NOTRE PAYS EST DANS UNE SORTE DE CHAOS POLITIQUE - S. CHENU
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:13FerméeÉludée
Est-ce que vous nous confirmez l'échange entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron ?
- 2:16OuverteRéponse directe
Vous avez discuté avec Xavier Bertrand, ça ne s'est pas bien passé ?
- 3:04RelanceRéponse partielle
Est-ce qu'il y a un bloc sur LR ou uniquement sur Xavier Bertrand ?
- 5:34OuverteRéponse directe
Est-ce que le choix qui pourrait vous satisfaire est issu des rangs de LR ?
- 6:12RelanceRéponse directe
Citez-nous deux, trois noms de personnalités qui se comportent bien.
- 7:30OuverteRéponse directe
Dans quelle mesure la proportionnelle pèse dans la balance ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51Invité politiquePromesse
« Nous déposerons ou voterions une motion de censure immédiate face à un Premier ministre issu du nouveau Front populaire. »
- 3:44Invité politiqueFait
« Les franchises médicales, les fermetures de lits, la tarification à l'acte, ça, c'était lorsqu'il était ministre de la Santé. »
- 5:06Invité politiqueFait
« Proche-emploi. Il a créé une structure qui s'appelle dans le Nord Proche-emploi. Un échec total qui a coûté énormément d'argent. »
- 6:40Invité politiquePromesse
« Ce serait quelqu'un qui aurait la lucidité de s'attaquer réellement à l'immigration, à l'insécurité, au soutien du pouvoir d'achat des Français. »
- 7:03Invité politiquePromesse
« Il faut revoir les accords de 68 avec l'Algérie. »
- 19:02Invité politiqueChiffre
« Il faut faire 100 milliards d'économies. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu74 %
- Présentateur12 %
- Locuteur non identifié5 %
- Locuteur non identifié 25 %
- Locuteur non identifié 33 %
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Merci d'avoir choisi LCI ce matin face aux experts aujourd'hui. Sébastien Chenu, bonjour monsieur le député. Bonjour monsieur. Vous êtes membre du Rassemblement National, donc vous êtes également vice-président. Information TF1 LCI, hier soir, Marine Le Pen aurait à nouveau échangé avec Emmanuel Macron. Est-ce que vous nous le confirmez ?
Bon, ce n'est pas à moi de vous confirmer un échange entre le président de la République et Marine Le Pen, la présidente du groupe parlementaire, du premier groupe d'ailleurs parlementaire de l'Assemblée Nationale. Mais en tous les cas, si tel est le cas, si le président de la République a souhaité échanger avec Marine Le Pen, Marine Le Pen lui aura répété ce qu'elle lui a déjà dit. Je note d'ailleurs que je crois que le président de la République a consulté, au moment où nous nous parlons, 39 personnes différentes pour aujourd'hui en être toujours à peu près au même point. Donc Marine Le Pen lui aura répété ce que nous lui disons.
Nous déposerons ou voterions une motion de censure immédiate face à un Premier ministre issu du nouveau Front populaire parce que nous en connaissons le programme et que nous y sommes hostiles. Donc ça, quelle que soit son identité ou son courant politique ?
Alors, face à un Premier ministre issu du nouveau Front populaire, face à un Premier ministre qui serait Bernard Cazeneuve ou Xavier Bertrand, pour les raisons qu'on connaît, Cazeneuve parce que c'est la reproduction des années Hollande et on sait ce qu'il a fait, Xavier Bertrand parce qu'effectivement, que ce soit en termes de résultats nationaux lorsqu'il était ministre régionaux en tant que président de région ou par son comportement, représente à peu près ce qu'il y a de pire en politique.
C'est votre adversaire politique dans le Nord, pour que les gens comprennent bien aussi peut-être d'où vous parlez ce matin.
Ce n'est pas une histoire d'ailleurs personnelle, je le connais fort bien depuis très longtemps, mais c'est quelqu'un dont le comportement politique, au-delà de ne représenter d'ailleurs que lui-même, il n'a pas été choisi par les Républicains, par sa propre famille politique, lorsqu'il l'avait quitté puis rejoint puis requitté, on ne sait plus très bien, pour en devenir le candidat, il n'avait pas été choisi. C'est quelqu'un qui a aussi eu quand même des faiblesses, on va dire, vis-à-vis de l'islam politique. Moi, je l'ai vu dans le Nord avec le lycée Averroès qui est longtemps financé.
Bref, sur ces trois options, Marine Le Pen dit que ce n'est pas possible, nous déposerions ou voterions immédiatement une motion de censure. Pour le reste, on aura bien un Premier ministre et nous regarderons quel est le discours de ce Premier ministre. Et nous avons quelques exigences, quelques conditions pour ne pas le censurer immédiatement.
Si on revient à Xavier Bertrand, il y a un veto net sur Xavier Bertrand, de ce qu'on comprend. On peut lire, notamment ce matin dans Politico, que vous avez discuté, vous, avec Xavier Bertrand, que ça ne s'est pas très bien passé. Vous confirmez ça ?
Non, pas du tout. En fait, je lui ai fait un petit SMS hier à Xavier Bertrand pour lui dire d'arrêter de propager ce genre de rumeurs. C'est une espèce de mythomanie XXL de Xavier Bertrand qui, en fait, pour essayer d'être nommé, dit qu'il a reçu des assurances du Rassemblement National qu'on ne s'opposerait pas à lui. J'ai bien redit qu'il serait le premier sur la liste à qui on s'opposerait. Et qui dit, dans la même façon, et j'ai vu qu'Olivier Faure avait réagi de la même façon, que, côté du groupe socialiste, il arriverait à décrocher des soutiens. Olivier Faure lui a rappelé que non, non, il serait bien.
Donc, si vous voulez, c'est le coup de bluff de l'agent d'assurance qui essaye de faire croire à Emmanuel Macron pour être nommé un peu au forcing, que, en fait, tout le monde sera bienveillant à son endroit. Pas du tout. Nous nous opposerons prioritairement à Xavier Bertrand. Il y a cette espèce de mythomanie assez malvenue, il faut bien le dire.
— Donc, vous dites prioritairement à Xavier Bertrand, mais est-ce que ça pourrait être un autre Premier ministre issu de LR ? Est-ce qu'il y a un bloc sur LR ou uniquement sur Xavier Bertrand ?
— Non. Après, c'est pas des histoires d'hommes ou d'étiquettes. On sait bien que le Premier ministre qui serait...
— Vous venez de dire le contraire. — Non. — Vous venez de dire Xavier Bertrand, c'est un point de fixation.
Si c'est pas une histoire d'hommes, expliquez-moi ce que c'est. — Non, mais parce que Xavier Bertrand, on connaît son discours. Je viens de vous expliquer. On connaît son positionnement politique. On connaît son bilan. On connaît son action.
— C'est irratrapable, Xavier Bertrand, pour vous ?
— Oui. Enfin, ce sera immédiatement... — Mais oui. Écoutez, moi, j'ai repris tout ce que Xavier Bertrand avait fait nationalement lorsqu'il était ministre de la Santé. — Ça commence à dater, quand même. — Oui, d'accord. Mais enfin, on juge un homme sur ce qu'il a fait publiquement. Les franchises médicales, les fermetures de lits, la tarification à l'acte, ça, c'était lorsqu'il était ministre de la Santé. Dans le Nord, je vous ai parlé du financement d'un certain nombre de structures islamistes, comme le lycée Averroès, pendant des années. — C'est très marginal, monsieur. — Non, c'est pas du tout marginal, monsieur. Ça donne exactement la couleur politique de l'individu.
Ça dit exactement ce qu'un individu...
— Ça vous renseignera sa politique de réindustrialisation en plus que du lycée Averroès. Pardon.
— Je suis désolé. Par les journalistes, en tout cas. — J'aimerais que la région des Hauts-de-France soit, par exemple, attractive. Nous sommes la région la moins attractive.
— Non, mais pas pour les investisseurs. Regardez. On construit des usines partout dans le Nord, aujourd'hui.
— C'est pas lié à Xavier Bertrand. C'était d'ailleurs lié à l'action de l'État. Et nous, nous avons... — Il y a participé. Non mais... — Non mais... Je veux dire, vous pouvez vous faire l'avocat d'Xavier Bertrand. — J'essaie d'être l'avocat des faits. — Nous, on le voit sur le terrain. On sait que c'est quelqu'un qui, en réalité, n'a pas de colonne vertébrale. Et on l'a bien vu. Un coup, il était chez les Républicains. Un coup, il était en dehors. C'est quelqu'un qui roule pour lui, Xavier Bertrand. Donc ça, c'est immédiable.
— C'est quelqu'un qui est économique aussi. C'est un gaulliste social qui s'est parlé aux couches populaires dans ses discours. C'est ce qu'il revendique, en tout cas. Est-ce que ça pourrait pas satisfaire... — C'est pas du tout un gaulliste social. C'est un homme de communication. — Il part de vos électeurs.
— Vous répétez des aimants de langage qu'Xavier Bertrand utilise à son propre intérêt. C'est pas un gaulliste social. C'est un homme de communication. Je vous donne un exemple. Proche-emploi. Il a créé une structure qui s'appelle dans le Nord Proche-emploi. Un échec total qui a coûté énormément d'argent aux habitants des Hauts-de-France pour ne pas ramener d'habitants vers l'emploi. Forcément, il y a déjà des structures qui existent dans notre pays, heureusement, et on peut s'en satisfaire. Donc si vous voulez, c'est un homme de communication qui se fait passer pour un gaulliste social. Mais en réalité, il n'y a pas de résultat. — M.
Chenu, on va clore le dossier à Xavier Bertrand, parce que je pense que vous l'avez rhabillé pour la saison qui s'ouvre.
— Je voudrais comprendre quel choix pourrait satisfaire le Rassemblement national, puisque, a priori, Marine Le Pen a à nouveau échangé avec le président de la République hier. Donc est-ce que le choix qui pourrait vous satisfaire... Vous allez pas me dire quelqu'un de gauche. Ce serait très étonnant. Est-ce que c'est donc quelqu'un, je reprends la question de ceci, issu des rangs de LR ?
— Alors c'est pas... Et c'est là où c'est pas une histoire de parti politique, puisque nous savons que le prochain Premier ministre ne sera pas issu de nos rangs. Donc on va pas se dire tout ce qui n'est pas issu de nos rangs, nous le censurions, nous allons le censurer immédiatement. C'est quelqu'un ou un Premier ministre qui s'engagerait, j'allais dire, sur plusieurs choses. D'abord, qui respecterait les oppositions, en tous les cas la première opposition qu'est le Rassemblement national. Il y a des gens qui se comportent bien dans la vie politique, tout en ayant des options différentes. Je note que c'était pas le cas de Xavier Bertrand. — Mais qui se comporte bien, par exemple ?
— Il y a des tas de gens dans la vie politique qui... — Citez-nous deux, trois noms. — Je vais vous donner un nom. Jean-Louis Borloo est par exemple quelqu'un avec qui on a des vraies différences d'approche, c'est le moins qu'on puisse dire, qui est un homme qui se comporte bien. Ça ne veut pas dire que valide... — David Lissnard aussi ? — Probablement. C'est quelqu'un qui sert... — Jean-François Copé ? — On s'éloigne. Mais je vais pas jouer à ça. Mais ce que je veux dire, c'est que voilà, vous avez cité des noms, ce sont des gens qui respectent leur opposition tout en ayant des vraies différences.
Ce serait quelqu'un qui aurait la lucidité de s'attaquer réellement à l'immigration, à l'insécurité, au soutien du pouvoir d'achat des Français. Je vous donne effectivement ces exemples parce que tout à l'heure, et peut-être on reviendra sur la candidature d'Edouard Philippe, mais des gens qui nous disent lorsqu'ils ne sont plus au pouvoir « Ah, il faut revoir les accords de 68 avec l'Algérie », c'est très bien. Mais enfin, c'est quand on est au pouvoir qu'il faut avoir la lucidité de s'attaquer à ces sujets-là. Donc quelqu'un qui serait OK pour appliquer des grands pans du programme du RN ?
Non, pour s'attaquer à ces sujets-là, pour ouvrir ces dossiers-là qui, à notre goût, n'ont pas été ouverts. Et puis, qui ouvrirait, parce qu'il faudra bien sortir de ce chaos politique instauré par Emmanuel Macron, créé par Emmanuel Macron, avec ses désistements en faveur du nouveau Front populaire, et inversement, c'est quelqu'un qui ouvrira le dossier de la proportionnelle.
Alors justement, dans quelle mesure...
Par exemple, François Bayrou est quelqu'un qui ouvrirait le dossier de la proportionnelle.
M. Chenu, dans quelle mesure est-ce que cet élément-là pèse dans la balance ? Dans quelle mesure est-ce que le RN dit à Emmanuel Macron, si la proportionnelle est votée là, si vous le mettez en place, nous sommes prêts à céder sur ça, ça, ça, ça, ça ?
C'est un élément essentiel, pourquoi ? Parce que c'est un élément de déblocage de la situation. La situation, on l'a bien vu, je viens de l'expliquer, est bloquée du fait de la grande stratégie d'Emmanuel Macron. Vous vous rappelez cette belle citation du film Le Dîner de Con. Ce qui m'inquiète, c'est pas la stratégie, c'est le stratège. Et là, on peut effectivement considérer que le stratège d'Emmanuel Macron a plongé notre pays dans une sorte de chaos politique. Donc, il faut en sortir. En sortir comment ? On voit bien que c'est une année dans laquelle, puisqu'il y a trois grands blocs à l'Assemblée nationale, il sera très difficile de faire passer des grandes réformes.
Peut-être quelques réformes. Donc, il faut la proportionner.
Mais ça veut dire que vous êtes prêts à céder sur d'autres pans, si vous avez ça ?
C'est pas céder sur d'autres pans. On est réalistes sur la situation politique. On ne va pas réussir à faire passer nos textes. En tout cas, pas tous nos textes. Nous, on va proposer, par exemple, la brogation, la réforme des retraites au mois d'octobre. On verra ce qu'il en est. Peut-être que là, il y a une majorité dans l'Assemblée nationale. Mais évidemment, je pense qu'on ne pourra pas faire passer l'ensemble de nos textes. Et c'est valable pour les autres groupes aussi. Donc, il faut sortir de ça. Donc, ça veut dire que nous, nous considérons qu'en 2025, il faudra revenir vers les Français, si la situation est inextricable. Donc, François Bayrou à Matignon, c'est ce que vous avez dit.
François Bayrou à Matignon, ça vous va ? Non, mais j'ai parlé de Jean-Luc Borlon. On a parlé de David Lissard. On a parlé de François Bayrou.
Parce qu'on a pu entendre que votre parti voulait plutôt un Premier ministre technique. Vous, vous pensez qu'il faut un politique ?
Je pense qu'aujourd'hui, un Premier ministre dite technique, compte tenu du schéma, du blocage, de toutes les consultations et les expressions qui se sont succédées, quelqu'un qui ne braquerait pas, en tous les cas, immédiatement les trois groupes politiques, pourrait évidemment être regardé de près, oui.
François ? Il y a quelque chose que je ne comprends pas quand vous dites sur la proportionnelle. Beaucoup de pays européens, en fait la très grande majorité des pays européens, ont adopté la proportionnelle pour leur législative. Mais ça n'a jamais donné la possibilité à un seul parti précisément d'avoir une majorité absolue au Parlement. Et donc ça oblige à des coalitions. Et vos partenaires d'extrême droite, aux Pays-Bas, en Autriche, en Italie, ailleurs, à partir de leurs propres résultats, souvent ils arrivent en tête, ou souvent ils arrivent deuxième, mais ils forment des coalitions, avec le centre, avec la droite, parfois même en Italie, on l'a vu à un moment, avec la gauche.
Qu'est-ce qui vous empêcheraient intellectuellement de vous laisser aller à cette idée que vous pouvez collaborer, travailler, réfléchir et réformer le pays avec d'autres partis que le vôtre ?
Je crois que vous vous trompez, si j'ose dire. D'abord, on nous a l'entend dit, le scrutin majoritaire est garant d'une certaine stabilité. On voit que ce n'est pas vrai. Ça a été le cas, mais ce n'est pas vrai aujourd'hui. Donc il n'y a pas de garantie à 100%. Et on nous a dit souvent, la proportionnelle, c'est l'inverse, c'est une sorte d'instabilité. Or, on voit bien qu'il y a dans un certain nombre d'élections, je pense aux municipales et aux régionales, où ce sont des listes élues à la proportionnelle, avec une prime majoritaire, la possibilité d'une certaine forme de stabilité qui ne nécessite pas d'alliance contre nature, ou en tous les cas de coalition qui existe dans notre pays.
Donc il y a probablement un système à imaginer. La proportionnelle, elle peut être départementale, elle peut être régionale, elle peut être nationale. Le seuil auquel on met la capacité à avoir des élus peut être discuté. Mais moi, je pense qu'en tous les cas, c'est le système qui représente le mieux les Français dans leur diversité d'opinion politique. Et il a la possibilité, comme je viens de l'expliquer, d'avoir une certaine forme,
de donner une certaine forme de stabilité. Mais ça veut dire pour gouverner seul ou pour gouverner avec d'autres ? Et particulièrement avec les autres parties de droite ? Parce que c'est ce qu'on voit aussi se faire en Europe. C'est une alliance des droites, parce qu'on se rend compte qu'elles ont des intérêts à gouverner ensemble.
Je ne souscris pas à ce terme, je ne l'ai jamais fait, et nous ne le faisons pas avec Marine Le Pen, au terme de l'union des droites, parce qu'on le trouve trop restrictif. On a des partenaires qui sont de droite assumés, je pense à Éric Ciotti, aucun problème, évidemment. Mais nous, nous pensons qu'il faut aller au-delà. On ne peut pas simplement se regarder entre gens dits de droite. Moi, je ne me considère pas forcément comme quelqu'un uniquement de droite. Je crois que c'est un peu restrictif. On a une conscience sociale qui est probablement plus aboutie que ne l'est aujourd'hui. Par exemple, la droite de Laurent Wauquiez, qui est un peu haro sur les pauvres tout le temps.
Eh bien, nous, nous considérons qu'on doit aller au-delà. Donc la proportionnelle permet en plus d'accueillir des gens qui ont d'autres sensibilités.
C'est vrai que sur le terrain économique, vous êtes plus proche de LFI. Vous aussi, vous voulez revenir... Je liste, hein. Vous voulez revenir sur la réforme des retraites, vous voulez augmenter la pression fiscale, vous voulez un impôt de solidarité sur la fortune, augmenter les choses...
Non, non, non, vous dites des choses qui ne sont pas justes. Ah, pardon ? Ah, mais j'ai bien lu votre programme. Nous l'avons de solidarité sur la fortune. Non, on veut un impôt sur la fortune financière, ce qui n'est pas la même chose. Non, mais... Attendez, vous êtes venu à d'autres, pas à nous, comme... Non, non, mais parce que vous caricaturez les choses.
Non, non, non, non, non, c'est la réalité. C'est une caricature. Monsieur Chenu, il faut l'admettre. Il faut l'admettre. Il a un pouvoir souverainiste.
Je ne vais pas vous faire plaisir, cher monsieur, quand vous avez une lecture caricaturale.
Un programme souverainiste, interventionniste, étatiste, comme LFI.
Vous cherchez ? Non, non, je ne cherche rien. Non, non, pas comme LFI. Vous dénaturez les choses. Quand on est souverainiste, moi, j'assume ceci. Quand l'État doit intervenir pour réguler, j'assume ceci. Quand l'État doit intervenir pour demander un effort supplémentaire, par exemple, en matière de sur-profit. Donc, on considérait que mettre en place une taxe, dans le temps, limitée sur les sur-profits, était effectivement nécessaire. Mais je vois que monsieur Bérou, aussi, proposait cela. Dans la majorité, d'ailleurs, était intéressé à cela. Je ne crois pas que monsieur Bérou soit particulièrement étatiste.
Et la famille politique dans laquelle il vient, dont il est issu, n'est pas une famille politique...
Alors, justement, je voudrais revenir à cette majorité, monsieur Chenu. Vous voyez, il ne faut pas être caricaturaux.
Je voudrais revenir à cette majorité dont fait partie Edor Philippe. Il est donc officiellement candidat à l'élection présidentielle 2027. Interview dans le point hier. « Ce n'est un mystère pour personne, dit-il. Je suis candidat. Il faut en avoir envie. J'en ai envie. » Et il se dit même prêt à l'être s'il y avait une élection présidentielle anticipée, faisant écho à des propos tenus, notamment à gauche, sur une possible destitution ou démission dans votre propre camp. Comment est-ce que vous réagissez à cette candidature ?
C'est effectivement un calendrier un peu curieux, dans le sens où chacun essaie de trouver des solutions pour le pays, qui est bloqué, et quelque part de réfléchir d'une façon collective. Je sais très bien que les hommes sont les hommes, ils ont des ambitions, mais qu'Edouard Philippe fasse passer ses ambitions personnelles, avant l'intérêt du pays, qui est, je le rappelle, de trouver des solutions. Par exemple, là aussi, c'est une proposition qui ne ressemble pas vraiment à celle de LFI, sur la hausse des salaires des Français. Nous, on considère que les Français ont besoin de voir leur effort et leur travail.
Et donc, on ne propose pas du tout la hausse du SMIC, nous, on propose une hausse des salaires de 10%, en échange d'un gel des cotisations patronales. Vous voyez, ce n'est pas du tout la même chose, et d'ailleurs, la LFI nous en fait suffisamment le procès, parce qu'on considère que la hausse du SMIC à 1 600 euros est intenable pour les PME, les TPE. Vous voyez, on a une... Revenons à Edouard Philippe, c'est vous, monsieur, sur le reste. Sur Edouard Philippe, cette volonté de faire primer son ambition personnelle, au moment où, collectivement, les Français se font du souci sur l'avenir de leur pays, est quand même assez étrange.
L'inélégance, mais quelque part, ça ne me regarde pas, qu'il a vis-à-vis d'Emmanuel Macron, en l'enterrant aujourd'hui, en dit long sur ce que, aujourd'hui, l'ex-majorité présidentielle, les amis d'Emmanuel Macron pensent de la capacité qu'Emmanuel Macron a encore imprimée dans les années à venir. En fait, ils l'ont enterré. Ils considèrent que, finalement, Emmanuel Macron, sa parole et son action seront extrêmement limitées, et qu'il faut passer à autre chose.
C'est un point de vue que vous partagez aussi au Rassemblement de l'Assemblée nationale ?
D'accord, mais enfin, nous, on n'est pas les alliés d'Emmanuel Macron. Si vous voulez, nous, on n'a pas été nommés par Emmanuel Macron, et je trouve que, je sais qu'en politique, l'élégance n'est pas toujours une vertu, mais Edouard Philippe, pour le coup, en manque un peu, peu importe. Au-delà de ça, là encore, on juge Edouard Philippe sur ses actes. Moi, je l'ai vu au pouvoir, j'étais député lorsque Edouard Philippe était Premier ministre. Qu'est-ce que j'ai vu ? J'ai vu un homme qui essayait d'imposer, qui avait beaucoup de mal, qui essayait d'imposer des réformes et non pas de les négocier. Je me souviens des 80 km heure. Ça avait beaucoup, d'ailleurs, braqué les gilets jaunes.
Donc j'ai vu quelqu'un qui avait quand même une colonne vertébrale un peu psychorigide, et qui avait beaucoup de mal à aller vers la négociation. J'ai vu un homme qui est un, je veux dire, je ne lui en fais pas le procès sur ses convictions, qui est un libéral assumé et qui est pour une retraite à 69 ans. Il l'a dit, ça n'a pas été fait, mais en tous les cas, c'est sa boussole, et je crois qu'il le sous-entend encore dans son interview. Donc on est face à quelqu'un qui a des différences d'approche majeures avec ce que nous croyons bon pour le pays.
J'ai parlé tout à l'heure sur le régalien de sa faiblesse, lorsqu'il a eu rencontré, je crois, deux fois le président Tebboune, lorsqu'il était Premier ministre. À aucun moment, il ne lui a parlé des accords de 68, qu'il faut revoir ces accords qui nous lient à l'Algérie et qui permettent à l'Algérie d'avoir quelque part un petit avantage en ce qui concerne l'immigration. Eh bien, aujourd'hui, Edouard Philippe nous dit qu'il faudrait le faire. Moi, je suis toujours étonné par ces gens qui, à un moment, ont eu les manettes pour faire les choses. Edouard Philippe, il avait une majorité. Il était Premier ministre, il était à tête d'un gouvernement.
Il avait la possibilité de faire bouger les choses, et il ne l'a pas fait. Je pense que Edouard Philippe ressemble un peu à Alain Juppé là-dessus.
Un point de courage. Très important, je parle sous le contrôle, notre expert en économie, Pascal Péry. Bercy nous informe que le déficit glisse de 5,5, il est à 5,6, il pourrait dépasser les 6 en 2025 s'il n'y a rien d'effet, ce qui signifie que des mesures, il faut le dire, amères, devraient, pourraient être prises pour que cela recule. Votre objectif, vous, c'est de gouverner. Est-ce que vous pensez que votre programme est applicable en l'État ou est-ce que vous, au pouvoir, vous, majoritaire à l'Assemblée nationale, vous prenez conscience de cette situation et vous agissez ?
Marine Le Pen a toujours dit qu'une dette, ça doit se payer. Parce que si on considère, si on dit qu'on ne paiera pas la dette, ou comme l'avait dit Jean-Luc Mélenchon, encore, différence majeure, qu'on passe ça par-dessus l'épaule, eh bien vous avez en face les marchés sur lesquels nous empruntons, qui diront, puisque la France ne peut pas s'acquitter de sa dette, ça va être de plus en plus difficile de lui prêter, puisque c'est de l'argent perdu. Donc une dette, ça se paye. Ça, c'est le principe de base, j'allais dire. Avec quoi ?
Alors, il y a effectivement des rentrées fiscales, et j'ai vu tout à l'heure, j'ai écouté avec attention votre édito, il y a des rentrées fiscales ou des sources d'économie que vous n'avez pas listées. Vous allez dire...
J'évoquais le conseil du Trésor de Bercy. C'est vrai, c'est vrai. J'ai des idées personnelles, mais je les garde pour moi.
D'accord, en tous les cas, qui n'ont pas été mises sur la table, et sur lesquelles on a ce sentiment qu'il y a un tabou français. Les dépenses liées à l'immigration, nous nous considérons, et nous avons listé un certain nombre, j'en ai sous les yeux, un certain nombre de recettes possibles. Car, vous savez très bien que pour relancer une machine économique, il faut des recettes, mais il faut aussi une dynamique économique.
Sans faire le listing complet, vous arrivez à quel résultat ? À quel montant ?
On avait, dans le programme présidentiel de Marine Le Pen, on avait calculé qu'il y avait une possibilité de 15 milliards d'euros par an de recettes supplémentaires sur ce domaine-là.
Mais là, Bercy nous dit, M. Chenou, qu'il juste, sur les derniers 24 heures, il faut 16 milliards de plus.
J'y arrive. La situation que nous laissent le gouvernement Macron et Bruno Le Maire, étrangement silencieux d'ailleurs. Quand vous rendez les clés, c'est ce qui va se passer, de Bercy, 7 ans après, avec un bilan pareil, vous devez quelques explications, évidemment, aux Français.
Ça n'empêche pas le Rassemblement national de proposer 100 milliards d'euros de dépenses publiques supplémentaires. Moi, je suis pour la dépense publique quand elle est utile, M. Chenou, soyons clairs. Mais comment la financez-vous dans telles conditions ?
On ne propose pas 100 milliards de plus tout de suite comme ça. Pas tout de suite, mais c'est... Il faut faire 100 milliards d'économies. Mais aujourd'hui, nous sommes face à un mur de la dette. Oui. Qui va nous amener à reconsidérer totalement le périmètre, notamment d'intervention de l'État, notamment de priorité. Nous, on considère, je viens de vous dire, par exemple, sur l'immigration, il y a une source d'économie réelle. Il en manque 85. Nous considérons que sur la contribution à l'Union européenne, là aussi, bah oui, mais là aussi, il y a une source d'économie... Vous ne pouvez pas avoir le beurre et l'argent du beurre.
Le problème avec l'Union européenne, c'est que pour l'instant, on n'a ni le beurre ni l'argent du beurre, puisqu'on donne plus qu'on ne reçoit.
Enfin, vous empruntez, on emprunte grâce à l'euro, à un taux...
On donne plus qu'on ne reçoit.
Si on était en franc, on double reine.
C'est le principe même de l'Union européenne. C'est un système qui fonctionne sur les solidarités. Et puis, je pense qu'effectivement, il faut qu'il y ait plus de gens qui travaillent, c'est-à-dire qui rentrent plus tôt sur le marché du travail. Là aussi, c'est une différence d'approche. Vous savez, il y a eu des propositions que j'ai trouvées très intéressantes sur ce qu'on appelait la majorité professionnelle. Rentrer plus tôt sur le marché du travail. Je pense que c'est une piste qui n'a pas suffisamment été travaillée, explorée ces dernières années. Le fait que lorsqu'on est jeune, quand on a 16 ans, on puisse davantage arriver plus vite sur le marché du travail.
Là, il y a aussi, j'allais dire, une capacité à relancer une machine économique.
Un dernier mot, s'il vous plaît, rapidement, sur ce drame terrible qui s'est noué dans la Manche hier. Une embarcation coule. Au moins 12 personnes sont mortes. Enfin, 12 personnes sont mortes. Les recherches ont pris fin. C'était des migrants qui cherchaient à gagner l'Angleterre. Gérald Darmanin dit hier soir qu'il veut renégocier les accords de migration avec la Grande-Bretagne. Je rappelle les accords du Touquet, négociés par Nicolas Sarkozy, qui en compte partie d'une frontière apport financier. La frontière anglaise est sur les côtes françaises. Est-ce qu'il faut les renégocier ?
Oui, d'accord. Probablement. Et bien sûr, ça fait là aussi des années qu'ils sont en responsabilité. Pourquoi ne l'ont-ils pas fait ? Pourquoi est-ce que ce dossier l'a arrêté ? C'est parce qu'il faut changer de paradigme. Moi, je pense qu'à partir du moment où on fait croire que... Alors, ce sont des migrants qui veulent aller en Angleterre, mais que l'Europe est un Eldorado, évidemment, c'est une histoire sans fin. Donc, par conséquent, on ne peut pas traiter ce problème sans sécuriser les frontières extérieures et les frontières intérieures, les frontières extérieures de l'Europe et les frontières intérieures de notre pays. Notre pays ne peut pas devenir une autoroute de migrants.
Notre pays ne peut pas accueillir plus d'immigration.
Donc, vous ne touchez pas aux accords du Touquet pour l'instant ? C'est dans votre région, par ailleurs, vous connaissez bien ce sujet.
C'est un ensemble qu'il faut revoir. Mais je pense que ce n'est qu'une partie du problème que les accords du Touquet.
Merci beaucoup, M. Chenier, d'avoir été avec nous ce matin en direct sur LCI. Voici la médecine.
Sébastien Chenu