Si les droits de douane américains "s’inscrivent dans la durée, il y aura des impacts sur l’emploi"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonjour Marc Ferrati. Bonjour. Bonjour.
Ça y est, les 20 % de droits de douane pour les produits européens exportés aux États-Unis commence aujourd'hui. Quels sont les secteurs les plus touchés chez nous en France ? Potentiellement beaucoup de filières.
Pourquoi ? Parce qu'il y a 28000 entreprises sur notre territoire qui exportent aux États-Unis. Pour une large partie d'entre elles, euh les États-Unis représentent plus de 50 % de leur carnet de commande et donc les impacts aujourd'hui, ils ont toutes les chances d'être très importants.
Des impacts directs pour ceux qui exportent, mais aussi des impacts indirects à travers les entreprises industrielles ou autres d'ailleurs qui ont des chaînes de valeur très intégrées avec les États-Unis, c'est-à-dire qui vont exporter des composants, qui vont elles-mêmes recevoir des composants d'autres pays qui sont impactés par les États-Unis. Donc, on a un certain nombre de filières qui sont aujourd'hui euh potentiellement en difficulté. Les filières qui exportent le plus aux États-Unis, ça peut être la cosmétique et le luxe, ça peut être l'aéronautique qui exporte beaucoup, ça peut être les industries mécaniques.
Mais il y a pas besoin d'être un exportateur aux États-Unis pour être touché aujourd'hui. C'est bien ça le problème. C'est bien ça le problème.
C'est que ce qui a été annoncé par l'administration américaine, c'est un choc majeur qui déstabilise complètement l'ordre commercial international tel qu'il fonctionne depuis la 2è guerre mondiale. qui déstabilise des chaînes de valeur, c'est-à-dire euh des processus de production qui sont découpés entre pays et qui donc vous avez un exemple, mais vous disiez par exemple l'aéronautique, si on prend l'exemple d'Airbus et de Boeing, en fait il ils se fournissent auprès des mêmes fournisseurs. C'est ça bien sûr, Airbus et Boeing qui sont les deux grands constructeurs d'avion dans le monde et bien ont des chaînes de valeur qui sont très intégrées.
Ils ont des équipementtiers, des fournisseurs qui sont très souvent les mêmes. Il commerce de manière transatlantique de manière extrêmement fluide avec quasiment aucun droit de douane. Et donc le fait d'imposer des droits de douanes sur cette filière là, ça va évidemment changer complètement les calculs économiques.
Il y a des équipantiers qui produisent des moteurs, qui produisent des mal moteurs, qui produisent des ailes d'avion, qui produisent des cockpits qui aujourd'hui sont extrêmement préoccupés. Et donc on a besoin mais il peut y avoir des pénuries par exemple. Bah vous savez à un moment une entreprise elle produit si elle sait pouvoir vendre à des tarifs compétitifs et quand les droits de douane augmentent de 20 % comme ça va être le cas et bien un certain nombre d'entreprises se posent la question de continuer à produire.
Vous avez d'ailleurs un exemple avec Stellantis qui aux États-Unis a arrêté de produire parce que les composants qu'ils importaient d'ailleurs du Canada ou d'Europe devenaient trop cher. Et donc a mis des a mis à pied des centaines d'employés sur place dans le Michigan. Mais en France, du coup, on peut envisager des suppressions d'emploi.
C'est un risque, il faut bien le voir. Si les tarifs de l'administration américaine s'inscrivent dans la durée, il y aura des impacts sur l'emploi. Quels vont être ces impacts quantitativement ? très difficile à dire parce que ça dépend de beaucoup de choses.
Ça dépend d'abord de l'impact sur les prix des produits des entreprises qui exportent aux États-Unis ou qui sont concernés par leurs équipement entiers ou par leurs fournisseurs par l'augmentation des tarifs. Concrètement, il y a une question très directe qu'il faut poser. Est-ce que les entreprises dont les prix des produits augmentent de 20 % quand elles exportent aux États-Unis peuvent répercuter ces 20 % dans leur prix ou est-ce que et bien elles peuvent diminuer leur marge ?
Ça c'est une question que nous avons posé hier aux industriels. C'est une question difficile qui dépend de chaque filière. Ils vous disent quoi eux ?
Et ben, il y a pas de réponse unique. Il y a des filières industrielles qui ont des concurrents qui peuvent très vite prendre leur place. Mais pardon, mais vous savez faire un diagnostic aujourd'hui ? que justement c'est là toute la difficulté et c'est ce que nous essayons de faire, c'est ce que nous avons mis en place hier puisque j'ai convoqué un conseil national de l'industrie avec les principales filières industrielles.
Éric Lombard, le ministre de l'économie, fera de même avec l'ensemble des acteurs économiques. Aujourd'hui, on a besoin de ce diagnostic pour calibrer la réponse parce que la réponse, elle sera, vous le savez, forcément européenne. Elle a besoin d'être ferme cette réponse parce que si vis-à-vis de l'administration américaine, vous ne posez pas un rapport de force tout de suite, vous avez très peu de chance d'obtenir quoi que ce soit dans la négociation.
Mais elle doit aussi, j'insiste, elle doit aussi être proportionnée. Ça veut dire concrètement que l'augmentation tous azimutes des tarifs, ça n'est pas la bonne solution. ça va probablement avoir des effets très délétaires sur un certain nombre de filières industriels.
Et donc nous sommes dans un diagnostic très fin aujourd'hui pour savoir ce qu'il faut apporter comme réponse. La réponse, elle doit être forcément collective. C'est ce que vous dites au niveau européen.
Sauf que vous le savez, l'Italienne Georgia Méloni, elle elle s'envole pour pour Washington la semaine prochaine. Vous avez peur qu'elle la joue solo ? Bah, il y a un risque et c'est un risque qui est euh euh présent depuis le début puisque nous savons que Donald Trump a une stratégie assez claire, assez simple qui est de diviser les les Européens.
Euh face à ce risque, et bien nous devons être unis parce que l'Europe n'est forte que si elle est unie. Nous avons euh 450 millions de consommateurs. C'est un marché dont les États-Unis ne peuvent pas se passer.
Et si on commence à avoir des discussions bilatérales, évidemment que ça va casser cette dynamique qui aujourd'hui est présente. Euh lundi, lors de la discussion qui a eu lieu entre les ministres du commerce auquel était présent mon collègue Laurent Saint-Martin, il y avait une assez grande unité sur la nécessité d'apporter une réponse ferme, même si tous les pays n'étaient pas forcément alignés sur le calendrier de cette réponse. Et j'insiste vraiment, il faut de l'unité, il faut de la fermeté et il faut de la proportionnalité parce que si on apporte une réponse qui produit de l'escalade, c'est malheureusement ce qui est en train de se produire entre les États-Unis et la Chine, et bien forcément, ce sont nos emplois, ce sont nos entreprises, ce sont nos territoires qui vont en souffrir.
Il y a la réponse vis-à-vis des États-Unis puis il y a la réponse à nos entreprises à nous. Ce matin, le président du MEDF, Patrick Martin, appelle le gouvernement, il vous appelle à dopper l'économie française. Comment est-ce que vous comprenez ça ?
Ça veut dire des subventions, des aides directes comme pendant le Covid. Je ne suis pas sûr qu'il s'agisse d'un soutien financier qui est demandé par le président du MEDF. En revanche, et là nous en sommes parfaitement d'accord, nous devons accélérer sur les réformes qui doivent renforcer la compétitivité de nos entreprises.
Mais ce que dit le président du MDF précisément, c'est qu'il veut éviter la récession. Pour éviter la récession, on fait quoi ? On a évidemment l'ambition d'abord d'obtenir une désescalade à court terme, c'est-à-dire une baisse des tarifs doués de l'administration américaine et évidemment d'éviter les effets récessifs, les pertes d'emploi.
Ça, on partage cet objectif. Qu'est-ce qu'on fait ? D'abord, on a cet objectif de court terme qui est d'avoir une réponse européenne ferme.
Dans quelques jours à la mi-avril, nous allons avoir une réponse au première vague de tarifs qui ont été opérées par l'administration américaine. Et à la fin du mois, nous aurons et c'est ce que nous sommes en train de préparer avec les acteurs, une réponse sur un montant beaucoup plus ample de produits américains qui feront l'objet soit de tarif, soit de restriction quantitative. Toutes les options sont sur la table.
Et pour répondre à votre question, comment est-ce qu'on évite la récession ? Comment est-ce qu'on évite la récession ? D'abord en ayant cette réponse de court terme et ensuite en améliorant les conditions de la compétitivité pour nos entreprises.
Ça veut dire concrètement faire en sorte de simplifier la vie économique. Nous sommes en train d'en discuter au Parlement avec un projet de loi. Ça veut dire faire en sorte de permettre à nos industriels d'accéder à des prix de l'énergie compétitif.
Ça veut dire poser la question de la baisse des impôts et de la continuité de la baisse des impôts. En particulier les impôts de production de la baisse des charges qui pèse notamment sur le travail. celle des charchages contre hausse de la TVA parce que pardon c'est là aussi une demande de ce matin de Patrick Martin mais aussi l'autre jour sur ce plateau du patron de la CPM.
Tous ces sujets aujourd'hui doivent être regardés compte tenu du contexte. Moi je dis depuis très longtemps que le financement de notre protection sociale il pèse trop sur le travail. Est-ce que on doit le financer en taxant la consommation à travers la TVA en augmentant d'autres d'autres prélèvements ? l'impôt foncier, c'est ce que proposent certains économistes.
Moi, je n'ai pas aujourd'hui de religion sur ce qu'on doit faire, mais je dis que le débat sur comment on finance notre protection sociale qui pèse trop sur le travail et qui donc nu à l'emploi, il doit être ouvert. Maintenant, pas de fermeture de la de de la porte pour la hausse de la TVA. Mais je pense que encore une fois, dans la situation dans laquelle nous sommes, tout doit être regardé, analysé, instruit.
Tout doit être discuté compris politiquement parce qu'on sait que la situation au Parlement, elle est compliquée. Mais encore une fois, nous nous fermons aucune porte au niveau européen pour répondre à Trump, au niveau français pour accroître et améliorer la compétitivité de nos entreprises. Parce que dans le moment, si on se restreint, et bien je pense que ceux qui vont souffrir à la fin, ce sont nos entreprises, en particulier les petites qui sont dans le territoire, ce sont les emplois et en particulier les emplois industriels.
Et ça, c'est évidemment ce que nous souhaitons. qu'on a du mal à comprendre quelle serait la réponse européenne Marc Ferrati parce que sur le papier, on vous l'avez dit, on a compris, tout était sur la table de la négociation par filière a carrément la coercition, c'est-à-dire l'interdiction d'entreprise américaines au marché public. Ça c'est ce qu'a dit Stéphane Séjourné, le commissaire européen.
Si l'éventail est aussi large, est-ce que ça veut dire qu'en fait vous ne savez pas par quel bout prendre la solution ? Bah l'éventail est très large, c'est vrai. Il y a beaucoup d'outils juridiques.
On peut augmenter les tarifs doués, on peut opérer des restrictions quantitatives. On appelle ça des mesures de sauvegarde sur les importations de produits américains. On peut euh taxer de manière spécifique certains types de services.
Par exemple, on peut toutes ces options, toutes ces options sont sur la table. options, ell nécessit un diagnostic un diagnosti sur où est-ce qu'on fait au fond le plus mal à l'économie américaine parce que ce rapport de force que l'on doit construire avec Trump, il doit aussi être fondé sur cette réflexion et cette analyse. Et ensuite, on doit discuter en européen sur ce qui convient à tout le monde.
C'est évidemment sauf que les intérêts divergent, vous le savez selon les pays. Bien sûr, les intérêts divergent. Mais je pense qu'il y a une convergence de vue sur une idée assez claire, c'est qu'il faut une réponse.
Il faut une réponse et il faut une réponse rapide. C'est la raison pour laquelle, comme je vous le disais, à la fin du mois d'avril, on aura cette liste de produits qui fera l'objet de mesure, de restriction, peut-être de taxation. Tout est sur la table et à la fin du mois d'avril, on est le 9, pardon.
Je vous pose la question parce que les taxes sur l'acier et l'aluminium, ça fait un petit moment qu'elles sont en place et la réponse va être va être là seulement maintenant la réponse européenne. En fait, vous est-ce que vous êtes vous manquez vous manquez pas d'agilité par rapport à l'administration Trump qui va plus vite que vous ? D'une part, la réponse euh aux taxes qui auraient été introduites, aux tarifs qui ont été introduits sur l'acier et l'aluminium, elle va intervenir le 15 avril, non pas à la fin avril.
Ensuite, il y a une deuxième réponse, celle dont je vous parlais à l'instant, qui va intervenir en réponse à ce que Donald Trump appelle les droits réciproques, c'est-à-dire ces 20 % qui sont en vigueur depuis ce matin. Cette réponse, elle sera beaucoup plus massive et j'insiste, ce ne sont pas des droits réciproques qui ont été introduits par Donald Trump parce que en réalité les droits, ils n'existaient pas du côté européen sur les produits américains. Trump pour calculer lui dit 39 % de droit pour calculer cette cette taxation et bien à utiliser des méthodologies qui sont assez absurdes qui n'ont pas beaucoup de sens mais c'est aussi pour ça que nous devons répondre et garder notre sang froid dans la réponse.
Mais j'insite il y a une réponse qui intervient dans les tout prochains jours. Une première vague et une deuxième qui intervient à la fin du mois d'avril. Et cette réponse, on doit la préparer de telle sorte que elle soit dissuasiive, mais en même temps en même temps euh qu'elle ne pénalise pas un certain nombre de filières qui sont très dépendantes des flux commerciaux et dont les chaînes de valeur sont très intégrées.
Et juste vous l'avez évoqué effectivement le rapport avec la Chine qui est tendu hein entre les avec les États-Unis 104 % de droits de douane là aujourd'hui avec la Chine, ça avoir des des répercussions sur l'Union européenne, sur sur nous français. bien sûr et c'est un risque auquel nous sommes évidemment très attentifs. Ça a été dit par les industriels qui étaient présents à Ber hier et à peu près toutes les filière d'ailleurs.
Le risque c'est que il y ait une redirection des flux commerciaux qui aujourd'hui sont massifs entre la Chine et les États-Unis vers l'Europe. Si le marché européen se ferme pour les Chinois et bien ils vont avoir une tendance assez naturelle à aller vers l'Europe. Et que vont faire les Chinois ?
Ils le font déjà. Ils vont subventionner leurs industries, ils vont les rendre surcapacitaires dans certaines industries comme les batteries, comme les véhicules électriques, comme l'acier. On est déjà confronté à une offre chinoise qui est à une offre chinoise qui est surcapacitaire et à laquelle nous avons déjà apporté des réponses commerciales.
Tout cela risque fort de s'amplifier et c'est la raison pour laquelle dans la réponse globale que nous allons fournir au niveau européen, il y a pas simplement la réponse aux États-Unis, il y a anticiper ce que l'on appelle par exemple les mesures de sauvegarde, c'est-à-dire des restrictions aux importations qui pourraient venir de Chine. Tout cela c'est sur la table et tout cela nous allons évidemment le mettre en œuvre en européen. Et on va continuer d'en parler avec vous Marc Ferat, ministre en charge de l'industrie et de l'énergie.
C'est après le fil de 8h46, Maurine Signard. Ce rapport est impressionnant et terrifiant, mais je m'y attendais, témoigne sur France info l'actrice Judic Godch. Elle qui est à l'origine d'une commission d'enquête parlementaire sur les violences sexuelles dans le monde de la culture.
Les députés recommandent entre autres d'inscrire dans la loi l'obligation pour les employeurs de signaler des faits de violence quand ils en ont connaissance. Les nouveaux droits de douanes annoncés la semaine dernière par Donald Trump sont entrés en vigueur. Ce matin, les produits européens exportés vers les États-Unis plombés par 20 % de taxes supplémentaires.
Les bourses européennes attendues en forte baisse à l'ouverture dans un quart d'heure. Beaucoup de filières françaises risquent d'être touchées et il y aura des impacts sur l'emploi. Al sur France info le ministre chargé de l'industrie.
Les débats s'annoncent tendus à l'Assemblée nationale. Les députés examinent à partir d'aujourd'hui le projet de loi simplification. Un texte qui propose notamment la suppression desfe zones à faible émission qui bannissent les voitures les plus polluantes de certaines agglomérations.
Encore des cas de rougeol détecté en Iser. Un foyer de contamination a déjà été détecté le mois dernier. Une campagne de vaccination est toujours en cours dans certains collèges et certains lycées.
Les autorités de santé recommandent d'éviter les rassemblements si on n' pas reçu deux doses de vaccin ou déjà contracté la maladie. France info le 830 France info Jérôme Chapui Salia Braclia et avec le ministre cherché de l'industrie de l'énergie Marc Ferati vous nous disiez Marc Ferat juste avant le fil info que les produits qui ne trouvent plus débouchés vers les États-Unis les produits chinois risquent d'inonder le marché européen et qu'il va falloir se protéger on risque pas d'ouvrir un nouveau front cette fois avec la Chineah cette difficulté comme je l'indiquais elle est déjà présente et elle a déjà fait l'objet de mesure. au niveau européen.
Mais là, elle va s'amplifier. Elle risque de s'amplifier. C'est la raison pour laquelle nous devons avoir un éventail de mesures qui touche à la fois les États-Unis, la Chine, mais avec toujours le souci et je pense que c'est ce que partage aussi comme objectif la Chine, la désescalade, c'est-à-dire l'affaissement des tarifs américains.
Aujourd'hui, je dois le dire, il faut le dire avec lucidité, l'administration américaine n'est pas dans une logique et dans une posture de négociation. Pardon ? Mais dans ce raison les Chinois, ce sont nos alliés, nos concurrents, mais ce sont des partenaires commerciaux.
Euh, vous savez, le commerce international, ce sont des relations qui ne sont euh aujourd'hui euh pas euh marquées par euh, on va dire, des principes euh moraux. Euh, on a besoin de commercer avec la Chine, c'est du business. Donc un moment ou un autre, il faut être efficace et pour moi être efficace c'est faire en sorte que les 4 millions d'emplois qui dépendent des exportations en France et bien reste à ce niveau-là et ne soi pas pénalisé par la guerre commerciale.
C'est une guerre que nous n'avons pas voulu mais qui est en train de se déployer sur pardon mais vous dites que les Américains sont pas enclins à négocier. Pourtant le mot qui revient dans la bouche du Vanerleyen la présidente de la Commission européenne c'est nous allons négocier. Mais c'est évidemment l'objectif, c'est l'objectif que nous au moment où nous nous parlons.
Euh il n'y a que très peu d'ouverture de l'administration américaine sur une véritable négociation. Pardonnez-moi, mais c'est la raison pour laquelle c'est la raison pour laquelle euh avant de commencer à négocier ou espérer entamer la négociation, il faut poser ce rapport de force. Il faut taper.
C'est ça ce que vous dites ce matin. Je pense que il faut effectivement une réponse ferme sur les tarifs, sur les mesures de sauvegarde et sur tous les outils qui sont à notre disposition. Mais pardon, quand Donald Trump dit cette nuit qu'il veut faire de la haute couture, ce sont ces mots, qui veut des accords bilatéraux avec euh chaque pays, c'est pas une ouverture ça.
Ça n'est pas l'ouverture que nous souhaitons parce que les accords bilatéraux sont précisément ce que cherche l'administration américaine, c'est-à-dire à diviser les Européens. Or, si nous perdons cette capacité à négocier en groupe en masse à 27, et bien évidemment que ce sera très difficile pour nous. Si la France se met à négocier de manière bilatérale avec les États-Unis, compte tenu du déséquilibre économique qui existe entre nos deux pays, et bien nous allons sortir perdant.
C'est la raison pour laquelle nous devons rester ferme sur ce principe de négociation unitaire. Le problème aujourd'hui, monsieur le ministre, c'est que l'industrie française n'a pas entendu les droits de douanes américains pour aller mal. croissance morose.
Selon l'INC au 1er semestre 2025 des records de défaillance d'entreprise en 2024 2500 emplois menacé. Pourquoi l'industrie en France va aussi mal ? Alors d'abord moi je vais nuancer le constat.
Les défaillances elles sont nombreuses mais elles sont aussi l'effet d'un phénomène de rattrapage. Vous savez qu'on a beaucoup protégé les entreprises pendant la crise du Covid. on leur a donné des prêts qui aujourd'hui arrivent à échéance et ça met en difficulté un certain nombre d'entreprises qui peut-être auraient dû faire des faillances avant durant la crise durant la crise euh l'emploi industriel se maintient c'est ça aussi qui est important le nombre de sites qui ouvre ou qui s'étendent est toujours positif et toujours supérieur au nombre de sites qui ferment ou qui se réduisent.
C'est ce que nous dit le baromètre industriel de l'État. Donc la réalité de l'industrie, c'est une réalité contrastée. Là où vous avez raison, c'est qu'il y a des filières qui sont en grande difficulté et qui n'ont pas attendu les droits de douane de Trump.
C'est évident. Euh c'est l'automobile, c'est la sidérurgie, c'est la chimie. Ces filières, elles ont toutes pour caractéristiques communes d'être confronté à une concurrence internationale qui est féroce, notamment de la part de la Chine, qui ne s'exerce d'ailleurs pas toujours dans des conditions loyales.
C'est la raison pour laquelle nous devons mieux protéger nos industries et nous l'avons fait, nous allons continuer à le faire. Euh mais euh concrètement, vous avez aussi des industries qui sont euh des euh fleurons ou des leaders mondiaux. C'est l'aéronautique, c'est le luxe, c'est la cosmétique.
Et vous avez aussi, j'insiste là-dessus, de l'emploi industriel qui pro grâce aux industries vertes, les industries qui sont en lien avec la décarbonation, avec les énergies renouvelables. Le nucléaire est une filière qui va embaucher 100000 personnes dans les 10 prochaines années. Donc c'est une situation contrastée.
Maintenant, mais là avec ces nouveaux droits de douane, avec cette guerre commerciale qu'on qu'on a évoqué là pendant toute la première partie de l'entretien, vous ne craignez pas de nouvelles délocalisations. Mettez-vous à la place effectivement des industriels que vous avez reçu hier dans votre bureau et qui peuvent vous dire bah en fait moi vu les droits de douane et ben je préfère délocaliser aux États-Unis et produire là-bas. Je vais gagner de l'argent au moins.
C'est un risque et c'est la stratégie de Donald Trump. C'est très clairement la stratégie de Donald Trump qui veut créer un cadre aux États-Unis qui soit très attractif pour les entreprises étrangères et qui met tout sur la table y compris les droits de douane pour les in pour les inciter à venir pas au moment où nous nous parlons. Aujourd'hui nous sommes pour le dire très clairement dans une situation de grande confusion.
Aujourd'hui, les investissements qui étaient prévus, qui étaient planifiés euh sont des investissements qui sont rendus très incertains par le cadre international. Quelle sera l'attitude de l'administration Trump dans 6 mois, dans un an vis-à-vis des entreprises qui euh sont venues s'installer sur son territoire ? C'est très difficile de le savoir parce qu'on le voit bien, il y a une grande versatilité, une grande instabilité des commanuel Macron aux industriels français, "N'investissez pas aux États-Unis".
On dit suspendez vos investissements. Ça n'est pas tout à fait la même chose. Ça n'est pas tout à fait la même chose parce que moi je ne suis pas opposé à ce qui est des investissements français aux États-Unis et évidemment à ce qui est des des investissements américains en France.
Mais dans le moment, nous devons d'abord faire preuve d'unité et montrer que nous travaillons de manière collective. Il y a une forme de patriotisme qui doit s'appliquer et ah donc ceux qui ceux qui disent ceux qui disent "Bah non, moi en fait je vais investir aux États-Unis, il me manque de patriotisme." Pas du tout.
Aujourd'hui, ceux qui disent qu'ils vont investir aux États-Unis, ils le font en ayant préparé leurs investissements depuis des années. Je veux pas remettre en question ce principe là, mais dans ce moment très compliqué où nous avons besoin d'apporter une réponse en européen, je pense qu'il ne faut pas montrer à Donald Trump que sa stratégie fonctionne. Et si les investissements se multiplient aux États-Unis, évidemment qu'il va en tirer argument pour aller encore plus loin.
C'est ça que nous devons éviter. Est-ce qu'il vous arrive de vous dire d'ailleurs que ça se trouve la stratégie de Donald Trump, elle va fonctionner ? Non, je pense qu'elle ne va pas fonctionner parce que euh l'histoire économique nous enseigne que euh les guerres tarifaires, les guerres commerciales ne font que des perdants.
Elles ne font que des perdants et d'ailleurs, on va probablement le constater assez rapidement. Euh à court terme, l'impact des tarifs pour euh l'économie américaine, c'est deux points de PIB. Et ça, ce sont les effets de court terme.
Les effets inflationnistes, ils vont être massifs un moment ou à un autre quand euh vous êtes très dépendant des composants, des équipementtiers, euh des biens qui sont produits à l'étranger que vous importez, lorsque vous leur appliquez 20 % de tarif, ça se retrouve sur la facture des consommateurs américains. Ça, l'économie américaine, elle va le subir, elle le subit probablement déjà. Donc, à un moment ou un autre, je pense qu'un principe de réalité va revenir.
Combien de temps ça prendra ? Je ne sais pas le dire. C'est là la difficulté.
À quel moment ? et bien euh des équilibres politiques euh se feront jour aux États-Unis qui feront évoluer l'administration américaine. Je ne sais pas mais en tout cas nous devons nous nous préparer à la fois à court terme sur la poste et à moyen terme en allant plus vite et plus fort sur le soutien à nos entreprises.
Et en attendant, il y a des dossiers euh chauds qui sont sur votre bureau et et également devant les tribunaux. Demain, le tribunal de commerce de Lyon va rendre sa décision concernant l'avenir de Vancorex. Euh menacé de liquidation correct, usine chimique qui propose notamment des produits pour le nucléaire, les missiles, 5000 emplois en jeu.
Euh deux salariés de l'entreprise euh syndique à la CGT et un entrepreneur local ont fait une proposition de reprise en en société euh coopérative. Euh si le tribunal le décide, l'État peut apporter un soutien financier dans ce dossier. L'État peut apporter un soutien financier s'il y a un modèle économique pour l'entreprise.
L'État n'a pas vocation à intervenir voire à nationaliser puisqu'il y avait une demande de nationalisation de vent correct. Ça n'est plus la demande qui est faite puisque aujourd'hui il y a un autre projet si il y a un modèle économique. Ce que je constate c'est que sur ce dossier que je suis depuis que je suis ministre qui a débuté avant il n'y a pas d'offre de reprise globale des activités de Vancorex.
Vous avez évoqué des entreprises comme euh Corap Arian Group qui produit les missiles comme Framat dans notre filière nucléaire qui sont des clients de Vancorex ou des clients de clients de vent correx. Nous avons pris toutes les mesures pour que l'approvisionnement en celle enclore de ces entreprises soient sécurisé. J'insiste sur ce point.
Il n'y a plus de risque de souveraineté lié aux difficultés de Vancoress. J'insiste sur ce point parce que c'est très concrètement pour les employés qu'on peut se passer de leur entreprise. C'est ça.
Alors ce que ça veut dire c'est que d'abord il y a pas 5000 emplois euh qui sont en jeu, il y en a 450. Ça c'est l'effectif de Vancoresque. Pardonnez-moi, je vais je vais aller jusqu'au bout.
Ça c'est l'effectif de Vancoresque. Aujourd'hui, il y a une offre de reprise euh d'un investisseur chinois qui reprend une fraction très faible des salariés et ça ça n'est évidemment pas satisfaisant. On a cherché des solutions industrielles et les services de l'État ont d'ailleurs appuyé euh au conseiller et ont donné euh des opportunité au projet de reprise par les salariés pour trouver des partenaires industriels.
Euh moi, j'attends la formalisation de cette offre. À la fin, c'est le tribunal de commerce qui décide. Et donc euh ce que dit l'État, c'est que s'il y a une offre portée par quelque acteur que ce soit et notamment par les salariés euh qui respectent le modèle économique de l'entreprise, euh Vancorex a besoin de 300 millions dans les prochaines années.
C'est ça qu'une expertise indépendante a dit. Et bien nous mettrons 1 € d'argent public pour 1 € d'argent public. Donc jusqu'à 150 millions d'euros par exemple, en l'occurrence, il y a besoin de de 300 millions.
C'est l'analyse qui a été faite, c'est qu'effectivement l'entreprise a besoin de 300 millions dans les prochaines années. Marc Ferat, Alexis Coler, le secrétaire général de l'Élysée, a décliné l'invitation du Sénat pour évoquer l'affaire des autres été de Nesley. Pourquoi il refuse de témoigner ?
Écoutez, je pense qu'il faut lui poser la question d'abord à lui. Il y a sur ce sujet un enjeu que vous connaissez qui est celui de la séparation des pouvoirs. Alexis Colur est le secrétaire général de l'Élysée, il va bientôt quitter son poste, ça a été annoncé.
Et il y a un principe qui s'applique qui est que le président ou ses équipes n'ont pas vocation à répondre directement devant le parlement. Il y a probablement des questions qui lui seraient posées qui impliqueraient le président. Je pense que c'est ce qui justifie sa réponse mais pour le reste je n'ai pas à m'exprimer sur ce parce que ça pose question quand même sur le fond.
Du coup les sénateurs veulent publier les échanges entre le groupe Nesley et l'Élysée. Vous comment vous réagissez vous qui êtes ministre de l'industrie et de l'énergie ? Bah vous savez moi je ne serai jamais contre la transparence et avant d'être ministre j'ai été parlementaire donc je suis attaché à l'indépendance des parlementaires et à ce que la transparence se fasse.
Donc je respecte profondément l'émission d'information parlementaire et les informations qu'elle donne en éclairage au public. Euh et pour le reste, la décision d'Alexis Coler lui appartient. Merci Marc Feratci, ministre en charge de l'industrie et de l'énergie.
Marc Ferracci