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Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 8 avril 2026 38 minComplaisantActualité / polémiqueDéfenseÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsImmigration & asile

IRAK : MILICES, PÉTROLE ET CHAOS – L'ANGLE MORT DU CONFLIT AU MOYEN-ORIENT

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Défensif 90 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Robin Baumont, comment qualifier la situation de l'Irak aujourd'hui ? Le pays est-il immergé dans le conflit qui traverse le Moyen-Orient ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    L'État irakien a des intérêts avec les États-Unis et l'Iran. Comment caractériser son positionnement dans cette guerre ?

  • 8:00RelanceRéponse partielle

    Qu'est-ce que cela signifiait entrer dans l'escalade de cette guerre ? Qu'est-ce que l'État irakien ou les milices pourraient faire pour être plus impliqués ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    C'est quoi concrètement ce risque évoqué par Emmanuel Macron, ce risque d'escalade ?

  • 13:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi ces milices visent-elles également les intérêts français ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Comment décrypter le lien entre ces groupes, ces factions, ces milices et l'État irakien lui-même ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

À la fin du mois dernier, Emmanuel Macron a appelé, je cite, à tout faire pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans l'escalade de la guerre au Moyen-Orient. Alors, pourquoi ce pays prend-il un poids croissant dans ce conflit ? L'Irak peut-il effectivement entrer dans la guerre alors que la France y a perdu un soldat que les intérêts des États-Unis sont constamment attaqués par des milices, des factions du pays.

Comment répliquer éventuellement deux invités pour en discuter, pour en débattre également. Robin Baumont. Bonsoir.

Bonsoir. Vous êtes docteur en sciences politiques et directeur de recherche Moyen-Orient au centre d'analyse et de prévision des risques internationaux. Je signale la lecture dans la revue Moyen-Orient d'avril-juin de cet article Le vôtre intitulé l'Irak dans l'œil du cyclone Bagdad face aux recompositions du Moyen-Orient.

À vos côtés Loulou Al Rachid. Bonsoir. Bonsoir.

Vous êtes docteur en sciences politique chercheuse spécialisé sur l'Irak. Merci à vous deux d'être présents ce soir dans question du soir. Le bruit et la silhouette furtive d'un drone dans le ciel de Bagdad.

Les canons antiaériens américains entrent en action. L'appareil est touché et s'écrase au sol dans une déflagration. À plusieurs reprises depuis 24 heures, l'ambassade américaine a été ciblée par les milices proiraniennes comme ici ce soir.

Plus tôt, deux drones ont été détruits, mais l'un d'entre eux s'est écrasé sur cet hôtel à proximité avant qu'un autre explose non loin de l'ambassade. Les intérêts américains dans la capitale irakienne sont-ils vulnérables ? Une milice a diffusé ces images de propagande d'un drone effectuant sans être inquiété des repérages au-dessus de l'ambassade où l'on aperçoit nettement le drapeau américain.

C'était il y a une vingtaine de jours à Bagdad récide de l'attaque sur l'ambassade états-unienne d'Irak. Robin Baumont, comment qualifier caractériser la situation de l'Irak aujourd'hui ? Le pays est-il immergé dans le conflit qui traverse le Moyen-Orient et notamment l'Iran ?

Alors effectivement, il y a entraîné, ce qui euh contraste un petit peu avec euh ces dernières années où on avait l'impression que l'Irak était un peu sorti de la carte des crises, ce qui était vraiment différent de l'ité qu'on pouvait se faire de l'Irak qui euh depuis euh le début du siècle euh est au cœur voire même euh à l'origine des grands bouleversements régionaux euh depuis euh l'invasion américaine de 2003 jusqu'à la proclamation de l'État islamique en en 2014 à Mossou. Et de voilà, on depuis y compris depuis le 7 octobre, l'Irak sans mettre un petit peu le spectateur et être vaguement préservé euh de la régionalisation de la guerre de la guerre au Moyen-Orient. C'était surprenant, ça pouvait surprendre dans la mesure où l'Irak héberge un certain nombre de forces armées, de factions armées qui font partie de ce qu'on appelle l'axe de la résistance.

Donc cette alliance régionale coordonnée par l'Iran. Et euh ces groupes armés euh depuis le 7 octobre 2023 et y compris durant la guerre des deux jours en juin dernier, ont manifesté une certaine réserve, une certaine prudence euh et n'ont pas été à quelques exceptions près euh partie prenante au conflit pour pour plusieurs raisons. C'est en train de changer. est en train de changer dans cette nouvelle séquence de la guerre dans la mesure où l'Iran en juin dernier pendant la guerre des 12 jours avait adopté une stratégie de de voilà de de réponse un petit peu gradué aux attaques israéliennes et tirant les leçons de cette stratégie a adopté une nouvelle stratégie depuis le 28 février dernier qui est une stratégie de régionalisation immédiate de la guerre dans laquelle la composante irakienne de l'axe de la résistance est mobilisée.

Donc c'est l'Iran, Lououis Al-Rachid qui change de stratégie et qui décide d'impliquer dans cette guerre ses proxies inscrite sur le territoire iraakin ou bien ce sont justement ces groupes armés, ces milices, ces factions, on reviendra sur les termes, c'est important, qui décident voilà d'y entrer et de participer à la régionalisation de ce conflit. Vous savez, en ce moment, il y a une blague qui circule en Irak qui dit que les États-Unis et Israël ont décidé de frappe l'Iran, que l'Iran riposte en frappant Israël et les monarchies du golf, mais en revanche, tous les belligérants se mettent d'accord pour frapper l'Irak. Et c'est effectivement ce qu'on constate Israël, les États-Unis, l'Iran et y compris des acteurs intérieurs, des acteurs iraakiens sont en train de déchaîner un nouveau cycle de violence, de plonger le pays dans un état de de grande fébrilité, de C'est une blague un peu triste.

Alors, hein, c'est une blague un peu triste, mais c'est la réalité. Et l'Irak aujourd'hui est victime un peu de de tous ces belligérants. Il est évident que l'Iran dispose de leviers d'action sur la scène irakienne par le biais notamment de ses formations paramilitaires ou miliciennes, peu importe là.

Je les les acteurs eux-mêmes sont très sensibles à ces à ces qualifications. Le moins que l'on puisse dire et que ce sont des acteurs iraakiens, ils n'ont pas été euh ils n'ont pas été exportés par l'Iran. Ce sont des acteurs iraakiens.

Ce sont euh ce sont c'est toute une mouvance armée qui est née, je dirais, de l'occupation militaire et de l'invasion américaine de l'Irak en 2003. Ils ne sont pas nés euh par la simple volonté de l'Iran. C'est l'invasion américaine, la dissolution de l'État iraakien, la destruction de l'État iraakien en 2003 qui a préparé le terrain à l'éclosion de ces formations paramilitaires miliciennes.

Alors elles ont c'est pas la guerre contre Daesh. Alors elles ont depuis 2003, elles se sont transformées au gré des événements, au gré des crises qui ont frappé, au gré des d'Irak, au gré des cycles de violence qui se sont succédés. Elles sont nées au au les toutes les pionnières sont nées de l'insurrection armée chiite contre les États-Unis.

On parle souvent des jihadistes, d'Al-Qaeda, de l'État islamiste, des sunnites, mais mais il y a aussi on a vu en Irak après 2003, une résistance chiite. Euh ensuite, effectivement, elles ont pris de l'ampleur à la faveur des combats contre les jihadistes, à la faveur de la guerre civile qui a qui a ensanglanté l'Irak, des combats fratricides entre sunnites et chiit qui ont ensanglanté l'Irak. Et évidemment, elles ont connu leur apogé et leur grande consécration, leur entrée par la grande porte sur la scène nation, sur la dans l'arène politique après la défaite de l'État islamique.

Elles ont grandement contribué à la défaite de l'État islamique en Irak. Et je rappelle qu'à ce qu'à cette époque-là, entre 2000 2013, les milices étaient plutôt bien perçues euh par l'ensemble de la coalition occidentale contre contre l'État contre l'État islamique. Elles se sont battues, elles ont fait le sale boulot au sol.

Elles ont délogé les combattants, les jihadistes de l'État islamique de l'ouest de des territoires qu'ils avaient conquis. Et c'est la question de leur statut est devenue problématique au lendemain de cette défaite. Alors, elles ont été officiellement incorporées à l'appareil de sécurité iraakien.

Elles font partie des forces de sécurité iraakienne, mais elles conservent leur autonomie et effectivement elles conservent des liens extrêmement étroits avec Teran. On va revenir sur euh ces milices qui sont un agrégat d'acteurs absolument majeurs pour comprendre ce qui se déroule en ce moment en Iran. Mais je voudrais introduire Robin Baumont, un autre acteur, l'État iakien en tant que tel, le gouvernement iraakien.

Comment aussi caractériser son positionnement dans cette guerre ? Il est ambigu. L'État irakien a des intérêts avec les États-Unis, a des intérêts avec l'Iran.

Certains parlent de neutralité. Est-ce que c'est un terme juste dans ce conflit ? Bah, c'est une position impossible.

Euh comme le disait Loulou à l'instant, l'Irak est le seul pays, si je ne me trompe pas, de la région qui se fait frapper à la fois par le camp iranien et par le camp euh américano euh israélien. C'est la fameuse blague. Euh c'est la fameuse blague.

Bon, les les blagues iraakiennes sont souvent tristes euh pour une raison simple qui est que c'est un état qui est allié avec l'Iran et avec alors pas avec Israël mais avec les États-Unis. Et donc euh il faut tenir depuis 2003, il faut tenir cette ligne, cette espèce de ligne de crête euh avec toutes les difficultés que Loua vient de vient vient de citer, notamment le fait que l'État n'est pas euh extérieur notamment à ses groupes armés. Ces groupes armés l'ont investi, en font partie, ont des ministres, euh ont parfois des des premiers ministres, des députés évidemment.

Alors en temps en temps de paix ou de 6000 IP, ça peut ça peut vaguement fonctionner pendant la guerre contre l'État islamique. De fait les Américains et les Iraniens et ces groupes armés avaient un ennemi commun. Euh donc on pouvait faire euh voilà, tout ça pouvait à peu près fonctionner.

Euh et quand les deux alliés euh euh sont sont ennemis et et sont en guerre, évidemment la position euh du gouvernement iraquin est euh beaucoup plus difficile à tenir. À quel point le souvenir de 2003 par ailleurs, euh l'invasion américaine en Irak. À quel point ce souvenir Louloua Alrachid est-il encore vivant dans l'imaginaire irakien notamment lorsque les États-Unis à nouveau dans une coalition avec Israël interviennent cette fois-ci auprès de leurs voisins les Iraniens ?

Le le souvenir est très vif aujourd'hui. Les Irakiens lorsque les Iraquins regardent les images de de bombardement de Teran, c'est quel ce sont des images extrêmement familières pour les irakiens. Il voit 2003 il voit non seulement 2003 mais il voit 1991. 1991, lorsque la coalition menée par les États-Unis pour libérer le Cohè avait massivement bombardé l'Irak, ses infrastructures ses infrastructures civiles.

La menace de Trump aujourd'hui de de détruire les centrales électriques iraniennes, ce n'est pas quelque chose euh c'est c'est quelque chose qu'on a déjà vu et qui a été une une menace qui a été mise à exécution par Bouche lors de la guerre de de libération du Ket en 1990-91. D'ailleurs, les Irakiens jusqu'à ce jour souffrent de ces destructions de leur centrale électrique puisque ils n'ont pas réussi depuis depuis cette c depuis plus de tris décennies en fait à rétablir leur capacité euh de production électrique. Donc ce sont des images extrêmement vives.

Je rappelle aussi que depuis euh le 28 février, la guerre s'est transposée au cœur de la capitale, au cœur de Bagdad. Les des quartiers résidentiels ont été frappés de drones ou de miss ou de bombardement aérien. Des hélicoptères américains ont frappé Mossou.

à chaque fois, ce sont des miliciens rebaptisés, des terroristes par dans la phraséologie américaine qui ont été frappés et éliminés. Mais il y a eu des victimes collatérales, il y a eu des dégâts importants. Donc la guerre est vraiment présente aujourd'hui.

Tous les gouverneurs iraakiens ont été frappés quasiment sans exception du nord au sud. Le Kurdistan n'y échappe pas. Le Kurdistan a été particulièrement frappé des deux côtés.

Donc euh donc la guerre est vraiment très présente dans l'esprit des iraquiens et malheureusement la la joie qui a suscité la victoire de la qualification de de l'Irak euh à la Coupe du monde de foot, ça n'a pas duré. C'est mais c'est effectivement l'Irak et entre ces deux et aussi entre ces deux pulsions, ces deux tendances, une volonté de rester à la de rester éloigné de ce conflit, une volonté de de résister à cet embrasement régional, une volonté de de revenir à une vie normale qu'ils n'ont pas véritablement eu depuis depuis plusieurs décennies. Le foot est un vrai facteur de de d'unité nationale, mais le champ politique est une arène extrêmement conflictuelle en Irak.

Et je rappelle que tout ceci se passe dans un vide politique depuis les élections législatives de novembre euh dernier. Il n' pas dégagé de majorité claire. L'actuel premier ministre est un premier ministre qui n'a aucune légitimité, dont l'assise est extrêmement fragile, même s'il a réussi à s'imposer lors des élections.

Mais aujourd'hui, il est il n'est que premier ministre sortant. Il ne peut pas prendre de décision. Il ne peut absolument pas gérer cette multipolarité, ces multiples centres de pouvoir qui se qui sont en conflit les uns avec les autres, que ce soit au Kurdistan ou à Bagdad.

Que veut dire alors Emmanuel Macron, Robin Baumont lorsqu'il dit, je recite ses propos, qu'il faut tout faire pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans l'escalade de la guerre. Lorsqu'on écoute Louloua Al Rachid, on a le sentiment que cette guerre, elle est bel et bien présente, impliquée, imprimée dans le territoire, l'imaginaire, la réalité des irraquins. Oui, mais je pense que je pense que dans dans l'imaginaire des diplomaties occidentales et y compris de la France, il y a cette idée qui est issue un peu de ces dernières années et de la guerre des 12 jours que le voilà cette espèce de mythe que le gouvernement irakin est capable de tenir la ligne.

Les 12 jours je précise he c'est juin 2025 lorsque Israël a attaqué l'Iran par d'autres vois et moyens qu'aujourd'hui mais notamment par à travers à travers l'aviation. Exactement. Et cette idée que ce serait le premier ministre qui aujourd'hui est premier ministre sortant par intérim qui aurait qui serait parvenu à maintenir l'Irak hors hors hors du conflit ce qui à mon avis est plutôt une illusion la réalité.

Si les si les groupes armés, si les factions alignées sur l'Iran ne sont pas intervenues, c'est parce que c'est c'est pour des raisons de politique interne. C'est pas du tout la la force de persuasion du premier ministre de l'époque qui qui les a gardé à distance. C'est simplement que ces ces groupes d'une part euh la stratégie iranienne n'était pas une stratégie de régionalisation et donc il y avait des instructions iraniennes de ne pas se mobiliser d'une part et d'autre part ces groupes armés.

Ce qui est intéressant, c'est que depuis la fin de la guerre contre l'État islamique, depuis 2017, elles ont développé intensément des activités politiques et économique qui font qu'aujourd'hui elles ont accès à des ressources politiques, économiques, symboliques, matérielles, financières très importantes qui font que aucune d'entre elles n'avait envie de perdre l'ensemble de ses gains pour d'une aventure militaire pour la Palestine ou le Liban. Mais je vous coupe un instant, Robin Baum parce que vous répondez pas tout à fait à ma question. Qu'est-ce que cela signifiait entrer dans l'escalade de cette guerre ?

Qu'est-ce que l'État iraakien, les miles irakennes, vous allez nous le dire, pourrait faire pour être un peu plus impliqué dans cette guerre ? Partir en Iran armée concrètement, ça se traduirait comment ? Ah bah l'escalade, oui, l'escalade, ça pourrait être davantage de frappe.

Ça pourrait être effectivement une participation de ces groupes sur le sol iranien. Il y a toutes sortes de rumeurs selon lesquelles ces groupes pourraient être appelés par Teran pour pour protéger pour protéger des infrastructures en Iran. Pour ma part, je n'y crois qu'à moitié.

D'abord, enfin notamment parce que encore une fois ces groupes ont des intérêts enfin sont des acteurs iraakiens comme le disait Louis. C'est très et c'est un peu la critique académique qu'on fait souvent au terme de proxy qui donne l'impression que ce sont des marionnettes qui agissent sur ordre sur ordre iranien. Ce sont avant tout des acteurs iraakiens qui ont des intérêts politiques économiques en Irak et qui tout en étant effectivement allié, entraîné par les gardiens de la révolution euh se se démenont avant tout pour conserver leur place au sein de l'État iraquiens.

Même question Loulou Al Rachid, c'est quoi concrètement ce dont on parle ce risque évoqué par Emmanuel Macron, ce risque d'escalade ? Je je pense alors je suis entièrement d'accord avec Robin, je vois mal. Alors à moins d'une d'une vraie d'une d'une invasion américaine de l'Iran, je ne vois pas ces milices terrestres, une invasion terrestre, je ne vois pas trop ces milices s'impliquer.

D'autant plus que on a on a on a on a vu à quel point elles étaient extrêmement euh prudentes et réticentes à entrer dans dans l'embrasement régional après le 7 octobre 2023 et après la guerre la guerre des 12 jours de 2025. Elles elles elles ne se sont elles se sont montré montrées particulièrement prudentes et réticentes à euh à s'impliquer dans le conflit, réitérant leur respect de la souveraineté iraakienne, leur volonté de maintenir l'Irak à l'abri de de de cette de cette de cette déflagration régionale. Et surtout Robin l'a souligné, elles ont beaucoup à perdre dans dans un dans une implication de plus grande envergure dans cette guerre.

Elles elles ont aujourd'hui des fiefs économiques, elles ont des intérêts, elles sont bien implantées au sein du au cœur du pouvoir et elles ne voudraient pas remettre en mettre en péril tout cela. Donc ce qu'elles peuvent faire pour le moment, c'est elles ont une capacité de nuisance, je dirais. Elles peuvent harceler les elles peuvent elles peuvent menacer les intérêts américains en Irak.

Elles peuvent kidnapper des ressortissants étrangers et les monayer pour obtenir la libération de leurs propres détenus. euh elles peuvent euh elles peuvent effectivement contribuer à frapper les installations euh vitales des des monarchies du golf. Elles l'ont fait dans le passé.

À ce moment-là, elle pourrait se montrer euh extrêmement utile euh aux Iraniens pour euh pour finalement les seconder dans leur euh dans leur effort de guerre. Mais pour le moment, je les vois plus disons par des par des gesticulations, par des mesures, par des demi-mesures. En fait, participer à cet effort de guerre iranien tout en étant extrêmement prudente à ne pas faire basculer le pays dans dans la dans ce chaos régional.

On l'a dit, hein. Euh, les intérêts américains sont prioritairement visés par euh ces milices, par ses factions. Elles ont également euh tuer euh un homme, un militaire euh français, Arnaud Frion, le 13 mars dernier au Kurdistan euh iakien.

Pourquoi ces milices visent-elles également les intérêts français ? Robin Baumont ? Alors, alors euh c'est ces groupes, il faut des hommes français d'ailleurs au-delà.

Ouais, tout à fait. Euh sur une sur une base sur une base qui se trouvait au Kurdistan dans le nord euh dans le nord de l'Irak. Je pense que alors je je ne sais pas exactement quel était quel était le la l'approche tactique de ce groupe à ce moment-là.

Euh ce qu'on peut imaginer, l'hypothèse qu'on peut faire, c'est que ça entrait dans la dans la stratégie globale qui est également la stratégie iranienne à ce moment-là de régionalisation du conflit, c'est-à-dire de multiplier les pays victimes de la guerre pour qu'ils puissent plaider auprès de Washington la fin de la guerre. Mais vous venez nous dire, pardonnez-moi, que ces groupes n'étaient pas à la botte de l'Iran, qu'ils avaient une stratégie nationale ? Ah non, ils ont une stratégie nationale, ils sont aussi pleinement intégrés à l'axe de la résistance et et et prennent évidemment aussi des consignes.

Ils sont en coordination permanente avec avec les gardiens de la révolution et notamment la force coach qui est la force de projection extérieure des des gardiens de la révolution. Et donc enfin leur mobilisation depuis depuis depuis le mois de mars s'inscrit totalement dans cette dans cette stratégie. Donc voilà, si je devais faire une hypothèse, ce serait que voilà que que ce que cette frappe comme tant d'autres et notamment comme celles qui ont visé euh les monarchies du golf viser à euh à atteindre euh des pays alliés, partenaires des États-Unis pour plaider euh la fin de la guerre et augmenter le coût le le le nombre de partenaires des Américains qui souffrent de la guerre.

Même analyse euh Loulou Al Rachid, ses groupes ont par ailleurs mentionné le fait que la France permettait à son porte-avion euh le porte-avion euh Charles De Gaul d'accéder à cette mer et donc de participer au conflit. Ça a été euh un moment déclencheur, un point de bascule aussi dans la perception que ces groupes avaient des intérêts français dans la région. Je pense qu'il ne faut pas surestimer les capacités militaires de ces groupes de de ces groupes armés iraakiens.

Il participe de l'effort de guerre iranien incontestablement, que ce soit en envoyant en attaquant des cibles faciles, je dirais, à l'intérieur de l'Irak ou dans les pays voisins. Mais mais je je leur attitude est plutôt est plutôt c'est un soutien rhtorique en fait. il s'agit de il participe aussi à la propagande de guerre à à au récit iraakien de l'agression contre contre de l'agression de l'hégémonie impérialiste.

Donc ils font et puis il faut pas sous-estimer aussi leur adhésion idéologique à ce monde qui s'estime à juste titre parfois agressé par agressé par les États-Unis. Et encore une fois, rappelons le fait, n'oublions pas que c'est un pays qui a connu euh l'invasion américaine, qui a connu des bombardements américains, qui a vécu sous la coupe des des militaires américains. Donc c'est c'est eff et il faut pas sous rappelons aussi même si vos auditeurs le savent déjà, l'Iran est l'Irak est un pays majoritairement chite.

L'Irak est un pays qui a des liens extrêmement étroits avec l'Iran, avec la société irakienne, avec le des liens religieux et et et Robin est très bien placé pour en parler. Donc il y a aussi une sympathie euh d'une grande partie de l'opinion publique en Irak euh qui avec avec l'Iran qui qu'il perçoivent comme étant victime de cette agression israélo-américaine euh injustifiée euh et et le le le flou des objectifs de guerre américain euh le le changement quotidien de messages envoyés par Washington euh le ridicule aussi de de cette de cette guerre euh font que l'opinion publique en Irak ne peut que se sentir solidaire de des Ianiens sous les bombes américaines et israéliennes. Robin Baumont.

Oui, peut-être pour pour répondre plus finement à votre à votre question sur la la dialectique ou la tension euh qui traverse ces ces groupe entre leur allégance idéologique au modèle idéologique iranien et leurs intérêts iraakiens. On prend effectivement l'exemple de de cette frappe qui a tué un un militaire français, on peut noter que le groupe qui l'a à moitié revendiqué qui s'appelle Ashb Kahf est n'est précisément pas un groupe qui fait officiellement partie de la mobilisation populaire qui est ce cette coalescence de groupes armés qui font formellement partie de l'État iraquien. Donc c'est intéressant de constater que euh que c'est ce n'est pas un groupe c'est il fait euh ce ce groupe-là a précisément été créé pour comme paravant à un groupe armé qui euh voulait pouvoir conduire des opérations et ensuite s'en dédouiner et en refuser la responsabilité.

Donc c'est typiquement un groupe qui va conduire des opérations militaires typiquement contre des intérêts français et tuer un militaire français euh mais euh qui est distinct de groupes officiels qui vont pouvoir en nier la responsabilité. Donc il y a toujours ce jeu de leur part entre une allégance à à la République islamique d'Iran et à son modèle et en même temps une position qui leur permet aussi de de prendre leur distance et et de se présenter comme des acteurs pleinement iraakiens. Un autre jeu euh Loua Al Rachid qu'il faut éclaircir pour nous vous avez commencé à aborder, c'est une chose d'ailleurs complexe pour moi qui est tenté de préparer au mieux cette émission, c'est le lien justement qui unit ces groupes, ces factions, ses milices et l'État iraquien lui-même.

Un pied dehors, un pied dedans. On a le sentiment dans le même temps que l'État iraquin ne parvient pas à les à les à les à les organiser, à les à les canaliser. Voilà.

Comment comment là encore une fois décrypter cette cette relation complexe ? Alors avant de de décrypter cette relation complexe et l'ambiguïté de de ces groupes armés qui ont un pied dans le système et un pied contre le en dehors du système, je pense qu'il faut aussi relativiser ce qu'on appelle l'État iraakien. Aujourd'hui, en guise d'État iraakiens, nous avons ce que ce que j'appelle euh en plaisant à moitié, nous avons un régime sans tête.

Il y a une multiplicité de pôles de pouvoir en Irak. Il n'y a pas un seul acteur dominant. Et c'est je dirais la logique même de de l'invasion américaine qui a produit ça.

C'est le système politique mis en place par les Américains qui a produit un régime sans tête, un régime où il est impossible à un acteur de dominer les autres. Il est impossible de dégager une majorité parlementaire. Le système fonctionne selon une logique de coalition.

Vous ne pouvez pas aujourd'hui, il y a pas de d'acteur majoritaires en Irak. C'est l'objectif des Américains à l'époque était de protéger les Kurdes d'une éventuelle domination des Arabes. Donc ça s'appelle, on a appelé ça un système fédéral.

Mais le problème c'est qu'on a fédéralisé aussi toutes les autres composantes de cette entité iraakienne. Et on on se retrouve avec aujourd'hui des plusieurs leadership rivaux au sein de de du Kurdistan irakien. Dans le monde sunnite, il y a également des divisions et effectivement les chiites n'échappent pas à ces divisions internes où il y a une multiplicité d'acteurs.

Alors certains vont chercher des soutiens extérieurs pour s'imposer sur la scène nationale. Certains vont du vont aller à Washington chercher des soutiens. D'autres vont dans des capitales arabes et d'autres vont à Teran.

Ce n'est donc une impossibilité presque structurelle à dégager et du consensus et une forme de majorité quelconque. Absolument. Je dirais que c'est à peu près le même on a à peu près la même configuration qu'au Liban à la différence près que nous n'avons pas de esbola comme au Liban.

Nous avons une multiplicité de groupes armés qui sont loin d'avoir la force et l'enracinement local du esbola libanais et qui n'ont et qui n'ont pas de stratégie, pas de vision politique. Il ils sont impulsifs, ils réagissent au coup par coup. Des command, il y a des commandants qui échappent à tout contrôle.

Et je dirais que la le coût euh mortel que leur apporté les États-Unis, ce n'est pas aujourd'hui. C'est en 2020, en janvier 2020, lorsqu'ils ont éliminé par une attaque de drone Kassem Souleimani, le le le célèbre général iranien qui commandait les la force à le coach. Et également dans la même frappe a été éliminé Abou Mahdi Mohandes qui était un peu l'altère ego de de Souleimani côté irakien et qui était vraiment une figure charismatique, une figure capable de les tenir tous, de les faire de les de les de leur imposer une vision et une stratégie.

Alors qu'aujourd'hui, nous avons des acteurs qui échappent un peu à tout contrôle et qui réagissent de façon impulsive au gré des des derniers rebondissements sur euh sur sur euh sur le terrain. Alors, mais maintenant, qu'on comprend mieux euh ce qu'est ou non véritablement ce protoétat iraquien, euh Robin Baumonton, comment encore une fois euh comprendre cette dualité peut-être de ces milices, de ces factions irakennes, je leur dis un pied dans le système et un pied contre lui ? Oui.

Alors ça ça pas nouveau hein, effectivement ça date au moins de 2003. Alors pour donner un petit peu à vos auditeurs auditrices une idée de ce que c'est ce le ce le paysage de ce chisme politique armé, euh il y a toutes les plus anciens de ces groupes sont nés dans l'opposition à Saddam Hussein euh dans à depuis les années 80. C'était les bras armés de l'opposition euh à islamiste cheit à Saddam Hussein en Iran et donc étit créé en Iran comme et et et on sont revenus en Irak ou sont venus en Irak en 2003.

Vous avez des groupes comme ça euh dont certains dès 2003 investissent les forces de sécurité iraakienne. Il y a un groupe armé comme ça qui s'appelle Bader qui est créé dans les au début des années 80 en Iran qui jusqu'aujourd'hui constitue le gros des forces de sécurité intérieure de la police iakienne. Et il y a une partie de ces groupes qui ensuite qui qui qui se développe dans la lutte contre l'occupation américaine à partir de 2003.

Le l'autre grand moment, c'est à partir de de 2011-212 des groupes qui vont naître et se développer pour aller soutenir le régime de Bachar Alassad en Syrie. Et l'autre grand moment, c'est 2014, c'est la lutte contre l'État islamique et qui qui a qui a été l'opportunité pour un grand nombre de ces groupes de constituer une voilà de de s'agréger entre eux et de constituer ce qu'on appelait la mobilisation populaire qui est le parapluie institutionnel de d'un de beaucoup de ces groupes qui a permis leur légalisation et leur intégration progressive à les terraquiens. Ce qui fait qu'aujourd'hui dans le budget fédéral irakien, vous avez une ligne budgétaire qui finance ces groupes à hauteur de je crois c'est aujourd'hui 3 milliards et demi de dollars.

Et voilà. Donc ce ce chisme politique armé iakien, il a toujours eu deux jambes. Une jambe étatique institutionnelle et une jambe résistante pour prendre leur terme hors de l'État et parfois relié au même groupe.

C'estàdire vous êtes un groupe comme Kata Eb Hasbollah qui est qui est un des plus une des plus grandes factions armées en Irak aujourd'hui responsable de de d'un certain de beaucoup de frappes. Donc il a bien Hasbola en Irak. Oui absolument.

Katab Hazbola a des combattants enregistrés au sein de la mobilisation populaire. Donc ils sont payés par l'État iraakien. Donc c'est la 45e, 46e, 47e brigade de la mobilisation populaire et à côté a des combattants non enregistrés qui font partie de ce qu'on appelle la résistance islamique en Irak et qui eux sont responsables de voilà de de de qui font partie de l'axe de la résistance et pardon et je finis simplement là-dessus et et alors et ce qui évidemment les les la dimension institutionnelle permet au groupe de pouvoir de de se prévaloir d'une légitimité étatique et légaliste vis-à-vis de ce que de ce que font ces Ces combattantes non enregistré.

Je m'arrête un instant Louloua Al Rachid parce que depuis le début de l'émission dans mes questions, je mobilise le terme de de milice. Robin Baumont lui me répond à chaque fois avec les termes de groupe et de faction. Alors qui a raison ?

C'est lui j'imagine mais tout de même expliquez-nous. Deux deux incidents. Je je retiens deux incidents récents qui qui mettent le doigt sur cette ambiguïté.

Est-ce que Absolument alors ces milices donc depuis 2016 font il y a eu le Parlement iraakien a voté une loi qui en fait un un organe de sécurité officielle et donc comme Robin l'a très bien euh souligné ils sont financés par l'État par le budget de l'État. Deux incidents récents, une milice parmi cette ou un groupe armé parmi cette constellation de de groupe paramilitaire euh a envoyé un drone sur le QG des services de renseignement de l'État iakien et ont tué je crois un ou deux officiers du renseignement irakien puisque à leurs yeux le renseignement irakien est totalement noyoté par les Américains et n'obéit qu'aux ordres de la CIA. Donc c'était les Américains qu'ils attaquaient par euh ce truchement-là par par euh par Irakien interposé par donc d'autres d'autres compatriotes.

L'autre incident, une frappe américaine ou peut-être israélienne, on le sait pas, a frappé un une base une base militaire à Habania à l'ouest de à l'ouest de Bagdad. Dans cette frappe, 12 soldats iraakiens en uniforme de l'armée régulière iraakienne ont été tués en même temps que quelques euh quelques membres de des milices ou groupes paramilitaires pour la simple et bonne raison est que ces deux ces deux forces armées régulières et irrégulières si on veut être neutre partagent les mêmes sites parfois partagent les mêmes infrastructures militaires et comme Robin l'a très bien dit elles sont toutes les deux payées par l'État central par l'État iakien. Donc ça ça alors effectivement les appelés milices elles-mêmes refusent cette appellation parce qu'elles considèrent que c'est péjoratif et que ce n'est pas leur rendre justice que de les appeler que de les qualifier de milice puisque tout juste.

Oui. Alors si on veut reprendre la terminologie exacte, la façon dont elle se décrivent c'est le mot en arabe est fasa et ça veut dire faction. littéralement, ce sont des factions, des factions armées, mais elle refusent le mot milice parce que au même titre, pourquoi n'appelons-nous pas les pêchemmerga kurde ?

Pourquoi ne nous pourquoi personne ça ne viendrait à l'idée de personne surtout dans les capitales absolument de les qualifier de milice pourtant ce sont des formations armées qui parfois s'entretuent entre elles parfois se combattent entre elles et dont la légence remonte à des partis et dont la légence remonte à des individus ou à des clans particuliers mais nous ne les appelons pas milices. Donc finalement je ne veux pas défendre les milices mais il y a quand même il y a quand même un minimum de de neutralité à à observer. L'autre point euh de cette actualité iranienne, c'est la décision qui a été publicisée le 4 avril dernier dans la soirée par le régime iranien qui accepte désormais que l'Irak puisse vendre son pétrole, son énergie au-delà et malgré, j'allais dire la fermeture du D3 d'Ormouse.

Robin Baumont, comment cette question énergétique structure-t-elle par ailleurs ce conflit, la manière dont le conflit est perçu en Irak ? Alors pour l'Irak, c'est une question absolument essentielle. Je pense pas exagérer en disant que l'Irak est sans doute le pays qui souffre le plus économiquement de de la fermeture des D3 d'ormous.

Je crois c'est le deuxième exportateur de la région en matière de pétrole. Absolument. Et je crois que c'est celui que c'est le pays de l'OPEP qui a vu ses ses exportations le plus chutées.

Euh alors si je me trompe pas, vos vos auditeurs et auditrices vérifieront mais en février, l'Irak euh produisait 100 millions de barils jours. Euh 100 million enfin pendant le au mois de février, le le l'Irak a pardon exporté 100 millions de barils. Euh au mois de mars 18 millions.

Euh et pourquoi ? L'Irak dépend à 90 % des revenus tirés des hydrocarbures et 95 % de sa production était enfin 95 % de ses exportations passé par le D3 d'ormouse. Alors là depuis quelques semaines, il essaie de trouver des routes alternatives.

Donc on passe par le pipeline qui part de Kirkou vers vers la Turquie. Euh, on envoie aussi euh vers la via la Jordanie, via la Syrie, des euh des centaines de de camions, ce qui coûte extrêmement cher, mais euh c'est vraiment euh des solutions qui ne qui qui ne représentent qu'une fraction de ce que l'Irak euh peut et doit exporter. Euh de sorte que à la crise sécuritaire à laquelle s'est ajoutée une crise politique, s'ajoute désormais une crise économique qui pourrait déboucher sur une crise sociale.

Là, on approche de l'été. Historiquement, les grandes manifestations en Irak, elles arrivent en été quand il fait 50 55°grés, que les générateurs ne fonctionnent pas, qu'il n'y a plus d'électricité, que ça devient absolument invivable. Au rythme où l'on est, l'Irak ne pourrait plus payer ses salaires d'ici la mi-mi.

Les salaires y compris les salaires du coup des combattants dont on parlait à l'instant. Donc ça augure d'une situation absolument catastrophique qui qui voilà qui qui l'Irak vraiment est extrêmement dépendant de de la fermeture des tris d'ormous. Je suis allé chercher le chiffre pendant vos analyses.

Robin Baumont 3,3 millions de barils par jour qui pourraient retourner sur les marchés soit un peu plus de 3 % de la demande mondiale de pétrole. Louis Al Rachid. Alors oui, l'IRAC est un alors avant avant de rentrer dans dans le le le la logistique et le transport et la fermeture du D3 d'Ormous, l'Irak est est d'abord l'économie iraakienne est une économie très peu développée est une économie totalement dépendante des exportations de pétrole.

À plus les plus de 90 % des recettes de l'État iraquin proviennent de l'exportation de pétrole. Ce pétrole est essentiellement exporté via le D3 d'Ormous. L'Irak ne dispose pas d'alternatives euh sérieuses au D3 d'Ormous, même s'il y a des pipelines qui sont problématiques.

Euh parce que le pipeline qui va jusqu'à la Turquie traverse le territoire kurde dans le nord de l'Irak et c'est et c'est quelque chose qui fait l'objet d'une d'une dispute interminable depuis depuis des années entre Bagdad et Herb. Les camions citernes coûtent beaucoup plus cher via la Jordanie. Donc l'Irak n'a pas de d'alternative au D3 d'Ormous.

L'Irak n'a pas de grande capacité de stockage du pétrole. Donc l'Irak est en train de perdre beaucoup d'argent. Euh les chiffres qui ont été avancés seraient de l'ordre de de 7 milliards de dollars par euh par mois euh de perte de manque à gagner.

Ça pose un problème dans un pays où les 2/3 de la population dépendent de la de la fonction publique, dépendent du service public pour leur pour leur subsistence puisque c'est un pays où en dehors de l'État, il n'y a pas d'économie productive. Donc c'est c'est un c'est un problème essentiel. Je dirais que l'Irak est aussi victime d'un autre d'un autre d'une autre d'une autre asphyxie.

Il y a le D3 d'Ormous qui le prive de son de de la de la possibilité d'exporter son pétrole, mais il y a aussi la réserve fédérale de New York parce que les exportations de de pétrole irakien, les paiements se font directement sur un compte de la banque fédérale de New York. Et c'est là où les États-Unis disposent d'un levier extrêmement puissant sur l'ensemble des acteurs iraakiens, c'est-à-dire de fermer fermer les transferts, les virements euh de dollars, de devises de New York jusqu'à la banque centrale iraakienne. Ce qui est un ce qui est un élément de un moyen de pression considérable sur l'ensemble des acteurs iraakiens, miliciens, paramiliciens, paraétatique, étatique, quel qu'il soit.

C'est un c'est un c'est là le nerf de la guerre et il est entre les mains de Washington. Une mission Robin Baumont, je voulais qu'on en parle bien plus dans cette émission. On a été couru, rattrapé par le temps.

La place des Kurdes iraniens en Irak. Est-ce que justement l'Irak représente en quelques mots une base arrière pour ces curds iraniens qui pourraient éventuellement intervenir un jour au cas où une intervention au sol serait menée par les États-Unis ? L'Irak est une base arrière. l'est du Kurdistan iin près de la frontière iranienne est une base arrière de l'opposition kurde-iranienne depuis fort longtemps maintenant et et depuis quelques semaines au début de la guerre me semble-t-il l'idée a été un petit peu lancée comme cela par les Américains, y compris par les Israéliens de éventuellement appuyer ces ces ces oppositions kurdiraniennes présentes au Kurdistan irakien pour appuyer un un soulèvement en Iran.

Euh l'idée a je crois depuis été abandonnée euh notamment parce que les les hébergeurs de cette opposition kurdiranienne en Irak, les parti Kurdakiens ont bien conscience queils ont bien plus d'intérêt à préserver leur relation avec leurs avec Bagdad plutôt que de se lancer dans une aventure militaire qui euh avec des acteurs qui pour le coup ne ne sont pas en mesure de de changer le rapport de force en Iran aujourd'hui. Merci beaucoup à tous les deux de ces analyses, d'avoir mis euh la lumière sur euh un angle mort peut-être de ce conflit, la situation traversé par l'Irak. Robin Baumont, docteur en sciences politiques et directeur de recherche Moyen-Orient au centre d'analyse et de prévision des risques internationaux.

Louloua Alrachi, docteur en sciences politiques et cherche spécialisé sur l'Irak. Merci à vous deux et merci également à celles et ceux qui ont préparé cette émission et notamment Mathias Mégi, Stéphanie Villeneuve, Dianne de Vanacet, Antoineal à suivre après Yeah.

IRAK : MILICES, PÉTROLE ET CHAOS – L'ANGLE MORT DU CONFLIT AU MOYEN-ORIENT · Pourquijevote