Déplacement en Amérique Latine : la déclaration du Président Emmanuel Macron depuis Buenos Aires.
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- 1:30Emmanuel MacronFait
« La brigade de Anne-de-Kiev est en train de rejoindre le sol ukrainien pour y mener cette guerre de résistance. »
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Merci d'être là, en tout cas. Monsieur le Président, on imagine que vous avez parlé avec le président Milei du Mercosur. Les agriculteurs commencent à manifester en France.
Est-ce que vous pouvez leur garantir que vous serez en position de ne pas faire aboutir cet accord qui les inquiète ? Merci d'abord d'être là. En effet, j'ai effectué cette visite de travail, avant le G20 qui se tiendra au Brésil, pour m'arrêter ici et, pendant plusieurs heures, avoir des échanges approfondis avec le président Milei et plusieurs de ses ministres.
L'un des objectifs est évidemment la défense de nos intérêts économiques. Et donc, dans un premier temps, je suis venu ici pour défendre plusieurs contrats importants, qui permettent d'ailleurs d'accompagner l'Argentine dans son développement, mais également de défendre nos intérêts. En matière de métaux critiques, ou pour l'extraction du lithium, Eramet a des contrats et des investissements importants.
Et c'est pour nous important, parce que, vous le savez, le lithium est l'une des ressources dont nous avons besoin pour, dans la durée, produire des batteries électriques et plusieurs éléments clés de la transition énergétique. Ensuite, nous avons plusieurs entreprises qui ont confirmé récemment des investissements. Et puis, en matière de défense, nous avons des contrats qui sont en train d'avancer, les hauts patrouilleurs en particulier.
Nous avons évoqué plusieurs autres contrats qui seront finalisés. Et donc défense de l'industrie française, des intérêts français, lors de cette visite, qui a été fructueuse, en particulier en matière d'extraction et en matière de transition énergétique et de défense. J'ai également dit de manière très sincère et très claire au président argentin que la France, aujourd'hui, ne signerait pas en l'état ce traité Mercosur.
Je le dis depuis plusieurs années. Cela a été répété par le gouvernement, comme par tous les gouvernements précédents. Et cette fermeté que nous avons, elle est simple, c'est que nous ne croyons pas au pré-accord tel qu'il a été négocié.
D'abord parce qu'il vient de très loin, ensuite parce qu'il ne prend pas en compte toutes les évolutions que nous avons faites nous-même sur nos propres marchés, et comme je le lui ai dit, pour l'Argentine, il serait très mauvais pour sa réindustrialisation, et pour nous, il serait très mauvais pour notre agriculture. Et je vais être simple, nous ne pouvons pas demander à nos agriculteurs, en Europe, les agriculteurs français, mais c'est vrai pour tous les agriculteurs européens, de changer leurs pratiques, de se passer de certains produits phytosanitaires, d'avoir ce qui est notre fierté, une agriculture qui est de grande qualité, et en même temps d'ouvrir une agriculture qui est de grande qualité, et en même temps d'ouvrir notre marché à des importations massives de produits qui ne respecteraient pas les mêmes critères. C'est exactement, d'ailleurs, ce que nous avons défendu il y a plusieurs années, lorsque nous avons finalisé une négociation avec le Canada et qu'on a mis des mesures qui ont empêché de faire rentrer le bœuf, lorsqu'il utilisait certains produits, en particulier les hormones ou les produits antibiotiques.
Ça a marché. Ce qui fait d'ailleurs que l'accord qui est d'ores et déjà appliqué avec le Canada est très favorable à notre agriculture. Ces garanties, nous ne les avons pas aujourd'hui avec le Mercosur.
Donc oui, la France s'oppose à cet accord. Et je vais vous dire, le président Milei m'a dit lui-même qu'il n'était pas satisfait de cet accord et qu'il n'était pas satisfait du fonctionnement actuel du Mercosur, ce qui est un des points sur lequel nous avons convergé. Donc, je pense que je sors de ces entretiens avec la conviction que nous n'y sommes pas.
Et donc je veux ici rassurer nos agriculteurs. Et vous dites : "on ne signera pas". Mais le problème, c'est que l'Europe est capable de signer sans la France.
D'abord, j'ai l'Argentine qui dit qu'elle n'est pas contente de l'accord, elle-même. Pour des raisons opposées, ce qui vous montre qu'on n'en est pas à un accord. Si chacun demande plus de chaque côté, ça vous montre bien que nous ne sommes pas à un accord.
Ensuite, je vais être très clair, la position que la France, depuis plusieurs années, occupe a permis, toutes ces années, ça fait sept ans que je m'oppose à ce traité, et j'en parle à nos agriculteurs les yeux dans les yeux. Est-ce que, depuis que je suis président, je n'ai pas tenu mes engagements ? Jamais.
Lorsqu'on a signé avec le Canada, on a obtenu des garanties. Je vous ai dit : "cet accord sera bon pour vous". Cinq ans après la mise en application provisoire de l'accord avec le Canada, il est bon pour l'agriculture française, contrairement à ce que tous les mensonges qui circulent peuvent dire, c'est-à-dire qu'on exporte plus de lait, plus de fromage vers le Canada, et beaucoup d'autres produits agricoles, et que ce qu'on nous décrivait comme l'invasion d'une viande qui n'avait pas les mêmes critères à l'arrivée, n'est pas arrivé, parce qu'on avait mis des garanties.
Et là, je vous le dis, ces garanties, aujourd'hui, elles n'y sont pas sur le Mercosur. C'est pour cela que nous allons continuer de nous opposer. D'abord, je constate qu'il y a plusieurs pays au sein du Mercosur qui ne sont pas satisfaits de cet accord.
Et ensuite, il y a plusieurs autres pays européens qui ne sont pas satisfaits. Donc, on va continuer de travailler fermement pour défendre notre modèle. Et pourquoi ?
Parce que je suis cohérent. Quand je m'exprimais devant les Françaises et les Français au printemps 2020, en plein Covid, en disant : "nous serions fous de déléguer notre alimentation à d'autres, et la souveraineté alimentaire a un sens". C'est-à-dire qu'on veut pouvoir produire en européens et en particulier en Français, ce qui est important pour nous, notre alimentation.
C'est vrai aujourd'hui, et donc je ne veux pas qu'on cède de notre souveraineté alimentaire. Et l'agriculture française et européenne n'est pas un facteur d'ajustement à de mauvais accords. Monsieur le Président, est-ce que vous pouvez résister seul, alors que d'autres pays d'Europe...
Non, il ne faut pas être seuls, vous avez raison. Il ne faut pas être seuls. Il faut avoir ce travail de conviction, mais il faut aussi éviter les caricatures.
Là, on considère que le Mercosur, en l'état, est un mauvais accord. On s'y oppose. Après, le commerce en général est bon pour l'agriculture française.
Je rappelle quand même en même temps que la France, qui a un déficit commercial que nous cherchons à améliorer par toutes les réformes qu'on a faites depuis sept ans, pour être plus compétitifs, pour réindustrialiser, ce déficit est dur en négatif, du fait qu'on est très dépendants de notre énergie. C'est pour ça qu'on fait cette transition, pour moins importer d'hydrocarbures qu'on ne produit pas chez nous. Mais on a deux ou trois grands postes où on est bons à l'export : l'aéronautique, le luxe et l'agroalimentaire.
Il ne faut jamais l'oublier. Donc notre agriculture française, il ne faut pas non plus qu'on ait l'image qu'elle devrait être fermée. Elle doit être ouverte.
Et donc il est normal qu'on importe des produits qu'on ne produit pas chez nous, parce qu'on veut en exporter, aussi, et que nos producteurs de blé, que nos producteurs de raisins, et derrière nos viticulteurs, sont très heureux d'avoir des marchés à l'export, qui sont l'essentiel parfois de leurs débouchés. Donc on est pour une agriculture ouverte, mais pour des contrats commerciaux qui soient justes. Et donc, ce qu'il est très important de comprendre, c'est que nous défendons le commerce international, nous défendons le modèle agricole français, qui est de très grande qualité, et qui est en train de faire sa transition avec beaucoup d'efforts, qu'on défend son ouverture, mais qu'on veut pour nos producteurs que les règles soient justes et donc qu'il y ait une concurrence équitable.
Et donc quand on demande qu'on se passe de certains produits phytosanitaires, qu'on respecte des règles, ce qui est un effort qu'on demande à nos producteurs, on demande la même chose à ceux qui viennent importer sur notre marché. C'est juste et c'est de bon sens. Pensez-vous que l'Europe puisse piétiner la voix de la France, qui est un pays fondateur ?
Je ne le crois pas. Je ne le crois pas. Et je reconnais à la présidente Von der Leyen un très grand respect de la parole de la France, de notre position.
Et donc je dis juste : voilà, ce qu'on veut, c'est qu'il y ait des règles justes. Elles ne sont pas justes dans l'accord tel qu'il est. Et donc on va continuer de travailler avec tout le monde.
Moi, je pense que le bon cadre, avec cette région, qui est très importante stratégiquement pour nous, l'Argentine, le Chili, avec lequel nous avons fait un accord, qui lui, est juste, c'est pour cela que nous l'avons soutenu, mais l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay, la Bolivie, donc tous les pays qui constituent le Mercosur, qu'est-ce qu'on a besoin de faire ? D'avoir un accord qui définit un bon cadre d'investissements, qui ouvre certains domaines où on a des intérêts, qui permette d'avoir des partenariats sur des matériaux critiques, mais on ne doit pas sacrifier l'agriculture européenne. C'est cela qu'on dit.
Si on est raisonnables, tous, il y a un chemin possible, mais il ne se fera pas au détriment de nos agriculteurs. Après, vous savez, les difficultés que vivent nos agriculteurs aujourd'hui n'ont rien à voir avec le Mercosur, puisqu'il n'est même pas signé. Elles sont liées à des difficultés, secteur par secteur, qui sont liées aux épizooties.
Et là-dessus, le gouvernement accompagne, comme tous les gouvernements précédents, les agriculteurs, pour justement qu'ils soient indemnisés, qu'on puisse vacciner. Cette colère s'explique par des récoltes qui ont été très mauvaises, conséquences du dérèglement climatique et d'un modèle, dans certaines régions, qu'il faut revoir, une réglementation trop importante, c'est pour ça qu'il y a tout un plan qui a été fait en début d'année par le gouvernement de Monsieur Attal, qui a été déroulé et mis en œuvre tout au long de l'année, et qui d'ailleurs continue à être mis en œuvre par le gouvernement de Monsieur Barnier. Donc tous les engagements pris par les gouvernements successifs ont été tenus, et je salue leur engagement.
Et il permet de simplifier la vie de nos agriculteurs. Ils veulent quoi ? Qu'on les aide face aux épizooties, qu'on les aide face aux conséquences du changement climatique, qu'on simplifie leur vie, qu'on garde une Europe forte, parce que sans l'Europe, on n'a pas de modèle agricole, qu'on leur permette d'avoir un commerce, d'exporter et d'importer, mais qu'on le fasse en les protégeant, lorsque c'est inéquitable.
C'est ce qu'on fait avec le Mercosur. Donc on est à chaque fois au rendez-vous avec nos paysans, parce qu'on croit à la souveraineté alimentaire française. Mais aujourd'hui, leurs difficultés ne sont pas liées non plus au Mercosur.
Monsieur le Président, il y a beaucoup de spéculations sur une possible sortie de l'Argentine, de l'Accord de Paris sur le Climat. Leurs négociateurs ont quitté la COP 29, à Baku. Est-ce que vous avez eu des gages en ce sens ?
Est-ce que vous avez pu convaincre le président Milei ? Non, nous avons des accords et des désaccords, nous le savons. Ce n'est pas une surprise.
Il ne m'a pas confirmé pour autant ces choix de sortie de l'Accord de Paris, mais nous n'avons pas la même vision des choses sur le climat, avec le président Milei. J'ai expliqué en détail pourquoi nous, nous considérions qu'en matière de climat et de biodiversité, il était absolument indispensable d'avancer et d'avoir une coordination internationale, que d'ailleurs la politique que nous mettions en œuvre dans le cadre de l'Accord de Paris, en France, elle produisait des résultats, elle permettait de créer de l'innovation, de créer des emplois et de baisser nos émissions. Et c'est ces dernières années, alors même que nous avons créé plus de 2 millions d'emplois marchands en France, que nous avons réindustrialisé, en créant en net plus de 300 usines, eh bien elle nous a permis de faire plus que multiplier par quatre la baisse de nos émissions de CO2.
Quand en 2017, nous diminuions de 1 % nos émissions de CO2, on les diminue de 4,3 ou 4,5 %, ces deux dernières années. On peut avoir des résultats et ce n'est pas vrai de dire que l'engagement climatique est décroissant. Donc voilà, nous avons eu un débat, mais nous ne sommes pas d'accord.
Pour autant, la France continuera de s'engager avec l'Europe, avec ses grands partenaires, pour continuer d'aller sur ce chemin, parce que c'est celui dont notre planète a besoin. C'est celui qui nous permet d'avoir des modèles de développement harmonieux, et c'est aussi la dette qu'on a à l'égard des générations à venir. Donc la sortie de l'Argentine est toujours un risque.
C'est évidemment quelque chose qui n'est pas dans la main de la France. Donc je ne vais pas postuler pour autrui. Sur l'Ukraine, Monsieur le Président, votre homologue, Monsieur Schloz, le chancelier allemand, a parlé à Poutine vendredi dernier.
Zelensky a dit que c'était ouvrir la boîte de Pandore. Est-ce que vous êtes du même avis que Monsieur Zelensky ou est-ce que vous jugez que parler à Poutine en ce moment, ça peut être utile ? Je pense surtout qu'aujourd'hui, l'Ukraine a subi une attaque qui est l'une des plus intenses depuis le début du conflit.
Donc j'ai évidemment d'abord une pensée pour le peuple ukrainien, pour ses armées et ses dirigeants. Et je veux redire que dans le contexte, je crois qu'il est clair que les intentions du président Poutine sont d'intensifier ces combats. On le voit depuis plusieurs semaines.
Et donc dans ce contexte, nous, nous devons tenir nos engagements à l'égard des Ukrainiens, c'est-à-dire leur permettre de mener cette guerre de résistance, livrer des armes et des équipements, faire comme nous venons de le faire. Et les soldats sont en train de quitter le territoire français. Nous avons formé et équipé une brigade.
Ce sont les engagements que j'avais pris en février dernier à Paris. La brigade de Anne-de-Kiev est en train de rejoindre le sol ukrainien pour y mener cette guerre de résistance et permettre d'avoir les équipements dont l'Ukraine a besoin pour résister. Et ensuite, dans des termes qui seront à déterminer par les Ukrainiens, respectueux du droit international, il faudra qu'une paix durable soit négociée, c'est-à-dire une paix qui permette de régler les questions territoriales, mais aussi de garanties de sécurité et d'une Ukraine qui puisse durer longtemps.
Et je crois qu'aujourd'hui, si on a besoin de savoir quelles sont les intentions de Monsieur Poutine, ce qu'il vient de faire sur le terrain, les signes, clairement, quelles que soient ses déclarations, il ne veut pas la paix et n'est pas prêt à la négocier. Et je crois que notre devoir à tous, c'est véritablement de pousser la Russie à cesser le combat, pour négocier la paix selon des termes respectueux du droit international. Mais vous savez, je ne suis pas là pour commenter.
Je pense que chaque dirigeant est totalement libre de prendre des initiatives. C'est toujours une bonne chose de prendre des initiatives, de pouvoir discuter les uns avec les autres, et puis de se coordonner. Je ne suis pas là pour commenter les uns et les autres.
On doit rester unis. Moi, je veux qu'on reste avec le Premier ministre britannique, le chancelier allemand, l'ensemble des dirigeants européens, mais aussi tous les dirigeants du monde qui sont avec nous. On doit rester unis avec les Ukrainiens, et dans cet agenda de véritable paix, c'est-à-dire une paix qui ne soit pas la capitulation de l'Ukraine.
Tous les commentaires qui nous divisent sont sont malvenus. Et vous, vous souhaitez parler à Monsieur Poutine, à nouveau aussi ? Je n'ai jamais exclu ça, je l'ai longtemps fait, mais quand le contexte et les conditions s'y prêteront.
Avec ce qui se passe aujourd'hui, il faut d'abord équiper, soutenir et permettre à l'Ukraine de résister. C'est la clé des prochains jours et des prochaines semaines. Vous allez voir Monsieur Scholz ?
Je vais le retrouver tout à l'heure, donc on aura l'occasion de se parler. Pour vous, le contexte n'est pas favorable pour l'instant ? Je ne ferai pas de commentaires sur ce qui est fait.
Moi je considère que l'agenda est clair sur ce qu'on doit faire et puis il nous faut préparer aussi évidemment la suite. C'est-à-dire qu'il est absolument indispensable de donner de la visibilité aux Ukrainiens sur les garanties de sécurité et de soutien. Ils nous ont posé des questions très claires : est-ce que vous êtes prêts à ce qu'on soit invité permanent de l'OTAN ?
Est-ce que vous êtes prêts à ce qu'on rentre dans l'OTAN ? Quelles garanties de sécurité vous êtes prêts à nous apporter ? C'est ça que nous devons travailler ensemble, pour aujourd'hui et pour demain.
Ce sera discuté au G20, finalement ? Vous savez, ce sera discuté au G20, tout comme la situation au Proche-Orient, et évidemment à Gaza, au Sud-Liban, tout comme tous les sujets, mais nous savons, et je le dis aussi pour rappeler le cadre, parce qu'on a tendance à l'oublier, le G20 c'est la réunion des 20 principales économies mondiales, qui a été réveillée d'un très long sommeil au moment de la crise financière de 2008. Et donc ce sont des pays qui sont là pour se coordonner, essentiellement en termes économiques, de régulation financière et des grandes questions qui touchent au commerce et aux équilibres internationaux, mais nous savons que ces 20 pays ne sont pas affinitaires, toujours en termes de valeurs ou d'agenda diplomatique.
Et donc je pense qu'il faut qu'on sorte d'une espèce de chorégraphie permanente où, avant chaque G20, on se dit : "c'est terrible, ils ne sont pas d'accord sur l'Ukraine. C'est terrible, ils ne sont pas d'accord". On ne va pas être d'accord sur l'Ukraine.
Dans le G20, il y a la Russie. "C'est terrible, ils ne sont pas d'accord sur Israël, la Palestine". "C'est terrible, ils ne sont pas d'accord sur les droits de l'homme, l'égalité femmes, hommes ou ceci ou cela".
Oui, parce que d'ailleurs ça n'a pas été conçu comme cela. Autant le G7 est un groupe de pays de démocraties, qui constituent les principales économies, et sont affinitaires en termes de valeurs, autant le G20, non. Vous avez des régimes très différents.
Vous avez les monarchies du Golfe, vous avez la Chine. Bon ! Donc on ne va pas réinventer le fil à couper le beurre.
C'est tout à fait vrai, parce que vous avez des moments où aussi il y a des dirigeants qui changent. Mais vous savez, par nature, que ces pays...
Alors, le langage qui a été tenu il y a deux ans, vous considériez qu'il n'allait pas assez loin, sur l'Ukraine, et il allait beaucoup moins loin que ce qu'on faisait en G7, ou en Européens, bien évidemment. Et donc là, le travail de nos équipes, c'est de, comme on dit, préserver le langage, c'est-à-dire faire en sorte qu'au moins ce qui a été défini comme désaccords reste. Mais ce n'est pas l'objectif premier du G20.
L'objectif, c'est d'avoir cette coordination sur ces sujets, et après, c'est une opportunité de discuter des autres sujets. Et c'est pour ça qu'il faut accepter de discuter, et parfois de partager des désaccords. Et c'est l'utilité aussi de ces forums, parce que quand on discute, y compris de ces désaccords, on évite d'accroître ces derniers et on évite d'aller vers une escalade.
Et rien que pour cela, ça a une vertu. Voilà. Et donc ce que je veux dire par là, c'est qu'il ne faut pas voir le résultat de ces forums simplement aux communiqués, mais par la discussion et la compréhension des accords et des désaccords, il y a un chemin.
Et c'est d'ailleurs le chemin même de la diplomatie. La diplomatie, c'est parler avec des gens avec qui on n'est pas d'accord, voire des gens avec qui on est en guerre. Sinon, on parle contre soi.
Et donc ça nous permet d'avancer. Voilà, je vais maintenant aller au Brésil. À tout à l'heure.
Merci beaucoup.
Emmanuel Macron