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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 16 décembre 2017 9 minComplaisantActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Jean-Louis Bourlanges sur le Brexit : "L'économie européenne est vitale aux britanniques"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse partielle

    A quoi sert le Modem désormais maintenant qu'il est dans le sillage de la République en marche ?

  • 0:48RelanceRéponse directe

    Vous lui aviez conseillé à l'époque de soutenir...

  • 3:06OuverteRéponse directe

    Pourquoi est-ce qu'on dit que c'est le plus dur qui commence maintenant ?

  • 5:04OuverteRéponse directe

    Est-ce que cela ne va pas favoriser ça, les eurosceptiques ?

  • 6:09OuverteRéponse directe

    Londres aimerait que cette période de transition dure deux ans. Est-ce que c'est le bon timing, le bon calendrier, selon vous ?

  • 7:12RelanceRéponse directe

    tiennent court Theresa May à tel point qu'ils ont voté il y a quelques jours un droit de veto, si bien que ce qui est en train de négocier Theresa May avec les Européens pourra être soumis à un veto. Est-ce que c'est tenable ça ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22Invité politiqueFait
    « ce qui caractère un mot sur François Bayrou, je ne vais pas reprendre sur ce portrait assez très nuancé qui vient d'être fait »
  • 0:34Invité politiqueFait
    « Votre brouille a duré une dizaine d'années je crois. »
  • 0:53Invité politiqueFait
    « il m'a consulté deux jours avant pour savoir s'il devait faire cette offre à Emmanuel Macron. »
  • 1:07Invité politiqueFait
    « de voir un homme politique qui efface sa personne devant son projet. »
  • 1:23Invité politiqueFait
    « il a compris à un moment, ça a été difficile pour lui, il a compris à un moment que ce n'était pas par lui que ça passait, mais par Emmanuel Macron. »
  • 1:41Invité politiqueFait
    « Et le fait qu'il ne soit plus au gouvernement n'est pas du tout un problème important pour lui. »
  • 2:28Invité politiqueFait
    « il est important qu'il y ait au cœur de la majorité une aile sociolibérale, qui est un peu celle des constructifs, qu'il y ait ce groupe démocrate chrétien élargi qu'est le modem »
  • 3:44Invité politiqueFait
    « le problème du Brexit, c'est assez simple, c'est que les Britanniques dans la phase précédente, avaient le meilleur des accords possibles avec l'Union Européenne. »
  • 3:51Invité politiqueFait
    « Ils avaient négocié, parce que les diplomates britanniques sont quand même des champions du monde, au cours des 30 dernières années, depuis Margaret Thatcher, etc. »
  • 4:11Invité politiqueFait
    « Ils étaient présents dans toutes les institutions, très influents, très actifs, très intelligents tactiquement. »
  • 4:22Invité politiqueFait
    « Ils n'étaient pas liés par Schengen, ils n'étaient pas liés par l'Europe sociale, et ils n'étaient évidemment pas liés par l'euro. »
  • 4:37Invité politiqueFait
    « Et c'est impossible, ça sera forcément moins bien. »
  • 5:26Invité politiqueFait
    « L'accès à un marché aussi massif que celui de l'Union Européenne est pour l'économie britannique absolument vital. »
  • 5:37Invité politiqueFait
    « La Norvège a refusé, pour des raisons très précises, a refusé d'entrer dans l'Union Européenne, mais les dirigeants ont estimé qu'il fallait absolument rester rattaché à l'Union Européenne et ils versent une obol. »
  • 7:26Invité politiqueFait
    « La définition de la démocratie britannique, c'est que le Parlement peut faire tout ce qu'il veut, sauf changer un homme en femme. »

Temps de parole

  • Jean-Louis Bourlanges79 %
  • Présentateur20 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Jean-Louis Bourlange, député Modem à l'Assemblée Nationale et ancien député européen. Avant de parler du Brexit, un mot sur le Modem qui tient congrès ce week-end. Vous avez entendu la chronique de Frédéric Métezot. A quoi sert le Modem désormais maintenant qu'il est dans le sillage de la République en marche ?

0:17
Jean-Louis Bourlanges

Je crois, d'abord un mot, je crois quand même que ce qui caractère un mot sur François Bayrou, je ne vais pas reprendre sur ce portrait assez très nuancé qui vient d'être fait, mais je crois que ce qui est assez rare dans cette affaire, c'est un homme avec lequel j'ai été très séparé. Votre brouille a duré une dizaine d'années je crois. Oui, enfin le brouille de notre séparation. J'étais totalement hostile au fait qu'il plonge dans un monde dans lequel il n'y avait aucun allié qui ne pouvait conduire qu'à une situation très difficile.

0:48
Présentateur

Vous lui aviez conseillé à l'époque de soutenir...

0:49
Jean-Louis Bourlanges

En revanche on était quatre, on n'était pas trois mais quatre à savoir, c'était le quatrième sans doute, à savoir qu'il m'a consulté deux jours avant pour savoir s'il devait faire cette offre à Emmanuel Macron. Comme je l'avais critiqué, d'avoir critiqué Macron, je l'ai évidemment encouragé. Mais ce que je voudrais dire sur lui d'abord, c'est que c'est quand même assez rare de voir un homme politique qui efface sa personne devant son projet.

Le projet de François Bayrou a toujours été d'organiser au centre de l'échiquier politique un rapprochement entre la droite modérée et la gauche modérée au service d'une très grande cohérence d'idées, c'est-à-dire celles qui ont été rappelées, la construction européenne, l'alliance du libéralisme économique et d'une économie profondément solidaire sur le plan social. Et il a compris à un moment, ça a été difficile pour lui, il a compris à un moment que ce n'était pas par lui que ça passait, mais par Emmanuel Macron. Et il est resté, vous n'entendrez jamais François Bayrou dire du mal d'Emmanuel Macron.

Et le fait qu'il ne soit plus au gouvernement n'est pas du tout un problème important pour lui. Ce qui comptait pour lui, c'était vraiment de transformer la société politique. Et il l'a fait. Alors le modem dans cette affaire, je crois que ça, c'est très important. Pas seulement le modem, mais je crois que ça serait une très grave erreur d'Emmanuel Macron d'identifier son avenir politique à un seul parti, parti composite en plus, qui comprend des gens de droite et des gens de gauche, et qui donc ne se réunissent que sur la personne et les idées d'Emmanuel Macron. Ce qui est très bien, mais ce qui fait qu'Emmanuel Macron sera en première ligne.

Moi, je crois qu'il est important qu'il y ait au cœur de la majorité une aile sociolibérale, qui est un peu celle des constructifs, qu'il y ait ce groupe démocrate chrétien élargi qu'est le modem, et qu'il y ait également une social-démocratie que Valls pourrait chercher à organiser. Donc l'avenir du modem, c'est de se contenter d'être une force d'appoint, c'est bien ça. Oui, mais une force d'appoint, je ne sais pas si En Marche n'est pas non plus une force d'appoint, si je puis dire. Il y a un problème de respiration de la vie parlementaire dans ce pays.

3:06
Présentateur

Jean-Louis Bourlange, on va parler du projet Brexit avec des Européens qui se sont mis d'accord hier pour ouvrir en janvier la deuxième phase de négociation de ce divorce, sachant qu'ils sont déjà d'accord sur le montant de la facture, sur la question des expatriés et sur la frontière avec l'Irlande. Il reste à négocier donc les futures relations commerciales après la période de transition. Pourquoi est-ce qu'on dit que c'est le plus dur qui commence maintenant ?

3:33
Jean-Louis Bourlanges

Je ne sais pas si c'est le plus dur. Je ne crois pas, je crois que c'est très dur effectivement. Mais tout ça est très dur pour les Britanniques surtout. Parce que le problème du Brexit, c'est assez simple, c'est que les Britanniques dans la phase précédente, avaient le meilleur des accords possibles avec l'Union Européenne. Ils avaient négocié, parce que les diplomates britanniques sont quand même des champions du monde, au cours des 30 dernières années, depuis Margaret Thatcher, etc. Ils avaient négocié un accord dans lequel ils avaient le maximum d'influence et le minimum de dépendance.

Ils étaient présents dans toutes les institutions, très influents, très actifs, très intelligents tactiquement. Et en même temps, sur le plan, ils n'étaient pas liés, faiblement liés par le budget, par le financement de l'agriculture, à cause du fameux accord de Fontainebleau. Ils n'étaient pas liés par Schengen, ils n'étaient pas liés par l'Europe sociale, et ils n'étaient évidemment pas liés par l'euro. Donc le problème des Britanniques, c'est comment faire en étant dehors pour avoir exactement le même résultat. Et c'est impossible, ça sera forcément moins bien. En tout cas, c'est fait. Maintenant, il faut penser à l'avenir.

Oui, mais les diplomates tendent en fait vers le rétablissement de la situation antérieure, mais évidemment, c'est complètement incompatible avec le fait que le peuple britannique, à une très courte majorité, ait voté non. Donc c'est là où est la difficulté. Je ne crois pas, cela dit, que tout soit réglé par la première phase.

5:03
Présentateur

Il y aura plusieurs phases. Pour comprendre le calendrier, à partir de fin mars 2019, le Royaume-Uni ne sera plus membre de l'Union Européenne. Cela veut dire que la Grande-Bretagne ne participera plus aux grandes décisions de l'institution, au processus européen, mais continuera tout de même à verser son obol au budget européen. Est-ce que cela ne va pas favoriser ça, les eurosceptiques ?

5:22
Jean-Louis Bourlanges

Si, mais c'est le problème, c'est le choix qu'il doit faire. L'accès à un marché aussi massif que celui de l'Union Européenne est pour l'économie britannique absolument vital. Ce n'est pas gratuit, on a un précédent, c'est la Norvège. La Norvège a refusé, pour des raisons très précises, a refusé d'entrer dans l'Union Européenne, mais les dirigeants ont estimé qu'il fallait absolument rester rattaché à l'Union Européenne et ils versent une obol. Oui, donc c'est un peu ni dedans, ni dehors, selon Londres. Ce sera dehors, pour la raison que vous dites, ce sera dehors sur le plan politique. Oui, mais pour l'obol, ce sera toujours dedans. Oui, absolument, je crois que ce ne sera plus qu'une obol.

6:09
Présentateur

Alors Londres aimerait que cette période de transition dure deux ans. Est-ce que c'est le bon timing, le bon calendrier, selon vous ?

6:15
Jean-Louis Bourlanges

Ils ont un grand problème, je ne sais pas si c'est un bon calendrier, je sais qu'ils ont un très grand problème, puisque du jour où ils sortent de l'Union Européenne, ils n'ont plus aucun des accords que l'Union Européenne a conclus avec des centaines d'accords avec d'autres pays. Or, ils ne peuvent commencer à négocier avec ces pays un nouvel accord commercial, tous les pays tiers, qu'à partir du moment où ils sont dehors. Ils ne sont pas en mesure de le faire avant. Donc il va y avoir effectivement une période blanche pour eux qui est très, très, très difficile. Mais je pense que ce qui se passe actuellement, c'est ça qui compte.

Ce qui se passe actuellement, c'est que les parlementaires britanniques sont de plus en plus conscients, c'est pour ça qu'ils tiennent les rênes très courtes à Theresa May, ils sont de plus en plus conscients qu'il faut surtout maintenir des relations aussi étroites que possible avec l'Union Européenne. Vous dites que les parlementaires britanniques

7:11
Présentateur

tiennent court Theresa May à tel point qu'ils ont voté il y a quelques jours un droit de veto, si bien que ce qui est en train de négocier Theresa May avec les Européens pourra être soumis à un veto. Est-ce que c'est tenable ça ?

7:22
Jean-Louis Bourlanges

Écoutez, c'est le problème britannique. La définition de la démocratie britannique, c'est que le Parlement peut faire tout ce qu'il veut, sauf changer un homme en femme. disait-on Naguère, maintenant c'est même possible ça. Donc il ne reste rien, la démocratie britannique, c'est le pouvoir de Westminster. Madame May a essayé de reprendre des libertés et on lui rappelle que non. Et là on voit que les plus réservés sur le Brexit du Conseil conservateur ont tenu à dire non, non, vous ne ferez pas un accord sans avoir notre consentement.

Et ça, évidemment, c'est quelque chose d'important et qui est porté par le fait que dans l'opinion britannique, les gens qui soient pour ou contre le Brexit seront conscients qu'il ne faut pas faire n'importe quoi et qu'il ne faut pas rompre complètement avec les Européens.

8:13
Présentateur

Et en cas de veto du Parlement britannique, l'Elysée a déjà prévenu qu'il n'y aurait pas d'autres négociations. Est-ce qu'on ne rentre pas dans une impasse à ce moment-là ? Le calendrier ne va pas s'éterniser ?

8:23
Jean-Louis Bourlanges

Juridiquement, l'Elysée a raison. Je veux dire qu'on a un délai qui est fixé par le traité. À un moment, on ne peut pas dire lever le pouce et dire on est dans les arrêts de jeu et on recommencera plus tard. Non, on a un délai, il court, dans un peu plus d'un an, les Britanniques seront sortis. Mais je crois que personne, notamment pas Michel Barnier qui est un négociateur à la fois réaliste et déterminé, ne souhaite ce qu'on appelle à Londres un no deal. Tout le monde souhaite un accord. Nous voulons avoir des relations très étroites avec les Britanniques, ne serait-ce que pour des raisons géopolitiques.

9:00
Présentateur

avec Thérésa May déstabilisée dans son propre camp. On va en reparler, Jean-Louis Bourlange, avec la suite de cette interview dans quelques minutes après la revue de presse de Frédéric Pommier. Et puis, il y aura au standard les questions des auditeurs. Vous appelez ce matin toutes vos questions à Jean-Louis Bourlange. C'était au 01-45-24-7000. A tout de suite. Merci.

9:20
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.

Jean-Louis Bourlanges sur le Brexit : "L'économie européenne est vitale aux britanniques" — Jean-Louis Bourlanges · Pourquijevote