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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 13 juillet 2026 7 min

Réarmement de la France : Emmanuel Macron peut-il revendiquer un engagement tenu ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Alors aujourd'hui Emmanuel Macron a fait son discours aux armées. Il dit que l'engagement a été tenu. Est-ce que c'est un effet en trompe l'œil George Fenc ?

Moi, j'ai j'ai du mal hein, je suis désolé mais j'ai un peu de mal avec notre président de la République dès lors qu'il notamment parle aux armées parce que je garde [raclement de gorge] un souvenir cruel amè la manière dont il avait congédié et humilié devant les troupes un certain général de Villier. Et à partir de là, si vous voulez, d'avoir affirmé avec cet autoritarisme un peu enfantin, je suis votre chef, je suis votre chef, à 10 mois maintenant de son départ, les réunir comme ça dans la cour de l'hôtel Brienne en plein canard, je dirais, alors que ils étaient à l'ombre. Et et ces troupes, c'est vrai qu'elles ont le mérite de résister à toutes les températures, hein.

Mais et puis il y a quelque chose de dis très franchement le ressenti, vous me demandez euh le fait d'invoquer l'histoire, ça restera dans l'histoire le le les moyens colossaux que nous avons mis depuis depuis 2017 dans le budget militaire. Incontestablement, le budget militaire a progressé puisqu'il est arrivé à 64 milliards d'euros. C'est incontestable.

Mais pour le reste, Quid par exemple de cette fameuse défense européenne que monsieur Macron a toujours considéré comme étant quelque chose de réaliste. On n même pas été fichu de faire le scaf, l'avion de combat du futur avec nos amis allemands avec nos amis allemands. Euh et puis franchement quand je pense à au recul de la France dans le monde quoi, du même du point de vue militaire où nous étions présents en Afrique, au Tchad, partout, nous n'y sommes plus.

Euh et Dieu sait pourtant si nous avions des forces barcanes, des forces servanes et cetera qui ont protégé la France d'ailleurs du terrorisme en provenance de la du Sahel. Donc moi voilà, j'ai du mal à entendre ce discours du président de la République qui n'a plus de majorité et qui et qui annonce comme ça avec beaucoup de je dirais d'arrogance euh vous avez ma confiance. Mais est-ce que les Français ont encore confiance dans le président qui lui dit avoir confiance dans ses troupes ?

Voilà. avons tout ça à vous dire un sentiment un peu de gêne dans la forme et puis dans le fond aussi incontestablement il y a eu un rattrapage du budget militaire. Et bien je vais vous gêner encore plus parce que je vous propose d'écouter Emmanuel Macron.

L'an dernier à cette même place, je demandais d'aller plus vite, d'aller plus fort. Je demandais donc d'accélérer encore cet effort de défense et fixer pour objectif d'avancer à 2027 l'ambition initialement prévue pour 2030 d'atteindre un budget de 64 milliards d'euros pour nos armées. 64 milliards d'euros en 2027, c'est en 10 ans un doublement du budget des armées.

Nous l'avons chaque année tenu à l'Europé et ce sera fait. Oui, l'engagement a été tenu, les faits sont là et l'histoire jugera. Jean-Claude, est-ce que c'est un point positif du bilan d'Emmanuel Macron ?

En a-t-on trouvé un ? Celui-ci, on peut peut-être pas lui contester. C'est l'heure des bilans hein.

Il va il va, j'imagine, en faire plusieurs sur la défense. Je je partage tes tes réticences en matière de défense européenne. Qui qui dirigera ?

Qui sera le patron ? C'est extrêmement compliqué à imaginer. Néanmoins, grâce au général et ça n'a pas été remis en cause par le président actuel, on a quand même une défense nucléaire qui fait que ça nous met en dans une situation de protection qui est très forte.

Mais la manière dont se battre, la manière dont on va engager nos forces est en train de changer du tout au tout avec l'arrivée des drones notamment. Et il y a, c'est vrai, sur ce point, on peut pas le contester, il y a un budget important qui a été alloué à l'armée française et j'espère encore une fois que on va aller au bout. Mais encore une fois, faut pas faut pas se raconter l'histoire.

La défense européenne, même si nous aurons demain 20 ou 25 ou 26 pays dit des coalisés qui ont pris l'engagement d'aider l'Ukraine par tous les moyens. notamment financier, mais pas seulement. C'est une réalité.

Euh la défense européenne ressemble un petit peu à quelque chose. Quand on lui parle de l'Ukraine, ça va pas suffire. Je ne sous-estime pas pour autant la menace russe.

On verra bien ce qui va arriver, mais je doute franchement qu'après le succès en Ukraine, le président Poutine soit prêt à nous rentrer dedans. Ça m'étonnerait beaucoup. Néanmoins, on a avec les réticences américaines aujourd'hui à faire face à un défi extraordinairement complexe.

Bâtir une défense européenne qui tienne la route, qui financièrement existe vis-à-vis des États-Unis notamment. Encore une fois, c'est possible. Mais qui va la commander ?

Dans quelles circonstances on pourra dire "OK, on va intervenir dans tel ou tel secteur de de l'actualité européenne C'est quelque chose de très compliqué. Nous sommes de vieux pays. On n'est pas on n'est pas hélas l'Amérique.

Nous sommes des vieux pays qui parlons des langues différentes et on aura beaucoup de mal à bâtir une vraie défense européenne. Je souhaite de tout cœur me tromper parce que ce serait un signe très positif. Je suis pas sûr hélas que ce sera aussi facile de le faire que de le dire.

Moi, je voulais recueillir votre avis également sur cette phrase : "La France et l'Europe prêtent à défendre la liberté et le droit au prix du sang s'il le faut." Comment vous analysez cette phrase George Fenec ? Là aussi, si vous voulez, il nous a habitué malheureusement le président à à une menace d'une guerre imminente qui serait à nos portes.

Les C'est toujours si les blind des Russes ne seraient pas sur les champs au bord des Champs-Élysées. Euh souvenez-vous lorsqu'il nous promet un un kit de survie en cas d'attaque nucléaire, on était tous terrorisés ou quand il envoie sonma le chef d'étatmajor des armées, nous dire euh que il va falloir payer notre sang euh sacrifice de nos enfants. Voilà, on est toujours à la ligne toujours une phrase de trop ou de voilà, c'est ce côté-là qui est un peu un peu gênant.

Et là, il récidive encore en parlant du sang, mais le sang de qui ? de nos qui sont dans des théâtres extérieurs, il y en a de moins en moins, même s'il y en a encore ou le sent des français, c'està-dire qu'est-ce qu'on va rétablir une armée de de conscription ? Je ne sais pas ce qu'il veut dire exactement.

Non, moi je suis très très critique à l'égard de la politique en matière de défense. C'est pour moi malgré l'augmentation budgétaire, elle ne rassure pas aujourd'hui dans le contexte international qui est le nôtre et la manière d'avoir géré en plus le conflit au Moyen-Orient en envoyant se promener notre notre Charles de Gaulle et venir et repartir et revenir. On sait pas ce qu'on a fait exactement.

Personne très compris de Dormous est toujours bloqué. Euh non, on a on a l'impression de ne pas avoir été ni informé de quoi que ce soit, ni avoir pu agir en quoi que ce soit. Nous sommes en réalité, pardon du mot, nous sommes spectateurs de notre destinée.