Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 28 mars 2025 10 minContradictoireFond programmatiqueEnvironnement & énergieTransports

Transition : "Les parkings souterrains peuvent, moyennant adaptation, accueillir de nouvelles activités", assure Sébastien Fraisse, président du directoire d'Indigo

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Attaque 15 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:24InvitéChiffre
    « chiffre d'affaires en hausse de 10%, 923 millions d'euros »
  • 0:28InvitéChiffre
    « résultats opérationnels en hausse de plus de 38% »
  • 1:05InvitéFait
    « tous les clients sont revenus assez rapidement pour la plupart des pays, à l'exception du Canada où ça a pris un peu plus de temps »
  • 2:23InvitéFait
    « on pratique déjà les ZFE dans beaucoup de nos pays européens, notamment en Espagne ou en Belgique »
  • 4:19PrésentateurPromesse
    « vous disiez viser 8000 bornes de recharge pour les voitures électriques dans vos parkings d'ici fin 2025 »

Temps de parole

  • Invité74 %
  • Présentateur25 %

6,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Info Bonsoir à toutes et à tous, à quoi ressembleront les parkings dans le futur ? Quelle sera leur place dans nos villes ? Bonsoir Sébastien Fressin.

0:11
Invité

Bonsoir.

0:11
Présentateur

Vous êtes président du directoire du groupe Notamment de Parking Indigo, présent dans Diperi, 1 700 000 places de stationnement gérées dans le monde, 650 parkings en France. Vous publiez aujourd'hui vos résultats pour 2024, chiffre d'affaires en hausse de 10%, 923 millions d'euros, résultats opérationnels en hausse de plus de 38%. Le groupe se porte bien.

0:32
Invité

Le groupe se porte bien et c'est le fruit à la fois de notre performance opérationnelle puisque effectivement l'ensemble des équipes sont mobilisées, c'est 10 200 personnes à travers le monde. Et puis c'est aussi le fruit de choix stratégiques que nous avons fait il y a quelques temps, qui payent et qui consistent notamment par quelques acquisitions que nous avons pu réaliser en 2024 dans nos différents pays.

0:51
Présentateur

Pas juste les parkings. Il y a eu la pandémie, le télétravail. Aujourd'hui, c'est quoi votre fréquentation ? Tous les clients sont revenus ?

0:58
Invité

Oui, les clients sont globalement revenus avec effectivement quand même du contraste entre les villes, entre les pays, en fonction de la taille des villes. Dans les plus grandes villes, tous les clients ne sont pas revenus. On peut parler effectivement par exemple du cas de Paris ou des grandes métropoles. Mais globalement, tous les clients sont revenus assez rapidement pour la plupart des pays, à l'exception du Canada où ça a pris un peu plus de temps.

1:18
Présentateur

Et vous savez pourquoi ? Ou pas d'explication forcément ?

1:21
Invité

Le Canada, c'est revenu un peu plus tard parce que le gouvernement, notamment au Québec, avait décidé des mesures de confinement et de télétravail obligatoires beaucoup plus longs que dans la plupart des autres pays.

1:32
Présentateur

Certaines villes veulent moins de voitures. Est-ce que ça, ça a un impact pour vous ?

1:36
Invité

Je dirais même que la plupart des villes veulent moins de voitures. Et la manière dont ça s'exprime en termes de projet, évidemment, ça peut différer d'une ville à une autre. On a certaines villes moyennes, par exemple, qui souhaitent reconquérir leur surface. On peut le comprendre. Ils sont comme ailleurs désireux d'avoir des belles terrasses de café plutôt que des parkings de voitures. Et donc, on est amené à construire de nouveaux parkings dans ces villes. Et puis, dans les plus grandes métropoles déjà bien équipées, comme Paris et d'autres, bien entendu, la question est un peu différente.

Et il s'agit là encore de réduire la place de la voiture en surface pour en accueillir davantage dans les parkings.

2:06
Présentateur

Je voudrais qu'on parle dans un instant de la façon dont vous voyez le parking du futur avec notamment les enjeux de transition énergétique. Mais d'abord, dans l'actualité très récente, qu'est-ce que vous pensez de la suppression en commission, seulement je précise, par les députés des ZFE, les zones à faible émission, dans certaines villes ?

2:23
Invité

Oui, alors nous, on a un regard un peu particulier sur le sujet puisqu'on pratique déjà les ZFE dans beaucoup de nos pays européens, notamment en Espagne ou en Belgique. Ces choses sont déjà déployées depuis pas mal d'années et fonctionnent. Il appartient évidemment aux législateurs français de prendre ces décisions. Ce qu'on constate de toute façon, c'est qu'il y a un mouvement pour davantage de régulation en termes de trafic routier dans les villes. Mais encore une fois, ça ne dépend pas seulement de la taille des villes.

Et donc ce mouvement-là, ZFE ou pas, il aura vocation à s'imprimer sous des formes différentes, de zones à trafic limitées dans certaines villes ou tout simplement, comme on le voit en Italie, l'interdiction à des cœurs de villes au bénéfice de plateaux piétonniers.

2:58
Présentateur

Quel impact ça a eu justement dans ces autres pays européens où vous êtes présents, où ça a été mis en place ?

3:03
Invité

On n'a pas véritablement eu d'impact. On a eu à contribuer beaucoup, notamment dans les villes où on est également en gestion du stationnement en voirie, puisque ça s'est beaucoup concrétisé par la suppression de places en voirie également. On a eu besoin véritablement d'accueillir de nouveaux types de clientèles qui ne pouvant pas aller plus loin. On a dû se garer dans des parkings, ce qu'ils ne faisaient pas auparavant. Donc on est finalement progressivement sur le rôle de parc relais qu'on connaît bien nous près des gares, mais qui se développe sur ces villes quand il y a besoin d'inciter à des comportements différents.

3:33
Présentateur

La question est vaste. Vous avez 650 parkings en France, mais comment ça se passe pour votre tarif ? Quelle évolution de votre politique tarifaire ?

3:38
Invité

Il n'y a pas de politique tarifaire proprement dit d'Indigo en France. Pour une raison simple, c'est qu'à chaque contrat, chaque parking a sa logique. Il faut que tout le monde sache bien qu'en France, par exemple, sur nos 650 parkings, il y en a à peu près 85% qui sont opérés au titre de délégation de services publics, qui nous sont donc confiés par les villes, qui restent propriétaires et qui restent notamment en décision complète sur la politique tarifaire. Donc la politique tarifaire locale, elle dépend du choix de la ville. Évidemment, elle est en lien à pas mal de paramètres, notamment, j'allais dire, le paramètre politique.

Qu'est-ce qu'on veut faire en termes de politique de mobilité ? Qu'est-ce qu'on veut inciter comme comportement ? Qu'est-ce qu'on veut dissuader ? C'est comme ça que la règle tarifaire est bâtie.

4:14
Présentateur

Je lisais dans une interview que vous disiez viser 8000 bornes de recharge pour les voitures électriques dans vos parkings d'ici fin 2025. Où en êtes-vous ?

4:23
Invité

On a dépassé les 6000 en France. Effectivement, on a cet objectif à 8000. On est même au-delà des 10 000 dans le monde. Donc 6000 points de charge qui ont été déployés en peu d'années. C'est une véritable performance, peu spectaculaire par rapport à la construction d'un parking. Mais je pense qu'en termes de réalisation technique et surtout administrative, c'est une véritable performance.

4:42
Présentateur

Et donc les 8000, d'ici la fin de l'année, ça va être possible ?

4:44
Invité

Ce sera tenu, on a fait le plus gros, j'allais dire.

4:47
Présentateur

C'est un enjeu, ça, pour vous, la question des bornes ? C'est un très gros enjeu. Et pour vos clients, d'ailleurs ?

4:51
Invité

Absolument, c'est un très gros enjeu. Pour nous, l'enjeu, il est lequel ? Il est d'adapter nos parkings aux nouvelles formes de mobilité. Les véhicules électriques, qui sont dans certaines géographies incitées, voire obligatoires peut-être un jour. Donc il faut être capable d'accueillir quand même nos clients qui ont besoin de cet outil de mobilité qu'est la voiture. Et puis c'est aussi, quand je parlais d'évolution de mes ouvrages, de plus en plus d'offres pour accueillir, par exemple, les vélos. C'est quelque chose d'assez nouveau. Il y a quelques années, on n'aurait jamais évoqué ce point-là. Mais on a de plus en plus de parcs à vélo sécurisés dans nos parkings souterrains.

Et tous les citadins qui ont fait le choix du vélo trouvent là de quoi garer le vélo, parce que ce n'est pas toujours simple à domicile.

5:24
Présentateur

Et vous investissez vous-même, Indigo, dans les mobilités douces ?

5:27
Invité

On investit considérablement dans les mobilités douces. Et y compris, on parlait de l'exercice 2024. On a, en fin d'année, décidé d'acquire 100% du capital de Smove & Go. On était juste là actionnaire minoritaire. Smove & Go, c'est l'opérateur du fameux service Vélib.

5:40
Présentateur

Les vélos parisiens en libre-service.

5:41
Invité

Les vélos du Grand Paris en libre-service. Le plus grand service de vélos partagés au monde en termes de course. Je rappelle que 2024, par exemple, pour Vélib, c'est 49 millions de courses. C'est absolument considérable. C'est, là encore, une performance au quotidien pour apporter ce service à tous ses clients.

5:57
Présentateur

Et vous avez un objectif pour 2025, pour Vélib ?

5:59
Invité

L'objectif, c'est de faire de plus en plus, j'allais dire, de courses. D'être au service, tout simplement, de la collectivité. On a vocation à avoir un service qui fonctionne. Ce n'est pas toujours simple. Il est parfois victime de son succès. Aux heures de pointe, on sait que c'est tendu. Il y a beaucoup d'abonnés. On a 470 000 abonnés. Tout le monde veut parfois le vélo en même temps. C'est compliqué.

6:16
Présentateur

Allez, on parlait du parking du futur. Vous vous lancez dans la transformation d'un de vos parkings parisien. Le parking Foch, plus de 2000 places. C'est près de la place de l'Étoile pour, je cite, répondre aux défis de la logistique urbaine et favoriser la mobilité décarbonée. Ça peut paraître paradoxal, décarbonation et parking. Concrètement, qu'allez-vous faire ?

6:35
Invité

Concrètement, notre point de départ, c'est de considérer qu'avec les parkings, nous avons en main un nombre d'infrastructures absolument considérable, au plus près des besoins des citadins. L'approvisionnement de la ville est un véritable défi pour les politiques locales. Et donc, on considère que l'intégration d'activités logistiques dans le tissu urbain va nécessiter de l'innovation immobilière. Où est le foncier ? Où est-ce qu'on peut installer ces plateformes de logistique ? C'est très compliqué. Imaginez au cœur de Paris. On considère que ces parkings souterrains peuvent, moyennant une grosse, parfois, adaptation, bien entendu, peuvent accueillir ces nouvelles activités.

7:12
Présentateur

Vous transformez un de vos parkings parisiens en plateforme logistique dans le 12e arrondissement, près de Bercy. Il y en a d'autres ?

7:18
Invité

Oui, au total. On a d'ores et déjà, avec trois projets, effectivement, près de Bercy, vous avez évoqué le parking Foch qui est en troisième en préparation, environ 20 000 m² au total que nous allons complètement transformer en plateforme logistique. Ce sera déjà une très, très belle étape. Ça n'a jamais été réalisé. Et puis, bien entendu, sa vocation, après, à prospérer, en fonction des besoins locaux, ville par ville. Évidemment, les villes les plus denses et les plus importantes sont les premières concernées.

7:43
Présentateur

Mais est-ce que ça veut dire qu'à plus long terme, vous allez moins miser sur la voiture ?

7:47
Invité

Ce n'est pas une question de miser sur la voiture. On continuera d'accueillir autant que nécessaire les voitures, mais on considère que des parcs qui ont été construits, parfois, il y a très longtemps, vont être progressivement surdimensionnés par rapport aux besoins stricts de stationnement, que ce soit voiture, encore une fois, vélo ou parfois de roues motorisées. Et ce serait bien dommage de ne rien faire avec ces surfaces, alors qu'en même temps, il y a des activités au service des villes qui cherchent à s'installer, qui n'y parviennent pas, puisque le foncier est évidemment très contraint.

Et donc, on pense qu'on a une petite partie de la réponse à cette problématique avec nos parkings souterrains.

8:17
Présentateur

Vous avez des objectifs chiffrés pour Paris, puisqu'on parle beaucoup de la capitale.

8:21
Invité

Oui, alors on a des objectifs chiffrés en se projetant. À terme, on devrait avoir au moins 10% de nos activités parisiennes qui seront tirés, justement, de ces nouvelles activités, ce qui est considérable. On part de quasiment zéro, il y a encore peu. Donc, c'est un très beau défi qui est face à nous.

8:37
Présentateur

Est-ce que vous parliez de vos 10 200 collaborateurs ? Double question. Est-ce que vous recrutez et est-ce que vous arrivez à recruter ?

8:43
Invité

Alors, nous recrutons tous les jours et en permanence. C'est dans tous nos pays. Et ça, on est extrêmement fiers. Est-ce que nous arrivons à recruter ? La réponse est oui. Alors, on ne peut pas aller dans l'état de chaque pays.

8:53
Présentateur

Parce que certains métiers sont parfois plus difficiles de trouver des moyens humains. Oui, c'est vrai.

8:57
Invité

Alors, nous avons fait le choix. Je veux revenir à la France. Effectivement, on a des métiers, ce que j'appellerais qualifiants. C'est-à-dire qu'on va chercher des populations non diplômées, parfois déscolarisées assez tôt. Et nous leur apportons un parcours professionnel. On leur apprend un métier. On leur apprend la gestion. On leur apprend le management. On délivre des diplômes qui sont reconnus par l'État. Et donc, on est très, très fiers de ça. Parce qu'on considère que ça fait aussi partie du rôle d'une entreprise, et notamment la nôtre, qui est au cœur des cités, que d'apporter ce plus.

9:25
Présentateur

Merci beaucoup Sébastien Fraisse, président du directoire du groupe Indigo. Vous êtes ce soir l'invité Éco de France Info.

9:30
Locuteur

Merci. Merci.