Voile, chômage... Attal sur la ligne dure - Reportage #cdanslair du 28.03.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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À la une des journaux aujourd'hui, Gabriel Attal a fait le choix d'une ligne dure pour le monde.
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Avec sa promesse de miser sur la valeur travail et de réformer l'assurance chômage, le Premier ministre a pour l'humanité déclaré la guerre aux chômeurs.
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Et ce matin, le Premier ministre a fait lui-même son service après-vente en dénonçant un axe Mélenchon-Le Pen contre sa réforme.
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Gabriel Attal, qui face au mur de la dette, refuse de s'avouer vaincu.
- 2:14OuverteRéponse directe
Une barre jugée beaucoup trop haute par Moody's.
- 2:40OuverteRéponse directe
Gabriel Attal, trop optimiste.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Avec sa promesse de miser sur la valeur travail et de réformer l'assurance chômage, le Premier ministre a pour l'humanité déclaré la guerre aux chômeurs. »
- 0:18InvitéFait
« Oui, il y aura une réforme de l'assurance chômage cette année. »
- 0:21InvitéFait
« Une des pistes, c'est de réduire cette durée d'indemnisation de plusieurs mois. »
- 0:26InvitéFait
« Je ne pense pas qu'il faille que ça aille en dessous de 12 mois. »
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« La réforme de l'assurance chômage est une escroquerie qui n'a qu'un seul but, faire les poches des Français pour enflouer les comptes de l'État. »
- 1:11InvitéFait
« Qui sont les chômeurs de longue durée ? Ce sont des ouvriers, très massivement des employés, et qui sont de plus de 50 ans. »
- 1:33InvitéFait
« Ce n'est pas une surprise, on ne découvre pas que M. Mélenchon et Mme Le Pen, sur les questions de travail et de social, c'est un seul et même parti. »
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« Malgré les graves dérapages des comptes publics, le Premier ministre maintient l'objectif de ramener le déficit de 5,5% du PIB en 2023 à 3% d'ici trois ans. »
- 2:14PrésentateurFait
« Une barre jugée beaucoup trop haute par Moody's. »
- 2:38PrésentateurFait
« Gabriel Attal, trop optimiste. »
- 2:49PrésentateurFait
« Parmi les autres options sur la table, des coupes dans le budget des collectivités locales. »
- 3:15PrésentateurChiffre
« Avec 10 milliards d'économies cette année, 25 milliards prévus l'an prochain, le régime sec du gouvernement pourrait également toucher certaines entreprises. »
- 3:26PrésentateurFait
« Gabriel Attal a précisé hier n'avoir aucun dogme à ce sujet. »
- 3:40InvitéFait
« J'ai cotisé pendant 42 ans au chômage. Bientôt je recherche du travail, mais n'en trouve pas. »
- 3:58InvitéFait
« Jean-Luc Mélenchon, cet après-midi, parle de honte. Il dit qu'il y a 315 candidats pour une offre d'emploi, pourquoi s'en prendre aux chômeurs ? »
Temps de parole
- Gabriel Attal27 %
- Invité24 %
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- Invité 37 %
- Présentateur 24 %
- Invité 44 %
- Invité 54 %
- Invité 63 %
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À la une des journaux aujourd'hui, Gabriel Attal a fait le choix d'une ligne dure pour le monde. Avec sa promesse de miser sur la valeur travail et de réformer l'assurance chômage, le Premier ministre a pour l'humanité déclaré la guerre aux chômeurs. Des réactions à ses annonces hier aux 20h.
Oui, il y aura une réforme de l'assurance chômage cette année. Une des pistes, c'est de réduire cette durée d'indemnisation de plusieurs mois. Je ne pense pas qu'il faille que ça aille en dessous de 12 mois.
Atteindre le plein emploi tout en réalisant de grosses économies, voilà donc la méthode Attal qui a fait bondir l'opposition comme les syndicats. Je crois que sur le fond, l'obsession du gouvernement pour les privés d'emploi vire maintenant aux troubles obsessionnels. C'est clair, il y a de très bons psychiatres, je recommande au gouvernement, parce que ça s'inscrit en dehors de toute rationalité économique. Il n'y a aucune étude économique qui démontre qu'en tirant les droits des privés d'emploi vers le bas, on crée de l'emploi.
La réforme de l'assurance chômage est une escroquerie qui n'a qu'un seul but, faire les poches des Français pour enflouer les comptes de l'État, qui sont en déficit à cause de l'impérissie du gouvernement. Qui sont les chômeurs de longue durée ? Ce sont des ouvriers, très massivement des employés, et qui sont de plus de 50 ans. À ces gens-là, Gabriel et Attal, plutôt que de les relever, viennent les enfoncer, quasiment les dénoncer.
Et ce matin, le Premier ministre a fait lui-même son service après-vente en dénonçant un axe Mélenchon-Le Pen contre sa réforme.
Ce n'est pas une surprise, on ne découvre pas que M. Mélenchon et Mme Le Pen, sur les questions de travail et de social, c'est un seul et même parti. Extrême droite, extrême gauche, même combat contre le travail, une forme de parti du tout-allocation. Nous, ce n'est pas ça notre logiciel et ce n'est pas ça notre logique.
Gabriel Attal, qui face au mur de la dette, refuse de s'avouer vaincu. Malgré les graves dérapages des comptes publics, le Premier ministre maintient l'objectif de ramener le déficit de 5,5% du PIB en 2023 à 3% d'ici trois ans.
Moi, le sujet, c'est de désendetter la France. Parce qu'un pays qui est surendetté, ce n'est pas un pays libre.
Une barre jugée beaucoup trop haute par Moody's. L'agence de notation a au contraire envoyé un avertissement au gouvernement français hier en qualifiant cet objectif d'improbable.
Le déficit souligne les risques inhérents à la stratégie budgétaire à moyen terme du gouvernement qui se base sur des hypothèses économiques et des recettes optimistes.
Gabriel Attal, trop optimiste. Le Premier ministre a prononcé pour la première fois le mot rigueur à l'Assemblée nationale mardi et fait en tout cas feu de tout bois pour réduire les dépenses publiques. Parmi les autres options sur la table, des coupes dans le budget des collectivités locales. Une erreur de cible selon le représentant des maires de France.
C'est du technopopulisme. Il y a bien sûr des collectivités locales mal gérées, comme il y a des entreprises mal gérées, des PME mal gérées. Mais ce n'est pas pour ça qu'il faut mettre les collectivités sous dépendance de l'État. C'est essayer de créer un leurre là où la réalité du problème de la dépense publique est dans les comptes sociaux et dans les comptes de l'État.
Avec 10 milliards d'économies cette année, 25 milliards prévus l'an prochain, le régime sec du gouvernement pourrait également toucher certaines entreprises. Interrogé sur une taxation des super profits, Gabriel Attal a précisé hier n'avoir aucun dogme à ce sujet.
On va y revenir parce qu'il a même dit qu'on me fasse des propositions sur la question de l'imposition des super riches, super profits. On va rentrer dans le détail dans un instant. J'ai cotisé pendant 42 ans au chômage. Bientôt je recherche du travail, mais n'en trouve pas. Que vais-je devenir ? C'est Bernard en Loire-Atlantique qui nous pose cette question. Guillaume Daré, on a vu la levée de boucliers, je disais, des syndicats, de la gauche. Jean-Luc Mélenchon, cet après-midi, parle de honte. Il dit qu'il y a 315 candidats pour une offre d'emploi, pourquoi s'en prendre aux chômeurs ? Oui, le gouvernement et le Premier ministre s'attendaient à ce type de réponse.
Dès le début, ils savaient qu'ils allaient faire de la politique sur cette question. Ce qui est intéressant de regarder, c'est que Gabriel Attal, il va sur ce terrain-là, parce qu'il y a quelques mois, alors même qu'il n'était pas encore à Matignon, ils se sont intéressés de très près à un sondage qui avait été publié à l'époque par l'Humanité sur une question qui était posée, comme traditionnellement, qui disait, est-ce que si les chômeurs en faisaient davantage, ils pourraient trouver du travail ? Et on voyait que dans les résultats, y compris à gauche, la réponse était positive.
A l'époque, il n'était pas encore à Matignon, mais toute son équipe autour de lui s'était dit, ça veut dire que sur cette question-là, quand on fait des notes au président, à la Première ministre de l'époque, on peut y aller. Donc il y a une conviction que sur cette question de la réduction des allocations en chômage, les Français, dans leur immense majorité, à Renaissance mais pas seulement, vont soutenir Gabriel Attal. Donc il va sur cette question-là, en parlant effectivement à son électorat, mais pas seulement, à une partie aussi de l'électorat de centre-gauche, et bien sûr, à l'électorat de droite.
Il fait de la politique, il recrée un clivage, on a vu au début de la campagne des européennes, il a tapé fort sur le Rassemblement national, on l'a entendu il y a quelques instants dans votre reportage, il tape sur la France insoumise pour se replacer au centre, effectivement, de ce jeu politique, et on ne parle plus tellement, effectivement, des déficits dont on parlait en début de semaine. On parle de cette réforme de l'assurance chômage. Donc il y a une forme d'habileté politique qui n'obère pas la réalité des chiffres et des contraintes qui vont être les siennes. Mais il y a un savoir-faire politique, effectivement, qu'on voit depuis sa présence à Matignon.
Ce n'est pas directement sur l'assurance chômage, mais je peux vous raconter une petite anecdote qui m'a été décrite par l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Vous savez, comme ça se fait traditionnellement depuis quelques semaines, Gabriel Attal, il reçoit à déjeuner ou à dîner ceux qui ont occupé ce même fauteuil à Matignon. Jean-Pierre Raffarin me disait, je l'ai observé, quand il va, par exemple, il se déplace au salon de l'agriculture ou qu'il va dans une exploitation agricole, vous savez, le Premier ministre est là, il y a 5-6 agriculteurs autour de lui, puis il y a quelqu'un qui arrive avec un plateau, avec du fromage, du vin, de la charcuterie. Qu'est-ce qu'il fait ?
Il ne prend pas de la charcuterie pour la manger, il prend le plateau et il fait le tour des agriculteurs pour aller servir tout le monde. Et bien, Jean-Pierre Raffarin me disait, ça c'est du savoir-faire politique, tout le monde ne le fait pas. Sur la réforme de l'assurance chômage, au-delà des petits fours, est-ce que, du coup, parce qu'il y a une question qui nous est posée ce soir, mais dans ces annonces, où sont les économies ? Est-ce que c'est là, c'est sur la réforme de l'assurance chômage, qu'on règle les problèmes de déficit de la France ?
Non. Non mais je pense qu'en effet, il y a une volonté de faire coup double en s'adressant à la fois à une partie des classes moyennes où ils ont identifié un sujet autour d'eux, il y en a qui sont assistés, etc., que le Rassemblement national a beaucoup travaillé de son côté. Et donc, peut-être d'aller draguer un petit peu cet électorat-là. Et en même temps, de parler quelque part aux marchés financiers, aux agences de notation, etc., pour dire, « Attendez, on a publié un chiffre de déficit historique, mais on est quand même un gouvernement de gestionnaire, on est au sérieux, et regardez, d'ailleurs, on va réformer notre assurance chômage.
» Moi, ce que je déplore, d'abord, c'est que je crois que la parole politique est désormais complètement lâché prise, c'est-à-dire que les gens ne n'y croient plus, globalement. Il y a comme... Il y a 6 millions de personnes qui ont regardé, c'est beaucoup. Oui, mais il y a une démodétisation, c'est-à-dire que je pense que, quand même, quand on disait qu'il y allait désormais avoir les preuves des faits, c'est que ça devient de plus en plus urgent, parce que j'ai l'impression qu'il y a comme une déconnexion entre ce qui est dit et ce à quoi s'attendent les gens.
Et la deuxième chose, je dirais, c'est qu'on finit par s'épuiser autour de polémiques telles que celles-là, qui sont faites, en effet, pour tout d'un coup concentrer l'attention, concentrer les clivages, concentrer les affects politiques, alors que la big picture, comme on dit chez les anglo-saxons, on n'en parle jamais. C'est quoi la big picture dans ce cas-là ? La big picture, c'est où est-ce qu'on en est aujourd'hui de notre modèle économique ? Depuis 40 ans, il s'essouffle à essayer d'amortir la désindustrialisation.
On le voit, si vous voulez, dans la dépense économique, les transferts aux ménages et les transferts aux entreprises augmentent et ce qui fait que les investissements publics, les investissements dans les services publics, eux, stagnent, ce qui, avec les problèmes de démographie, etc., amène à une dégradation des services publics. Vous en avez parlé dans vos récentes émissions autour des impôts. On en est là, et si vous voulez, tant qu'on ne voit pas tout ce puzzle-là en entier, on va s'épuiser à qui faire un débat sur les retraites ? Ça veut dire annoncer.
Gabriel Attal