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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 20 juin 2022 9 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSécuritéRetraites

Louis Aliot : Elisabeth Borne "est trop affaiblie pour pouvoir rester à Matignon"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:23OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous reçu les résultats hier soir ?

  • 0:53OuverteRéponse partielle

    C'est un vote sanction contre Emmanuel Macron ? C'est un vote de colère ou c'est une vraie adhésion à vos convictions ?

  • 1:51FerméeRéponse directe

    Louis Alliou, en faisant rentrer près de 90 députés au scrutin majoritaire, vous n'avez plus besoin de la proportionnelle en fait ?

  • 2:31OuverteRéponse directe

    La France, elle est encore gouvernable ce matin.

  • 3:10OuverteRéponse directe

    Mais vous seriez à sa place à Emmanuel Macron ce matin, vous feriez quoi, vous ?

  • 3:51FerméeRéponse directe

    Gouvernement avec à sa tête Elisabeth Borne, Louis Alliot ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36Invité politiqueFait
    « les électeurs ont, par les urnes, bloqué tout simplement l'hégémonie présidentielle de M. Macron »
  • 1:59Invité politiqueFait
    « Évidemment non, mais la proportionnelle reste quand même le mode de scrutin le plus juste pour un Parlement et pour une Assemblée. »
  • 3:39Invité politiquePromesse
    « je tenterai un gouvernement d'Union Nationale pour préparer des échéances majeures en matière de pouvoir d'achat, en matière de sécurité ou de retraite. »
  • 3:59Invité politiqueFait
    « Elle est trop affaiblie aujourd'hui pour pouvoir rester. »
  • 4:47Invité politiqueFait
    « Par exemple, la baisse de la TVA. »
  • 5:44Invité politiqueFait
    « M. Mélenchon, aujourd'hui, est plus dans la contestation stérile, rigide et frontale que dans la proposition. »
  • 6:14Invité politiqueFait
    « Si elle revient aux principaux groupes d'opposition à l'Assemblée, elle devrait nous revenir. »
  • 6:48Invité politiqueFait
    « Oui, enfin, on va pouvoir rembourser tous ceux qui nous ont prêté, y compris, pendant ces élections, des particuliers qui nous ont permis de faire campagne. »
  • 7:33Invité politiqueFait
    « personne ne comprendrait qu'elle lâche le parti au moment où on fait ce score, et où elle est présidente du principal groupe d'opposition à l'Assemblée. »
  • 8:38Invité politiquePromesse
    « il y a des grandes réformes institutionnelles à mettre en place, et nous attendons notamment la proportionnelle, puisqu'il avait promis, il va falloir qu'il la tienne. »

Temps de parole

  • Présentateur69 %
  • Présentateur 218 %
  • Louis Aliot13 %

6,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Matinale spéciale législative sur France Inter. Et notre invité est maintenant le maire rassemblement national de Perpignan, vice-président du RN. Louis Alliot, bonjour. Bonjour. Avec 89 députés à l'Assemblée nationale, Louis Alliot, c'est une véritable percée, un score historique pour votre parti. Comment avez-vous reçu les résultats hier soir ? Écoutez, avec à la fois une grosse satisfaction, mais aussi une surprise, parce que l'ampleur de cette vague est assez inédite. Et on peut voir que finalement, les électeurs ont, par les urnes, bloqué tout simplement l'hégémonie présidentielle de M.

Macron et sa volonté de passer en force sur un certain nombre de textes dont tout le monde parle dans la rue. Et maintenant, on va pouvoir en discuter au Parlement.

0:53
Louis Aliot

Donc pour vous, cette surprise, puisque vous parlez du mot surprise, effectivement, vous-même avez été surpris par ce score aussi haut. C'est un vote sanction contre Emmanuel Macron ? C'est un vote de colère ou c'est une vraie adhésion à vos convictions ?

1:06
Présentateur

Je pense qu'on est à... qu'on pourrait dire... On est dans une recomposition du paysage politique français. Petit à petit, écoutez, même aux majoritaires à deux tours. Le Rassemblement National s'installe dans les campagnes, s'installe dans des zones où nous n'étions pas forcément leaders jusqu'à présent. Et le parti de M. Macron, qui, lui, n'a pas d'ancrage local, souffre évidemment beaucoup de cette situation. J'ajoute que voilà, le peuple français s'est prononcé à la présidentielle. On a fait une belle présidentielle. M. Mélenchon avait appelé à voter pour M. Macron et il lui a sauvé son siège.

Les législatives, les électeurs se sont sentis beaucoup plus libres et finalement ont organisé le contre-pouvoir à l'intérieur de ce Parlement. Et c'est ça qui est inédit dans cette élection. Louis Alliou, en faisant rentrer près de 90 députés au scrutin majoritaire, vous n'avez plus besoin de la proportionnelle en fait ? Évidemment non, mais la proportionnelle reste quand même le mode de scrutin le plus juste pour un Parlement et pour une Assemblée. D'ailleurs, dans l'Europe entière, c'est le scrutin majoritaire de toutes les démocraties. Et il faudra évidemment le choisir pour notre Ve République.

Mais c'est vrai que là, pour le coup, les électeurs ont fait dans les urnes ce que le scrutin proportionnel aurait obligé à faire d'une autre manière.

2:31
Louis Aliot

Louis Alliou, la France, elle est encore gouvernable ce matin.

2:34
Présentateur

Écoutez, ça nous rappelle que la République et le parlementarisme, c'est aussi le pouvoir du Parlement, de l'Assemblée. Et les débats, les discussions, le dialogue, on est quand même en France, on a une longue histoire constitutionnelle et parlementaire. Eh bien, on va retrouver le sens du dialogue et du débat dans l'Assemblée. Et c'est à M. Macron maintenant de trouver le chemin d'une majorité et en essayant de concilier des personnes qui peut-être ne se parlaient pas avant. Et surtout, de respecter une opposition qui est aujourd'hui au Parlement nombreuse.

3:10
Louis Aliot

Mais vous seriez à sa place à Emmanuel Macron ce matin, vous feriez quoi, vous ?

3:14
Présentateur

Je serais en train de négocier avec un certain nombre de personnes pour créer les conditions d'une majorité. De LR ? Je ne vois pas où est-ce qu'il va aller chercher une majorité ou alors dans quelques députés socialistes. Mais il est évident que c'est du côté des LR.

3:28
Louis Aliot

Donc là, à sa place, vous feriez un pacte de gouvernement avec LR ?

3:31
Présentateur

À sa place, vu les difficultés du pays, je vais vous dire, vu la rage d'un certain nombre de nos compatriotes, je tenterai un gouvernement d'Union Nationale pour préparer des échéances majeures en matière de pouvoir d'achat, en matière de sécurité ou de retraite. Mais évidemment, il ne va pas s'engager sur cette voie. Gouvernement avec à sa tête Elisabeth Borne, Louis Alliot ? Non, ça je n'y crois pas, honnêtement. Elle ne peut pas rester, selon vous, à Matignon ? Non, je pense que c'est trop faible. Elle est trop affaiblie aujourd'hui pour pouvoir rester.

Et là, pour le coup, il y a un choix de Premier ministre crucial à faire qui permette, vous allez dire, une continuité politique et une stabilité politique qu'aujourd'hui elle n'aura pas. Quel type d'opposition incarnerez-vous, vous, le RN, à l'Assemblée ? Est-ce que le RN votera contre tout ce qu'Emmanuel Macron proposera ? Par exemple, on en parlait à l'instant avec Olivier Grégoire, le paquet pouvoir d'achat. Non, je veux dire, il faut être à la fois ferme sur ses convictions, mais il faut être aussi ouvert et discuter sur des mesures. Le paquet pouvoir d'achat, il faut peut-être y intégrer des mesures que nous souhaitons, nous. Par exemple, la baisse de la TVA.

Si demain, le futur gouvernement ou le gouvernement acceptent des amendements qui permettent d'aller dans ce sens, je suis persuadé que mes collègues députés sous la présidence de Marine, eh bien, feront peut-être l'effort de voter pour ces choses-là. Mais on ne fera rien qui aille à l'encontre de ce que nous avons développé pendant cette élection et défendu.

5:12
Louis Aliot

Louis Alliot, la France Insoumise veut déposer le 5 juillet prochain une motion de censure pour faire tomber, dit-elle, le gouvernement d'Elisabeth Borne. Vous la voterez, cette motion de censure ?

5:21
Présentateur

Écoutez, ce n'est pas moi qui suis aux manettes.

5:22
Louis Aliot

Non, vous n'êtes pas député, mais enfin, le RN votera-t-il ?

5:26
Présentateur

Écoutez, vous demanderez, quand vous recevrez Marine, vous lui demanderez, je n'en sais rien. Et puis, sur quoi ça va se baser, si c'est pour faire tomber le gouvernement sans autre forme de procès, on verra bien. Moi, j'espère que derrière ces artifices de procédure, il y a aussi des idées à défendre. Et on sait très bien que M. Mélenchon, aujourd'hui, est plus dans la contestation stérile, rigide et frontale que dans la proposition. Alors que vous, vous êtes dans la construction ? Oui, oui, oui, d'une certaine manière, oui. Notamment en matière de défense du pouvoir d'achat ou des services publics, même sur la retraite.

Je pense qu'on a avancé pendant cette présidentielle et aux initiatives des mesures concrètes. Eh bien, c'est l'occasion maintenant d'en débattre au Parlement. Est-ce que vous estimez, Louis Alliot, que la commission des finances revient de droit au Rassemblement National ? Écoutez, si elle revient aux principaux groupes d'opposition à l'Assemblée, elle devrait nous revenir. Mais maintenant, je ne suis pas dupe du jeu qui va régner, là, dans les couloirs de l'Assemblée Nationale. Et donc, on ne peut rien affirmer. Mais ce serait démocratiquement juste, oui.

6:31
Louis Aliot

Ces législatives ont aussi un autre enjeu pour les partis politiques, qui est moins connu du grand public. Elles sont l'occasion pour les partis de récupérer une dotation publique en fonction des résultats obtenus. Avec votre performance hier, vous allez avoir une grosse dotation. Du coup, est-ce que vous évitez, votre parti évite la faillite ? Vous allez enfin pouvoir rembourser le fameux prêt russe ?

6:48
Présentateur

Oui, enfin, on va pouvoir rembourser tous ceux qui nous ont prêté, y compris, pendant ces élections, des particuliers qui nous ont permis de faire campagne. Oui, on va pouvoir enfin respirer.

7:02
Louis Aliot

Ça va être le grand remboursement, alors ?

7:04
Présentateur

C'est ça, le grand remboursement, et nous permettre de mettre en place, justement, la stratégie de conquête d'un certain nombre de territoires pour les années à venir. Louis Elio, est-ce que depuis la précédente interview avec Léa Salamé, il y a deux semaines, vous avez fait du chemin dans votre tête sur la présidence du Rassemblement National ? Le Congrès arrive bientôt, serez-vous candidat, ou vous pensez que dans ce nouveau contexte issu des législatives, Marine Le Pen doit reprendre sa place et du service ? Je pense qu'effectivement, personne ne comprendrait qu'elle lâche le parti au moment où on fait ce score, et où elle est présidente du principal groupe d'opposition à l'Assemblée.

Donc, évidemment, je souhaite qu'elle reste à la tête du Rassemblement National.

7:48
Louis Aliot

Qu'elle reprenne la tête, pour l'instant, c'est Jordan Bardet, là ? Oui, oui, bien sûr. Je ne vais pas être échappé, mais c'est lui.

7:53
Présentateur

Non, par intérim, mais elle va reprendre statutairement les rênes du parti au mois de septembre, et puis on verra la suite.

7:59
Louis Aliot

Donc, vous n'êtes pas candidat, vous nous le dites ce matin, pour être clair ?

8:02
Présentateur

Je ne suis pas candidat, parce que Marine, je l'espère, restera. Si elle ne reste pas, on verra bien. Mais je pense qu'aujourd'hui, c'est les scores que nous avons faits l'obligent, et donc je pense qu'elle restera présidente du Rassemblement National.

8:15
Louis Aliot

On vous a demandé tout à l'heure, si vous étiez à la place d'Emmanuel Macron, vous feriez quoi ? Est-ce que vous feriez une dissolution ? Est-ce que vous y penseriez ?

8:21
Présentateur

Écoutez, dissoudre au moment, quelques jours, alors qu'on vient de sortir d'une élection, ce ne serait pas la meilleure chose à faire. Il va falloir qu'il nous montre ses capacités à gouverner dans l'adversité, et surtout de tenir compte des oppositions dans le cadre, tout simplement, du jeu démocratique. Et puis, on verra bien, mais il est évident qu'il y a des grandes réformes institutionnelles à mettre en place, et nous attendons notamment la proportionnelle, puisqu'il avait promis, il va falloir qu'il la tienne. Merci Louis Alliot, maire Rassemblement National de Perpignan, vice-président du RN, et merci aux équipes de France Bleu, Roussillon, à Perpignan, d'avoir assuré ce duplex.

8:59
Louis Aliot

France Inter