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Audition parlementaireyoutube.com· 6 février 2023 10 minActualité / polémiqueRetraitesEnvironnement & énergieTravail & emploiBudget & impôts

Discours de Sandrine Rousseau sur la réforme des retraites - Assemblée Nationale - 6 février 2023

Source d'origine 1 locuteur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 60 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:14Sandrine RousseauChiffre
    « les 40% qui ne sont ni en emploi ni à la retraite, »
  • 2:34Sandrine RousseauChiffre
    « Moins 50 degrés au Canada, de gigantesques incendies au Chili, des tempêtes chaotiques en Californie. »
  • 7:54Sandrine RousseauFait
    « Il n'y a pas d'envolée des dépenses. Il y a seulement un problème de recettes. »
  • 8:06Sandrine RousseauFait
    « C'est vous qui défiscalisez à tout crin les plus riches et laissez les inégalités s'envoler. »

Temps de parole

  • Locuteur non identifié100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Locuteur non identifié

Bonjour, pourquoi viens-tu d'éteindre ton réverbère, dit le petit prince. C'est la consigne, répondit l'allumeur. Bonjour, qu'est-ce que la consigne ? C'est d'éteindre mon réverbère, bonsoir. Et il le ralluma. Mais pourquoi travailler jusqu'à 64 ans ? C'est la consigne, répondit le gouvernement. Je ne comprends pas, dit la rue. Il n'y a rien à comprendre, dit le gouvernement. Non, la consigne, c'est la consigne. Bonjour, la planète, la planète où vit cet allumeur de réverbère est toute petite. Elle tourne de plus en plus vite sur elle-même. N'y voyez pas de comparaison. La retraite n'est pas un luxe, c'est une récompense, un horizon, un espoir, un droit surtout.

Quand le travail est trop dur, quand le patron est fatigant, quand les épaules sont douloureuses, c'est à cela qu'on pense. Combien de temps encore avant la retraite ? Allez, plus qu'une année, et c'est la liberté. Plus d'ordre absurde, plus de subordination, plus d'horaires impossibles, de courses folles, de voitures ou de métro, de boulot et de dodo. Plus de semaines à courir de week-end, et à tout le mieux essayer de se reposer le week-end. Plus l'impression de courir après le temps. Plus de dimanche soir à se dire « Mon Dieu, il est passé bien vite ce week-end. » Plus de mal au ventre le lundi matin, à masser ses muscles et ses articulations. Tellement elles font mal.

Plus de semaines qui n'en finissent pas. Ce n'est pas que le boulot ne plaise pas. C'est juste qu'on a fait son temps, qu'on a donné à la société ce que nous devions lui donner. Et que maintenant, on attend la gratitude. Maintenant, c'est aux autres de prendre le relais. Aux plus jeunes, aux plus vifs, aux plus motivés. Et puis un jour, en allumant la radio, beaucoup de celles et ceux qui comptaient les mois ont entendu qu'en fait, ils devraient encore attendre. Encore une fois, encore un espoir qui s'évanouit, un horizon qui s'éloigne, l'absurdité.

Et puis, celles et ceux, les 40% qui ne sont ni en emploi ni à la retraite, ont appris avec horreur qu'ils auront encore plus de mois au RSA avant de pouvoir débloquer leurs droits à la retraite. L'information qui suivait à la radio portait sur la météo qui atteignit encore des records quelque part dans le monde. Moins 50 degrés au Canada, de gigantesques incendies au Chili, des tempêtes chaotiques en Californie. Au nom de quoi ? Au nom de quoi force-t-on les gens à travailler toujours plus ? Il n'y a aucune urgence, il n'y a aucune nécessité économique, aucun impératif social, rien.

Ou plutôt si, telle chose, un seul impératif, une seule obligation, aller chercher le point de PIB avec les dents, avec une armée de travailleurs et travailleuses, quoi qu'il en coûte, sur nos corps et nos vies. Le PIB, le PIB, le PIB ! J'arrête Diamon, poser cette question dans son livre « Effondrement ». À quoi penser celui qui a coupé le dernier arbre de l'île de Pâques ? J'ai déjà posé cette question en commission à Olivier Dussopt. Je vous la repose à vous, ministre du gouvernement. Aujourd'hui, à quoi pensez-vous ? Chut ! J'ai un peu de silence, s'il vous plaît. Au moment de mettre en coupe réglée les salariés pour aller chercher l'ultime point de PIB.

PIB, pensée imprégnée de balivernes, dans une économie encore largement carbonée. Comme nous la connaissons aujourd'hui, tout point supplémentaire de PIB nous envoie dans le mur plus vite. D'ailleurs, c'est fascinant. Dans votre étude d'impact, vous avez vous-même mentionné, dans un paragraphe intitulé « Effets sur l'environnement », vous avez répondu sans objet. Et d'ailleurs, dans vos prévisions d'avenir, nulle mention d'aléas climatiques ou de transformation du municipaliste auditionné en commission des affaires sur ceux-là même qui nous licencient à 60. Il y a la même expérience au travail. Le travail est valorisant. Il permet de briller, de diriger, d'avoir un statut.

Ils résistent très bien, libres à elles et on travaille. La récompense. D'ailleurs, vous voyez-vous qu'elles ne font pas d'efforts ? On va leur demander un effort ? Encore. Il n'y a pas d'envolée des dépenses. Il y a seulement un problème de recettes. Mais c'est vous qui avez la main sur les recettes. C'est vous qui défiscalisez à tout crin les plus riches et laissez les inégalités s'envoler. Une position supplémentaire à l'impôt sur les canaux. Mais nous vous empêcherons demain et les autres jours d'accaparer notre bien commun.

Discours de Sandrine Rousseau sur la réforme des retraites - Assemblée Nationale - 6 février 2023 · Pourquijevote