Réforme de l’assurance chômage : jamais deux sans trois
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:23OuverteÉludée
Est-ce qu'imposer des conditions plus drastiques aux chômeurs est bien la porte vers le plein emploi ?
- 1:40OuverteRéponse directe
Vous êtes chômeur vous-même, vous n'allez pas tirer de ce nouveau système ou pas ?
- 1:50OuverteRéponse partielle
On vous attend, c'est le téléphone sonne.
- 6:26OuverteRéponse partielle
Le plein emploi, c'est quoi ?
- 6:49OuverteRéponse directe
Est-ce que les règles influent sur les comportements des chômeurs ?
- 7:51OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est ça qu'on veut sur le marché de l'emploi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10PrésentateurFait
« Si nous ne réformons pas l'assurance chômage, nous allons caler sur le plein emploi. »
- 0:25PrésentateurChiffre
« Six mois de travail obligatoire sur les 24 derniers, contre 8 mois sur 20 mois auparavant pour toucher des droits. »
- 8:12AuditeurChiffre
« L'objectif, il est budgétaire, c'est de trouver 3,6 milliards, certainement plus, puisque nous chiffrons à la CFDT, chiffre plutôt de 4 milliards, voire plus encore. »
- 8:33PrésentateurChiffre
« Ce que dit le gouvernement, effectivement, c'est 3,6 milliards et 90 000 emplois. »
- 10:10InvitéFait
« Nous pensons que non seulement ça influe sur le comportement des chômeurs, mais aussi sur le comportement des employeurs. »
- 19:05AuditeurChiffre
« Il est de 4 677 000, c'est 66% des embauches. »
- 22:05PrésentateurChiffre
« En 2023, ce sont des chiffres qui viennent de France Travail, qui dit que 83% des contrôles clôturés ont confirmé la recherche d'emploi. »
- 22:16PrésentateurChiffre
« C'est donc au total 17% de l'ensemble des demandeurs d'emploi contrôlés qui ont été jugés en insuffisance de recherche. »
- 30:30AuditeurChiffre
« 80% des recettes de l'assurance chômage pour verser les allocations, 80% ce sont des cotisations employeurs et c'est l'UNEDIC qui gère ça, et puis 20% aujourd'hui c'est l'impôt. »
- 31:25AuditeurFait
« Nous avons conclu un accord en novembre 2023 qui devait être complété sur les seniors. »
Temps de parole
- Présentateur34 %
- Auditeur20 %
- Invité19 %
- Présentateur 29 %
- Invité 28 %
- Invité 37 %
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France Inter, 18-20, Fabienne Synthès. Si nous ne réformons pas l'assurance chômage, nous allons caler sur le plein emploi. Cette réforme, c'est le carburant qui permet de créer plus d'emplois. Les mots de Gabriel Attal, le Premier ministre, hier dans la tribune dimanche. Troisième réforme de l'assurance chômage, vous connaissez le détail. Six mois de travail obligatoire sur les 24 derniers, contre 8 mois sur 20 mois auparavant pour toucher des droits. Un bonus senior aussi sur lequel on reviendra pour les deux mesures. En tout cas, ce sont les deux mesures qui font le plus parler d'elle, dont le but est donc d'inciter les chômeurs au retour à l'emploi.
Nous sommes bien plus près des critères européens, disent ceux qui sont favorables à la réforme. Nous essayons de combler ce paradoxe qui plombe les entreprises en France. Les employeurs n'arrivent pas à embaucher, les chômeurs pourtant sont là. Cette réforme est donc une incitation qui portera ses fruits. Un durcissement pendant que la baisse du chômage marque le pas, disent les autres. C'est donc totalement contre-intuitif. Voilà une réforme qui pénalise les plus précaires, ceux qui travaillent en intérim, les saisonniers, ceux qui enchaînent les CDD. Et pour ce qui est des seniors, elle ne permettra pas d'embaucher des 57 ans particulièrement.
Ou alors, elle le fera pour beaucoup moins cher, sans aucune garantie. Voilà ce que disent les deux camps, voilà la base de notre discussion. Est-ce qu'imposer des conditions plus drastiques aux chômeurs est bien la porte vers le plein emploi ? Une manière de préserver aussi notre système social en enlevant ces excès, ces abus ? Est-ce que l'on entend ? Est-ce qu'on est en train de pousser les chômeurs à prendre n'importe quel job de peur de perdre leurs droits ? Vous êtes chômeur vous-même, vous n'allez pas tirer de ce nouveau système ou pas, vous allez nous raconter. Vous êtes employeur, vous cherchez du monde et vous la voulez, vous cette incitation, vous allez nous le raconter aussi.
Tous les avis sont ouverts, on vous attend, c'est le téléphone sonne, soyez les bienvenus. Eric, vous êtes le premier, vous êtes le bienvenu, bonsoir. Bonsoir à vous et merci de prendre mon appel. On vous écoute Eric. Eh bien merci, écoutez, ma situation, elle est celle de la plus nombreuse personne de ma génération. J'ai 59 ans, je suis en recherche d'emploi.
Et je constate, alors je n'ai pas besoin, moi, qu'on réforme pour me motiver, je suis motivé à retrouver du travail, mais je constate que je suis trop vieux pour travailler, on me le fait bien comprendre sans me le dire formellement, et puis pas assez vieux pour pouvoir prendre une retraite digne de ce nom à tout plan, puisqu'il me faudrait actuellement partir à l'âge de 70 ans, ramené à 67. Donc j'ai démarré ma carrière professionnelle il y a une quarantaine d'années. J'avais mon premier salaire à l'âge de 17 ans, 1982, où la retraite était abaissée à 60 ans. Donc vous êtes en carrière longue, excusez-moi, mais vous pouvez partir un peu plus tôt, non Eric ?
Eh bien, j'aurais bien aimé que ce soit le cas, parce que j'étais lycéen salarié et étudiant salarié. Mais comme je travaillais en saisonnier, je faisais de l'animation, eh bien pendant 8 ans on ne reconnaît aucun trimestre, parce qu'il y a eu a posteriori un plancher de ressources. Voilà, donc je suis pénalisé en début de parcours et en fin de parcours. Et alors là, Eric, puisque je vous tiens, la réforme entre en vigueur qu'au 1er décembre prochain, mais notamment dans les fameux contrats seniors, il y a cette idée de pousser à l'embauche des seniors, quitte à ce qu'ils soient moins payés que leur dernier travail, mais qu'il y ait un raccord en gros qui est fait par le chômage.
Est-ce que vous, dans ces cas-là, vous à 59 ans, vous dites « je prends ». Est-ce que vous avez le sentiment de toutes les entreprises que vous avez déjà vues, des entretiens d'embauche que peut-être vous avez eus, que c'est l'un des arguments qui pourraient faire changer d'avis un employeur ? Vous le sentez comment ? En fait, ce que je constate, c'est qu'on a de toute façon une incitation à un plein emploi et il faudrait discuter ce que c'est que ce plein emploi. Si c'est des CDI avec des revenus suffisants et dignes, pourquoi pas ? Mais là, c'est ce qui se dessine d'un plein emploi précarisé, comme dans les autres pays européens d'ailleurs.
Vous prenez l'Allemagne, le taux de chômage est inférieur à celui de la France, mais la précarisation est plus importante. Avec les mini-jobs, etc. Oui, donc si vous voulez, au niveau des incitations, moi je vois bien France Travail, moi je suis Bac plus 5, et j'ai aussi un diplôme professionnel, puisque j'ai un diplôme d'éducateur spécialisé. Donc un métier en tension, pour lequel j'arrive pourtant pas à trouver de travail. Donc on me propose des emplois, par exemple de chauffeur de bus, ou d'agent de sécurité dans le cadre des JO de Paris. Donc bon, ça va être des choix par défaut. Et pour l'instant, on a bien compris Eric, que pour l'instant pour vous, c'est non.
Vous restez dans votre domaine d'activité, donc vous ne serez pas agent de sécurité, vous ne serez pas chauffeur de bus. En fait, je n'en sais rien, parce que j'ai eu l'impossible de me projeter, parce que moi, mes droits s'arrêtent le mois prochain. Je vais pour le moment peut-être avoir l'ESS, mais ce n'est pas ce que je souhaite. Moi, je souhaite vraiment travailler et prendre une retraite dignement. J'insiste sur le terme, parce que j'ai observé, en écoutant votre journal tout à l'heure, que Mme Vautrin, qui est ministre des Solidarités, est aussi ministre du Travail. Donc, je pense que c'est intéressant de...
Eric, pardon de vous interrompre, mais j'aimerais bien qu'on puisse faire réagir nos invités et qu'on puisse commencer cette discussion. Merci en tout cas, parce que vous avez soulevé un certain nombre de questions qui sont des vraies questions intéressantes. Pour discuter ensemble jusqu'à 20h, il y a Eric Chevet. Bonsoir, M. Chevet. Bonsoir. Vous êtes le vice-président de la CPME en charge des affaires sociales. Il y a Olivier Guivarche. Bonsoir, M. Guivarche.
Bonsoir.
Vous êtes secrétaire nationale de la CFDT. Parmi les questions d'Eric, il y en a une que j'ai trouvée particulièrement pertinente. À un moment, il demande, le plein emploi, c'est quoi ? Et en effet, c'est quoi le plein emploi ? Parce qu'on entend le Premier ministre nous dire, pour aller vers le plein emploi, il faut réformer l'assurance chômage. La question que pose Eric, c'est, plein emploi, est-ce que c'est tout le monde en CDI ? Ou est-ce que tout cela est quelque chose qui a désormais disparu ? Est-ce que c'est faire entrer en ligne de compte, y compris les contrats courts, c'est quoi le plein emploi ? Eric Chevec, est-ce que vous, vous savez le définir ou pas ?
Alors, on peut même dire que le plein emploi, aujourd'hui, c'est une conception un peu mouvante. Puisqu'en fait, aujourd'hui, on voit qu'un certain nombre de nos compatriotes ne souhaitent pas forcément avoir un CDI. C'est un peu nouveau sur le marché du travail. Ce n'est pas la majorité, bien évidemment, mais ce sont des phénomènes un peu nouveaux sur le marché du travail qu'on voit apparaître. Il y a des bouleversements, aujourd'hui, sur le marché du travail qui fait qu'on a, effectivement, du mal à définir ce qu'est le plein emploi. Peut-être que c'est plus intéressant, d'ailleurs, du coup, d'aborder cette question sur le taux d'activité.
Et c'est maintenant, plus par ce biais-là qu'on l'aborde, effectivement, en France, on a un retard sur le taux d'activité, notamment au début, sur les jeunes, et en fin de carrière.
La raison pour laquelle je pose la question, c'est que c'est notamment sur le chiffre de l'emploi, donc le pourcentage, donc plein emploi ou pas plein emploi, souvent l'endroit où on fixe la barre, que l'assurance chômage, théoriquement, peut bouger dans un sens ou dans un autre. Donc, Olivier Guivarche, autant s'entendre quand même sur les chiffres dont on parle et les critères qui sont les bons critères ou pas. Sinon, on part de loin, là.
Oui, mais je crois que le témoignage d'Éric, l'auditeur, est assez poignant. Il témoigne qu'après une réforme des retraites injuste, on a une préfiguration d'une réforme qui sera, elle aussi, injuste, pleine de contradictions, et qui ne vise pas l'objectif recherché, puisque l'objectif n'est pas le plein emploi. L'objectif, il est budgétaire, c'est de trouver 3,6 milliards, certainement plus, puisque nous chiffrons à la CFDT, chiffre plutôt de 4 milliards, voire plus encore. Et surtout, puisque cette réforme touche les plus vulnérables, ça va aggraver la précarité, ça n'amène pas des emplois de qualité, ça, c'est sûr.
Ce que dit le gouvernement, effectivement, c'est 3,6 milliards et 90 000 emplois. Ce sont les chiffres qui ont été donnés par le Premier ministre Gabriel Attal. Après, et pour en revenir à ce que nous dit notre auditeur Éric, est-ce que le but, c'est précisément ce qu'il nous dit là ? C'est-à-dire, moi, je suis éducateur, mais du coup, au bout d'un moment, et parce que j'arrive en fin de droit, et que ces fins de droit arrivent plus vite, eh bien, je vais devoir finir par prendre un job de chauffeur de bus ou d'agent de sécurité. Olivier Guivarche, est-ce que, et je vais vous poser la question à tous les deux d'ailleurs, est-ce que c'est ça qu'on veut sur le marché de l'emploi ?
Est-ce qu'on dit à Éric, ben oui, mais il vaut mieux être chauffeur de bus que rien ?
C'est certainement pas ce que veut la CFDT. On n'adhère pas à cette idée selon laquelle il suffirait de serrer la vis et de compliquer la vie des chômeurs pour qu'ils trouvent du boulot. En fait, c'est ça qui est... C'est une logique du modèle social low cost. On ne s'intéresse pas à la qualité du travail, on ne s'intéresse pas au travail proprement dit, on parle de coût du travail, et tout est secondaire quand on regarde ce que doit faire le salarié, et surtout, c'est une conception, complètement fausse du marché du travail, puisque les employeurs ont besoin de salariés formés avec des compétences qui correspondent à l'emploi recherché.
Ce n'est pas un marché où il suffirait de se présenter et puis on est embauché. Ça ne marche pas comme ça.
Ce qu'on dit beaucoup, ce qu'on entend ici et là, Éric Chevet, c'est les règles influent sur le comportement. Est-ce que vous croyez, vous, à la CPME, que oui, les règles influent sur le comportement et que le comportement d'un chômeur, je mets des guillemets dans ce que je dis, est différent selon que ces droits sont ouverts à 6 mois, à 8 mois, sur 24 ou sur 20 mois ?
Nous, nous pensons que non seulement ça influe sur le comportement des chômeurs, mais aussi sur le comportement des employeurs. Et nous avons un problème collectif qui est ce plafond de verre de 57-59 ans, après lequel les entreprises, c'est vrai, n'embauchent plus, et parce que les conditions sont de telle façon, sont construites de telle façon sur le marché du travail, que, du coup, nous n'avons pas réussi, encore aujourd'hui, à transformer, à percer ce plafond de verre des 59 ans.
Il faut absolument, et notre démographie est là pour nous le rappeler, il faut absolument que nos seniors reviennent au travail jusqu'à 62-64 ans, demain, avec la réforme des retraites, puisqu'il faut augmenter notre taux d'activité sur les seniors. Donc, la vraie question pour nous, à la CPME, c'est de savoir, est-ce que cette réforme est en mesure de transformer les comportements des entreprises sur leur regard vis-à-vis des salariés usagers expérimentés ? Alors, nous, on pense qu'il y a une première partie qui est intéressante, qui est le booster mis pour les salariés à 59 ans pour les inciter à reprendre un travail.
Ce que nous pensons, c'est qu'il manque le booster du côté des entreprises que nous avions proposé, nous, à la CPME, qui consistait, en fait, contre un engagement de garder le demandeur d'emploi jusqu'à sa retraite à taux plein, eh bien, effectivement, une exonération des cotisations d'assurance chômage. Nous, nous pensons que, comme on a eu une réforme pour les jeunes en matière d'alternance et d'apprentissage qui a fonctionné, peut-être qu'elle est onéreuse, peut-être qu'elle coûte cher, mais elle a fonctionné, nous devons avoir une même réforme pour les seniors.
Mais attendez, on donnera la parole à Olivier Guiver, juste avant de retourner également au standard, Eric Chevet, moi, ce que je lis dans la réforme telle qu'elle est faite, c'est que, quand même, les employeurs ont la possibilité d'employer une personne de 57 ans et plus au-dessous du salaire qui était le sien précédemment puisque le chômage fera la différence. Donc, ça veut dire que vous avez quand même, on sait bien ce que ça veut dire, ça veut dire qu'il risque d'y avoir un plafond et ça fait quand même un bon avantage.
Et si on sort même des seniors sur le bonus malus, notamment, donc pour inciter au contrat long, je n'ai pas vu qu'il y ait derrière et pour les employeurs quelque chose d'un poil coercitif pour justement leur dire attention, quand même, employer des contrats longs.
Oui, effectivement. Alors, le sujet est au débat pour ce qui est de bonus malus et nous sommes, vous confirme, toujours défavorables ni même à l'existence et encore plus à l'extension. Ça, c'est clair. En plus, ça n'a pas d'intérêt financier pour l'assurance chômage puisque, par définition, le bonus malus, ça fait zéro, ça fait des plus et des moins et le total fait zéro. Donc, non, la question pour nous, c'est toujours celle-ci, c'est comment on peut faire en sorte que malgré qu'il y ait des dizaines de milliers d'emplois disponibles sur le marché aujourd'hui, on n'ait pas la possibilité de trouver les preneurs en face.
Ça, c'est un vrai problème et ce sont l'activité a ralenti clairement depuis la fin 2023 mais on a quand même toujours sur le marché du travail des difficultés à recruter.
Olivier Guivard, je ne vous ai pas oublié, je vous le promets, vous allez pouvoir répondre dans un instant. Je voudrais d'abord qu'on écoute Denis qui est avec nous. Bonsoir Denis.
Oui, bonsoir.
On vous écoute.
Merci de prendre mon appel et bravo pour vos émissions. Donc, moi, je suis au chômage depuis quelque temps puisque j'étais dans une grande entreprise et j'ai bénéficié d'un plan de départ anticipé. C'est un peu jeté du monde du travail parce que les seniors coûtent trop cher. C'est un contexte un peu compliqué de fin de carrière. Et donc, ce que je voulais savoir, si cette réforme, sachant que j'ai droit à encore potentiellement une année d'allocation chômage, est-ce que cette réforme va me concerner et réduire ma durée d'allocation
Merci pour votre question, Denis. Est-ce qu'on peut répondre à un oui ou non, Olivier Guivarche, à Denis, à ce stade ou pas ?
Moi, je voudrais surtout revenir sur ce qui vient d'être dit. J'entends, mais est-ce qu'on peut
quand même rassurer Denis ou pas ? En gros, sa question, c'est est-ce que c'est rétroactif quand je suis au milieu à partir du moment où c'est mis en place le 1er décembre, si le chômage de Denis date de manière suffisamment antérieure ? Quand on calcule les droits,
on calcule les droits avec les règles en vigueur et il bénéficiera des règles qui sont en vigueur au moment où on calcule les droits du demandeur d'emploi. Voilà, ça répond à sa question.
Mais je voudrais revenir sur ce qui a été dit
parce qu'à la CFDT, nous sommes assez surpris qu'on puisse présenter le bonus senior comme la vraie bonne idée dans la mesure où ça existe déjà. C'est-à-dire qu'il existe déjà la possibilité de cumuler l'allocation chômage avec un revenu quand justement le revenu n'est pas suffisant et quand finalement l'emploi retrouvé est en deçà de l'emploi perdu. Et puis c'est contradictoire avec l'idée selon laquelle on ne doit pas stigmatiser les seniors. Si on présente les seniors comme des personnes pour lesquelles c'est difficile d'embaucher, qui posent des problèmes, on va continuer à les stigmatiser et on aura encore un problème de taux d'emploi des seniors.
Et puis enfin, tout ce qui vient d'être dit sur le bonus senior ne répond pas au problème d'Eric, le premier auditeur qui cherche un emploi dans sa branche d'éducateur spécialisé et pas de chauffeur de taux de taux de taux de taux et il ne va pas devenir agent de sécurité en claquant des doigts. Et puis, qu'est-ce que c'est que cette société où il faudrait occuper un emploi qu'on n'apprécie pas, pour lesquels on n'a pas les bonnes compétences ? De toute façon, les employeurs ne veulent pas ça non plus.
Alors justement, je voudrais qu'on rejoigne et que nous avons au téléphone Marc Ferracci qui est avec nous. Bonsoir, M. Ferracci. Bonsoir. Merci d'être avec nous. Marc Ferracci, vous êtes économiste mais vous êtes aussi député Renaissance des Français hors de France et vous vous dites, c'est dans ce sens qu'on vous a lu en tout cas, que ce texte est déséquilibré. En gros, est-ce que je caricature en disant que les entreprises, on leur demande finalement pas grand-chose ?
À ce stade...
Eric Chevet vous écoute avec beaucoup d'attention.
Oui, je le salue. À ce stade, je constate que les règles qui touchent à l'indemnisation sont sur la table et moi je soutiens ce volet indemnisation de la réforme parce que je pense que nous devons faire face aujourd'hui à une situation du marché du travail qui se caractérise par des difficultés de recrutement qui n'ont pas disparu, elles sont au même niveau que durant la période avant Covid.
Donc moi je suis en soutien du volet indemnisation de la réforme mais j'étais également en soutien d'une généralisation du bonus malus dont je veux dire d'une part qu'il produit des effets puisque nous avons une évaluation qui a été menée par des chercheurs indépendants pilotée par la Dares c'est-à-dire le service statistique du ministère du Travail et qui montre que le nombre de fins de contrat des entreprises qui sont concernées par le bonus malus dans les sept secteurs qui sont concernés sur 38 et bien le nombre de fins de contrat a tendance à diminuer et je veux simplement dire parce que j'ai entendu Éric Chevet qui disait que le bonus malus ne rapportait rien à l'assurance chômage c'est faux dans la mesure où on diminue le nombre de fins de contrat on diminue aussi la récurrence au chômage des personnes qui alternent les contrats courts avec de l'indemnisation au chômage et c'était bien le but de ce bonus malus donc la réalité c'est que ce bonus malus d'abord il y a la précarité de l'emploi et j'en termine il fait aussi des économies donc je pense qu'il y avait une fenêtre d'opportunité pour généraliser ce dispositif et je regrette que ce ne soit pas quelque chose de parfaitement acquis et c'est un euphémisme que de dire ça
donc mais est-ce qu'on est dans un texte déséquilibré qu'il faut rééquilibrer vers les entreprises Marc Ferracci est-ce que c'est ce que vous dites est-ce que vous avez l'oreille notamment du gouvernement est-ce qu'il y a quelque chose à aller chercher là-dedans parce qu'on a l'impression que le seul levier au fond c'est l'assurance chômage donc c'est là-dessus de toute façon qu'il faudra miser quoi qu'il en soit il y a peut-être bien d'autres leviers
non ?
absolument pas c'est pas ce que je dis il y a évidemment beaucoup d'autres leviers pour aller vers le plein emploi il faut régler les problèmes de formation il faut régler les problèmes de freins périphériques il faut aussi régler les problèmes d'attractivité des métiers les freins périphériques c'est-à-dire les problèmes de garde d'enfants de logement de santé que peuvent avoir à résoudre les gens qui cherchent se retrouvent un emploi et il faut également que du côté des entreprises et des branches professionnelles des efforts soient faits pour favoriser l'attractivité des métiers en termes de conditions de travail et de conditions salariales mais ce que je dis sur la réforme de l'assurance chômage c'est que effectivement cette réforme de mon point de vue sera équilibrée si on demande des efforts aux entreprises et ça effectivement ça passe toujours de mon point de vue par la généralisation du bonus mal
alors voilà effort aux entreprises Marc Ferrati je vous remercie beaucoup je vous ai entendu j'ai vu que vous aviez lié le doigt Olivier Guivarch allez-y et puis évidemment Eric Chevet vous allez pouvoir répondre immédiatement derrière
la seule chose que la CFDT partage pour l'instant avec monsieur Ferrati c'est que effectivement les plus précaires payent seule la facture et je vous ai donné un chiffre on a le nombre de CDD donc de contrats à durée déterminée de moins d'un mois n'a jamais été aussi élevé il est de 4 677 000 c'est 66% des embauches donc on a un vrai problème de qualité de l'emploi ce qui est proposé donc ce sont des contrats qui ne permettront pas demain d'être indemnisés et pour la CFDT nous ne voyons pas en quoi s'acharner sur les chômeurs les stigmatiser va améliorer le taux de chômage
on parle de l'effet Marc Ferrati nous a parlé de l'effet déjà bonus malus moi j'aimerais bien justement connaître un peu les effets déjà puisqu'on en est à la troisième réforme de l'assurance chômage est-ce qu'on sait déjà est-ce qu'on peut déjà vérifier ce que nous disions tout à l'heure ou pas c'est-à-dire que les règles influent sur les comportements est-ce que ça à la version numéro 3 on peut déjà le dire
alors moi je peux répondre au moins sur le bonus malus puisque sur ce sujet-là Marc Ferrati effectivement a fait référence à des études qui sont faites en ce moment franchement nous les résultats tels qu'on peut les lire montrent pas des modifications comportementales majeures dans les entreprises qui sont concernées aujourd'hui dans les sept secteurs qui sont concernées par le bonus malus les sept secteurs il faut rappeler
c'est ceux qui emploient des gens en CDD et surtout en fait ce sont des secteurs
sur lesquels il y a beaucoup d'emplois de contrats effectivement il y a beaucoup de ruptures de contrats donc nous avions d'ailleurs travaillé sur cette question avec les partenaires sociaux avec la CFDT et les autres organisations syndicales et patronales nous avions travaillé sur cette question-là dans l'accord de novembre qui n'a pas été agréé du coup par le ministère et qui faisait qu'en fait on revenait sur le dispositif du bonus malus sans le supprimer mais en faisant en sorte d'essayer de l'accélérer notamment faire en sorte que les ruptures de contrats qui sont complètement différentes que de contrats courts ne soient pas intégrées dans ces calculs-là et on trouvait que là c'était un peu compliqué mais il y a des choses à modifier là-dessus
Marc Ferracci vous voulez répondre parce que je sais que vous êtes encore là allez-y une minute si vous le voulez bien et on retournera au standard
oui je vais être très rapide mais très sincèrement quand j'écoute Olivier Guivarche faire dire à des études ce qu'elles ne disent pas j'avoue que ça m'agace un tout petit peu d'une part il est très clair que les taux de séparation c'est-à-dire le nombre de fins de contrat dans les entreprises concernées par le bonus-valus changent quand on les compare aux secteurs qui eux ne sont pas concernés par le bonus-valus et donc ça s'interprète assez facilement comme des changements de comportement et d'autant plus que quand on écoute les DRH ils vous disent qu'ils prennent des mesures pour justement limiter le nombre de fins de contrat quand ils sont concernés par le bonus-valus et puis l'autre élément de la question que vous posiez c'est l'effet des changements dans les règles d'éligibilité l'évaluation de la DARES montre également que le passage de 4 à 6 mois de la durée d'affiliation qui s'est produit en 2021 a lui aussi produit des effets avec une augmentation de la quantité d'emplois des personnes qui étaient concernées donc on ne peut pas dire que les études ne montrent pas d'effet c'est absolument faux
et y compris depuis 2019 Marc Ferrati je vous remercie beaucoup je vois Olivier Guivarch qui fait non avec la tête et j'entends je vais vous donner la parole je connais cette étude
de la DARES
ce que j'ai comme chiffre moi aussi sous les yeux c'est ceci en 2023 ce sont des chiffres qui viennent de France Travail qui dit que 83% des contrôles clôturés ont confirmé la recherche d'emploi ou permis une redynamisation du demandeur d'emploi quelle que soit la source de sélection c'est donc au total 17% de l'ensemble des demandeurs d'emploi contrôlés qui ont été jugés en insuffisance de recherche et là aussi je me dis au fond le chiffre suivant même pour ce qui est des contrôles aléatoires est de 91% des gens qui cherchent effectivement un travail ce qu'on entend beaucoup au cours de cette réforme c'est il faut inciter au travail la recherche n'est pas la bonne et donc c'est comme ça qu'on demande à des gens comme Eric d'aller effectivement chercher parfois un travail qui n'est pas le sien moi je trouve que ces chiffres sont contradictoires avec ce que dit France Travail en fait les gens qui ne cherchent pas restent quand même une minorité par rapport aux gens qui cherchent on est d'accord avec ça Eric Chevet ou pas ?
Oui bien sûr non non mais je pense qu'il ne faut pas généraliser sur l'ensemble des demandeurs d'emploi ceci dit nous avons quand même des exigences nous les partenaires sociaux vis-à-vis de France Travail et France Travail nous les organisations patronales sur le nombre et la qualité des enquêtes qui sont réalisées parce que nous trouvons que dans ce qu'on appelle la convention tripartite entre l'État France Travail et l'UNEDIC il devrait y avoir un peu plus de notre point de vue de contrôle et de la qualité du contrôle qui est fait sur le terrain donc ça c'est un point qu'il ne faut pas négliger parce qu'effectivement Marc Ferracci disait tout à l'heure
Donc chacun son étude pour qu'elle dise à peu près sur quoi on est d'accord j'ai bien compris que c'est comme ça que ça allait marcher
Je pense qu'il faut effectivement avoir une vision un peu globale effectivement il n'y a pas que la question de l'emploi mais ce qui était surprenant d'ailleurs dans l'exemple d'Éric le premier auditeur Décidément notre auditeur étalon c'était que c'est un métier éducateur spécialisé sur lequel c'est un métier en tension Donc on voit bien que c'est la problématique de l'âge et du comportement des employeurs qui n'embauchent pas donc je reviens sur ce problème là je pense que c'est vraiment la clé c'est de débloquer ceci
Vous avez entendu ce que vous a dit Marc Ferracci et là-dessus j'imagine qu'Olivier Guivar je vous serais d'accord il a dit aussi des efforts et notamment sur les conditions de travail sur les salaires et sur tout ça et c'est aussi ça qui ramène les gens à l'emploi On va écouter Laurent qui est à Clichy Bonsoir Laurent Bonsoir On vous écoute Laurent
Oui moi aussi alors j'ai bientôt 61 ans je suis au chômage depuis un bon moment maintenant alors vu mon âge je bénéficie effectivement de 3 ans de couverture mais enfin il est évident que j'ai cherché du travail dès ma période dès que je savais que j'allais être être mis dehors et j'en ai trouvé j'ai trouvé effectivement du temps partiel du temps toujours des petits CDI donc parce que je voulais surtout pas rester à la maison et ne faire que ne rien faire justement et ce que je voulais dire aussi c'est deux choses d'abord je voulais dire une chose j'étais très vexé très touché j'arrive pas à trouver l'adjectif adéquat quand le premier ministre a parlé effectivement des chômeurs ça m'a fait vraiment mal parce qu'il ne sait pas ce que c'est que le chômage le chômage c'est pas de rester sur son canapé le chômage c'est de passer d'envoyer des dizaines et des dizaines de candidatures d'appeler de se déplacer essayer d'avoir et en sachant et puis au bout d'un moment rien ne marche et il est évident que le moral qu'est-ce qu'on vaut dans la société et qu'est-ce qui voilà on a 60 ans et on est bon acheté on doit travailler jusqu'à 62 enfin plutôt 63 depuis mon âge et qu'est-ce que je vais faire et qu'est-ce que je vaux alors là j'ai eu la chance quand même vendredi de décrocher un contrat pour un an donc je suis très content et très heureux mais je vous assure que si cette émission avait eu lieu jeudi c'est-à-dire avant mon entretien de vendredi je n'aurais pas appelé parce que j'étais trop trop mal de ne pas savoir ce que j'allais faire et c'est ça qu'on vit c'est ça qu'on vit et donc il faudrait qu'ils comprennent aussi qu'on n'est pas là à rester à ne rien faire c'est vrai qu'on a du temps mais le temps on le passe effectivement à chercher et franchement c'est pas quelque chose à vivre qui est facile et les discours de ils profitent du chômage ils profitent du chômage ben je n'ai pas bien que tous ceux qui le disent ben ils se mettent au chômage voilà ils verront ce que c'est voilà qu'ils soient dirigeants ou pas et moi je l'ai vécu c'est la deuxième fois dans ma vie où je vis cette période ben je sais que c'est pas une période facile
Laurent pardon pardon pardon je voulais pas vous interrompre vous finissiez votre phrase
bon ben je sais pas
mais en même temps je voulais surtout vous dire qu'on a bien entendu ce que vous nous disiez on a entendu aussi l'émotion qu'il y a dans votre voix et c'est bien normal et merci vraiment beaucoup pour son témoignage c'est ce que je disais vous allez pouvoir réagir tous les deux Olivier Guiverch à l'instant en donnant les chiffres c'est ça qu'il nous dit notre auditeur il dit je fais partie de ces 91% de gens qui cherchent du travail donc est-ce qu'on est en train de faire une réforme de l'assurance chômage pour un 9 petit pourcent par rapport aux 91% des gens qui sont comme Laurent et qui cherchent comme des fous en fait
c'est pourquoi la CFDT juge cette réforme terriblement injuste et puis nous rappelons que c'est une expérience traumatisante d'ailleurs on met en avant une pétition sur change.org avec le témoignage de Alain un demandeur d'emploi réel qui essaye de trouver un emploi qui n'y arrive pas il faut rappeler que au moins un salarié sur deux est passé par la case chômage ça concerne des proches ça concerne tout le monde en fait tous les travailleurs sont concernés par le chômage et c'est très très injuste d'aggraver la précarité des plus vulnérables et de littéralement exclure de l'assurance chômage une grande partie des demandeurs d'emploi je rappelle que plus de la moitié des demandeurs d'emploi aujourd'hui ne sont pas indemnisés
Eric Chevet il y a une petite musique si je vous pose la question c'est parce qu'hier sur cette même antenne François Bayrou qui était invité de l'émission politique a dit a expliqué qu'il y avait trop de gens au fond qui profitaient du système et notamment chez les jeunes d'ailleurs pas chez les seniors disons qu'en gros ils travaillaient six mois le temps de recharger leurs droits qu'ils allaient ensuite vivre leur vie ailleurs qu'ils se remettaient à travailler pour recharger à nouveau leurs droits etc et que c'était aussi en partie pour ça qu'il fallait réformer le système encore une fois moi je me demande toujours dans ces cas là et je compare avec ce que vient du témoignage très émouvant vient de nous livrer Laurent jusqu'à quel point on a une idée qui est une idée une idée fausse des gens qui sont au chômage qui n'ont pas envie de se lever le matin qui n'ont pas envie de faire d'efforts et tout ça c'est très compliqué on est quand même beaucoup dans cette espèce de caricature là non quand même aujourd'hui encore
oui mais on est quand même dans un système en France où la protection sociale est quand même très développée il faut quand même
très ça veut dire trop ou pas
je ne sais pas mais en tout cas elle est bien développée et pour la financer de toute façon il faudra augmenter notre taux d'activité il faudra augmenter nos valeurs ajoutées parce que c'est ça qui permettra de financer notre protection sociale donc l'assurance chômage c'est une assurance ça n'est pas un dispositif au départ ça n'est pas un dispositif de solidarité donc nous ce que nous demandons nous à la CPME c'est que ce soit géré comme une assurance pas comme un dispositif de solidarité je conçois que les situations sont parfois extrêmement compliquées et on le voit à chaque fois c'est sur les fins de carrière que c'est compliqué et c'est pour ça qu'il faut maintenir un dispositif spécifique pour répondre à Olivier Guivarch de tout à l'heure à partir de 57 ans parce que effectivement c'est plus compliqué et les changements de comportement des entrepreneurs des employeurs et des personnes ne sont pas encore là donc il faut absolument modifier ça modifier le comportement
modifier la vision du chômeur aussi j'entends dans ce que vous dites Eric Chevet il y a une question plutôt pour vous c'est celle de Catherine bonsoir Catherine plutôt pour vous Olivier Guivarch allez-y Catherine oui bonsoir
merci de prendre mon appel voilà je voudrais savoir quel est le rôle de l'État dans le financement de l'assurance chômage est-ce que l'État contribue à l'équilibre financier en apportant des fonds à l'assurance chômage ou au contraire est-ce qu'il ponctionne ce régime
est-ce que vous pouvez merci beaucoup Catherine Olivier Guivarch est-ce qu'on peut répondre très concrètement et très simplement à Catherine
alors très simplement 80% des recettes de l'assurance chômage pour verser les allocations 80% ce sont des cotisations employeurs et c'est l'UNEDIC qui gère ça et puis 20% aujourd'hui c'est l'impôt tout simplement donc l'État mais la solidarité nationale c'est-à-dire tous nos concitoyens alors qu'auparavant il y avait une cotisation salariée mais qui a été supprimée en 2018 donc pour résumer 80% cotisation employeur 20% l'État
et en même temps justement et puisqu'on est là-dessus j'ai une question sur mon compte Twitter pour le coup qui dit les partenaires sociaux n'ont pas été capables de trouver un accord sur l'assurance chômage ils l'ont cherché pendant deux ans donc finalement c'est le gouvernement qui prend les rênes et au fond on a ce qu'on mérite Olivier Guivarch deux ans de négociations qui effectivement n'ont pas abouti
c'est faux c'est-à-dire que nous avons conclu un accord en novembre 2023 qui devait être complété sur les seniors mais on n'a pas trouvé d'accord sur les seniors mais nous avions trouvé un accord sur d'autres règles d'indemnisation et nous avions trouvé un consensus pour faire une autre réforme plus juste qui justement permet de protéger les plus faibles les saisonniers notamment et les primo entrants c'est-à-dire ceux qui pour la première fois demandent une indemnisation et cet accord aurait pu être agréé par le gouvernement
la suite de la question de Catherine à l'instant c'était aussi de se demander au fond si et fort de cet accord notamment l'état à la fin prend de l'argent dans la caisse de l'unédic en fait oui parce qu'il faut quand même
rappeler que le régime d'assurance chômage ça répond aussi à la question de Catherine sous-jacente c'est que l'assurance chômage a des excédents c'est-à-dire que aujourd'hui les ressources de l'assurance chômage permettent d'indemniser les demandeurs d'emploi avec les règles actuelles de réduire la dette de l'assurance chômage et de garder encore des excédents ça c'est c'est la réalité et c'est pour ça que nous disons à la CFDT que la réforme actuelle ne vise pas l'objectif du plein emploi ça vise à capter une partie des excédents qu'on devrait protéger pour continuer à réduire la dette et puis comme amortisseur social pour les années à venir
après on a Livio sur Whatsapp qui nous dit ceci je suis employeur dans le domaine du poisson trouver du personnel pour trouver du poisson n'est pas aisé un poste répétitif un poste dans le froid mais il faut bien du monde pour le faire donc contraindre est une obligation car tout le monde hélas dit-il ne gagnera pas 4000 euros par mois dans un bureau
c'est la question effectivement de l'attractivité des métiers il y a des métiers qui sont plus durs que d'autres effectivement les lois de marché doivent permettre de compenser ça et de faire en sorte que les salaires qui sont versés sur ces postes-là et d'ailleurs le poisson c'est un produit qui est relativement cher chez le poissainier mais qui doit permettre de compenser ça parce qu'effectivement il y a des métiers qui sont plus pénibles que d'autres et dans nos réflexions dans les réflexions que nous avons menées nous avons travaillé sur la question de la pénibilité la question de l'usure professionnelle aussi c'est une question très importante les branches sont en charge normalement de travailler sur ces dispositifs-là
Est-ce que vous avez le sentiment qu'on a un peu rayé d'un trait de plume au fond que ce qu'on est en train de faire mais pas seulement au travers de cette réforme de l'assurement chômage d'ailleurs tout ce qu'on disait après le confinement sur le fait que aujourd'hui les gens voulaient travailler différemment voulaient arriver dans le travail différemment alors tout ça est en contradiction avec Livio effectivement qui a bien besoin aussi de laver son poisson et de travailler 7 heures par jour dans des conditions difficiles mais est-ce que ça veut dire qu'on est en train de revenir sur tout ce qu'on a dit et imaginé d'un après 2020-2021 où le travail pouvait ou devait être différent Olivier Guivard
N'arrêtons pas de le dire du point de vue de la CFDT les aspirations des travailleuses et des travailleurs c'est toujours de parler du travail de l'attractivité du travail de mieux rémunérer le travail de mieux vivre au travail ces aspirations elles existent toujours le problème c'est que le gouvernement ne répond pas à ces aspirations sans tête dans des réformes injustes ne vise pas les objectifs qui sont affichés et nous avons encore beaucoup de sujets de négociation avec les employeurs parce que nous espérons encore aujourd'hui pouvoir parler de l'emploi des seniors de l'attractivité des métiers de l'usure professionnelle et tout ça pour répondre aux aspirations des salariés
Marianne bonsoir oui bonsoir il nous reste très peu de temps Marianne je m'excuse on a le temps de vous écouter mais s'il vous plaît soyez bref voilà merci beaucoup
voilà donc tout simplement je travaille dans l'insertion et beaucoup avec les femmes et en fait je voulais savoir comment le gouvernement comptait aider les femmes qui souvent des problèmes de garde d'enfants et qui en milieu rural pour beaucoup n'ont pas forcément non plus le permis pour se déplacer à trouver un travail plutôt que de les sanctionner en diminuant leur ARE
merci beaucoup et merci d'avoir été particulièrement brève est-ce qu'on peut répondre Olivier Guivarch à Marianne ?
c'est une question qui est posée au gouvernement ce que nous remarquons à la CFDT c'est que dans l'interview du premier ministre il ne parle jamais des perdants de sa réforme
elle parle surtout des chômeuseux d'ailleurs et je me posais la question de savoir si on allait retrouver les femmes du côté des perdants selon dans votre lecture
oui bien sûr puisque beaucoup de femmes sont à temps partiel dans des contrats successifs mais entrecoupées de chômage et elles seront touchées par cette réforme puisqu'on diminue le droit d'accès à l'indemnisation
voilà Benoît nous dit ceci je suis cadre dirigeant dans le secteur industriel on a beaucoup de mal à recruter ce n'est pas en raccourcissant le chômage que ça va marcher nous dit-il lui qui est cadre dirigeant il dit qu'il faut mieux former et que la solution serait dans une meilleure formation en vraiment visant d'Éric Chauvet
effectivement et donc il y avait une logique quand même à prendre aussi sur les excédents de l'assurance chômage pour les affecter à des dispositifs d'accompagnement vers l'emploi ou de formation professionnelle ça il y avait une logique à travailler là-dessus on était presque arrivés au bout d'ailleurs il faut juste noter que si l'accord des partenaires sociaux n'a pas été agréé ça n'est pas sur la question de l'emploi des seniors mais sur d'autres questions de formation que ça a pêché
qui feront l'objet d'un autre téléphone sonne et vous serez les bienvenus tous les deux merci beaucoup merci à tous pour vos nombreuses questions les petits bateaux ce sera juste après le journal merci à tous
merci à tous