ENTRETIEN AVEC ALICE DARFEUILLE SUR BFM TV (24.05.26)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Où en est-on dans la finalisation de l'accord de paix avec l'Iran ?
- 0:45OuverteRéponse partielle
Donald Trump affirme que l'accord sera juste et équitable. Qu'en pensez-vous ?
- 1:45OuverteRéponse directe
L'Iran a-t-il vraiment changé de position ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Comment expliquer la résistance de l'Iran face aux États-Unis ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Quel rôle pour l'Europe dans ces négociations ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Faut-il revenir à l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Dominique de VillepinFait
« un bon accord aujourd'hui est à peu près impossible »
- 1:00Dominique de VillepinChiffre
« il a fallu 12 ans pour conclure l'accord sur le nucléaire qui a finalement été signé par les grandes puissances à l'époque de Barack Obama »
- 2:30Dominique de VillepinFait
« la vraie question c'est de savoir quel est le prix que Donald Trump est prêt à payer pour avoir un accord »
- 3:30Dominique de VillepinFait
« il y a vraiment un torrent de réactions hostiles à la perspective de cet accord de la part d'une grande partie des républicains »
- 4:30Dominique de VillepinFait
« la Chine a fait preuve de patience jusqu'à maintenant mais la Chine paye un prix très fort du fait de la fermeture du détroit d'Ormuz »
- 5:30Dominique de VillepinFait
« pour le moment cette aventure américaine est un fiasco »
- 6:30Dominique de VillepinFait
« les iraniens veulent à la fois de l'argent frais ils sont complètement en banqueroute »
- 7:30Dominique de VillepinFait
« il faut faire les choses avec méthode de façon très progressive carottes et bâtons c'est ça la diplomatie »
- 12:30Dominique de VillepinFait
« il y a tout à parier que des élections législatives après les présidentielles donneront lieu au même résultat que la chambre que nous connaissons aujourd'hui »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
premier ministre ancien chef de la diplomatie française bonsoir et bienvenue ravi de vous accueillir avec thierry arnaud nous sommes donc si l'on croit les américains et les iraniens dans la phase de finalisation d'un protocole d'accord de paix mais on voit bien que sur les sujets les plus brûlants il y a plus de divergences que de consensus et surtout encore beaucoup de flou on a donc besoin de vous dominique de villeport pour essayer d'y voir un peu plus clair alors que donald trump je le précise aussi vient de réagir en disant en substance si je réussis à décrocher un accord ce sera un bon accord un accord juste et équitable l'iran doit cependant comprendre qu'ils ne peuvent ni développer ni se procurer l'arme nucléaire dans quel moment sommes nous selon vous dominique de villepin le plus vraisemblable c'est que nous sommes dans un moment qui correspond à un marché de dupe car un bon accord aujourd'hui est à peu près impossible pourquoi il a fallu 12 ans pour conclure l'accord sur le nucléaire qui a finalement été signé par les grandes puissances à l'époque de barack obama j'avais moi même en 2003 initié le processus avec mes homologues anglais et allemand 12 ans de discussion invraisablement technique compliqué difficile et là sur un coin de table en quelques jours on prétend régler des problèmes aussi graves que la question du détroit d'hormuz la question du nucléaire inévitablement la question des missiles qui est une grande préoccupation pour israël et la question du soutien de l'iran un certain nombre de proxys comme le hezbollah ou le hamas donc la vraie question c'est de savoir quel est le prix que donald trump est prêt à payer pour avoir un accord il ya deux pressions sur donald trump qui sont aujourd'hui majeures et qui le poussent à un accord première pression c'est une pression intérieure il va devoir affronter les élections de mi mandat et ça se présente mal avec une opinion publique américaine qui n'a pas élu donald trump pour qu'il ouvre des guerres sans fin un peu partout à travers le monde il a par ailleurs au mois de juin les débuts de la coupe du monde de football aux états unis et puis quelques semaines plus tard le 4 juillet les 250 ans la commémoration des 250 ans de l'indépendance américaine il faut faire ça en majesté il a construit un arc de triomphe tout près de la maison blanche et pour que cela résonne un peu partout à travers le monde il est difficile d'imaginer que les mais les unis soient encore en guerre on pourrait vous objecter qu'il a deux pressions qui vont strictement en sens inverse d'abord la première qui vient de son propre camp il y a vraiment un torrent de réactions hostiles à la perspective de cet accord de la part d'une grande partie des républicains des sénateurs d'anciens généraux des gens qui ont été dans des rôles éminents à son premier mandat et puis il ya aussi la pression d'israël bien sûr qui attend de lui une position parfaitement ferme vous mettez de l'eau à mon moulin puisque vous soulignez le fait qu'aujourd'hui cet accord il ne peut se conclure qu'à la va vite c'est mieux que rien ce n'est pas d'ailleurs un accord de paix qui se prépare c'est un protocole d'accord moyennant quoi des négociations vont s'engager pendant un mois deux mois on parle de 60 jours donc ça terme au terme de ce processus il pourrait y avoir un accord mais ça veut dire quoi ça veut dire que là on définit simplement le cadre on n'est pas du tout dans les derniers détails et c'est pour cela que je le dis clairement la question c'est de savoir à quel point donald trump veut un accord on a parlé de la première pression intérieure et vous avez raison de rappeler la position d'israël pour benjamin netanyahou c'est une catastrophe parce que il ya unanimité en israël pour considérer qu'un accord enfin qu'un accord qui se ferait sans garantie de l'élimination du programme nucléaire iranien serait dangereux pour israël et comme des élections se profilent en israël on peut penser que netanyahou en paiera le prix mais c'est le choix du président américain et bien il ya une deuxième raison qui a été importante au cours des deux dernières semaines c'est son voyage à pékin la chine a fait preuve de patience jusqu'à maintenant mais la chine paye un prix très fort du fait de la fermeture du détroit d'ormuz une grande partie de son pétrole et du gaz passe par ce détroit l'inde mario rubio était en inde il y a quelques jours et de la même façon tous ces pays s'expriment sur le même ton et de la même façon et à cela à ces grandes puissances il faut ajouter les pays du golfe donald trump est très sensible aux investissements des pays du golfe or les grands pays du golf comme l'arabie saoudite un certain nombre d'états sont très contrariés par la politique américaine donc il y a dans le sens de la signature d'un accord un mouvement important est ce que parmi toutes ces toutes ces raisons que vous avez cité qui incite donald trump force même donald trump a décroché un accord il y en a une plus forte que les autres qui prend le je n'ai pas mentionné c'est que pour le moment cette aventure américaine est un fiasco et la question quand on a raté quelque chose c'est de savoir à quel moment eh bien on fait tapis et on essaye d'habiller ça en victoire il pourrait imaginer repartir pour un tour détruire détruire encore sans avoir aucune idée de là où il va ce qui est certain c'est qu'aujourd'hui certes ne sous estimons pas ce qui a été fait par les américains et les israéliens ils ont réussi à éliminer un certain nombre des dirigeants iraniens donc de ce point de vue là ils ont marqué des points mais le régime même s'il est affaibli le régime s'est durci et il s'est durci en particulier vis-à-vis du peuple iranien donc ils sont obligés de constater qu'il y a aujourd'hui des résistances extrêmement forte en iran et que le scénario qu'ils ont en tête à chaque fois dans toute intervention qui est le scénario vénézuélien on remplace des très durs par un moins dur ou un très dur également mais que l'on tient dans sa main eh bien n'a pas pour le moment fonctionné en iran donc tout incite aujourd'hui à donald trump à essayer d'habiller mais comment cette situation vous connaissez parfaitement ces moments là dominique de ce bourdier comment peut-il sortir la tête haute qu'elle est pardonnez-moi l'expression mais quel est l'accord juste et équitable que va nous vendre le président américain alors l'accord pour donald trump n'a pas besoin ni d'être juste ni d'être équitable mais parce que c'est ce qu'il dit ce soir mais pas il m'aille d'il a mais good il mais savez les diplomates ont beaucoup de talent pour écrire un accord qui aura toutes les apparences d'un accord sérieux digne juste et responsable le problème c'est l'application de cet accord c'est les garanties effectives que l'on aura dans la durée de voir cet accord s'appliquer ce qui avait été le cas avec des mécanismes extrêmement pointus notamment sous l'égide de la france qui avait poussé très loin cette négociation au delà de ce que souhaitaient les négociateurs américains donc le diable est dans les détails dans une négociation technique et manifestement la diplomatie américaine aujourd'hui n'a pas les capacités pas les compétences en tout cas à travers les émissaires qui sont choisis qui sont peut-être très bons en golf très bon oui en gestion financière mais qui n'ont qu'une compétence diplomatique et stratégique mais justement le diable est dans les détails mais là les divergences sont et c'est là et c'est là où l'europe a un rôle à jouer attendez juste avant avant l'europe vous êtes en train de nous dire que quoi qu'il arrive les états unis sortent perdant de cette de cette affaire et il n'y a pas de voies de sortie qui leur permettent à ce stade de redresser la situation à partir du moment où nous nous retrouvons avec les gardiens de la région de la révolution ayant durci encore davantage leur position et qui sont aujourd'hui assez réticents à avancer dans la voie de cet accord et c'est là où il ya un équilibre à trouver pour les deux partis il ne faut pas que les iraniens soient saisis par l'hubris et par le sentiment de la toute puissance parce que nous nous y trompons pas il se trouve que j'ai grandi vécu dans le sud global s'il ya une vérité partagée dans le sud global c'est que les états unis ont perdu cette guerre et que l'iran a réussi à tenir tête aux américains et les iraniens sont absolument convaincus et vous aussi moi vous savez je fais partie de ceux qui souhaitent l'intérêt général et l'intérêt général aujourd'hui nous dicte un chemin de responsabilité c'est à dire avancer dans la voie d'une négociation et de ce point de vue là je saisis la balle au bon pour dire que c'est bien que les américains se rendent compte qu'on ne peut pas enfin obtenir tout par la force c'est une règle de base et un certain nombre de nos dirigeants politiques français y compris parmi les candidats à l'élection présidentielle devrait s'en convaincre parce que quand on voit les positions qu'ils ont préconisé il n'y a pas de solution par la force qui puisse aboutir sur une stratégie politique or les américains ont commis une faute majeure à la suite de beaucoup d'autres fautes depuis le début des années 2000 c'est de ne pas avoir de stratégie politique quand vous n'avez pas d'objectif politique l'idée d'écraser l'adversaire c'est quelque chose qui relève plus du pari que de la responsabilité alors je le dis oui l'europe l'europe mais on va le faire mais bien sûr et on va le faire mais vous disiez à l'instant je suis obligé de rebondir là dessus l'iran a résisté face à la première armée du monde mais grâce à qui grâce à la chine aussi c'est la chine notamment qui a fourni des renseignements apparemment décisif pour frapper des bases américaines la chine qui dans le même temps vous nous expliquez tout à l'heure faisait la chine joue un double jeu dans cette affaire la chine a joué un rôle et notamment à travers un certain nombre de matériels qu'on qualifie de dual des armements dual qui peuvent être à la fois civils et militaires des composants électroniques qui ont vraisemblablement beaucoup aidé l'iran et c'est pas un problème ça mais mais mais je vous pose la question c'est un problème c'est la réalité du système international qu'elle est face à cela la situation dans laquelle on est c'est que ce n'est pas cela qui explique la résistance de l'iran parce que comment expliquez vous le fait que l'afghanistan a réussi à mettre en pièce et obliger les américains à quitter l'afghanistan c'est c'est bien au delà de l'aide de tel ou tel ce sont des mécanismes historiques qui fait qu'une grande puissance qui intervient sur un territoire étranger est voué à perdre dans tous les cas de figure dès lors qu'il n'a pas de stratégie politique et qu'il ne connaît pas le terrain dans lequel il intervient c'est la loi de l'afghanistan c'est la loi de l'irak c'est la loi de la libye pour nous français que nous avons payé cher c'est la loi du sahel donc on peut toujours trouver toutes sortes de raisons et d'alliances et de soutien la raison fondamentale c'est qu'on ne fait pas la guerre on n'utilise pas l'intervention militaire pour changer un régime vous prenez vous êtes contre l'usage de la force vous dites il faut respecter le droit international le remettre au centre du jeu et on a donc la chine qui prône pour les négociations sauf quand la force est encadrée par la légitimité internationale il ya quand même un certain nombre de cas où cela a pu arriver et que cette force peut à partir de là s'inscrire dans une véritable stratégie politique mais on n'intervient pas parce que le matin on s'est réveillé de méchante humeur un peu partout à travers le monde sans connaître la réalité sans connaître la culture sans connaître les régimes qui sont concernés et en l'occurrence en irak les américains ne connaissaient rien au système irakien ils ont balayé et l'armée et le parti basse et le pays s'est effondré et bien en iran c'est pareil ils ont cru ils ont cru qu'en tuant l'ayatollah khamenei le régime a laissé fondrer manque de chance le fils a pris le pouvoir et les gardiens de la révolution ce qui est est une évidence pour tous ceux qui connaissent l'iran donc donc concrètement comment il se sort de là aux explications et bien comment il se sort de là comme toujours mais sur le nucléaire par exemple est ce qu'il faut revenir à ce qui avait été négocié en 2015 ou autant en profiter pour aller plus loin très peu de chance que donald trump aujourd'hui puisse arriver à un accord aussi bon que celui qui avait été négocié en 2015 est accepté par l'iran et que donald trump a balayé en 2018 sur le détroit d'hormuz le problème de cet accord c'est qu'il n'incluait pas les missiles qui sont une menace pour la région on l'a vu pour les états du golfe et une menace pour israël et qu'ils n'incluaient pas également le soutien apporté par l'iran à un certain nombre de forces proxy dites proxy comme le hamas ou le hezbollah donc la question c'était partant de cet accord qui était un bon accord et qui était appliqué si l'on en croit l'agence internationale de l'énergie atomique il fallait l'élargir donc de façon à prendre en compte l'ensemble des acteurs et puis il ya proposé à donald trump à ce moment là précisément il a refusé il a refusé et puis il ya la question du détroit d'hormuz rappelons que les droits d'hormuz était ouvert à la circulation sans payage iranien et les iraniens ont découvert qu'il n'avait pas deux et qui n'avait pas qu'une carte en main le nucléaire qu'il voulait développer mais deux avec le contrôle dit de toit d'hormuz donc aujourd'hui nous nous retrouvons à essayer de revenir à une situation qui était meilleure hier qu'aujourd'hui on peut pas considérer en termes diplomatiques et politiques que toute cette affaire et était parfaitement emmanché et je le regret de dire que tout cela était parfaitement prévisible mais ça fait qu'arrête 47 ans que ce régime fait exactement ce qu'il veut et qu'il tient debout qu'est ce qu'il faut faire face à cela la vocation la vocation du système international n'est pas de changer les régimes par la force sans quoi nous passerions notre temps à intervenir militairement partout mais plus personne ne respecte le droit international la vocation plus personne ne le respecte mais justement et je suis un ardent défenseur et regrette que trop en france et tendance à vouloir le balayer le droit international nous conduit alors par la négociation à essayer d'obtenir des accords qui permettent d'encadrer des puissances qui sont aussi dangereuses que le régime iranien et c'est exactement ce qu'on avait réussi à faire au terme de la négociation de 2015 les iraniens pendant trois ans ont respecté l'accord de 2015 le problème c'est quand vous avez des personnages aussi imprévisibles que donald trump quand vous avez le gouvernement netanyahou qui lui a tout autre objectif sur la scène internationale puisque lui ce qu'il veut c'est pas seulement éradiquer le programme nucléaire iranien il veut changer le régime iranien en espérant bien sûr que ce régime sera meilleur que le précédent moyennant quoi on n'a aucune garantie en tout cas c'est la conviction des états du golfe qui eux ont peur d'un iran qui serait emporté par le chaos avec un certain nombre de provinces sécessionnistes et qui nous introduiraient alors dans un monde encore plus dangereux dans cette région donc le réalisme c'est d'essayer d'avancer en améliorant les choses en responsabilité mais comment on améliore les choses sur le détroit d'ormuz par exemple là comment donald trump peut-il avancer sur ce sujet dans le cadre de ces négociations et revenir à la situation d'avant et bien là il faut partir tout simplement des attentes des iraniens et nous les connaissons les iraniens veulent à la fois de l'argent frais ils sont complètement en banqueroute et ils ne sont plus capables du tout d'avancer sur le plan économique donc ils ont besoin d'argent frais qu'il y ait les fameux avoirs gelés qu'il y ait des avoirs gelés débloqués soit très progressivement très progressivement susceptible d'aller apporter une petite respiration à l'iran en veillant à ce que cet argent puisse bénéficier au peuple iranien qui souffre considérablement des sanctions donc encadrons une petite ouverture légère et faisons en sorte que nous ne préparions pas la revanche de demain parce que un iran qui signerait des bouts de papier mais qui ne serait pas tenu par ces bouts de papier et bien ce serait très facile pour lui de se remilitariser en tirant les leçons de la guerre qui vient d'avoir lieu c'est à dire en renforçant son potentiel sur les côtes en enterrant encore un peu plus ses installations nucléaires et alors là effectivement nous nous retrouverions dans quelques années dans une situation encore plus dangereuse qu'aujourd'hui donc il faut faire les choses avec méthode de façon très progressive carottes et bâtons c'est ça la diplomatie qui est intéressante sont à encadrer le chemin et vous vous dites notamment sur les avoirs gelés qu'il faut que les américains évoluent pour essayer de faire avancer ces discussions les avoirs gelés d'autant plus que je pense que l'iran estime aujourd'hui avoir une reconnaissance internationale qui justifie qu'ils puissent faire des gestes mais nous avons besoin de l'expertise des européens dans le cadre de ces négociations les européens sont ceux qui connaissent le mieux ce dossier nucléaire et nous avons besoin de la garantie de sérieux qu'apportent les européens et dans cette négociation avec les autres puissances je pense qu'ils sont un élément aujourd'hui incontournable donc il est urgent que l'europe mais les états unis sa place ni les états unis ni les israéliens n'en veulent autour de la table oui mais il se trouve que ils n'ont pas la compétence puisque israël de toute façon ne veut pas négocier sur le nucléaire israël veut détruire oui le potentiel nucléaire donc de la question de la position d'israël ne se pose pas en ce qui concerne les américains ils ont besoin d'être sérieusement aidé déjà à l'époque de barack obama on se souvient de des demandes qu'avait fait laurent fabius et qui avait permis d'améliorer c'est d'accord donc je pense que la france notamment avec d'autres pays européens mais ça va être un élément sur ses lieux et de garantie mais vous savez donald trump il n'est pas totalement exclu qu'il n'est pas un peu conscience de ce très beau gâchis dont il essaie de se sortir vous savez on peut fanfaronner au devant de la scène internationale tout en étant lucide sur la réalité là il cherche à s'extirper d'une situation difficile et il est vraisemblable que dans les prochains mois il réglera ses comptes avec ceux qui l'ont entraîné dans cette situation ça veut dire qu'il est quand même malgré tout capable de faire preuve de lucidité de temps en temps l'avenir nous le dira et avec quelle capacité de continuité vous savez il faut prendre donald trump au pied de la lettre et au pied de la décision moi je ne fais pas de crédit dans ce domaine là ce qui compte c'est les actes qu'il prendra et ce qui est important c'est de constater ce soir qu'il ya un chemin ce chemin est fragile il est plein de bonnes intentions et plein d'illusions mais nous pouvons le crédibiliser avec beaucoup beaucoup beaucoup de travail je ne crois pas que la diplomatie américaine aujourd'hui soit en mesure d'affronter la diplomatie iranienne parce qu'elle n'a pas le professionnalisme suffisant et la technicité suffisante je parle de l'équipe qui est menée par jared kouchner et steve wilcoff pourquoi ce sont tous parce que parce que au fil des années donald trump a découragé les diplomates professionnels et c'est là où on se rend compte que la diplomatie c'est un métier n'est pas diplomate qui veut c'est pas sur le green des terrains de golf ou dans l'achat d'immeubles que l'on se forge à comprendre une négociation aussi difficile que la négociation un compétent mais ils ne sont pas tout simplement pas formés à ça c'est pas leur métier on ne s'improvise pas j'ai mené la première négociation ce sont des sujets ardus ça demande des nuits et des nuits de travail pendant des mois et des mois si l'on veut être capable de voir le petit trou de souris par lequel on peut passer ou le petit piège qui est au milieu de la quatrième page et qui va se retourner contre vous si vous ne faites pas quelque chose donc c'est compliqué c'est difficile c'est pas pour les amateurs et malheureusement aujourd'hui sur les grands sujets du monde on le voit en ukraine il y a trop d'amateurisme dans la façon de traiter ces sujets même si je dois dire que de ce point de vue là les européens ont réussi à renverser la situation en ukraine tout le monde pensait que dès lors que les américains n'apporterait plus leur aide à l'ukraine et bien l'ukraine allait s'effondrer le courage des ukrainiens le soutien déterminé des européens fait qu'aujourd'hui eh bien la situation même si c'est très très dur l'ukraine résiste et reprend parfois du terrain mais bien est réglé mais malgré tout malgré tout les russes n'avancent pas et c'est plutôt l'inverse alors vous parlez justement du rôle des européens et de la france vous êtes très sévère à l'égard d'emmanuel macron sur le plan international notamment vous dites ça fait sept ans que le président se trompe et qu'il n'a pas marqué un point sur l'échec et international typiquement vous président de la république est ce que vous auriez envoyé le porte-avions charles de gaulle dans la région et si oui pour faire quoi le président a voulu signifier l'importance que nous attachions à ce qui se passait dans le golf donc il a bien fait donc le fait d'envoyer le porte-avions participe de ces gestes mais le risque toujours à partir d'une bonne intention d'être pris dans un engrenage dès lors qu'il avait annoncé très clairement qu'il n'était pas question pour nous de participer à des opérations dans le cadre du golf pour ouvrir le détroit dormuse à la circulation dès lors que la guerre continuerait je pense qu'il avait posé le cadre et que ça permettait de rassurer et de clarifier l'engagement qui était le nôtre qui est un engagement de principe mais qui n'est pas un engagement opérationnel est ce que vous président comme lui vous prenez votre téléphone hier pour appeler donald trump et les dirigeants des pays du golf pour rappeler votre position et rappeler que la solution diplomatique est la seule solution oui je pense que à chaque étape la diplomatie et la gestion crise suppose non seulement qu'on rappelle des positions parce que ça bon c'est sympathique mais c'est pas ça qui fait avancer les choses mais qu'à chaque étape on soit capable d'ouvrir des chemins d'offrir des portes de sortie des scénarios qui permettent à ceux qui n'ont pas forcément vu le piège dans lequel ils se mettaient de trouver une issue et je pense que la france fait partie des pays qui peuvent aider dans nombreuses crises qui peuvent aider à construire des solutions c'est vrai en ukraine c'est vrai dans le golfe j'aimerais croire que c'est vrai à gaza ou encore au liban où l'on voit bien qu'une des grandes questions derrière ce protocole d'accord c'est de savoir si le liban sera inclus dans le cadre de cet accord est ce que et notamment le désarmement du liban et est ce que le sud du liban qui est en train d'être dévasté village après village est ce que tout cela va finalement conduire à la fin de l'occupation mais vous présente n comment vous faites le président américain vous écoute parce que thierry arnaud le disait tout à l'heure il s'en fiche totalement de la vie des européens aujourd'hui mais donald trump ne s'en fiche pas du ne se fiche pas du résultat comment vous faites pression sur lui il s'agit pas de faire pression il s'agit en permanence d'offrir et c'est ça le rôle de la france d'offrir un certain nombre de propositions un certain nombre de scénarios d'action un certain nombre de portes de sortie en l'occurrence donald trump il est prêt à accepter aujourd'hui toute stratégie qui lui permet à la fois de ne pas trop perdre sur le terrain et en même temps de retirer ses troupes donc il ya aujourd'hui un savoir-faire diplomatique qui une fois de plus appartient aux européens et en particulier à la france dont nous ne devons pas être économes dans la mesure où on peut avoir des idées on peut avoir des stratégies et bien partageons les est ce que vous président vous faites en sorte que la france garde sa place dans le commandement intégré de l'otan oui la décision a été prise en 2008 c'est une décision qui m'est apparu l'otan ça veut encore dire quelque chose m'est apparu à l'époque très discutable mais la france ne doit pas en permanence zigzaguer osciller c'est une décision qui a été prise et dans ce cadre là par contre nous devons avoir une liberté de parole une liberté de proposition et puis surtout une liberté de conviction et puis vous dites que je critique emmanuel macron de ce point de vue je reconnais très volontiers qu'il a avec beaucoup de rigueur maintenu un cap celui de l'autonomie stratégique de la souveraineté européenne et il a été le premier en europe à dire attention le soutien américain c'est pas pour toujours nous devons nous préparer et je pense qu'un des grands enjeux de la bataille présidentielle ce sera la bataille de la souveraineté pas uniquement la souveraineté militaire la souveraineté dans le domaine technologique dans le domaine numérique dans le domaine financier c'est une nécessité absolue il ya trois exigences dans cette campagne présidentielle la première c'est de voir à quel point aujourd'hui notre démocratie est menacée nous devons la défendre elle est menacée à l'extérieur on le voit par les plateformes numériques notamment par tous les populismes qui cherchent à interférer avec la volonté française et elle est menacée également à l'intérieur par la montée de forces autoritaires et populistes par ailleurs deuxième exigence au delà de la défense d'un régime démocratique nous devons apporter davantage de confiance aux français les français ils sont sidérés par ce qui se passe préoccupés tous les jours par la question de leur plein d'essence la question de leur emploi alors vous président est ce que vous faites une ristourne à la pompe pour aider tous les français pour faire face à la hausse du prix du carburant mais madame darfeuille gouverner être un responsable politique c'est pas distribuer à tout va l'argent public c'est ce qui a été fait malheureusement il ya quelques années finalement vous êtes souvent comme emmanuel macron là aussi en l'occurrence mais ciblé limité mais il s'agit d'être responsable être ciblé mais il faut anticiper deux choses moi ce que j'apporte sur la scène politique aujourd'hui c'est mon expérience et je dis il y à l'immédiat et qui va se dessiner d'ici à l'été encore davantage qui est la question du prix du pétrole et donc il faut faire en sorte d'aider les plus touchés mais il y a aussi un deuxième combat qui va se nouer à l'automne et à l'hiver qui est la bataille du gaz parce que la question du chauffage cet hiver risque de se poser encore parce que cet accord il sera signé ou ne sera pas signé il sera peut-être déjugé d'ici quelques semaines et quelques mois et nous risquons de nous retrouver avec un prix du gaz qui monte en flèche dans ce contexte là je crois qu'il faut prévoir un certain nombre des mécanismes et en particulier un contingent garanti avec un prix garanti pour les ménages qui leur permettra pour un contingent de gaz d'avoir la certitude qu'ils pourront se chauffer qui a créé une caisse de stabilisation avec un écrétage des prix que la hausse vous financez qu'un lissage justement caisse de stabilisation et vous la remplissez avec quoi cette caisse et bien écrétage quand les prix montent et lissage quand les prix baissent ce qui permet de compenser et justement de ne pas avoir à débourser des sommes considérables les français qui vous écoutent ce soir on sont fondés avoir l'impression que vous parlez comme un candidat quand vous définissez le profil de deux et les priorités de celui qui doit être le prochain président de la république française je suis très soucieux d'essayer au mieux de répondre aux questions que se posent les français mais force est de constater que nous ne sommes pas encore dans le temps de l'élection et à bien des égards je ne comprends pas ça vous êtes en campagne Dominique de Villepin sauf que vous ne voulez pas l'officialiser pourquoi ? ça c'est une chose parce qu'aujourd'hui nous vivons à l'heure des faux départs de campagne électorale et des fausses campagnes aujourd'hui tout le monde se presse pour déclarer sa candidature je ne dirais pas que j'ai un peu le sens du ridicule mais malgré tout un peu et laissons passer les plus pressés il y a toutes sortes de jeunes responsables politiques qui veulent se faire les dents et montrer à quel point ils sont talentueux toutes sortes de positionnements ça c'est pour qui ça c'est Gabriel Attal ? je vais être précis toutes sortes de positionnements qui parfois m'étonnent quand je vois Gabriel Attal voire même Edouard Philippe utiliser toutes sortes de périphrases pour expliquer qu'ils sont les hommes de la rupture et du changement enfin du chiracisme il y a une chose Gabriel Attal s'est revendiqué du chiracisme hier ça vous fait sourire ? il se trouve que j'ai bien connu du chirac et que je l'ai accompagné toute une partie de sa carrière et alors s'il y a une chose dont je peux témoigner c'est qu'il n'y a rien dans Gabriel Attal de Jacques Chirac Jacques Chirac a toujours été Jacques Chirac Gabriel Attal doit apprendre à devenir Gabriel Attal à partir de ce moment-là on pourra faire des comparaisons mais vous savez le premier objectif de notre politique c'est d'être d'être d'être lui-même à partir de là on peut se donner des exemples on peut prendre des modèles mais on doit s'affirmer en tant que tel mais le temps de la campagne c'est quand le temps de l'annonce mais permettez-moi parce que nos compatriotes s'interrogent mais il y a un élément très important à ce stade de la campagne à ce stade de la campagne un élément central c'est que on commence à comprendre que l'élection présidentielle n'est qu'une première étape de ce que nous allons avoir à affronter la deuxième étape va venir tout de suite après c'est qu'il ne suffit pas de gagner l'élection présidentielle et c'est ça qui m'obsède il faut avoir une majorité pour pouvoir mettre en place une vision stratégique pour la France or nous n'avons que trois ou quatre candidats qui ont aujourd'hui clarifié leur position Marine Le Pen a indiqué très clairement et Jordan Bardet là aussi au lendemain de l'élection ils choisissent la dissolution et à partir de là ils mettent en place un référendum qui aura pour but de définir la préférence nationale c'est à dire qu'on change de régime on n'est plus dans un même pays la France on sort de la démocratie classique pour entrer dans le monde de la préférence nationale Edouard Philippe il y a quelques jours papier très intéressant dit lui au lendemain de l'élection présidentielle moi je décide de dissoudre et je gouverne à travers des ordonnances une loi d'habilitation qui permettra de gouverner à l'issue d'un référendum ce qui nous fait entrer dans une mécanique oui où voulez vous en venir le temps presse dominique de vie et bien où je veux en venir tout simplement sur le fait que je choisis moi de défendre une autre option qui explique que je prends mon temps si vous le permettez c'est que moi je suis convaincu que la première tâche de tout candidat à l'élection présidentielle dans l'année qui vient c'est de rassembler si nous nous rassemblons pas avant l'élection nous n'avons aucune chance de pouvoir gouverner après parce que il y a tout à parier que des élections législatives après les présidentielles donneront lieu au même résultat que la chambre que nous connaissons aujourd'hui c'est à dire que nous nous retrouverons avec des élections présidentielles qui n'auraient servi à rien si ce non si ce n'est à changer le responsable ou la responsable à l'elysée donc la grande bataille pour la france aujourd'hui c'est pas de dire je suis le meilleur c'est pas de dire je suis plus beau c'est pas de dire je suis le plus intelligent c'est de rassembler et c'est donc de choisir la personne qui sera la mieux à même de rassembler à la fois les françaises et les français et les forces politiques et c'est vous selon vous mais vous ne voulez pas encore le dire j'ai pas du du ce que je dis c'est que c'est un travail et que ce travail il faut le faire oui ou non l'ouverture d'une enquête par le parquet national financier pour ces deux statuettes que vous aviez reçu par robert bougie lorsque vous étiez chef de la diplomatie française ça ne change rien pour vous oui ou non j'ai vraiment 10 secondes il ya 25 ans je serais ravi d'apporter toutes les explications nécessaires mais ça confirme en tout cas une chose c'est quand on revient dans la politique 20 ans après c'est pas pour se faire plaisir c'est véritablement parce que l'on a la volonté de servir son pays et cela ne fait évidemment que renforcer la détermination qui est la mienne merci dominique de villepin d'avoir merci à vous merci à vous
Dominique de Villepin