Hélène Laporte, dans le sillon des agriculteurs | Circo
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- 4:00Hélène LaporteFait
« On a voulu entre guillemets laver plus blanc que blanc et céder aussi à un dogme écologiste. »
- 4:30Hélène LaporteFait
« Pourquoi consomme-t-on de la noisette venue de Turquie où il n'y a pas de cahier des charges ? Ils ont 244 molécules en Turquie. »
- 5:30Producteur de noisettesChiffre
« L'année dernière, on avait estimé sur 32 millions de chiffre d'affaires qu'on avait eu une perte sur la valeur récolte de 13,6 millions. »
- 6:00Producteur de noisettesChiffre
« Cette année, on doit être autour de 30 millions de perte. »
- 8:30Producteur de viticultureFait
« On est à 30 hecto pour soixante. Donc alors là, c'est même pas rentable. »
- 9:30Producteur de viticultureFait
« Les indemnisations sont aujourd'hui calculées en se basant sur les cinq dernières années de production. »
- 12:30Hélène LaporteFait
« Nos producteurs lot-et-garonnais, qui pèsent pour 60 % de la production nationale de noisettes, attendent un engagement gouvernemental ferme. »
- 13:00Hélène LaporteFait
« Je rappelle que le Parlement est souverain. »
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Ouh là ! C'est un canard. Il est palmé et a un bec.
Voilà. -Donc il y aura le foie gras et toute sa découpe au niveau du canard ? -Oui, le magret, tout ce qui est valorisé. -C'est une fierté du Sud-Ouest ? -Bien sûr. -Oui.
Il y a beaucoup de recettes à base de canard. Le confit de canard, le magret de canard, le foie gras, évidemment. Pour lequel on est très fiers car on essaie de nous vendre du canard végan mais le foie gras, c'est ça.
Musique -Bonjour, Hélène Laporte, députée de la 2nde circonscription du Lot-et-Garonne. J'interroge régulièrement le ministre de l'Agriculture sur les problèmes de normes, de concurrence déloyale, sur les problèmes de juste revenu de l'agriculteur. Et nous serons ici aujourd'hui dans le Lot-et-Garonne pour voir les problématiques des différentes filières. -La circonscription d'Hélène Laporte est une grande ferme.
La Nouvelle-Aquitaine est la première région agricole de France et même d'Europe. Le Lot-et-Garonne, avec plus de 5 000 exploitations recensées, en est un pilier spécialisé dans les fruits et légumes. Et c'est justement un fruit sec qui concentre aujourd'hui l'attention de la députée : la noisette.
Une fierté du Lot-et-Garonne, 55 % de la production nationale y est concentrée. Hélène Laporte se rend sur une exploitation. Hiver oblige, pas encore de noisettes dans les arbres, mais ça va venir. -On est en pleine floraison. -Ah oui, ça y est. -Alors là, on voit bien.
La pointe rouge, au bout du bourgeon, c'est la fleur femelle qui feront les noisettes. -D'accord. -Là, on a un temps idéal pour la noisette avec du froid et du soleil pour faire la pollinisation des noisettes de la récolte 2025. -D'accord. -Mais ces conditions idéales sont gâchées par la menace d'un nuisible devenu le cauchemar des producteurs.
D'ailleurs, son nom semble tout droit sorti d'un film d'horreur : la punaise diabolique. -Hop, je vous ai enfermé dans la boîte. Voilà, normalement, le froid qu'il fait, elle ne devrait pas s'envoler.
Vous avez des punaises au fond, ce qui est la punaise diabolique. -Pas longtemps. -Même si elle s'échappe, c'est pas trop grave. -Bon, je vais pas te ramener avec moi chez moi. -Elle arrive à piquer à travers la coquille pour aller se nourrir.
Vous voyez toutes les piqûres qu'il y a eu sur ces amandes-là ? Ca varie entre 8 % et 35 % de piqûres de punaises. L'année dernière, on avait estimé sur 32 millions de chiffre d'affaires qu'on avait eu une perte sur la valeur récolte de 13,6 millions.
Cette année, on doit être autour de 30 millions de perte. Ca menace toute la filière. Si c'est mauvais cette année, on saute. -Pour protéger les noisettes de la punaise, il existe une molécule efficace : l'acétamipride.
De la famille des néonicotinoïdes, elle est autorisée partout dans le monde, y compris en Europe jusqu'en 2033 mais interdite en France depuis 2018, un cas de surtransposition. -On a voulu entre guillemets laver plus blanc que blanc et céder aussi à un dogme écologiste. Mais là où il y a quand même une grosse hypocrisie, dans ce cas-là, pourquoi consomme-t-on de la noisette venue de Turquie où il n'y a pas de cahier des charges ?
Ils ont 244 molécules en Turquie. C'est ce qu'il faut voir. Et chaque fois que vous achetez cette confiserie très connue, le Ferrero, vous ne savez pas d'où vient la noisette à l'intérieur.
Au bout d'un moment, c'est juste être honnête. Ce que je demande, j'interpelle la ministre, déjà, débattons du sujet. Après, forcément, on est sur un hémicycle divisé.
Mais est-ce qu'on ne peut pas commencer étape par étape ? On pourrait faire déjà une proposition de loi uniquement sur la réautorisation de l'acétamipride avec un délai, ils demandent simplement un alignement sur 2033 comme les autres Européens. On pourrait juste commencer par ça. -La noisette n'est pas la seule culture menacée dans le Lot-et-Garonne.
Une autre filière appelle à l'aide depuis plusieurs années : la viticulture. Sur ce vignoble de l'appellation Côte-du-Marmandais, les vignes commencent à être taillées. La députée est avec le président de la cave coopérative, son ennemi à lui cette année : l'excès de pluie. -Les vignes ont poussé dans l'eau, noyées, le froid, les bourgeons ne se sont pas développés et les premiers bourgeons qui eux étaient sortis sont venus inhiber la pousse des autres.
Une, deux, trois, quatre, cinq, six, six grappes à 120 grammes, on est à la moitié, on est à 50 % de la récolte. -C'est ça. -On est à 30 hecto pour soixante.
Donc alors là, c'est même pas rentable. Qualitativement, c'est très bien, mais sur ces vignes-là, l'objectif, c'est de faire soixante. -Qualitativement, c'est très bien, du coup, il va y avoir une augmentation du prix de la bouteille ? -Ah non, pas du tout.
Les acheteurs ne veulent rien savoir. -Entre les pluies trop abondantes, les sécheresses ou le gel, les aléas climatiques affectent la vigne à un rythme toujours plus soutenu. La coopérative, qui regroupe 70 viticulteurs, enchaîne année après année les pertes en volume.
Ce que demande son président, c'est une révision de l'assurance climat. Les indemnisations sont aujourd'hui calculées en se basant sur les cinq dernières années de production. -On se base en réalité sur des rendements réels pour le calcul et non pas sur les rendements qu'on aurait dû faire si l'événement climatique n'était pas intervenu. -La moyenne des cinq dernières années, si vous avez des récoltes qui ne sont pas bonnes, de toute façon l'indemnisation va être dérisoire également. -Ces dispositifs d'assurance sont fixés par l'Organisation Mondiale du Commerce.
Pas évident pour une députée seule d'obtenir une révision. Alors, le président de la coopérative appelle à l'union politique sur ce sujet. -Au niveau de l'hémicycle, si tous les députés pouvaient se renseigner dans leur circonscription, le son de cloche serait le même.
Et le rapporter, bien sûr, à madame la ministre. Il faut vraiment qu'elle mette la pression. Si nous, on ne peut pas le faire.
Il n'y a vraiment que l'Etat français qui peut venir sauver son agriculture. -De toute façon, la ministre, c'est son rôle aussi de revenir pour arriver à renégocier ce genre d'indemnisation et ce mode de calcul. Je ne vous apprends rien en disant que les ministres se sont un peu succédés.
Moi, à plusieurs reprises, j'ai interpellé par écrit. -Il y a vraiment une urgence à sauver ce savoir-faire français. Mais vraiment, vraiment.
Si on veut pouvoir s'adapter au changement climatique, pour moi, c'est la priorité. -Mais la lutte contre le changement climatique aux origines de ces difficultés fait-elle vraiment partie des priorités du Rassemblement National ? -Alors ça, excusez-moi, on rentre, je suis désolée, mais dans la caricature du programme du Rassemblement National.
Moi j'aime la terre comme les autres, je ne suis pas moins écologique que les autres. Et ça commence également par consommer local. Et la consommation locale, le Rassemblement National était pionnier en la matière. -Consommer local pour limiter les importations, un argument écologique mais aussi économique pour la députée.
Le Rassemblement National défend la stratégie dite du patriotisme économique. Et cela concerne de près une autre filière implantée dans la circonscription : la tomate. Ces serres abritent l'une des plus grosses exploitations du Lot-et-Garonne.
A la tête de l'entreprise, Jean-François Faux se bat depuis des années pour obtenir un prix de vente satisfaisant. Mais il doit affronter la concurrence étrangère, notamment marocaine, qui produit à un coût inférieur. -Déjà, nous, on n'a pas le soleil comme ils ont à Agadir.
Eux, ils ne mettent pas tout ça en oeuvre, c'est-à-dire du paillage. Ils n'ont pas des tubes en acier pour chauffer. Mais l'équipement coûte de l'argent.
Eux, ils n'en ont pas besoin. Ce ne sont pas des serres, ce sont des piquets en bois avec des filets. Ce n'est même pas du plastique qu'ils ont.
Tout ça, ce n'est pas les mêmes investissements. -La main d'oeuvre... -On est à sept mètres de haut. -La main-d'oeuvre, le coup d'énergie aussi parce que ça fait la serre.
Moi, je demande que lorsqu'il y a la production la plus optimale, notamment entre juin et septembre, soit on baisse le contingent, ce qui serait très bien, c'est-à-dire qu'on en importe moins, ou sinon qu'on revoie les droits de douane. Mais c'est quelque chose qu'il faut voir au niveau européen. J'en ai parlé à de nombreuses reprises à Madame Genevard, car il faut commencer une négociation à ce niveau-là.
On ne peut pas laisser là encore complètement s'effondrer la filière de la tomate. Ca fait partie de notre patrimoine, de notre culture. Ici vous êtes près de Marmande, La tomate marmandaise, c'est quelque chose qui rayonne au niveau national. -Jean-François Faux est un producteur engagé, membre actif de la coordination rurale, un syndicat agricole très implanté dans le département.
Il a profité de la venue de la députée pour inviter d'autres membres et organiser un échange. -C'est une situation générale catastrophique. -Bien sûr.
Toutes les filières sont impactées maintenant. Le problème est là. -On est la risée du monde entier. -On accepte des choses que les autres pays européens n'acceptent pas. -Voilà.
On subit le lobbying écologiste depuis 30 ans parce que, que ce soit de droite ou de gauche,... -Classée à droite, la coordination rurale prête une oreille attentive au discours du Rassemblement National.
Jordan Bardella s'est rendu au mois de novembre dans la circonscription d'Hélène Laporte pour rencontrer des responsables du syndicat. Son discours semble avoir séduit. -Aujourd'hui, le plus problématique du moment, c'est quand même un peu lui. -Et ça, on peut le dire aussi en général.
Quand on voit le score du Front National aux Européennes... -Il n'y a pas que les agriculteurs qui votent, quand même. -Et puis en même temps, ce n'est pas un hold-up.
Il y a des gens qui votent. -Vous trouvez que le parti qui répond le plus à vos aspirations ? -Personnellement, oui. -Un syndicat, c'est apolitique quand même.
Je préfère le dire car il y a toujours... un syndicat, c'est apolitique.
Jordan Bardella est venu, il a rencontré des agriculteurs. Il y avait des agriculteurs qui étaient syndiqués ou pas. Mais on ne peut pas quand même...
Voilà, je vois un petit peu venir la question, l'amalgame, toujours la CR, Rassemblement National. Non ! -Au-delà des liens sur le terrain avec la coordination rurale, à Paris, les députés Rassemblement National mettent le paquet dans l'hémicycle pour séduire l'électorat agricole.
Beaucoup d'entre eux sont élus de circonscriptions rurales. Ils multiplient les interventions sur ce thème. -La situation de notre agriculture est dramatique et l'action du gouvernement n'encourage pas à l'optimisme. -On demande des actes car l'agriculture se meurt. -Sans viticulture c'est toute une écnoomie française qui s'effondre. -Nos paysans déjà accablés par les normes n'ont aucune alternative pour s'en sortir, ils se sentent trahis et abandonnés. -Hélène Laporte arrive à une réunion de députés RN. -Pardon, bonjour à tous.
Meilleurs voeux ! -Au sein du groupe à l'Assemblée nationale, elle est devenue une référente sur les questions agricoles. -Au niveau de la censure, il y a eu bien évidemment la FNSEA qui l'a regretté, mais au niveau des autres syndicats, ils ont bien évidemment convenu que ça n'aurait rien changé de toute manière.
Ils sont toujours dans l'attente d'un prix rémunérateur. de la concurrence déloyale, le problème au niveau des droits sociaux et des acquis sociaux des agriculteurs. Donc le débat de demain, il va y avoir un constat qui va être fait par l'ensemble des groupes politiques. -Ce débat, évoqué par la députée, est organisé à l'initiative du Rassemblement National.
La ministre Annie Genevard va être interrogée sur la crise agricole. Quand la séance débute, Hélène Laporte occupe le rôle de rapporteur. Elle est la première à monter à la tribune.
Dans son discours, elle va enchaîner les allusions aux problématiques de sa circonscription, en particulier sur la filière noisette. -Concernant l'acétamipride, il est urgent qu'une majorité soit trouvée pour sa réautorisation. Nos producteurs lot-et-garonnais, qui pèsent pour 60 % de la production nationale de noisettes, attendent un engagement gouvernemental ferme. -Je rappelle que le Parlement est souverain.
Vous allez avoir à examiner cette question avec une proposition de loi sénatoriale qui propose de revenir sur cette interdiction. -Cette proposition de loi pourrait répondre à la demande d'Hélène Laporte, mais la députée se méfie. Le texte ne porte pas spécifiquement sur l'acétamipride comme elle l'aurait voulu.
Elue de l'opposition, elle n'a pas la main pour imposer les mesures exactes qu'elle souhaiterait, mais dans la logique de conquête du pouvoir du RN, son travail doit permettre, pour reprendre les termes du parti, "de préparer l'alternance". -Alors ça c'est sûr qu'on ferait quand même les choses différemment. On voudrait avancer, on renégocierait au niveau de Bruxelles parce que les choses se disent, il faut aussi proposer.
Moi j'irais dans la négociation, mais sur plein de choses. Il faut sortir du bureau, aller sur le terrain et proposer des choses pragmatiques pour que les agriculteurs puissent avancer. -Marine Le Pen, depuis deux ans, demande aux députés de son groupe de se spécialiser afin d'être en capacité demain de gouverner.
Ministre de l'Agriculture d'un gouvernement RN, Hélène Laporte assure ne pas se projeter aujourd'hui dans cette éventualité. Musique
Hélène Laporte