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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 9 mars 2023 7 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesSolidarités & familleInstitutions & élections

Réforme des retraites : "On est à des niveaux de mobilisation inégalés depuis 40 ou 50 ans", se félicite le secrétaire général de l'UNSA

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:23OuverteRéponse directe

    Au-delà du symbole, diriez-vous que la mobilisation est toujours aussi forte deux mois après la présentation du texte par la première ministre Elisabeth Borne ?

  • 1:28RelanceRéponse partielle

    Mais pour ceux qui sont en grève reconductible, on a parlé de la SNCF, il y a également la RATP, où là aussi vous êtes très fort, deuxième syndicat. Demain, le trafic est quasiment normal dans les transports parisiens. Est-ce que ce n'est pas un petit signe d'essoufflement ?

  • 3:05OuverteRéponse partielle

    L'intersyndicale a écrit une lettre au président de la République, Emmanuel Macron, un courrier que les syndicats ont rendu public aujourd'hui. Quelle réponse avez-vous obtenue à ce courrier aujourd'hui ?

  • 3:48RelanceRéponse directe

    Mais comment est-ce que vous interprétez ce silence ?

  • 4:41OuverteRéponse directe

    Vous avez écrit pour nos organisations que cette absence de réponse constitue un grave problème démocratique ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Les prochains temps forts, c'est donc ce samedi, puis mercredi prochain, le 15 et après ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36Invité politiqueChiffre
    « on reste à des niveaux de mobilisation sans doute inégalés depuis 40 ou 50 ans de l'histoire sociale »
  • 0:41Invité politiqueFait
    « le comptage de la préfecture mardi disait que ça avait battu un record »
  • 1:56Invité politiqueChiffre
    « 7 Français sur 10 et 9 actifs sur 10, qui après deux mois d'explication et deux mois de mobilisation, continuent à dire qu'on ne veut pas de ce projet »
  • 3:29Invité politiqueFait
    « ce gouvernement est très handicapé, je pense que le président qui a voulu cette réforme fait un mauvais sort à son gouvernement et à sa majorité »
  • 3:43Invité politiqueFait
    « les Français ont bien compris qu'il y avait d'autres solutions pour assurer l'équilibre financier des retraites, qu'on pourrait trouver »
  • 4:17Invité politiqueChiffre
    « 7 Français sur 10, 9 actifs sur 10, portés par une inter-syndicale pacifique, respectueuse des biens et des personnes, lui donne un message »
  • 5:20Invité politiqueFait
    « le président de la République veut laisser quoi comme trace ? Celui du président qui cède face à des violences et pas face à un mouvement populaire massif et soutenu par les trois quarts des Français et les neuf actifs sur dix »
  • 6:31Invité politiqueFait
    « un projet de loi de finances rectificatif, théoriquement, il doit changer la loi de finances en cours »
  • 6:37Invité politiqueFait
    « Il ne peut pas gager des modifications profondes des lois de finances qui viennent, des années qui viennent »

Temps de parole

  • Invité politique80 %
  • Présentateur19 %

7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

France Info. Bonsoir à toutes et à tous et bonsoir Laurent Escur. Bonsoir. Vous êtes le secrétaire général de l'UNSA, un des huit syndicats qui composent l'intersyndicale, qui s'oppose à la réforme des retraites. Les prévisions sont tombées à la SNCF pour demain avec un trafic qui reste très perturbé ce vendredi. L'UNSA est le deuxième syndicat à la SNCF. Au-delà du symbole, diriez-vous que la mobilisation est toujours aussi forte deux mois après la présentation du texte par la première ministre Elisabeth Borne ?

0:31
Invité politique

Quand on regarde les temps forts auxquels on a appelé, qui étaient prévus par l'intersyndicale, on reste à des niveaux de mobilisation sans doute inégalés depuis 40 ou 50 ans de l'histoire sociale et même le comptage de la préfecture mardi disait que ça avait battu un record. Et on sent que cette mobilisation qui est très installée, très profonde, très ancrée, en effet dans ce money time pour le débat et le conflit sur les retraites...

0:55
Présentateur

Donc ce moment crucial.

0:56
Invité politique

C'est ça, et en train de prendre des formes différentes avec des grèves reconductibles. Vous avez parlé de la SNCF, il y a aussi la RATP, il y a le secteur de l'énergie. Et il y a aussi des mobilisations de ceux qui ne peuvent pas être en grève et qui vont faire des manifestations le soir, qui vont participer à des actions. Donc il y a une ébullition du mouvement social. Et il y a des temps forts également, puisqu'on a rendez-vous samedi 11 et mercredi 15 pour deux nouveaux temps forts, tous ensemble, avec l'ensemble des professions et des catégories professionnelles.

1:28
Présentateur

Mais pour ceux qui sont en grève reconductible, on a parlé de la SNCF, il y a également la RATP, où là aussi vous êtes très fort, deuxième syndicat. Demain, le trafic est quasiment normal dans les transports parisiens. Est-ce que ce n'est pas un petit signe d'essoufflement ?

1:40
Invité politique

Non, je ne crois pas, parce qu'il ne faut pas, le gouvernement en tout cas se rassurerait à bon compte en le pensant. C'est-à-dire qu'on n'a jamais eu une réforme aussi mal préparée, aussi mal expliquée, malgré leur tentative d'explication et de pédagogie, qui finalement a été très bien comprise par les Français. Et quand on a 7 Français sur 10 et 9 actifs sur 10, qui après deux mois d'explication et deux mois de mobilisation, continuent à dire qu'on ne veut pas de ce projet, ça veut dire que la colère est profonde, elle est durable, elle s'additionne sans doute à d'autres préoccupations, et pas seulement celui des retraites, parce que le dossier des retraites pose d'autres problèmes.

Il pose le problème des niveaux de salaire, il pose le problème des conditions de travail, il pose le problème de l'égalité salariale entre les femmes et les hommes, il pose le problème des fins de carrière, du sort qu'on fait aux seniors en fin de carrière dans notre économie. Donc il y a beaucoup de sujets où les Français ont l'impression qu'il y a, depuis plusieurs années, mal donne dans la répartition des richesses, et mal donne dans les efforts que l'on demande pour notre système de protection sociale. Donc il y a un sentiment très puissant qui continue à exister, et qui se manifestera dans ces temps forts, dans les jours qui viennent.

2:43
Présentateur

Et donc vous n'avez pas peur que le mouvement aujourd'hui s'étiole ?

2:46
Invité politique

Non, je ne le crois pas. Il est logique, surtout certains secteurs qui ont beaucoup donné ces dernières années pour des conflits localisés, notamment à la RATP, il est logique qu'il y ait parfois des concentrations sur des moments un peu plus forts, donc il y aura le 11, il y aura le 15, donc non, je ne suis pas du tout inquiet de cette mobilisation parisienne.

3:05
Présentateur

L'intersyndicale a écrit une lettre au président de la République, Emmanuel Macron, un courrier que les syndicats ont rendu public aujourd'hui. Quelle réponse avez-vous obtenue à ce courrier aujourd'hui ?

3:14
Invité politique

Pour l'instant, rien, et ça nous inquiète, parce que...

3:17
Présentateur

Vous l'avez envoyé hier, le courrier.

3:18
Invité politique

Oui, oui, mais on a déjà eu des bribes de réponses préalables de la part de la Première Ministre et dans les débats publics, mais...

3:26
Présentateur

Et la Première Ministre vous a renvoyé vers le ministre

3:28
Invité politique

en charge des retraites, Olivier Dussopt. Oui, on voit bien que ce gouvernement est très handicapé, je pense que le président qui a voulu cette réforme fait un mauvais sort à son gouvernement et à sa majorité, avec une réforme aussi contestable et très contestée, injuste, difficilement justifiable, les Français ont bien compris qu'il y avait d'autres solutions pour assurer l'équilibre financier des retraites, qu'on pourrait trouver.

3:48
Présentateur

Mais comment est-ce que vous interprétez ce silence ?

3:50
Invité politique

Vous n'avez pas été reçu, hein ? Non, je ne sais pas. Enfin, vous, l'inter-syndical. Je ne veux garder la dignité du mouvement qu'on représente face parfois à des phrases malheureuses de la part de la majorité et du gouvernement. Mais j'ai l'impression que le président de la République est d'une certaine façon coupé de la réalité et que l'attitude qu'il fait va conduire finalement à une attitude qui peut s'apparenter à du mépris.

Et quand on a un mouvement populaire massif, profond, aussi puissant, aussi nombreux, lorsque 7 Français sur 10, 9 actifs sur 10, portés par une inter-syndicale pacifique, respectueuse des biens et des personnes, lui donne un message, la légitimité de ce mouvement social qui complète dans la démocratie élective, le moindre du chose, c'est de lui parler. Donc j'espère qu'il va nous répondre. Sinon, le mot mépris peut se transformer en colère froide et explosive. Et je crois que le mot explosif, on l'a mis dans la lettre.

4:41
Présentateur

Vous avez écrit pour nos organisations que cette absence de réponse constitue un grave problème démocratique ?

4:46
Invité politique

Oui, parce qu'on ne peut pas être le président moderne qui voulait faire autrement et finalement reprendre les recettes du passé. Et quand vous regardez la crise des Gilets jaunes...

4:58
Présentateur

C'est à ça que vous pensez quand vous parlez de colère froide ?

5:01
Invité politique

Pendant quelques semaines, à rassembler 10 à 15 à 20 fois moins de personnes que les temps forts de cet inter-syndicale avec des corps intermédiaires qui sont là, y compris pour filtrer les colères, pour leur donner un débouché réel. Lorsque vous avez ce mouvement, qui parfois a été violent, a débouché, a cédé 15, 17 milliards d'euros, le président de la République veut laisser quoi comme trace ? Celui du président qui cède face à des violences et pas face à un mouvement populaire massif et soutenu par les trois quarts des Français et les neuf actifs sur dix. Ça serait un signe démocratique terrible. Ça mine et la cohésion sociale et la cohésion démocratique.

Il y aura des rebonds derrière cette crise. J'espère qu'on va gagner. On peut gagner le retrait de ce projet. On peut repartir d'une feuille blanche. Je l'appelle à la raison et à la responsabilité. Sinon, il y aura des rebonds, des rebonds sociaux, des rebonds démocratiques. Et malheureusement, on le sait, ça nuira aux performances économiques de notre pays. Donc, c'est perdant-perdant comme attitude.

6:00
Présentateur

Les prochains temps forts, c'est donc ce samedi, puis mercredi prochain, le 15 et après ?

6:06
Invité politique

Après, on verra parce qu'il y aura la commission paritaire mixte. Mais on voit bien qu'il y a des fragilités dans cette loi. D'abord, le président de la République, ça fait deux mois qu'on lui laisse une chance. Il a encore quelques jours devant lui pour revenir à la raison. Mais si jamais il s'entête, il y a beaucoup de fragilité. Il y a une fragilité démocratique que j'ai décrite à travers le soutien massif à cette contestation. Il y a une fragilité constitutionnelle parce que le véhicule législatif choisi, un projet de loi de finances rectificatif, théoriquement, il doit changer la loi de finances en cours.

Il ne peut pas gager des modifications profondes des lois de finances qui viennent, des années qui viennent. Et donc, il y a une fragilité constitutionnelle. Donc, ça se trouve, il aura fait tout ça pour se voir retoquer son projet par le Conseil constitutionnel. Donc, pour l'instant, et tant qu'il ne bouge pas, on portera la colère des Français en essayant de la canaliser pour gagner le retrait de ce projet et pour faire exprimer la dignité, la fierté des travailleurs et des travailleuses.

6:59
Présentateur

Merci beaucoup, Laurent Escur, secrétaire général de l'UNSA, invité éco de France Info ce soir. Merci.

7:05
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.

Réforme des retraites : "On est à des niveaux de mobilisation inégalés depuis 40 ou 50 ans", se félicite le secrétaire général de l'UNSA · Pourquijevote