit d'un travail qui vient de loin, d'une relation qui, ces dernières années s'est intensifiée, et de notre travail en particulier des dernières semaines. Il est, en effet, l'aboutissement d'un travail engagé dans la durée après la déclaration conjointe sur la défense et la sécurité de juin 2008.

Dans la continuité de la déclaration LNO française aussi sur un partenariat stratégique du 23 octobre 2015. Mais c'est surtout le fruit des 18 derniers mois et du travail intense que nous avons mené avec Monsieur le Premier Ministre qui a conduit la France à s'engager fortement à vos côtés à l'été 2020, qui nous a aussi conduit à avoir des discussions stratégiques soutenues. À l'été dernier, et en particulier lors du sommet d'Ajaccio, et ces dernières semaines, à la fois à Marseille puis à Athènes.

Pour l'EU-MED 9, nous avons intensifié ces discussions qui aboutissent clairement aujourd'hui à travers ce partenariat. Ce partenariat exprime notre volonté partagée d'accroître et d'intensifier notre coopération dans le domaine de la défense et de la sécurité sur la base de nos intérêts mutuels et de la solidarité effective qui fait la force de nos liens. Il contribue à protéger la souveraineté, l'indépendance, l'intégrité territoriale de nos deux États.

Tout en promouvant la sécurité, la stabilité et la prospérité dans les régions d'intérêt commun. Il permet l'approfondissement de la coopération franco-hellénique sur les enjeux stratégiques dans le domaine de la politique étrangère en matière militaire ainsi qu'en matière d'industrie de défense, ce qui s'est traduit concrètement par la décision grecque de se doter d'avions de combat Rafale. Et aujourd'hui, par votre annonce, Monsieur le Premier Ministre, de votre décision de doter la Grèce de trois frégates Belharra qui seront construites en France, à Lorient.

Autant de témoignages de confiance et de démonstration de la qualité de notre relation. Nous veillerons aussi ensemble à intensifier ses coopérations sur le plan industriel, à permettre d'avoir au maximum aussi une présence et un renforcement de ses coopérations industrielles et de la création d'emplois de part et d'autre. Ce partenariat s'inscrit en parfaite cohérence et dans le plein respect de nos engagements à l'Union européenne et à l'OTAN, en renforçant l'effectivité pour la protection de nos territoires.

Et en nous permettant d'agir plus efficacement, de manière plus coordonnée ensemble pour la paix et la sécurité en Méditerranée, au Moyen-Orient, en Afrique et dans les Balkans. Il contribue ainsi à l'indépendance européenne, au renforcement de la souveraineté de l'Europe et à la paix et la sécurité internationales. Ce partenariat n'est dirigé contre personne, mais permet d'agir plus efficacement et étroitement ensemble pour la paix, la coopération et la stabilité.

Il résulte aussi du fait que nous partageons très profondément, dans toutes les régions que je viens de rappeler, une vision commune : celle de nos intérêts, celle de la stabilité et une volonté d'agir et d'oeuvrer ensemble. Ce partenariat à cet égard s'inscrit dans la droite ligne en fidélité avec les combats que nous menons ensemble en matière européenne depuis que vous êtes élu, Monsieur le Premier Ministre, et nous l'avons rappelé à plusieurs reprises. Qu'il s'agisse d'indépendance technologique, qu'il s'agisse d'un plus grand engagement militaire européen, qu'il s'agisse de se tenir en première ligne sur les combats qui sont vitaux pour nous.

Et tout cela s'inscrit, et l'exposition que nous avons hier inauguré le montre ô combien, dans une relation qui s'inscrit profondément dans nos histoires. Je le rappelait hier, la Grèce est une civilisation avant d'être un État-nation et elle est une civilisation qui nous a inspirés et nous a permis d'être nous-mêmes. Et la Grèce est aussi cet État-nation qui en deux siècles a poursuivi un chemin inédit.

Celui de devenir indépendant et d'être une nation au cœur de l'Europe, de ses préoccupations, de son imaginaire, de sa culture, de son art. Un coeur vivant. Depuis deux siècles, la France s'est battue pour les idéaux d'indépendance, de liberté de la Grèce, et elle continuera de le faire, car il s'agit de l'amitié entre nos peuples, nos nations.

Mais il s'agit aussi, d'une part existentielle pour votre peuple comme pour le nôtre. Pour toutes ces raisons, ce partenariat est cohérent avec nos histoires, nos engagements profonds et, je crois, ce dont nos pays et notre continent ont besoin pour le siècle qui s'ouvre. Je vais donc vous remercier, Monsieur le Premier Ministre, ainsi que les ministres et collaborateurs qui vous accompagnent et ont travaillé aux côtés des miens sur cette déclaration.

Vous dire combien nous sommes sensibles à votre présence hier et aujourd'hui à Paris et à la signature de ce document qui marquera notre histoire commune. Il faut dire aussi toute notre solidarité. Nous avons été à vos côtés lorsque l'inquiétude était là, il y a un an, à vos côtés lorsque les feux sévissaient cet été.

Nous sommes aussi à vos côtés dans ces jours et ces heures difficiles et je sais que dans quelques instants, vous nous quitterez pour Héraklion, où un tremblement de terre a sévi. Veuillez accepter la solidarité de la France une fois encore dans cette épreuve. Mais merci de votre amitié, de votre engagement et du courage qui est le vôtre, celui du peuple grec.

Merci Monsieur le Premier Ministre. Merci Monsieur le Président pour ce qui est révélé. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs, aujourd'hui est un jour historique pour la Grèce et la France.

Avec Emmanuel Macron, nous avons pris la décision d'améliorer notre coopération bilatérale de défense en renforçant l'engagement de nos pays, de nos deux États pour une meilleure coalition, pour une entraide mutuelle et une action commune dans tous les domaines. La signature d'un accord sur l'établissement du partenariat stratégique de coopération en matière de sécurité et de défense reflète et accentue une réalité connue de tous. Nos deux pays, la Grèce et la France, ont déjà développé une alliance puissante, très puissante, qui va au-delà de nos obligations mutuelles stipulées dans le cadre de l'Union européenne et de l'OTAN.

Je dois dire que les domaines de la politique étrangère, de la sécurité et de la défense ne sont qu'une part importante de cette coopération. Monsieur le Président en a parlé il y a quelques jours à Marseille, et tout de suite après à Athènes : les efforts conjoints de nos deux pays ont mis en évidence de la manière la plus éloquente les défis posés par la crise climatique, à l'écosystème sensible de notre mer commune de la Méditerranée. La Grèce et la France entretiennent d'ailleurs une étroite relation qui, au fil du temps, s'est imprégnée de valeurs communes : l'attachement à la liberté, à la démocratie, aux droits de l'homme.

Et bien sûr, le respect du droit international et notamment de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. Ces évolutions d'aujourd'hui viennent solidifier cette commune ou cette étroite relation. Il s'agit cependant d'une initiative qui répond aux exigences de notre époque et de notre continent.

La Grèce et la France font aujourd'hui un premier pas audacieux vers l'autonomie stratégique européenne. Ensemble, avec le président Macron, nous avons une vision commune, celle de développer les aptitudes de défense nécessaires et la capacité de l'Europe à répondre de manière autonome aux défis auxquels elle est confrontée. Notre accord ouvre la voie vers l'Europe de demain, puissante et autonome.

Une Europe capable, comme l'a dit Monsieur le Président, capable donc de défendre ses intérêts dans la région de la Méditerranée, du Moyen-Orient et du Sahel. Une Europe qui disposera de moyens et de la volonté de garantir la sécurité à l'échelle mondiale. Une Europe qui ajustera enfin son pouvoir géopolitique sur sa puissance économique.

Justement, dans le cadre de ce nouveau partenariat stratégique, entre la Grèce et la France, je vous annonce qu'après l'acquisition de 24 Rafale pour l'armée de l'air, j'annonce notre décision que notre pays va acquérir trois nouvelles frégates françaises avec une option pour une quatrième. Ma volonté d'équiper la flotte grecque de frégates françaises modernes relève d'une ambition nationale, évidemment, pour mon pays. Mais la protection de notre pays est une chose, il existe aussi une ambition européenne : renforcer l'industrie de défense de nos deux pays.

La France aussi, elle va acquérir ces frégates, Elle revêt cependant un caractère euro-atlantique. Nous sommes partenaires dans l'Union européenne et alliés au sein de l'OTAN. En renforçant sa défense, l'Europe ne fait que consolider l'Alliance Transatlantique.

Cher Emmanuel, le lien de nos pays traverse les siècles et la civilisation européenne, une civilisation qui puise ses racines, vous l'avez très bien mentionné, n'aurait pas pu exister sans la pensée de l'Antiquité grecque. "Une Grèce cachée dans le cœur de tous les peuples d'Occident" écrivait André Malraux. Cependant, cette pensée n'a pu s'épanouir sans le souffle fécond des Lumières françaises.

Hier soir, nous étions ensemble au Louvre, un des musées les plus importants du monde. Pour l'inauguration de l'exposition consacrée cette année justement à la relation étroite et intemporelle entre la Grèce et la France. Et le fait je pense que nous signons cet accord important, 200 ans après le début de la lutte pour l'indépendance de la Grèce, est un symbole fort.

Mon pays voulait devenir un pays indépendant, une lutte qui n'aurait pas connu le même dénouement sans le soutien de la France. Par ailleurs, c'est depuis Marseille, lieu de débarquement des premiers marins ioniens en 600 avant Jésus-Christ, que les français également embarquèrent pour soutenir la lutte des insurgés grecs. Et ces liens n'ont cessé de se renforcer.

Monsieur le Président, nous parlons aujourd'hui des frégates. Il ne s'agit que des descendants des cuirassées Hydra, Spetses et Psara que le premier ministre grec avait commandé aux Chantiers du Havre. C'était d'ailleurs une mission navale française qui contribuait à la réorganisation de la marine hellénique en 1884, avec en tête l'amiral Laurent Joseph, Lejeune, originaire comme vous Monsieur le Président d'Amiens.

Nous parlons aussi des Rafale, les successeurs : Bâton, de l'Aigle, du Vautour, du Dédale et du Faucon. Les quatre avions Henri Farman III, qui ont formés en 1912 le premier escadron d'aviation militaire de la Grèce. À l'initiative du premier ministre, Elefthérios Venizélos, qui a choisi lui-même les noms des appareils.

Monsieur le Président, l'histoire nous veut ensemble, tout comme la géographie, mais aussi tout comme la Méditerranée et l'Europe, pour laquelle nous bâtissons un meilleur avenir. Faire l'Europe, voilà donc notre mission à nous autres. Voilà donc la mission à laquelle l'ombre de l'Acropole nous convie, comme le formulait le général de Gaulle lors de sa visite à Athènes en 1963.

C'est la mission que nous accomplissons avec fierté aujourd'hui à Paris. Je vous remercie. Merci Monsieur le Premier Ministre.

Bonjour à tous, nous allons maintenant prendre des questions de la salle, on va commencer par Mr Dimitri Gaccios de ERT Public Broadcaster, s'il vous plaît. Bonjour, ma question s'adresse à Monsieur Mitsotakis : Monsieur le Président, nous vous avons écouté dans les Nations unies vous avez parlé du besoin de l'autonomie stratégique de l'Europe et à la télévision [INAUDIBLE], vous avez dit que cette mission est intense, et qu'il faut prendre la protection de l'armée française et hellénique. Quels sont les directions que nous devons donner pour que cela se réalise ? [INAUDIBLE] et la France qui a comme tendance de s'établir de façon plus étroite et en achetant les trois frégates, nous soulignons et nous exprimons cette option.

Je suis très, très content de ce fait et au moins entre la Grèce et la France sur un plan bilatéral, nous avons ouvert la voie d'une coopération en ouvrant la voie à d'autres pays également de l'Europe, pour qu'ils puissent contribuer également de leur côté. Question de Laurence Benhamou, de l'AFP. Bonjour, Monsieur le Président, vous ne vous êtes jamais exprimé encore sur la crise, avec le changement d'achat de nos sous-marins.

D'abord, je voulais vous demander si vous pouviez en tirer des conclusions sur la place de la France, la place de l'industrie d'armement française, la place de la France dans cette région, et puis par ailleurs les États-Unis étaient également en compétition pour vendre ces frégates. Est-ce qu'ils se sont retirés comme geste d'apaisement après cette crise ? Merci.

Écoutez, ce qui importe aujourd'hui, c'est ce que nous signons et c'est le cœur de la stratégie européenne qui est la nôtre. J'ai eu l'occasion, en communiquant suite à l'appel avec le président Biden, de m'exprimer sur le sujet de l'Indo-Pacifique et du contrat australien. Je dirais deux choses en réponse à vos questions de manière très simple.

Le choix australien ne change en rien la stratégie Indo-Pacifique de la France. Elle a été annoncée dès le début de l'année 2018 en Inde. Nous avons plusieurs partenaires dans la région et là aussi, l'histoire et la géographie sont têtues.

La France est une puissance Indo-Pacifique, indépendamment de tout contrat. Puisque nous avons plus d'un million de nos compatriotes qui vivent dans cette région et que nous avons plus de 8 000 soldats qui y sont déployés, avec par ailleurs de nombreuses opérations conjointes menées avec plusieurs partenaires dans la région. Donc le choix australien, dont d'ailleurs toutes les conséquences sont encore à déterminer dans les semaines qui viennent, n'a pas d'impact sur la stratégie Indo-Pacifique française.

Cette stratégie Indo-Pacifique a été, après que nous l'ayons présentée justement en 2018, travaillée au niveau européen et assumée et exprimée au niveau européen, il y a maintenant un peu plus de quinze jours. Nous avons aussi une stratégie Indo-Pacifique européenne dans laquelle nous sommes engagés. La deuxième chose, c'est que le contrat avec l'Australie était un important contrat commercial.

Il appartient là aux ministres et aux chefs d'entreprise de le commenter. Mais dont le but, l'objectif, le sens industriel, était la construction d'une sous-marinade en Australie pour les Australiens, et donc les conséquences pour l'industrie française en France sont limitées. Quelques centaines d'emplois, essentiellement en ingénierie, voilà ce que je peux vous dire sur ce point.

Quant à la présence américaine il ne m'appartient pas de répondre puisque c'est le premier ministre grec qui a pris cette décision et c'est lui qui gère les choses. Nous ne parlons pas des potentiels compétiteurs ou autres, mais voilà ce que je voulais rappeler, en tout cas sur ce sujet. Et vous dire que indépendamment de ce sujet, ce que nous signons aujourd'hui, à mes yeux, est un partenariat structurant qui est en cohérence avec ce que nous sommes, et nous avons l'un et l'autre rappelé la force de l'histoire, qui tire toutes les conséquences de la situation géopolitique, en particulier en Méditerranée orientale, et qui est aussi cohérent avec les choix que nous avons pris et assumés à l'été 2020.

Donc, tout ça vient de beaucoup plus loin. Fasoulaki de Open TV Station. Bonjour, je voudrais demander si cet accord très important pour la défense, et pour la stratégie, pourrait influencer les relations gréco-américaines qui étaient très bonnes ces dernières années ainsi que les relations de la Grèce et de l'OTAN.

Merci. Mais elle n'est pas contradictoire ou en rivalité, ou antagoniste. Concernant la Grèce et les États-Unis et leurs relations : car essayer de renforcer l'armée grecque ou la flotte de la Grèce, c'est une question qui nous rend plus fort au sein de l'OTAN.

Et je voudrais vous rappeler que dans les semaines suivantes, la Grèce va signer un accord avec les États-Unis, un accord quinquennal pour consolider la coopération avec les États-Unis dans le domaine de la politique étrangère et de la défense. Nous avons choisi les frégates françaises, car c'était la réponse à notre appel d'offres pour la Grèce. Nous avons jugé donc que ce bateau recouvre les besoins de la marine grecque, de la marine de guerre.

Je dois aussi dire que la France a entrepris des obligations pour des livraisons anticipées. Il y a aussi la possibilité, et c'est le cas, même si ces frégates seront dans les chantiers navals français, qu'il y ait des coopérations qui vont avoir comme résultat que la Grèce va aussi contribuer et elle va aussi en profiter. On ne peut pas juger cette collaboration en aucun cas comme un contrepoids à d'autres rapports qu'on peut avoir avec d'autres pays.

Comme Monsieur le Président l'a dit nos relations viennent de loin et nous allons marcher la main dans la main pendant plusieurs décennies dans le futur. La Grèce n'oublie pas la France et cela est confirmé avec l'accord. Aujourd'hui, la France nous a soutenus à des moments très difficiles cet été 2020.

Et je pense que cette coopération, cet accord vient consolider, c'est vraiment la suite logique dans ce suivi. Ce sont les relations des deux pays, comme nous l'avons tous les deux affirmé, qui ont un fond historique, commun et politique. Aussi, une dernière question de Sylvie Corbet.

Monsieur le président Macron, je voudrais d'abord rebondir sur votre réponse à la question de ma collègue. Le contrat concernant les sous-marins australiens a eu des conséquences majeures sur la relation entre la France et les États-Unis. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire à ce sujet-là ?

Et est-ce qu'une réconciliation est possible suite à votre appel téléphonique avec le président Biden ? Et puis, je reviens sur l'accord de défense avec la Grèce. Cet accord est annoncé dans un contexte de tensions avec la Turquie.

Est-ce que vous ne craignez pas que ces armements mènent à une surenchère dans la région de la Méditerranée orientale ? Sur votre premier point, j'ai eu l'occasion de m'exprimer par le truchement d'un communiqué de presse suite à la conversation que j'ai eue avec le président Biden. Il n'y a pas de faits nouveaux depuis cette discussion.

L'ambassadeur de France à Washington repartira demain avec un mandat clair, sur la base de la discussion qui a été la nôtre pour établir les conditions d'un réengagement. Et donc sur la base de cet échange, des échanges qui se noueront dans les prochaines semaines, nous nous reparlerons avec le président Biden à la mi-octobre pour pouvoir établir les conditions d'un tel réengagement, conformément à ce que nous avons exprimé l'un l'autre après notre échange téléphonique de la semaine dernière. Pour ce qui est de votre deuxième question.

Je n'ai pas le sentiment qu'à l'été 2020, ce soit la Grèce qui se soit montrée belliqueuse en Méditerranée orientale. Je pense qu'il est de notre devoir, nous, Européens, de montrer que nous sommes solidaires avec chacun des États membres. C'est ce que la France a fait à l'été 2020.

C'est ce que nous consolidons par ce partenariat stratégique. La Grèce est aux avant postes, dans une région tourmentée où les intérêts énergétiques et géopolitiques sont majeurs, ils le sont pour la Grèce, ils le sont pour l'Europe, ils le sont pour la France. Il est donc légitime que nous nous engagions d'une part à aider la Grèce à s'équiper pour faire respecter justement ses intérêts et son intégrité territoriale et d'autre part, que nous nous engagions aussi à coopérer pour la protéger en cas d'intrusion, d'attaque ou d'agression.

C'est l'idée que je me fais de l'amitié et de cette indépendance européenne et souveraineté territoriale européenne à laquelle nous tenons. Mais plus largement, vos questions, les quatre questions que nous venons d'avoir me conduisent juste à dire deux choses toutes simples. La première : les Européens doivent sortir de la naïveté.

Lorsque nous sommes sous l'effet de pressions, de puissances qui parfois se durcissent. Réagir, montrer que nous avons avec nous aussi la puissance et la capacité à nous défendre n'est pas céder à l'escalade, c'est simplement nous faire respecter. La deuxième remarque, c'est que les États-Unis d'Amérique sont des grands alliés historiques et sont des alliés en termes de valeurs et ils le resteront.

Mais nous sommes obligés de constater que depuis maintenant un peu plus de dix ans, les États-Unis d'Amérique d'abord, se concentrent beaucoup sur eux-mêmes et ont des intérêts stratégiques qui s'orientent vers la Chine et le Pacifique. C'est leur droit, c'est leur propre souveraineté et je respecte la souveraineté des peuples. Mais nous serions là aussi naïfs, plutôt nous commettrions une terrible erreur à ne pas vouloir en tirer toutes les conséquences et le constater pour nous-mêmes.

Et donc, là aussi, c'est avec le même pragmatisme, la même lucidité pour notre indépendance que nous devons, en tant qu'Européens, prendre notre part dans notre propre protection. Ce n'est pas une alternative à notre alliance avec les États-Unis d'Amérique. Ce n'est pas une substitution.

C'est assumé ce pilier européen dans le cadre de l'OTAN, et c'est tirer les conséquences pour nous-mêmes du fait qu'il nous est demandé d'assumer davantage notre propre protection. Je pense que c'est légitime. C'est donc à nous de le faire.

Monsieur le Premier Ministre, il y avait une question qui vous étiez adressée ? Alors on s'arrête là. Très bien, merci beaucoup.

Merci Mesdames Messieurs. Merci Monsieur le Premier Ministre, merci Monsieur le Président.

Conférence de presse conjointe avec le Premier ministre de la République Hellénique — Emmanuel Macron · Pourquijevote