Nominations contestées au Conseil constitutionnel, propositions de Valérie Pécresse... Le 8h30 franceinfo d'Eric Dupond-Moretti
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:06OuverteRéponse partielle
Dans un sondage que France Info publie ce matin, seuls 14% des Français estiment que la sécurité s'est améliorée depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron. Ils sont 52% à dire le contraire. La situation s'est détériorée.
- 1:58RelanceÉludée
Vous dites quoi ? Les Français se trompent quand ils pensent que ça va moins bien ?
- 3:25OuverteRéponse partielle
Vous êtes en train, ce matin, de défendre votre bilan. Vous avez cité plusieurs chiffres, sauf qu'en fait, depuis plusieurs mois, vous faites face à une grogne des magistrats qui disent que tous vos recrutements, ils sont bien, mais ils sont loin d'être suffisants.
- 4:37RelanceRéponse partielle
Si vous leur dites, pour respecter la loi, les 48 heures maximum par semaine, laissez certains dossiers de côté, travaillez moins.
- 5:43RelanceRéponse partielle
Mais vous vous rendez compte que ça arrive à la fin du quinquennat, ça ?
- 7:04RelanceRéponse partielle
Moi, je vous transmets ce que disent les magistrats depuis des mois.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueChiffre
« 48% des Français ne disent pas cela. »
- 0:37Invité politiqueChiffre
« Dans ce sondage, d'ailleurs, les Français disent à 91% qu'il faut augmenter les moyens de la justice. »
- 0:50Invité politiqueChiffre
« 10 000 policiers de plus. »
- 1:09Invité politiqueChiffre
« Nous, nous avons embauché près de 700 magistrats. Très précisément, 698. »
- 1:14Invité politiqueChiffre
« Sous François Hollande, 27 magistrats ont été embauchés. »
- 1:21Invité politiqueChiffre
« Sous Nicolas Sarkozy, moins 142. »
- 1:40Invité politiqueChiffre
« Nous avons embauché 850 greffiers. »
- 1:43Invité politiqueChiffre
« Et nous avons embauché, dans la pénitentiaire, 3 000 agents. »
- 1:47Invité politiqueChiffre
« 1 500 CEPIP. »
- 2:44Invité politiqueChiffre
« Nous avons embauché 2000 personnels supplémentaires, que j'ai appelés les sucres rapides. »
- 3:05Invité politiqueChiffre
« Il faut 31 mois pour les former. »
- 4:06Invité politiquePromesse
« La prochaine promotion de l'école nationale de la magistrature sera la plus importante de l'histoire de cette école. »
- 5:00Invité politiqueChiffre
« 2 fois 8% d'augmentation du budget, alors que sous certains... »
- 5:10Invité politiqueChiffre
« 18% pour les services judiciaires, ce qui est du jamais vu et ce qui est historique. »
- 5:34Invité politiqueFait
« Nous avons fait le plus grand plan d'embauche, mais je dis, il reste des choses à faire. »
Temps de parole
- Invité politique65 %
- Invité18 %
- Présentateur8 %
- Invité 28 %
≈ 4,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Eric Dupond-Moretti. Bonjour. Dans un sondage que France Info publie ce matin, seuls 14% des Français estiment que la sécurité s'est améliorée depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron. Ils sont 52% à dire le contraire. La situation s'est détériorée. Ils ont tort, ils se trompent.
48% des Français ne disent pas cela. C'est la première remarque. Et puis, deuxièmement, ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il y a ce sentiment d'insécurité. Là, c'est une aggravation. Une aggravation, je l'entends. Ça ne m'interdit pas de travailler. Dans ce sondage, d'ailleurs, les Français disent à 91% qu'il faut augmenter les moyens de la justice.
Et ceux de la police aussi, dans les mêmes proportions.
Et ceux de la police. Figurez-vous que c'est ce que nous avons fait. 10 000 policiers de plus. Et en ce qui concerne mon périmètre, je veux m'arrêter deux secondes sur les chiffres. Parce que l'heure est venue du bilan, finalement. Et le bilan, comment on le fait ? On le fait grâce à un triptyque. Ce que nous avons fait, ce qu'ont fait les autres, et bien sûr ce qu'il reste à faire. Nous, nous avons embauché près de 700 magistrats. Très précisément, 698. Sous François Hollande, 27 magistrats ont été embauchés. Sous Nicolas Sarkozy, moins 142. Je devrais dire sous Nicolas Sarkozy et Mme Pécresse. Et les magistrats qui partaient à la retraite n'étaient pas remplacés. Nous avons embauché...
Je voudrais pouvoir vous dire cela. Parce qu'on peut jouer avec les mots, mais pas avec les chiffres. Nous avons embauché 850 greffiers. Et nous avons embauché, dans la pénitentiaire, 3 000 agents. 1 500 CEPIP. C'est-à-dire ? CEPIP, pardon. CEPIP, c'est les services pénitentiaires d'insertion et de probation.
Et pourtant, Éric Dupond-Moretti, pardon, on ne va pas faire chiffre contre chiffre. Non, non, non. Vous dites quoi ? Les Français se trompent quand ils pensent que ça va moins bien ? Pardonnez-moi.
Les Français se trompent ? Mais pas du tout. Le sentiment d'insécurité existe. L'INSEE dit que depuis 2010, ce sentiment a peu bougé. Moi, je ne suis pas là, monsieur, pour vous dire autre chose aujourd'hui que ce que nous avons fait. Parce qu'on peut s'arrêter dans une espèce de fatalisme et ne rien faire. Donc on bouge. Et les chiffres, pardonnez-moi, c'est extrêmement important. Je vous ai dit le triptyque, vous ne m'avez pas laissé le temps de terminer. Je vous ai donné un certain nombre de chiffres de ce que les autres ont fait, de ce que nous avons fait. J'ajoute que nous avons embauché 2000 personnels supplémentaires, que j'ai appelés les sucres rapides.
J'étais très critiqué à l'époque. Nous les avons embauchés dans le cadre de la justice de proximité. Et je dois vous dire que ces sucres rapides, nous les avons embauchés parce que je n'avais pas le temps d'embaucher des magistrats. Il faut 31 mois pour les former. Et j'ajoute, je termine, que les juridictions m'ont demandé de pérenniser ces assistants de justice, ces juristes assistants, ces renforts de greffe, grâce auxquels nous avons mis en place la justice de proximité dont j'aimerais vous parler.
On va en parler. Mais justement, Éric Dubourg-Maurici, vous êtes en train, ce matin, de défendre votre bilan. Vous avez cité plusieurs chiffres, sauf qu'en fait, depuis plusieurs mois, vous faites face à une grogne des magistrats qui disent que tous vos recrutements, ils sont bien, mais ils sont loin d'être suffisants. Parce que, par exemple, il faudrait 1500 magistrats de plus, il faudrait 2700 greffiers de plus. Vous n'êtes pas arrivé à la hauteur qu'il faut.
Enfin, pardonnez-moi, quand on peut voir le verre à moitié plein, le voir à moitié vide. Je vous ai dit que dans le triptyque que je propose comme explication, il y a ce que nous avons fait, notre bilan, ce qu'ont fait les autres et ce qui reste à faire. Et dans ce qui reste à faire, oui, il faut encore embaucher des magistrats. Et d'ailleurs, la prochaine promotion de l'école nationale de la magistrature sera la plus importante de l'histoire de cette école. Mais il reste des choses à faire. Bien sûr, les magistrats ont, cet an dernier, réalisé un travail en concertation avec la chancellerie. Ils parlent de 1500 magistrats du siège.
Uniquement pour respecter, pour pouvoir juger sereinement et pour pouvoir respecter les règles sur le temps de travail. Parce que vous savez qu'une plainte a été posée sur cette question près de la commission. Mais j'entends bien. Mais vous leur dites quoi aujourd'hui ? En attendant les futures embauches, celles qui vont arriver demain, Éric Dupond-Goretti, si vous leur dites, pour respecter la loi, les 48 heures maximum par semaine, laissez certains dossiers de côté, travaillez moins.
Je leur dis, il y a 20 ans, pour ne pas dire 30, d'abandon humain, d'abandon budgétaire, d'abandon politique. Donc, 2 fois 8% d'augmentation du budget, alors que sous certains... En partie pour les prisons. Mais c'est normal. Oui. Mais tout n'est pas allé dans les tribunaux. 18% pour les services judiciaires, ce qui est du jamais vu et ce qui est historique. Pardon, je le défendrai bec et ongle, ce bilan. Parce que, quand sous Alain Taubira, par exemple, on a 1% d'augmentation, nous avons fait 2 fois 8. La première fois, l'augmentation de 8%, tout le monde disait, ah mais c'est un fusil à un coup, c'est terminé, une fois mais pas deux. Nous avons fait 2 fois.
Nous avons fait le plus grand plan d'embauche, mais je dis, il reste des choses à faire. Alors, il y a ce travail des magistrats que vous évoquez, il y a les états généraux de la justice quand même. Il ne faut pas les oublier.
Dont on attendait les résultats, vous aviez demandé un rapport à Jean-Marc Saudet. Ah non, non, attendez, vous attendiez les résultats pour ce mois-ci, vous avez demandé un rapport. Finalement, on a appris que ce sera en avril, après la présidentielle. Mais vous savez pourquoi ? Non.
Parce que c'est un grand succès. Tellement grand qu'on pousse le débat après. Mais bien sûr, certains disaient, c'est un coup de com'. Alors, d'abord, vous ne faites pas faire un coup de com' à Jean-Marc Saudet. Quand on connaît ce grand monsieur et son indépendance d'esprit, on ne lui fait pas faire un coup de com'. Je rappelle que c'est lui qui a travaillé notamment sur les affaires de pédophilie dans l'église, qui a été missionné par les évêques pour ça. Absolument. Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Ça a un tel succès. Il y a un million de contributions. Il y a plus de 12 000 magistrats et greffiers qui ont participé aux états généraux. Donc on attend là aussi des chiffres.
Et puis la chancellerie a mis en place, j'ai mis en place, un outil pour savoir précisément combien il fallait de magistrats.
Mais vous vous rendez compte que ça arrive à la fin du quinquennat, ça ?
– Mais pas du tout, madame. – On est à la fin. – Mais pas du tout. La Cour des comptes dit qu'il faut 4 ans pour mettre cet outil en marche. Les Allemands qui l'ont mis disent également qu'il faut 4 ans. Et pardon de vous dire, pendant le quinquennat, nous avons embauché 698 magistrats. Jamais personne n'a fait ça avant nous. Mais vous croyez qu'il suffit de claquer des doigts pour régler tous les problèmes ? Si c'était aussi simple que ça, et aussi simple que vous le dites, je vous donne tout de suite les clés de la chancellerie et les clés du budget.
– Moi, je vous transmets ce que disent les magistrats depuis des mois.
Madame, moi, je défends ce bilan parce que ce que nous avons fait, personne ne l'a fait. Les syndicats de magistrats peuvent dire un certain nombre de choses. Ils sont dans leur rôle. C'est bien légitime. Et puis regardez, pardon, mais la surenchère, aujourd'hui, nous sommes en campagne électorale, ça n'a échappé à personne. Regardez les chiffres que proposent les candidats à l'élection présidentielle. Ils sont même bien au-delà des chiffres que proposent les magistrats eux-mêmes. Donc il faut être sérieux. Tout ça, ça s'analyse, ça se travaille, et il reste des choses à faire. Et d'ailleurs, je voudrais vous dire qu'il y a eu le Beauvau de la sécurité.
Le président de la République a fait un certain nombre d'annonces. Le ministre de l'Intérieur travaille à une loi de programmation. J'y ai une toute petite part, mais elle est active. Il y aura ensuite, bien évidemment, les états généraux de la justice. Et sans doute, là aussi, des mesures seront prises.
– Vous êtes déjà dans le deuxième quinquennat ?
– Écoutez, moi, j'espère qu'Emmanuel Macron va se présenter. Et pour ne rien vous placer, monsieur, ça n'est pas un scoop. J'espère qu'il va gagner cette élection.
– Si c'est le cas, et s'il vous le demande, Éric Dupond-Moretti, vous vous rempilez à la justice ? – Alors, s'il me le demande… – En quelques mots, si vous voulez bien.
– Ah oui, s'il me demande, je lui répondrai à lui.
– Bon, on verra ça ensuite. Merci beaucoup. 8h41, le fil info avec Diane Ferschit. Et on vous retrouve dans un instant.
– La fin de l'opération Barkhane au Mali, c'est ce que doit annoncer à 9h Emmanuel Macron, alors que s'ouvre aujourd'hui le sommet Union Européenne, Union Africaine. 2000 soldats français sont actuellement déployés dans le pays. La France qui continuera à être présente dans les pays voisins pour lutter contre les mouvements djihadistes. Le bouclier tarifaire pour le gaz bénéficiera aussi au HLM et aux copropriétés 5 millions de foyers concernés en plus face à la flambée des prix du gaz. Le vote utile à gauche, c'est Mélenchon. Affirmation de Ségolène Royal, c'est lui qui fait la meilleure campagne selon l'ex-candidate socialiste à la présidentielle.
Sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon se dit reconnaissant de ce soutien qui n'est pas un ralliement. La Maison Blanche qualifie de fausse l'annonce par Moscou d'un retrait de certaines de ses forces à la frontière ukrainienne. Elle affirme qu'au contraire, la Russie augmente sa présence sur le terrain d'au moins 7000 soldats. Aux Jeux Olympiques de Pékin, qualification de justesse ce matin pour Kevin Rolland. Le porte-drapeau français qualifié donc pour la finale de Skial Pipe, elle se tiendra à samedi. France Info Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel
Toujours avec le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti. Il y a un an, vous avez lancé la loi pour une justice de proximité. L'objectif, c'était de cibler la petite délinquance. Est-ce que vous diriez qu'aujourd'hui, la justice va plus vite et travaille mieux qu'il y a un an ?
Je dirais qu'elle va plus vite, qu'elle travaille mieux, qu'elle est plus proche des Français. D'abord, on a réouvert des lieux où la justice n'avait plus cours. Je pense à Cholet, Villeneuve-sur-Lotte, où je vais dans quelques minutes, dès que je sors d'ici. Gien, Château-Thierry, Louvier, Mauriac. Voilà des tribunaux qui étaient fermés, des lieux où la justice n'était plus rendue. Les délégués du procureur se rendent sur place pour rendre une justice de proximité. Alors, je vais vous donner quelques chiffres, on va très vite. 115 000 décisions qui ont été rendues hors les murs. Dans des points justice, nous en avons ouvert 2 000, ou dans ces lieux qui étaient des lieux sans justice.
On les enborger les tribunaux.
Absolument. Des mesures de réparation, 4 500 prononcées pour les majeurs, 10 000 pour les mineurs. C'est quoi ? C'est tu casses, tu répares et tu indemnises. Décision d'interdiction de paraître, multipliée par 5. Rodéos urbains, madame. 1 400 % d'augmentation des condamnations. 1 400 %. Sur certaines chaînes d'info continue, on voit tous les jours, place Belcourt, des types qui font du rodéo urbain, rodéo motorisé d'ailleurs. Donc ils sont toujours là en fait. C'est urbain et campagne. Pardonnez-moi, 1 400 % d'augmentation. Il y a des choses qui sont visibles et il y a des choses que l'on n'a pas envie de montrer. Voilà. Et puis, je vais vous dire autre chose.
Nous avons évidemment des décisions aujourd'hui. Ça, c'est la loi que j'ai portée, qui est une loi du mois d'avril 2021, qui permet de demander à l'auteur des infractions de basse intensité de verser directement de l'argent à des associations de victimes. Voilà.
Des réparations plutôt que...
On n'a pas deux heures et je le regrette, mais...
Oui, mais très rapidement, des réparations plutôt que des peines de prison. Certains peuvent dire que la justice devient encore plus laxiste.
Non mais madame, ne mélangeons pas tout, je vous en supplie. La délinquance grave a toujours été traitée dans ce pays. La délinquance de basse intensité, les tags. Vous voulez mettre quelqu'un en taule pour un tag ? C'est ça, votre programme ? Je ne peux pas le croire.
Je n'ai pas de programme, je ne suis pas politique.
350 infractions, qui sont des infractions qui pourrissent la vie de nos concitoyens. Nous les avons enfin, enfin traitées, grâce à des recrutements massifs, notamment de délégués du procureur, et grâce à ces sucres rapides que l'on a envoyés pour aider les parquets au quotidien.
Éric Dupond-Moretti, Valérie Pécresse, la candidate des Républicains, fait une proposition, elle demande, si elle est élue, qu'on ouvre des centres correctionnels fermés pour les délinquants qui ont déjà été condamnés à des petites peines, et donc au port de bracelets électroniques. Elle explique qu'aujourd'hui, ces bracelets sont brandis comme une sorte de fierté par les gens lorsqu'ils retournent chez eux. Elle dit donc qu'il faut les enfermer avec ce bracelet. Est-ce que c'est une bonne idée ou pas ?
Alors, le bracelet, c'est une disposition qui a été votée en 1993, sous Jacques Chirac. La gauche était hostile à ça, elle disait, mais au fond, il y a quelque chose d'humiliant, voilà. Et puis, on s'est habitué au bracelet. Il sert à quoi, le bracelet ? Il sert, là encore, pour les infractions de basse intensité, pour ne pas que les gens soient en prison et qu'il y ait une surcharge carcérale, qui est quelque chose de lourd et de grave. Les petites infractions, ça marche bien, le bracelet. C'est efficace. Tout le monde utilise le bracelet. Et voilà que Mme Pécresse, elle voudrait que des gens qui ont le bracelet destinés à éviter la prison, on les enferme dans des prêts fabriqués.
Elle en donne d'ailleurs la marque, elle dit Algeco. Comme ça, il y a Karcher et Algeco. On fait deux fois la pub. Et il faudrait sortir des agents de la pénitentiaire pour aller garder ces gens qui ont un bracelet. c'est d'une sottise abyssale.
Donc la proposition, elle ne vous plaît pas ? Il y a une autre proposition...
Elle ne me plaît pas, elle n'a pas de sens. C'est ou bracelet ou prison. Ça ne peut pas être bracelet dans des Algeco avec des agents de la pénitentiaire.
Vous dites qu'elle n'a aucun intérêt. Il y a une autre proposition que fait Valérie Pécresse. Elle souhaite instaurer, cette fois-ci, des peines territorialisées. C'est-à-dire que pour un même délit, la peine sera plus lourde si le délit est commis dans un quartier difficile. Là, que dit le garde des Sceaux ?
Le garde des Sceaux, il dit que les délinquants, ils vont aller commettre leurs infractions dans les beaux quartiers, à Versailles. Le garde des Sceaux, il dit que la devise de la République française, c'est liberté, égalité, fraternité. On s'arrête sur égalité. Vous voulez deux codes ? Deux codes pénaux ?
Il y a déjà des endroits où commettre un délit est une circonstance aggravante. C'est le cas des transports, par exemple, des gares, en tout cas. Oui, mais ça ne s'applique pas tout en France, monsieur.
Ça n'a strictement rien à voir. Ce n'est pas la même territorialisation. C'est qu'un tuple foi inconstitutionnel. Ce que propose Mme Pécresse... Et si elle change la constitution ? Mais, monsieur, écoutez-moi. Est-ce que vous trouvez qu'il est normal qu'un acte, on va prendre un vol, par exemple, soit plus puni dans un quartier qui est un quartier difficile que dans un beau quartier ? Franchement, les gens, ils ont un bon sens, quand même. Ça n'a... Elle est toujours dans cette logique. On est dans une surenchère permanente. On peut tout dire, mais pas n'importe quoi. Voilà ma réponse.
Éric Dupond-Moretti, je voudrais vous entendre sur un féminicide récent qui a eu lieu le 28 janvier dernier à Paris. Hier, la voiture, l'arme et les munitions du policier qui est soupçonné d'avoir commis ce féminicide ont été retrouvées du côté d'Amiens. Il aurait tué sa compagne fin janvier dernier à Paris. Il a fallu deux semaines pour qu'un avis de recherche soit lancé pour le retrouver. C'est un juge d'instruction qui a lancé cet avis de recherche. Les associations féministes ne comprennent pas pourquoi ça a été si long. Qu'est-ce que vous pouvez leur dire ?
D'abord, monsieur, j'ai évidemment de la compassion pour ce drame effroyable. Tous ces féminicides sont des drames absolument effroyables. Pour le reste, vous le savez, je ne peux pas répondre à votre question. Je ne peux pas le faire. Je suis garde des Sceaux et je ne peux pas donner mon avis sur une affaire qui est en cause. C'est une règle constitutionnelle très importante. Sur le délai, sur les deux semaines pour l'avis de recherche. Non, monsieur, je ne peux pas. Ce n'est pas possible.
Ce n'est pas automatique. Quand Amon est en fuite avec une arme...
Monsieur, je ne vais pas vous dire une troisième fois, si. Est-ce utile, madame, que je dise à votre collègue
qu'elle ne peut pas répondre ? Ce n'est pas parce qu'elle vient de le dire directement. Éric Dupond-Moretti, en 2019, cet homme avait déjà été mis en cause pour des violences conjugales. Monsieur, monsieur... Attendez, je vais vous poser la question. Vous me direz ensuite si vous ne pouvez pas y répondre. Vous avez déjà été mis en cause. Vous allez voir où je veux en venir, peut-être. Pour des violences conjugales contre sa compagne de l'époque. Il avait été sanctionné d'un avertissement. C'est la sanction disciplinaire la plus basse de la fonction publique. Est-ce qu'il faut, aujourd'hui, recenser les membres des forces de l'ordre impliqués dans des affaires de violences conjugales ?
Ne serait-ce que que ce ne soient pas ces policiers ou ces gendarmes qui accueillent les plaignantes ?
Monsieur, écoutez-moi. Je vous ai dit que cette affaire était en cours. Cela m'interdit tout commentaire. Bien sûr qu'il faut être très attentif quand on recrute des policiers, des magistrats, des journalistes sans doute aussi, le personnel politique.
Là, ce n'est plus le recrutement. Ils sont déjà là. Ils peuvent être impliqués dans des affaires, parfois condamnés. Est-ce qu'il faut les recenser, éviter que ce soit eux qui accueillent les victimes ? Écoutez-moi, monsieur. Je vais vous dire quelque chose.
J'ai mis en place la justice de proximité. Les jugements aux affaires familiales, nous les avons déstockés de 23%. C'est-à-dire que nos compatriotes vont attendre moins de temps. C'est ça dont je veux vous parler. Ne me parlez pas d'un cas particulier, surtout quand je vous ai dit... Je ne vous parle pas d'un cas particulier. Je vous parle d'une généralité. Enfin, écoutez, monsieur, ce n'est pas une généralité puisque vous le rattachez à ces événements. Bien sûr qu'il faut être très attentif. Et bien sûr que quand un certain nombre de choses sont sues, il faut en tirer les conséquences qui s'imposent. Voilà.
Vous ne voulez pas que je vous reparle de justice de proximité et du déstockage qui est en cours et qui est une petite réussite dont le garde des Sceaux qui est en face de vous est assez fier. Vous aurez eu l'occasion de le dire également.
Une autre fois. Non, là, vous venez de le dire et on a entendu votre bilan il y a quelques minutes sur la justice de proximité. On va poursuivre, si vous voulez bien, Éric Dupond-Moretti, cet entretien, dans une minute exactement. Le temps du Filinfo à 8h50 avec Dan Ferschit.
Le projet de loi qui réforme l'assurance des crédits immobiliers s'apprête à être adopté au Sénat. Le texte doit s'appliquer. D'ici quelques mois, les emprunteurs pourront désormais changer d'assurance à tout moment. Depuis l'Elysée, Emmanuel Macron doit annoncer d'ici une dizaine de minutes la fin de l'intervention française au Mali. Certains militaires seront redéployés dans les pays voisins depuis le début des opérations. Il y a 9 ans, 59 soldats français sont morts au Mali. À la cour d'assises de l'Isère, réquisition attendue aujourd'hui dans le procès de Nordal-Lelandais, jugé pour l'enlèvement, la séquestration et le meurtre de la petite Maëlys. L'ex-maître chien encourt la perpétuité.
Il dit croire en la candidature d'Éric Zemmour. Nicolas Bay démitte ses fonctions. Au Rassemblement National rejoint le candidat de reconquête à un ralliement qui était attendu. Nicolas Bay accusé d'avoir transmis à Éric Zemmour des informations sur la campagne de Marine Le Pen. Il porte plainte pour diffamation. La tempête d'Odlais se dirige à présent vers l'Est, vers l'Allemagne et les Pays-Bas après avoir touché le nord de la France. la nuit dernière, avec des rafales de vent qui ont atteint plus de 100 km heure. France Info. Le 8.30 France Info. Salia Brakia, Marc Fauvel.
Éric Dupond-Moretti, le président de l'Assemblée Nationale. Richard Ferrand propose que Véronique Malbec fasse son entrée au Conseil Constitutionnel. Particularité, c'est aujourd'hui votre directrice de cabinet, Véronique Malbec, avant de travailler avec vous. Elle était procureure générale de Rennes, c'est-à-dire qu'elle était responsable hiérarchique du procureur qui a classé sans suite en 2017 l'affaire des Mutuelles de Bretagne dans laquelle Richard Ferrand était mis en cause. Il n'y a rien de gênant dans tout ça ?
Non, il n'y a absolument rien de gênant dans tout ça. D'abord, vous avez ceux qui pensent que ce poste au Conseil Constitutionnel leur revenait de droit et qui ont activé leur petit réseau pour dire du mal de Véronique Malbec et de Richard Ferrand. Richard Ferrand ne doit rien à Véronique Malbec. Elle était procureure générale à Rennes, vous l'avez rappelé, et l'article 36 du Code de procédure pénale interdit au procureur général, madame, de donner des ordres de classement sans suite à un procureur, en l'occurrence le procureur de Brest.
Elle n'a jamais donné son avis dans cette affaire. Elle n'a jamais suivi cette affaire.
C'est extraordinaire. J'ai l'impression ce matin que je parle une autre langue. Oui, oui. L'article 36 du Code de procédure pénale interdit au procureur général de donner des ordres. D'accord, c'est clair ? Et la mauvaise foi ne se présume jamais. C'est une règle d'or. Pardon de vous le dire. C'est injurieux pour le procureur parce qu'on...
Qui a classé l'affaire ?
Parce qu'on dit... Ben oui, parce qu'on dit au fond il aurait reçu des ordres. Il aurait conditionné... Mais calomnié, calomnié, il en reste quelque chose. C'est injurieux pour Véronique Malbec. C'est injurieux pour Richard Ferrand. Et je vous rappelle que Richard Ferrand, le non-lieu, il est prononcé à doué. À doué. Et Mme Malbec, je vais vous dire pourquoi, à mon avis, Richard Ferrand l'a désigné. Parce que c'est une grande magistrate. Parce que c'est une grande professionnelle. Parce qu'elle est à mes côtés quand je suis auditionné devant la commission des lois et que tout le monde souligne son travail.
Parce que les directeurs de cabinet des différents ministres disent à quel point elle est bosseuse. À quel point elle connaît son métier. À quel point elle est intègre. Et l'équipe autour de moi, 15 conseillers... Je vais vous dire quelque chose. Tout le monde aime Véronique Malbec parce que c'est quelqu'un de très bien. Et la salir de cette façon, c'est ignominieux.
Quand l'opposition dit au mieux c'est maladroit, au pire c'est un conflit d'intérêts évident, elle se trompe.
Mais il faut piapiater, il faut jaser, il faut démolir. Tout est permis durant cette campagne. Mais salir l'honneur de Véronique Malbec, ça me touche bien davantage que les attaques dont j'ai pu être l'objet ces derniers mois. Parce que, je vais vous dire quelque chose, madame, pardonnez-moi, cette familiarité, c'est absolument dégueulasse. Vous dites que c'est une grande magistrate,
c'est une grande professionnelle, on n'a pas à l'attaquer. Une autre nomination au Conseil constitutionnel, c'est celle de Jacqueline Gourault, qui est une très proche de François Bayrou et qui, dans sa formation, était professeure d'histoire-géo. Est-ce que c'est aussi une grande professionnelle de la justice ? Est-ce qu'elle va pouvoir trancher les textes les plus importants de la République, c'est-à-dire la Constitution ?
Moi, je connais de grands journalistes qui n'avaient pas le baccalauréat. Je vais vous les citer, si vous le voulez. Moi, je serais incapable de... Mais je vais vous dire, on peut évoluer dans la vie. Elle était professeure d'histoire-géographie, elle est devenue une très grande ministre. Et en réalité, ça ne va jamais. Je vous rappelle d'ailleurs, pardon, que Richard Ferrand avait désigné M. Alain Juppé. Et là aussi, il y avait eu un certain nombre de critiques.
Vous voyez bien qu'au Conseil constitutionnel, actuellement, tous les membres sont soit diplômés de droit, soit anciens premiers ministres. Donc là, le profil de Jacqueline Gourault ne vous étonne pas pour le Conseil constitutionnel.
Mais un ancien premier ministre n'est pas forcément un diplômé de droit.
Pardonnez-moi, madame. Il a géré la France.
Mais... Et alors, elle n'a rien géré, Jacqueline Gourault, il vous a échappé qu'elle était ministre, qu'elle connaît parfaitement les territoires, que tous les ministres, et je fais partie de cela, admirent la qualité de son travail. Mais on a besoin dans cette société de démolir. Et je vais vous dire quelque chose. Dans un article qui sort aujourd'hui dans Le Point, on explique que les violences, elles ont pour partie comme origine le fait qu'en permanence on démolisse les politiques. Dans quelques années...
C'est la photo média, donc ?
Dans quelques années, madame, chacun regarde et balaille devant sa porte. Dans quelques années, plus personne, à ce rythme, ne voudra faire de la politique.
Éric Dupond-Moretti, une proposition de loi est examinée en ce moment au Parlement pour permettre à toute personne de demander une fois dans sa vie de changer de nom, c'est-à-dire prendre ou ajouter le nom de sa mère, par exemple, quand on porte le nom de famille de son père. Pourquoi vous défendez cette loi ? Quel est son objectif ?
Parce que c'est une loi proche de nos compatriotes. Vous savez, beaucoup d'entre nous, nous sommes fiers du nom que nous portons. Mais parfois, c'est une souffrance.
Dans les cas d'affaires d'inceste, par exemple, de violences familiales ?
Je pense au témoignage que j'ai reçu, j'en ai reçu des centaines et des centaines, d'une femme qui me dit « Moi, je ne porte pas le nom de mon père, je le supporte, il m'a violé. » Et je ne voudrais pas que ce nom-là soit gravé sur ma tombe le jour où je mourrai, c'est une dame de 70 ans. Je pense aussi à la femme qui élève seule son enfant. L'enfant ne porte pas son nom et elle est obligée. Chaque fois qu'elle fait une démarche, elle veut l'inscrire au judo, à la musique, à l'école, de sortir le livret de famille. Je souhaiterais qu'on puisse adjoindre le nom de sa maman au nom du papa pour que ça facilite
au fond la vie de ses femmes. Est-ce qu'un enfant ou un mineur pourra changer de nom après un divorce, par exemple ? Non.
À partir de quel âge on pourra le faire ? Alors, mineur, on est dans de la, non pas dans de la substitution, c'est en train d'être discuté entre l'Assemblée nationale et le Sénat et ça se fera avec l'accord des parents. C'est très très important.
Oui, parce que ça pourrait rajouter de l'huile sur le feu dans certains divorces, par exemple, où les enfants seraient
tiraillés entre les deux camps. Et majeur, parce qu'il faut bien sûr distinguer mineur-majeur, on pourra une fois dans sa vie changement de nom. On peut le faire aujourd'hui, mais au prix d'infinie complexité. Il faut saisir la chancellerie, donner des tonnes de documents et puis parler de son intimité. Moi, je trouve que c'est une loi de liberté parce que vous n'avez pas à raconter à l'administration que vous avez été violé par votre père, si c'est le cas.
Là, ça pourrait se faire en mairie, c'est ça ?
Exactement. Une loi de liberté, une loi d'égalité, bien sûr, c'est extrêmement important, une loi de simplification.
Et il n'y aura pas besoin de le justifier en mairie ?
Ben non. Ben non. Il y aura un délai de rétractation, c'est envisagé. Je pense en particulier aux très très jeunes, il faut leur laisser le temps. Il y aura quelque chose de solennel sur le CERFA, ce sera un CERFA, vous savez, document, mais quelque chose de très solennel pour bien rappeler que c'est un engagement que de changement de nom. Je pense aussi aux femmes qui m'ont écrit et qui m'ont dit « Moi, je porte un nom prestigieux, il va s'éteindre, je ne pourrai pas le transmettre à mes enfants. » Ben là, je trouve qu'on fait vraiment de la politique parce que c'est une loi qui est faite pour les gens. Vous voyez, c'est ça le sens de l'action politique.
Et moi, je suis fier de porter ce texte qui est un texte qui émane d'un parlementaire, le député Vignal, et plein d'hommes, plein de femmes regardent ce texte en l'appelant de leurs voeux et je pense que très prochainement, ce texte sera en vigueur. Merci beaucoup,
Éric Dupond-Moretti. On va vous laisser filer du côté de Villeneuve-sur-Lotte. Vous irez défendre...
Je parlerai de justice de proximité plus longuement encore. Mais pas forcément. Avec un très beau bilan
sur le déstockage. On l'a bien entendu. On l'a bien entendu. Merci à vous. Dans quelques instants, on suivra en direct les annonces d'Emmanuel Macron depuis l'Elysée concernant la fin de l'opération Barkhane au Mali, le chef de l'État qui a réuni hier plusieurs dirigeants africains, plusieurs de nos partenaires. En Afrique, on attend les annonces. On sera évidemment avec Franck Cognard, le spécialiste défense de France Info, avec Jean-Jérôme Bertolus, avec Renaud Delis. Vous restez avec nous. C'est dans quelques instants. Si le chef de l'État est à l'heure, ce qui n'est pas sa plus grande habitude, on le saura dans les minutes qui viennent. Il est 9h sur France Info.
Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille. Le podcast du service politique à découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.