Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFM TV (sur YouTube)· 18 mai 2026 22 min

Jean-Pierre Raffarin analyse Donald Trump et sa gestion de la guerre en Iran

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Merci. Bonsoir. Jean-Pierre Raffarin.

On voulait commencer par vous montrer, alors je crois que c'est la chaise qui est à votre droite. Une photo à vous montrer, elle a été postée directement sur le compte de Donald Trump. La voici, Donald Trump, aux commandes des forces spatiales américaines, la main prête à appuyer sur le bouton rouge.

Au-delà de la surenchère permanente, au-delà de la provoque du côté peut-être pathétique, pour reprendre les mots du général à votre place il y a quelques minutes. Comment vous le voyez-vous ? Est-ce qu'il faut le prendre au sérieux malgré tout, Donald Trump ? – Bien sûr, il faut le prendre comme un être assez dangereux et qui fait du mal à l'occident car au fond on voit aujourd'hui les choses se détériorent en sa défaveur grosso modo il ya des systèmes d'impasse dans lesquels il ne Je ne peux pas sortir.

De toute façon, l'issue sera une issue de négociation et ce n'est pas quand on dit aux autres où je vous frappe ou vous négociez parce qu'on voit bien qu'en fait, il ne fait pas peur au fort. Il n'a pas fait peur à Poutine, il n'a pas fait peur...

Il n'a pas fait peur à l'Iran, il ne fait pas peur à Xi Jinping. Au fait, il fait peur aux plus faibles. Donc je trouve qu'il dessert l'Occident et ça nous fait beaucoup de mal parce que nous nous sommes assimilés mondialement aux États-Unis.

On est assimilé réellement encore aujourd'hui aux États-Unis ? Il n'y a pas une rupture qui s'est créée avec cette guerre en Iran notamment ? Pas vraiment puisque par derrière tout ça, et on l'a vu tout récemment, il y a une tension entre la Chine et les États-Unis.

Et il y a un bloc du Global Sud et des BRICS qui s'est construit avec un certain nombre d'alliés. À côté de ça, le G7 est un peu effrité. Et grosso modo, on nous met toujours dans le camp des États-Unis.

Donc on est en train de souffrir. Et l'Europe, qui n'a pas trouvé les moyens de sa propre existence aujourd'hui, est dans une situation de grande fragilité. Mais il fait du mal au camp de l'Ouest, au camp de la liberté, parce qu'il se comporte comme assez peu dignitaire de la liberté.

Est-ce que vous l'imaginez frappé et de façon imminente ? On a ressorti une intervention d'Donald Trump. C'était à bord de l'Air Force One en rentrant justement de son voyage auprès de Xi Jinping, en Chine.

Et il évoque des cibles très précises. On écoute le président américain. « 85 % de leurs usines de fabrication de missiles sont détruites.

Nous avons tout anéanti. En revanche, nous n'avons détruit qu'un seul pont parce qu'ils se sont mal comportés. Si on le voulait, on pourrait détruire tous les ponts et toutes leurs infrastructures électriques en deux jours. » « Il le dit, les cibles, ça peut être les ponts, les centrales électriques, les infrastructures civiles. » « Moi, ce qui me rend pessimiste, c'est que je ne le vois pas à aucun moment faire une déclaration qui ouvre vers des perspectives de négociation. » « Quand vous dites aux négociateurs, venez autour de la table où je vous tape dessus, ça ne marchera pas.

Et on voit bien que sa menace permanente de « je vous tape plus, je vais vous éradiquer, je vais supprimer votre civilisation, on va retrouver l'âge de Pierre, etc. » Donc tout ceci, surtout en Orient, est complètement une escalade inutile. – Oui, mais il y a malgré tout quand même de petites avancées.

Là, on apprend que l'Iran accepterait un gel nucléaire prolongé en lieu et place d'un démantèlement complet des structures nucléaires donc la suspension de l'uranium enrichi et un transfert sous condition de l'uranium enrichi vers la russie donc les choses avancent selon axios Les médias américains seront rejetés par Donald Trump, mais ça avance. Ça avance en effet. Je n'exclus pas d'ailleurs que ce ne soit pas une bonne stratégie américaine, que des gens très sérieux se servent un peu du président comme une sorte de menace marionnitique, éthique au fond qu'il le laisse s'agiter et que par derrière les choses se structurent quelque peu.

Mais il n'y a pas d'autre issue qu'une négociation puisque de toute façon, les Iraniens dans cette affaire, comme ils n'ont pas perdu la guerre, ils l'ont quasiment gagné. En tout cas, ils ont gagné deux choses très importantes. Ils ont trouvé un autre but de guerre, qui est le détroit d au fond on se bat pour une liberté qu'on avait avant la guerre de passer ici donc ils ont créé ça c'est de manière formidable et deuxièmement ils ont créé au fond la pression sur le capitaliste globalement et donc aujourd'hui on voit qu'on a le choix entre un embrasement général ou une discussion à un moment ou un autre donc que des gens intelligents aux Etats-Unis il y en a forcément se se disent qu'il faut avancer sur les discussions je l'espère et je pense que c'est la seule issue.

L'escalade de la violence ici n'a aucune chance d'inverser. Au fond on a bien vu quelqu'un disait j'ai entendu ça aujourd'hui quelque chose de très juste Au fond, il y a des similitudes entre l'Ukraine et l'Iran. Au fond, on se disait au début que Poutine ne pouvait pas perdre ça.

Et puis finalement, maintenant, on se dit que si Poutine ne gagne pas, il peut très bien perdre. Et on voit bien qu'aux États-Unis, les choses peuvent se faire la même chose en Iran parce que finalement, ils ont résisté à la vague qu'est la puissance militaire. Mais Et on l'a appris quand même depuis maintenant un certain nombre d'années que la solution militaire sans situation politique, diplomatique postérieure n'a aucune chance de réussir.

On a la Libye au fond du cœur et en sanglanté quand même, et avec toutes les mafias qui s'y verront. Donc s'il n'y a pas une solution diplomatique, il n'y aura pas de solution. Donc ce qu'est à craindre, c'est que les choses continuent longtemps comme ça et qu'on se trouve dans une crise mondiale à cause de l'énergie, parce que les choses vont durer.

Avec un détroit d'Hormuz qui pourrait continuer à être bloqué encore longtemps. Vous avez vu la déclaration des autorités iraniennes aujourd'hui, qui ont formalisé la création d'un un nouvel organisme pour la gestion du droit d'Hormuz. Donc tout ça devient très officiel et il menace également de faire payer l'utilisation des câbles sous-marins d'Hormuz, ça ne va pas en s'améliorant.

Ils ont la main mise sur ce détroit et ils ne Et nous avons créé avec eux cette dialectique dans laquelle nous sommes faibles. On a créé ce piège d'Hormuz, dans lequel aujourd'hui on n'a pas de solution, et ils continuent à filer la métaphore en faisant en sorte de bien montrer que c'est leur propre propriété. Et donc je trouve qu'on voit bien là que les choses risquent de durer.

Il n'y a pas un geste vis-à-vis de l'opinion publique qui laisserait penser que l'Iran a quelque chose à gagner dans une négociation. Et donc moi je pense que si à votre partenaire vous n'envoyez pas un moment, non pas forcément un cadeau, mais que vous aviez une attitude positive, vous n'avez aucune chance de déboucher. Alors ça va prendre beaucoup de temps, ça veut dire que là on va avancer par tout petit pas et ça veut dire que la crise économique est menaçante.

Si je peux me permettre, il y a quand même des petites choses qui bougent. Lesquelles alors ? On l'a dit tout à l'heure sur la question parce qu'on peut espérer que des gens sérieux y travaillent.

Mais on a quand même vu effectivement les évolutions de la position iranienne qui, dans un peu de temps, ne voulait pas entendre parler de la question de l'enrichissement et de la question du transfert des 440 kilos enrichis à 60%. Maintenant, il l'envisage. Ça ne veut pas dire que c'est d'accord.

Côté américain, je rappelle qu'il était hors de question qu'ils gardent leur structure nucléaire et qu'aujourd'hui, les Américains disent « une sur les 4 ». Donc là aussi, on a quand même quelque chose qui bouge. Et là, c'est dit par des officiels.

Et pareil, ils ne voulaient pas entendre parler d'enrichissement en Iran puisqu'ils proposaient de livrer eux-mêmes une centrale et de les fournir. Aujourd aujourd'hui, ils acceptent de discuter des 3 ,75. Donc attention de ne pas se faire focaliser par la propagande iranienne qu'on a vue tout à l 'heure avec les Kalachnikovs ou la propagande trumpienne qu'on a vue avec Star...

Je ne sais pas quoi, la Star Trek, etc. Attention, ça c'est fait pour leur base et pour amuser la galerie. Mais les choses bougent derrière malgré tout.

Il y a quand même des choses qui se passent. Je ne dis pas que ça va à tout régler. On aura peut-être malheureusement une deuxième passe Mais ils savent, comme le disait M. le Premier ministre, ça finira avec des négociations.

Et aujourd'hui, ce qui est intéressant, c'est de voir que, ce qui n'était pas le cas avant, les deux parties sont d'accord, non pas sur comment il faut faire, il y a encore un désaccord sur le rythme, le fait d'ouvrir Hormuz avant, de discuter, etc. Mais ils sont d'accord sur les points qui devront être discutés. C'est déjà une première base.

Donc parmi ces points-là, effectivement, on le disait, le transfert sous sous condition de l'uranium enrichi vers la Russie, vers Vladimir Poutine. Vladimir Poutine qui va en Chine demain et mercredi, dans la foulée de Donald Trump. Pourquoi faire ?

Qu'est-ce qu'il va y faire ? Il y a plusieurs choses. D'abord, il va faire plaisir à Xi Jinping, qui se place là en sage mondial.

Il reçoit tout le monde. Et donc je pense que c'est aussi un geste vis-à-vis de Xi Jinping. Et puis je pense qu'il est quand même un peu en état de faiblesse.

L'Ukraine ne se passe pas comme il veut. Aujourd'hui, les attaques en profondeur sur Moscou portent atteinte un peu à son pacte avec les moscovites en disant « vous inquiétez pas cette guerre elle est là-bas, elle n'est pas chez nous et que je vous protège ». Au fond, ils ne protègent plus forcément le peuple russe comme il l'avait promis.

Donc il n'est pas si fort que ça. Et donc le rassemblement avec Poutine peut... avec Poutine et Xi Jinping peut donner un sentiment de force et de soutien.

Mais je crois bien que les Chinois dans cette affaire ne veulent pas apparaître comme belliqueux. Ils doivent avoir des actions en sous-main, ça c'est difficile de le savoir, mais ils ne veulent pas apparaître comme belliqueux. Vous en doutez de ça ou pas ?

Qu'ils fournissent réellement des armes aux Iraniens, à la Russie d'ailleurs ? Les armes, ils font certainement pas de fautes. Donc ils sont très prudents.

De toute façon, ils ont toujours été proches des Iraniens. Pendant un temps, ils étaient beaucoup plus proches des Iraniens que des Russes. Donc il y a des proximités qui sont complètes.

Mais je pense qu'ils veulent aujourd'hui apparaître un peu comme des organisateurs qui sont dans des stratégies d'alliance. Ils sont en train de construire un monde dans lequel ils ont une très, très forte influence. Ce qui nous, nous pose problème parce que nous sommes rejetés dans le camp américain et aujourd'hui, le camp américain s'affaiblit.

Parce que les avancées dont on parle, la vraie question, c'est de se poser là. Est-ce que vraiment Trump a besoin de cette agitation pour obtenir cette négociation ? Parce qu'au fond, son agitation a quelque chose de ridicule, de pas sérieux, contre-productif.

Donc je pense qu'on peut bien dire qu'il y a une agitation trumpienne qui est pathologique d'une certaine manière, mais elle nous fait beaucoup de mal à nous tous, parce qu'on voit bien le monde qui s'organise aujourd'hui. Et là, il faut vraiment que l'Europe montre notre volonté d'indépendance, de discussion, de souveraineté. Puisqu'au fond, tous ces pays, qu'est-ce qu'ils veulent ?

Ils veulent le plus possible d'autonomie. Qu'est-ce que demandent les Chinois ? Être le moins dépendant possible des autres.

Et au fond, dans cette logique-là, c et eux, ils peuvent le faire avec la puissance qu'ils ont. Nous, l'Europe, il faut qu'on puisse comprendre qu'on a à trouver des marchés. Et que disent les grandes entreprises françaises ?

Elles disent « faites en sorte qu'on puisse être en Chine et aux États-Unis Ne nous demandez pas de choisir, parce que pour être mondial, pour une entreprise française, elle doit être sur les deux marchés. Et c'est ça qui est très difficile aujourd'hui. Et donc cette radicalisation qu'entraîne Trump avec ces provocations et avec ce Le jeu qui a quelque chose de puéril, d'une certaine manière, pathologiquement puéril, c'est assez préoccupant pour ce camp qui était le camp de la démocratie, qui est toujours le camp de la démocratie, qui est le camp de la liberté, qui doit montrer qu'on a d'autres arguments que des jeux vidéo pour convaincre.

Et maintenant, c'est la Chine qui se fait passer pour la puissance stable, sage, j'allais dire ? Elle essaie de jouer ce rôle-là et quand même, nous, il faut qu'on soit préoccupés parce que les BRICS ont pris une importance forte. Les deux grandes démocraties mondiales en démographie, qui sont l'Inde et le Brésil, sont groupées.

On a vu Modi à Shanghai et on a vu le président Lula à Moscou l'an passé pour le 9 mai, les cérémonies du 8-9 mai. Donc on voit bien que cette agglomération, cette coalition, elle est de plus en plus puissante et nous, en face de ça, on a un G7 affaibli, on a des États-Unis qui ne sont plus vraiment fédérateurs et on a une Europe qui se cherche. Donc on est quand même en situation de fragilité et au fond, on peut dire, je crois que Trump nous fait du tort. – Que peut réellement obtenir Vladimir Poutine ?

Il a envie, lui, alors je profite quand même aussi de la présence de Sergei Vierneuf sur ce plateau, est-ce que réellement il peut y avoir un transfert de l'uranium enrichi vers la Russie, vers Vladimir Poutine. Et pourquoi est-ce que Vladimir Poutine a tant envie que ça se fasse ? – Parce que si ça se fait, Poutine devient un acteur.

Jusqu'à maintenant, il était un observateur. Il Il était évincé de la série, il a été évincé de la Libye, il a perdu Orban, il a perdu partout sur tous les ponts. Benjuela, partout il a perdu.

Et donc, en fait, il se proposait à Trump. Il disait « Mais moi, je peux vous aider dans la négociation avec l'errant ? » Et Trump disait « Non, non, non, tu finis déjà ta guerre, on verra après. » Et là, par la force des Il revient, il y a aussi des intérêts économiques parce que c'est la Russie qui a construit la centrale de Boucher, c'est la Russie qui la gère, c'est la Russie qui lui a fourni l'uranium enrichi qui fait fonctionner ça et donc revenir vers ce rôle d'intermédiaire voire même d'acteur, Poutine en rêve, il ne faut pas oublier non plus, Poutine n'est pas allé en Chine juste parce que Trump y est allé, cette visite a été programmée depuis des mois et des mois et il y va tous les ans donc c'est quelque chose, mais Poutine dépend maintenant de Xi Jinping, de la Chine, la Russie, le commerce extérieur russe pour la Chine c'est 3 ,5%, en revanche la Chine pour la Russie c 'est 50 % et donc la Chine actuellement domine le marché intérieur pour tout, pour les machines, pour les voitures, pour les camions, pour les bus, pour tout et donc Poutine en fait il s'est mis lui-même au cœur de la stratégie chinoise dominer sans faire la guerre c'est ça, c'est ça, c'est ça, c C'est exactement ça, en fait ils n'ont rien fait mais ils impriment déjà les cartes sur lesquelles 1 ,5 million de kilomètres carrés c'est écrit déjà en chinois Avec ces images en parallèle de l'équipe nationale iranienne de football, ça peut paraître un peu décalées.

C'est pas celle-ci, elles vont arriver. Parce que Poutine justement le 9 mai il a eu un petit problème. Pour la première fois on l'a vu faible.

Il n'a même pas été capable de mettre un char et un véhicule sur la parade du 9 mai. Ce qui est quand même dramatique pour lui. C'était une illustration de sa faiblesse.

Mais j'aimerais qu'on commente ces images-là. Ces images-là des joueurs de football iranien qui arrivent à l'aéroport de la Turquie en Turquie, où ils vont disputer un match amical avant de rejoindre les États-Unis, où ils participent donc à cette Coupe du Monde 2026 qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet. Ça peut paraître complètement fou que l'Iran se rende sur le sol américain pour disputer cette Coupe de monde de foot.

Je ne sais pas bien, pour être très franc, je ne sais pas bien toute cette situation, parce que j'avais compris que l'Iran ne pouvait pas participer, qu'on avait envisagé, à un moment où il y avait une discussion, qu'il n'y participe pas, que l'Italie prenne sa place. Donc si l'Iran peut participer. Bon, d'abord, il ne faut pas forcément s'inquiéter de cela.

Les Jeux olympiques nous ont montré dans leur histoire et dans leur création que c'était le moment de paix et que les gens, les sportifs ont suspendé toutes les guerres pour faire ça. Donc je crois que que le milieu sportif, que les événements sportifs soient indépendants de tout le reste. Je pense que ça peut avoir des choses significatives si c'est un peu contrôlé et si ce n'est pas un rendez -vous d'assassin.

Mais donc je pense que c'est quelque chose qui est un peu anachronique en effet, mais je pense que c'est quand même un peu l'histoire qu'était la trêve olympique et au fond si on peut avoir cette trêve de temps en temps ça ne fait pas de mal. C'est que le sport qui permet Il y a quand même le meilleur joueur iranien qui ne s'est pas déplacé parce qu'on lui a imposé un choix politique et il n'a pas voulu le suivre. Bon, une Une question.

Est-ce que la prochaine cible de Donald Trump, ce n'est pas Cuba ? Washington affirme que Cuba a envisagé de viser Guantanamo et le territoire américain avec des drones russes et iraniens. Les autorités cubaines auraient acquis plus de 300 drones militaires depuis 2023 auprès de la Russie et de l'Iran.

Ce sont les affirmations américaines. Est-ce que réellement, ce n'est pas...

Juste une...

Ils ne sont pas en train de se faire une sorte d'excuse pour intervenir à Cuba. Est-ce que c'est la prochaine cible ? Vous y croyez ?

J'y crois assez peu parce que quand même, globalement, quand Trump dit qu'il et que le temps presse, pourquoi il presse ? Parce qu'il y a des élections. Et pourquoi dans les élections, il est pressé aujourd'hui de conclure tout ça ?

C'est parce qu'il s'est présenté comme l'homme de la paix, candidat à la paix. Et au total, quand on va voir son propre bilan, il a mis du désordre partout. C'est un producteur de désordre majeur, avec derrière des morts et des crises graves, des tragédies.

Donc je pense qu'il y a un moment ou un autre, les élections vont rendre plus sages l'entourage de Trump, qui vont essayer d'éviter qu'il y ait ces à-coups. Alors que pour sortir d'une crise, il en ait besoin d'une autre, c'est peut-être, mais c'est vraiment là une forme de spirale un peu de démence stratégique et donc c'est quand même assez préoccupant. C'est pour ça que je suis assez réservé parce que...

Sauf qu'il en est capable, non ? Il aime ces spirales comme vous dites. Je pense que d'abord toute sa stratégie c'est quand même d'écouter l'électorat républicain.

Donc il a ce en quoi les populistes dont il fait partie sont un peu les opposés des démocrates parce que les démocrates cherchent le rassemblement, les populistes cherchent le rassemblement. Les populistes cherchent la radicalisation. Or là, la radicalisation semble-t-il, dernier sondage, 20 % des républicains commencent à douter de lui et une grande majorité des démocrates.

Donc ça va lui poser un certain nombre de problèmes. Donc il y a un moment. Ce critère, je pense, cette orientation qu'il a sur le peuple américain et sur sa base électorale va le conduire à devenir un peu plus sage et à stopper cette folie des désormes.

Vous y croyez vraiment ? Je pense que c'est très préoccupant s'il n'y a aucun pôle de responsabilité dans le système américain aujourd'hui. Mais s'il doit y avoir à un moment un pôle de responsabilité, il n'y a qu'un seul événement qui peut réveiller cette responsabilité, ce sont les mid C'est les nuits termes, les élections de mi-mandat qui arrivent au mois de novembre.

Quand même, est-ce qu'il est réellement possible que les autorités cubaines aient acquis 300 drones ? Vous faites quoi avec 300 drones aujourd'hui ? Vous savez combien ils en tirent dans une guerre aujourd'hui ? 300 drones c'est rien du tout, c'est une plaisanterie, c'est juste de la propagande là aussi.

Qu'est-ce que vous allez faire avec 300 drones honnêtement ? C'est même pas une journée de c'est même pas une journée de frappe c'est rien du tout donc vous ne croyez absolument pas en l'hypothèse de Guantanamo viser mais ils le feront pour des questions symboliques avec 300 drones sur Guantanamo oui mais ça sera symbolique, c'est le seul truc qu'ils peuvent taper quasiment. C'est de la communication.

Mais ça peut être en cas du bélier après pour les Américains. Avec un Donald Trump qui serait prêt à frapper. Est-ce que vous pensez, Didier, que c'est qu'une question de jour pour en revenir là à une échéance plus proche ?

Est-ce que vous pensez que c'est imminent ? Moi, je ne pense pas que ce soit imminent. Je pense qu'ils sont capables d'y aller parce que...

Qu'est-ce qu'ils vont obtenir en refrappant ? Peut-être qu'ils y auront parce qu'ils n'auront pas le choix, parce que ça va se coincer. Mais aujourd'hui, on voit bien qu'ils sont en train de discuter.

Il y a des choses qui évoluent. Donc, qu'est-ce qu'il va obtenir de plus en frappant maintenant ? Moi, je suis complètement d'accord avec Jean-Pierre Raffarin.

À ce stade, frapper n'apportera rien de supplémentaire. Aucune frappe ne pourrait permettre d'obtenir des concessions de la part de l'Iran. Dans ces civilisations-là, l'honneur, la dignité sont fondamentales.

Et s'attaquer à la face, c'est s'attaquer à des choses...

Et on voit bien, et puis on l'a vu maintenant, c'est des leçons d'histoire quand même, que le militaire ne règle pas les choses. Il peut les préparer, il peut les rendre possibles, mais s'il n'y a pas derrière un accord politique, une négociation, un partage. On n'a pas de solution.

La violence, on n'éradique pas une civilisation comme la civilisation perse. C'est impossible. Il en resterait que quelques milliers, qu'ils constituaient des forces terroristes extraordinairement puissantes.

Donc, il y a un moment ou un autre, il faut discuter. Ce qui est important, c'était les buts de guerre. Ils ont toujours été ambigus sur les buts de guerre.

Si le but de guerre, c'est le nucléaire qu'ils le disent, il faut aller au bout de ce but de guerre. Mais là, maintenant, on voit qu'il y a des nouveaux buts de guerre qui arrivent. Ce sont des buts de guerre défensives, c'est de protéger le Moyen-Orient, c'est de reconquérir la liberté sur le nom d'Hormuz, des choses qui étaient acquises avant la guerre.

Donc, on ne peut pas dire que cette guerre soit vraiment très positive. Si d'une part, on n'a pas détruit l'essentiel du dispositif nucléaire et que d'autre part, on a créé des problèmes avec le Middle East et avec Hormuz, on ne peut pas dire que ça soit très brillant comme réussite. Merci beaucoup, beaucoup.

Merci Jean-Pierre Raffarin d'être venu nous voir sur ce plateau.

Jean-Pierre Raffarin analyse Donald Trump et sa gestion de la guerre en Iran — Jean-Pierre Raffarin · Pourquijevote